Crédit Agricole/Emporiki : en parlera-t-on dans les assemblées générales ?

Crédit Agricole/Emporiki : en parlera-t-on dans les assemblées générales ?

Souvent les petits paysans – en particulier ceux qui travaillent dans le secteur bio – se plaignent de ne pouvoir obtenir des prêts auprès du Crédit Agricole. La banque verte possède en effet une solide réputation : préférer les « gros » ; en particulier les éleveurs porcins, l’agroalimentaire et les promoteurs immobiliers. Autant dire que le Crédit Agricole n’a plus de mutualiste que le nom.

Au fur et à mesure que la maison grossissait, ses dirigeants ont voulu jouer dans la cour des grands – comme la BNP. D’où l’achat, par exemple, de banques étrangères. Ce fut le cas, en 2006, de la banque grecque Emporiki, aujourd’hui la cinquième banque du pays. Coût de l’opération : 2,2 milliards d’euros.

Avec l’effondrement du système financier grec, Emporiki, aujourd’hui, ne vaut plus rien. A tel point que le Crédit Agricole a ramené à zéro sa valeur dans ses comptes. Dorénavant, l’essentiel des risques réside dans les liquidités apportées par la maison mère à sa filiale. Soit 4,6 milliards d’euros à fin mars 2012. En juin 2011, le Crédit Agricole avait à faire face à une exposition à hauteur de 10 milliards d’euros avec sa filiale.

Notons également qu’Emporiki bénéficie du financement exceptionnel de la BCE pour 1,2 milliards d’euros. On ne peut pas dire que les choses s’arrangent puisque la filiale grecque a encore pesé pour 940 millions d’euros au premier trimestre 2012 sur les comptes du groupe.

Il y a fort à parier que ce dossier qui devrait intéresser au plus haut point les sociétaires du Crédit Agricole sera escamoté lors des prochaines assemblées générales des caisses locales. On passera vite aux choses sérieuses, c’est-à-dire au volet tourisme et voyage…

Dans le secteur mutualiste, la souveraineté s’exerce lors des assemblées générales. En réalité ce ne sont que des chambres d’enregistrement. Privilège du mutualisme : la technostructure qui dirige ces établissements ne rend de compte à personne. C’est confortable.

Paul Le Guern

Crédit photo : RSNY, via Flickr, licence CC.

Article paru sur Novopress Breizh.

Grèce : le mea culpa du Spiegel

Grèce : le mea culpa du Spiegel

15/05/2012 – 08h00
BERLIN (NOVOpress) –
« Acropolis, Adieu ! Pourquoi la Grèce doit maintenant quitter l’euro », peut-on lire cette semaine en couverture du Spiegel. Le magazine de centre gauche, dont les positions sont proches de celles des milieux d’affaires allemands, commence à lâcher sérieusement du lest au sujet de la présence de la Grèce dans la zone euro, remettant par là-même en cause le sacro-saint dogme de l’irréversibilité de l’adhésion à l’euro.

Grèce : le mea culpa du Spiegel« En dépit de notre scepticisme, nous avions défendu jusqu’ici le maintien de la Grèce dans la zone euro », explique l’hebdomadaire. « Mais depuis les élections législatives (grecques) début mai, les observateurs du Spiegel ont changé d’avis. » « Les Grecs n’ont jamais été mûrs pour l’union monétaire et ne le sont toujours pas aujourd’hui. Les tentatives de soutenir ce pays par des réformes ont échoué ».

« Il est clair que la sortie (de l’euro) est dans l’intérêt des Grecs (…) Seule une sortie de la Grèce de la zone euro donne une chance au pays, dans le long terme, de se remettre d’aplomb. »

Si la sortie de la zone euro est « une chance pour la Grèce », certains pourront penser que cela serait aussi une chance pour la France, ainsi que pour tous les pays de l’euroland, Espagne, Portugal, Italie, dont les économies souffrent d’une surévaluation de la monnaie unique. Une position qui vient conforter celle de mouvements populistes, dont en France le Front national, favorables à la sortie unilatérale de leur pays de la zone euro.

L’implosion de la Grèce préfigure-t-elle la situation de la France d’ici quelques mois de présidence socialiste ?

L’implosion de la Grèce préfigure-t-elle la situation de la France d’ici quelques mois de présidence socialiste ?

 13/05/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress via le Kiosque Courtois de Radio Courtoisie) – Les élections législatives qui se sont déroulées en Grèce dimanche dernier ont marqué une véritable déroute pour les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis plus de quarante ans.

Le parti de centre droit aux affaires, Nouvelle-Démocratie, atteint  ainsi tout juste 18 % des suffrages, et le Pasok, socialiste, directement responsable de la crise, s’effondre à la troisième place avec 13 %. C’est en effet l’ancien patron du parti socialiste, Georges Papandréou (photo en Une), qui avait sollicité les prêts de la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) et accepté des conditions drastiques d’austérité. C’est ce même dirigeant socialiste qui avait, avec l’aide de la banque Goldman-Sachs, truqué les compte grecs afin de permettre l’entrée de la Grèce dans la zone euro, une entrée dans la « cour des grands » que le peuple grec paie au prix fort. Nouvelle-Démocratie et le Pasok, qui constituaient les piliers du bipartisme grec depuis la fin du régime des colonels en 1974, en quelque sorte l’UMPS du cru, ne disposent, ni ensemble ni encore moins séparément, de la majorité au parlement.

Chryssi Avgi, Aube dorée, fait une entrée fracassante au parlement avec 7 % des voix, soit 21 sièges.

Immédiatement qualifiée de néo-nazi par les médias de l’oligarchie, ce parti populiste a séduit de nombreux Grecs, exaspérés par la mainmise croissante des banques sur l’économie du pays, et par la vertigineuse paupérisation de la population. Son chef, Nikos Michaloliakos a dénoncé, « les usuriers mondiaux » et « l’esclavage » imposé à la Grèce par la Troïka, déclarant, je cite encore : « L’heure de la peur a sonné pour les traîtres à la patrie ».

Avant-hier, le dirigeant du Pasok a reconnu son échec à former un gouvernement de coalition.

Kiosque Courtois du samedi 12/5/2011 – L’actualité de la semaine en écrit Après trois tentatives avortées, l’ultime chance pour former un gouvernement de coalition ou d’union nationale se trouve entre les mains du président grec, Carolos Papoulias (photo).

Carolos Papoulias qui vient par ailleurs de « féliciter » François Hollande pour sa victoire…

…déclarant sans rire : «Je suis sûr que vos positions européennes et la lutte que vous préparez en faveur de la croissance et de la stabilité en Europe, seront d’une grande importance pour la relance de mon pays».  En cas d’échec du président Papoulias, les Grecs seront de nouveau appelés aux urnes. Une perspective positive pour les populistes de Chrysi Avgi, qui sauront profiter de l’exaspération croissante du peuple.

Des perspectives qui inquiètent Bruxelles, qui craint qu’un éventuel gouvernement populiste ne prenne exemple sur l’Islande.

L’Islande a en effet réussi à mettre au pas les banksters internationaux. Les Islandais ont tout bonnement refusé de payer une dette datant de 2008 et se sont même payé le luxe de faire démissionner le gouvernement, et d’imposer une réécriture de la constitution. Ecrasés il y a peu par une dette colossale auprès des banques britanniques, les Islandais recouvrent progressivement leur liberté.

De quoi faire réfléchir les Grecs.

Occulté par les médias de l’oligarchie, un fait important s’est déroulé le 23 avril dernier, puisque le verdict concernant l’ancien Premier ministre islandais Geir Haarde a été rendu. Comparaissant devant un tribunal spécial à la demande du Parlement, l’ex‑Premier ministre a été reconnu coupable de ne pas avoir convoqué de réunion ministérielle pour discuter de la situation qui a conduit le pays au bord du gouffre, alors que le système bancaire islandais implosait et plongeait le pays dans une grave crise.

Il s’agit d’une véritable révolution démocratique et antilibérale à l’heure où d’autres pays comme la Grèce mais aussi l’Espagne, l’Italie et la France sont proches de l’asphyxie.

La mobilisation du peuple islandais s’est traduite par un succès exemplaire, en faisant payer le coût de la crise aux responsables. Ainsi, 93 % des Islandais ont refusé que leur pays assume les dettes privées, et ont rejeté, lors d’un référendum d’initiative populaire, le sauvetage des banques d’affaires. L’Islande, qui a enregistré une croissance de 3,1 % en 2011, vient de donner une leçon aux autres pays européens, dont le nôtre, qui croulent sous la dette.

Crédit photo en Une : Λουκάς Παπαδήμος Πρωθυπουργός της Ελλάδας via Flickr, licence CC. Crédit photo Carolos Papoulias : DR.

La Grèce peut elle suivre la trace de l’Islande ?

La Grèce peut elle suivre la trace de l’Islande ?

11/05/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
Tandis que la crise grecque savamment instrumentalisée par les médias du système ne cesse de s’amplifier, l’Islande sans coup férir a mis au pas les banksters britanniques.

L’Islande, petit pays européen, mais non enchaîné aux folles décisions des technocrates bruxellois, écrasée il y a peu par une dette colossale auprès des banques britanniques recouvre progressivement sa liberté. L’Islande s’émancipe peu à peu de l’étau des marchés financiers et avec elle les contribuables islandais.

La Grèce peut elle suivre la trace de l’Islande ?
Peu avant la crise financière de 2008, Geir Haarde (à gauche), Premier ministre islandais, avec Gordon Brown, Premier ministre britannique.

De quoi faire réfléchir les Grecs. Les Islandais ont tout bonnement refusé de payer cette dette datant de 2008 et se sont même payés le luxe de faire démissionner le gouvernement, et surtout de faire réécrire une constitution. Occulté par les médias de l’oligarchie, un fait important s’est déroulé le 23 avril dernier, puisque le verdict concernant l’ancien Premier ministre islandais Geir Haarde (à gauche sur la photo) a été rendu. Comparaissant devant un tribunal spécial à la demande du Parlement, l’ex-Premier ministre a été reconnu coupable de ne pas avoir convoqué de réunion ministérielle pour discuter de la situation qui a conduit le pays au bord du gouffre, alors que le système bancaire islandais implosait et plongeait le pays dans une grave crise.

En refusant l’asservissement, l’Islande montre donc le chemin à suivre aux peuples européens noyés sous les cures d’austérité et les plans de renflouement de la Troïka ?

Effectivement, puisqu’il s’agit d’une véritable révolution démocratique et anticapitaliste à l’heure où d’autres pays comme la Grèce mais aussi certainement l’Espagne ou l’Italie sans oublier la France sont proches de l’asphyxie. La semaine dernière, la Grèce a, lors d’une élection partielle dit non à l’austérité et vient de faire rentrer au Parlement des députés radicaux en se moquant de ce qu’en pensent Moody’s ou les chancelleries. De quoi nourrir l’avenir d’espoir à l’aune de ce qui s’est produit en Islande. La mobilisation du peuple islandais s’est traduite par un succès inespéré en faisant payer le coût de cette crise aux responsables. Ainsi, 93 % des Islandais ont refusé que leur pays assume les dettes privées, et ont rejeté par référendum citoyen le sauvetage des banques capitalistes, laissant plonger certaines d’entre elles. L’Islande, qui a enregistré une croissance de 3,1 % en 2011, vient de donner une leçon aux autres pays européens qui croulent sous la dette.

Crédit photo : Downing Street, via Flickr, licence CC.

Pour 90% des Grecs, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés

Pour 90% des Grecs, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés

17/04/2012 – 10h30
ATHENES (NOVOpress) –
« Les Grecs ont peur des immigrés » : c’est ainsi que La Tribune du Dimanche (Το Βήμα της Κυριακής), le grand journal de référence du centre gauche, résume les résultats du sondage qu’elle vient de publier.

Pour le compte de La Tribune du Dimanche, l’institut Kapa Research a interrogé un échantillon de 1.610 Grecs de plus de 18 ans (http://www.bloomberg.com/news/2012-04-08/most-greeks-support-clampdown-on-illegal-immigration-poll-shows.html). Les résultats sont effectivement sans appel. Pour près de 90% des personnes interrogées – 15% de plus que dans un sondage équivalent réalisé en 2009 –, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés. Pour 83,4%, l’immigration clandestine est un problème majeur : seuls 2,5% pensent le contraire! 61,7% considèrent que le récent durcissement de la lutte contre l’immigration clandestine, dans la perspective des élections qui auront lieu en mai (avec la multiplication des contrôles et le «ratissage » des clandestins en particulier à Athènes), est un pas dans la bonne direction. La mesure récemment annoncée par le ministre de la Santé, selon laquelle tout immigré demandant un permis de travail devrait désormais fournir un certificat sanitaire, afin de dépister en particulier la tuberculose et la malaria, est plébiscitée: 87,8% sont pour ou plutôt pour.

80% des Grecs déclarent avoir une opinion négative des immigrés en général, qu’ils soient légaux ou clandestins. 48,3% (contre seulement 19,5% dans le sondage de 2009) pensent même que l’objectif de la politique d’immigration doit être de renvoyer par étapes tous les immigrés. Seuls 7,2% (contre 17,1% en 2009) pensent que l’objectif doit être l’intégration des étrangers, 4,2% (contre 9,1% en 2009) leur assimilation.

Rappelons que, selon Frontex, l’agence de protection des frontières de l’Union européenne, la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie est le principal point d’entrée des clandestins depuis l’Asie. En 2011, selon les statistiques officielles de la police grecque, environ 100.000 personnes ont été arrêtées pour être entrées en Grèce illégalement : combien n’ont pas été arrêtées ? On estime que les immigrés représentent au moins 15% de la population grecque (qui est de 11 millions d’habitants) avec des concentrations particulièrement élevées à Athènes.

Rien qu’entre 2009 et 2010 (des statistiques plus récentes ne sont apparemment pas disponibles), les vols à la tire à Athènes ont doublé, les agressions contre des chauffeurs de taxis presque quadruplé et les homicides ont augmenté de 50%. Selon la police grecque, un criminel sur deux est immigré. « Les problèmes de sécurité dans le centre ville, explique Thanassis Kokkalakis, porte-parole de la police, sont largement dus à l’immigration clandestine. Beaucoup d’immigrés recourent au vol, au cambriolage, à la prostitution et au trafic de drogue pour survivre et pour payer » les passeurs qui les ont fait entrer en Grèce.

Même The Guardian, le grand quotidien de gauche britannique, écrivait l’été dernier : « Une arrivée massive de réfugiés souvent désespérés a exacerbé la transformation d’Athènes en ville sans loi ». Dans les rues, « des prostituées somaliennes racolent les passants à toute heure ». Le très libéral New York Times s’est refusé à aller jusque là mais il a interrogé plusieurs commerçants qui ont raconté comment ils avaient été agressés à plusieurs reprises « par des gens qu’ils ont perçus comme étant des immigrés armés de couteaux ».

Perception ou pas, les Grecs sont exaspérés. En mai dernier, l’assassinat par deux Afghans d’un Grec qui accompagnait à la clinique sa femme sur le point d’accoucher – les immigrés l’avaient attaqué pour lui voler la caméra avec laquelle il comptait filmer la naissance –, a suscité une véritable émeute anti-immigrés à Athènes.

D’Athènes à Budapest : les Européens en résidence surveillée

D'Athènes à Budapest : les Européens en résidence surveillée

Athènes a donné à l’Europe la citoyenneté, la démocratie, la philosophie et les arts. Budapest reste le symbole de la lutte tragique des peuples européens pour se libérer du communisme. Mais aujourd’hui ces deux villes résument la nature de plus en plus carcérale de l’Union européenne.

Le drame grec était prévu

Ce qui arrive aux Grecs confirme ce qu’avaient prévu dès l’origine les adversaires de l’euro, mais dont la voix « incorrecte » avait été vite étouffée, notamment celle du prix Nobel d’économie Maurice Allais.

La zone euro ne constitue pas, en effet, un espace économique homogène : elle rassemble des pays qui présentent de fortes disparités, mais qui sont soumis à un taux de change unique, au surplus élevé car il a été aligné sur le deutschemark. La monnaie unique empêche d’effectuer des ajustements monétaires, pour tenir compte des différences de productivité entre les économies de la zone. Mais comme les ajustements sont inévitables dans la durée, ils deviennent sociaux, et donc bien plus douloureux.

Les banques d’abord

La Banque centrale européenne, à la différence de toutes les autres banques centrales, se refuse en outre à monétiser la dette des Etats et se préoccupe au contraire de la stabilité des prix. Or qui achète la dette des Etats en Europe ? Les banques privées et les institutions financières, qui en tirent de substantiels profits.

Mais, comme l’a rappelé un autre prix Nobel d’économie, Paul Krugman, « l’inflation n’est pas le problème, c’est la solution » (Le Monde du 31 janvier 2012). Il souligne en effet que l’inflation a toujours permis d’alléger les dettes.

Mais dans la zone euro ce n’est plus possible. La stabilité des prix sert à garantir que les créanciers des Etats verront leurs intérêts préservés et que les débiteurs devront tout rembourser.

La zone euro favorise les prêteurs, donc les banques.

Bienvenue en Grèce occupée

Les Grecs se trouvent donc enfermés dans un processus infernal. Leur monnaie est surévaluée, mais il leur est interdit d’en changer. Leur déficit et leur endettement sont importants mais ils ne peuvent pas compter sur l’inflation pour les réduire : ils doivent faire des « économies » à répétition, c’est-à-dire réduire leur train de vie, vendre leurs actifs et payer toujours plus d’impôts : c’est cela l’ajustement social ! La croissance se réduit évidemment à l’issue de ce processus déflationniste, qui réduit en retour les ressources de tous les acteurs.

La crise grecque constitue aussi le premier exemple de la mise en tutelle de tout un peuple européen, par des institutions financières bien décidées à lui faire rendre gorge coûte que coûte.
La Grèce, patrie de la démocratie, est désormais gouvernée non par le peuple grec mais par une « troïka » composée de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. Tout un symbole !

Une « task force » (sic) dirigée par l’Allemand Horst Reichenbach est en outre dotée de pouvoirs de contrôle sur l’application du programme économique grec et devra assurer une présence permanente dans ce pays (Le Bulletin quotidien du 22 février 2012) : on avait connu en Europe l’occupation militaire. Voici maintenant l’heure de « l’occupation financière » !

Et on se souvient que, lorsque l’ancien premier ministre grec a émis l’idée de consulter ses concitoyens par référendum, il a été prié de partir. Les Grecs sont devenus une simple « ressource humaine » au service des banques : il ne faut pas leur demander leur avis ! Il suffit de leur envoyer les forces anti-émeutes pour les faire taire.

Bien entendu, les mêmes banques, qui dirigent les médias occidentaux, déversent sur les Grecs des torrents d’injures : « Grecs Gross Filous », tel est le mot d’ordre médiatique ! Car qui veut contraindre son débiteur l’accuse de la rage…

On suggérera cependant à nos concitoyens de bien se renseigner sur ce qui est vraiment demandé aux Grecs, avant de hurler avec les loups médiatiques ; et de se demander ce qu’ils feraient si on leur imposait la même chose.

Au secours, les nazis sont à Budapest !

La situation de la Hongrie est différente : elle est en meilleure santé économique et financière que la Grèce, en particulier grâce aux réformes de structures conduites par la majorité que dirige Viktor Orban (2/3 des sièges au Parlement).

Pourtant ce dernier se trouve diabolisé par l’oligarchie et tous les médias, comme par enchantement, se mettent à traquer la « dérive autoritaire » du premier ministre hongrois (titre du journal Les Echos du 4 janvier 2012). Le caricaturiste de service du Monde du 3 janvier 2012 le représente aussitôt avec brassard et bras tendu. Kolossale finesse !

Mais que lui reproche-t-on exactement ? De violer les « valeurs de l’Union européenne », répondent les censeurs…

Examinons d’un peu plus près ce qui est contesté : le statut des juges, l’indépendance de la Banque centrale (les adjoints du président seraient nommés par le gouvernement), la réforme de l’autorité de protection des données. S’y ajoute la liberté des médias, parce qu’une radio a perdu sa fréquence et le fait que le gouvernement ait « une approche plus traditionnelle des valeurs comme le christianisme, la nation ou la famille » (Le Monde du 5 février 2012). Mais il est vrai qu’au Parlement européen M. Cohn–Bendit lui a rétorqué qu’un « Etat moderne ne peut se fonder sur une seule religion » (Le Bulletin quotidien du 19 janvier 2012)…

La répression en marche

Le gouvernement hongrois se montre cependant conciliant : il se déclare prêt à réviser dans certaines limites les textes qui seraient contestés. Mais rien n’y fait.
On menace de renouveler à son encontre l’ostracisme dont avait été victime l’Autriche en 2000, lors de l’entrée au gouvernement du Parti autrichien de la Liberté. On ouvre à l’égard de la Hongrie une procédure pour déficit excessif, on menace de geler les subventions du fonds de cohésion européen ; le Parlement européen vote une motion visant à « évaluer » les lois contestées ; la Commission des libertés, de la justice et des affaires intérieures (sic) dudit parlement étudie la possibilité de mettre en œuvre l’article 7 du traité permettant de suspendre le droit de vote d’un Etat.

En clair, on veut aussi faire plier la Hongrie.

Nos chères « valeurs »

Cette affaire nous éclaire à plus d’un titre.
D’abord, elle montre qu’on peut tout se permettre au sein de l’Union européenne : marier les couples homosexuels (c’est même recommandé), avorter, se droguer, soumettre les femmes aux contraintes du travail salarié, y compris la nuit, donner des préservatifs aux enfants, donner le droit de vote aux étrangers, discriminer les autochtones, porter le voile, égorger rituellement les animaux de boucherie, etc. Ne sommes-nous pas le continent de la « liberté » ?

Mais il y a une chose qui est vraiment interdite : c’est de vouloir réguler l’activité d’une banque centrale. Alors, là, on ne rit plus car on touche aux valeurs fondamentales du système oligarchique: le pouvoir de la finance. Si, en outre, on prétend se recommander de la tradition chrétienne, alors la coupe est pleine. Car l’Europe ne doit pas être « un club chrétien », comme écrivait M. Attali.

Comme le souligne M. Orban : « J’avais face à moi toute la communauté bancaire internationale … il est clair que nous avons heurté les intérêts de certains acteurs de la communauté des affaires » (interview au Monde du 5 février 2012). Grâce à lui, on sait donc qui dirige vraiment l’Union européenne.

La démocratie foulée aux pieds

Ensuite, cette affaire, comme lors du boycott de l’Autriche en 2000, nous éclaire sur le véritable pouvoir du peuple autochtone au sein de l’UE.

Son vote n’est toléré que s’il est politiquement et économiquement correct. C’est pourquoi l’indépendance des juges est une « valeur » au sein de l’UE. Mais le mot « indépendance » ne vise pas l’exécutif, comme on pourrait le croire naïvement en se fondant sur les catégories de Montesquieu, mais bien désormais le pouvoir législatif : le but réel est de mettre en tutelle le législateur, en particulier par le contrôle de constitutionnalité des lois. Le peuple n’a plus le pouvoir de choisir les lois qui lui conviennent.

La « liberté » des médias – entendez le fait qu’ils soient privés – joue le même rôle dans le Système : le juge sert à censurer la volonté populaire ; les médias « libres » servent à la formater.

M. Orban est mis au ban par le Système car il applique… les lois et la constitution hongroise. C’est donc un tyran !

Comme les Autrichiens et les Grecs, les Hongrois n’ont en effet désormais plus le droit de choisir leur destin. Ils doivent filer doux. Ils n’ont pas le droit de se choisir des gouvernants ou des représentants qui ne soient pas habilités par l’oligarchie de Bruxelles. Et les gouvernants n’ont pas le droit, sous peine de rétorsion politique ou économique, de s’en prendre aux intérêts des oligarques de la finance.
Et la prochaine fois, qui sera occupé et sanctionné ?

A Athènes, à Budapest comme à Paris, la démocratie – c’est-à-dire le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple – devient, chaque jour un peu plus, une idée neuve.

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Les propriétaires immobiliers grecs s’équipent de pistolets mitrailleurs

Les propriétaires immobiliers grecs s’équipent de pistolets mitrailleurs

La propriété confère des responsabilités. Selon les confidences du parlementaire européen Nigel Farage (UKIP. Parti pour l’indépendance du Royaume Uni), des propriétaires de maisons grecs s’équiperaient de Kalachnikov, de peur d’être contraints dans un proche avenir, de défendre leurs biens. Selon l’opinion de Farage, beaucoup de signes laisseraient présager l’imminence d’une insurrection générale.

Voici ce qu’il sait au sujet de la Grèce actuellement en train de sombrer dans le chaos.

« J’ai de nombreuses fois parlé de ce problème grec, et dimanche dernier [12 février] fut un jour dramatique où le Parlement a siégé pour décider s’il acceptait ou non le nouveau plan de sauvetage. Il s’y est passé un certain nombre de choses intéressantes. Avant le vote, 80 000 personnes se sont rassemblées devant le Parlement grec, et ont en réalité tenté de le prendre d’assaut…

Il y avait 5000 policiers grecs sur place, qui se sont servis de gaz lacrymogènes. Une dizaine de grands bâtiments étaient en flammes. C’était vraiment une mise en scène dramatique, à laquelle on pouvait assister ce dimanche à Athènes. Avant le vote, le Premier ministre grec déclara: Dans un pays démocratique, il n’y a pas de place pour la violence et la destruction.

Quel pays démocratique? lui ais-je rétorqué aujourd’hui [15 février] à l’assemblée du Parlement européen. Comme vous le savez, il y a en Grèce un Premier ministre qui n’a été élu par personne, et la dite troïka composée de bureaucrates de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fond monétaire international. Ces trois types passent une fois par quinzaine pour expliquer au premier ministre grec ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Il n’y a pas de démocratie en Grèce. On a volé la démocratie au pays qui l’a inventée. Peut-on encore s’étonner que le peuple descende dans la rue et qu’il y ait des violences, alors qu’on l’a privé de ses droits? C’est là l’élément central que j’ai souligné aujourd’hui. »

 

Quant au fait que la police tende actuellement peu à peu à se retourner contre son maître, Farage déclare:

« Je l’approuve, car la suite de la citation de Papademos [le Premier ministre grec] fut celle-ci: cette attitude ne sera pas tolérée! Cela annonce bien une volonté de réagir très durement.

Et les protestations n’ont pas eu lieu qu’à Athènes, mais aussi dans toutes les grandes villes du pays. Nous constatons que la police a compris que le peuple grec était désespéré. Nous parlons d’un pays dont la société est à la veille d’imploser.

En Grèce, le niveau de vie s’effondre. La vitesse à laquelle l’économie du pays recule ne fait que s’accélérer. Ils sont comme pris dans un tourbillon de déflation mortelle et je pense que la police s’est rendu compte qu’il y aura prochainement un nombre incroyable de sans-abri.

Les gens en sont au point qu’ils abandonnent leur enfants, les donnent à l’État ou les proposent à l’adoption, car ils n’ont plus les moyens de les nourrir. Ce que je veux dire avec cela, c’est que la situation est vraiment très, très mauvaise…

Mais je voudrais encore vous dire une autre chose que je n’ai pour le moment racontée à personne. Vous êtes le premier à qui je la confie. J’ai reçu la semaine dernière la visite d’un ex ambassadeur grec de premier plan. Il était un de ceux qui ont négocié l’entrée de la Grèce dans le marché interne européen dans les années 70-80. Il m’a dit que lui et ses amis qui tous vivent dans les faubourgs d’Athènes dans des maisons un peu isolées, achètent tous des Kalachnikov. Il m’a dit: nous le faisons, car nous sommes convaincus que ceux d’entre nous qui possèdent du patrimoine se verront prochainement contraints de défendre leurs biens.

Cela fait extrêmement peur. Et malgré tous ces événements -parce qu’il n’y a pas assez de politiciens grecs courageux- ils votent pour ce plan de sauvetage et pour encore plus d’économies et d’austérité. Très honnêtement, je suis convaincu que si l’on continue sur cette lancée, on en arrivera à une révolution. »

[box class=”info”] Source en allemand : SOS – ÖSTERREICH. [/box]

Crédit photo : Lukin, licence CC.

Theodorákis : Il y a un complot mondialiste pour l’extermination physique du peuple grec

Theodorákis : Il y a un complot mondialiste pour l’extermination physique du peuple grec

20/02/2012 – 16h00
ATHÈNES (NOVOpress) — Le grand compositeur Míkis Theodorákis est une figure historique de la résistance grecque à l’occupation nazie puis au régime des Colonels. Homme de gauche s’il en est, il a été capable de prendre des positions authentiquement non-conformistes, par exemple pour dénoncer les bombardements de l’OTAN sur la Serbie. Il a lancé il y a quelques jours un appel à l’opinion publique internationale, où il dénonce un complot pour la destruction de son pays.

Míkis Theodorákis en 2004 - crédit photo : Guy Wagner (cc)
Míkis Theodorákis en 2004 - crédit photo : Guy Wagner (cc)

« Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté ».

Selon Theodorákis, ce complot a été scellé en 2009 par le Parti socialiste grec alors au pouvoir et la finance internationale, lorsque le premier ministre socialiste, Geórgios Papandréou, « a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de passer la Grèce sous la tutelle du FMI ».

L’étape suivante fut le Mémorandum conclu en 2010 avec les créanciers internationaux de la Grèce. « Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum accorde aux étrangers notre indépendance nationale et le trésor public, à savoir: nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute la richesse naturelle (souterraine et sous-marine) etc. Même nos monuments historiques, comme l’Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure etc. après avoir renoncé à tous nos droits ».

Theodorákis : Il y a un complot mondialiste pour l’extermination physique du peuple grec
Soirée d'émeuts à Athènes, le 12 février dernier. Crédit : athens.rioter (cc)

Theodorákis, âgé de 86 ans, est descendu dans la rue ces derniers jours et a été copieusement aspergé de gaz lacrymogène par la police. Dans un entretien publié hier avec le site d’information « Athens News », il raconte : « J’ai vu Charon (la mort) de mes propres yeux, car je ne pouvais pas respirer. J’ai récupéré et je suis retourné à mon poste, en face du parlement gardé par la police anti-émeute. J’ai pris un haut-parleur et j’ai dit: “N’ayez pas peur. Nous ne le prendrons pas d’assaut. Nous ferons cela plus tard, quand nous serons prêts”. » Theodorákis appelle « le peuple tout entier – de la gauche vers la droite patriotique » à se soulever contre le gouvernement. « La patrie. La Grèce. Unis comme un poing, un jour, nous évincerons les gouvernements indignes, la troïka et le couple Merkel-Sarkozy ».

Et il lance un avertissement à tous les peuples d’Europe. « La seule crise est celle du capitalisme international, qui comprend la mafia internationale et les géants du capital financier – de l’argent virtuel. Le capital financier a apparemment suborné le leadership européen d’aujourd’hui, qui ne se rend pas compte qu’il met un nœud autour de son propre cou. Aujourd’hui, le leadership européen menace et agit comme un prédateur. Demain, ils [l’ensemble de l’Europe] seront les victimes, tout comme nous ».

Photo en Une : crédit odysseasgr via Flickr (cc)

Grèce : queues interminables pour un morceau de viande [vidéo]

Grèce : queues interminables pour un morceau de viande [vidéo]

19/02/2012 – 09h00
 ATHÈNES (NOVOpress) –  Tsiknopempti, le “jeudi de la viande grillée” avant l’entrée en carême, équivalent du Mardi Gras dans le calendrier liturgique orthodoxe, est traditionnellement un jour de fête en Grèce – ainsi qu’une manifestation folklorique très prisée des touristes.

Cette année pourtant, cette journée a pris un aspect plus sombre, sous le signe de la crise. Tous les observateurs, grecs comme étrangers, ont été frappés par les queues interminables, jamais vues jusqu’ici, pour les traditionnelles distributions de viande grillée. À Athènes, des milliers de personnes attendaient ainsi pour pouvoir profiter du barbecue offert par les bouchers de la ville. Malgré la fanfare, l’atmosphère n’était pas au carnaval. Les gens attendaient tout simplement pour manger. À l’image d’un pays où une part croissante de la population est en-dessous du seuil de pauvreté, juste à la limite de la misère.

Les nationalistes grecs refusent de soutenir le plan d’austérité

Les nationalistes grecs refusent de soutenir le plan d’austérité


17/02/12 – 14h30
ATHÈNES (NOVOpress)
— Le parti nationaliste grec LAOS n’apportera pas son soutien au plan d’austérité réclamé par l’Union européenne et le FMI.

C’est chef du groupe parlementaire du Laos qui a annoncé le refus de son parti de cautionner ces nouvelles mesures étranglant le peuple grec.

Le LAOS a quitté vendredi dernier le gouvernement « d’union nationale » du Premier ministre Lucas Papadémos pour justement protester contre le dernier plan d’austérité, qui prévoit entre autres une baisse de 22% du salaire minimum, ce qui a suscité de violentes réactions au sein du peuple grec.

Pour marquer leur réprobation, la majeure partie des députés nationalistes avaient quitté le Parlement avant que le plan d’austérité ne soit adopté lors du vote de lundi.

Le Portugal sera-t-il la prochaine Grèce ?

Le Portugal sera-t-il la prochaine Grèce ?

17/02/12 – 13h10
NEW-YORK (NOVOpress)
– La situation dramatique que connaît actuellement la Grèce étranglée par les banques créancières de sa dette est-elle le destin proche du Portugal ?

C’est en tout cas l’analyse de l’économiste Edward Harrison qui dénonce dans les colonnes du New-York Times les politiques d’austérité qui, selon lui, mènent à la catastrophe.

« Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se traduit par une réduction des dépenses du secteur privé. » explique-t-il notamment

Pour le spécialiste en économie et finances, les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Pour la raison suivante : lorsque les Etats, les ménages et les entreprises tentent tous ensemble de se désendetter au même moment en réduisant leurs dépenses, s’amorce alors une spirale récessive s’auto alimentant. Avec au bout du compte, la faillite complète.

Dans cette optique, le Portugal, dont le gouvernement a adopté de drastiques mesures d’austérité pour obtenir l’octroi d’une aide, est en train d’emprunter la voie tragique de la Grèce.

Cet aveuglement a pour cause le fait que l’Europe s’est focalisée sur un faux problème, celui des déficits budgétaires alors que plus gros problème, dans la plus grande partie de l’Europe, est celui de l’endettement du secteur privé et du secteur financier.

Ainsi, en plus d’être injustes et inhumaines, les politiques d’austérité qui frappent les peuples d’Europe sont également totalement inefficaces économiquement.

Crédit photo : stanjourdan via Flickr (cc)

La France Forte de Nicolas Sarkozy est en fait grecque !

La France Forte de Nicolas Sarkozy est en fait grecque !

17/02/2012 – 11h10
NUMERAMA
 Oops. Il faut désormais penser à tout lorsque l’on est communicant, même aux petits détails que l’on croyait invisibles. L’équipe du candidat Nicolas Sarkozy a dévoilé mercredi soir l’affiche de campagne de l’actuel président de la République, qui promet “La France Forte” aux électeurs. Mais @shloren révèle qu’en fait de France, le paysage marin qui se cache derrière Nicolas Sarkozy n’est autre que la mer Égée, en Grèce. Une trouvaille d’autant plus gênante s’agissant d’un pays dont le Smic vient d’être raboté à moins de 40 % du salaire minimum français, et qui se situe au bord de l’insurrection et du chaos financier.

La découverte a été permise par la diffusion du fichier numérique de l’affiche, qui révèle les données EXIF du fichier. On voit que la description de l’image de fond n’a pas été changée, et qu’il s’agit d’une photo de la banque d’images Tetra Images intitulée “Greece, Clouds over Aegean See”. On la retrouve effectivement sur le site de l’agence :

La France Forte de Nicolas Sarkozy est en fait grecque !

La France Forte de Nicolas Sarkozy est en fait grecque !

[box]Auteur : Guillaume Champeau pour Numérama. Article original de Numérama publié le 16/02/2012. Licence cc[/box]

Grèce : le patriarche Ieronymos dénonce les « médecines mortelles » de l’austérité

Grèce : le patriarche Ieronymos dénonce les « médecines mortelles » de l’austérité

07/02/12 – 15h00
ATHENES (NOVOpress)
– C’est une démarche extrêmement rare. L’archevêque Ieronymos, chef spirituel de l’Église orthodoxe grecque, a en effet écrit au Premier Ministre Lucas Papademos pour exprimer ses préoccupations concernant l’efficacité de la politique économique du gouvernement et ses conséquences pour le peuple grec.

Dans sa lettre, le patriarche émet aussi des doutes sur le rôle de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international dans le pays.

Pour le responsable religieux, si la Grèce devait consentir à de nouvelles mesures d’austérité, la situation deviendrait catastrophique, la médecine proposée se révélant un poison mortel.

Ieronymos décrit notamment les conséquences sociales de la politique du gouvernement mis en place par la Banque et particulièrement la hausse des suicides, du nombre de sans abris, de chômeurs, et l’état de désespoir d’une proportion croissante de Grecs.

Pour le patriarche, cette situation sociale est dangereuse.

La patience sans précédent des Grecs commence à manquer, le danger d’une explosion sociale ne peut être ignoré désormais, ni par ceux qui donnent les ordres ni par ceux qui exécutent leurs recettes mortelles” écrit-il notamment.

Crédit photo : jacqueline.poggi via Flickr, licence CC.

La Grèce construit une barrière anti-migrants sur sa frontière avec la Turquie

La Grèce construit une barrière anti-migrants sur sa frontière avec la Turquie

06/02/12 – 17h45
ATHENES (NOVOpress)
– Au-delà des discours démagogiques sur le « village global » et le « sans-frontiérisme », les murs frontaliers qui contrôlent et protégent semblent redevenir à la mode face aux périls des flux migratoires.

Après les Etats-Unis et Israël, c’est au tour de la Grèce d’entamer la construction d’une clôture destinée à barrer la route aux immigrés clandestins sur une portion de sa frontière terrestre avec la Turquie. Cette zone est en effet devenue l’une des principales portes d’entrée clandestine en Europe, avec une moyenne de 300 entrées irrégulières par jour.

Il s’agit d’un ouvrage à valeur pratique et symbolique pour décourager la migration clandestine et envoyer le message que l’on ne rentre pas en Grèce comme dans un moulin“, a déclaré le ministre Christos Papoutsis, qui s’est prévalu d’une “coopération gréco-turque” sur ce dossier.

L’ouvrage sera une double barrière barbelée de 2,5 mètres de haut, couvrant un peu plus de 10 kilomètres. Son coût est estimé à environ 5,5 millions d’euros.

Crédit photo : zigazou76, licence CC.

Geert Wilders favorable à l’expulsion de la Grèce de la zone euro

Geert Wilders favorable à l'expulsion de la Grèce de la zone euro

05/01/2012 – 14h00
AMSTERDAM (NOVOpress via Lionel Baland) – Geert Wilders, le président du PVV (Pays-Bas), a réagi à la “menace” grecque, en  affirmant que, si les négociations en vue d’obtenir un nouvel emprunt d’urgence échouent, la Grèce quittera peut-être l’euro. Geert Wilders a écrit sur Twitter : « Le monde marche sur sa tête : la Grèce fait pression afin d’obtenir un nouvel emprunt de 130 milliards. Rapidement hors de la zone euro. » et « Au revoir ! ». Geert Wilders appelle le gouvernement néerlandais à ne pas donner un centime d’euro à la Grèce. Les avertissements à propos des conséquences d’une faillite de la Grèce sont, selon Geert Wilders, de « pures créations de peurs et d’idées idiotes ».  Il compare la Grèce à un drogué à qui on ne doit pas prêter de l’argent, sinon on ne le revoit jamais.

« La Grèce a de solides raisons d’espérer » : Entretien avec Makis Voridis, ministre grec des Transports

« La Grèce a de solides raisons d’espérer » : Entretien avec Makis Voridis, ministre grec des Transports

Article reproduit avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute du 16 novembre.

[box class=”info”] Le LAOS, abréviation de « Rassemblement populaire orthodoxe », le parti populiste grec, a obtenu un beau succès en faisant entrer deux de ses membres dans le gouvernement d’union nationale formé le 11 novembre. Pour « Minute », Makis Voridis (photo), député d’Athènes devenu ministre des Transports, fait un point exclusif sur la crise grecque et sur les raisons d’espérer. [/box]

« Minute »: Pourquoi avez-vous accepté d’intégrer ce gouvernement ?

Makis Voridis: Ce gouvernement n’est pas basé sur le programme d’un parti, mais simplement sur un objectif limité dans le temps (une centaine de jours) : stabiliser la situation, sauver l’économie et garantir le financement de l’économie grecque. Il a donc un but très fédérateur, qui est de sortir la Grèce de la tourmente. Notre mission consiste à mettre en œuvre les décisions prises lors du sommet européen du 26 octobre, car la participation du pays à la zone euro est en jeu – autrement dit, l’avenir de la Grèce, mais aussi, à bien des égards, l’avenir de l’Europe, car notre éviction pourrait avoir de terribles conséquences.

L’enjeu est donc de taille et il était normal que nous répondions positivement à l’appel du premier ministre Lucas Papademos [ndlr: ex-vice-président de la Banque centrale européenne, ancien de la banque américaine Goldman Sachs], puisqu’il a proposé une trêve générale et un « gouvernement d’entente et d’équilibre » dans l’intérêt de la nation. Le nouveau gouvernement est pressé par Bruxelles et le Fonds monétaire international (FMI) de ramener le plus rapidement possible notre pays, dont l’endettement atteint 162 % du PIB, à la stabilité économique.

Est-ce que cette cohabitation ne risque pas d’être difficile, voire stérile ?

Nous devons, certes, faire fonctionner une équipe ministérielle aux sensibilités politiques très diverses: c’est évidemment un défi, mais je crois que nous le relèverons tous. Et ce, à condition que chaque parti accepte de mettre ses idées de côté pour parer au plus pressé, qui est de réduire la dette. Nous éviterons tous de critiquer nos partenaires sur la place publique, même si les discussions seront évidemment possibles en conseil des ministres.

Le plus important est de concrétiser les mesures d’assainissement budgétaire de la Grèce, pour débloquer prochainement une tranche vitale de 8 milliards d’euros sur le premier prêt accordé par l’Union européenne.

D’ailleurs, pour revenir à votre question, bien au-delà du risque de cohabitation difficile, il était important de montrer la volonté de la Grèce d’appliquer les engagements pris auprès de nos partenaires européens. Cette coalition, pratiquement et symboliquement, illustre la volonté générale de sortir le pays de la crise. C’est aussi une manifestation de cohésion nationale, face aux troubles internes qui ont pu agiter la Grèce.

Quelles solutions proposerez-vous ?

Il y a de solides raisons d’espérer sortir de la crise. La solution primordiale, c’est de continuer le plan de financement prévu avec nos partenaires: effacement de 100 milliards d’euros de dette publique détenue par les banques, un prêt supplémentaire et une recapitalisation des banques grecques. Sans cela, la stabilité est impossible.

Ensuite, il faut réduire drastiquement le déficit et équilibrer le budget, notamment en réduisant fortement le train de vie de l’Etat et de la fonction publique. Enfin, il faut redynamiser notre économie, nous montrer plus compétitifs et, bien sûr, lutter à tout prix contre la corruption.

L’implication du FMI et de l’UE dans vos affaires ne met-elle pas en péril la souveraineté de la Grèce ?

C’est ainsi: il existe des lois européennes et des procédures appliquées à tous les membres de la zone euro lorsque le budget ou les éléments macroéconomiques sont déficients. Les contrôles vont évidemment être accrus avec l’accord du 26 octobre…

N’est-ce pas un obstacle concernant la défense des intérêts de la Grèce? Par rapport à vos relations avec la Turquie, par exemple…

En fait, tout dépend du problème dont il pourrait être question. En l’état, je ne peux pas vous répondre sans un cas précis à traiter. Ce qui est sûr, c’est que si une menace grave pesait sur l’intérêt national de la Grèce, je ferai mon devoir.

L’immigration semble également poser un grave problème social en Grèce…

L’immigration constitue effectivement un grand problème dans notre pays, mais si vous voulez bien, nous attendrons les élections législatives du 19 février pour en reparler! Tout le mon de, au sein du gouvernement, ne partage pas notre programme concernant l’immigration. Ce que je peux vous dire, c’est que ce sera forcément un sujet abordé en conseil des ministres, car nous pensons que, pour résoudre la crise, il est indispensable de changer le code de la nationalité, limiter drastiquement les aides sociales et inverser les flux migratoires.

Que pensez-vous des émeutes des Indignés ?

C’est délicat… Je peux évidemment comprendre qu’il y ait beaucoup de mécontents. Bien des gens rencontrent les pires difficultés à cause du chômage, ou des coupes qui ont été faites dans les salaires et les retraites; mais il est important de refuser la violence et d’établir un dialogue. Concrètement, il faut prendre le maximum de mesures sociales pour éviter l’aggravation de la situation des plus modestes de mes concitoyens. Mais il est tout aussi important de réformer l’état socialiste mis en place par la gauche, qui, structurellement, coûte une fortune et qui, finalement, est en partie à l’origine de la crise qui nous frappe.

Cette faillite du système nous ramène d’ailleurs au problème de l’immigration, car les étrangers installés en Grèce, généralement illégaux, sont le plus souvent venus pour bénéficier de notre système d’assistance publique. Ce faisant, en cette période de crise, chaque euro qui leur est alloué manque cruellement aux plus pauvres d’entre nous.

Propos recueillis par P. Cousteau

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 16 novembre. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Minute No 2538

Nicolas Sarkozy insulte le Premier ministre grec

Nicolas Sarkozy insulte le premier ministre grec

09/11/11 – 16h00
PARIS (NOVOpress)
— C’est le journal « le Parisien » qui le révèle : Nicolas Sarkozy aurait gravement manqué de respect au Premier ministre grec en le qualifiant de “fou” et de “dépressif“.

C’est au cours d’une conversation avec son homologue américain Barack Obama, lors du sommet du G20 à Cannes, que le président Français aurait tenu ces propos insultants à l’encontre du Premier ministre grec, coupable aux yeux de Nicolas Sarkozy d’avoir osé envisager de consulter son peuple par la voix d’un référendum.

La discussion entre les deux chefs d’État était censée être privée mais elle a été entendue par plusieurs journalistes, notamment français. La presse avait déjà révélé que le président français avait qualifié de “menteur” le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Décidément le président français ne semble guère avoir d’estime pour nombre de ses homologues…

Photo en Une : World economic forum via Flickr (cc)