On a trouvé les coupables : les réseaux sociaux !, par Gabrielle Cluzel

Ça y est, l’enquête est bouclée, on a trouvé les coupables : les réseaux sociaux ! Gabriel Attal l’a dit sur BFM TV : « Les réseaux sociaux ont une responsabilité, on doit arriver à mieux les encadrer. »

Laetitia Avia, dont la loi a été retoquée par le Conseil constitutionnel, saute sur l’occasion, pour le marteler d’un ton revanchard (Le Parisien) : « Cette tragédie prouve que réguler les réseaux sociaux est nécessaire. » Christophe Barbier surenchérit (BFM TV) et apporte des astuces pratiques imparables : « Il faut relancer la loi Avia […] que l’on peut remettre sur l’établi, en changeant s’il le faut la Constitution. Le texte peut passer très vite à l’Assemblée et au Sénat. On fait un congrès. Profitons, si j’ose dire, de cette tragédie pour faire une loi Avia validée constitutionnellement. » C’est vrai, pourquoi se gêner.

Gérald Darmanin envisageait, ces jours derniers, de la même manière d’interdire les feux d’artifice, utilisés par les délinquants en tirs de mortier – et pourquoi pas, non plus, les frigos, autres armes de destination, que les policiers se prennent aussi régulièrement sur la tête en banlieue ? Les couteaux pourraient aussi tout à fait être retirés de la circulation. Un pays où il n’y aurait plus que des cuillères – l’inocuité des fourchettes n’étant pas parfaite – serait certainement beaucoup plus pacifique. Il suffirait que tout soit mixé. Après tout, avec le couvre-feu, c’est l’heure du dîner de tous les Français qui s’est alignée sur les EHPAD, pourquoi ne pas en faire autant avec le contenu des assiettes.

Prétendre sauver la liberté d’expression – dont le professeur d’histoire supplicié de Conflans-Sainte-Honorine est devenu un symbole – en appelant de ses vœux une loi pour la limiter, c’est osé, mais ça se tentait, ils l’ont fait. Michel Audiard a, paraît-il, une théorie sur le sujet.

Rappelons que, dans son inventaire initial des « idéologies haineuses », la loi Avia citait textuellement « l’islamophobie » – vous auriez cherché en vain, en revanche, la christianophobie. Laetitia Avia, sous le feu des critiques, avait finalement décidé de lui substituer le mot… « anti-musulman ». Mais vous n’y auriez pas trouvé pas celui d’antichrétien, cela va sans dire.

Rappelons encore que Samuel Paty a été accusé d’être islamophobe mais aussi anti-musulman : inviter les enfants susceptibles d’être choqués à sortir a été dénoncé par « certains » comme une forme de stigmatisation. Et c’est cette dénonciation qui l’a condamné.

Bref, si l’on s’en tient aux critères et à la logique de la loi Avia, c’est Samuel Paty qui véhiculait une idéologie haineuse, pas ceux qui le livraient en pâture sur les réseaux sociaux et, ce faisant, le condamnaient à mort.

On les voit venir. Au prétexte de lutter contre les islamistes, ce sont les lanceurs d’alerte qui vont être censurés.
De la même façon, des écoles hors contrat au-dessus de tout soupçon – catholiques, juives, Montessori… – seront ensevelies sous les tracasseries administratives jusqu’à devoir définitivement fermer, tandis que les islamistes pourront tranquillement continuer de tisser leur toile hégémonique dans l’école publique… déjà, d’aucuns le découvrent avec stupeur, considérablement investie. Loin d’avoir réglé le problème de l’islamisme, on aura au contraire soigneusement étouffé les quelques foyers de résistance.

Ils prétendent être Charlie mais préfèrent faire semblant de ne pas avoir entendu ces mots terribles, récents, de Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, sur RTL : « Tout le monde nous a “lâchés”, les grands intellectuels, les journaux bien-pensants… parce qu’ils avaient peur ! Ils avaient pas peur des cathos intégristes […] mais ils avaient peur des musulmans intégristes. Donc, ils ont dit “Pourquoi on ne dit rien contre les musulmans intégristes” -… ben… euh… tiens, parce que c’est raciste ! »

Lâcheurs et lâches, ils forment, en somme, la lâchosphère. Et ceux qu’ils nomment avec mépris fachosphère – dans Libé, il y a même une rubrique dédiée – sont l’œil de Caïn qui les poursuit sur les réseaux sociaux… ce qu’ils voudraient à toute force voir cesser. À chacun de juger quelle consonne est la plus infamante.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Pas plus de 100 km pour éviter les « brassages de population »… et si on reparlait des frontières ?

Au mois de décembre, on sort de sa boîte le confit de canard. Au mois de mai, on déverrouille le couvercle du confit de Français. Enfin, on l’entrouvre. Pas plus de 100 km, essentiellement pour aller au boulot. Mais n’est-ce pas là la vraie liberté, mes chéris ? Arbeit macht frei, comme disaient d’autres grands confineurs historiques de Français.

Youpi ! Le formidable progrès, et c’est à peu près le seul, est que nous n’aurons plus à produire, dans notre département ou dans un rayon de 100 km « à vol d’oiseau », notre auto-autorisation de sortie, document de confinement confinant surtout à l’absurde, fruit des amours monstrueuses du « trouple » Courteline, Ionesco et Devos.

Le précieux document reste cependant valable « au-delà », Édouard Philippe ayant précisé qu’il fallait absolument éviter les « brassages de population ». Une déclaration aux relents réactionnaires et même ségrégationnistes tout à fait contraire au vivre ensemble, poncif un peu moins à la mode, il est vrai, ces temps derniers, le mourir seul ayant pris le dessus. Rassurez-vous cependant, le politiquement correct est sauf, puisqu’il ne s’agit là que d’exclusion franco-française : interdiction est faite aux bouseux du Cantal de se mélanger aux ploucs du Berry. Chacun chez soi et les vaches – c’est-à-dire nous, ruminants nos inquiétudes – seront bien gardées.

Pour y contrevenir il faudra un « motif professionnel ou familial impérieux ». Aucune liste exhaustive, mais un contre-exemple, en revanche, a été cité jeudi par un Édouard Philippe ironique, comme si cela tombait sous le sens, ma brave dame. Rejoindre sa résidence secondaire n’est pas une bonne raison.

La propriété, c’est mal, vouloir s’y rendre – par exemple pour l’entretenir -, c’est encore pire. Ce gouvernement n’aime pas le patrimoine, et comme Stéphane Bern l’a fait remarquer, évoquant « un malentendu », celui-ci est d’ailleurs l’angle mort du plan de sauvetage de la culture récemment déroulé par Franck Riester. Celui-ci est plutôt axé, voyez-vous, sur le « fratrimoine » : les frérots, les potes, les copains de gauche du « spectacle vivant ».

Sans compter qu’en ces temps d’impopularité, réveiller l’image d’Épinal du bourgeois parisien rejoignant sa luxueuse villa à l’île de Ré en faisant peu de cas des gueux, là-bas, qu’il risque de contaminer permet d’encaisser les bénéfices faciles d’une lutte des classes mal éteinte. Tant pis pour la mauvaise foi, car évidemment, la résidence secondaire, c’est aussi et surtout le Français modeste, locataire de son logement principal tout aussi modeste que lui mais qu’il est pourtant bien incapable d’acquérir, eu égard à la pression immobilière des grandes métropoles où, bassin d’emploi oblige, il a bien dû faire sa vie. Celui-ci a donc gardé ou acheté une petite bicoque en province, ses racines et son refuge, dont il aime et doit, à chaque printemps, entretenir le toit et le jardin. Sauf cette année. Pour les retraités, c’est double peine : non seulement on les enjoint à rester terrés chez eux (certes, ils sont autorisés à sortir, mais c’est à leurs risques et périls et on leur promet gentiment mille morts s’ils s’y aventuraient) mais, en sus, ils n’ont pas le droit de se retirer, au calme, dans une région moins anxiogène où ils pourront enfin respirer, près de leurs géraniums et rosiers en fleur.

Dire que le 10 mars dernier, lorsque le jeune Sebastian Kurz a décidé de contrôler drastiquement les entrées sur le territoire autrichien, Emmanuel Macron a parlé de « mauvaise décision », le virus, selon lui (petit rire), ne connaissant pas les frontières. Mais le virus connaît les octrois ?

Heureusement, le jeune chancelier fédéral a la charité, aujourd’hui, de ne pas le narguer : dans un pays certes plus petit que le nôtre mais à densité comparable (et ayant eu, lui aussi, ses foyers infectieux, en particulier dans le Tyrol), il y a proportionnellement six fois moins de morts, le processus de déconfinement a démarré le 14 avril (pour un confinement entamé peu ou prou en même temps que nous), les bars et restaurants, derniers commerçants fermés, rouvriront le 15 mai. Les écoliers auront tous repris le 18, et le bac aura bel et bien lieu.

Lorsque l’heure sera venue, calmement mais avec détermination, de déballer tous les dossiers pour faire la vérité, penser, après la mascarade et le sketch des tests, à ne pas oublier la scandaleuse pantomime des frontières.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Édouard Philippe à l’Assemblée : vous attendiez le 11 mai ? Vous adorerez le 2 juin…

Le « en même temps » au sommet de son art : voici le déconfinement confiné ou le confinement déconfiné. Et l’arroseur arrosé, c’est le Français qui a voté Emmanuel Macron, croyant voir dans sa devise la quintessence de l’équilibre et du juste milieu permettant d’éviter le chaos…

Atteinte à la liberté de culte, atteinte à la liberté de circulation, atteinte à la propriété (pour ceux qui ont une résidence secondaire), reprise de l’école oui-mais-non, bars et restaurants fermés, plages et parcs aussi… La vérité est que le 11 mai sera pour tous, sauf pour certains commerçants, une non-date. Comme le non-anniversaire d’Alice au pays des merveilles. Une échéance artificielle pour donner une ligne d’horizon aux Français dans cette purée de pois. À présent que l’on est arrivé au pied du mur, ou presque, allez hop ! on relance la baballe au chien-chien, pour qu’il reparte en frétillant de la queue : comme le tweete Léa Salamé (en anglais, s’il vous plaît) : « Le 2 juin is the new 11 mai. » Tout cela peut nous emmener à Noël.

Comme toujours depuis le début de cette épidémie, le discours commence par son couplet de justification : le manque de tests, de masques et d’anticipation, c’est la faute des experts, des Français, de pas de bol… Au passage, petits ricanements amers du Premier ministre à l’endroit des yakafokon. Rhétorique classique consistant à excuser son impuissance par la technique du « on aimerait les y voir ». Nous aussi, pour tout dire, on aimerait vachement les y voir. Qui, « les » ? Soyons clairs : n’importe qui d’autre. Pourvu que ceux-ci passent la main.

Édouard Philippe épingle aussi les réseaux sociaux « colériques » et les commentateurs de « café du commerce » sur les plateaux télé. C’est logique. Comme le fait remarquer Ivan Rioufol, « le parti de l’ordre sanitaire veut aussi des commentateurs désinfectés. Une pensée saine dans un corps sain. » Et si on pouvait, en sus, leur coller un masque FFP2 sur la bouche bien serré derrière les oreilles en guise de bâillon…

Les messes publiques (sauf enterrements limités à vingt personnes) restent interdites jusqu’au 2 juin. Car le gouvernement fait l’affront aux Français de penser qu’ils ne sont qu’un ventre inanimé. « Et si je célèbre la messe à Intermarché, ça passe ? » s’interroge ingénument l’abbé Guy-Emmanuel Cariot, curé-recteur de la basilique d’Argenteuil. L’Ascension est le 21 mai, la Pentecôte le 31 mai… Cela s’appelle le sens du calendrier. Doit-on leur signaler qu’il restera ensuite l’épineux problème de la Fête-Dieu, sans parler du 15 août… Allez, reprenons le culte le 26 décembre, c’est plus prudent. Une concession, néanmoins, est lâchée : les cimetières ne seront plus fermés. Monsieur est trop bon. La bonté de Monsieur le perdra.

Vient enfin la touche finale, la marque de fabrique, car un discours de notre gouvernement ne serait pas tout à fait authentique s’il ne comportait son ordre suivi de son contre-ordre débouchant sur le désordre : le 23 avril, le site de France Info titrait « Déconfinement : Emmanuel Macron fait marche arrière sur un plan par région » : « le président, [écartait] un déconfinement en fonction des régions ». Le 28 avril, la marche arrière se mue en marche avant avec accélération sur les chapeaux de roue (notre ami Marc Eynaud appelle cela sur Twitter « une décélération disruptive ») : il n’y aura pas de déconfinement pas région mais par… département. Bientôt par pâté de maison ou par cage d’escalier ? À quand l’autorisation d’Édouard Philippe pour passer de la cuisine au salon ? C’est le problème de la ligne de front quand on n’a pas tenu l’ennemi à longueur de gaffe.

Mais tout est prévu : une gommette verte sur les départements peu infectés, une rouge sur les autres, et pas de circulation des uns vers les autres. Un peu comme un contrôle aux frontières, en somme ? Et dire, c’est bête, qu’on n’y a pas du tout pensé au début… entre pays, quand certains étaient rouges et le nôtre encore vert !

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Gabrielle Cluzel : “La famille et la fierté du pays sont nos héritages”

10/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Gabrielle Cluzel, la rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire et auteur du livre “Enracinés ! Nous sommes tous des héritiers” (Artège) était l’invitée d’André Bercoff mercredi 4 mars sur Sud Radio.

La France enracinée semble être une histoire ancienne, les enracinés des hommes et des femmes dépassés, ringards… Et pourtant, Gabrielle Cluzel y croit encore. “Je crois que comme un arbre qui a été scié à la base peut avoir des résurgences, il me semble qu’il reste des gisements de cette France“, espère-t-elle. “Cette France des enracinés, on l’a démonétisée, critiquée, on a dit que ses valeurs étaient bourgeoises, la rigueur et le mérite ont été conspués, considérés comme ringard, un carcan…“, déplore-t-elle.

Si le terme de “bourgeoise” est utilisé, c’est que cette France “est héritière d’un patrimoine, non pas gardé dans un coffre-fort ou placé en bourse, mais culturel et civilisationnel“, explique Gabrielle Cluzel. Un héritage qui englobe un “savoir-vivre légué des valeurs chrétiennes”, ajoute-t-elle. “Cette France là, il ne faut pas l’oublier. Quand on dit qu’il n’y a plus de respect, de rigueur, peut-être faut-il se demander si on ne l’a pas conspuée jusqu’à chercher à l’éradiquer“, fait remarquer la journaliste.


Gabrielle Cluzel sur la PMA : « Le rôle de l’État est de protéger le plus faible »

07/10/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Dans la foulée du vote sur l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires, Ils étaient très nombreux à manifester contre cette mesure à Paris, dimanche 6 octobre.

Gabrielle Cluzel, rédactrice en chef de Boulevard Voltaire et farouche opposante à la PMA pour toutes, revient pour Sputnik sur le fond de ce sujet clivant.


Si les gilets jaunes n’aiment pas les journalistes, peut-être faut-il se demander pourquoi ?

Si le mouvement des gilets jaunes ébranle le gouvernement, il ébranle aussi, même si peu le soulignent, la presse « mainstream », qui se voit remise en cause dans sa légitimité… au même titre que nos dirigeants parce que, pour beaucoup de manifestants, à tort ou à raison, ils en sont les dociles valets.

La preuve par l’agression – « la tentative de lynchage », ce sont leurs mots – subie par des journalistes de BFM TV, samedi, à Toulouse, qui ont eu, semble-t-il, la peur de leur vie : « Ils avaient la bave aux lèvres », décrit l’un d’eux, comme s’il avait croisé la bête du Gévaudan.

Les gilets jaunes criaient « C’est l’autre enfoiré de BFM, la chaîne de Macron, ces bâtards de BFM », « BFM collabo, BFM collabo »… « Ça, c’est le premier truc qu’on n’oublie pas », commente le journaliste. Et puis : « Au bout d’un moment, un mec a donné le top départ, en criant : dégagez, sinon on vous défonce. »

Il affirme ne plus pouvoir mettre la bonnette identifiant son média sur son micro lorsqu’il fait un reportage. Il faut qu’il passe incognito.

Si l’agression de cette équipe est, évidemment, absolument condamnable, elle en dit long sur l’état de délitement du lien entre la presse et les Français et sur la fin d’un règne sans partage depuis des dizaines d’années : celui de la télé.

Celle-ci a envahi les foyers, devenant la baby-sitter des enfants quand ils rentrent, à 4 heures, avec leurs clés, dans un appartement déserté, la demoiselle de compagnie dans les EHPAD à toute heure du jour et de la nuit des personnes âgées, le seul ami venant visiter quotidiennement bien des personnes isolées.

Sauf que, comme dans le fameux roman Une chanson douce de Leïla Slimani (Goncourt 2016), la confiance est rompue. La nounou m’a tuer !

Une grande partie de la « grosse » presse papier et des sites qui lui sont affiliés souffrent du même désamour.

Comment justifier, il est vrai, que le site du Point, magazine sérieux s’il en est, titre, le 24 novembre « EN DIRECT #Gilets Jaunes : l’extrême droite fait basculer la manifestation dans la violence » ? Puis, le 26, sans sembler embarrassé : « Gilets jaunes : les meneurs des casseurs appartiendraient à l’extrême gauche. » On notera, au passage, dans le premier cas, l’emploi de l’indicatif, dans l’autre, du conditionnel…

N’avaient-ils pas des yeux pour voir ? Trouvaient-ils cette manifestation trop insignifiante pour y dépêcher un reporter ? Ou ont-ils bu aveuglément les paroles de Christophe Castaner ?

Qui, s’il n’y avait pas eu les réseaux sociaux, aurait relayé les photos prises sur le vif de slogans antifas et de drapeaux de Che Guevara ? La grande presse court, derrière, lourdement, à son corps défendant (sans jamais la rattraper), derrière la presse alternative, furtive et toujours sur le qui-vive. Et c’est cette vieille dame fatiguée, de mauvaise volonté, bourrelée de préjugée, que les impôts des Français – puisque c’est le cœur du sujet – devraient continuer à subventionner ?

Bien sûr, L’Express a beau jeu de souligner – et c’est une réalité – que de fausses images circulent sur Facebook : des visages molestés antérieurement, dans un autre contexte que celui, samedi, des Champs-Élysées, ou un messages de soutien des forces de l’ordre destiné à d’autres manifestants, il y a deux ans.

Et il est indéniable qu’il est de la responsabilité des médias alternatifs d’être attentifs et de veiller à ne pas relayer des images vieilles ou bidonnées. Il en va de leur honnêteté et de leur crédibilité. Certes, l’oligarchie subclaquante qu’est l’information devenant peu à peu joyeuse anarchie, on trouve, sur la Toile, un peu n’importe quoi. Mais pour qui veut bien trier le bon grain de l’ivraie surgit, dans ce virtuel fatras, un bout de vérité. Que l’on cherchait parfois, il faut bien le dire, désespérément autrefois.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

De grâce, cessons d’appeler nos djihadistes des « combattants français » !, par Gabrielle Cluzel

Appelons-les djihadistes, terroristes, islamistes… ce ne sont pas les mots qui manquent.

Chaque métier a ses responsabilités. Le médecin a la responsabilité de la santé de son malade, et du traitement qu’il choisit pour le guérir. Le professeur a la responsabilité de sa matière, et des outils pédagogiques qu’il choisit pour la transmettre. Le journaliste a la responsabilité de l’information, et des mots qu’il choisit pour la diffuser.

Cette responsabilité est moins grande si elle est partagée, mais immense, bien sûr, si le médecin, le professeur ou le journaliste – pour un cas donné – est seul à l’assumer.

Disons-le, l’AFP est en situation de quasi-monopole. Ses dépêches sont dupliquées – en l’état ou vaguement bricolées, maquillées, retouchées – par un nombre incalculable de rédactions. C’est l’Évangile selon sainte Aèfpé, dogme de foi et parole de vérité.

Alors quand, pour évoquer le procès de deux djiahdistes français jugés aux assises, l’AFP titre « deux combattants français, rentrés en 2014 de Syrie, jugés aux assises » et que cette information est relayée avec les même mots (« combattants français ») par le site du Point et de France Info, on peut légitimement se poser la question : l’AFP assume-t-elle ses – immenses – responsabilités ?

Il y a mille façons de « fakenewser » : par action, par omission, par dissolution, par focalisation mais aussi, donc, par confusion. Confusion mentale jusque dans le champ lexical.

Et lorsque le temps aura passé, l’AFP appellera-t-elle ces deux hommes « anciens combattants français » (avec, tant qu’on y est – logiquement, c’est lié ! -, titre de reconnaissance de la nation et petite pension à la clé) ? Si, d’aventure, ils étaient morts au combat, leurs épouses auraient-elles été qualifiées de veuves de guerre par l’AFP ? Celles-ci n’auraient-elles, du reste, pas été fondées à réclamer que l’on grave le nom de feu leur conjoint sur les monuments… des combattants français ?

Et nul n’est choqué de constater, lorsque l’on tape « combattants français » sur un moteur de recherche, amalgame 2.0 infamant généré par ce choix de vocabulaire pour le moins douteux, que sortent aussitôt, sur la même page, intimement mêlés, ces deux hommes-là et les deux soldats tombés récemment au Mali ?

Appelons-les djihadistes, terroristes, islamistes… ce ne sont pas les mots qui manquent. Mais, de grâce, pas « combattants français ». Prétendre – avec légèreté, inconscience, perte de sens – le contraire, c’est déshonorer ceux que l’on voit tirer de leurs vieilles mains noueuses, mais avec toujours autant de fierté, leur carte bleu blanc rouge un peu cornée, du fond de leur portefeuille usé. Leur carte de combattant français.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Chapelle-Pajol : tout ça, c’est la faute des Ponts et Chaussées !, par Gabrielle Cluzel

Chapelle-Pajol

Les gens sont comme ça. Quand, à la une de l’actualité, il est question d’écologie, ils s’attendent à voir réagir les écologistes. De fiscalité, les fiscalistes. De syndicat, les syndicalistes… Ils imaginaient donc, un peu bêtement, dans l’affaire Chapelle-Pajol, une réaction féministe. Toc, toc, toc, yakelkun ? Rien. Nada. Osez le féminisme devait avoir un sanglier sur le feu et Marlène Schiappa un menhir à livrer.

Puis, au bout de 48 heures, Caroline De Haas s’y est enfin collée. Dans une interview qui a fait le buzz, elle a proposé « d’élargir les trottoirs ». Il fallait y penser. Les femmes sont si nunuches et pudibondes qu’elles ont sûrement confondu les frôlements inhérents à la cohue avec du harcèlement. Voilà. Tout est arrangé. Et les insultes, alors ? Là, vous êtes lourdingues, d’accord ? Vous voyez bien que tout cela enquiquine Caroline.

À Sevran, dans les cafés, peut-être aurait-il suffi de mettre du 3-en-1 dans les gonds un peu grippés ? Les portes, pour les femmes, sont souvent lourdes à pousser.

Qui a eu vent, du reste, de l’initiative inédite qui a été prise à Saint-Denis après ce reportage malheureux ? Un autocollant « Femmes bienvenues » a été créé, destiné à être collé sur les cafés ayant signé une charte pour promouvoir la laïcité. C’est sympa. Ou pas. C’est rassurant… ou vaguement inquiétant. Dire que les femmes sont bienvenues là suppose qu’elles ne le sont pas ailleurs. Les femmes, comme les chiens, sont admises. Mais tenues en laisse, quand même ?

La vérité – je le sais, vous le savez, même Caroline De Haas le sait – est qu’en zone urbaine se concentre une population allochtone toujours plus importante dont le regard sur la femme n’est pas celui que porte la population occidentale. Ce n’est pas un jugement de valeur mais un constat.

Les guides touristiques, dont l’un des principaux intérêts est de mettre au jus des us et coutumes, préviennent les voyageurs en partance pour le Maghreb, le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Ouest, centrale, etc. : dans de nombreux endroits, il est recommandé aux femmes de se couvrir, de ne pas se promener dans une tenue légère façon « Côte d’Azur ». Ces guides ne sont pas racistes, bien sûr, mais font simplement leur boulot.

Dans La mort n’est pas une solution, Anne-Isabelle Tollet, longtemps correspondante au Pakistan, écrit sur ce pays : « Je me sens beaucoup plus nue quand je porte un voile et une longue tunique qui me couvre les fesses, qu’en maillot de bain sur une plage occidentale. » Les journalistes occidentales qui ont couvert les événement de la place Tahrir au Caire, en 2012, ont fait le même constat, parfois à leurs dépens. Ce n’est pas un mystère. Par quelle magie le simple fait de passer une frontière européenne changerait-il instantanément ce regard ?

Le documentaire Femme de la rue, filmé en caméra cachée à Bruxelles (quartier Anneessens-Lemonnier) par Sofie Peeters a été le premier à évoquer, en juillet 2012, le problème du harcèlement sur la voie publique. Il a été aussi sec taxé de racisme, au grande dam de la jeune femme.

Un article du New York Times du 19 décembre 2015 (quelques jours avant les « incidents » du réveillon allemand) évoquait un programme financé par le gouvernement norvégien visant à « apprendre aux hommes issus de cultures différentes et non occidentales les codes d’une société où les femmes ont le droit de s’habiller comme elles le souhaitent », rajoutant :

« La plupart des pays européens ont renoncé à ces questions d’adaptation, par peur de stigmatiser les migrants comme violeurs potentiels et d’encourager les discours des politiques anti-immigration. »

Quant aux féministes, elles préfèrent incriminer les Ponts et Chaussées. Autant vous dire qu’avec ça, mes chéries, nous sommes sauvées.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le moujik de droite et le boyard de gauche, par Gabrielle Cluzel

Venant de terminer le livre La guerre à droite aura bien lieu, de Guillaume Bernard, je ne saurais trop en recommander la lecture. Clair, étayé, bien articulé, il offre une cohérence d’ensemble, un concept général pour résumer un sentiment confus que nous partagions tous sans parvenir à l’exprimer : n’est-ce pas le propre des essais réussis ? L’idée est donc que nous arrivons à la fin d’un cycle – vieux de deux siècles – celui du mouvement « sinistrogyre », caractérisé par des idées et des forces politiques novatrices arrivant par la gauche. Il serait désormais remplacé – retour de balancier – par un mouvement dextrogyre rigoureusement inverse : « C’est désormais à droite, explique Guillaume Bernard, que viennent l’innovation idéologique et la pression politique. »

« La pression politique », peut-être, mais pas la pression psychologique. Qui ne sent pas encore du tout sa fin de règne. L’homme de droite est toujours animé par le complexe du moujik face au boyard de gauche : non, s’il vous plaît, pas sur la tête ! Comme l’enfant du placard, il voudrait tellement que son bourreau l’aime.

Un intellectuel réactionnaire bon teint, répétant entre haut et bas à qui veut l’entendre que l’ostracisme médiatique dont il fait l’objet vaut légion d’honneur, citation et quartier de noblesse courra pourtant ventre à terre parler de son dernier livre au moindre organe de presse de gauche qui lui entrouvrira ses colonnes, et en fera, tout fier, grande publicité sur les réseaux sociaux : quelle victoire, quel gage de notoriété, de réussite sociale ! Quand il ne retwittera jamais, ô grand jamais, telle interview accordée avec inquiétude, en se rongeant les ongles, en se retournant dans son lit pendant de longues nuits d’insomnie – a-t-il bien fait d’accepter ? Ne va-t-il pas se griller ? se démonétiser ? se diaboliser ? – à une publication de ce qu’on appelle si affectueusement la « fachosphère ».

monde-et-vie-trumpEt tant pis si ladite « fachosphère » est infiniment plus prescriptrice, pour vendre un livre, que le canard de gauche en soins palliatifs, alimenté par subventions d’État en intraveineuse, et dont les abonnés tiendraient dans une cabine téléphonique si cet objet existait encore. Tant pis si Donald Trump a claironné qu’il avait gagné grâce à la presse alternative et aux réseaux sociaux, sans l’aide des médias mainstream. On veut bien sincèrement croire ce brave Donald, mais on se glorifie d’avoir obtenu une aumône, souvent longtemps quémandée, par les médias ayant pignon sur rue. Et si par hasard, ceux-ci, au milieu d’un océan de commentaires désagréables, vous concèdent une infime qualité, c’est le Graal, la queue de mickey, le tiercé dans l’ordre : vous n’avez de cesse de le répéter à qui veut l’entendre, sans vous demander plus avant si au fond, trouver (petite) grâce, de quelque façon que ce soit, aux yeux d’un sale type, n’est pas plutôt inquiétant. Les coups de knout ne s’oublient jamais et laissent des cicatrices indélébiles.

Et si, en plus d’être de droite, vous êtes catholique, le syndrome est décuplé, car évidemment vous avez pris jadis de ce simple fait, double-ration de knout. Pauvre moujik. Qui va, en plus, cacher ses vieilles hardes honteuses sous des beaux atours de charité : c’est tellement altruiste de porter la parole évangélique à gauche. C’est par pur amour du prochain qu’on leur fait des risettes, qu’on tente de les apprivoiser, qu’on fait montre de grande ouverture d’esprit, puisqu’on les félicite, qu’on leur tresse des couronnes de lauriers, qu’on chante Alléluia, qu’on fait donner des Te Deum, sitôt qu’un homme politique de gauche, qu’un chanteur de gauche, qu’un penseur de gauche, un journaliste de gauche, émet ce qui ressemble à une parole de bon sens.

Mais cette charité est hémiplégique. Qu’un politique de l’autre côté de l’échiquier politique, du FN par exemple, prononce la même vérité, on lui fera le coup du mépris. Vous ne voudriez pas que l’on se tire une balle dans le pied, quand même, en ayant l’air d’être un tout petit peu d’accord avec Baba Yaga, le Yéti, le monstre du Loch Ness ?

Une jeune journaliste de mes connaissances travaillant pour un site « alternatif » – dit de la réacosphère par ses amis, de la fachosphère par ses ennemis – avait lu avec intérêt une recension cinématographique profonde et spirituelle sur le blog de tel prêtre diocésain. Elle le contacte : pouvait-elle l’interroger une minute au sujet de ce film ? Les lecteurs de son site – beaucoup de jeunes n’ayant guère été catéchisés – en tireraient sûrement grand profit. Blanc au téléphone. Gêne palpable. Pour CE site ? Non, vraiment, il ne préférait pas. La jeune journaliste, légèrement excédée, raccrocha, non sans recommander à ce prêtre – au demeurant fort sympathique – de la rappeler le jour où il se souviendrait que ces lecteurs peu fréquentables étaient aussi dotés d’une âme. Aurait-il refusé de la même façon s’il avait été contacté – pure science-fiction – par L’ Humanité ?

Le mouvement dextrogyre est peut-être amorcé, mais les gueux, les intouchables, les dhimmis, sont toujours du même côté. Et en cela le paysage politique reste sinistre.

Gabrielle Cluzel

Article repris du numéro 932 du magazine Monde & Vie
consacré à Donald Trump ou la colère des peuples

Le livre de Gabrielle Cluzel va, lui aussi, faire hurler les féministes

Cluzel Adieu Simone

1/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Hasard du calendrier éditorial ou offensive concertée ? Le 8 avril 2016 sera un jour noir pour les féministes avec la parution simultanée de deux ouvrages prometteurs dans la déconstruction du discours féministe : celui d’Eugénie Bastié, Adieu Mademoiselle (éd. du Cerf), dont Novopress s’est déjà fait l’écho, mais aussi celui de Gabrielle Cluzel, au titre proche et encore plus explicite : Adieu Simone ! (Le Centurion), en référence bien sûr à la papesse de la « libération de la femme », Simone de Beauvoir.

Gabrielle Cluzel, connue pour ses chroniques dans les journaux Famille chrétienne et Monde et Vie, ou sur le site Boulevard Voltaire, signe là un ouvrage qu’on imagine à l’image de ses écrits habituels, vif et féroce. Sur le site de son éditeur, elle présente ainsi Adieu Simone !, sous-titré : Les Dernières Heures du féminisme :

« Je n’ai pas la prétention de faire une analyse du féminisme depuis des siècles à travers le monde. De remonter à l’âge de pierre pour étudier la condition de la femme dans les grottes préhistoriques. Je veux seulement évoquer ce que je connais. Ce féminisme en mini-jupe, mutin comme une parisienne de Kiraz, que l’on trouvait sur les barricades de Mai 68, devenu ce féminisme imposant et tyrannique, aux allures de rombière de Faisant, que l’on trouve à présent sur les ruines de Mai 68. Une rombière acariâtre et autoritaire avec sa moitié, l’homme occidental, faible et maigrelet, qu’elle morigène toute la sainte journée et fait avancer tête baissée… mais une rombière laxiste, aveugle et masochiste avec les enfants qu’en couchant avec l’amant de toujours, la gauche, elle a engendrés et réchauffés dans son sein : libération sexuelle, laxisme judiciaire et islam impérieux. »

 

Succès mérité pour le premier forum de la Dissidence

24/11/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Environ 650 personnes se sont massées pour assister au premier Forum de la Dissidence organisé par Polémia et sont reparties galvanisées, car elles ont bien compris le message : les dissidents d’aujourd’hui sont l’avant-garde des victoires de demain.

Des journalistes de la réinfosphère, comme Gabrielle Cluzel ou Charlotte d’Ornellas. Des écrivains, comme Renaud Camus. Des hommes politiques comme Robert Ménard. Des figures de la manif pour tous comme Béatrice Bourges. Des militants de la génération 2013, comme Claire Chardon, de Génération Identitaire comme Damien Rieu ou étant passé par le FN comme Julien Rochedy. C’est un plateau de choix que Jean-Yves Le Gallou et la Fondation Polémia ont offert aux participants du premier Forum de la Dissidence qui s’est tenu samedi dernier à Paris.
Trois thèmes ont été abordés : la dissidence sur les valeurs et la rupture avec l’esprit de 1968 autour de Béatrice Bourges, la dissidence sur l’identité et le refus du grand remplacement avec Renaud Camus, l’art de la dissidence pratiqué par Robert Ménard.

Les dissidents sont maintenant partout, leurs idées, fustigées et combattues par le système ont pour elles la force de la vérité. Si les approches défendues par les participants sont différentes (après tout, nous ne prônons pas la pensée unique !), nous nous retrouvons sur l’essentiel :
• La nécessité de combattre un système d’autant plus dangereux qu’il est à bout de souffle.
• L’importance de placer l’homme, dans sa dimension spirituelle, historique, culturelle, au cœur de notre action.
• La réaffirmation de l’importance de l’enracinement et de l’affirmation des valeurs françaises et européennes.
• Le constat que tout combat implique des sacrifices, grands ou petits et que tout dissident sincère doit être prêt à les accomplir. L’un de ces sacrifices étant de mettre un mouchoir sur nos divergences et querelles intestines pour nous concentrer sur l’ennemi commun.

Signalons le compte-rendu détaillé et fidèle de la réunion par nos confrères de Riposte Laïque et invitons nos lecteurs à profiter de la percutant introduction au forum par Jean-Yves Le Gallou et de l’excellent discours de Michel Geoffroy, de la Fondation Polémia, qui est venu clore cette journée (en deux parties, ici et ).