L’Europe face au risque d’une guerre nucléaire, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Qui arrêtera la folie des hommes ? Depuis dimanche, 14 heures, le monde vit sous la menace d’une surenchère pouvant mener à une guerre nucléaire. Hier, Vladimir Poutine a en effet expliqué, prétextant des déclarations « belliqueuses » de l’Otan : « J’ordonne au ministre de la Défense et au chef d’Etat-major de mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat ». Dans son discours du 24 février, annonçant l’invasion de l’Ukraine, l’autocrate avait déjà prévenu : « Dans le domaine militaire, la Russie moderne, même après l’effondrement de l’URSS et la perte d’une grande partie de son potentiel, est aujourd’hui l’une des puissances nucléaires les plus importantes du monde et dispose en outre d’avantages certains dans un certain nombre d’armements de pointe. A cet égard, personne ne doit douter qu’une attaque directe contre notre pays entraînerait une défaite et des conséquences désastreuses pour tout agresseur potentiel ». Un peu plus loin, il avait été encore plus menaçant : « Quiconque tente d’interférer avec nous (…) doit savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et vous conduira à des conséquences auxquelles vous n’avez jamais été confrontés dans votre histoire ». Des stratèges en chambre assurent que Poutine bluffe. Pour ma part, j’observe qu’il applique ce qu’il a annoncé en voulant éteindre « une menace constante émanant du territoire de l’actuelle Ukraine ». Il est assurément le responsable de cette guerre déclarée, via l’Ukraine, à l’Occident et à ses démocraties. Il est néanmoins stupide, de la part des Européens, de jeter des bidons d’essence pour démontrer qu’ils seraient enfin sortis de leur léthargie.

L’ « esprit munichois » et sa recherche de l’ « apaisement » caractérisent l’Union européenne angélique, confrontée à la guerre de civilisation que le monde islamiste lui a déclarée sur son sol. Quand Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, explique en 2015 la guerre de la France contre Daech et le terrorisme, il s’empresse de déclarer : « Pour ma part, je ne parlerai jamais d’« ennemi de l’intérieur » : si le combattant de Daech en Syrie et en Irak est un ennemi, et doit être traité comme tel, le terroriste sur le territoire national est un criminel, et doit être traité comme tel. Du reste, parler d’« ennemi de l’intérieur » est la porte ouverte à une stigmatisation infondée et dangereuse, qui est justement ce que certains théoriciens ennemis recherchent. ». Aujourd’hui, Le Drian, devenu ministre des Affaires étrangère, n’use plus des mêmes délicatesses pour rappeler au « dictateur » russe que « l’Otan est une puissance nucléaire ». Or cette montée aux extrêmes est une approche irresponsable. L’Europe ne peut, au prétexte de conjurer ses lâchetés face à l’islam radical, se lancer dans une menace nucléaire mimétique, au risque de déclencher le pire. Le rôle d’Emmanuel Macron n’est pas de jouer à l’homme de guerre mais d’être un pacificateur. Cette attitude exige de la nuance, de la raison, de l’intelligence. Etre pyromane face à Poutine est, actuellement, une posture semblablement criminelle.

Ivan Rioufol

Texte daté du 28 février 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Guerre en Ukraine : il y a donc réfugiés et réfugiés, reconnaît Christophe Barbier

Christophe Barbier

Il est encore trop tôt pour analyser, avec discernement et sans céder à l’émotion, toutes les causes de l’invasion des troupes russes en Ukraine. Il est non moins difficile d’en prévoir tous les effets. On peut cependant assurer que la crise ukrainienne aura sur la France deux conséquences prochaines. Sur le plan politique, elle va dénaturer la campagne électorale, qui fera l’impasse sur le bilan du Président sortant. Sur le plan migratoire, on peut présumer que la France accueillera bientôt des réfugiés ukrainiens.

Emmanuel Macron a déclaré que « la France, comme tous les autres pays européens, prendra sa part pour assister la population ukrainienne, mais aussi pour accueillir des réfugiés venus de ce pays ». Marine Le Pen a de son côté assuré, sur BFM TV, qu’il fallait, « bien sûr, accueillir les réfugiés qui fuient l’Ukraine », ajoutant qu’« on est là au cœur de la Convention de Genève ». Le journal Libération a sauté sur l’occasion pour souligner, comme pour la prendre en défaut, les contradictions de la candidate d’un parti qui avait, en août dernier, lancé une pétition pour dire « non à l’accueil massif de réfugiés afghans ». Il fait semblant de ne pas comprendre.

Christophe Barbier, dans sa chronique matinale sur BFM TV, a involontairement pris la défense de Marine Le Pen, qui pourrait reprendre mot pour mot son argumentation. Évoquant l’éventualité d’une arrivée importante en France de réfugiés ukrainiens, il a rappelé qu’ils étaient des « Européens de culture », une population « très proche, très voisine », que « cette situation ne va pas s’éterniser durant des années » et que la plupart d’entre eux retourneraient dans leur patrie à la fin des hostilités. Des paroles de bon sens qui, dans la bouche de Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour, seraient considérées comme discriminatoires.

Il faut pourtant se rendre à cette évidence : entre les réfugiés afghans ou, plus généralement, les réfugiés de culture musulmane et les réfugiés ukrainiens, il y a une différence de nature. L’Ukraine est un pays très majoritairement chrétien, de tradition orthodoxe, bien éloigné de l’islam. Elle est proche de nous par sa civilisation et sa culture. Tout laisse à penser que les réfugiés ukrainiens d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, contrairement à une partie des immigrés issus de pays islamiques, n’exporteront pas une culture étrangère, voire hostile à la nôtre, et ne poseront aucun problème d’intégration ni d’assimilation.

Cette différence essentielle ne semble guère être comprise par des esprits qui, au nom d’un universalisme perverti, refusent de prendre en compte les différences civilisationnelles qui peuvent nuire à la cohésion sociale et à l’unité d’un pays, quand elles ne tendent pas à s’imposer. Il existe, chez ces apôtres de la bien-pensance, qui sont aussi les chantres de la pensée unique, une préférence irraisonnable pour tout ce qui est le plus étranger à notre culture. On l’a vu avec les chrétiens d’Orient, dont les persécutions semblent les laisser indifférents alors qu’ils ouvrent facilement les bras à la religion qui les persécute.

Certains peuples s’assimilent en France mieux que d’autres. Le reconnaître n’est pas une marque de discrimination mais de discernement. Le mot de Saint-Exupéry, « Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit », ne peut s’appliquer pleinement qu’entre peuples de cultures voisines, qui s’enrichissent mutuellement de leurs particularités. Nier cette évidence, c’est faire preuve d’un aveuglement coupable ou prendre un malin plaisir à voir progressivement s’éteindre notre civilisation.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Guerre en Ukraine : quand Polémia analysait les manœuvres de l’oligarchie

poutine

La guerre a éclaté entre l’Ukraine et la Russie. Les forces armées russes ont envahi l’Ukraine et atteignent en cette matinée du 25 février la ville de Kiev. Toute guerre est évidemment tragique mais le déclenchement de celle-ci était prévisible. Michel Geoffroy, analyste que connaissent bien les lecteurs de Polémia, avait évoqué l’avancée de l’OTAN en Ukraine il y a un mois encore dans un article limpide : « La coronafolie nous aveugle sur les manœuvres de l’oligarchie ». Nous republions donc son article, qui traite de plusieurs sujets autres que celui de l’expansion de l’OTAN aux portes de la Russie. Sans juger du bien-fondé de l’attitude de Vladimir Poutine, force est de constater que son attaque aurait pu être prévue si les Occidentaux avaient été plus conscients des conséquences de leurs actes. Le fameux masque, symbole de cette folle période du Covid, ne couvrait pas seulement la bouche des « élites » occidentales, mais aussi les yeux.
Pour se déciller les yeux, place à la republication de l’article de Michel Geoffroy sur les manœuvres de l’oligarchie.

La coronafolie nous aveugle sur les manœuvres de l’oligarchie

L’avantage de la focalisation permanente sur la « pandémie » est bien sûr politicien pour Emmanuel Macron : elle permet de phagocyter l’élection présidentielle, en effaçant tout débat sur son déplorable bilan. Voire en essayant de modifier le processus électoral à son profit, sous prétexte de faire face à une nouvelle « contamination ». Mais plus encore, l’épidémie sert de divertissement à l’oligarchie, au sens propre du terme, pour nous faire oublier la politique de plus en plus dangereuse qu’elle conduit à nos dépens. La coronafolie nous aveugle.

Pendant qu’on nous parle d’épidémie, l’oligarchie continue en effet de programmer le chaos migratoire en Europe.
En 2021, l’agence Frontex a recensé 200 000 franchissements illégaux des frontières extérieures de l’Union européenne, soit une augmentation de 57 % par rapport à 2020. Encore ne s’agit-il que de chiffres officiels. En France, le nombre de mineurs non accompagnés a officiellement doublé en trois ans.

En d’autres termes, le changement de population qu’a programmé l’oligarchie en Europe s’accentue, avec la bénédiction des juges, du patronat, des ONG, des islamo-gauchistes et des gouvernements.
Et les violences au sein des sociétés multiculturelles et multiethniques que sont devenus les pays européens ne cessent plus, de même que les agressions contre les édifices ou symboles chrétiens. Certains chrétiens d’Orient nous le disent : cela a commencé comme cela chez eux aussi…
Mais cela réjouit les oligarques : car ce sont surtout les pauvres qui en sont victimes ! Et plus la population européenne vit dans la peur, plus elle se soumet.

Pendant qu’on nous parle d’Omicron, l’oligarchie poursuit ensuite en toute impunité sa tentative d’encerclement belliqueux des puissances émergentes

Aujourd’hui en Europe, après les révolutions de couleur, le projet affiché de l’OTAN est de s’étendre à l’Ukraine, malgré les mises en garde répétées de la Russie.

Car l’Ukraine dans l’OTAN, c’est non seulement la violation délibérée de la promesse faite à Gorbatchev par les États-Unis lors de la chute de l’URSS. Ce n’est pas seulement le refus obstiné de modifier une alliance qui ne se justifie plus. C’est surtout le remake, mais à l’envers, de la crise des missiles de Cuba : ce sont des bases américaines tout à côté de la Russie, des armes nucléaires de l’OTAN en mer Noire ou en mer d’Azov.

Mais pour nos médias et la plupart de nos politiciens, fidèles relais des positions du département d’État américain, c’est bien sûr la Russie qui menace l’Ukraine, pays fragile sinon factice porté à bout de bras et de dollars par les Occidentaux. Lesquels ne trouvent rien à redire non plus aux déclarations invraisemblables des « responsables » américains promettant en permanence une avalanche de sanctions illégales contre tous ceux qui déplaisent à l’oncle Sam.

Et pas une semaine de répit dans le bourrage de crânes – comme on disait pendant la guerre de 1914-1918 – contre les Russes, les Iraniens ou contre les Chinois !

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Interdiction de Russia Today dans l’UE ? Pour Alexis Poulain, «Censurer un média, c’est inédit»

Alexis Poulain

01/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Entretien du 28 février avec Alexis Poulin. Il s’est penché sur l’implication de l’Union européenne et de la France dans la crise ukrainienne.

Il est revenu également sur l’abandon de la doctrine « Je suis Charlie » dans l’Union Européenne avec l’interdiction souhaitée par la commissaire non élue Von der Leyen, des médias Sputnik et Russia Today.

Une décision qui, si elle satisfait y compris des journalistes de la presse mainstream qui ont visiblement oublié leur métier et leurs valeurs, ne passe pas chez les partisans de la liberté d’expression, totale.


Opérations russes – Tout ne se passe pas comme prévu, par Olivier Bault

poutine zemmour

Après quatre jours d’offensive, le moins qu’on puisse dire, c’est que, malgré son énorme supériorité militaire et des mois de préparation, et aussi malgré l’autorisation donnée par la Biélorussie d’attaquer depuis son territoire pour raccourcir la route jusqu’à Kiev, tout ne se passe pas comme prévu pour la Russie. Le maître du Kremlin en était réduit ce week-end, pour conserver la face, à des gesticulations nucléaires qu’il prétend motivées par les propos hostiles de l’Alliance atlantique. La Russie a donc mis ses forces de dissuasion en alerte, alors qu’elle est en train d’envahir un pays, l’Ukraine, qui ne dispose pas de l’arme nucléaire et qui ne fait partie d’aucune alliance !

Dans cette première phase de la guerre, la Russie n’a certes engagé que la moitié environ des forces qui encerclaient l’Ukraine avant le début de l’offensive jeudi matin. Mais la débandade attendue de l’armée ukrainienne n’est pas survenue, même si le journal La Pravda, fidèle à sa tradition soviétique, affirmait le contraire lundi matin sur son site, dans un article en une consacré à la « libération » de l’Ukraine d’une junte supposément néo-nazie, dans le cadre d’une « opération spéciale de la Fédération russe ». L’envoi des troupes d’élites tchétchènes du dictateur Ramzan Kadyrov, venues participer à l’invasion de l’Ukraine au nom d’Allah, se serait soldé par des pertes sévères aux abords de Kiev et la mort du général tchétchène Tushayev, proche de Kadyrov. Bien entendu, les affirmations de part et d’autre sont à prendre avec des pincettes, comme dans toute guerre. Les sites des médias russes à l’étranger ne fonctionnant plus lundi matin en raison des attaques de pirates informatiques – le collectif d’internautes Anonymous s’est engagé dans la défense de l’Ukraine –, on ne pouvait toutefois plus voir la version russe des événements dans nos différentes langues européennes.

En Pologne, où sont déjà arrivés quelque 200 000 réfugiés ukrainiens – principalement des femmes et des enfants, les hommes de moins de 60 ans ayant interdiction de quitter l’Ukraine pour cause de mobilisation générale –, on voit à Varsovie repartir des cars remplis d’hommes partant défendre leur patrie contre l’envahisseur, car les travailleurs ukrainiens sont très nombreux sur les bords de la Vistule. La Pologne a été la première à envoyer un convoi de camions remplis d’armes après le début des hostilités (munitions, lance-missiles, drones et autres produits de première nécessité en temps de guerre). Aujourd’hui, c’est l’OTAN et l’UE qui organisent l’envoi d’armes de défense et cela vaut même pour l’Allemagne.

Ce qui surprend les experts militaires occidentaux, c’est que, malgré sa supériorité militaire massive, la Russie ne s’était toujours pas assuré une domination aérienne complète au bout de quatre jours d’offensive. Les appareils ukrainiens – avions de combat, drones et missiles sol-air – continuaient de frapper dimanche. Deux gros transporteurs Iliouchine remplis de troupes d’élite russes auraient été abattus – le conditionnel reste de rigueur – depuis jeudi, en plus d’avions de combat et hélicoptères. Les Ukrainiens revendiquent près de 4 000 militaires russes tués, tandis que les Russes ont confirmé leurs premières pertes humaines dimanche seulement. Les Ukrainiens parlent aussi de centaines de civils tués par les tirs russes.

Ce que l’on peut confirmer, c’est que de nombreux volontaires civils rejoignent la défense territoriale ukrainienne et que les armes légères ne manquent pas. Les communications ukrainiennes continuaient de fonctionner lundi matin et les troupes russes n’avaient toujours pas réussi à prendre la capitale après une nouvelle offensive dans la nuit. Même la ville de Kharkiv, russophone et située tout près de la frontière russe, restait lundi matin entre les mains des autorités ukrainiennes, de même que la plupart des grandes villes attaquées depuis quatre jours par une armée russe souffrant apparemment d’importants problèmes logistiques du fait de ses lignes étirées et des poches de résistance ukrainiennes laissées sur ses arrières. Sur les réseaux sociaux, les vidéos circulent où l’on voit des civils ukrainiens insulter et menacer des jeunes conscrits russes désorientés, qui ne semblent pas comprendre ce qu’ils font là. L’attitude héroïque du président Volodymyr Zelensky – un Ukrainien russophone –, qui a choisi de rester à Kiev et a refusé une offre d’évacuation américaine, et aussi du maire de Kiev, champion de boxe et millionnaire, qui a pris les armes pour défendre son pays, fait que ces dirigeants ukrainiens présentés par la propagande du Kremlin comme des laquais drogués des Etats-Unis ont pour le moment largement remporté la bataille de l’image dans cette guerre asymétrique. •

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 28 février 2022

Guerre en Ukraine – Hervé Juvin : « Je crains que la grande perdante de l’histoire soit l’Europe »

Hervé Juvin

Les deux impérialismes anglo-saxon et russe, le rôle déstabilisateur du Royaume-Uni dans la crise, la défaite terrible de l’Union européenne qui sera la première victime des sanctions lancées contre la Russie : alors que le président russe Vladimir Poutine lance l’offensive en Ukraine, l’eurodéputé (RN) et expert en géopolitique Hervé Juvin, grand connaisseur de la Russie, détaille, dans un entretien réalisé ce 23 février par Boulevard Voltaire, les grands enjeux de ce conflit majeur en Europe.

Vous êtes euro député et membre du groupe Identité et Démocratie. Vous êtes auteur, essayiste et vous avez écrit de nombreux ouvrages d’économie et de géopolitique. Je vous remercie d’accorder une interview à Boulevard Voltaire. Aujourd’hui, nous allons parler de l’Ukraine.

Que se passe-t-il en Ukraine ? Comment a-t-on pu arriver à un niveau de tension aussi élevé ?

C’est plus qu’un niveau de tension. Nous sommes face à des opérations militaires dont nous savons assez peu de choses sinon qu’elles sont intenses, qu’elles opposent des milices et des mercenaires côté ukrainien aux forces des Républiques autonomes du Donbass. Ces combats sont intenses. Certains parlent de combats de chars. Il y a des victimes et une évacuation massive de civils. Plusieurs dizaines de milliers sont en train de quitter les régions de Donetsk et de Louhansk pour se réfugier vers la Russie. Nous sommes dans une situation qui tourne à la guerre et qui naturellement provoque l’inquiétude de toutes les grandes puissances.

Que s’est-il passé entre 2014 et 2022, alors que la guerre était « stabilisée » ?

Le front a toujours été chaud. On parle d’une dizaine de milliers de victimes depuis 2014 et depuis le coup d’État organisé à Kiev par les services américains, par l’argent américain et par Victoria Nuland qui se félicite d’ailleurs d’avoir dépensé un milliard de dollars pour réussir ce coup d’État.

Nous sommes dans une situation qui nous impose de revenir à l’histoire.

L’histoire interprétée très différemment selon qu’on soit à l’Est ou à l’Ouest est l’histoire du berceau de la Russie. À l’origine, la Russie c’est Kiev, c’est la conquête mongole, c’est l’éparpillement du royaume. Le coeur de la Russie a commencé à battre à Kiev et on ne peut pas l’oublier. Ce sont ensuite les vicissitudes d’une histoire qui font que l’Ukraine indépendante n’a pratiquement jamais existé. Il y a eu une Ukraine indépendante à peu près entre 1917, la Révolution russe et 1921. Ensuite, il y a eu une Ukraine indépendante dont l’indépendance doit tout à la décision de l’Union soviétique de dissoudre la fédération, dont les frontières doivent tout à des tracés assez aléatoires réalisés du temps de Khrouchtchev.

On a un État dont l’Ouest dit qu’il a tous les privilèges d’un État-nation souverain dont les Russes ont quelques raisons de penser que d’une manière ou d’une autre, il fait toujours partie de la communauté de vie et de la communauté politique russe.

J’ajouterais que la différence saute aux yeux. À l’ouest de l’Ukraine, la population est polonaise parce qu’elle a appartenu à la Pologne. Une partie de la population se sent très proche de la Hongrie et serait disposée à se retrouver hongroise. Je crois d’ailleurs que les passeports hongrois sont largement distribués à l’ouest de l’Ukraine.

Et puis, tout à l’Est, vous avez de même qu’en Crimée, une population à 80 % russophone dont tout l’attachement se fait du côté de Moscou et de la Russie. Elle représente à peu près 20 % de la population, ce qui n’est pas rien sur quelques-unes des terres riches notamment en charbon et riche en installation industrielle. Si je puis le dire ainsi, le visage actuel de l’Ukraine n’est pas le visage d’un État-nation unifié. Le visage de l’Ukraine est le visage d’un État composé de différentes régions qui, toutes pour des raisons historiques et pour des raisons religieuses, regardent vers d’autres pays. Les uns vers la Pologne et la Hongrie et les autres vers la Russie. En clair, l’État-nation ukrainien est une création extraordinairement récente, extraordinairement fragile et extraordinairement minée par des élites corrompues et par des dirigeants qui doivent beaucoup plus à la faveur occidentale qu’au suffrage universel et à la décision de leur peuple.

À vous entendre, c’est un pays très fragmenté.

Je dirais factice. Il n’y a pas de peuples ukrainiens, mais une population à l’Ouest qui manifestement est européenne. Elle est européenne par ses comportements, par son mode de vie et par ses souhaits de consommation. Elle parle assez massivement anglais. On voit bien qu’à l’ouest de l’Ukraine, il y a une population qui ne demande qu’à se lier à l’Ouest. Et on voit bien à l’inverse qu’à l’Est on a une population, certes minoritaire, qui se sent très profondément russe. L’une des raisons du conflit actuel c’est que le gouvernement ukrainien n’a jamais reconnu les accords de Minsk qui prévoyaient d’accorder une large autonomie au territoire de Donetsk et de Louhansk et notamment il demandait la reconnaissance de la langue russe et de l’enseignement russe. Or, Kiev interdit l’enseignement du russe, tente de limiter la pratique du Russe et en même temps de museler tous les médias en russe. C’est évidemment inacceptable pour une population qui est très majoritairement russophone. En Crimée, un référendum donnerait probablement aujourd’hui 80 % de voix en faveur du rattachement à la Russie. Le sentiment, en partie légitime de nos voisins russes, c’est que l’Ouest pratique le deux poids deux mesures. Quand il s’agit de démembrer la Yougoslavie, quand il s’agit de séparer le Kosovo de la Serbie, les peuples n’ont jamais été consultés. On a fait appel à des principes juridiques sans jamais tenir compte de la réalité de la volonté notamment des Serbes orthodoxes. C’est un peu la même chose qui sévit aujourd’hui en Bosnie-Herzégovine où était mis en place un représentant doté de pouvoir absolument exorbitant. C’est un Allemand qui occupe le poste. Il fait la loi, peut révoquer des juges, peut changer à peu près tout ce qu’il veut en Bosnie-Herzégovine, sans aucun accord de la population et sans jamais le recours au suffrage universel.

On peut considérer que l’Ouest pratique deux poids deux mesures. Faites ce que je vous dis de faire et ne faites pas ce que je fais. Il y a une loi qui s’applique à mes ennemis, je m’applique à moi-même une loi différente. On peut comprendre que dans le cas de l’Ukraine comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres situations dans le monde, nos voisins russes ne sont pas très satisfaits qu’une règle internationale soit à ce point biaisée.

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I-Média – « Wokipédia » : l’Enfer d’extrême-gauche !

Wokipédia

28/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Les obsèques du célèbre chercheur et prix Nobel de médecine, Luc Montagnier, se sont déroulées sans la présence des médias ou de représentant du gouvernement. Une omerta difficilement explicable, tant les travaux du chercheur ont fait avancer la science.

« Wokipédia » : l’Enfer d’extrême-gauche Une affaire récente de bannissement de contributeurs francophones de l’encyclopédie Wikipedia nous ont poussé à enquêter sur le fonctionnement de la fameuse encyclopédie participative. Loin d’être neutre, elle est au contraire administrée et régentée par des nervis d’extrême-gauche « woke » et censeurs. Sujet réalisé avec l’aide de Jean-Luc Coronel de Boissezon et de Samuel Lafont.

La Russie passe à l’attaque La Russie a commencé à envahir l’Ukraine et frapper ses points stratégiques. Jean-Yves Le Gallou analyse les raisons pour lesquelles ce conflit n’a pas été compris en France.


L’Ukraine comme théâtre du retour de l’histoire, par Clément Martin (Les Identitaires)

Ukraine

À la chute de l’URSS en 1991, les prophètes de l’Occident (au premier rang desquels Francis Fukuyama, dans son célèbre La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme) l’avaient bien annoncé : le processus historique était achevé. Désormais, toutes les nations du monde se rangeraient, pour leur plus grand bien, dans le modèle démocratique, social-libéral, droitsdelhommiste. Et pour les autres, les réfractaires, ce n’était plus qu’une question de temps avant que les archaïques préoccupations stratégiques, identitaires ou économiques (en un mot, politiques) ne laissent place au doux refrain du marché global, du multiculturalisme et de la gouvernance bienveillante de l’ONU.

Mais cette prophétie ne s’est pas réalisée ; les signes indiquant au contraire un retour fracassant de la compétition éternelle entre les civilisations n’ont pas tardé à apparaître. La guerre de Yougoslavie d’abord, le 11 septembre ensuite, sans oublier les vagues d’attentats débutant en 2012 ou la crise des réfugiés de 2015. Le dernier épisode en date, c’est bien entendu l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Au-delà des motivations respectives de chacun des acteurs impliqués ou de savoir si l’agression russe est légitime, il importe surtout d’en tirer une leçon simple : un peu partout, le règne de la gestion s’efface, alors que celui de la Grande Politique fait son retour. Le XXIe siècle ne sera pas celui des négociations interminables entre bureaucrates déracinés ni celui des slogans sentimentalistes ou de l’assistance sociale à des minorités (LGBT et autres immigrés pétris de ressentiment) motivées par la vengeance ou la pulsion de mort. Les mots d’ordre du siècle à venir seront « identité », « puissance » et « réalisme ».

Si l’Europe ne veut pas terminer dans les poubelles de l’Histoire, il est temps de procéder à une rupture radicale avec les vieux refrains dégoulinants du progressisme pour pouvoir s’armer (d’abord moralement et intellectuellement) face aux dangers qui surgissent, affirmer notre identité et défendre nos intérêts. Les dirigeants européens feraient bien de ne pas oublier une chose : ce n’est pas parce que vous avez décidé que le monde entier était votre ami que ce sentiment est réciproque. À partir du moment où l’ennemi vous a désigné comme tel, vos choix se résument à la fuite, à la soumission ou au combat – mais ce qui est certain, c’est que les bons sentiments ne sont pas une solution.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires