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Le nouvel échec de la CGT ne restera pas sans conséquences, par Jean-Gilles Malliarakis

La manifestation du 19 avril, se voulant interprofessionnelle, s’est traduite par un fiasco. On ne doit, certes, ni la confondre avec l’ensemble, disparate, des mécontentements, ni en déduire des pronostics pour les jours prochains.

En particulier il semble bien que, dans le ferroviaire, la tension ne recule pas à la base et que la grève de la SNCF peut continuer. Et même on peut se demander pourquoi la réforme de filialisation du fret, jetant de l’huile sur le feu, a été annoncée au moment même où l’on pouvait espérer que la CFDT et l’UNSA se désolidariseraient de la CGT et de Sud-Rail.

Mais le fait objectif s’impose : avec 15 000 manifestants à Paris et 6 000 à Marseille, le chantage de Martinez n’impressionne plus personne. Ayant misé sur la convergence des luttes, le secrétaire général de la vieille centrale a perdu(1).

À peine les gauchistes bloqueurs de facs, les inévitables black blocks et les marcheurs impénitents de toutes les manifs se sont joints aux apparatchiks. Avec 133 rassemblements sur tout le territoire, reflets du maillage très ancien de l’organisation, ils ont été comptés pour quelque 120 000 personnes, selon les évaluations objectives, lesquelles désormais apparaissent et démentent les affirmations souvent fantaisistes des organisateurs(2).

Enfermés dans des luttes minoritaires et retardataires, les dirigeants actuels de la CGT, formés à l’école sclérosée du PCF, se sont voués au déclin. Ils ne parviennent à surnager qu’en surenchérissant dans le registre des contre-vérités. Celles-ci restent crachées à l’envi par les pseudo-économistes du marxisme tardif. L’idéologie qu’on espérait défunte continue hélas à fonctionner. Elle sert même de viatique dans les discours de tous les défenseurs du prétendu modèle social français. C’est pourquoi on ne doit pas s’étonner de la survie d’une petite frange gauchiste, réapparaissant à chaque génération, et à laquelle on ne se préoccupe guère de répondre. À moins qu’on se préoccupe de ne se surtout pas lui répondre. Les utiles idiots serviront toujours d’indispensables ingrédients pour les cuisines politiciennes.

Reste qu’après la longue série des mobilisations contre la loi El Khomri et le gouvernement Valls de mars à juillet 2016, puis après le fiasco et l’isolement de fait en septembre 2017 contre la réforme du Code du travail, ce nouvel échec de la mobilisation de la CGT du 19 avril pourra très difficilement rester sans conséquences.

La date du 19 avait été fixée unilatéralement par Martinez. Es lors, les autres centrales, à l’exception des gauchistes de Sud-Solidaires, s’en étaient écartées. Le renfort des politiques, de Besancenot, de la France insoumise, des activistes d’extrême gauche, des anciens de NuitDebout, et bien entendu de Pierre Laurent du PCF, n’aura fait que souligner la division, et renforcer la méfiance de ceux qui refusent de confondre syndicalisme et politique.

Une prochaine échéance se situera le 1er mai, date à laquelle la CFDT ne veut pas défiler avec les cégétistes, préférant se joindre aux autres syndicats réformistes, CFTC et UNSA. À noter que les microcombats d’appareils ne cessent pas : ainsi, le congrès de FO semble avoir vocation, du 23 au 27 avril, à désavouer la ligne, jugée par certains trop modérée, de Jean-Claude Mailly dont le mandat s’achève après 14 ans de bons et loyaux services. Il se pourrait ainsi que la faculté de manœuvre de la CGT y gagne.

Martinez et ses camarades resteront toutefois dans l’erreur s’ils peristent à sous-estimer l’aspiration très majoritaire des Français à des réformes indispensables du prétendu modèle social français. Celles-ci n’ont que trop attendu. En votant unanimement en faveur de lois qu’elle juge globalement positives, la droite, elle qui en avait différé pendant si longtemps la mise en œuvre, ne s’y est pas trompée.

1/cf. la Chronique des événements courants de l’Institut d’Histoire sociale du 16 avril. Pour recevoir régulièrement et gratuitement les liens de ces chroniques, il suffit de le demander sur ce lien à l’administration du site. ⇑
2/ cf.”Compter les manifestants” in Le Monde⇑

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Grève à la SNCF : Ces réalités que les cheminots étouffent, par Ivan Rioufol

Le conflit des cheminots, monté en mousse par la CGT et Emmanuel Macron dans un même combat de postures, étouffe la vraie colère française. Ce conflit supermédiatisé, qui paralyse injustement la France qui travaille et se déplace, peut se lire comme une diversion. Elle fait l’affaire de syndicats archaïques qui n’ont rien à dire, hormis la défense de leur pré carré. Le gouvernement y trouve également son compte, lui qui n’a pas son pareil pour éviter les sujets essentiels. C’est ainsi, par exemple, que le ras-le-bol des maires de banlieues est inaudible. L’un d’eux, l’écologiste Stéphane Gatignon, maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), vient de jeter l’éponge dans l’indifférence après avoir géré sa commune durant dix-sept ans. Il explique : “Je n’en peux plus de cette bureaucratie qui ne bouge plus, de ces politiques qui disent une chose et font le contraire >. L’asphyxie que connait Sevran est celle de nombreuses autres villes submergées par une immigration extra-européenne qui, pour partie, ne trouve ni travail, ni logement.

L’insécurité et la radicalité sont des maux qui vont croissants. Or ces bombes urbaines en puissance sont laissées à leur sort par les pouvoirs publics, tandis que les cheminots s’exposent en victimes. Dans le projet de loi “asile et immigration”, soumis depuis ce mercredi à discussion, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’élargir le regroupement familial pour les mineurs isolés ayant été acceptés au titre du droit d’asile. Samedi, Gérard Collomb s’est félicité d’avoir expulsé…20 étrangers radicalisés. “Un record !”, a-t-il osé déclarer.

Arrêtons les sornettes : le problème des cheminots n’est pas celui de la France ; il est seulement celui d’une corporation, qui n’est pas à plaindre. Entendre la vieille gauche fantomatique parler de “résistance” est une indécence qui la ridiculise, après le geste sublime du colonel Beltrame face à l’horreur djihadiste. L’état désastreux du pays ne peut être masqué par des mises en scène qui détournent les regards. Autrement plus préoccupant est, par exemple, ce constat fait par deux sociologues de terrain sur la “tentation radicale” des lycéens, dont certains cherchent à embrayer sur le conflit actuel.

Olivier Galland et Anne Muxel ont fait un livre de leur enquête (1). Il en ressort que la lutte contre les discriminations, tarte à la crème de la politique de la ville, ne répond pas au raidissement culturel et religieux qui s’observe chez les jeunes musulmans. La Croix de ce mercredi cite les auteurs. Ils constatent “un effet spécifique de la confession musulmane”. Ils disent aussi : “Comparés aux chrétiens, les musulmans que nous avons interrogés sont cinq fois plus souvent absolutistes et deux fois plus souvent prêts à justifier la violence religieuse. Cet effet n’est en rien affecté par la prise en compte des variables socio-économiques”. 20% des musulmans interrogés déclarent même acceptable de “se battre armes à la main pour défendre sa religion”. Cette réalité, souvent décrite ici, est autrement plus grave que l’avenir des cheminots qui monopolise les débats.

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 avril 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Mayotte barrage

Mayotte, un territoire français au bord de l’insurrection

14/04/2016 – MAMOUDZOU (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : L’île de Mayotte paralysée par une grève générale depuis le 30 mars. Et, en marge de ce mouvement social, la situation a dégénéré. Un conflit social oppose depuis deux semaines les autorités mahoraises et plusieurs syndicats revendiquant « l’égalité réelle » entre la métropole et le département d’outre‑mer. Cette intersyndicale qui regroupe notamment la CGT, la CFDT et Force ouvrière, a installé des barrages filtrants dans le Nord et le Sud de l’île pour faire entendre ses revendications. Parmi celles‑ci : l’alignement des allocations familiales et autres prestations sociales au même niveau qu’en métropole, la construction d’infrastructures scolaires mais aussi l’application du Code du travail national – il doit être aligné sur la métropole en 2018 – et l’abandon du projet de loi El Khomri.

Mais depuis la situation a dégénéré. Des violences ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Mamoudzou, chef‑lieu du 101e département de France, en marge de la grève. Des bandes de jeunes cagoulés et armés de barres de fer se sont postées entre les villages et rackettent les automobilistes. Avec, depuis samedi, des blessés. La préfecture de Mayotte a précisé qu’il s’agissait d’affrontements entre bandes rivales, qui ont provoqué des dégâts matériels (85 véhicules saccagés) et fait au moins un blessé. Selon la chaîne Outre-Mer 1re, du groupe France Télévisons, les affrontements prennent des airs de guérilla urbaine.

La grève engendre aussi des perturbations sur l’île. Depuis le lancement de la grève générale, l’île (qui est devenue département français en 2011) est confrontée à de graves perturbations, avec le blocage des principales routes. Les activités économiques fonctionnent au ralenti au grand dam de nombreux entrepreneurs qui n’ont pas hésité mardi à s’en prendre verbalement aux leaders syndicaux. Certaines écoles sont aussi touchées par des fermetures, faute de transports scolaires.

Mais que fait le gouvernement ? Visiblement davantage concerné par le mouvement Nuit Debout qui attire tous les projecteurs médiatiques, le gouvernement s’est contenté de faire intervenir le ministre d’Outre‑Mer, George Pau‑Langevin, qui a laconiquement appelé au calme et à la patience. Reste à savoir si cela suffira à calmer les ardeurs des casseurs de Mayotte…

Lire aussi Mayotte en insurrection, par Michel Lhomme, sur Metamag

Un CGtiste refuse de serrer la main de Hollande et lui fait la leçon

13/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Un militant de la CGT refuse de serrer la main à François Hollande lors de sa visite sur les Chantiers de Saint-Nazaire par solidarité avec les ouvriers d’Air France. Il le morigène sur le situation de l’emploi et des relations sociales; le président écoute sa leçon en bon petit élève appliqué… Au moins n’a eut-ton pas droit à un « Casse-toi pauv’ con »

Crédit photo : Germán Saavedra Rojas via Flickr (CC) = TGV Trenes


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Réforme du collège : la guerre continue…

18/09/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Hier a eu lieu la grève des enseignants, deux semaines seulement après la rentrée scolaire. Ils protestaient contre la réforme du collège qui se met doucement en place.
Madame Vallaud Belkacem continue son plan de bouleversement général. Désormais, elle veut mettre à l’essai une nouvelle notation de 0 à 5, et fait fi de tout ce que pourront dire les adeptes du traditionnel 20 sur 20. On diminue les notes, vouées à disparition, on abaisse le niveau…
Il s’agit de mettre en valeur le « socle commun de compétences, de connaissances et de culture ». Mais de quelles compétences, de quelles connaissances et de quelle culture, s’agit il ? Le flou est total. Les enseignants sont perplexes et les réactions nombreuses. Une fois encore, l’Education nationale avance sur le chemin du déclin, les élèves sont de plus en plus perdus faute de repères. Là oui, il s’agirait de mettre un zéro pointé !

Crédit photo : Maxppp via Flickr (CC) = grève des enseignants


Grève des chauffeurs de taxi dans un climat délétère

26/06/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation, édité par NOVOpress)
Hier matin, les chauffeurs de taxi ont entamé une nouvelle grève à durée illimitée. La violence était au rendez-vous.

La cause de leur colère ? Les voitures de transport avec chauffeur, VTC, qui leur font selon eux une concurrence illégale. Et pour cause : les chauffeurs de taxi doivent payer une licence d’environ 250 000 € pour exercer leur profession ; les VTC, quant à eux, ne payent rien. Ils sont essentiellement recensés par l’application américaine UberPop. La loi Thévenoud avait tâché il y a un an d’organiser le marché des taxis et des VTC. Mais elle n’a en réalité rien apaisé.

La grève s’est déroulée dans un climat violent et délétère
Alors que les chauffeurs de taxi bloquaient la circulation, essentiellement à Paris et à Lyon, de nombreux affrontements ont eu lieu avec les chauffeurs de VTC. Ces derniers ont été parfois traqués. Les VTC ont été retournés, parfois incendiés. Certains chauffeurs de taxi ont dégainé des bombes lacrymogènes, ou lancé des cailloux. Des passagers ont même été agressés. Les chauffeurs de VTC n’étaient pas en reste : deux d’entre eux ont été mis en garde à vue pour avoir foncé sur des chauffeurs de taxi. Au total, sur Paris et Lyon, une dizaine de chauffeurs de tous bords ont été interpellés. Dans la soirée, le Premier ministre dénonçait des violences inacceptables. Sur certains points de blocage, notamment à Paris, les chauffeurs de taxis ont été rejoint par des « jeunes des quartiers » (le lecteur aura traduit de lui-même l’euphémisme politiquement correct…), trop heureux de l’aubaine d’aller casser un peu en ville.

En dépit de ces confrontations, les revendications des chauffeurs de taxi ont été écoutées
Revenu précipitamment de Marseille en fin de journée, Bernard Cazeneuve a reçu les représentants des syndicats de chauffeur, donnant une fois de plus raison au chantage exercé par ceux qui en on les moyens, en l’occurrence les taxis bloquant gares, aéroports et grands axes.
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Réforme des collèges : ça ne passe pas !

12/06/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le 19 mai dernier, la grève des enseignants avait réuni des syndicats de tous bords comme la CGT ou le Snalc. Mais le ministre de l’Éducation n’avait pas jugé bon d’entendre ces protestations alors que 60 % des Français soutenaient cette grève. Les enseignants ne baissent cependant pas les bras. Hier, jeudi 11 juin, ils ont manifesté à l’appel d’une intersyndicale enseignante de l’Académie de Rennes « pour imposer la voix des personnels à une ministre qui refuse de les entendre ». Les banderoles sont claires : on peut y voir écrit en lettres capitales « Nivellement Volontaire par le Bas » ou « Massacre des humanités ». Le projet « collège 2016 » de la ministre de l’Éducation prévoit de laisser les équipes pédagogiques libres d’aménager 20 % de l’emploi du temps des élèves, afin de développer des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) censés rendre les disciplines plus accessibles. De plus, la suppression des classes bilingues dans un souci d’égalité provoque la colère du corps professoral et des parents d’élèves. C’est surtout l’absence de débat et la volonté de passer en force cette réforme avant la rentrée 2016 qui causent des remous et irritent les Français.

Crédit photo : Jean-Christophe Marmara


Poursuite de la grève à Radio France… malgré des avantages considérables pour les salariés

Poursuite de la grève à Radio France… malgré des avantages considérables pour les salariés

09/04/2015 – FRANCE (NOVOpress/Bulletin de réinformation)
Après trois semaines de grève à Radio France, le conflit s’enlise

Pourtant, la semaine dernière, la Cour des comptes a publié un rapport au vitriol sur Radio France (photo) : vacances abondantes, primes en tous genres, avantages en nature, placards inutiles…  Les conditions de travail sont “très favorables” au sein des radios publiques.

Exemples :

Les journalistes ont droit jusqu’à 68 jours de congés par an.
La Radio rembourse les amendes de ses salariés.
Les syndicats pèsent 8 % des effectifs, et exercent un chantage permanent à la grève. Résultat : la direction cède aux conflits pour y mettre fin par « l’octroi de mesures catégorielles : primes spéciales, avancements garantis ».
Enfin, plusieurs services sont pointés du doigt pour leurs sureffectifs, comme la communication (100 personnes). Radio France ne compte pas moins de 582 techniciens du son !

Et ces journalistes donnent des leçons à tout le monde !

La réponse à cette gabegie ? Pour Dominique Wolton, chercheur sur les médias (invité très régulièrement sur Radio France et payé par le CNRS), plutôt que de chercher à réaliser des économies : “Si on veut sauver Radio France, il faut augmenter la redevance”. Alors qu’elle va déjà augmenter en 2015 !

Radio Courtoisie, elle, est nettement mieux gérée. Et sans subventions ni publicités.

Crédit photo : domaine public, via Wikipédia, (cc).

[Mémoire ouvrière] La révolte du Bouton à Méru en 1909

[Mémoire ouvrière] La révolte du Bouton à Méru en 1909

25/08/2014 – MERU (NOVOpress)
Au début du XXème siècle, la petite ville de Méru, dans l’Oise, est déjà considérée comme la capitale de la nacre. Cette localité, située à 50 km au nord de Paris, est dès le XVIIème siècle un lieu d’intense activité tablatière, c’est-à-dire de fabrication d’objets de petite taille en matière organique. Les paysans des campagnes alentour exercent alors à domicile les mois d’hiver lors des saisons agricoles défavorables. Ils fabriquent des objets luxueux en os, ivoire, écaille, ébène et surtout nacre. La demande concerne tout autant des éventails, carnets de bal, dominos que de simples boutons. Il faut dire que le sous-sol de la région regorge de traces de coquillages exotiques : troca indonésien, burgau de Singapour, haliste du golfe du Mexique… Les paysans trouvent ainsi dans la tabletterie un travail de complément fort utile.

L’essor capitaliste du XIXème siècle va entraîner une explosion de l’emploi dans ce secteur avec la croissance du marché de la mode et du vêtement de luxe : 4.000 salariés en 1800, 7.400 en 1855 et jusqu’à 10.000 en 1914.

Les conditions de travail liées à l’outillage mécanique sont pénibles et harassantes. « D’abord, le sciage au moyen d’une scie circulaire roulant à une vitesse vertigineuse. Indépendamment de l’air vicié de vapeurs et de poussières qu’il respire, le scieur est continuellement exposé à des accidents. Les scieurs à qui manque des bouts de doigts ou des doigts entiers ne sont pas rares. Puis le découpage du bouton brut ; ensuite le tournage, qui sert à donner les façons de bourrelets, de cuvettes, de fantaisies, etc. Découpeurs et tourneurs, travaillant penchés sur leur meule ou sur leur tour, en avalent de la poussière de coquillage au long d’une journée ! », note Jean-Baptiste Platel, responsable de l’Union des tabletiers de l’Oise.

« À 35 ans, tous les ouvriers sont asthmatiques en raison de la poussière qu’ils respirent pendant le travail. Beaucoup sont plus gravement hypothéqués encore. Qu’ils travaillent en usine ou chez eux, les conditions d’hygiène sont déplorables. On entasse facilement 15 ouvriers là où raisonnablement on en pourrait mettre 8. Nulle part le moindre ventilateur ou aspirateur. » ajoute t-il. La journée de travail débute à 7h00 pour se terminer à 19h00. Les enfants peuvent être embauchés dès l’age de 12 ans avec un salaire 70% inférieur à celui des adultes. Les femmes touchent quant à elles un salaire correspondant à 40% de celui d’un homme. Parallèlement, « en dix ans, des fortunes colossales se sont édifiées ; des châteaux se sont dressés à l’entrée de nos villages », écrit encore Platel.

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Intermittents : une culture syndicale (Présent 8123)

Intermittents : une culture syndicale (Présent 8123)

« Nous ne voulons pas revivre 2003 », a écrit le Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles et diffuseurs indépendants de musique. 2003 et ses festivals d’été en capilotade du fait des mouvements de protestations des intermittents du spectacle. Le message ne s’adresse pas aux intermittents mais au gouvernement : à lui d’arranger les choses, de préserver leur statut en revenant sur la nouvelle convention d’assurance chômage qui mécontente les acteurs et les techniciens de la scène.

Mais 2003 n’a-t-il pas déjà recommencé ? Le Printemps des Comédiens (Montpellier) a ouvert le 3 juin, ira-t-il jusqu’au 29 ? Les annulations s’enchaînent. Un spectacle de Jane Birkin, Gainsbourg, poète majeur, était programmé pour le 22 juin, mais la chanteuse et comédienne l’a annulé pour afficher son soutien aux intermittents. Réelle compassion ou façon de prendre les devants tout en cumulant quelques points de démagogie ?

La direction du Printemps des Comédiens n’arrive pas à prendre la décision d’annuler carrément le festival. Elle ne veut ni blesser les intermittents ni être responsable financièrement. Les annulations de festivals, c’est entendu, sont dommageables sur le plan économique. Sur le plan culturel aussi, mais pas systématiquement. Ainsi les trois représentations (11, 12 et 13 juin) de Golgota Picnic sont passées à la trappe : merci qui ? Merci la CGT.

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Grève des taxis du 13 janvier

Grève des taxis du 13 janvier

13/01/2014 – 14h30
PARIS (NOVOpress / Bulletin de réinformation) – Les syndicats de chauffeurs de taxis (CFDT, CGT, FO, SDCTP & CST) ont appelé à une manifestation nationale ce lundi 13 janvier, à Paris et dans plusieurs grandes villes, afin de défendre leur emploi que menacerait la concurrence déloyale des voitures avec chauffeur (les VTC).

Habitués à la confrontation physique pour défendre leurs acquis, souvent comparés à des privilèges, des chauffeurs de taxi ont par ailleurs attaqué ce matin un VTC de la société de transport Uber alors qu’il transportait des passagers depuis l’aéroport de Roissy : vitre brisée, pneu crevé, carrosserie arrosée de peinture…

Cette grève intervient alors que tous les usagers s’accordent à déplorer le manque de taxis dans la capitale et qu’on ne recense en France, que 5.300 entreprises de VTC (soit 9.800 véhicules), quand le nombre de taxi dépasse, lui, les 50.000.

Crédit photo : csaavedra via Flickr (cc)

Grève à la SNCF mardi dernier contre la libéralisation du système ferroviaire européen

Grève à la SNCF mardi dernier contre la libéralisation du système ferroviaire européen

11/11/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – Mardi 8 novembre 2011, énième grève à la SNCF. Comme souvent, les médias « grand public » s’attardaient davantage sur les conséquences (suppressions de train, retards, mécontentement des voyageurs) que sur les causes. Cette grève visait la libéralisation du système ferroviaire européen. Les syndicats de cheminots français CGT, CFDT, Unsa et CFTC répondaient en effet à l’appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), alors que le Parlement européen doit se pencher à la mi-novembre sur la poursuite de l’ouverture à la concurrence du système ferroviaire.

Les grévistes, mobilisés comme d’habitude pour la défense de leurs « avantages acquis », ont au moins eu le mérite de mettre en lumière un problème qui touche tous les peuples membres de l’Union européenne : la perte de souveraineté sur leurs services publics, le secteur ferroviaire étant l’ultime étape d’un processus mis en place à partir des années 90. Ce processus vise à imposer progressivement à l’ensemble des États membres de l’Union européenne l’ouverture à la concurrence de ses services publics : l’énergie (gaz et électricité), les transports (tous modes), les services postaux et les télécommunications. En théorie, le projet européen vise l’amélioration des performances techniques et économiques, tout en préservant la mission de service qui incombe à tout opérateur. Dans les faits, le modèle américain et les libéralisations déjà effectuées en Europe démontrent le contraire.

L’anodin secteur des renseignements téléphoniques est un exemple du genre. Les Français sont passés de leur bon vieux « 12 » efficace et peu cher à un marché où ils sont submergés par les publicités des différents opérateurs (les fameux 118 XXX), où ils paient plus cher quel que soit le prestataire, pour une qualité souvent inférieure et pour finir, une grosse partie de l’activité a été délocalisée dans les pays d’Afrique francophone. Le Français est perdant sur toute la ligne : service, tarif, emploi, pollution publicitaire. Les gagnants : les financiers qui se sont emparés des marchés et les publicitaires. Et il en est ainsi pour tous les services publics déjà sacrifiés sur l’autel de la mondialisation et il en sera de même pour ceux à venir.

Ironie de l’histoire, les grèves à répétition organisées par des syndicats inconséquents et égoïstes ont réussi à rendre ces libéralisations souhaitables aux yeux du public, celui-ci espérant que cela mette fin aux grèves et aux « privilèges acquis » et que la concurrence conduise à une baisse des tarifs. Quitte à perdre une partie de son patrimoine…

[box class=”info”]Crédit photo : DR[/box]

Manifestation des syndicats de l'Éducation nationale : Xavier Lemoine et Christine Boutin agressés [audio]

Manifestation des syndicats de l’Éducation nationale : Xavier Lemoine et Christine Boutin agressés [audio]

28/09/2011 – 12h30
PARIS (NOVOpress) –
Selon les organisations de gauche et d’extrême gauche, le droit de manifester paraît être réservé uniquement aux individus montrant patte rose ou surtout rouge.

C’est ce qu’ont encore démontré hier des membres du service d’ordre de la FSU – dont le responsable –, le très soviétique syndicat enseignant, qui ont interdit à Christine Boutin et à son conseiller, Xavier Lemoine [à gauche sur la photo], maire UMP de Montfermeil (93), d’intégrer le cortège.

Pis encore, des coups ont été portés à l’encontre de M. Lemoine. Et au bout de dix minutes, c’est la police en  qui viendra “exfiltrer” les deux personae non gratae, craignant manifestement pour leur sécurité tout en laissant paisiblement les nouveaux “soviets” reprendre leur “vigilance” autour du cortège. Une scène qui parait surréaliste dans un pays où manifester est un droit.

Retour sur l’évènement avec Xavier Lemoine, qui a accepté de répondre à nos questions sur cette agression, mais aussi sur les problèmes de l’Éducation nationale.

[box]Crédit photo : Parti chrétien-démocrate[/box]

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