Chasse aux sorcières en Italie : un diplomate en accusation pour sa musique

Chasse aux sorcières en Italie : un diplomate en accusation pour sa musique

31/12/11 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
L’Italie a longtemps ignoré le rigoureux apartheid français contre toute forme d’expression non conforme. A pu ainsi se développer une brillante culture alternative, en particulier musicale – un livre entier, Notes alternatives, lui a été récemment consacré. C’est là un vecteur essentiel des valeurs identitaires au sein de la jeunesse, au point que le mouvement CasaPound est né, comme on sait, de l’expérience musicale du groupe ZetaZeroAlfa.

Après la répression judiciaire toujours en cours contre CasaPound, il était logique que la coalition multiculturaliste qui, sous l’égide de la Goldman Sachs, a pris le pouvoir en Italie, s’attaque à la musique. L’entreprise de mise au pas vient de commencer par un des groupes-phares de la scène alternative italienne, SottoFasciaSemplice, dont la célèbre chanson « Come mai » est précisément un des plus forts réquisitoires jamais composés contre l’alliance des pseudo-indignés d’extrême gauche et de la finance mondialiste.

Extrait de “Come mai” (Pourquoi donc)

[…] Et c’est pour ça que vos enfants ne vous respectent pas
Ils ne connaissent pas le respect
Ils n’ont rien à apprendre
Toujours contents et prêts à tout
A cinq heures du matin bourrés de pilules, junk food et cocaïne
Voilà vos jeunes qui devaient vous sauver
Ils sont allés s’éclater avec la voiture de papa
Voilà vos jeunes à qui vous aviez appris
Les valeurs de la paix et les erreurs du passé
Voilà vos jeunes démocratiques et sincères
Rendus imbéciles par les jeux vidéo
Les joujoux et les téléphones portables
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
Pourquoi vos jeunes, votre seule espérance
Vous répètent les slogans de vous autres couillons des années soixante
Les clowns de Indymedia, les nouveaux révolutionnaires
Bla-black-Block les pacifistes de tout genre
C’est toujours la faute aux USA pour les nouveaux partisans
Mais après tout voilà leurs ennemis: une cannette et un hamburger
Et alors regarde comme ils pleurnichent à l’arrivée des flics
Gratte un peu tu verras que c’est eux les vrais Yankees
C’est eux qui sont les résultats du désastre nucléaire
C’est eux qui sont les vrais fils de cette paix sale et fausse
Avec la gueule de Guevara et leurs drapeaux arc-en-ciel
C’est eux qui sont les vrais fils du rêve américain
Vous vous demanderez pourquoi pourquoi pourquoi
Et en même temps en dehors de l’Europe
Comme les zombies de Romero
Voilà les masses sans travail et sans argent
De tous les continents que vous avez pillés
Bourrés de mensonges et de conneries et ensuite abandonnés
Les masses appauvries par les astuces
De ceux qui ont fait des règles du marché leur justice
Eux ils ne jouent certainement pas avec les vidéo-téléphones
Ils n’ont certainement pas de draps propres et parfumés
Ils n’ont pas maman qui lui prépare le café chaque matin
Avec son petit croissant et ses petites pantoufles
Avec papa anti-raciste qui promène son chien pendant qu’il se sert tranquillement des prostituées nigériennes […]

 

 

Le 29 décembre, le quotidien communiste L’Unità a publié une longue enquête de police, immédiatement reprise par tous les gros médias : le créateur de SottoFasciaSemplice, connu sous le pseudonyme de Katanga, n’est autre qu’un diplomate de 45 ans, Mario Vattani, depuis juillet dernier consul général d’Italie à Osaka. Vattani, diplômé en Sciences politiques de la prestigieuse (et très à gauche) université La Sapienza de Rome, diplomate de carrière depuis 1991, ayant occupé des postes à Washington, au Caire et à Tokyo, avant d’être, de 2008 à 2011, conseiller diplomatique du maire de Rome, a un curriculum vitae irréprochable. Son activité musicale n’a jamais interféré avec ses fonctions officielles.

La presse ne s’en déchaîne pas moins contre « le diplomate fascio-rock », comme l’appelle La Repubblica. On lui reproche surtout, crime suprême, de s’être produit en public en mai 2011, pour la toute première fois, à la fête nationale de CasaPound, “La tana delle tigri”. Partis de gauche et associations « anti-fascistes » ont immédiatement embrayé, réclamant avec grandiloquence que le consul « soit démis au plus vite de ses fonctions, comme signe de respect intransigeant des valeurs constitutionnelles, nées du dépassement de la tragédie fasciste ». Le député de gauche Roberto Morassut a annoncé qu’il allait présenter « une interrogation urgente au ministre des Affaires étrangères, Giulio Terzi, pour savoir s’il considère opportune la nomination comme consul général d’Italie au Japon de Vattani, fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères et leader d’un groupe musical proche des milieux de CasaPound ». Morassut s’indigne qu’un diplomate puisse participer à des manifestations où « l’on exalte les rituels d’une droite identitaire ».

Le ministère des Affaires étrangères a d’abord tenté de ramener les choses à leurs justes proportions, en expliquant dans un premier communiqué que la vie musicale de Vattani était “un trait de mœurs”. Mais le ministre de la Goldman Sachs est personnellement intervenu et a fait publier un second communiqué, le 30 décembre : « Le ministre des Affaires étrangères Terzi, après avoir pris connaissance de l’affaire, a donné des instructions depuis hier afin que Mario Vattani soit immédiatement déféré à la Commission de discipline du ministère des Affaires étrangères, ce dont l’intéressé a été promptement informé ».

S’agissant d’une délation publiée par la presse communiste le 29 décembre, on voit que les choses ne traînent pas. Le nouveau gouvernement italien est censé être un gouvernement technique « de transition » : les mondialistes, résolus à exploiter à fond le temps qu’ils passeront au pouvoir, vont vite en besogne.

Italie : grande offensive mondialiste pour imposer le droit du sol

Italie : grande offensive mondialiste pour imposer le droit du sol

23/11/2011 – 09h10
ROME (NOVOpress) — C’était censé être un gouvernement technique, mis en place dans l’urgence pour faire face à la crise financière. Mais le ministère Monti n’a pas tardé à se montrer pour ce qu’il est vraiment, une coalition de toutes les puissances mondialistes, des banques aux communistes en passant par les immigrationnistes chrétiens. Peu leur importe que l’Italie soit au bord de la faillite, leur priorité absolue est de remplacer le droit du sang encore en vigueur par le droit du sol. Le lobby « catho-communiste », qui en rêve depuis longtemps, avait lancé en septembre une campagne pour soumettre cette réforme à un référendum d’initiative populaire. L’initiative ne semble guère avoir trouvé d’écho mais les immigrationnistes comptent désormais sur leurs amis de la Goldman Sachs. C’est effectivement beaucoup plus sûr.

Le président de la République, le communiste Giorgio Napolitano, a ouvert les hostilités le 15 novembre, immédiatement après avoir chargé Mario Monti de former le nouveau gouvernement. Dans un grand discours aux « nouveaux citoyens italiens », il avait exalté l’immigration comme « une grande source d’espérance » pour l’Italie. « Les mineurs étrangers résidant en Italie sont près d’un million ; plus de 700.000 étudient dans nos écoles. Sans ces jeunes », a expliqué le dinosaure communiste, aujourd’hui âgé de 86 ans, « notre pays serait nettement plus vieux et aurait une moindre capacité de développement ». Se réjouissant que « au cours des 20 dernières années, entre 1991 et 2011, le nombre des résidents étrangers en Italie ait été multiplié par douze », Napolitano a déploré que les immigrés devenus italiens « soient encore relativement peu nombreux ».

Napolitano est revenu à l’assaut aujourd’hui en recevant la Fédération des églises évangéliques en Italie. Le chef de l’État italien n’a pas craint de qualifier la loi italienne, qui n’accorde pas la citoyenneté aux enfants d’étrangers nés en Italie, d’« authentique folie » et d’« absurdité », avec ce magnifique argument : « les enfants ont cette aspiration ». Il a dit espérer que la question puisse être réglée au Parlement, en profitant du changement de gouvernement.

Napolitano a déclaré mettre en particulier ses espoirs dans le nouveau ministre de la Coopération internationale et de l’intégration sociale, qui n’est autre qu’Andrea Riccardi, le fondateur de la puissante et ultra-immigrationniste communauté catholique Sant’Egidio, fer de lance de « l’esprit d’Assise ». Riccardi, promu ministre sans avoir jamais été élu, vient de son côté d’exprimer son soutien total au vieux communiste dans l’hebdomadaire Famiglia Cristiana. Selon lui, « les étrangers rajeunissent le pays. Un mineur sur cinq est étranger. Et ce n’est qu’un aspect de leur apport à l’Italie. L’économie bénéficie de leur activité, si bien que 70% d’entre eux sont clients d’établissements de crédit » (source). Ce n’est plus le sabre et le goupillon, c’est le guichet de banque et la chaloupe de Lampedusa.

Les démocrates chrétiens et toute la gauche marchent avec enthousiasme. Selon Dario Franeschini, président du groupe parlementaire du Parti Démocrate, une loi instaurant le droit du sol « pourrait être adoptée par la Chambre d’ici Noël ». Le seul parti parlementaire à rejeter catégoriquement la proposition présidentielle est la Ligue du Nord. Selon l’ancien ministre Roberto Calderoli, la Lega est « prête à dresser des barricades à la fois au Parlement et dans la rue ».

Photo en Une : Mario Monti au “World Economic Forum” à Bruxelles en mai 2010. Crédit : Youssef Meftah / WEF via Flickr (cc)

Goldman Sachs : le putsch du désespoir

Goldman Sachs : le putsch du désespoir

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Le feuilleton chaotique de la crise poursuit son cours. Chaque jour un élément nouveau, contradictoire, imprécis, alarmiste, rassurant… est offert aux pauvres peuples européens, qui n’y comprennent plus rien, dirigés qu’ils sont par des eurocrates aux pouvoirs sans limites et aux décisions qui renient même la démocratie – l’épisode le plus spectaculaire étant celui du référendum grec.
Polémia a reçu de son correspondant régulier italien une communication intéressante par l’originalité, mais non moins probable, de l’argument développé (cette tribune a été amputée de quelques phrases en début et en fin du texte, sans incidence sur la compréhension du contenu. Le texte intégral en italien peut être lu sur le site Effedieffe.com ).

Polémia [/box]

(…)

Mario Monti, oui, il a étudié à Yale. Il a été commissaire européen pendant dix ans, tout d’abord au Marché interne et aux droits de douane, c’est-à-dire à leur suppression. Il a été coopté membre du Bilderberg et de la Commission Trilatérale. En 2005, il devient superconseiller international chez Goldman Sachs. Aujourd’hui, nommé sénateur à vie par le président italien Giorgio Napolitano, le communiste préféré des Américains, il accède aux fonctions de chef du gouvernement. Même s’il n’a pas, en soutien, les votes du parlement, il restera au gouvernement pour l’année et demie à venir.

Mario Draghi est titulaire d’un doctorat d’économie du MIT, Massachusetts Institute of Technology. Comme fonctionnaire du Trésor, il a été chargé des privatisations italiennes, qu’il avait déjà organisées sur le yacht Britannia avec les banques anglaises, en secret, il y a un an. Depuis, mission accomplie, il a siégé dans nombre de conseils d’administration de diverses banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Fort de ce conflit d’intérêts, il a été nommé gouverneur de la Banque centrale européenne, la BCE.

Loukas Papademos, nouveau premier ministre grec, est, lui aussi, diplômé du MIT. Il a enseigné à la Columbia University de New York, puis il a été conseiller de la Réserve fédérale de Boston (l’une des 13 banques qui constituent la FED). De 1994 à 2002 il a été gouverneur de la Banque centrale grecque : fauteuil qu’il occupait quand la Grèce s’est qualifiée pour entrer dans l’euro, grâce à des truquages comptables et à de faux conseils donnés par Goldman Sachs. Il a été vice-président de la BCE. Aujourd’hui il est premier ministre élu au parlement par les deux principaux partis grecs.

Au gouvernail de la crise européenne, il y a donc trois Américains, formés dans deux des plus prestigieuses universités américaines dont ils ont assimilé l’idéologie enseignée. Membres de la superclasse mondialiste, tous les trois sont fortement liés à Goldman Sachs.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?

Parce que maintenant Goldman Sachs va gouverner, avec ses délégués largement honorés, directement à visage découvert et en s’exposant personnellement. Habituellement, ces messieurs de l’oligarchie préfèrent gouverner dans les coulisses, en mettant en avant certains de leurs hommes stipendiés et serviles, politiques rodés aux jeux de la démocratie. Ce triple coup d’Etat est probablement une manœuvre obligée, et un signe de désespoir.

Comment cela ? Parce que Goldman doit s’assurer que l’Italie et la Grèce ne feront pas banqueroute et ne répudieront pas la dette. Les banques américaines ne les laisseront pas faire faillite et utiliseront tous les moyens pour l’empêcher, pour une raison bien précise.

A peine le système bancaire américain s’était-il réjoui d’être peu exposé aux titres souverains européens (15 milliards), qu’il s’est rendu compte qu’avec les CDS (Credit Default Swaps), c’était une autre histoire. Les banques USA ont assuré des quantités importantes de la dette européenne – on dit qu’il s’agit d’au moins 250 milliards – en émettant et en vendant des quantités industrielles de CDS, produits dérivés qui prétendent fonctionner comme des assurances contre le risque de défaillance. Naturellement, c’est de la comédie, parce que ni Goldman Sachs ni les autres banques de fortune n’ont constitué des réserves correspondant à la moindre fraction du montant nécessaire pour payer les assurés, au cas où un pays souverain ne parviendrait plus à s’acquitter de sa dette. S’il advenait vraiment une défaillance, les banques de la galaxie américaine, à commencer par Goldman Sachs, imploseraient comme des supernovae (1), en donnant comme résultat des trous noirs qui attireraient dans leurs remous chaque réalité économique existante, si elle était basée sur le crédit.

Les émetteurs de CDS américains ont réussi, d’un cheveu, à ne pas mettre à exécution les prétendues polices d’assurance souscrites par la Grèce, même si cette dernière s’est rendue coupable d’une défaillance partielle, dite restructuration. Les titulaires de BOT [ Build-Operate-Transfer] grecs ont dû accepter un effacement de la dette de 50%. Mais, étant donné qu’il s’agit de banques européennes et que la perte des prêteurs a été définie comme volontaire, les émetteurs ont décidé de ne pas rembourser le sinistre. C’est ce qu’a décidé le ISDA, (l’International Swaps and Derivatives Association), qui est l’organe formé par les mêmes émetteurs de CDS, évidemment en leur faveur.

C’est cet organisme bancaire privé qui a décrété rétrospectivement – post factum, cette règle dont personne ne savait rien – que lorsque les banques créditrices acceptent volontairement une amputation de leurs crédits, les CDS qui ont été achetés ne remboursent rien. Le trucage a réussi, de telle sorte que Goldman Sachs et compagnie n’ont pas été obligés de payer.

Mais la réussite a été au delà, dans le sens où tous les détenteurs internationaux de titres italiens, qui s’étaient couverts contre le risque avec des CDS américains, ont découvert que ces assurances – pour lesquelles ils ont payé un petit paquet de millions – n’assurent rien.

C’est là, au moins en partie, la vraie raison pour laquelle les marchés ont commencé à se séparer des titres de la dette italienne (en les bradant) ou à réclamer un intérêt dramatiquement plus élevé pour les acheter : une augmentation prévisible pour un risque de défaillance dont on sait qu’il n’est plus couvert par les CDS. Les marchés de la dette ont été tous secoués, et le spread (2) sur la dette française a également augmenté, et toujours pour la même raison : les détenteurs croyaient avoir quelque protection en ayant acheté les CDS, et ils ont découvert qu’ils ne l’avaient pas.

Certains analystes anglais et américains se sont étonnés de cette poussée imprévue de méfiance sur l’Italie, un pays – ont-ils écrit, comme par exemple Evans-Pritchard du Telegraph le 9/11/2011 – « qui aura une primaire active en 2013 » (éloge posthume et involontaire à Tremonti), une richesse de familles supérieure à celle de l’Allemagne et une dette privée bien moindre que la moyenne des Européens. Comment se fait-il qu’un pays qui a des fondamentaux aussi bons puisse être considéré comme insolvable ? (Europe pushes Italy into the abyss)

Le fait est que la tempête sur l’euro s’est transformée en cyclone.

Les taux d’intérêt que l’Italie doit supporter sont devenus véritablement insoutenables, proches de la banqueroute, pour le troisième débiteur mondial et la troisième économie de l’UE. Du point de vue de Goldman Sachs (et de ses affiliés américains), il faut absolument empêcher que l’Italie ne fasse faillite ; s’il en est autrement, les banksters américains devront honorer l’engagement pris, en vendant leurs CDS, c’est à dire, en quelque sorte, en remboursant le sinistre, avec leurs propres deniers, qui n’offrent même pas la disponibilité nécéssaire, et de loin.

Combien ?

Personne ne le sait exactement, vu que 85% du marché des dérivés se fait over-the-counter (c’est-à-dire en dehors des marchés boursiers) sur accords au cas par cas entre client et assureur, par conséquent sans laisser de trace comptable à la vue des régulateurs (qui dorment). Il existe en outre une quantité non définie de CDS nus (naked), c’est-à-dire vendus à des gens qui ne possèdent pas les titres d’assureur : ces non-possesseurs, eux aussi, devront rembourser si l’Italie fait faillite.

Au jugé, on peut dire seulement ceci : que notre défaillance vaporiserait instantanément les capitaux des banques d’affaires américaines, et même plusieurs fois leurs capitaux et provoquerait l’implosion complète du système bancaire supranational – qui est le véritable insolvable dans cette affaire. Ce n’est pas par hasard si Warren Buffett a qualifié les dérivés d’ « armes de destruction massive ».

C’est la raison pour laquelle Goldman Sachs ne permettra pas à l’Italie de faire faillite ou de restructurer la dette : il en va de sa vie. C’est pourquoi il a mis directement des hommes à lui au gouvernail des points névralgiques européens qui comptent.

On en a vu la conséquence tout de suite : à peine avait-on appris le nom de Monti comme administrateur délégué d’Italie que les marchés ont fait descendre le spread sur les titres italiens. En réalité, il s’agissait d’un ami de Mario Draghi qui a fait acheter par la BCE des fournées de titres italiens pour faire voir que les marchés ont tellement confiance en Monti.

La Grèce est maintenant sous administration contrôlée de Goldman-Papademos, pour la même raison : une banqueroute involontaire contraindrait les banques américaines trafiquantes de CDS à payer.

Soyons-en certains : Monti ne se limitera pas à imposer des impôts financiers et patrimoniaux et des privatisations. La situation est tellement dangereuse pour Goldman qu’il devra aussi chercher à jouer sur la croissance du pays, parce que sans une croissance du PIB – les banquiers le savent très bien – le service de la dette ne peut pas être soutenu. Ils ont intérêt à nous étayer. Ils le feront avec toutes les thérapies qu’ils connaissent, eux… Qui sont erronées (*)

D’où la vraie grande bonne nouvelle. La plus tragique : Monti – et la douzaine d’experts européens et du Fonds monétaire qui sont venus à Rome pour contrôler, les vrais ministres de son ministère – ne réussira pas à redresser notre situation, et Draghi et Papademos ne réussiront pas non plus. La défaillance est inéluctable.

C’est une simple question de mathématique. Il existe un rapport entre la croissance du PIB et les intérêts sur la dette publique. L’Italie ne peut pas payer 7% d’intérêts sur une dette de 1,900 milliard, sans une croissance, disons, de 3% par an. Cette croissance qui tient du miracle économique, il est impossible de l’atteindre : surtout avec la récession qui menace l’Europe tout entière, qui se remarque par le ralentissement des exportations allemandes.

Mais le facteur le plus dangereux est désormais le risque systémique. Le système financier lui-même l’a cultivé et l’a fait augmenter, en se lançant dans une interconnexion si enchevêtrée, si opaque et si enchaînée que personne ne comprend plus où ni comment elle finira. Il suffit de se rappeler que les banques italiennes et grecques sont pleines de BOT nationaux : traditionnellement, c’était là un facteur de stabilité financière, et une contribution importante de l’épargne nationale au financement de la dette ; aujourd’hui, c’est devenu une menace supplémentaire, qui impose aux Etats déjà extra-endettés de soutenir leurs banques devenues insolvables par la baisse de la valeur de leurs actifs.

Et ce n’est là que la partie visible de l‘iceberg: il faut ajouter le shadow banking, le système souterrain dans lequel des entités non réglementées, situées dans des paradis fiscaux, émettent des produits dérivés dont la description nécessite des volumes entiers de formules mathématiques, et dont le but allégué est de gérer les risques des titres publics et privés sous-jacents. Le plus beau, dans ces produits, c’est que, selon leurs inventeurs, ils permettaient d’augmenter les performances en diminuant le risque. Or c’est le contraire qui s’est passé : les dites entités augmentent le risque, parce qu’elles ont transféré les risques à un nombre limité de grands acteurs qui dominent le marché – et qui par conséquent concentrent tous les risques.

Petits exemples : la Slovénie, sans la moindre faute, a été frappée de plein fouet par la crise de l’Italie et sa dette publique ne trouve pas d’acheteurs si ce n’est à des prix prohibitifs. La Hongrie s’attend à une aggravation du rating de sa dette, à laquelle succédera une dévaluation de la monnaie nationale, ce qui produira une augmentation du coût de son endettement, avec en plus, un autre engagement aux banques européennes qui en Hongrie ont trop prêté. Unicredit et les banques autrichiennes sont en première ligne du risque hongrois et peuvent s’effondrer d’un seul coup. Pour les banques françaises, surchargées de titres des PIIGS (3), nous savons déjà ce qu’il en est. Les banques allemandes ne se portent pas mieux, au contraire moins bien. Et toutes les banques européennes opèrent avec un levier de 26 à 1 (pour chaque euro, elles en ont 26 en prêt), bien plus élevé que les banques américaines.

Les délégués de Goldman Sachs Europe sont donc toujours en retard d’un mouvement (comme l’est aussi l’UE).

Ils se démènent autour de la Grèce et de l’Italie, mais désormais c’est l’Europe dans son ensemble qui est dans la ligne de mire des marchés.

Un jour, si nous avons un avenir, les historiens se demanderont comment on a pu en arriver à l’implosion quand le remède pour la conjurer était si évident : interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix en prohibant l’usage de produits dérivés sans couverture. Ou bien, l’autre remède : l’effacement, au moins partielle mais substantielle, de la dette désormais inestimable (qui aurait aussi l’avantage de ne pas obliger Goldman Sachs à honorer ses CDS, en ce que la remise est volontaire).

Mais non ! Nos patrons actuels ne voient pas et ne veulent pas de ces remèdes. Ils veulent prélever à jamais leur péage sur les peuples, jusqu’à les rendre exsangues. Dans la recherche du profit monétaire comme fin ultime, dans l’avidité démesurée du prendre sans jamais donner (typique des usuriers,), ils se sont mis dans la situation du risque systémique prévue par la théorie du chaos : le vol d’un papillon à Budapest qui provoque un tremblement de terre en Chine.

C’est exactement ce qui adviendra, dans un battement d’aile ils seront vaporisés, et nous aussi, nos épargnes, nos monnaies, nos vies. Nous survivrons comme après une guerre atomique.

(…)

Maurizio Blondet
Effedieffe.com.
14/11/2011

Titre original : « Goldman Sachs: il putsch della disperazione » (texte intégral sur le site)

Traduction de l’italien pour Polémia : YS

Notes de la rédaction :

(1) De tous les phénomènes célestes, c’est le plus violent. En quelques secondes, une étoile explose, projetant dans l’espace une partie de sa matière à des vitesses prodigieuses (Source Wikipédia)
(2) Le spread de crédit ou spread vient du mot anglais qui veut dire écart désigne l’écart de taux actuariel entre une obligation émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un organisme et un emprunt d’Etat théorique qui aurait les mêmes flux financiers. (Source : Wikipédia)
(3) Désigne cinq pays de l’Union européenne : Portugal, Italie, Islande Grèce et Espagne (« Spain », en anglais). Ces pays ont eu une activité économique en dents de scie pendant quelques années au début du xxie siècle, étaient vus comme manquant de discipline fiscale et avaient régulièrement un important déficit commercial, ce qui menait à des questionnements relatifs à la stabilité de l’euro. De plus, ils ont régulièrement un taux de chômage élevé (Source : Wikipédia).

Note de l’auteur :

(*) Je cite ici le lecteur Oriundo06, qui connaît personnellement Mario Monti :« En tant que personne, il est correct : il n’a pas la mentalité de la caste, il n’est pas hautain, il est aussi sensible socialement (à moins qu’il n’ait changé de costume depuis), humainement on peut considérer qu’il est conscient de l’existence de qui n’est pas privilégié. Mais c’est tout. Il vit comme tant d’autres “techniciens” dans la tour d’ivoire de leurs compétences “scientifiques”, enveloppés d’un jargon d’une inauthenticité sociale effroyable (…). C’est un monétariste “pur”, ce qui veut dire – pour les non initiés – une personne qui pense par abstractions, à travers une doctrine économique théorique dont les paradigmes doivent “forcer” la réalité à s’intégrer. Tout le reste est négligeable : avant tout les choix stratégiques d’un petit pays comme l’Italie, dont les intérêts peuvent ne pas être “cohérents” avec nos “amis” obligés. »

En somme, Monti est incapable (comme Draghi) de l’exercice mental aujourd’hui le plus urgent : la critique du système financier qu’ils sont appelés à défendre, pour pouvoir le réformer. Penser en dehors des règles de l’orthodoxie monétariste est impossible à ce genre d’homme, il a été sélectionné précisément pour cela. Ces gens-là croient que l’Economie consiste en des équations mathématiques (qui remplissent les livres de description des produits dérivés) et ils ignorent l’Economie comme histoire, comme politique, comme chair du travailleur, unique et véritable producteur de richesse non volée et de dignité non conférée par les médias.

Voir aussi :

Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe
Référendum grec : Les marchés et les oligarques n’aiment pas la démocratie

Les intertitres sont de la rédaction

[box class=”info”] Source :  Polémia – 19/11/2011. [/box]

Photo : la tour Goldman Sachs à Jersey City, Etats-Unis . Crédit : luismontanez, licence CC.

Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe

La tour Goldman Sachs à New York (cc) Spoon Monkey

[box class=”info”]Éditorial de Polémia pour le mois de Novembre 2011[/box]
Mario Draghi est le nouveau patron de la Banque centrale européenne (BCE). Loukas Papadimos vient d’être désigné comme premier ministre grec. Mario Monti est pressenti comme président du conseil italien. Ce sont trois financiers formés aux Etats-Unis, dont deux anciens responsables de la sulfureuse banque Goldman Sachs. Est-il bien raisonnable de recruter les incendiaires comme pompiers ? Explications.

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplôme de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

Mon tout c’est trois financiers européens (?), trois hommes de la superclasse mondiale, formés dans les universités américaines et étroitement liés à Goldman Sachs.

« Government Sachs » : aux commandes de l’Europe ?

La banque Goldman Sachs est surnommée aux États-Unis « government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain. Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux États les dettes pourries des banques, lors de la crise financière. L’actuel président de Goldman Sachs, Llyod Blankfein, aime à dire qu’il « fait le métier de dieu ». En fait, Goldman Sachs est au cœur de la prédation financière et elle est impliquée dans de nombreux scandales financiers : celui des « subprimes », celui de la tromperie de ses clients (à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse), celui du maquillage des comptes grecs.

Ce sont les hommes de Goldman Sachs qui sont aujourd’hui poussés aux commandes. Par quels moyens ? Et pour quelles fins ? Faire prendre en charge par les peuples les fautes des banques ? Faire sauver l’Amérique par les Européens ?

Dans six mois – et sauf imprévu – les Français vont élire un nouveau président de la République : il serait prudent de leur part de demander aux trois principaux candidats (en l’état, François Hollande, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy) de s’engager à ne pas se faire imposer comme premier ministre un… ancien de chez Goldman Sachs.

Polémia

Voir aussi :

Photo en Une : La tour Goldman Sachs à New York (cc) Spoon Monkey via Flickr

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

Manipulations de Goldman Sachs : encore et toujours [tribune libre]

30/09/2011 – 18h45
WASHINGTON (NOVOpress) – Oui, la combinaison de la folle croissance démographique mondiale avec le modèle consumériste américain étendu au monde entier va générer d’effroyables pénuries et les spéculations et les conflits qui vont avec. Non, l’ère des pénuries n’est pas encore tout à fait venue… et en attendant certains se chargent de l’organiser, sans doute par esprit humanitaire bien compris en faisant des tests préalables ! L’un des éditorialistes de la “Chronique Agora”, Marc Mayor, nous livre le secret de certaines techniques employées par les prédateurs financiers de Wall Street dans un article en date du 29 septembre. (Philippe Millau)

[box class=”info”]Crédit photo  : DR [/box]

L’aluminium posait un sacré problème aux banksters de Wall Street. Il n’était pas en situation de pénurie. Les cours ne flambaient pas et Goldman Sachs ne pouvait pas s’en mettre plein les poches en spéculant ! Qu’à cela ne tienne ! L’abondance n’étant pas bien vue dans le monde du trading des matières premières, Goldman Sachs a trouvé un moyen de créer une pénurie sur l’aluminium : en le stockant longtemps. Avec la complicité du London Metal Exchange, la plus grande Bourse des métaux au monde.

▪ Combine en catimini
Pour une fois, c’est loin de la frénésie de Wall Street que Goldman a monté sa dernière combine. A Détroit, l’ancienne Mecque de la bagnole made in Etats-Unis, devenue une quasi-ville fantôme, la banque d’affaires a transformé des entrepôts en véritables usines à fric. Comment ?

En y entassant plus d’un million de tonnes d’aluminium industriel, soit près du quart des stocks mondiaux, qui ont atteint un record à cinq millions de tonnes en mai.

▪ Les loyers tombent tranquillement
Goldman encaisse donc des revenus de location, comme tout propriétaire immobilier ; à 41 cents par tonne et par jour, c’est toujours près d’un demi-million de dollars par jour ou 165 millions par année dans la poche.

Surtout que le loyer est encaissé même une fois que l’aluminium est vendu, donc plus la livraison prend du temps, plus Goldman encaisse de loyer. N’empêche que ces sommes demeurent des broutilles, pour les requins de Wall Street.

▪ Le vrai argent est produit autrement
Les entrepôts de Détroit génèrent des montagnes de cash en faisant de la rétention d’aluminium. Les règles du London Metal Exchange, la Bourse des métaux non précieux, permettent aux entrepôts de livrer une partie seulement de leurs stocks chaque jour, bien moins que ce qui entre dans ces bâtiments pour y être stocké. C’est un peu comme la combine des frères Hunt à la fin de l’année 1979, mais mise au goût du jour.

Entre janvier et fin juin de cette année, les entrepôts de Goldman (qui appartiennent à sa filiale Metro International Trade Service) ont fait rentrer 364 175 tonnes d’aluminium, alors que 171 350 en sont sorties, selon les statistiques du LME, révélées par Reuters.

Soit 42% des nouveaux stocks constitués dans le monde et 26% de l’aluminium livré sur la planète.

▪ Création d’un goulot d’étranglement artificiel = jackpot
En conservant plus longtemps le métal, Goldman Sachs crée un goulot d’étranglement. Les fabricants de canettes pour boissons et les constructeurs aéronautiques doivent attendre plus longtemps avant de recevoir leur aluminium. Conséquence : les prix sont artificiellement gonflés depuis des mois.

Manipulation des prix. Encore ! “Cela pousse les prix vers le haut pour les clients nord-américains. Et pas à cause d’une véritable pénurie sur le marché, mais pour un problème d’accès au métal… dans des entrepôts de Détroit”, déclare à Reuters Nick Madden, responsable de l’approvisionnement en aluminium chez Novelis, qui appartient à l’Indien Hindalco Industries Limited, l’un des plus importants consommateurs d’aluminium dans le monde.

Selon Madden, la dernière trouvaille de Goldman Sachs ajoute 20 $ à 40 $ au prix de l’aluminium, qui valait début septembre encore 2800 $ la tonne ; cela représente donc un surcoût de 120 à 240 millions de dollars par an pour l’industrie américaine, qui consomme plus de six millions de tonnes chaque année.

▪ Bien sûr, Goldman nage en plein conflit d’intérêts…
… en stockant d’énormes quantités de métal, tout en en faisant le commerce.

“C’est une honte, un simulacre de marché”, s’emporte Robin Bhar, analyste sur les métaux chez Crédit Agricole à Londres. “Cette situation avantage certaines entreprises et pénalise clairement les autres. C’est un souci important et je pense que les autorités de régulation devraient intervenir”.

Bien sûr, Goldman assure suivre scrupuleusement les règles du LME. Je leur fais confiance : leurs avocats sont les mieux payés du monde.

▪ Des intérêts bien compris
Quant à une intervention du régulateur, personne n’y a intérêt, et surtout pas le London Metal Exchange lui-même !

A partir d’avril 2012, le LME va doubler la quantité de métal qu’un opérateur devra livrer chaque jour, qui passera de 1 500 tonnes par jour et par ville à 3 000 tonnes ; cela ne changera rien, relèvent les analystes de Morgan Stanley dans une étude parue en juillet. Il suffira d’augmenter les quantités stockées à Détroit pour que le goulot d’étranglement se forme à nouveau.

Une solution efficace consisterait à interdire aux propriétaires de hangars de facturer des frais de location une fois que le métal a été vendu, peu importe le temps qu’ils mettent à le livrer. Mais le LME prélève 1% des coûts de location encaissés par les opérateurs comme Goldman Sachs. Plus important encore, le LME appartient aux grandes banques comme Goldman. Deux raisons qui expliquent son manque d’empressement à sévir.

▪ Zinc : même combat. Et devinez qui détient les hangars pleins de zinc ?
La même situation a déjà commencé à se reproduire sur le marché du zinc. Des entrepôts situés à La Nouvelle-Orléans abritent actuellement 61% des stocks mondiaux enregistrés par le LME.

Devinez qui possède ces hangars. Goldman Sachs bien sûr (ainsi que Glencore, l’un des principaux traders de matières premières au monde) !

En attendant, les métaux viennent de décrocher brutalement la semaine dernière. Mais cela ne changera pas la stratégie de Goldman, au contraire.