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Débordée par le nombre, la Macédoine rouvre sa frontière aux clandestins

24/08/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après trois jours de tensions, la Macédoine a renoncé à empêcher le passage sur son territoire des milliers de migrants, notamment syriens, qui se massaient à sa frontière avec la Grèce.

Les forces de l’ordre n’étant plus en capacité de faire face à l’aggravation de la situation humanitaire et des tensions, elles ont laissé entrer sur le territoire des milliers de candidats à l’exil et leur ont affrété des bus pour les acheminer en Serbie. Ils sont ainsi plus de 7.000 clandestins à avoir franchi la frontière avec ce pays dans la nuit de samedi à dimanche après avoir traversé la Macédoine, a indiqué dimanche le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (ONU), alors que la Fédération internationale de la Croix-Rouge s’attend à une « hausse dramatique ».

Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, s’est dit inquiet de cette aggravation de la crise migratoire et a déclaré dans une interview publiée dimanche par le quotidien romain Il Messaggero qu’

Aujourd’hui, c’est sur cette question (de l’immigration, NDLR) que l’Europe soit redécouvrira son âme soit la perdra pour de bon.

Itinéraire des clandestins

Trajet des clandestins transitant par la Macédoine. Capture d’écran d’un reportage d’Euronews.

L’objectif est pour la plupart des clandestins de passer jusqu’en Hongrie et, de là, en Allemagne, mais la clôture à la frontière serbo-hongroise que le gouvernement d’Orban est en train d’ériger devrait les freiner.
Crédit photo : Capture d’écran d’une reportage d’Euronews en Macédoine.


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Vu sur Twitter

Grèce: Mettre les populations dans un sentiment d’impuissance

Publié le

[À lire] Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

Source : blogs.mediapart.fr
Une passionnante interview-fleuve de l’ex-ministre des Finances Grec, qui donne un éclairage précieux car vraiment renseigné sur le fonctionnement dictatorial de l’eurogroupe et la volonté allemande de casser la Grèce. A lire, puis enchainer sur sa tribune expliquant pourquoi il a voté “non” à “l’accord” entre la Grèce et l’Eurogroupe et le même accord annoté par lui (liens dans les tweets ci-dessous).

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par MONICA M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.
Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ?

Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde – Je n’ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J’ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l’autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ?

YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l’information qui arrive, qui confirme vos pires craintes…voilà qu’il est en votre “pouvoir” que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez – la situation était pire que vous l’imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n’être plus aux premières loges.

HL : De quoi parlez-vous ?

YV : L’absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d’autre part que nous sommes sur la même course analytiquement – bien sûr cela n’arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent “Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon.”

HL : Vous avez dit que les créanciers vous contestaient parce que vous avez parlé économie dans l’Eurogroupe, ce que personne ne fait. Qu’est-il arrivé lorsque vous l’avez fait ?

YV : Ce n’est pas que ça n’allait pas – c’est qu’il y avait un refus total de s’engager dans des argumentations économiques. Refus total. … Vous avancez un argument sur lequel vous avez réellement travaillé – pour être sûr que c’est logiquement cohérent – et vous rencontrez des regards vides. C’est comme si vous n’aviez pas parlé. Ce que vous dites est indépendant de ce qu’ils disent. Vous auriez pu aussi bien chanter l’hymne national suédois – vous auriez eu la même réponse. Et c’est saisissant, pour quelqu’un qui est habitué aux débats académiques. … D’ordinaire l’autre partie participe toujours et là il n’ y avait aucune participation du tout… Ce n’était même pas de l’ennui, c’est comme si personne n’avait parlé.

HL : Quand vous êtes arrivé, début février, il n’a pas pu y avoir une position commune ?

YV : Il y avait des personnes qui étaient sympathiques à un niveau personnel – ainsi, vous savez, derrière les portes fermées, sur une base informelle, notamment avec le FMI [HL : “Aux plus hauts niveaux ?” YV : ” Aux plus hauts niveaux, aux plus hauts niveaux “]. Mais ensuite dans l’Eurogroupe, quelques mots gentils et c’est tout, retour derrière le parapet de la version officielle.
[Mais] Schäuble était d’une grande cohérence. Son option était “Je ne suis pas en train de discuter le programme – il a été accepté par le précédent gouvernement et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons tout le temps des élections, nous sommes 19, si à chaque fois qu’il y a une élection quelque chose change, les contrats entre nous ne voudraient plus rien dire”.
Aussi à ce point il ne me restait plus qu’à me lever et à dire : “Bon peut-être que nous ne devrions plus jamais organiser des élections dans les pays endettés”, et il n’y a pas eu de réponse. La seule interprétation que je puisse donner c’est “Oui, ce serait une bonne idée, mais elle serait difficile à mettre en application. Donc soit vous signez sur la ligne en pointillé, soit vous sortez.”

HL : Et Merkel ?

YV : Vous devez comprendre que je n’ai jamais rien eu à faire avec Merkel, les ministres des finances parlent aux ministres des finances, les premiers ministres parlent aux chanceliers. De ce que je comprends, elle était très différente. Elle tentait d’apaiser le Premier Ministre (Tsipras) – elle disait “Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose de d’horrible, faites juste votre travail et travaillez avec les institutions, travaillez avec la Troïka ; il ne peut pas y avoir d’impasse ici.”

Ce n’est pas ce que j’entendais de la part des mes interlocuteurs – à la fois de la tête de l’Eurogroupe et du Dr Schäuble, ils étaient très clairs. A un certain point il me fut signifié sans équivoque “C’est un cheval et soit vous l’enfourchez, soit il est mort”.

HL : Quand était-ce ?

YV : Au début, au tout début (ils se sont rencontrés la première fois début février)
Crédit photo : EFFER LECEBE via Flickr (CC) = Yanis Varoufakis persona non grata

Source : Lire la suite sur Mediapart


 

 

Négociations Grèce contre Allemagne et reste de l’eurozone – Victoire allemande par KO

Source : Le Noeud Gordien
L’Allemagne gagne sur tous les fronts, mais les conséquences en termes de relations entre les peuples européens menacent d’être très graves.

Le marathon de réunions de l’Eurogroupe puis du Conseil européen, 31 heures au total du samedi 11 au lundi 13 juillet, a abouti à un résultat qui se présente comme définitif. Même si la crise grecque connaîtra à coup sûr dans les mois et les années qui viennent de nouveaux rebondissements, il est possible d’ores et déjà de tirer un bilan.

Si on résume le résultat de la séquence février — juillet 2015 du point de vue grec :
— La Grèce doit continuer la stratégie faillie appelée « austérité » c’est-à-dire dévaluation interne et libéralisation, malgré son échec catastrophique des cinq dernières années
— Elle n’a obtenu en échange aucun programme d’investissement significatif — les « 35 milliards » déjà cités par Jean-Claude Juncker sont des fonds structurels et autres mesures déjà prévues
— Elle n’a obtenu en échange aucun engagement que ce soit ni en faveur d’une décote ni même en faveur d’une simple restructuration de la dette. La déclaration des créanciers comme quoi une restructuration pourrait être envisagée ultérieurement n’a aucune valeur d’engagement, une telle déclaration avait déjà été faite en 2012 sans être suivie du moindre effet
— Le vote de son peuple a été purement et simplement annulé
— La stratégie d’austérité a été encore durcie, poussée à un extrême pour raison évidemment politique, constituant une véritable punition de la Grèce pour son « mauvais » vote lors du référendum du 5 juillet.
Bref, la Grèce est totalement vaincue, l’échec de la tentative de changer la stratégie économique imposée à la Grèce par la Troïka est complet.
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Grèce : Hollande, l’exécutant de Merkel (Présent 8396)

15/07/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)

François Hollande est donc content de lui ! Il a réussi. Non pas à être le médiateur entre la Grèce et l’Allemagne, celui qui apaise, concilie et réconcilie mais l’homme qui a tenu la tête de Tsipras sur le billot pendant que Merkel procédait à son exécution, une sorte de bourreau auxiliaire. Il a fait sien ce que Der Spiegel appelle « le catalogue des horreurs » pour « humilier la Grèce ».
Lors de son interview du 14 juillet, il a voulu faire croire que la France et l’Allemagne étaient deux partenaires égaux dans cette crise alors que le chef d’État français n’était que l’exécutant de la vraie patronne de l’Europe, Angela Merkel. Lui, l’homme de gauche, impose une vie encore plus dure pour les Grecs, une austérité accrue et la mise sous tutelle de l’État grec, son gouvernement, son parlement qui ne pourra légiférer sans l’aval de Bruxelles.
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On va donc continuer à appliquer, en les aggravant, les recettes qui ont échoué depuis cinq ans. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la Grèce s’enfoncera un peu plus dans la crise et son peuple dans le désespoir. C’est pourquoi Tsipras n’y croit pas, a-t-il dit, c’est le couteau sous la gorge qu’il a signé sa reddition. Mais le FMI, non plus n’y croit pas, vient-il de faire savoir, inapplicable, ce plan de « sauvetage » restera inappliqué.

Tout ça pour ça ! Pourquoi, au fait ? Pour sauver l’euro, c’était l’unique obsession du président français, mais c’est également la volonté sans cesse affichée du gouvernement grec de ne pas quitter la zone euro et l’Union européenne. C’est la démonstration in vivo que si l’on veut échapper aux prétendus remèdes de Bruxelles, il faut quitter l’Union européenne et renoncer à l’euro. Nous en avons la preuve, la preuve par Tsipras, qui s’imaginait pouvoir conserver l’euro et appliquer la politique voulue par ses électeurs. Une monnaie unique implique des économies homogènes et pour qu’elles le soient il faut faire rentrer dans le rang, par la force, celles qui ne correspondant pas à l’épure bruxelloise incarnée par la vertueuse Allemagne.

Comme lors de toutes les crises, la conclusion des eurocrates est qu’il faut renforcer l’unité de l’Europe, ce qui se traduit par plus de coercition pour les États membres. C’est pourquoi Hollande a appelé de ses vœux un gouvernement économique avec un budget commun. Bien entendu, il n’a pas suggéré, un seul instant, qu’on puisse solliciter l’avis du peuple : il sait mieux que lui ce qui est bon pour nous.

Cette gouvernance économique, ce sera, en réalité, la tutelle des plus forts sur les plus faibles, comme en Grèce. À cause des socialistes, notre pays reste dans les derniers de la classe européenne, François Hollande n’a pas encore pris conscience que le traitement infligé à la Grèce peut nous frapper un jour, avec ou sans gouvernement économique. Son amie Merkel lui demandera alors pourquoi ce qui est bon pour la Grèce, et qu’il a approuvé, ne le serait-il pas pour la France qui, elle aussi, ploie sous les déficits et voit croître tous les jours sa dette abyssale ?

Guy Rouvrais

Tsipras doit désormais affronter la fronde de son camp. Vers un Big Bang du système politique grec ?

14/07/2015 – GRECE (NOVOpress)
Après avoir décroché un accord à Bruxelles, Alexis Tsipras doit affronter ses partenaires à Athènes. Ainsi, le Premier ministre va devoir mettre de côté les frondeurs de son parti, ceux qui sont opposés aux réformes douloureuses.
Vendredi déjà, 17 députés de Syriza avaient fait défection obligeant le chef du gouvernement à s’appuyer sur l’opposition.

Selon l’analyste économique Charalambos Gotsis :

Cet accord représente plus de récession pour la Grèce, et des revenus plus bas pour les citoyens et ceux qui ont soutenu Syriza vont en ressentir les effets. Le Premier ministre a essayé d‘éviter ça à Bruxelles, mais n’a pas vraiment réussi.

Plutôt que de résoudre ses problèmes politiques, l’accord qu’Alexis Tsipras a réussi à décrocher à Bruxelles les a plutôt multipliés. Et le plus jeune Premier ministre de l’histoire de la Grèce moderne court sérieusement le risque de devenir celui au mandat le plus court.



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Tous Grecs un jour ! (Présent 8395)

13/07/2015 – EUROPE (NOVOpress)

C’est maintenant un problème de confiance ! Il y a quelques jours, la question pour l’Eurogroupe était de savoir si Tsipras céderait à leurs pressantes exigences. La réponse est oui. Pressé par la nécessité, il consent à accepter, la mort dans l’âme, ce qu’il refusait jusqu’ici. Même quand Merkel en rajoute toujours un peu plus. C’est bon alors ? Les fonds européens vont être débloqués pour enrayer la ruine de l’économie et la misère du peuple ? Nullement !

Au moins la moitié de ses interlocuteurs n’a pas confiance dans le gouvernement et les élus hellènes, ils ont si souvent promis sans jamais tenir, une fois la manne recueillie ! Ne pouvant sonder ni le cœur ni les reins de Tsipras, nous ignorons s’il tiendra parole. En revanche, nous savons, par expérience, que nous ne pouvons pas faire confiance aux dirigeants européens, ceux d’hier et d’aujourd’hui. Ils n’ont pas honoré leurs promesses, ils ont abusé de la confiance des peuples, ils n’ont pas respecté leurs engagements.
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Qu’on se souvienne de la campagne en faveur du traité de Maastricht, fondateur de leur Europe, et ce qu’ils nous promettaient si nous votions oui. Rocard : « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie ». Giscard : « Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » Michel Sapin : « Le traité d’Union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » Pour ceux que ces arguments-là ne convainquaient pas, on employa la peur, dans Le Monde, Jacques Lesourne, son directeur d’alors écrivait : « Un non au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » Nous pourrions encore ajouter à ce florilège dont la lecture rétrospective est accablante. Malgré cette débauche de propagande, ils n’obtinrent qu’un oui du bout des lèvres, à 51 %.

Si les promesses avaient été tenues, si donc l’Europe connaissait la croissance et le plein emploi, si ses citoyens étaient prospères, jamais il n’y aurait eu de crise grecque. Elle est le fruit de leurs mensonges et de leurs trahisons.
Mais c’est aux peuples de régler la lourde note de leur impuissance et de leur incompétence ! Et les eurocrates s’obstinent : si ça ne marche pas, c’est qu’il n’y pas assez d’Europe, il faut aller plus loin ! Aujourd’hui, 64 % des Français voteraient non. Peu importe à nos dirigeants, la marche en avant vers l’abîme doit continuer. À chaque fois qu’on leur laisse la parole, les électeurs, en Grèce, en France, en Europe expriment un refus grandissant d’une Europe qui les a appauvris. Alors, à Bruxelles, on entend bien leur insuffler l’obéissance, à défaut de la confiance, à coups de trique humiliante.

Un jour, nous serons tous des Grecs.

Guy Rouvrais

Grèce : Marine Le Pen craint une “capitulation” d’Alexis Tsipras

10/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Ce vendredi 10 juillet sur RTL, Marine Le Pen a dit craindre une “capitulation en rase campagne” du Premier ministre grec.

Soit Alexis Tsipras effectue une capitulation et alors il sera le premier à avoir trahi son peuple, soit il fait ses propositions sachant que l’Allemagne ne les acceptera pas, et alors il faudra attendre quelques jours. Si c’est une capitulation c’est une mauvaise chose.

Marine Le Pen pense également qu’il n’est pas possible d’obtenir un arrêt de l’austérité en restant dans l’euro :

Si capitulation il y a, alors son opposition face aux créanciers de la Grèce aura été en carton-pâte. On ne peut pas obtenir un arrêt de l’austérité en restant dans l’euro. L’euro et l’austérité sont des frères siamois, c’est ou les deux, ou aucun des deux. On ne peut obtenir l’arrêt de l’austérité en restant dans l’euro.



Tsipras en force

08/07/2015 – EUROPE (NOVOpress)

Tsipras avait donc raison : le non massif des électeurs l’a mis en position de force pour négocier à Bruxelles. La preuve en est que, quoiqu’ayant annoncé qu’une réponse négative vaudrait sortie immédiate de l’euro, la Grèce y est toujours et la BCE continue sa perfusion fiduciaire. Malgré les déclarations péremptoires, l’exigence de « propositions crédibles », les mouvements de menton sur le thème : « Si ça continue, ça ne peut plus durer », l’Union recule, accordant de nouveaux délais. Si vendredi au plus tard le Premier ministre grec ne fournit pas un programme de réformes détaillées et sérieuses, alors là, dimanche, le Conseil européen prendra sa décision… ou non. Car Hollande veut toujours « tout faire » pour que la Grèce reste dans la zone euro. Tout ? Angela Merkel, elle, considère que l’on a déjà tout fait pour les Grecs.
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Tsipras aura eu ce bénéfice collatéral de semer la discorde dans le vieux couple franco-allemand, sans lequel rien ne se fait ni ne se défait en Europe. Dès le début de la semaine, Hollande et Merkel ont pris la situation en mains. Cette hégémonie franco-allemande n’a aucune justification dans les traités fondateurs qui, au contraire, stipulent que tous les pays sont sur un pied d’égalité, la voix d’un État membre ayant le même poids que celui de n’importe quel autre. Si, de fait, Français et Allemands s’imposent aux autres, c’est au nom de la loi du plus fort, qui n’est pas celle de la démocratie. Aujourd’hui, Hollande tente d’imposer son attentisme à Merkel, qui veut en finir avec la crise grecque.

S’ils ont tant de peine à chasser le mouton noir hellène du troupeau, ce n’est pas par compassion, et ce n’est par philanthropie qu’ils ont déversé des milliards dans le tonneau des Danaïdes. Car ce ne sont pas des dons, mais des prêts et, malgré l’effacement partiel de 2012, la Grèce doit régler quelque 40 milliards d’intérêts à ses créanciers. Lesquels lui prêtent pour qu’elle rembourse ses anciens prêts…
Au-delà de ce motif financier, la raison principale est qu’un abandon de l’euro par un seul pays sonnerait le glas du grand dessein européiste qui figure dans les traités, à savoir promouvoir « une union toujours plus étroite » entre les États, le stade ultime étant l’Europe fédérale. Le départ de la Grèce serait un recul qui pourrait en entraîner d’autres surtout si, après avoir renoncé à l’euro, le pays s’en trouvait beaucoup mieux.

Hors Europe, il y eut, en 2001, le précédent de l’Argentine, en faillite, déclarée en défaut sur sa dette publique. Dès 2003, la situation de l’économie s’améliore. La forte dévaluation, en soutenant l’activité, fait reculer le chômage. La hausse de l’inflation permet d’accroître les recettes fiscales. En 2004, le PIB, l’investissement et le taux de chômage retrouvent leur niveau d’avant la crise. En 2004 et 2005, son PIB a crû de 8 % chaque année, et le FMI prévoit qu’en 2016 elle aura le taux de croissance le plus élevé de toute l’Amérique latine, sans son concours. Peut-être est-ce cela que redoute l’Union : qu’un pays aille mieux sans elle qu’avec elle…

Guy Rouvrais

Grèce : la porte étroite

07/07/2015 – MONDE (NOVOpress)

Hollande qui assure que « la discussion reste ouverte ». Merkel qui déclare attendre « des propositions du Premier ministre grec ». Le « marxiste erratique » Varoufakis qui démissionne pour faciliter les négociations… Alors que les médias en faisaient des tonnes sur un possible « grexit », il paraissait tout de même assez peu probable, mardi matin, que le séisme provoqué dimanche par la victoire du « non » ne débouche pas sur un accord entre l’UE et Athènes.

Un « non » de liberté
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Quoi qu’il en soit, ce « non » du peuple grec a été vivement applaudi par tous les opposants à la politique d’austérité prônée par Bruxelles.
À commencer par Marine Le Pen, qui a salué « la victoire du peuple contre l’oligarchie de l’UE », « un non de liberté, de rébellion face aux diktats européens qui veulent imposer la monnaie unique à tout prix, via l’austérité la plus inhumaine et la plus contre-productive ». Estimant que « la dissolution de l’union monétaire a commencé », la présidente du FN a déclaré que « les pays européens doivent profiter de cet événement pour se mettre autour d’une table, constater l’échec radical de l’euro et de l’austérité et organiser la dissolution concertée de la monnaie unique, condition indispensable au retour réel de la croissance, de l’emploi et au désendettement ».
Un enthousiasme partagé – entre autres – par Mélenchon, qui a expliqué de son côté que « la crise a été provoquée de manière absolument délibérée par l’Eurogroupe ».

L’espérance du contribuable français

En fait, comme le note Marine Le Pen, ce « non » grec est peut-être surtout « l’espérance pour le contribuable français de ne plus avoir à sortir une nouvelle fois le chéquier pour verser quelques milliards supplémentaires dans le trou sans fond de la dette grecque et de l’euro ».
Car, aussi tyrannique et détestable que soit l’UE, cette gifle assénée à Bruxelles ne doit pas nous faire oublier que la France, et donc ses contribuables, ont prêté quelque 42 milliards d’euros à la Grèce : 11,4 milliards dans le cadre de prêts bilatéraux, auxquels il faut ajouter 31 milliards via les prêts apportés par le Fonds européen de stabilité financière. Des sommes qui, tout le monde ou presque en convient déjà, ne seront jamais remboursées.

Grèce : Tsipiras lâche du lest

07/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
Si Tsipiras est sorti renforcé du référendum sur les propositions des créanciers internationaux, il souhaite aussi donner des gages de bonne volonté. C’est son ministre des finances, Yanis Varoufakis, qui sert de victime expiatoire.

Unanimement décrié parmi les négociateurs de la Troïka, Yanis Varoufakis, iconoclaste universitaire entré en politique il y a cinq mois, est sacrifié sur l’autel de la realpolitik. Son intransigeance et ses déclarations à l’emporte-pièce constituaient visiblement un obstacle aux négociations entre la Grèce et ses créanciers. Il avait ainsi comparé, samedi 4, le comportement des créanciers de la Grèce à du “terrorisme”. De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, avait dit, à propos d’une réunion avec Varoufakis souhaiter « restaurer le dialogue avec des adultes autour d’une table ».

La décision de son départ revient à Tispiras, mais celui-ci a laissé le ministre qu’il avait jusqu’ici soutenu contre les critiques de ses partenaires européens annoncer lui-même son départ.
Yanis Varoufakis a donc expliqué dans un communiqué qu’il avait été « informé d’une certaine préférence » de plusieurs membres de la zone euro pour son « absence » aux réunions des ministres des Finances et il ajoute que sa démission a été jugée opportune par le Premier ministre en vue de la conclusion d’un accord. « Pour cette raison, je quitte aujourd’hui le ministère des Finances », dit-il, ajoutant, bravache :

J’estime qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il le jugera adéquat, le capital que le peuple grec nous a accordé lors du référendum d’hier (dimanche) et j’assumerai avec fierté le mépris des créanciers.

C’est en tout cas un signal fort que Tsipiras souhaite trouver un accord qui lui évote une sortie de l’euro. Le référendum aura-il été un baroud d’honneur ou Tsipiras est-il un plus fin négociateur que ce que laissaient entendre ses « partenaires » européens ?

Crédit photo : Brookings Institution via Flickr (CC) = Yanis Varoufakis


Référendum : la Grèce à la croisée des chemins

04/07/2015 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Demain, les Grecs se prononceront par référendum sur les propositions des instances monétaires internationales

On frémit à l’idée du sort qui attend la population si les Grecs acceptaient les conditions draconiennes fixées par la trop célèbre « troïka », UE, BCE, FMI. Un nom qui évoquait sans doute trop la sinistre Tcheka, police politique de l’Union soviétique, ancêtre du KGB, et qui a été abandonné. Déjà, quatre enfants grecs sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43 %, et près de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans est au chômage. Or les coupes claires dans les budgets sociaux, qui ont frappé de plein fouet les couches les plus vulnérables, n’ont été d’aucun effet sur le niveau de la dette. Ce que proposent les instances monétaires internationales n’est ni plus ni moins que l’aggravation de cette politique folle.

Une politique que défend, vent debout, la chancelière allemande…
Au fameux : « I want my money back ! » de Margaret Thatcher, correspond l’actuel « Ich will mein geld zurück ! » d’Angela Merkel. Laquelle invoque l’exaspération de son opinion publique devant ces milliards d’euros déversés en vain par les contribuables allemands dans le tonneau des Danaïdes grec. Il convient de rappeler que 90 % des fonds de sauvetage sont partis à destination des banques qui avaient prêté de l’argent à la Grèce avant la crise. Autrement dit, ce ne sont pas aux Grecs que les Allemands ont donné de l’argent, mais aux grands squales de l’establishment bancaire cosmopolite. Les Grecs ont certes mis en place des mesures d’austérité, privatisé et dérégulé leur économie, réduit les salaires et les retraites, et augmenté les impôts, mais tout cela en pure perte.
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Sarkozy fait la leçon à Tsipras (Présent 8389)

04/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Avec lui, ça ne se passerait pas comme ça ! Sarkozy ne laisserait pas le Premier ministre grec organiser un référendum pour approuver ou non les propositions bruxelloises. Il vient de rappeler qu’en 2011, Papandréou avait eu la même idée que Tsipras et pour le même motif. Ça n’a pas traîné, avec sa complice, Angela, Sarkozy a convoqué l’impertinent, à Cannes, pour lui remettre les idées en place. Décider un référendum, sans demander poliment la permission, mais où va-t-on !
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Et Papandréou céda à l’injonction du duo Sarkozy-Merkel, mettant son référendum dans la poche et son mouchoir par-dessus, il est reparti, tête basse ! Or, voilà qu’aujourd’hui, s’indigne l’ex-chef d’Etat, Tsipras, lui, ne veut pas faire « le choix de la raison ». Car, pour lui, demander au peuple son avis sur ce qui le regarde n’est pas le choix de la raison, c’est de la folie. Dans son aveuglement, l’ancien président ne se demande même pas si son attitude, en 2011, à l’égard de Papandréou, n’est pas la cause lointaine de la révolte du peuple grec, en 2015, las de voir son pays traité comme une colonie bruxelloise et même pire, puisqu’on reconnaît aux nations colonisées le droit de disposer d’elles-mêmes… par référendum.

Nicolas Sarkozy, quoique se réclamant du gaullisme, n’aime pas ce type de consultation. Quand il ne peut pas l’empêcher, il en bafoue le résultat. Ainsi, il fit adopter par la fenêtre du Parlement ce que les Français avaient mis dehors par la porte du référendum : leur non à la Constitution européenne devint oui par la grâce du traité de Lisbonne, grand-œuvre sarkozyste.

Notre homme s’en prend à Alexis Tsipras en termes vifs, et même insultants. C’est « un Premier ministre qui a menti au peuple grec, qui a promis des choses qu’il savait ne pas pouvoir tenir ». Quoi ? Il a osé faire cela ? Est-ce que le candidat Sarkozy, lui, a promis ce qu’il savait ne pas pouvoir tenir ? Par exemple : « Si je suis élu, d’ici à deux ans, il n’y aura plus un seul SDF dans les rues », celles de Paris, pas d’Athènes. Tsipras, lui, ne l’a jamais annoncé. Sarkozy avait promis, en 2007, qu’il allait nettoyer les cités au Kärcher, promouvoir le plein emploi, tandis que le pouvoir d’achat des Français allait tutoyer les sommets. En 2012, ce sont ces promesses non tenues, ces mensonges électoraux que les électeurs ont sanctionnés. Ce politicien exténué est le dernier à pouvoir faire la leçon à Tsipras ou à quiconque.

Bien entendu, son propos vise Hollande. Sarkozy entend montrer combien il est nul, tandis que lui a fait merveille hier et qu’il fera encore mieux demain. Il est vrai que le chef de l’Etat donne des verges pour se faire battre : tandis que l’Europe brûle, il se précipite en Afrique… Sans doute parce qu’avec ses lunettes il voit mieux de loin. Or, pas plus que Hollande n’a fustigé la corruption et les falsifications de ses camarades socialistes au pouvoir sous Papandréou, Sarkozy n’a dénoncé les mêmes vices pratiqués par ses amis libéraux sous Caramanlis. Entre eux, c’est toujours l’hôpital qui se moque de la charité.

Guy Rouvrais

« Dé-dollarisation » : la Russie veut attaquer la toute puissance du pétrodollar

TAFTA, Grèce, Russie, trois grands dossiers, une seule et même logique

Source : Boulevard Voltaire
Ce vers quoi tend le Nouvel Ordre Mondial est un monde sans États ou bien avec des États croupion dirigés par des gouvernements fantoches, organisé au seul profit de l’entreprise multinationale, selon une seule et unique règle, la règle du marché.

Lorsque mes enfants me demandent de définir le Nouvel Ordre Mondial, je leur réponds ceci : le monde jusqu’à la fin du XXe siècle était organisé autour d’États souverains, selon des règles de droit conçues par les autorités politiques et acceptées par les peuples via ses représentants élus. Dans ce schéma-là, la seule et unique source du pouvoir était politique. Ce vers quoi tend le Nouvel Ordre mondial est un monde sans États ou bien avec des États croupion dirigés par des gouvernements fantoches, organisé au seul profit de l’entreprise multinationale, selon une seule et unique règle, la règle du marché. Dans ce Nouvel Ordre mondial, le pouvoir suprême siège aux conseils d’administration des grandes multinationales et particulièrement des banques et des fonds d’investissement.
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Jacques Sapir : référendum en Grèce, le retour de la démocratie en Europe

Source : FigaroVox – Selon l’économiste Jacques Sapir, la Grèce a été victime d’un coup de force de la part de l’eurogroupe. Son appel au peuple est la seule réponse digne face à la tyrannie européenne.

Dans une tribune publiée dans le FigaroVox, Jacques Sapir démonte la propagande européenne qui fait porter la responsabilité de la rupture des négociations sur la dette grecque et souligne l’importance de la décision de Tsipiras de recourir au référendum.

Ce qui se joue désormais n’est plus seulement la question du devenir économique de la Grèce. C’est la question de l’Union européenne, et de la tyrannie de la Commission et du Conseil, qui est ouvertement posée.

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Grèce : l’Europe coupable (Présent 8387)

01/07/2015 – MONDE (NOVOpress)

La Grèce n’a donc pas remboursé, mardi, au FMI, le 1,5 milliard prévu, et n’a pas l’intention de le faire. Commentaire de notre ministre des Finances, Michel Sapin : « C’est sans grande conséquence. » Ah, bon ? Tout ça pour ça ! Ce terrible suspens entretenu par Bruxelles et la presse : la Grèce osera-t-elle faire défaut ? Les conséquences en seraient redoutables, quoiqu’encore inconnues, nous disait-on. Tout peut arriver, surtout le pire pour les Grecs. Finalement, non, ce n’est qu’une péripétie sans grand intérêt. Mme Lagarde, qui menaçait hier, n’a même pas fait les gros yeux aujourd’hui.
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Michel Sapin a ajouté que le plus important, maintenant, c’est le référendum annoncé par Tsipras pour dire oui ou non aux propositions bruxelloises. Et la fausse dramatisation recommence. Selon que le oui ou le non l’emporte, la face de la Grèce, de l’Europe, du monde en seront changées ! La commission de Bruxelles, Junker en tête, est en campagne électorale, elle milite pour le oui et, bien entendu, menace en cas de non : Athènes sera bannie, chassée, excommuniée. Jean-Claude Junker a même eu l’audace de proposer de nouveaux crédits contre l’engagement signé d’Alexis Tsipras de se prononcer pour le oui, cela s’appelle du chantage.

Lui et les autres, Merkel, Hollande, qui se mêlent d’un scrutin dans un État souverain, veulent mettre le peuple grec sous tutelle politique après l’avoir mis sous son joug économique. Leur espoir, si le oui l’emporte ? Tsipras démissionnera, il y aura sans doute de nouvelles élections à la faveur desquelles libéraux et socialistes reviendront aux affaires et, comme avant, ils appliqueront les diktats européens. L’ordre bruxellois régnera de nouveau à Athènes.
On nous dit que la situation actuelle est due au jusqu’au-boutisme du Premier ministre. Certes, ce gauchiste n’est pas notre tasse de thé, qui veut reconquérir la souveraineté nationale piétinée par Bruxelles et la laisse bafouer par les immigrés, légaux et clandestins auxquels il ouvre les portes du pays. Mais la responsabilité principale incombe à l’Europe dès l’origine.

On savait dès le début que l’économie de la Grèce, sans industrie, ne pouvait lui permettre de rejoindre la CEE ancêtre de l’Union. La décision fut politique, il s’agissait de saluer le retour de ce pays dans le giron démocratique après la chute du « régime des colonels ». Et à ceux qui regimbaient, Giscard, alors aux affaires, lançait « On ne ferme pas la porte à Platon ! » De même, en 2004, le pays ne remplissait pas les conditions pour adhérer à l’euro. À Bruxelles, on a fermé les yeux sur les chiffres falsifiés présentés par Athènes prétendant que le déficit public était de 2,5 %, alors qu’en réalité il était de 4,3 %, et ainsi des autres critères. Mais on pensait que la dynamique européenne et la croissance effaceraient tout cela. Il n’en a rien été. C’est le rejet des remèdes cruels imposés par la troïka au peuple grec qui a conduit Tsipras au pouvoir. L’Union européenne récolte les fruits de son irresponsabilité.

Guy Rouvrais