« Trop d’immigration » pour 65 % des Français, par Guy Denaere

immigration chard

CNews a publié ce jeudi un sondage de l’institut CSA : 65 % des Français estiment qu’il y a trop d’immigration en France. Une proportion qui monte à 100 % des personnes interrogées qui se disent RN ou Reconquête, et qui descend à 7 % chez celles qui se disent PS.

S’il y a « trop » d’immigration, ce n’est pas au sens où l’on dit fautivement « c’est trop bien », non, il s’agit bien d’un excès, d’un événement négatif. A quoi les Français jaugent-ils ce trop ? Le sondage ne le dit pas. Il y a d’abord l’insécurité, qui n’est pas un sentiment mais qui se décline, concrètement, jour après jour, dans les violences dont on n’a qu’un écho très affaibli dans les grands médias. Violence à l’égard des personnes, violences à l’égard des forces de l’ordre : un policier agressé samedi 18 juin à Saint-Ouen, un commissariat attaqué le lendemain à Champigny-sur-Marne, deux policiers municipaux violemment agressés mardi 21 dans la cité Gabriel-Péri (Saint-Denis) par une dizaine de personnes après le contrôle d’un guetteur… Mais aussi une violence environnante : au mois de mai, par deux fois, des bagarres avec machettes et couteaux ont éclaté à Noisy-le-Sec devant l’école maternelle Petit-Prince (sur quelle planète vit-on ?), un « jeune ensanglanté » a même tenté de se réfugier dans l’école en pleine journée… Une insécurité qui croît en Seine-Saint-Denis et en région parisienne, mais tout autant en province qu’au cœur de Paris : Rachida Dati propose de clôturer le Champ-de-Mars et de le fermer pendant la nuit tellement la situation y est hors de contrôle.

Les sondages sur l’insécurité donnent d’ailleurs des chiffres proches de celui sur l’immigration : selon un sondage Ifop pour Sud Radio (3 juin dernier), 69 % des personnes interrogées estiment que « l’insécurité a augmenté » ; en septembre 2020, 70 % des Français jugeaient justifié le terme « d’ensauvagement » employé par Darmanin pour qualifier la violence et la délinquance.

Il y a ensuite, pour expliquer ce « trop d’immigration », le Grand Remplacement à l’œuvre. Là encore, croisons les sondages : 67 % de Français se disaient inquiets d’un « grand remplacement » en octobre dernier (sondage Harris Interactive pour Challenges). Femmes voilées et hommes barbus, populations exogènes majoritaires et qui font sentir aux Blancs qu’ils ne sont pas les bienvenus dans le quartier, ou dans l’établissement scolaire, ou dans la rame de métro, préférence étrangère, etc., chacun de nous en connaît les manifestations.

Mais pourquoi ces 65 % de Français n’ont-ils pas donné 65 % des suffrages à Marine Le Pen et Eric Zemmour lors des présidentielles, ou aux candidats RN et Reconquête lors des législatives ? Le barrage psychologique est solidement ancré dans les consciences depuis les années 1980 : quoi qu’on vive au quotidien, il ne faut pas voter « extrême droite », c’est mal. Comme le barrage « républicain », ce barrage-là n’en finit pas de céder. Il explique sans doute en partie ce mystère du vote et de l’abstention qui ne convertit pas en élection une idée ou une expérience.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 24 juin 2022

Allocution présidentielle – Furibard, Macron contraint de composer

macron

Après avoir reçu à l’Elysée, la veille et le jour même, les responsables politiques des partis représentés à l’Assemblée (Christian Jacob, Olivier Faure, Marine Le Pen, Fabien Roussel, Julien Bayou, Mathilde Panot et Edouard Philippe), Emmanuel Macron s’est adressé aux Français mercredi soir. Comment envisage-t-il son quinquennat, maintenant que les Français ne lui ont donné qu’une majorité relative à l’Assemblée ? Il nous l’a fait « à la Macron », furieux comme un enfant qu’on force à prêter ses jouets, mâchoire serrée, regard dur qui n’a cillé que quatre fois en huit minutes (le site Doctissimo classe l’absence de clignement des paupières parmi les dix signes révélateurs de mensonge !) et, au fond, pas plus compréhensif – juste forcé d’en rabattre.

Contraint de ne plus gouverner seul mais de tenir compte des députés, Macron a proposé deux pistes : soit une coalition, soit une majorité au cas par cas en fonction des projets de loi, afin d’éviter le blocage sur des questions à traiter urgemment comme le pouvoir d’achat, la sécurité et la transition écologique. Une proposition assortie d’un ultimatum, le président voulant être fixé à son retour de Bruxelles ce vendredi : « Il faudra clarifier dans les prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l’Assemblée nationale sont prêtes à prendre : entrer dans une coalition de gouvernement et d’action ? S’engager à voter simplement certains textes ? Notre budget ? Lesquels ? »

Il reste bien le Macron à la main de fer dans un gantelet de métal. Les crises sociales et sanitaires, ni la claque législative, ne lui ont assoupli le cuir. Poser un ultimatum à ses opposants d’aujourd’hui, est-ce le meilleur moyen de s’en faire des alliés de demain ? Non, et les responsables politiques de tout bord n’ont pas attendu qu’il rentre du Parlement européen pour lui signifier, dès mercredi soir, que de coalition il n’est pas question. « Les 89 députés du Rassemblement national, élus de conviction, n’entreront jamais dans une coalition macroniste pour mettre en œuvre des orientations qu’ils entendent combattre », a réagi le RN qui a d’ores et déjà choisi le cas par cas : « Inscrivant leur action dans le cadre d’une opposition responsable, ils réaffirment, toutefois, leur intention d’examiner les textes à la lumière de l’intérêt des Français et de la France. »

Dès la loi sur le pouvoir d’achat qui va être discutée en juillet à l’Assemblée, Macron va donc devoir adoucir ses projets de réformes, amender, composer, maintenant que le Parlement n’est plus une simple chambre d’enregistrement au service d’un président autocratique. La voilà, la « configuration nouvelle » qu’il a appelée de ses vœux… à son corps défendant. Combien de temps supportera-t-il la contradiction parlementaire ? Avec l’ego qu’on lui connaît, résistera-t-il à la tentation de dissoudre l’Assemblée en espérant retrouver l’omnipotence ?

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 23 juin 2022

Sous le vernis du baccalauréat – Le français, langue morte

baccalauréat

Le 14 juin se tenait l’épreuve de français des « bac pro » : « Selon vous, le jeu est-il toujours ludique ? » Ce mot, ludique, a semé le trouble, beaucoup de lycéens n’en connaissant pas le sens. Le mot-clé #ludique a aussitôt fleuri sur les réseaux sociaux. Une prof de français explique sans fard : « Un élève de 17 ans ne se sert pas de ce terme au quotidien, il parle plutôt de quelque chose de “fun”. » Il aurait donc suffi de rédiger le sujet de la sorte : « Selon vous, le jeu est-il toujours fun ? », et le problème était réglé.

Cela n’est rien comparé à ce qu’a déclenché le bac de français des filières générales, le 16 juin. En cause, le texte à commenter, tiré de Sylvie Germain : Jours de colère (1989). Décontenancés par un texte très… littéraire qui évoque neuf frères vivant dans une forêt, les élèves à peine sortis de l’épreuve se sont répandus sur les réseaux sociaux pour insulter et menacer l’auteur. Ne prenons que quelques exemples polis : « Sylvie Germain tu connais les capotes ? D’où tu fais 9 gosses alors que t’habites dans une cabane ? » « Sylvie Germain va te faire foutre toi et ta personnification de la nature », « Se taper Sylvie Germain au bac de français alors que même wikipédia a pas de résumé de son livre », « Sylvie Germain prépare tes 9 fils car ce soir je vous zigouille – grosse folle », « elle m’a niquer mon bac », « tes ptn [putains] de 9 frères tu te les mets au cul », « Sylvie Germain va te faire foutre simple », etc.

Pour mesurer le décalage, voilà un extrait du texte en question : « Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. A leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, – des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. »

Des professeurs ont tenté de prendre la défense de l’auteur : « Je suis effarée de voir la réaction des élèves… Ils font preuve d’une violence inadmissible à l’encontre de cette autrice (qui en outre n’est en aucun cas responsable de leur inculture) ». Mais justement, qui est responsable de leur inculture, sinon les professeurs eux-mêmes et l’Education nationale ? Une fois qu’on a aboli le latin et l’étymologie, réduit à la portion congrue l’orthographe, la syntaxe et le vocabulaire, une fois qu’on a fait du rap « un outil pédagogique » (France Info, 09/09/2019), on peut bien proposer le texte d’une « autrice » supposée être plus accessible parce que contemporaine et mieux considérée parce que femme : il reste inaccessible à des lycéens dont la langue est constituée de rudiments de français, dénaturés d’un peu d’anglais globish et assaisonnés de beaucoup d’arabe de cité, et dont la seule forme d’expression est l’imprécation sur les réseaux sociaux.

Détail complémentaire : ce que Sylvie Germain redoute, ce n’est pas l’inculture crasse et l’illettrisme agressif de la jeune génération, c’est… Marine Le Pen. Avec 34 autres écrivains, elle signait en mai 2017 une tribune appelant à lui faire barrage : « il en va de nos libertés, de l’idée que l’on se fait de la France aujourd’hui et surtout de notre avenir et de celui de nos enfants. Une nation solidaire, ouverte, joyeuse, éduquée. » Mots creux alors que l’abîme est grand, voire total, entre l’enseignement dispensé, misérable et veule, et l’examen à passer, exigeant, qui paraît ne subsister que pour sauver les apparences de l’école républicaine.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2022

À l’école de la réalité : une professeur « exfiltrée »… des Yvelines

evolution prof yvelines

Nouvelle illustration de ce que devient la France, et spécialement l’Education nationale, sous la pression exogène : on apprend que, deux mois après la décapitation de Samuel Paty, une autre professeur a subi des menaces pour un cours qui n’a pas plu. Elle a dû déménager fissa.

La professeur de sciences et vie de la terre n’avait pourtant pas montré des caricatures de Mahomet. Pour une classe de 3e, en décembre 2020, elle avait illustré un cours sur l’évolution avec une photo de Soprano. Il y avait donc un singe puis le rappeur marseillais d’origine comorienne, de son vrai nom Saïd M’Roumbaba. Pauvre prof de biologie qui pensait avoir trouvé le moyen de concilier la science et la démagogie tout en suscitant l’intérêt des élèves pour son cours ! Evidemment, dans son idée, Soprano n’était pas un singe parmi d’autres, mais un précieux témoin de l’évolution. D’ailleurs, si elle avait mis comme terme de l’évolution Vianney, chanteur blanc et catholique pratiquant, elle aurait été accusée de racisme vis-à-vis des Noirs… Quoi qu’il en soit de l’impasse où se trouvent les enseignants, un parent d’élève a fait circuler sur les réseaux sociaux le polycopié, accompagné de ce message : « Y a rien qui vous choque. Ma fille elle m’a dit papa c pas normal en cours de SVT […] Education nationale de merde. FAITES TOURNE SVP ON DOIS PAS ACCEPTE » (sic).

Dans la foulée, la professeur de 35 ans a reçu des menaces. Les policiers lui ont alors demandé, selon ce qu’elle rapporte, « de quitter l’Ile-de-France au plus vite ». Elle a été « exfiltrée » en quelques jours. Exfiltrer, c’est selon le dictionnaire « organiser clandestinement la fuite de quelqu’un qui se trouve en milieu hostile ». Rien que ça. Désormais elle est remplaçante dans une région tenue secrète. Elle se trouve dans la situation de ces gens qui ont le courage de témoigner contre la mafia et qui doivent refaire leur vie ailleurs, anonymement. Mais en présence de quelle mafia sommes-nous ? On ne sait rien de plus sur ce père d’élève (à part son faible niveau en orthographe qui peut laisser penser que lui aussi est passé par un collège français). Pour son message, il a été condamné en novembre dernier pour harcèlement à six mois de prison ferme et 13 600 euros de dommages et intérêts.

Cette mafia est en tout cas bien présente dans les Yvelines où, faut-il le rappeler, se sont produits les assassinats terroristes de Stéphanie (Rambouillet, vendredi 23 avril 2021), de Samuel Paty (Conflans-Sainte-Honorine, 16 octobre 2020), de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider (Magnanville, 13 juin 2016), où les villes de Mantes-la-Jolie et Trappes (dite « Trappistan ») brillent par leur islamisme et leur insécurité, laquelle n’est pas moindre dans des tas de petites villes du département où le harcèlement contre la police est quotidien. Sous la pression migratoire de premières, deuxièmes, troisièmes générations – car les générations n’y changent rien –, les Yvelines sont en voie de « saint-denisation ». Elles deviennent un milieu hostile pour les Français de souche.

Mais revenons à notre professeur de collège, traumatisée après avoir dû quitter brutalement dix ans de sa vie. « Je n’ai plus confiance dans l’institution, j’appréhende d’aborder d’autres sujets sensibles comme la puberté et la reproduction. Quand va-t-on commencer à faire barrage à ces parents d’élèves qui menacent ? » On voudrait plaindre ces professeurs qui n’ont eu de cesse de faire barrage au FN puis au RN.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 20 janvier 2022

« Le Privilège blanc – Qui veut faire la peau aux Européens ? » – Entretien avec Georges Guiscard

privilège blanc

« Privilège blanc », un concept lourd de conséquences
Un entretien réalisé par Guy Denaere.

— Le concept de « privilège blanc » est récent en France, mais il a une histoire. Où et quand s’est-il forgé ?

— Le premier à employer l’expression est Theodore W. Allen, un militant communiste américain. Dans un livre publié en 1975, L’Invention de la race blanche, il explique que les planteurs blancs ont instauré un « privilège de la peau blanche » dans les colonies américaines afin de diviser les travailleurs, pour que les Européens se sentent supérieurs aux esclaves noirs. Selon Allen et ses continuateurs, il pouvait exister de la haine raciale avant cela, mais seuls les Européens sont allés jusqu’à la hiérarchisation des races, l’infériorisation de certains peuples. Le privilège blanc serait l’expression de ce racisme fondateur qui structurerait toujours les sociétés occidentales, par l’histoire de l’esclavage en Amérique et de la colonialisation en Europe.

L’ethnomasochisme : quand les Blancs font le jeu des très racistes Black Lives Matter.

— C’est donc une nouvelle arme marxiste, idéologie qui crée un ressentiment puis en exploite toutes les « fonctionnalités » – le mouvement woke ?

— En prenant un peu de recul, on s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un schéma marxiste classique dominants/dominés. Les Blancs ont remplacé la bourgeoisie tandis que les non-Blancs sont les nouveaux prolétaires. Le marxisme n’est cependant que la matrice. Le cheminement intellectuel passe par la théorie critique de l’Ecole de Francfort, la French Theory des postmodernes et poststructuralistes – Foucault, Derrida, Bourdieu… – jusqu’aux campus américains travaillés par les questions raciales.

Le produit final est la « théorie critique de la race », grille de lecture du mouvement woke dont le concept du privilège blanc est l’élément central. Doctrinalement parlant, il ne reste pas grand-chose de Marx outre le logiciel mental manichéen qui est passé de la lutte des classes à la lutte des races. Ce qui n’empêche pas les gauchistes d’être très impliqués. Cela fait longtemps qu’ils ont délaissé les travailleurs blancs.

— Il y aurait donc un péché originel blanc ? Vous et moi appartiendrions à une race intrinsèquement mauvaise ?

— Non contents d’avoir inventé le racisme, nous le perpétuerions dans nos sociétés, avec le privilège blanc qui l’accompagne, même sans le vouloir, sans en avoir conscience. Nous sommes accusés d’imposer notre « blanchité », notre norme blanche, via la couleur des pansements par exemple. Nous entretiendrions donc ce privilège par notre simple existence et notre être au monde spécifiquement européen. De plus, d’après Robin DiAngelo, l’un des auteurs les plus en vue sur le sujet, déconstruire son privilège blanc serait « le travail d’une vie » et « les Blancs devraient cesser de dire “je ne suis pas raciste” ». Impossible d’y échapper. Pour le professeur Joseph Bottum, le wokisme est un postprotestantisme, « une Eglise du Christ sans le Christ ». Il n’y a donc pas de pardon possible. Nous sommes consubstantiellement mauvais et nul ne rachètera nos péchés.

— Le succès du wokisme en France n’est-il pas dû (entre autres choses) à « l’autophobie », ou haine de soi du Blanc, distillée pendant un demi-siècle et qui a en quelque sorte préparé le terrain ?

— Les élites françaises, atteintes d’un ethnomasochisme pathologique, toutes passées par les mêmes écoles et formées dans le même moule socio-idéologique, étaient prêtes à accepter ce discours. Il n’a ainsi fallu que six mois pour que le concept de privilège blanc passe de la romancière Virginie Despentes, qui l’a évoqué en marge d’une manifestation du Comité Adama Traoré, à Emmanuel Macron dans les colonnes de L’Express en décembre 2020. Il y a autant de calcul politique – draguer les minorités, donner des gages à la gauche – que de convictions. Ajoutons à cela le clergé progressiste formé par l’université, les médias dominants et les associatifs gauchistes, et nous avons les nouveaux Etats confédérés qui détruisent notre civilisation de l’intérieur, en France et partout en Occident. La propagation fulgurante des idées woke ne fut possible que grâce à leur continuel travail de sape.

— A l’enfer blanc et son racisme systémique que vivraient les Noirs, s’oppose une Afrique fantasmée – le Wakanda –, une relecture de l’histoire qui fait des Africains des inventeurs et des découvreurs. Cela ne révèle-t-il pas, derrière des allures d’affranchis, un sérieux complexe d’infériorité ?

— La colonisation et l’esclavage auraient laissé tant de marques qu’il serait impossible à l’Afrique ou aux Africains en Occident de s’en remettre. C’est d’autant plus coupable que les Européens auraient tout volé à l’Afrique ! On sent dans ces théories un ressentiment qui mêle haine, jalousie et culture de l’excuse. Cette victimisation permanente permet surtout de ne jamais se remettre en question puisque c’est systématiquement la faute des Blancs.

Ce fantasme wakandais peut parfois sembler drôle. Ne négligeons pourtant pas les dangers qu’il véhicule : si les Blancs sont responsables de tout, la solution est l’abolition de la blanchité, c’est-à-dire de la civilisation occidentale voire de la « race blanche » comme a pu l’affirmer l’historien communiste Noel Ignatiev, un pionnier des études sur la blanchité.

Ce discours est pourtant facilement contredit. Il suffit de constater la réussite économique des Asiatiques, dont la plupart des pays furent colonisés ou dominés. De même, les diasporas asiatiques en Occident sont généralement bien intégrées. Aux Etats-Unis, de nombreuses communautés asiatiques ont un salaire moyen supérieur et un taux de criminalité inférieur aux Euro-Américains. Le privilège blanc ne les oppresserait donc pas ? Le problème a été simplement résolu : pour les militants woke, les Asiatiques sont désormais catégorisés comme des Blancs !

— Il y a l’idéologie qui déconstruit, il y a aussi les affaires qui rapportent. Comment les marques aident-elles à la propagation du mythe du privilège blanc ?

— Contrairement aux autres communautés, les Européens ne se perçoivent pas comme un groupe. En conséquence, ils réagissent peu lorsque les Blancs sont moqués, humiliés, attaqués. N’importe quel propos ou publicité peu amène envers les Africains ou les musulmans provoque une réaction, sur les réseaux par exemple, un bad buzz organisé par des mouvements militants. Mais on peut faire ce que l’on veut aux Européens. Dans leur communication, les marques jouent de plus en plus sur ces codes woke, pro-diversité et anti-Blancs : elles savent d’une part que les non-Européens et les Blancs masochistes y seront sensibles, d’autre part que les Blancs ne se mobiliseront jamais massivement pour un boycott. Une logique purement commerciale incite donc les marques à aller sur ce terrain, par exemple L’Oréal qui, à l’apogée des manifestations Black Lives Matter, a fièrement annoncé retirer de ses produits et de sa communication des mots tels que « blanc », « blanchissant » et « éclaircissant ».

Il ne faut cependant pas sous-estimer le nombre croissant de commissaires politiques formés aux études sur la blanchité ou de genre, qui imposent leurs idées au sein des entreprises. On songe aux formations de Coca-Cola pour apprendre à ses employés à se « déblanchiser ».

— Comment ne pas entrer dans le piège de la rhétorique woke ?

— Le plus important est de ne jamais s’excuser face à leurs reproches, de n’avoir honte ni de ce que nous sommes, ni de nos ancêtres. Les accusations sont infondées et visent à culpabiliser les indigènes, les Européens, pour les dominer au sein des sociétés que ces derniers ont bâties. Aucune concession ne sera jamais suffisante. Ni « réparation », ni compromis, ni même la soumission ne permettra d’être épargné. Il ne faut toutefois pas hausser les épaules et croire que c’est un délire circonscrit à des cercles d’illuminés : ces théories font des ravages dans la jeunesse. Il est indispensable de se documenter pour pouvoir tout réfuter, en bloc et en détail, de façon intransigeante.

C’est une idéologie qui ne cherche pas la justice mais la punition. Christiane Taubira l’a dit dans sa préface de l’ouvrage Le Procès de l’Amérique – Plaidoyer pour une réparation : « Nulle réparation matérielle n’effacera un crime si grand que l’esclavage ou la colonisation. » S’il y a crime ineffaçable, il y a victime éternelle. Les Blancs ne doivent pas imaginer pouvoir solder leur dette imaginaire. Plus nous céderons, plus ils prendront. Cette rhétorique installe un climat prégénocidaire : on peut tout faire au nom de la lutte contre les privilèges illégitimes et contre le racisme. Les massacres des révolutions française et bolchévique s’appuyaient sur des idées comparables.

Georges Guiscard, Le Privilège blanc – Qui veut faire la peau aux Européens ?. Préface de François Bousquet. Iliade – La Nouvelle Librairie, 222 pages, 16 euros.

Tribune reprise de Présent

Un dîner presque parfait – Zemmour à la croisée des chemins

diner zemmour

Eric Zemmour a lancé ce samedi son site Croisée des chemins, destiné à promouvoir son livre à paraître le 16 septembre : La France n’a pas dit son dernier mot, dans lequel il poursuit « le récit des choses vues, des choses tues, trop longtemps tues. Pour que la France ne se contente pas d’avoir un futur mais trace aussi les voies d’un avenir ». Le site permet de s’inscrire pour rencontrer Zemmour à Toulon le 17, à Nice le 18, et ainsi de suite, l’auteur s’étant mis en congé du Figaro pour assurer cette tournée promotionnelle, tout en continuant ses brillantes interventions sur CNews.

Cela ressemble à un test auprès du public pour mesurer les possibilités d’une candidature à la présidentielle d’avril 2022 à laquelle il n’est pour l’heure toujours pas candidat. A la croisée des chemins, la France ? Elle semble être engagée dans de boueuses ornières depuis des décennies. C’est davantage Eric Zemmour qui l’est. Auteur, éditorialiste, prendra-t-il la voie susceptible de le mener à l’Elysée ? La décision sera lourde de conséquences, comme dans ces contes où le héros a à choisir entre deux chemins, non sans qu’un mauvais génie n’essaye de l’influencer.

Son indécision ne pourra se prolonger indéfiniment, pour la clarté du débat et la sérénité des électeurs de la droite nationale. Eric Zemmour ayant proposé un débat public à Marine Le Pen, celle-ci a argué du fait qu’il n’est pas candidat pour repousser l’idée. En revanche, elle l’inviterait volontiers à dîner en privé, en compagnie de Robert Ménard – rencontre sans caméras, qui n’intéresserait pas Zemmour. Au fond, la seule vraie rencontre intéressante, ne serait-ce pas un débat d’entre deux tours entre Marine Le Pen et Eric Zemmour ? Bien sûr, d’un point de vue comptable et sondagier, c’est impossible.

La droite molle ne croit guère à une victoire de Zemmour, en témoigne Eric Ciotti dimanche dans l’émission « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » : « Le seul candidat qui peut gagner cette élection, qui peut troubler le duel entre M. Macron et Mme Le Pen, […] c’est le candidat de la droite républicaine. Je ne pense pas qu’Eric Zemmour pourrait gagner ce match ». Cependant, Zemmour présent au second tour, Ciotti voterait pour lui contre Macron ; alors qu’il mettrait un bulletin blanc en cas de duel Marine-Macron. Si des planches plus ou moins pourries comme Ciotti préfèrent Zemmour, notoirement plus tranché que Marine sur l’islam par exemple, à Marine elle-même parce qu’elle aurait des idées trop extrêmes, c’est à n’y plus rien comprendre. Comme l’écrivait dans nos colonnes la Sardine samedi dernier : « En démocratie la politique serait-elle irrationnelle ? »

Dans une étude intitulée « Sur Charles Maurras », Jules Monnerot a mis en lumière un point qu’il s’agit d’avoir à l’esprit au long de toute campagne présidentielle : « Le suffrage universel, à son avènement, opère une dissociation radicale et définitive entre les idées politiques et la politique. […] On doit dater de l’avènement du suffrage universel l’époque où les idées politiques sont pratiquement frappées d’impuissance en politique. […] Il faut leur dire [aux électeurs] que tout ira bien. » Un constat qui n’est encourageant ni pour Marine Le Pen, ni pour Eric Zemmour. L’un comme l’autre ont des idées politiques affirmées qui ne les inclinent pas à professer un optimisme béat. Macron, lui, saura s’adapter à l’électorat.

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Article paru dans Présent daté du 6 septembre 2021

Bracelet électronique : breloque pénale – Entrave ou incitation ?

Bracelet électronique

Le bracelet électronique, Il est beaucoup question de bracelets électroniques, ces derniers temps. Ils semblent être un ingrédient de l’actualité. Passons en revue quelques faits.

– Terry Dupin, blessé et arrêté par le GIGN ce lundi 31 mai après une cavale de 36 heures en Dordogne, était recherché à la suite de violences conjugales et de tirs sur les gendarmes. Ce récidiviste sortait de prison, portait un bracelet électronique avec l’interdiction de s’approcher du domicile de son ancienne concubine.
– Une femme de 33 ans est décédée à Douai dans la nuit de dimanche 30 à lundi 31 mai, manifestement sous des coups. Son concubin a été placé en garde à vue. Selon le procureur de Douai, il « bénéficiait d’une mesure d’aménagement de peine, détention à domicile sous surveillance électronique, pour l’exécution d’une peine de 10 mois d’emprisonnement pour vol aggravé et dégradations graves du bien d’autrui…»
– Avec neuf mentions au casier judiciaire, le réfugié politique kossovar qui a tué sa compagne à Hayange le 24 mai purgeait depuis le 20 novembre 2020 une peine d’un an d’emprisonnement pour des délits routiers, aménagée en peine à domicile avec bracelet électronique.
– A Alençon, le 25 avril, un homme d’une trentaine d’années tentait de poignarder son ex-conjointe. Il portait un bracelet électronique pour des faits de violence et de conduite sous stupéfiants.

A ces situations graves, il faut ajouter les cas où le port d’un bracelet électronique n’empêche aucunement la poursuite du business.

– A Plappeville (Moselle), un jeune homme vivant chez ses parents, purgeant une peine aménagée sous bracelet électronique, vendait du cannabis depuis… son balcon. Il a été arrêté ce week-end.
– Même chose à Angers le 3 mai où un jeune homme sous bracelet électronique pour vente de stupéfiants continuait de… vendre des stupéfiants.
– A Villeurbanne le 26 mai, un homme a été arrêté après un cambriolage. Il portait un bracelet électronique après des condamnations pour… vols.
– Le 19 mars à Grenoble, un homme de 35 ans a été arrêté pour huit agressions sur des personnes âgées en vue de leur voler leur sac à main. Condamné pour des faits semblables en 2014 et 2019, il avait été remis en liberté en novembre avec port de bracelet électronique.

Cette liste de divers crimes et délits ne prétend pas être exhaustive. Telle quelle, elle suffit à s’interroger sur l’utilité du bracelet électronique. Il était censé et résoudre le problème de la surpopulation carcérale et aider à la réinsertion. Or la surpopulation carcérale ne s’en trouve pas amoindrie puisque voilà des gens qui, loin de se réinsérer, sombrent dans la récidive, ou la réitèrent, ou passent au stade criminel supérieur. Quant aux femmes, on a bien compris que le bracelet électronique ne les protège en rien dans les cas des violences conjugales, n’en déplaise aux procureurs qui, dans plusieurs affaires récentes de « féminicides », ont assuré que la justice avait fait son travail convenablement. Il est vrai qu’elle l’a fait convenablement de son point de vue à elle. Tant qu’on ne sera pas sorti de la vision idéologique selon laquelle c’est à la société de payer sa dette envers le criminel, tant qu’on n’aura pas pris la décision d’expulser les délinquants et criminels étrangers pour désengorger les prisons, double peine et peine capitale seront réservées aux victimes.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 1er juin 2021

Restos clandestins – La police mobilisée

Restos clandestins

En France des « groupes hostiles » peuvent caillasser les forces de l’ordre (comme à Lyon le 5 avril), leur tirer dessus des mortiers d’artifice (comme au Petit-Quevilly le 6, comme aux Mureaux le 10), sans qu’on n’appréhende guère plus qu’un « jeune », éventuellement mis en garde à vue, ce qui ne l’empêchera pas de recommencer. Organiser des dîners clandestins est beaucoup plus risqué. Pierre-Jean Chalençon, le chef cuisinier Christophe Leroy et son épouse ont ainsi passé leur journée de vendredi en garde à vue, interrogés par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne ! Les jours précédents, leurs domiciles avaient été perquisitionnés, on a bien dû trouver un coupe-papier orné d’une tête de Napoléon ou un couteau d’office ?

En cause, ces fameux dîners qui défrayent la chronique depuis une semaine (voir Présent du 8 avril), où l’on consomme du caviar et du champagne sans masque. Après audition de Chalençon et Leroy, le parquet respire : « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet de mettre au jour la participation d’un membre du gouvernement aux repas qui font l’objet de cette enquête », à savoir ceux du Palais Vivienne (Paris IIe). Mais plusieurs personnalités ont reconnu s’être mis les pieds sous la table dans le clandé de Christophe Leroy (Paris VIIIe), Brice Hortefeux et Alain Duhamel par exemple, pour un « déjeuner de travail » le 30 mars.

Il n’y a pas que des repas people ou select qui se déroulent alors que les restaurants sont fermés en raison de l’épidémie. Vendredi, à Saint-Ouen, 62 personnes ont été verbalisées dans un restaurant clandestin et le gérant interpellé. Dans la nuit de vendredi à samedi, la police est intervenue dans le XIXe arrondissement dans un autre restaurant clandestin : 110 personnes verbalisées, l’organisateur et le gérant placés en garde à vue pour « mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé ».

L’ampleur des forces de police déployées pour traquer des gens qui s’attablent est tellement représentative de la dictature sanitaire que les Français ne sont pas dupes. Il y a clandestins et clandestins. Si Génération identitaire avait protesté contre les dîners illicites dans Paris, et non contre les migrants illégaux aux frontières, elle n’aurait pas été dissoute.

Et en matière de contrôle, les paradoxes ne manquent pas. Un parmi d’autres : la France maintient ses vols en provenance du Brésil alors que s’y développe un virulent variant qu’on aurait tout intérêt à ne pas importer en Europe. Ce n’est pas pour rien que le Portugal a suspendu les vols venant du Brésil, que la Grande-Bretagne a placé le pays sur liste rouge. La réponse du ministère des Affaires étrangères ? Les déplacements « ne sont pas formellement interdits, restent strictement déconseillés ». On se fie au test PCR négatif que les voyageurs doivent présenter et aux sept jours de quarantaine qu’ils s’engagent sur l’honneur à respecter. Quand on sait qu’il existe un véritable business permettant d’acheter un faux test négatif et que personne ne respecte aucune quarantaine (sinon pourquoi voyager ?), on se dit que le ministère des Affaires étrangères est bien naïf. Fermer les restaurants, oui, mais les frontières, nos idéologues du transfrontiérisme ne s’y résolvent toujours pas.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 12 avril 2021

Tel père, tel fils ? Marcus Thuram se distingue par un crachat

Marcus Thuram

Du match du championnat d’Allemagne qui opposait samedi Mönchengladbach à Hoffenheim, on ne retiendra pas le résultat, à savoir la défaite du Borussia Mönchengladbach (2 à 1), mais le fait qu’un joueur français s’y est distingué : Marcus Thuram a écopé d’un carton rouge après avoir craché au visage d’un adversaire, Stefan Posch. Ne pouvant nier les faits filmés, il a fait profil bas en expliquant : « Ce n’était pas intentionnel. » On connaît l’élégante habitude des joueurs de football de glavioter à longueur de match sur le gazon, mais comment un crachat au visage pourrait ne pas être intentionnel ?

Les seules réactions choquées ont été qu’en période de pandémie où le moindre postillon est suspect, le geste n’était vraiment pas sanitaire. Cela risque d’être une circonstance aggravante devant la commission de discipline. Son club lui a immédiatement infligé une amende de 150 000 euros (soit un mois de salaire) qui seront reversés à une organisation caritative – Présent ne cracherait pas dessus.

Le racisme éventuel du vilain geste n’a pas été évoqué. Il suffit d’imaginer la situation inverse, le Blanc Stefan Posch crachant sur le Noir Marcus Thuram, pour comprendre à quel tollé médiatique nous aurions été exposés. Les genoux à terre en soutien aux Black Lives Matter sont dans tous les esprits, comme le vacarme anti-raciste après le match PSG-Istanbul : un arbitre avait qualifié de « negru » un membre (noir, negru en roumain) du staff de l’équipe stambouliote. Aussitôt le match avait été interrompu définitivement (Présent du 10 décembre). On a appris il y a quelques jours que les arbitres roumains auraient été préalablement énervés par les façons du staff turc qui parlait d’eux en disant les « gypsi », les gitans (information du site www.walfoot.be). Tiens donc !

Contrairement aux médias lorsqu’est envisagé l’acte raciste d’un Blanc, nous ne condamnerons pas Marcus Thuram sur des intentions supposées. Mais nous ne dirons pas non plus que son crachat sur un Autrichien « de souche » va à l’encontre des valeurs professées par son père d’origine guadeloupéenne, Lilian Thuram, un des prestigieux joueurs vainqueurs de 1998. Thuram père s’est depuis converti en donneur de leçons anti-raciste : membre du Haut Conseil à l’intégration, il a créé la Fondation Lilian Thuram – Education contre le racisme. Cheminement habituel, il fait maintenant dans le racialisme, autrement dit lorsqu’on ne prend pas de gants : le racisme anti-Blancs. Outre ses nombreuses prises de position publiques, ses ouvrages s’intitulent par exemple Mes étoiles noires – De Lucy à Barack Obama (prix Seligmann 2010 contre le racisme) ou La Pensée blanche : ce livre ne traite pas d’horticulture mais constitue « un ouvrage didactique très documenté » (dixit Le Monde du 1er décembre dernier) car il montre comment les Blancs ont inventé des catégories raciales pour mieux dominer les Noirs (sic). Et si son fils se prénomme Marcus, c’est, comme il l’expliquait lui-même en 2010, en hommage à Marcus Garvey, chantre du panafricanisme.

Dans ce contexte familial, le crachat de Marcus Thuram sur Stefan Posch n’est pas dénué de logique.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 21 décembre 2020