Pour Le Monde, il est plus grave de dénoncer les faits d’insécurité que de les commettre !

Giorgia Meloni

Il se pourrait bien que, dans un mois tout juste, l’Italie ait élu une femme à sa tête. C’est Giorgia Meloni, une Romaine de 45 ans que les sondages donnent gagnante. Elle est à la tête de Fratelli d’Italia, la coalition de droite qui rassemble également la Ligue de Matteo Salvini et les partisans de Silvio Berlusconi de Forza Italia.

Nos médias bien pensants détestent Giorgia Meloni et son slogan aux accents trumpiens : « Relever l’Italie. » Ils la décrivent en épouvantail d’extrême droite, « cheffe de file du parti post-fasciste » (sic), comme l’écrit Le Monde chaque fois qu’il la cite. Car ils en sont tous sûrs, la formation que dirige Giorgia Meloni est la « lointaine héritière du parti néofasciste ».

La preuve par l’info qui révulse aujourd’hui notre grande presse : « La candidate d’extrême droite Giorgia Meloni lance sa campagne des législatives sur un fait divers sordide. » Précisément : « La cheffe de file du parti postfasciste Fratelli d’Italia, favorite dans les sondages, a diffusé la vidéo d’un viol pour exploiter le thème de la sécurité », titre Le Monde. Le HuffPost s’indigne lui aussi : « En Italie, une campagne marquée par l’instrumentalisation d’une agression sexuelle. »

On pense à Papy Voise, le pauvre vieux dont le tabassage par des crapules, à la veille du second tour des présidentielles de 2002, est réputé avoir signé la perte de Lionel Jospin et la victoire de Jean-Marie Le Pen… Cette fois, le crime est affreux et la presse n’a pas assez de mots pour en qualifier l’horreur. Attention, on ne parle pas ici du viol d’une Ukrainienne de 55 ans par un Guinéen de 27 ans. Non, on parle de l’odieuse « instrumentalisation » qu’en a faite Giorgia Meloni alors que, écrit Le Monde (24/8/2022), « cet horrible fait divers aurait pu en rester là et faire l’objet de quelques lignes dans la presse » (sic). Ben oui. Quelques lignes ou même rien du tout. « Mais la scène, insoutenable, a été filmée par un témoin et publiée sur les réseaux sociaux. Une vidéo sitôt reprise par plusieurs quotidiens de la Péninsule, mais aussi, et surtout, par l’équipe de campagne de Giorgia Meloni […] qui y a vu un moyen d’exploiter son thème favori, « rétablir la sécurité dans nos villes ». »

Voilà qui constitue, nous dit-on, « un manquement à la dignité de la victime évoquant une séquence « indécente et sans pudeur »». Comment dire… Vous connaissez des viols décents et pudiques, vous ? Moi pas.

La classe politique italienne et même européenne est indignée. Moins par le viol, répétons-le, que par son exploitation : « Il n’est pas possible que la campagne électorale d’une grande démocratie, d’un des pays les plus importants du monde, arrive si bas. On ne se laissera pas emporter », dit le leader du Parti démocrate. Le responsable des Verts italiens renchérit : « Tout cela est inouï et honteux. Il n’y a aucun respect pour la douleur d’une femme qui a subi les pires violences, qui sont utilisées pour la propagande électorale. »

On apprend que la police a ouvert une enquête pour « diffusion illicite de vidéo », la victime ayant confié dans la presse « sa détresse après avoir été reconnue par des proches » (sic). D’où ce commentaire de la présidente de la commission d’enquête sur les féminicides au Sénat : Giorgia Meloni a rendu cette femme « victime une deuxième fois ».

Je résume :

1) Le désespoir de cette femme tiendrait au fait que son entourage a maintenant connaissance de ce qu’elle a subi et non au viol lui-même !

2) Le fait qu’un demandeur d’asile viole une femme en pleine rue apparaît ici parfaitement secondaire et aurait dû, au mieux, ne faire que quelques lignes dans la presse.

3) À l’évidence, pour les médias et la classe politique, il est donc infiniment plus grave de dénoncer les faits que de les commettre. CQFD.

On verra, le 25 septembre, ce qu’en pense le peuple italien.

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire