PARLER : le libre réseau social tué par les GAFA

réseau PARLER

PARLER est un réseau social clone de Twitter. Fondé en 2018 ce nouveau site propose quasiment les mêmes fonctionnalités que Twitter à ceci près que la censure y est très limitée. Les seuls contenus explicitement proscrits sont ceux à caractère pornographique. John Matze est l’entrepreneur américain à la tête de ce projet. Il a été financé et propulsé en grande partie grâce au soutien de la famille milliardaire Mercer, connue pour son soutien envers le camp républicain avant d’être sabordé par Amazon son hébergeur avec l’aide de Google et de Facebook.

Un réseau indépendant

L’objectif de John Matze était de créer un réseau social indépendant de la politique de censure des GAFA afin que la liberté d’expression soit préservée. Il est vrai qu’aux États-Unis la liberté d’expression est (était ?) bien plus large qu’en France même si la censure sur internet est à peu près la même et c’est bien cette censure que l’entrepreneur voulait combattre.

Dans un monde gouverné par la bien-pensance, le simple fait de se méfier des GAFA est pratiquement vu comme du complotisme. Dans ce contexte, leur mener une guerre ouverte en étant officiellement soutenu par des milliardaires pro Trump c’est le sommet de la subversion. Le réseau sera combattu dès son origine par les libéraux (au sens américain, de gauche) tandis que ses soutiens proviendront essentiellement des gens de droite. C’est ainsi que les étiquettes « extrême droite », « complotistes » ou encore « suprémacistes » vont lui coller aux basques, vouant ce site aux gémonies par le camp du Bien.

Un réseau conforté par les censures des autres

Le réseau social a très lentement grandi pendant environ 18 mois en voyant sa croissance (aux Etats-Unis essentiellement) faire de nouveaux bonds chaque fois qu’une nouvelle personnalité de droite s’y inscrivait et chaque fois que Twitter ou Facebook provoquait un nouveau scandale par une censure.

PARLER a ainsi grimpé progressivement jusqu’à 2,8 millions d’utilisateurs en juillet 2020 ; ce qui reste très faible en comparaison de géants comme Twitter ou Facebook, mais l’actualité de la présidentielle américaine devait lui donner un sacré coup de fouet. Les scandales d’accusations de tricheries et de fraudes en tout genre ont fait exploser la censure des GAFA à l’encontre de Trump et de ses soutiens. C’est ainsi qu’un très grand nombre d’utilisateurs ont commencé à migrer sur PARLER afin de pouvoir échanger librement et sans peur de la toute puissante et oppressante bien-pensance. Le réseau a alors connu une croissance incroyable passant à 4 millions d’utilisateurs en septembre 2020 puis 10 millions en novembre et enfin près de 15 millions en janvier 2021.

Les GAFA contre attaquent

Tout ceci a fortement déplu aux GAFA qui, non content de supprimer définitivement les comptes Twitter, YouTube et Facebook de Donald Trump (à la suite de la manifestation qui a tourné à la prise du Capitole le 6 janvier 2021) ont décidé d’empêcher PARLER de prendre le relais. Ils ont pour cela accusé le réseau d’être complice et d’avoir permis aux extrémistes de s’organiser pour participer à la prise du capitole. C’est ainsi que Google et Apple ont simplement retiré l’application de leurs magasins respectifs tandis qu’Amazon (qui est l’hébergeur des données de PARLER) a coupé l’accès au site pour tous ses utilisateurs depuis lundi 11 janvier sous prétexte de « prolifération de menaces de violences et d’activités illégales ».

Samedi 9 janvier l’application PARLER était encore la plus téléchargée sur l’AppStore. John Matze ne s’est pas laissé faire et a immédiatement déclaré qu’il était « possible que le réseau social ne soit pas accessible sur Internet durant une semaine au plus ». « Nous allons tout faire pour trouver un nouveau fournisseur rapidement » ; il ajoute : « Amazon, Google et Apple ont fait cela dans un effort coordonné en sachant que nos options seraient limitées et que cela nous infligerait le plus de dommages possibles au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech ».

Piratage des « Social Justice Warriors »

Pour PARLER ce n’est pas la fin du cauchemar puisque parallèlement à ce blackout imposé par les GAFA, des pirates informatiques ont réussi à voler plus de 70 To de données sur les utilisateurs du réseau social, y compris des données privées, même parfois de géolocalisation ainsi que des contenus qui étaient pourtant supposés avoir été supprimés. Toutes ces données ont ensuite été publiées par ces pirates de gauche (style Social Justice Warrior) qui, en toute transparence, déclarent agir ainsi dans le but de dénoncer les extrémistes qui avaient organisé la prise du Capitole le 6 janvier et afin qu’ils paient pour leurs actes. Un comportement qui rappelle celui des antifas en France.

John Matze a porté plainte contre Amazon, comparant la censure de ce dernier à un médecin qui « débranche un malade sous assistance respiratoire », mais il est difficile de savoir si PARLER survivra à ses déboires. In fine la leçon est claire : les GAFA se considèrent comme propriétaires de l’information, ils sont devenus des plateformes de surveillance et veulent désormais filtrer toute information contraire aux intérêts matériels et moraux du monde libéral libertaire. Il devient impératif que d’autres réseaux hors GAFA se développent : Signal, Telegram, VK (russe), Gab, Olvid (français et tout nouveau), Heypster… et d’autres. Les plus agiles et respectueux de la liberté survivront. À suivre.

Texte repris du site OJIM

Jean-Yves Le Gallou sur la censure : « C’est un coup d’État mondial de Facebook et Twitter ! »

Dans un entretien accordé à Boulevard Voltaire, Jean-Yves Le Gallou fustige la censure opérée par les réseaux sociaux qui empêche la liberté de débat. Sans cette libre confrontation des opinions, pas de démocratie.

Grande purge
Boulevard Voltaire : À la suite des évènements qui se sont passés au Capitole où des militants pro Trump ont pris d’assaut le bâtiment, les réseaux sociaux ont mis en place une sorte de grande purge. Le compte de Donald Trump qui comptait plusieurs dizaines de millions d’abonnés a sauté et de nombreux d’autres comptes, liés au parti républicain américain, mais aussi en France liés à des positions plus conservatrices ont été suspendus du réseau social. Que se passe-t-il et pourquoi est-ce grave ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est une censure gravissime puisque toute censure empêche la liberté de débat. S’il n’y a pas de liberté de débat et de libre confrontation des opinions, il ne peut pas y avoir de démocratie puisqu’il n’y a qu’une seule opinion qui peut s’exprimer. On ne veut pas non plus arriver à approcher la vérité parce que dans la conception européenne de la vérité et en dehors des dogmes religieux, ne peut être livré que ce qui peut être librement confronté à une opinion contraire. Par conséquent, nous sommes dans une démarche absolument obscurantiste. De plus, cette censure n’est pas décidée par la justice avec un minimum de protection, mais par des grandes compagnies privées qui ont pris le pouvoir. C’est un coup d’État mondial des grandes entreprises mondiales en particulier Facebook et Twitter. Nous avons maintenant des dictateurs qui décident de ce que l’on doit savoir ou pas et de ce que l’on doit penser ou pas.

Un système totalitaire
Boulevard Voltaire : Suite à cette décision de Twitter, de nombreux comptes ont migré vers l’application Parler. Cette dernière est un peu le pendant républicain de Twitter. Cette application a été virée de toutes les plateformes qui l’hébergeait que ce soit Amazon, Android ou Apple. Les gens n’ont simplement plus le droit de s’exprimer…

On voit le mal absolu que représentent ces grandes entreprises oligopolistiques. Au fond, il suffit de trois ou quatre entreprises pour décider pour l’ensemble du monde occidental. Cela va tout à fait à l’inverse de ce qui a été internet à l’origine. Le principe qui régnait sur internet était la neutralité du net. Le net est un canal qui transmet des informations de différentes sortes, mais qui ne juge pas les informations qui les laisse circuler, à chacun de ceux qui y ont accès pour se faire leur propre opinion. On fait confiance à l’intelligence individuelle et à l’esprit critique individuel, alors que là ce sont quelques très grands oligarques qui décident pour le monde entier. C’est un système totalement totalitaire.

Boulevard Voltaire : La censure qu’a opérée Twitter, serait-elle la loi Avia qui a été appliquée sans le concours du gouvernement, mais bien une initiative privée des GAFAM ?

La loi Avia visait à donner aux entreprises privées la possibilité de censurer sans passer par la justice pour tout ce qui serait considéré comme un discours de haine ou une contre-vérité. Cela suppose qu’il y ait quelqu’un qui détienne la vérité absolue. C’est évidemment une conception qui n’est pas compatible avec la manière dont nous avons abordé la question en dehors des dogmes religieux.

Les règles sont totalement arbitraires puisqu’elles s’appliquent aux uns et pas aux autres. Par exemple, Twitter a censuré le compte de Donald Trump, mais garde toujours celui du président pakistanais, du président turc ou d’autres personnes engagées dans des guerres ou des violences. Cela ne les gêne pas.

Texte repris du site Boulevard Voltaire

La censure des Gafa, danger pour la démocratie, par Ivan Rioufol

Le coup d’Etat est celui de la Silicon Valley. Ses ardents défenseurs de la mondialisation viennent de révéler leur mépris des oppositions : seules priment leurs convictions. Si la démocratie est ébranlée, c’est à cause des Gafa : Google, Apple, Facebook, Amazon ont interdit l’expression de Donald Trump sur leurs réseaux sociaux. L’assaut du Capitole (Washington) le 6 janvier par des extrémismes convaincus de s’être fait voler leurs votes pro-Trump restera bien sûr comme un épisode lamentable, ayant causé la mort de cinq personnes. Mais voir en cette révolte l’équivalent de la prise du Palais d’Hiver de 1917 contre les Romanov ou de la Nuit de Cristal menée par les nazis en 1938 revient à alimenter l’hystérie anti-Trump : elle n’aura jamais cessé depuis son élection il y a quatre ans.

Les Démocrates en sont à espérer sa destitution avant la passation des pouvoirs le 20 janvier. Certains fanatiques anti-Trump brandissent la menace d’une guerre nucléaire déclenchée par dépit par le président sortant. Pourtant, Karl Marx avait prévenu : “L’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme une tragédie, la deuxième fois comme une farce”. La prise du Capitole par des clowns et des allumés restera une farce. Elle n’aura duré qu’une poignée d’heures. Plus grave en revanche est la prétention des nouveaux maîtres du monde d’y faire régner leur ordre.

Hier, le JDD d’Arnaud Lagardère, dont le groupe média vient d’obtenir d’Emmanuel Macron un prêt garanti par l’Etat de 465 millions d’euros, a justifié sur deux pages la décision de Twitter de fermer le compte personnel de Trump (88,7 millions d’abonnés) en rappelant les contenus les plus outranciers de 25 messages. Ce lundi, la presse française ne s’attarde pas sur cette censure invraisemblable, qui rejoint celles décidées par Facebook et Instagram.

Le site alternatif Parler vient également d’être exclu par Google, Apple et Amazon. La réserve est venue ce lundi, sur France Inter, de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, qui s’est heureusement dit “choqué” de ces initiatives. “La régulation des géants du numérique ne peut pas et ne doit pas se faire par l’oligarchie numérique elle-même“. Reste que c’est le gouvernement auquel il appartient qui s’entête à vouloir traquer la “haine” en ligne, sans se préoccuper des atteintes aux libertés d’expression qu’induisent ces conceptions moralisatrice du débat. La prise du Capitole est le symptôme d’une crise de la démocratie. Elle oppose les mondialistes aux patriotes, les déracinés aux enracinés. Cette crise est partout palpable, notamment en France. Or, en interdisant la parole “populiste”, les opérateurs privés se comportent comme des autocrates. Ils sont un danger pour la démocratie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Infox : pour RSF, ni les GAFA, ni la loi Avia, ne nuiraient à la liberté sur internet

L’ONG Reporters sans frontières (RSF), habituée à publier des classements sur la liberté de la presse et sur bien d’autre sujets connexes, vient de dévoiler une nouvelle liste, celle des 20 plus importants “Prédateurs numériques de la liberté de la presse” en 2020.

Prédateur numérique ?

Par “prédateur numérique”, l’ONG entend évoquer des “entités dont l’activité est assimilable à une prédation envers le travail journalistique” et représentant un “danger évident pour la liberté d’opinion et d’expression”. Ces dernières peuvent être “infra-étatiques, privées, informelles” et agissent essentiellement sur les réseaux sociaux mais aussi, vis-à-vis des messageries instantanées, des boites mails et de tout ce qui concerne internet en général. Elles peuvent aussi être étatiques.

RSF a classé ces 20 prédateurs selon quatre catégories, ceux qui “harcèlent”, ceux qui pratiquent la “censure d’État”, ceux qui “désinforment” et ceux qui “espionnent et surveillent”.

En dehors de l’Occident : harcèlement, censure et désinformation pratiqués par les États

Avec du recul, on constate que les trois premières catégories, “harcèlement”, “censure d’État” et “désinformation” regroupent tout un ensemble de structures plus ou moins étatisées et non occidentales, et la dernière catégorie, “espionnage et surveillance”, des structures privées basées dans des pays occidentaux.

Dans ces trois catégories, RSF pointe du doigt, l’Inde avec les “Yoddhas de Modi” qui “trollent” sur les réseaux sociaux pour servir le parti nationaliste au pouvoir en Inde, le pouvoir algérien et ses mouches électroniques, Bolsonaro et son “cabinet de la haine”, l’Iran et son Conseil suprême du cyberespace, etc.

La Russie est évidemment mentionnée, et plus d’une fois contrairement à tous les autres (sauf l’Inde). RSF dénonce les “armées de trolls du Kremlin” qui diffusent de “fausses informations”, “publient des informations personnelles” et “diffament”. Est aussi mis en avant le Roskomnadzor (l’autorité fédérale de contrôle des communications et des médias russes), ce dernier bloquant des sites internet et applications.

En résumé, la majorité des pays dits autoritaires y passent (Chine, Arabie saoudite, Vietnam, Soudan, etc.) et les habituelles cibles “populistes”, les gouvernements brésilien et russe. Il faut attendre la dernière catégorie pour entendre parler des pays européens et des États-Unis.

En Occident : espionnage et surveillance, mais uniquement par des structures privées

La partie sur l’espionnage et la surveillance ne parle plus que de l’Occident. Mais hormis la localisation qui diffère, ce ne sont plus que des structures privées qui sont mentionnées ici. On retrouve les logiciels de NSO Group (basé en Israël), Memento Labs (Suisse, Italie, Arabie saoudite), Zerodium (États-Unis), Mollitiam Industries (Espagne) et Gamma (Allemagne).

La prédation numérique serait donc étrangère à toutes les structures étatiques situées dans ces pays et en particulier en France. La loi Avia sur la “haine sur internet” ?

Par ailleurs, rien sur les Sleeping giants ni sur la censure des GAFA ? Tous ces mouvements liberticides n’auraient rien à voir avec la “prédation numérique” et ne seraient pas un danger pour “la liberté d’opinion et d’expression” ? Sourd, aveugle, mais pas muet, le rapport de RSF sous cet aspect constitue une infox de première grandeur. Note finale : 5/20, insuffisant, à refaire.

Article repris du site OJIM

Menaces présentes et futures sur la liberté d’expression, les GAFA en première ligne

Le 21 novembre 2019, Claude Chollet Président de l’Observatoire du journalisme, a donné une conférence à Prague dans le cadre du « Free Media Forum », organisé par les autorités russes. Vous trouverez ci-dessous le texte revu en français de cette conférence donnée en anglais.

Totem et tabou

En 1913 Freud publie son ouvrage Totem et tabou sur les structures primitives d’appartenance et leur prégnance. Pour faire partie de la tribu vous devez en partager les tabous. Partageant les tabous, vous révérez les mêmes totems, vous appartenez au groupe. Les médias dominants français partagent les mêmes tabous et adorent les mêmes totems. En simplifiant, 70 à 80% des journalistes et des médias qui les emploient partagent au moins trois tabous : l’immigration, l’Islam et l’insécurité.

Il est impossible d’évoquer dans les médias mainstream les effets négatifs de l’immigration extra-européenne, que ce soit sur le plan économique, culturel ou démographique. Il en est de même pour les sujets se référant à l’Islam ou à l’insécurité ou aux liens entre ces différents paramètres.

Habitus mon beau souci

L’habitus telle que définie par Pierre Bourdieu représente le système symbolique qui permet à un individu de se comporter en société pour y être intégré. L’habitus indique à l’individu le comportement conforme aux cadres acceptés de sa catégorie sociale. L’habitus n’est pas une loi écrite, c’est un ensemble d’attitudes, de comportements sémantiques, de choses dont on peut parler, de celles dont on ne peut pas parler y compris la manière dont on peut les évoquer. Le processus est largement inconscient.

La majorité des médias français ont un habitus progressiste que l’on peut appeler libéral libertaire. Défier cet habitus progressiste peut faire de vous un paria sur le plan professionnel. Cette situation est largement entretenue par les actions des GAFA.

Comment les GAFA influencent le journalisme

Il est inutile d’épiloguer sur le pouvoir des GAFA. Google domine le marché des moteurs de recherche et avec Facebook ils collectent à deux entre 70 et 80% des recettes publicitaires digitales. Amazon étouffe ses concurrents dans la distribution et son propriétaire investit dans la presse. Facebook, avec Instagram et WhatsApp, a plus de 2,5 milliards d’utilisateurs. Apple, Amazon et Facebook dominent le marché des enceintes intelligentes, recueillant ainsi encore plus de données sur leurs clients.

Je ne parlerai pas de la mode des fake news/infox ; pour notre sujet remarquons que les GAFA ont saisi ce prétexte pour s’engouffrer dans le contrôle de l’information via de multiples opérations de « fact checking », la vérification des faits et le recours aux données massives. Je vous en donnerai quelques exemples, la liste n’est pas limitative.

Pour lire la suite, c’est ici !

Radio Thermopyles : chasse aux Roms dans le 93 et censure par les GAFA

03/04/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Radio Thermopyles est un nouveau média qui se propose de diffuser régulièrement des émissions traitant de l’actualité sous un angle identitaire.

Dans ce numéro, l’émission s’intéresse aux thématiques suivantes :
– Chasse aux Roms dans le 93
– Article 13 et la question de la censure par les GAFA