Rencontre avec Manu, éborgné lors de l’acte 53 des Gilets Jaunes

25/11/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Manuel, le Gilet jaune éborgné après un tir de grenade lacrymogène lors de l’acte 53 à Paris, est sorti de l’hôpital.

Pour Sputnik et accompagné de Jérôme Rodrigues, il a accepté de revenir sur cette journée de tensions et ses conséquences. Un reportage exclusif.


I-Média – Gilets Jaunes : médias et extrême-gauche gâchent l’anniversaire

22/11/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Les Gilets Jaunes ont fêté un an d’une mobilisation exceptionnelle par sa nature et sa longévité. Mais les violences de l’extrême gauche ont marqué les esprits à Paris, complaisamment relayées par des médias avides de diaboliser les Gilets Jaunes.


Gilets jaunes: Retour en images sur un an d’embrasement

20/11/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Le mouvement des Gilets jaunes a fêté son premier anniversaire dimanche 17 novembre.

Après des mobilisations record, depuis le 16 mars, le mouvement peine à rassembler, malgré un très large soutien de la part des Français.

Sputnik revient en images sur cette année de contestation inédite. Rétrospective.


Gilets jaunes : le général de Villiers sort du bois, par Ivan Rioufol

Général de Villiers

Enterrer les Gilets jaunes ? Pas si vite ! En apparence, l’essoufflement de la contestation signe sa fin. Samedi, 28.000 personnes ont répondu à l’anniversaire du mouvement, dont 4 700 à Paris. Ils étaient dix fois plus le 17 novembre 2018. Des scènes de violences urbaines, qui ont mis à sac la Place d’Italie à Paris, ont contribué à caricaturer la révolte populaire et à décourager ses sympathisants. Cette stratégie du chaos, menée par l’extrême gauche depuis des mois, est une aubaine pour le parti de l’Ordre. Dimanche, le premier ministre a ainsi pu assurer, droit dans ses bottes, que la “volonté de transformer” la France est “intacte”. Déjà, à l’issue de la première mobilisation motivée par la hausse des taxes sur le carburant, Edouard Philippe avait déclaré : “La trajectoire carbone, nous allons la tenir“.

Il avait alors annoncé pour le 1er janvier 2019 une augmentation de la taxe sur le diesel de 6,5 euros par litre, et de 2,9 centimes pour l’essence. Est-il besoin de rappeler la suite des événements et les reculades du gouvernement ? C’est à ce risque que s’expose à nouveau Philippe, quand il feint de considérer la colère française comme résorbée. En réalité, elle est toujours présente et ne demande qu’à renaître. Un de ses ressorts est justement la morgue de la macronie, qui persiste à vouloir “transformer” la France, alors que de nombreux citoyens attendent d’abord, au-delà de la fronde fiscale, d’être protégés d’une mondialisation qui fragilise les peuples et les civilisations. Le pouvoir ne semble pas vouloir comprendre que la concorde ne s’achètera pas avec de l’argent mais par une ouverture de la démocratie à ceux dont les voix demeurent inaudibles.

Une place est à prendre, pour celui qui saura conceptualiser et incarner ce rejet d’un monde dépassé, auquel Emmanuel Macron s’accroche avec de plus en plus de brutalité et l’autoritarisme des faibles. C’est dans ce contexte que se lit la postface du général d’armée Pierre de Villiers, à son dernier livre réédité ces jours-ci (1). Analysant la révolte des Gilets jaunes, il écrit : “Loin d’être un mouvement social de plus, elle a révélé une crise sociétale d’une grande ampleur“. Le militaire souligne “le sentiment d’éloignement croissant entre les dirigeants, quels qu’ils soient, et les citoyens, les salariés des entreprises, les membres des associations, etc. L’individu se sent ignoré, laissé-pour-compte, sans pour autant savoir qui décide vraiment de son sort“. Pierre de Villiers aurait-il, malgré ses démentis d’hier, une ambition présidentielle cachée ? En tout cas, il choisit de sortir du bois. Son éloge des chefs et de l’autorité dessine en creux ses critiques contre le chef de l’Etat, dont il fut un des collaborateurs.

Villiers écrit : “Nos élites sont parfois de bons tacticiens; ils sont souvent de piètres stratèges (…) Nos élites manquent de profondeur (…) Il nous manque des chefs qui incarnent une voix et fixent la voie“. Ce diagnostic n’est pas d’une folle originalité; il ne fait pas un programme électoral. Mais il a le mérite d’être plus lucide que les utopies universalistes et mercantiles dont se berce la macronie, envahie par son adoration d’elle-même. Les Gilets jaunes n’ont pas fini d’être la bête noire de la caste aux abois.

(1) Qu’est-ce qu’un chef ? Editions Pluriel

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes : un an après, quel avenir pour ce mouvement qui aura durablement marqué le quinquennat Macron ?

18/11/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ce week-end, le mouvement des Gilets jaunes « fêtait » sa première année d’existence. Révoltes fiscales, frondes sociales, jacqueries, révolutions, canuts, révoltes ouvrières et populaires, poujadisme, mai 68, etc. Notre passé compte plusieurs épisodes similaires et, à n’en pas douter, les Gilets jaunes s’inscrivent d’ores et déjà dans la continuité de cette tumultueuse histoire de France. Son ampleur et sa durée déroutent les observateurs, la nature des revendications, sa genèse et ses évolutions le rendent difficilement saisissable. Quand certains y voient la révolte du petit peuple contre ses élites déconnectées, le réveil de cette France périphérique décrite par Guilly et Michéa face aux saccages de la mondialisation, le sursaut du « petit blanc » déclassé qui ne veut plus mourir en silence ; d’autres se prennent à rêver du grand soir anticapitaliste, de VIe République girondine et de Commune l’emportant 150 ans après sur les forces versaillaises grâce à une convergence des luttes entre travailleurs « lepenisés », zadistes, syndicats et minorités bobos de Nuit debout. Et puis, il y a ceux qui qualifient les Gilets jaunes de dangereux extrémistes, envieux, éternels jaloux du succès des autres, haineux et casseurs.

Sans doute est-il encore trop tôt pour qualifier politiquement ce mouvement, sans doute les Français ne savent-ils pas eux-mêmes comment le cerner, toujours est-il que sa popularité reste très haute.

Malgré les casses, les pillages, les manques à gagner pour les commerçants, les Français dans leur majorité continue de soutenir ce mouvement. C’est ce que montre une récente enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. 69% des personnes interrogées trouvent le mouvement plutôt, voire tout à fait « justifié » alors que seuls 13 % des Français ne le trouvent au contraire « pas du tout justifié ». 58% des personnes interrogées trouvent que la mobilisation des Gilets jaunes a été « plutôt une bonne chose » pour « les gens comme [eux] ». L’institut Elabe a également sondé les Français sur leur adhésion aux revendications du mouvement. Si 55% des personnes interrogées approuvent la mobilisation des Gilets jaunes, 6 Français sur 10 s’opposent toutefois à un regain de mobilisation.

Un an après, les blessures subsistent et le pouvoir a tremblé

Plus de 10 000 personnes ont été retenues et entendues dans toute la France au cours des sept mois les plus intenses de manifestations. Moins de la moitié pourtant ont fait l’objet de poursuites. Ces mesures préventives ont contribué à ternir l’image des forces de l’ordre de même que l’usage de leurs armes. Mutilées par des grenades ou des tirs de LBD, plusieurs dizaines de manifestants ont vu leur vie basculer. 212 enquêtes ont été confiées par le procureur de la République de Paris à l’IGPN, 146 ont été clôturées. Parmi elles, 18 informations judiciaires sont à l’instruction et 72 procédures sont toujours en cours d’analyse au Parquet de Paris qui doit déterminer des suites à donner. Des chiffres qui frappent, à la mesure de la peur qui a soufflé sur la Macronie chaque samedi, plusieurs semaines d’affilé.

Pour ce premier anniversaire, entre 30 et 40 mille personnes ont défilé dans toute la France. « Macron je te déteste de tout mon cœur » pouvait-on lire sur un coussin en forme de cœur tenu par un manifestant place d’Italie, signe que les blessures sont loin d’être refermées.

La colère française révèle la fin d’un monde, par Ivan Rioufol

La colère française n’est pas éteinte. Un an après l’acte I des Gilets jaunes, le 17 novembre, le pays vit toujours un temps révolutionnaire. En apparence, les révoltés ont regagné les villes éteintes et les campagnes silencieuses. Leur désorganisation et leur récupération par l’extrême gauche ont découragé beaucoup d’exaspérés. Mais le pouvoir n’a rien fait, depuis, pour se rapprocher des Oubliés. Les quelques milliards d’euros débloqués n’ont pas répondu aux enjeux existentiels.

La marée protestataire s’est provisoirement retirée, mais elle laisse voir les vraies fractures. La rupture n’est plus entre la droite et la gauche, ni même entre ceux d’en haut et ceux d’en bas. Elle oppose les déracinés aux enracinés. De fait, les cités “populaires”, produits de quarante ans de politiques universalistes, ne se sont jamais senties solidaires de la France profonde, en dépit d’une semblable paupérisation. C’est pourquoi les espoirs de convergence de luttes, relancés ces jours-ci par la gauche radicale, ne sauraient être durables. Le rejet de l’idéologie mondialiste annonce la fin d’un monde.

La nouvelle idée universelle est portée par ceux qui, paradoxalement, se réclament de leurs racines, de leurs lieux. D’autres peuples, également menacés par la mondialisation, font valoir de semblables protections. Une économie innovante s’élabore déjà, dans la France modeste et débrouillarde. Elle se construit autour des notions de proximité, de solidarité, de partage. “Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires”, avait déclaré Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, en 2015.

Or ce monde-là, individualiste et matérialiste, ne fait pas rêver. L’erreur du chef de l’État a été de s’accrocher à un idéal postnational plébiscité par les seuls “winners”, soucieux de leurs intérêts financiers. Les injures que Macron et son parti de l’Ordre ont déversées sur les bouseux du 17 novembre ont révélé leur incompréhension des mutations sociétales. La guerre menée par le président contre les populistes a abouti à leur victoire. Pour preuve : le pouvoir n’ose plus bouger de peur d’enflammer le pays. En marche ! est à l’arrêt.

Le nouveau monde, que le chef de l’État croit encore symboliser en promettant de “réconcilier les Français avec la mondialisation”, s’est révélé être la mascarade annoncée ici dès les premiers pas du macronisme.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 novembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Octobre noir : la colère cerne la macronie, par Francis Bergeron

Une semaine noire sans précédent se prépare

La semaine noire qui s’annonce est un événement totalement inédit. La convergence des mécontentements va se manifester dans la rue, pendant plusieurs jours. Il y a là comme la conclusion d’une pratique gouvernementale détestable, et une réponse au « en même temps » d’un système à bout de souffle après deux ans et demi à peine aux manettes.

Le 2 octobre, les policiers battront le pavé. C’est une manifestation à l’initiative d’une vingtaine d’organisations syndicales. Cette « marche nationale de la colère » est très inquiétante pour le pouvoir macronien : elle confirme le fossé qui s’est creusé entre la police et son ministre de tutelle, le malaise qui règne au sein de ce corps, constamment montré du doigt, mobilisé pour des actions répressives qui vont souvent à l’encontre de ce que pensent profondément les policiers.

Depuis quelques jours, les mouvements sociaux annoncés à partir du 5 octobre prennent de l’ampleur. Les syndicats de la SNCF et de la RATP annoncent une entrée dans la grève illimitée à cette date, pour protéger leurs avantages acquis. En principe, face à ce genre de revendication, la droite se range du côté du pouvoir, par réflexe de bon sens, et par détestation du désordre. Le samedi 5 octobre, les Français de droite pourraient toutefois se sentir parfaitement neutres dans cette confrontation, considérant que les manifestations syndicales vont sanctionner d’abord une méthode, en l’occurrence la méthode Delevoye. La réforme des retraites, qui a valu à Delevoye une promotion ministérielle, se révèle une réforme parfaitement socialiste, consistant à prendre dans la caisse des systèmes bien gérés (par exemple, les professions libérales) pour renflouer les régimes en perdition. Quant aux professions privilégiées, il n’en est pas moins utopique de croire que l’on peut rejouer la nuit du 4 Août, abolir ces privilèges, d’un simple coup de baguette magique. Il faut du temps, il faut un pouvoir fort et cohérent, bénéficiant d’un large soutien populaire, susceptible de faire pression par sa capacité de conviction. Et il faut par-dessus tout de la subtilité. Nous sommes loin du compte.

Une profonde évolution du corps social

D’autres professions, comme les infirmiers et tous les oubliés de la France des 35 heures et des quatre jeudis vont profiter de ce jour de colère sociale pour se faire entendre. Et les Gilets jaunes ? L’acte XLVII de mobilisation pourrait être extrêmement spectaculaire, dans ce contexte.

Le dimanche 6 octobre, nous aurons la grande manifestation de révolte de ceux qui ne se résignent pas à la marchandisation des corps, à l’évolution vers l’eugénisme. Il s’agit d’une révolte spirituelle, familiale, sans doute moins violente dans la forme, mais c’est certainement la plus profonde de toutes ces révoltes, car elle touche au plus intime de chacun d’entre nous. Elle sanctionne une profonde évolution du corps social. Les communautés chrétiennes, notamment, se sentent devenir étrangères dans leur propre pays, et elles résistent difficilement à la tentation d’un « repli identitaire », pour préserver leurs fondamentaux. Si la mode, dans les mots, est à l’intégration (des étrangers, des « réfugiés », etc.), nous assistons en fait à une désintégration de la société, dont les manifestations de début octobre ne constituent sans doute que des signes avant-coureurs.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2019

Retraites : les fourmis se révoltent, par Ivan Rioufol

Les fourmis ne veulent pas payer pour les cigales. Ce lundi, les premières seront dans les rues de Paris pour protester contre la réforme des retraites : elle prévoit de leur faire les poches pour financer les secondes. Avocats, médecins, pilote, hôtesses, etc., n’entendent pas être essorés au nom de l’instauration d’un “système universel” qui viendrait colmater les déficits des régimes spéciaux et les incapacités de l’Etat à gérer des retraites équilibrées. Dans cette rébellion, menée par le collectif SOS Retraites, les 70.000 avocats sont plus particulièrement mobilisés. Alors que leur régime autonome – qui n’est pas un régime spécial – ne coûte pas un sous au contribuable, le pouvoir envisage de faire main basse sur ses deux milliards d’euros de réserves, gérées par la caisse nationale des barreaux. Dans cette perspective, les cotisations des avocats passeraient aussi de 14 à 28%, pour des redistributions moindres.

Pour sa part, vendredi dernier, la RATP a paralysé les transports parisiens pour défendre, elle, son régime spécial de retraite. Mais lui est financé à hauteur de 60% par l’argent public – donc par tous les autres citoyens. Ce régime permet un départ à la retraite à 57 ans, et même à 52 ans pour les roulants et les travailleurs en souterrain. La pension brute moyenne est de 3 705 euros mensuels, contre 2 206 euros pour un fonctionnaire d’Etat (chiffres de la Cour des Comptes). La cigale, qui vient se plaindre, est indéfendable.

L’injustice est l’aiguillon des révoltes populaires. L’insurrection des Gilets jaunes a été motivée par le sentiment d’iniquité partagé par une classe moyenne appelée à payer toujours davantage de taxes et d’impôts sans en percevoir les retours. La France périphérique est venue rappeler qu’elle valait autant d’attention que la France des cités, arrosée par les milliards de la “politique de la ville”. La solidarité nationale, principe sur lequel s’est construit l’Etat-providence dans la France homogène de l’après-guerre, est appelée à être de plus en plus contestée, dans une société qui ne cesse de se morceler. Dans un entretien au Figaro, vendredi, l’essayiste Denis Olivennes remarque : “Notre Etat-providence a engendré une égalité injuste“.

Plus gravement, le système redistributif en vient à avaliser des spoliations, en pénalisant les plus prévoyants au profit de ceux qui ont pris goût à vivre, comme à la RATP, au dépens de la collectivité. Or cette politique, qui est celle que veut suivre le gouvernement sur les retraites, ne peut être comprise dans sa brutalité. La France éclatée vit sur un volcan. Plutôt que de chercher à casser ce qui fonctionne et ne coûte rien à la collectivité, en s’en prenant aux régimes autonomes, le gouvernement ferait mieux d’inciter les cigales à imiter les fourmis.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 septembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes préparent leur rentrée

29/08/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Priscillia Ludosky, Gilet jaune, a commenté pour RT France la rentrée des Gilets jaunes, qui appellent déjà à manifester, après l’été et 9 mois après le début du mouvement.

Un appel à une grande manifestation prévue pour le 21 septembre prochain circule sur les réseaux sociaux.


Pour une convergence LMPT-Gilets jaunes, par Philippe Suvigny

Gilets jaunes

Le printemps 2013 et l’automne 2018 resteront attachés au souvenir de deux mouvements populaires aux espoirs déçus. Chacun a pensé pouvoir faire reculer le gouvernement, voire l’abattre. Chaque fois le gouvernement a résisté.

Rêvons un instant et transportons-nous en octobre prochain. À ce moment-là, le débat sur la PMA battra son plein, tandis que les gilets jaunes n’auront pas désarmé. Imaginons alors une foule additionnant les deux manifestations. Imaginons Paris avec deux millions de Français très en colère face à un gouvernement aux abois. Tout serait alors possible.

Revenons sur terre : un tel rassemblement est-il seulement envisageable ? Qu’y a-t-il de commun entre une France « beauf » noyautée par une extrême gauche ultra-violente et une bourgeoisie catho BCBG aussi attachée à son portefeuille qu’aux bonnes mœurs ?

Le piège est justement de tomber dans ces caricatures, volontairement véhiculées par l’oligarchie politique et médiatique. Les gilets jaunes « authentiques » des premières manifestations n’ont rien à voir avec l’extrême gauche. Quant aux cathos qui ont préféré voter Macron au mépris de leurs propres principes, ils seront absents des mobilisations contre la PMA.

En fait, et en dépit des apparences, opposants à la loi Taubira et gilets jaunes « historiques » constituent deux populations très proches, trop proches pour que l’oligarchie ait intérêt à le montrer.

La classe moyenne est la composante essentielle de chacun de ces mouvements. Certes, elle est plus rurale chez les gilets jaunes, plus citadine dans la manif pour tous. Les premiers vivent plus modestement, les seconds plus confortablement (provisoirement !). Mais, dans les deux cas, c’est cette même France qui croule sous les charges et les prélèvements. C’est cette même France qui sert de vache à lait à des millions d’assistés qui n’ont aucune volonté de s’insérer et vivent d’allocations et de trafics en tous genres. Et c’est cette même France qui supporte de plus en plus mal de voir les plus riches et les élites se dérober à leurs devoirs.

Que faut-il pour que la convergence se fasse ?

Les deux partis doivent d’abord comprendre qu’isolés, la victoire leur restera inaccessible. L’extrême gauche, avec la complicité du gouvernement, continuera à faire peser sa dictature chez les gilets jaunes. Quant à la manif pour tous, elle ne peut espérer l’emporter en se basant sur les mêmes méthodes qu’il y a cinq ans.

Chaque camp doit intégrer, au moins partiellement, les revendications de l’autre.

Les gilets jaunes doivent remonter à la cause la plus profonde des effets qu’ils déplorent, à savoir la décadence morale du pays. Les injustices matérielles qu’ils subissent ont leur source dans l’égoïsme et l’absence de principes moraux de l’oligarchie. Cette absence de principes est cause à la fois du système économique injuste de notre pays et des lois détruisant ses repères moraux et familiaux.

La bourgeoisie patriotique, fer de lance de la manif pour tous, doit être conséquente et prête à sacrifier ce qu’elle pense être ses intérêts matériels immédiats aux principes supérieurs qu’elle défend. Il est impossible de continuer à soutenir le modèle économique mondialiste et ultralibéral qui domine. En effet, ce modèle est cause d’injustices intolérables dont l’immoralité n’a rien à envier aux lois contre la famille.

Tous doivent comprendre que le remède fondamental est dans un retour aux racines chrétiennes et culturelles de notre pays.

L’oligarchie macronienne cherche délibérément à éloigner deux faces d’un même mouvement qui s’oppose à sa politique d’assassinat de la nation. Et pour cause : elle sait que leur union lui sera fatale !

À chacun d’agir en conséquence. Opposants à la PMA : tous en gilets jaunes les samedis ! Gilets jaunes : tous à Paris le 6 octobre !

Philippe Suvigny

Tribune reprise de les4verites.com

Les Gilets jaunes désespérés sont les plus beaux !, par Philippe Bilger

Je suis inconséquent, j’en ai conscience, mais qu’on me comprenne bien : cette multitude de samedis où les Gilets jaunes ont protesté pour démontrer qu’ils existaient et qu’on ne les ferait pas rentrer dans la boîte de leurs territoires perdus, ne me manquent pas. En revanche je continue à juger légitime leur révolte initiale et leur cause dans son principe.

Mais c’est la fin de leur contestation classique.

Avec son lot de violences, où j’inclus les tensions, les insultes et le harcèlement subis par les forces de l’ordre, et les violences illégitimes perpétrées par celles-ci et qui feront l’objet de renvois devant le tribunal correctionnel, voire d’instructions criminelles quand les enquêtes diligentées par l’IGPN auront livré leurs conclusions validées ou non par le Parquet.

Une minorité de Gilets jaunes souhaite que s’ouvre une nouvelle phase à partir du 22 juin, qui reviendrait à mener une politique de blocages partout : raffineries, grandes surfaces, entreprises et administrations (Huffington Post).

On peut y voir le souci d’inventer des modalités de lutte plus opératoires mais, plus profondément, une tentative sans doute désespérée de ne pas laisser mourir la flamme, comme un chant du cygne s’efforçant encore de se faire entendre. Peut-être le désir aussi de ne pas laisser s’éteindre, entre eux, une fraternité qui n’était pas que celle de la misère ou des fins de mois difficiles mais tenait aussi à la conscience d’une humanité retrouvée, restaurée dans sa dignité et son utilité.

Parce que, si je n’ai jamais sous-estimé les réponses quantitatives que le pouvoir leur a concédées et, avant, le Grand débat national qu’ils ont imposé au président, aussi habile qu’ait été son exploitation par ce dernier, je constate qu’il ne s’est pas agi d’un pactole pour les GJ – l’état de la France n’aurait pas été en mesure de l’octroyer – mais qu’on a tenté de les combler avec de la générosité verbale, une surabondance d’excuses démocratiques, une certaine reconnaissance pour n’avoir menacé qu’avec le vent du boulet…

Ils n’ont pas pu ignorer, en même temps que l’expression d’un grand ouf de soulagement, qu’on se repentait, qu’on n’avait pas compris, qu’on n’avait rien vu venir. Même l’épouse du président a apporté sa pierre à cette contrition générale, pour elle-même et pour nous persuader encore davantage de la sincérité et de la lucidité tardive, l’effervescence apparemment dissipée, d’Emmanuel Macron (RTL). Il y a un peu de condescendance dans cette désolation républicaine offerte avec profusion parce qu’elle ne coûte rien.

On perçoit à chaque instant, dans les discours, dans l’assurance retrouvée, dans les mesures projetées, que le pouvoir a repris la main, qu’une page atypique et donc plus inquiétante que les conflits orthodoxes, a été tournée.

Car, pour le reste, même là où leurs revendications citoyennes avaient du sens – non pas réduire la démocratie représentative mais l’amplifier avec l’instauration d’un RIC qu’il aurait fallu aménager – ils n’ont pas été entendus. On s’est contenté de leur tendre un RIP pour les apaiser, rendu immédiatement plus facile mais rapidement corseté pour éviter à l’avenir la mésaventure liée à la privatisation très discutée d’ADP.

C’est donc peu, infiniment peu qui résulte de ces sept mois. Je ne crois pas que le début des blocages, si le mot d’ordre est respecté, suscitera comme un second souffle et en tout cas je doute que l’Etat, les GJ à terre, se préoccupe de leur sort à venir. Il ne reprendra pas sur son métier une tâche que tout lui désigne comme terminée.

Les GJ manqueront à très peu de monde si on exclut leurs irréductibles partisans mais je m’étonne d’éprouver une sorte d’inquiétude crépusculaire à l’idée que le pouvoir oublie vite, trop vite, les leçons que leur France a enseignées – d’abord celle que le bas et le haut n’ont aucun sens en République et que la politique est de servir équitablement, au regard de leurs besoins respectifs, le premier comme le second.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Alors que les Gilets jaunes se sont mobilisés pour un acte 32, le succès du média de réinformation RT qui couvre honnêtement le mouvement dérange les médias dominants

24/06/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ils étaient plusieurs milliers de Gilets jaunes à se mobiliser une nouvelle fois pour l’acte 32. Des dizaines de blocages ont été recensés dans toute la France. Jérôme Rodriguez et Éric Drouet se sont rejoints au péage de Senlis. Le port de Saint-Malo a été paralysé jusqu’à l’intervention des gendarmes. Plusieurs centaines de Britanniques à bord d’un navire se sont retrouvés coincés : malheureusement pour eux, ils ont dû attendre 3 heures pour le grand débarquement.

La propagande, cela marche, mais la réinformation aussi : depuis la crise des Gilets jaunes, l’audience de la chaîne russe francophone RT a doublé

C’est ce qu’a révélé une récente enquête de Vanity Fair parue le 19 juin dernier. Mieux encore, RT s’est hissée en tête des médias français sur la plateforme vidéo Youtube. Ses reportages mis en ligne ont été vus 23 millions de fois, près du double de l’audience cumulée de quatre institutions comme Le Monde, Le Figaro, L’Obs et le Huffington Post sur le même sujet.Mais cette enquête de Vanity Fair n’a pas incité le journal à commencer enfin à informer véritablement les gens sur les Gilets jaunes.

Alors que nous sommes en pleine loi Avia, l’objectif recherché comme toujours a été la désinformation.

À aucun moment, l’auteur de l’enquête ne peut admettre que si RT a gagné en audience, c’est parce que la chaîne a communiqué des vérités factuelles sur Gilets jaunes. D’ailleurs, RT a relayé en direct tout l’acte 32 à Paris. L’auteur impute le succès de la chaîne aux moyens financiers injectés par Moscou (30M€ annuels), à la mise en œuvre d’une campagne de propagande pro-Poutine efficace, et aussi à une stratégie qui consiste à « Montrer que tout va pour le pire en occident ».
Dans une même démarche de désinformation, Youtube met en-dessous des vidéos de RT la mention « financé partiellement ou entièrement par le Gouvernement russe ». Verra-t-on jamais de telles indications financières sous les vidéos Youtube du journal Nice-Matin par exemple ?