Pour une convergence LMPT-Gilets jaunes, par Philippe Suvigny

Gilets jaunes

Le printemps 2013 et l’automne 2018 resteront attachés au souvenir de deux mouvements populaires aux espoirs déçus. Chacun a pensé pouvoir faire reculer le gouvernement, voire l’abattre. Chaque fois le gouvernement a résisté.

Rêvons un instant et transportons-nous en octobre prochain. À ce moment-là, le débat sur la PMA battra son plein, tandis que les gilets jaunes n’auront pas désarmé. Imaginons alors une foule additionnant les deux manifestations. Imaginons Paris avec deux millions de Français très en colère face à un gouvernement aux abois. Tout serait alors possible.

Revenons sur terre : un tel rassemblement est-il seulement envisageable ? Qu’y a-t-il de commun entre une France « beauf » noyautée par une extrême gauche ultra-violente et une bourgeoisie catho BCBG aussi attachée à son portefeuille qu’aux bonnes mœurs ?

Le piège est justement de tomber dans ces caricatures, volontairement véhiculées par l’oligarchie politique et médiatique. Les gilets jaunes « authentiques » des premières manifestations n’ont rien à voir avec l’extrême gauche. Quant aux cathos qui ont préféré voter Macron au mépris de leurs propres principes, ils seront absents des mobilisations contre la PMA.

En fait, et en dépit des apparences, opposants à la loi Taubira et gilets jaunes « historiques » constituent deux populations très proches, trop proches pour que l’oligarchie ait intérêt à le montrer.

La classe moyenne est la composante essentielle de chacun de ces mouvements. Certes, elle est plus rurale chez les gilets jaunes, plus citadine dans la manif pour tous. Les premiers vivent plus modestement, les seconds plus confortablement (provisoirement !). Mais, dans les deux cas, c’est cette même France qui croule sous les charges et les prélèvements. C’est cette même France qui sert de vache à lait à des millions d’assistés qui n’ont aucune volonté de s’insérer et vivent d’allocations et de trafics en tous genres. Et c’est cette même France qui supporte de plus en plus mal de voir les plus riches et les élites se dérober à leurs devoirs.

Que faut-il pour que la convergence se fasse ?

Les deux partis doivent d’abord comprendre qu’isolés, la victoire leur restera inaccessible. L’extrême gauche, avec la complicité du gouvernement, continuera à faire peser sa dictature chez les gilets jaunes. Quant à la manif pour tous, elle ne peut espérer l’emporter en se basant sur les mêmes méthodes qu’il y a cinq ans.

Chaque camp doit intégrer, au moins partiellement, les revendications de l’autre.

Les gilets jaunes doivent remonter à la cause la plus profonde des effets qu’ils déplorent, à savoir la décadence morale du pays. Les injustices matérielles qu’ils subissent ont leur source dans l’égoïsme et l’absence de principes moraux de l’oligarchie. Cette absence de principes est cause à la fois du système économique injuste de notre pays et des lois détruisant ses repères moraux et familiaux.

La bourgeoisie patriotique, fer de lance de la manif pour tous, doit être conséquente et prête à sacrifier ce qu’elle pense être ses intérêts matériels immédiats aux principes supérieurs qu’elle défend. Il est impossible de continuer à soutenir le modèle économique mondialiste et ultralibéral qui domine. En effet, ce modèle est cause d’injustices intolérables dont l’immoralité n’a rien à envier aux lois contre la famille.

Tous doivent comprendre que le remède fondamental est dans un retour aux racines chrétiennes et culturelles de notre pays.

L’oligarchie macronienne cherche délibérément à éloigner deux faces d’un même mouvement qui s’oppose à sa politique d’assassinat de la nation. Et pour cause : elle sait que leur union lui sera fatale !

À chacun d’agir en conséquence. Opposants à la PMA : tous en gilets jaunes les samedis ! Gilets jaunes : tous à Paris le 6 octobre !

Philippe Suvigny

Tribune reprise de les4verites.com

Les Gilets jaunes désespérés sont les plus beaux !, par Philippe Bilger

Je suis inconséquent, j’en ai conscience, mais qu’on me comprenne bien : cette multitude de samedis où les Gilets jaunes ont protesté pour démontrer qu’ils existaient et qu’on ne les ferait pas rentrer dans la boîte de leurs territoires perdus, ne me manquent pas. En revanche je continue à juger légitime leur révolte initiale et leur cause dans son principe.

Mais c’est la fin de leur contestation classique.

Avec son lot de violences, où j’inclus les tensions, les insultes et le harcèlement subis par les forces de l’ordre, et les violences illégitimes perpétrées par celles-ci et qui feront l’objet de renvois devant le tribunal correctionnel, voire d’instructions criminelles quand les enquêtes diligentées par l’IGPN auront livré leurs conclusions validées ou non par le Parquet.

Une minorité de Gilets jaunes souhaite que s’ouvre une nouvelle phase à partir du 22 juin, qui reviendrait à mener une politique de blocages partout : raffineries, grandes surfaces, entreprises et administrations (Huffington Post).

On peut y voir le souci d’inventer des modalités de lutte plus opératoires mais, plus profondément, une tentative sans doute désespérée de ne pas laisser mourir la flamme, comme un chant du cygne s’efforçant encore de se faire entendre. Peut-être le désir aussi de ne pas laisser s’éteindre, entre eux, une fraternité qui n’était pas que celle de la misère ou des fins de mois difficiles mais tenait aussi à la conscience d’une humanité retrouvée, restaurée dans sa dignité et son utilité.

Parce que, si je n’ai jamais sous-estimé les réponses quantitatives que le pouvoir leur a concédées et, avant, le Grand débat national qu’ils ont imposé au président, aussi habile qu’ait été son exploitation par ce dernier, je constate qu’il ne s’est pas agi d’un pactole pour les GJ – l’état de la France n’aurait pas été en mesure de l’octroyer – mais qu’on a tenté de les combler avec de la générosité verbale, une surabondance d’excuses démocratiques, une certaine reconnaissance pour n’avoir menacé qu’avec le vent du boulet…

Ils n’ont pas pu ignorer, en même temps que l’expression d’un grand ouf de soulagement, qu’on se repentait, qu’on n’avait pas compris, qu’on n’avait rien vu venir. Même l’épouse du président a apporté sa pierre à cette contrition générale, pour elle-même et pour nous persuader encore davantage de la sincérité et de la lucidité tardive, l’effervescence apparemment dissipée, d’Emmanuel Macron (RTL). Il y a un peu de condescendance dans cette désolation républicaine offerte avec profusion parce qu’elle ne coûte rien.

On perçoit à chaque instant, dans les discours, dans l’assurance retrouvée, dans les mesures projetées, que le pouvoir a repris la main, qu’une page atypique et donc plus inquiétante que les conflits orthodoxes, a été tournée.

Car, pour le reste, même là où leurs revendications citoyennes avaient du sens – non pas réduire la démocratie représentative mais l’amplifier avec l’instauration d’un RIC qu’il aurait fallu aménager – ils n’ont pas été entendus. On s’est contenté de leur tendre un RIP pour les apaiser, rendu immédiatement plus facile mais rapidement corseté pour éviter à l’avenir la mésaventure liée à la privatisation très discutée d’ADP.

C’est donc peu, infiniment peu qui résulte de ces sept mois. Je ne crois pas que le début des blocages, si le mot d’ordre est respecté, suscitera comme un second souffle et en tout cas je doute que l’Etat, les GJ à terre, se préoccupe de leur sort à venir. Il ne reprendra pas sur son métier une tâche que tout lui désigne comme terminée.

Les GJ manqueront à très peu de monde si on exclut leurs irréductibles partisans mais je m’étonne d’éprouver une sorte d’inquiétude crépusculaire à l’idée que le pouvoir oublie vite, trop vite, les leçons que leur France a enseignées – d’abord celle que le bas et le haut n’ont aucun sens en République et que la politique est de servir équitablement, au regard de leurs besoins respectifs, le premier comme le second.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Alors que les Gilets jaunes se sont mobilisés pour un acte 32, le succès du média de réinformation RT qui couvre honnêtement le mouvement dérange les médias dominants

24/06/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ils étaient plusieurs milliers de Gilets jaunes à se mobiliser une nouvelle fois pour l’acte 32. Des dizaines de blocages ont été recensés dans toute la France. Jérôme Rodriguez et Éric Drouet se sont rejoints au péage de Senlis. Le port de Saint-Malo a été paralysé jusqu’à l’intervention des gendarmes. Plusieurs centaines de Britanniques à bord d’un navire se sont retrouvés coincés : malheureusement pour eux, ils ont dû attendre 3 heures pour le grand débarquement.

La propagande, cela marche, mais la réinformation aussi : depuis la crise des Gilets jaunes, l’audience de la chaîne russe francophone RT a doublé

C’est ce qu’a révélé une récente enquête de Vanity Fair parue le 19 juin dernier. Mieux encore, RT s’est hissée en tête des médias français sur la plateforme vidéo Youtube. Ses reportages mis en ligne ont été vus 23 millions de fois, près du double de l’audience cumulée de quatre institutions comme Le Monde, Le Figaro, L’Obs et le Huffington Post sur le même sujet.Mais cette enquête de Vanity Fair n’a pas incité le journal à commencer enfin à informer véritablement les gens sur les Gilets jaunes.

Alors que nous sommes en pleine loi Avia, l’objectif recherché comme toujours a été la désinformation.

À aucun moment, l’auteur de l’enquête ne peut admettre que si RT a gagné en audience, c’est parce que la chaîne a communiqué des vérités factuelles sur Gilets jaunes. D’ailleurs, RT a relayé en direct tout l’acte 32 à Paris. L’auteur impute le succès de la chaîne aux moyens financiers injectés par Moscou (30M€ annuels), à la mise en œuvre d’une campagne de propagande pro-Poutine efficace, et aussi à une stratégie qui consiste à « Montrer que tout va pour le pire en occident ».
Dans une même démarche de désinformation, Youtube met en-dessous des vidéos de RT la mention « financé partiellement ou entièrement par le Gouvernement russe ». Verra-t-on jamais de telles indications financières sous les vidéos Youtube du journal Nice-Matin par exemple ?

Gilets jaunes : retour en chiffres sur les six mois de mobilisation

gilets jaunes

17/05/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Le mouvement des Gilets jaunes dure depuis maintenant six mois depuis la première mobilisation, le 17 novembre 2018.

Depuis cette date, des dizaines de milliers de manifestants battent le pavé chaque samedi pour réclamer plus de justice fiscale et sociale.

Retour en chiffres sur ces six mois de crise.


Gilets Jaunes : « La gauche m’a tué ! »

Gilets jaunes

Une gauche, toutes forces confondues, au dessous de la barre des 30 %… Tel est l’intéressant scénario qui se dessine dans la perspective des élections européennes et qui amplifiera le mouvement de recomposition politique qui s’est ouvert en 2017. Il est important de noter, cependant, que si la gauche est rentrée dans un processus d’effondrement historique qui rappelle celui du PCF au début des années 90, elle détient encore un véritable pouvoir de nuisance qui s’exerce principalement sur les classes populaires et moyennes. Elle n’a plus la puissance de convaincre et d’entraîner, mais elle peut encore détruire et pourrir.

Autopsie d’un hold-up réussi

Ce pouvoir de nuisance a montré tout son potentiel avec le mouvement des Gilets jaunes. La gauche a magistralement récupéré, dévié et stérilisé un mouvement de contestation unique en son genre, car issu de la base, jailli spontanément hors des institutions traditionnelles – partis, syndicats ou monde associatif subventionné…

La séquence politique que nous avons vécue ces derniers mois restera comme un modèle exemplaire d’un processus de sabotage d’un mouvement populaire, à étudier dans les universités et les écoles de communication. Les médias, nous l’avons déjà vu, ont joué un rôle central dans cette affaire, en dégradant l’image des Gilets jaunes par la manipulation de la perception des violences et la mise en avant quasi systématique de personnalités Gilets jaunes porteuses d’un discours gauche-compatible. Le but principal – commun à la gauche, au pouvoir en place et aux médias – étant, prioritairement, d’empêcher la montée en force de la question migratoire.

Par petites touches successives, entre slogans, éléments de langage répétitifs, mots d’ordre et infiltration dans les manifs, la gauche a enfermé le soulèvement populaire dans une forme de contestation centrée sur la question sociale, axée sur l’ISF et les cadeaux faits aux riches. Elle a, au passage, sciemment occulté le fait essentiel que la révolte des Gilets jaunes exprimait d’abord un rejet du poids écrasant des prélèvements obligatoires et de l’appauvrissement général des revenus du travail, plutôt qu’un désir de s’en prendre aux « riches ». Un désir de revalorisation du travail qui dénonce les violences d’un capitalisme prédateur, mais qui vise également ceux qui sont perçus comme des profiteurs malfaisants du système : politiques, syndicalistes, figures médiatiques et journalistes donneurs de leçons, hauts-fonctionnaires ou administrations impotentes ou répressives.

Un mouvement anti-système, donc, qui va bien au-delà d’une simple lecture sociale de lutte des classes que la gauche a réussi à imposer alors que – paradoxe suprême – le pouvoir de gauche, sous toute ses formes, est un acteur majeur du système depuis des décennies. Oubliés, en chemin, la démocratie directe, le RIC et, surtout, la crise identitaire.

La gauche en tant que supplétif du mondialisme libéral

Ainsi, avec une certaine naïveté, la représentante de La France Insoumise, Danièle Simonnet, ne vantait-t-elle pas sur les plateaux de télé l’action de LFI pour empêcher sur le terrain la montée en force de la question de l’immigration parmi les Gilets jaunes.

L’enfermement dans une contestation sociale dénaturée d’un côté, et, de l’autre, une censure totale de la question identitaire… Voilà de quoi, à coup sûr, couper le mouvement de sa base initiale, pour le ramener à un événement normalisé de parade cégétiste !

L’image d’un Philippe Martinez, énervé et décontenancé, lors de la manif du 1er mai, en dit long sur la perte de repère de la nomenklatura de gauche face à la colère de la France d’en bas. D’un rire amer, les derniers Gilets jaunes « canal historique » pourraient bientôt dire : « La gauche m’a tué ! »

Lire la suiteGilets Jaunes : « La gauche m’a tué ! »

I-Média – 1er Mai sous haute-tension médiatique

1er Mai sous haute-tension médiatique

07/05/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours dominant.

Gilets Jaunes, Black blocs et syndicats étaient attendus au tournant par les médias qui relayaient l’idée que Paris deviendrait la capitale de l’émeute. Finalement, les incidents ont été contenus.


XXVe édition de la manifestation des Gilets jaunes

06/05/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Les Gilets jaunes continuent à mettre la pression sur le gouvernement. Selon le décompte du ministère de l’Intérieur, ils étaient 19.000 manifestants en France, dont 1500 à Paris. Les Gilets jaunes ont en comptabilisé 40.000 en France. Quelques échauffourées avec les forces de l’ordre ont fait cinq blessés coté manifestants à la Roche-sur-Yon. La préfecture de Vendée annonçait une dizaine d’interpellations et huit gardes à vue.

Trois personnes ont été interpellées à Montpellier. A Bordeaux, « six interpellations mais pas de dégradations » a précisé la préfecture.

A Paris la préfecture fait état de dix personnes interpellées dont trois gardes à vue.

Les pouvoirs publics notent une baisse sensible du nombre des manifestants. Ceci peut être expliqué par la forte mobilisation du 1er mai et à Paris par le mauvais temps. Ce qui n’enlève aucune force à ce mouvement profond de contestation populaire.

Pour l’acte 25, le monde de la culture a apporté son soutien aux Gilets jaunes face au gouvernement

Pour cet acte 25, 1.400 personnalités comme Juliette Binoche, Emmanuelle Béart ou Annie Ernaux, ont signé une tribune sur le site du journal Libération. Cette tribune s’intitule : « Gilets jaunes : nous ne sommes pas dupes ! ». Les signataires y saluent « un mouvement que le pouvoir cherche à discréditer et réprime sévèrement alors que la violence la plus menaçante est économique et sociale ». Les signataires ont rappelé la légitimité des revendications fiscales, politiques et économiques du mouvement. Selon eux, le mouvement « réclame des choses essentielles : une démocratie plus directe, une plus grande justice sociale et fiscale, des mesures radicales face à l’état d’urgence écologique ».

Macron dans l’impasse du chaos, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron semble sincère quand il parle des Français en colère : “J’ai entendu, compris, senti dans ma chair ce qu’ils vivent.” C’était le 25 avril, lors de sa première conférence de presse à l’Élysée. En réalité, la grandiloquence du Narcisse blessé expose sa propre souffrance, causée par l’irritation qu’il suscite. Le président est trop fin pour ne pas l’avoir compris : c’est son diagnostic sur l’état de la société qui se révèle erroné. L’impasse est là. Sa faute initiale, martelée ici depuis son hold-up électoral il y a deux ans, est d’avoir fait du populisme un repoussoir. Or les aspirations populaires sont éminemment respectables quand elles attendent plus de démocratie pour les humbles, moins d’arrogance chez les puissants.

Quand Macron, l’autre jour, fait l’éloge de l’enracinement, il oublie qu’il déclarait il y a un an aux catholiques : “Ce ne sont pas les racines qui importent, c’est la sève.” Sa nouvelle ode à l’”art d’être français” se heurte à son affirmation de 2017 : “Il n’y a pas de culture française.” “Je peux mieux faire”, a-t-il promis cette fois. Mais où est, chez lui, la pensée limpide ?

Attention ! La colère française est toujours là. Le 1er Mai l’a rappelé. Les 17 milliards d’euros que le gouvernement a lâchés, au total, pour tenter d’éteindre la révolte des “gilets jaunes” ne suffiront pas à acheter la paix sociale. La crise n’est pas seulement économique et sociale, comme le soutient le chef de l’État avec son “état d’urgence”. L’enjeu est de “répondre au sentiment d’exclusion d’une partie de la population” (Gérard Larcher, président du Sénat).

Le gouvernement, qui a décidé lundi d’accélérer le rythme des réformes, n’a rien réglé de la crise de la démocratie, clé de voûte de l’insurrection des Oubliés. En refusant d’accéder à la demande, formulée lors du grand débat, d’un référendum d’initiative citoyenne, même encadré, et en n’octroyant que 20 % de proportionnelle pour de futures élections législatives, le président a pris le risque d’attiser le chaos né des frustrations de trop de citoyens marginalisés. Les prochaines élections européennes pourraient devenir le prétexte à un vote sanction contre un pouvoir en mal d’idées claires.

L’entourloupe se dessine à mesure que l’Élysée joue sur les mots, obscurcit ses desseins, se campe dans le centrisme savonneux du “en même temps”.

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pourquoi la France reste volcanique, par Ivan Rioufol

Rien ne sera plus comme avant“, a promis Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement. “Je peux mieux faire“, avait dit préalablement le chef de l’Etat, lors de sa conférence de presse de jeudi dernier. En réalité, un homme ne change jamais vraiment. D’ailleurs, en prenant ce jour-là une posture gaullienne – le président assis derrière un bureau, surplombant les journalistes conviés à l’Elysée – Emmanuel Macron s’est donné à voir, à nouveau, en monarque républicain. Or le peuple en colère ne veut plus de cette démocratie confisquée, qui persiste à vouloir écarter une partie des Français de la maîtrise de leur destin. Tout sonne faux quand le chef de l’Etat feint de redécouvrir la nation, les frontières, le besoin d’enracinement, l’art d’être Français.

Ces thèmes-là ne seront jamais mieux défendus que par les populistes qu’il a désignés comme ses ennemis. Son “patriotisme inclusif” dit son insincérité : l’inclusion est ce nouveau mot du politiquement correct qui permet d’enterrer l’assimilation et l’intégration au profit d’un modèle de société multiculturelle. L’inclusion dissimule une bombe à retardement, en invitant les communautés à se développer sans contraintes ni modèles imposés.

Il faut avoir le toupet de Macron pour oser affirmer : “Nous sommes en train d’inventer une nouvelle forme de démocratie“, tout en refusant le référendum d’initiative citoyenne, même encadré, et en n’octroyant que 20% de proportionnelle pour de futures élections législatives. En revanche, rien n’est plus démagogique que de proposer de supprimer l’ENA ou d’instituer, dès juin, une assemblée citoyenne sur la transition écologique grâce au tirage au sort de 150 Français. Comme le rappellent ce lundi, dans Le Figaro, des pétitionnaires qui s’alarment sur la précipitation du pouvoir à rebâtir Notre Dame : “L’exécutif ne peut se passer d’écouter les experts“. Ce ne sont pas les élites en elles-mêmes qui posent problème; elles sont nécessaires au bon fonctionnement de la société. Le drame français est dans l’incapacité des puissants à comprendre les plaintes de ceux d’en bas.

Aujourd’hui, on ne reconnaît plus ce qu’est devenue la France“, s’est désolée Ségolène Royal, ce matin sur RTL. Mais ce sont tous ces dirigeants qui ont mis le pays dans cet état, en refusant d ‘écouter les lanceurs d’alerte. Tant que cette fracture entre les dirigeants et les citoyens ne sera pas résorbée, la France restera volcanique. Macron ne comprend rien à son époque, c’est-à-dire au retour des peuples (1).

(1) André Bercoff, Le retour des peuples, Hugo-Doc

Ivan Rioufol

Texte daté du 18 avril 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Olivier Maulin : « J’espère que les élites paieront un jour pour certaines trahisons ! »

élites et populismes

30/04/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Les Gilets jaunes, un phénomène « miraculeux » ? Oui, selon le journaliste et romancier Olivier Maulin, qui cible durement les élites aujourd’hui au pouvoir dans un brûlot titré « Le populisme ou la mort ».

Entretien choc avec le chroniqueur Edouard Chanot.


Des Gilets jaunes blessés créent « les mutilés pour l’exemple »

Des « Gilets jaunes » blessés créent « les mutilés pour l'exemple »

30/04/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Des manifestants blessés, appartenant pour la plupart aux « Gilets jaunes », s’étaient réunis dimanche 28 avril à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Ils ont décidé de créer le collectif « les mutilés pour l’exemple », en référence directe aux fusillés pour l’exemple.

Ils réclament la vérité, la justice et l’interdiction des armes dites sublétales. Ils appellent à une grande manifestation nationale à Paris le 26 mai


Les Français peu convaincus par le discours de Macron

29/04/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par Haris, selon lequel 63% des Français ne croient pas aux mesures annoncées par l’Élysée jeudi dernier, et 80% ne les croient pas capables de calmer les Gilets jaunes.

L’annonce de la baisse des impôts, pour 5 milliards d’euros, avait pourtant de quoi réjouir ainsi que l’annonce de la ré-indexation des retraites modestes. Mais où trouver le financement sinon par une augmentation de la dette publique sans dépasser le seuil des 3%, chers à Bruxelles ?

Quant à la réduction des dépenses publiques, il en a été très peu question avec, au contraire, l’annonce du maintien de 120.000 postes de fonctionnaires et la réduction à 24 élèves des classes du primaire et de maternelle.

Et sur le plan des institutions ?

La diminution annoncée du nombre de députés fait débat et l’introduction de 20% de proportionnelle a plutôt les faveurs des partis d’opposition. Quant à la participation citoyenne, Macron préfère assouplir le RIP, référendum d’initiative partagée, en abaissant le seuil des signatures de 4 millions à un million.

Quant au CESE, le Conseil Économique, Social et Environnemental, dont l’existence même est remise en cause, il s’ouvrira à des Français « tirés au sort », ce qui est loin de satisfaire les partisans du RIC, le référendum d’initiative citoyenne, cher aux Gilets jaunes.

Enfin, le locataire de l’Élysée semble reconnaître les dangers de ce qu’il a nommé « l’Islam politique ». Sans doute, les récents attentats du Sri Lanka y sont pour quelque chose. Macron va même jusqu’à reconnaître qu’il faut des frontières sûres pour l’Union européenne et qu’il faut songer à réformer Schengen.

Pour Mélenchon, Macron « aggrave la crise par ses déclarations » et pour Marine le Pen, « le président ne changera rien », a-t-elle déclaré sur les ondes.

Des casseurs sachant casser, par Jean-Gilles Malliarakis

blacks blocs

Nous assistons en France, en ce moment, à une remise en cause systématique des élites. À de nombreux égards, cette chronique pourrait s’en réjouir, se séparant de la pensée unique commune à nos technocrates et oligarques. Plus encore que les bobos et autres adeptes de la bourdieuserie gauchiste nous nous consacrons à la critique de l’idéologie dominante.

Certains pourraient donc se contenter du constat des blocages et des fractures de notre société. Mais on invoque trop souvent ces raisons pour excuser l’inacceptable, et notamment certaines formes de contestation indignes d’un pays libre.

Aujourd’hui, la crise ouverte par les gilets jaunes se voit récupérée par les blacks blocs. On tombe par où l’on penche. Et ce qui pourrait ne sembler, désormais, qu’un pathétique psychodrame entend ouvertement devenir la répétition d’un processus révolutionnaire.

Or, le succès de tout scénario insurrectionnel suppose, comme préalable, la liquidation, le discrédit et la démoralisation des forces susceptibles de lui résister. Un casseur sachant casser, un pilleur sachant piller doit pouvoir détruire sans policier pour l’entraver, sans juge pour appliquer effectivement le Code pénal. Il s’agit d’une condition nécessaire, quoique non suffisante, pour aboutir au fameux “coup de poing à un paralytique”.

On ne citera ici qu’un seul exemple. On peut le considérer comme le premier d’une longue série au fil de ce que nous appelons l’Histoire moderne. En Angleterre, la dictature de Cromwell, ne devint possible, après 15 années d’opposition à l’impôt, qu’en 1640, date de la condamnation du ministre Strafford, éxécuté avec le contreseing du roi. En 1642, le malheureux Charles Ier, qui avait lâché son principal conseiller, fut lui-même chassé de Londres. Il mourra sur l’échafaud en 1649. Son dernier mot devrait retentir aux oreilles de quiconque entend s’opposer à la dictature, à la destruction et aux guerres civiles : Remember.

Les conservateurs, contrairement à la légende qui les dépeint en hommes du passé, oublient trop facilement. Ils souhaitent réconcilier, ils entendent reconstruire, ils pardonnent et s’emploient à rassembler. Au contraire, la mémoire gauchiste n’efface rien des expériences antérieures des grands ancêtres, qu’elle vénère. Les erreurs des prédécesseurs ? Leurs crimes ? Ils sont supposés ne pas correspondre à l’Utopie. “Ce n’était pas cela le vrai communisme”. Toute la suite de cette chaîne de mouvements semblables, fonctionne comme une répétition et une réplique, proprement démoniaque[1]. Un Dostoïevski l’annonçait. Dès 1871, il pouvait décrire par avance le régime totalitaire qui fut imposé à la Russie de 1917 à 1989, et le processus qui allait conduire, à son avènement sanglant.

Il suffit de lire aujourd’hui l’efficace, l’insidieuse et fielleuse propagande, produite chaque jour par les médias sous couvert d’une information toujours biaisée, autour des violences de ces dernières semaines, pour s’en rendre compte.

Un nouveau tournant s’est ainsi précisé ce 20 avril, 23e samedi consécutif de manifestation des gilets jaunes, par conséquent au 5e mois de leur mobilisation multiforme et interminable.

Ne sous-estimons pas les déprédations, à nouveau commises ce jour-là. Brûler des scooters, après avoir brisé des vitrines ou pillé des épiceries, revient à s’en prendre la plupart du temps au moyen de transport et de travail d’un jeune travailleur, d’une infirmière, d’un Français ordinaire, dont on se moque d’empoisonner la vie : ce simple mépris de la vie d’autrui[2] augure bien la nature du régime tyrannique qu’on projette de substituer à un pouvoir, effectivement médiocre, mou et flou.

Ne perdons, non plus, pas de vue, que ces actes, viennent très clairement de l’ultragauche. Ils signent l’évacuation[3] par celle-ci de ce qu’on appelle l’ultradroite, dont les méthodes et les perspectives restent fondamentalement antagonistes[4]. Même le quotidien de la pensée unique Le Monde se voyait contraint de le reconnaître, la veille de cet acte XXIII.

Car, en ce beau samedi, est apparu l’affreux slogan “Suicidez-vous“. Il fut lancé aux policiers, scandé par un groupe de bolcheviks vêtus de jaunes. Il aura mérité de marquer l’opinion au moins autant que telles autres violences.

Ce mot d’ordre a suscité l’indignation légitime, exprimée, de tous bords, face à l’ignominie de cette nouvelle montée de haine comme la France en a trop connu depuis le XVIIIe siècle, temps des Lumières, dit-on. D’Éric Ciotti à Christophe Castaner en passant par la présidente du RN, tous ont su trouver des mots à peu près justes.

La formulation de Mme Nathalie Loiseau[5] paraît cependant curieuse. Elle met en parallèle le slogan avec l’un des lieux – place de la République – où il fut exprimé : « Comment tenir de tels propos, fait-elle mine de se demander, là où si souvent les Français se sont rassemblés dans la dignité et en hommage à la République ? Cette foule n’est pas le peuple. » Elle semble donc ignorer comme sont nées, en France, les républiques qui se sont succédé depuis plus deux siècles.

Déjà en 1762, Jean-Jacques Rousseau, observait dans le Contrat social : “Quand l’État se dissout, l’abus du Gouvernement quel qu’il soit prend le nom commun d’anarchie. En distinguant, la Démocratie dégénère en ochlocratie.” Ce mot savant désignait par avance la dictature de la foule des sans-culottes. Car, 30 ans plus tard, à partir d’août 1792, sa prophétie se réalisa et aboutira en septembre à la proclamation de la Première république.

Madame Loiseau, ancienne directrice de l’ENA, peut bien manifester son ignorance de l’Histoire. Les émeutiers la lui rappelleront.


[1] Lire la meilleure traduction, par Boris de Schoelzer, “Les Démons”. Le roman, véritable testament politique de Dostoïevski, étant ordinairement connu sous le titre des “Possédés” qu’a retenu Albert Camus en le mettant à la scène. Disponible en poche, on doit regretter que l’excellente introduction écrite en 1955 par Pierre Pascal pour la Pléiade, ait été remplacée, par la collection Folio, en 1997, par une préface psychanalytique nullissime, politiquement plus correcte, signée de Mme Marthe Robert.
[2] cf. sur l’Allemagne de l’Est , le film “La Vie des autres”
[3] cf. article “Gilets jaunes : moins mobilisés, toujours aussi visibles, 5 mois après, où en est le mouvement ?”
[4] cf. article “Gilets jaunes : le 1er décembre, le jour où tout a basculé avec la « prise » de l’Arc de triomphe”
[5] Objet, par ailleurs, d’une polémique ridicule dans laquelle elle s’enferre.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Michel Thooris : “Suicidez-vous ! : un slogan d’une infime minorité qui fait de la haine du flic son fonds de commerce !”

Samedi dernier, lors de l’acte XXIII des gilets jaunes, certains individus ont scandé ce slogan « Suicidez-vous » à destination des forces de l’ordre. Un phénomène nouveau ? Propre aux gilets jaunes ? Qui sont ces individus qui manifestent ainsi leur hostilité envers la police et les gendarmes ?

Réaction de Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police, au micro de Boulevard Voltaire.

Des Gilets jaunes ont crié ‘’ suicidez-vous’’, lors du dernier acte. Comment avez-vous réagi en voyant cette séquence ?

Il faut remettre les choses dans leur contexte. Je ne pense pas qu’on puisse parler de Gilets jaunes, mais plutôt d’individus qui s’infiltrent et qui profitent du mouvement des Gilets jaunes pour faire entendre leur petite musique. Cela me rappelle étonnamment les slogans des événements que nous policiers avons connu au moment du mouvement de Nuit debout et des manifestations contre la loi El Khomri en 2016. Un noyau de personnes était toujours présent dans ces mouvements. Il insultait la police, appelait au meurtre contre la police et accusait la police nationale de tous les maux de cette société. Ces individus-là sont exactement les mêmes qui opèrent au sein du mouvement des Gilets jaunes. Une infime minorité de personnes, de crasseux n’ont d’autres buts dans la vie que de faire entendre leur petite musique extrêmement perverse et dangereuse pour la démocratie.

Cette ‘’haine du flic’’ est une constante dans toutes les manifestations. Elle n’est pas imputable à la manifestation elle-même, mais plutôt à des groupes isolés ?

Des groupes de personnes mènent un combat contre la police nationale. Ces individus s’infiltrent lors des manifestations, quelles qu’elles soient, pour faire entendre leur petite musique. Cela concerne une certaine classe politique, une certaine élite au niveau du show-business. Ils exploitent systématiquement le moindre événement d’ampleur médiatique pour essayer de faire entendre à l’opinion publique que la police serait violente, commettrait des bavures et serait anti-républicaine.

Vous ne nommez pas de groupuscules, mais on serait tenté de penser que vous faites allusion aux Blacks blocs…

Le black blocs en tant que tel n’est pas un courant de pensée, philosophique ou politique. C’est une technique de guérilla urbaine pour affronter des forces de l’ordre. Les blacks blocs sont composés de courants politiques ou philosophiques. Ils regroupent les antifas, les anarchistes, etc. Toute cette mouvance radicale de gauche va constituer le black bloc. Au sein de cette mouvance radicale, des différents groupes, des individus parmi les plus radicaux, font de la ‘’ haine du flic’’ un de ses principaux fonds de commerce de leur petite boutique.

Pourrait-on imputer la hausse des suicides dans la police à la sur-sollicitation des forces de l’ordre en raison de la multiplication des manifestations ?

La pression mise sur les collègues est inédite sous la Ve République. Ils subissent une pression extrêmement forte en termes d’horaire ou en termes d’exécution des missions. Ils sont toujours en porte à faux par rapport à l’obligation de répondre aux ordres qui leur sont donnés et dans le même temps le risque de mise en cause individuelle pour faute lorsqu’ils appliquent les ordres de l’autorité préfectorale.
S’ajoute à ce contexte-là, les problèmes récurrents de la police nationale. Je veux parler du manque de moyens et d’effectifs connus depuis des années et les problèmes de management et de rapport entre la hiérarchie et les collègues de base. Ce cocktail explique l’explosion du nombre de suicides au sein de notre profession.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

53% des Français pensent que les médias ont mal couvert le mouvement des gilets jaunes

enquête gilets jaunes et médias

Le Journal du Dimanche du 9 mars 2019 a publié une enquête (commune avec France Télévisions et Radio France) sur le traitement des gilets jaunes par les médias, un bilan peu flatteur révélé par le sondage de Viavoice.

Trop favorable à l’exécutif

Plus du tiers des sondés (35%) pensent que les médias ont donné plutôt la parole à l’exécutif. Par ailleurs 15% comprennent les agressions dont ont été victimes les journalistes dans les manifestations. Remarquons au passage que les agressés sont souvent des journalistes reporters indépendants ou en CDD qui se trouvent au bas de l’échelle de la profession et n’ont strictement aucune influence sur les images qui sont passées à l’antenne.

Confiance et attentes

71% des sondés font confiance à l’information qu’ils ont trouvé eux-mêmes dans les médias, confirmant la défiance instinctive devant ce qui leur est proposé. Les deux tiers attendent en priorité que les médias vérifient les informations et la moitié attendent des informations utiles au quotidien et révélant des faits choquants ou illégaux. Près du quart estiment inutile de lire les médias officiels en ligne et s’informent sur les réseaux sociaux.

Critique des médias

Les deux tiers des sondés pensent que les journalistes sont trop près des pouvoirs politiques et économiques comme des actionnaires des médias. Plus intéressant encore quasi les trois quarts pensent que les médias ne donnent pas la parole à tous les points de vue de manière équitable. Il n’est pas absolument certain que les Assises du journalisme qui viennent de se terminer à Tours (et où ces résultats ont été présentés) tirent tous les enseignements de cette étude, mais on peut toujours espérer.

Texte repris du site de l’OJIM