Élections régionales – Front républicain ? Même pas mort !

Front républicain

Il y aura bien sûr de nombreux enseignements à tirer des scrutins départementaux et régionaux des 20 et 27 juin 2021. Il y a amplement matière à réfléchir. Au sujet de la démocratie, en premier lieu. Que signifie un scrutin auquel participent moins de 35 % des inscrits ? Comment les élus le sont-ils ? Leur élection est-elle légitime ? Qui représentent-ils, sinon une minorité, de plus en plus ténue, dont la spécificité est de posséder, qu’ils soient de droite ou de gauche, les grands traits d’une idéologie en commun : le mode de vie et de pensée libéral-libertaire, une manière d’être au monde qui sévit principalement dans les métropoles. C’est un des enseignements de ces scrutins, en particulier des résultats des régionales.

Ainsi, le front républicain que l’on disait parfois mort et enterré n’est pas mort, le second tour des régionales et des municipales est venu le rappeler. De même qu’est rappelée la persistance du clivage droite-gauche qu’on croyait lui aussi enterré, du moins à l’échelle d’élections où chacun a essayé de donner des repères à ses électeurs. Une nécessité. LREM paie autant l’absence de repères clairs que son déficit d’implantation. La gauche, la droite et le front républicain, cela existe toujours. A droite, il y a ce que le Système appelle l’« extrême droite », essentiellement le Rassemblement national. Il y a aussi de fausses droites, telles que Les Républicains, dont l’immense majorité des élus et des responsables pensent à gauche, ayant entièrement intégré l’idéologie du progrès et les modes de pensée libéraux libertaires. C’est pour cela que des candidats LR, LREM, PS, EELV et même parfois LFI peuvent se retrouver à l’occasion d’un scrutin et appeler « solidairement » à battre l’« extrême droite », autrement dit le Rassemblement national.

Globalement, cela ne consiste plus en une fusion des listes. C’est plus sournois. Le front républicain passe soit par le retrait de listes, comme avec la liste PS en PACA, soit par un maintien ayant comme but de « battre le RN ». L’existence et même l’ancrage de ce front républicain, réflexe pavlovien de nombre d’électeurs, du moins parmi ceux qui n’ont pas encore compris que ces élections sont une farce, furent évidents en PACA. Dans cette région, la liste conduite par Renaud Muselier, destinée à « vaincre le RN », obtient 25 points de plus au deuxième tour.

C’est d’un état d’esprit qu’il s’agit, un état d’esprit du type « Mieux vaut n’importe quel libéral libertaire d’entre nous que le RN ! ». Cet état d’esprit s’est retrouvé dimanche dans les Pays de la Loire, dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté, en Normandie, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et dans les Hauts-de-France. Les principaux hommes politiques pourront dire ce qu’ils veulent, c’est ce « théâtre » – le mot est de Jospin – de la mise en scène anti-RN qui explique l’extraordinaire désaveu que les Français ont infligé à la classe politique et à cette « démocratie ». Les Français ne veulent plus être les dindons de la farce du front républicain, alors ils restent chez eux. Ils ont mieux à faire que de participer à des élections qui n’ont de libres que le nom.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 28 juin 2021

Requiem pour un front (républicain)

front républicain

La maçonnerie républicaine n’est plus ce qu’elle était et le mur qu’elle se plaisait depuis des années à construire collectivement face au mouvement national, pour empêcher celui-ci d’accéder aux responsabilités politiques locales comme nationales, est semble-t-il en voie de s’écrouler. C’est en tout cas ce que pense Le Monde, le journal de référence (des profs de gauche), qui tire la sonnette d’alarme dans un long article angoissé.

Selon l’autre quotidien du soir, c’est à la préfecture de Cahors que le drame se serait noué lorsque le maire socialiste de la ville, Jean-Marc Vayssouze-Faure, évoquant les élections régionales des 20 et 27 juin, aurait demandé au président de la République quelle serait la consigne de l’Elysée aux troupes de La République en marche (LRM) au soir du premier tour en cas de risque de victoire du Rassemblement national (RN).

« Je demanderai aux forces républicaines de se tenir ensemble », aurait alors répondu Emmanuel Macron. Jusque-là, rien de nouveau ni de préoccupant pour les adeptes du sauvetage de la démocratie par les alliances contre nature et la prise en otage des élections. Mais le chef de l’Etat aurait refusé de préciser si cela se traduirait par un retrait pur et simple des listes de la majorité, se contentant d’affirmer qu’il « prendrait la mesure de la situation le moment venu ». D’où l’inquiétude naissante quant à l’avenir du « front républicain » que certains observateurs déclarent déjà mort et enterré. Une anxiété d’autant plus importante que le Rassemblement national est donné en tête par les sondages dans six régions métropolitaines sur treize… Les digues qui permettaient aux co-responsables de la catastrophe, de droite comme de gauche, de se maintenir aux (bonnes) affaires malgré la pression populiste vont-elles céder ?

Petits arrangements entre amis

Face à cette horrifique perspective, l’entourage d’Emmanuel Macron affirme qu’il faut « réinventer » le front républicain et avance l’idée d’une « fusion technique » au second tour entre les opposants au RN, plutôt que l’hypothèse d’un retrait qui pourrait signer l’effacement du jeune parti présidentiel en mal d’existence locale.

Les macronistes parlent donc désormais d’un « rassemblement républicain » au second tour qui verrait le « parti républicain » (le RN, malgré tous ses efforts de normalisation et de « dédiabolisation » n’étant toujours pas considéré comme tel…) arrivé en tête intégrer différents candidats des autres listes « républicaines » qualifiées, démontrant ainsi au passage le caractère parfaitement interchangeable de tous les représentants des formations du système.

Cette nouvelle émétique tambouille électoraliste parviendra-t-elle une fois encore à sauver la peau usée des gérants de la décadence française et à entraver l’expression populaire de ceux qui croient, à tort ou à raison, au sursaut national grâce au parti de Marine Le Pen ? Réponse dans quelques jours désormais…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 juin 2021

« Faire barrage ». Le bilan du « front républicain » : chaos migratoire et sécuritaire, par Jean-Yves Le Gallou

barrage front républicain

En France, la classe politique est composée de castors : de La France insoumise à l’état-major des Républicains, en passant par LREM, il s’agit de « faire barrage ». « Barrage au Rassemblement national » pour Larcher, Pécresse, Jacob et autres Muselier. Chez les macronistes, on va encore plus loin en affirmant : « L’ennemi à abattre, c’est le Rassemblement national. »
Un discours qui n’a rien de nouveau : il dure depuis quarante ans ! Avec pour résultat le chaos migratoire et le chaos sécuritaire. Explications.

Des victoires importantes… jusqu’à l’affaire Oussekine

Les questions d’insécurité et d’immigration sont entrées dans l’actualité au début des années 1980. Elles marquèrent fortement trois élections : les municipales de 1983, avec l’effondrement de la gauche et la première percée du Front national à Dreux et à Paris ; les européennes de 1984 avec l’arrivée de dix élus FN au Parlement européen ; les législatives de 1986 avec une majorité RPR-UDF et en même temps l’existence d’un groupe FN de 35 députés. Deux forces qui avaient rassemblé plus de 55 % des suffrages sur des programmes assez proches de contrôle strict de l’immigration, de refonte radicale du Code de la nationalité et de réforme sécuritaire du Code pénal.

La mise en œuvre de ce programme fut sabotée par François Mitterrand et interrompu par l’affaire Malik Oussekine, gigantesque opération de diabolisation du gouvernement Chirac.

La naissance du « front républicain »

L’occasion d’agir pour la France ne se représenta plus car les lobbys idéologiques et les médias œuvrèrent pour imposer à la droite classique un « front républicain ». En clair ne jamais passer le moindre accord avec le Front national, ce qui revenait à retrancher du débat démocratique 15 % de l’électorat, 30 % à 40 % dans certaines communes urbaines. Bref, un crime politique contre la démocratie.

Les conséquences en ont été considérables :

– un affaiblissement du bloc de droite coupé en deux alors que la gauche restait globalement unie (écologistes de circonstance compris) ;
– un gauchissement et une « désidentarisation » de la droite classique coupée de son aile droite et vivant sous la terreur de la diabolisation ;
– la promotion des « antifas » et de l’extrême gauche exerçant un rôle de chien de garde du système en contribuant par leurs attaques violentes à renforcer cette situation ;
– et surtout le Grand Remplacement électoral des Français de souche sortis du jeu (25 % à 35 % dans les banlieues) par des immigrés communautarisés et supplantés par des électeurs issus de l’immigration.

Le paradigme de Mantes-la-Jolie : la naissance de « l’islamo-droitisme »

Au départ, Pierre Bédier – maire de Mante-la-Jolie de 1995 à 2005 – est un jeune loup de la droite chiraquienne avec un électorat français de souche hostile à l’immigration.

La mise en place du cordon sanitaire le prive d’une partie de cet électorat.

Pour compenser cette perte, il se tourne vers la communauté turque dont il acquiert les votes à coups de subventions pour des mosquées, des centres culturels, des clubs de sport. C’est la naissance de « l’islamo-droitisme » présent dans toutes les banlieues et fonctionnant selon les mêmes ressorts que l’islamo-gauchisme : le clientélisme. Avec une justification politique : si le Front national est le mal absolu, alors tous les autres sont des alliés possibles. Les stratèges de l’islamisme profiteront pleinement de cette démarche antinationale.

Le résultat est là : les associations « antiracistes » et immigrationnistes croulent sous les subventions que les élus de droite accordent avec une grande générosité en les considérant comme une sorte de police d’assurance ; les villes se couvrent de grandes mosquées dont beaucoup sont les foyers d’un islam de plus en plus radical ; les élus achètent la paix sociale (et électorale) en déléguant une partie du pouvoir local aux chefs de bandes.

Quarante ans plus tard, le constat est édifiant : c’est le chaos migratoire, avec une immigration dont le flux d’entrée a augmenté de 50 % à chaque décennie ; avec, pour conséquence, le chaos sécuritaire dans la mesure où il y a – c’est un fait – une sur délinquance systémique de l’immigration.

Mariani et Zemmour : pour en finir avec le front républicain ?

Le mettre en échec : c’est le rôle dévolu à Mariani s’il parvient à remporter la région PACA malgré la coalition de tous les autres qui se dessine pour le deuxième tour.
C’est aussi tout l’enjeu d’une possible candidature Zemmour à la présidentielle.

Renverser l’échiquier de la partie mille fois jouée, front républicain contre Front national. En structurant à côté du Rassemblement national un électorat aujourd’hui orphelin de souverainistes, de LR de droite trahis par les marionnettes qui les gouvernent et d’abstentionnistes déçus de l’offre politique. Une force émergente qui pourrait s’allier ensuite au RN et permettre enfin une recomposition politique mortelle pour le front républicain.

Jean-Yves Le Gallou

Texte daté du 8 juin 2021 et repris du site Polémia

Régionales : J – 25 – Des sondages prometteurs, une panique réjouissante, par Francis Bergeron

Régionales 2021

Alors que le front républicain s’organise péniblement face à un RN qui multiplie les ralliements, les Républicains font face à un dilemme : choisir l’un des deux camps ou couler avec le navire.

Ce mardi, le monde politique bruissait de la polémique politico-judiciaire opposant Gérald Darmanin à la chef de file PS pour l’Ile-de-France Audrey Pulvar. Après la manifestation des policiers, la journaliste avait tenu des propos très hostiles à cette démonstration de force, et Darmanin était monté au créneau en évoquant un dépôt de plainte contre madame Pulvar. Le quotidien Aujourd’hui en France du 25 mai, en relatant cette passe d’armes, parle d’une chance inespérée pour la tête de liste socialiste aux régionales : « Darmanin a offert sur un plateau aux socialistes l’occasion de soutenir unanimement leur candidate. » Pour Aujourd’hui en France, la polémique est bénéfique à la liste PS au point que le quotidien suggère même à madame Pulvar d’« envoyer un bouquet de fleurs à Darmanin » ! La dirigeante régionale du PS aurait acquis, grâce à cet incident, le statut de victime et réunifié le PS derrière elle. Admettons, mais la prise de position de la journaliste contre la manifestation était d’autant plus absurde que le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et le maire de Paris, qui est PS, elle aussi, avaient soutenu cette manifestation, comme à peu près toute la classe politique, à l’exception de l’extrême gauche et d’une partie des écologistes.

A la vérité les gesticulations faussement conflictuelles de Darmanin et de Pulvar ressemblaient à un combat de nains. Créditée de 10 % des voix seulement, et ayant multiplié les bourdes, on comprend bien que la journaliste ait tenté cette radicalisation de dernière minute, espérant sans doute grappiller des voix du côté des mélenchonistes et des « cités » où la police est interdite (mais où on ne vote guère).

Quant à Darmanin, il ne visait pas réellement la tête de liste PS (il a d’ailleurs renoncé à sa plainte), il visait l’électorat de LR, voire de Bardella. La macronie lui a d’ailleurs fixé cette mission : montrer aux électeurs modérés, qui seraient tentés par un vote droitier, que l’actuelle majorité comporte aussi une aile droite.

Dans les derniers sondages, la liste PS en Ile-de-France est toujours figée à 10 %, à égalité avec les Insoumis, mais largement devancée par la liste de Valérie Pécresse, par celle de Jordan Bardella, et même par celles des macroniens et des écologistes.

Darmanin a choisi pour sa part de batailler électoralement dans les Hauts-de-France, en compagnie d’une kyrielle de ministres, dont Dupont-Moretti et Agnès Pannier-Runacher ; mais rien ne permet de penser que sa sortie anti-Pulvar en forme de clin d’œil aux électeurs de droite permette de faire décoller la liste LREM des 10 % dont elle est créditée, elle aussi. D’autant que cette liste vient de prendre du gîte depuis qu’on a appris que le chef de cabinet de Pannier-Runacher n’était autre que son conjoint ! Cette information serait restée secrète si Macron n’avait pas demandé à ses ministres de monter massivement sur le front des Hauts-de-France. Pourtant ne ressort-on pas actuellement du placard, contre le RN, de vieilles affaires de même nature ?

Une possibilité de victoire dans le Centre-Val-de-Loire

Puisque l’on parle de sondage, notons que les derniers chiffres annoncent un score de premier tour à 39 % pour Thierry Mariani, en PACA, et une victoire possible au second tour, d’autant que l’écart de voix avec son rival semble s’accroître, malgré ou grâce aux manœuvres macroniennes.

Dans le Centre-Val de Loire, dans le Grand Est, dans les Hauts-de-France, les sondages donnent des chiffres flatteurs pour le RN, et même une possibilité de victoire, au second tour, pour la liste d’Aleksandar Nikolic, ce qui n’était pas vraiment prévu.

A la vérité, dans chacune des régions, le score réel du premier tour est susceptible de rebattre les cartes. Que le résultat soit supérieur ou inférieur de quelques points seulement aux prévisions, et le scénario serait à revoir. Car ces écarts détermineront la position que prendra chaque liste, au second tour : maintien, fusion, retrait sans consignes, ou encore front républicain, comme il y a six ans. C’est pourquoi le résultat du premier tour, sorti des urnes le 20 juin, sera déterminant pour la suite.

Notons que dans plusieurs régions, des petites listes sont également en compétition, qui pourraient, marginalement, affaiblir l’une ou l’autre des grandes listes, au risque de bouleverser les ordres d’arrivée et de ce fait, peser sur le second tour. Ainsi dans la région Bretagne, treize listes seront en compétition, dont une liste du Parti breton, créditée de 5 % des voix. En Ile-de-France, onze listes ont été déposées, dont une liste du parti antispéciste, et la liste d’un candidat anti-masques et d’esprit Gilets jaunes, Lionel Brot. Dans la plupart des régions on trouvera également une liste Debout la France. Enfin les islamistes devraient pouvoir également voter pour des candidats à leur convenance, par exemple en Ile-de-France, avec l’Union des musulmans français, et en Bretagne avec une liste « tous unis contre l’islamophobie », qui n’est que le faux-nez de candidats islamistes. Huit listes de cette nature ont été déposées. Voilà qui risque de ne pas arranger les affaires des candidats de LFI, qui espéraient cartonner dans les « quartiers ».

Il n’y a aucune région où la majorité peut se sentir en zone de confort

A ce stade de la campagne, à 25 jours du premier tour, peut-on aller plus loin dans l’analyse ? Peut-on avancer des pronostics ? C’est un exercice périlleux. On peut tout au plus identifier des dynamiques.

Il y a d’abord des dynamiques autour de personnalités : Xavier Bertrand, Thierry Mariani, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, bénéficient incontestablement d’un climat porteur.

Il y a ensuite des dynamiques de groupe. La gauche n’a pas réussi à la créer, en l’absence de programme commun, en l’absence de pacte électoral, en l’absence d’une personnalité forte, capable de fédérer les velléités militantes. Un autre grand perdant devrait être la majorité. Il n’y a, à l’heure actuelle, aucune région où la majorité se sente en zone de grand confort. D’où les opérations, gérées depuis l’Elysée, pour brouiller les cartes, comme en PACA et dans les Hauts-de-France, afin de masquer une déroute annoncée.

Le ralliement de personnalités à une liste ou à un parti constitue-t-il un indice de dynamique électorale ? Si tel est le cas, alors la dynamique est incontestablement du côté du Rassemblement National.

Un journaliste à la dent spécialement dure à l’égard du RN et de Marine Le Pen, pointait cette semaine la liste des « ralliés » : Frédéric Bord, Jean-Paul Garaud, Philippe Morenvillier, Bruno North, Jean-Louis Masson, Stéphane Blanchon, Alexandra Masson, Florent de Kersauson, Cédric Delapierre, Yves Bonnet, Philippe Ballard… des ex-LR, un ex-socialiste, un journaliste de télévision connu, des syndicalistes de l’UNSA, un ancien patron du SDECE, le président du CNIP, un chef d’entreprise médiatique etc.

Ce même journaliste à la dent dure nous invite à « méditer cet adage vieux comme le monde : qui a trahi trahira encore ». N’écartons pas l’hypothèse que certains de ces ralliements aient obéi à une approche disons « opportuniste ». Mais s’il y a approche « opportuniste », c’est déjà un indice d’attraction, un indice de dynamique. Et acceptons aussi l’idée que beaucoup de ces « ralliés » –tous, peut-être – sont tout simplement des personnes qui prennent le risque (professionnel, par exemple) de révéler leurs préférences politiques, du moins cette préférence politique-là. Acceptons enfin l’idée qu’un homme politique, qu’un syndicaliste, qu’un journaliste, puisse évoluer dans ses choix, sans pour autant penser qu’il trahit, mais en estimant peut-être au contraire qu’il reste fidèle à ses convictions les plus intimes.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 mai 2021

Le « front républicain » fait son grand retour à l’occasion des législatives

Front républicain

Cela faisait longtemps. Voilà quelques semaines maintenant qu’Emmanuel Macron est président de la République et les ténors des Républicains avaient presque réussi à faire oublier leur soutien au candidat d’En Marche ! contre le Front national au second tour pour se repositionner en opposition en vue des législatives. Mais la vieille cuisine politicienne a repris ses droits et le « ni-ni » que Patrick Buisson avait réussi à imposer par le biais de Nicolas Sarkozy est définitivement enterré, au moins du côté de la classe politique.

François Baroin, chef de file des Républicains, avait en effet affirmé ce lundi que « les désistements devront faire partie de l’entre-deux tours législatif » en cas de possible victoire du Front national. Comme si le clin d’œil ne suffisait pas, l’appel du pied a suivi : « Je souhaite d’ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d’En Marche ! comme du côté du PS », a-t-il ajouté.

La réponse n’a pas tardé à arriver, dans la bouche du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner :

« Partout où le candidat de La République en marche (LREM), en se maintenant [au second tour], ferait prendre le risque d’une élection du Front national, partout nous retirerons notre candidat, et partout où le maintien du candidat nous permettra d’empêcher cette élection, nous nous maintiendrons. »

Depuis le premier tour et l’échec cuisant de François Fillon, la question se posait aux Républicains : elle est devenue une véritable ligne de fracture. D’abord parce que certains électeurs ont déjà fait le pas depuis longtemps. Ensuite parce que tous les ténors du parti ne sont pas d’accord : Wauquiez est partisan d’un « ni-ni », tandis que l’on se précipite dans les bras du nouveau parti vainqueur du côté de Juppé ou de NKM. Rien d’étonnant tant les Républicains étaient devenus une auberge espagnole classée à droite sans que tous soient réellement de droite. Mais c’est l’aile gauche du parti qui tient aujourd’hui les rennes, à l’heure où tous les observateurs reconnaissent une « droitisation » de l’électorat, notamment sur les questions sociales ou culturelles.

Reste à savoir comment se comporteront les électeurs et ce qu’il restera – après les législatives – des partis traditionnels. Il se pourrait que les Républicains explosent et qu’une partie se précipite dans les bras de la majorité présidentielle – si elle est obtenue – tandis que de véritables divisions doctrinales pourraient devenir encombrantes au sein du Front national. L’occasion d’une clarification nécessaire à la reconstruction d’une droite capable d’alliances et de constance dans la défense de son identité ? Espérons-le.

Marie Pommeret

Article paru dans Présent daté du 1er juin 2017

Reportage à Villepinte : l’alliance entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan

marine le pen-dupont Villepinte

Dupont-Aignan VillepinteMais qui est ce Nicolas dont 10 000 personnes scandent le prénom et réservent un accueil de rockstar au point qu’il en est un peu gêné ? Il est le chef du premier parti politique français à s’allier à Marine Le Pen. Du jamais vu. Une étape historique dans la recomposition de la droite.

« Je n’aurais jamais pu me regarder dans le miroir de l’histoire de France s’il avait manqué une seule voix dimanche. J’ai choisi la France, j’ai choisi Marine  ! J’ai fait ce choix en conscience. Je suis fier de mon choix. C’en est définitivement fini du piège mitterrandien de division des patriotes. […] Allons-nous enfin reprendre notre destin en main  ? »

chard dupont-aignanDans un beau discours d’ouverture aux accents souvent émouvants, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan explique que l’intérêt supérieur du pays l’a emporté sur les différences minimes qui le séparent de Marine Le Pen. Leur alliance a d’ailleurs été précédée d’une négociation sur laquelle nous reviendrons dans nos articles cette semaine. Nicolas Dupont-Aignan a notamment demandé que le programme commun mette plus encore l’accent sur la défense des handicapés en France, l’un des combats du président de Debout La France : « J’intègre la mesure portée par Nicolas d’accorder une part fiscale pleine par enfant touché par le handicap » annoncera Marine Le Pen quelques minutes plus tard.

L’ovation que reçoit Nicolas Dupont-Aignan est proportionnelle aux tombereaux d’injures qu’ont déversés sur lui depuis vendredi la majorité de la classe politique et les ringards du show-biz. Dupont-Aignan est un homme libre :

« Notre responsabilité était historique, je ne pouvais pas me dérober. »

Marine Le Pen VillepinteLorsque Marine Le Pen lui succède à la tribune, elle répète qu’une fois élue présidente de la République, Nicolas Dupont-Aignan sera son Premier ministre : « Il conduira l’action gouvernementale. Les patriotes peuvent enfin voir leurs forces se grouper pour la défense du pays et de nos valeurs de civilisation. » Elle annonce également la présence et le soutien de Bruno North, du Centre national des indépendants et paysans (CNIP).

« M. Macron n’ose pas dire qui est son Premier ministre » attaque-t-elle « car imaginez, si c’est bien Laurence Parisot, si c’est confirmé, imaginez le désastre électoral que cette annonce serait … » Marine Le Pen demande à son rival de dire aux Français « combien de députés socialistes sortants seront investis par son mouvement » :

« C’est Hollande qui veut rester, c’est Hollande qui continuera d’inspirer la politique du pays. »

Elle dénonce un programme « si flou que même le pape ne comprend pas son message ». « Le winnerautoproclamé , le fêtard de la Rotonde qui commence à perdre de sa superbe » et « pense davantage au statut de première dame qu’à un programme de lutte contre le terrorisme », le « candidat de la finance », « soutenu par les islamistes de l’UOIF, soutenu aussi par Hani Ramadan qui justifie la lapidation des femmes » pourrait sortir KO du grand débat télévisé du 3 mai si Marine frappe comme ça : « La lutte contre le terrorisme sera une priorité cardinale de mon action et ma main dans ce domaine ne tremblera jamais. » Quand Emmanuel Macron, lui, comme elle ne manque pas de le rappeller, répondait au lendemain de l’attentat islamiste sur les Champs-Elysées : « Je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit, cette menace sera le quotidien des Français pendant quelques années. » […]

« Sa philosophie, c’est En Marche ou crève ! »

L’ensemble du discours de la candidate apparaît posé, équilibré, plus positif que celui du Zénith, celui d’un chef d’Etat déjà presque dans sa fonction :

« La France doit choisir un chef qui lui offre une vision, une conscience claire de son identité, de son rôle. Nous allons arracher la France des mains de prétendues élites qui la confisquent, la brident, l’égarent. »

Lundi à Villepinte Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont définitivement achevé et enterré le vieux Front républicain.

Caroline Parmentier

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 3 mai 2017

Le Front républicain « tout pourri » bouge encore face à Marine Le Pen

Chard front républicain

Leur Front républicain « tout pourri » comme l’a souligné Marine Le Pen, se lézarde dangereusement et présente des brèches incolmatables.

Le grand barnum de 2002 qui des associations anti-racistes aux artistes de gauche, en passant par les collégiens emmenés par leurs profs, les ostréiculteurs de Cancale et les psychanalystes freudiens, avait porté Chirac à une élection de roi nègre, ne paye plus autant. Marine Le Pen peut espérer chaque jour réduire l’écart qui la sépare de Macron. Elle part d’environ 40 % selon les sondages.

A ce jour parmi les « vedettes » qui ont appelé à voter Macron pour faire barrage à Marine, outre le catholique Fillon dès dimanche soir, nous avons François Hollande, la CFDT, le Medef et La Grande Mosquée de Paris qui exhorte les musulmans à « voter massivement » pour Macron. Ces soutiens-là aujourd’hui sont tous des repoussoirs pour les Français.

Le syndicat majoritaire des policiers Alliance (classé à droite) appelle également à voter Macron et à faire barrage à Marine Le Pen. La seule qui a refusé de clouer les flics au pilori dans l’affaire Théo. La seule qui veut réarmer les policiers et renforcer leurs effectifs (recrutement de 15 000 policiers et gendarmes). La seule à proposer des mesures efficaces contre le terrorisme islamiste, le communautarisme, qui a le projet de désarmer les banlieues et de dissoudre les milices antifas. Bravo Alliance qui a tout compris au film ! Son secrétaire général Jean-Claude Delage, intelligence en dessous de la moyenne et franc-mac bon teint, préfère se garantir des avantages corporatistes en caressant dans le sens du poil celui qu’il voit à coup sûr élu dans 15 jours. 

Depuis son appel, le syndicat se fait littéralement défoncer par ses adhérents comme le souligne F.de Souche. Une preuve de plus de la déconnexion des syndicalistes qui ne font plus de police depuis longtemps, avec les policiers du terrain au contact de la réalité tous les jours.

A noter que Christine Boutin qui a voté Fillon au premier tour, est la seule de toute la classe politique à annoncer qu’elle mettra un bulletin Marine Le Pen dans l’urne le 7 mai prochain. (A contre-courant de la consigne des LR qui vont droit dans le mur pour les législatives). Elle ne manque pas de courage c’est assez rare pour être signalé :

« Macron, ce n’est pas possible, c’est l’incarnation de tout ce que je n’aime pas, c’est à l’opposé de mes valeurs qui ont rythmé ma vie politique. C’est le libéralisme libertaire, c’est la mondialisation, c’est l’argent, c’est la banque. »

Les femmes ont en majorité choisi Marine au premier tour de ces présidentielles. Selon OpinionWay elle est arrivée en tête chez les électrices avec 23,9 % devant Emmanuel Macron à 21,3 %.

Caroline Parmentier

Article et dessin de Chard paru dans Présent daté du 26 avril 2017
sous le titre « Les Tout Pourris bougent encore »

Que veut le peuple de droite ?

Source : Polémia
Une très intéressante enquête de Polémia sur les aspirations du « peuple de droite », qui fait bien ressortir les points de convergence entre les électeurs de partis de la droite parlementaire et de la droite nationale. Nous vous livrons les éléments clefs par grands thèmes (immigration, famille, Europe, économie, social, laïcité, réforme de l’État,
Sécurité et défense et vous renvoyons au site de Polémia pour l’analyse détaillée de chaque point.

Parmi les Français, les sympathisants du Front national et de l’UMP, aujourd’hui Les Républicains, ont des opinions voisines sur beaucoup de sujets. Ces deux groupes, lorsqu’on les interroge, sont souvent plus proches l’un de l’autre qu’ils ne le sont des électeurs de gauche. Les sympathisants des partis dits du centre, UDI et Modem se rapprochent, à un moindre degré, des électeurs du Front national et des Républicains.

Ce « peuple de droite », formé de deux composantes — une droite populiste, autour du Front national, une droite « classique », celle des Républicains et de leurs alliés centristes — est aujourd’hui, de loin, la force électorale dominante sur l’échiquier politique. Au sein de cette force, l’électorat du Front national est en voie de devenir prépondérant.
Quel serait le programme politique correspondant aux souhaits du peuple de droite ? Pour le savoir, il faut sélectionner sondage après sondage, les propositions auxquelles adhèrent une majorité d’électeurs du Front national et des Républicains. Certaines d’entre elles recueillent aussi l’approbation d’une majorité ou d’une part substantielle des électeurs de gauche. D’autres propositions sont plus clivantes entre la droite et la gauche. Quel que soit le cas de figure, c’est avec de telles propositions que devrait être bâti un programme politique présidentiel capable de rassembler le peuple de droite au-delà de chacune des deux forces qui le composent.

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Apartheid au conseil régional : personne ne veut s’asseoir à côté des élus FN

Source : Boulevard Voltaire
Il y en a pour qui accepter les règles de la démocratie n’est pas chose simple.

Il y en a pour qui accepter les règles de la démocratie n’est pas chose simple. De ces partis politiques pourtant autoproclamés héritiers des valeurs de la République. À s’en attribuer le patronyme. Républicains.
Les élections régionales ont vu entrer des conseillers régionaux FN par dizaines dans des hémicycles peu enclins à partager leur terrain de jeux, et l’aller-retour entre les déclarations de principe et la mise en place de la volonté des urnes tourne au cul-de-sac.
Ainsi, pour la première session du conseil régional d’Île-de-France présidée par Valérie Pécresse, les élus FN ont eu la surprise de voir les sièges autour d’eux vacants.
Isolés de leurs homologues Les Républicains par quatre places laissées vides entre le rang de la majorité et celui des élus frontistes.

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La haine de nos élites

07/01/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Dire aujourd’hui que nos élites européennes nous ont abandonnés ne relève vraiment plus d’une idée farfelue. Affirmer que nos dirigeants déconstruisent patiemment nos territoires charnels, au nom de l’utopie multiculturaliste, ne peut plus être considéré comme une ineptie. Il faut que nous prenions conscience que le changement ne peut plus venir de ceux qui nous trahissent.

Au niveau du « grand foutage de gueule », nous pouvons reconnaître que l’année 2015 fut un excellent cru ! Les attentats à Paris n’ont fait que confirmer l’échec cuisant de notre « vivre ensemble » symbolisé par un communautarisme de plus en plus sectaire et par une islamisation de plus en plus forte des sociétés européennes. Le mensonge des autorités européennes sur l’invasion de masse que subit notre continent, en faisant passer des clandestins pour des réfugiés, n’est que l’aboutissement d’une logique mise en place depuis plus de trente ans par notre classe politique hors-sol. Assister, sans que cela n’éveille un début d’indignation, au lynchage médiatique du Front National, considéré par certains comme la principale menace pour notre pays et considéré par d’autres comme une formation politique proche de Daesh, fut un moment assez troublant pour comprendre finalement que l’État français est réellement entré en guerre. En guerre non pas contre l’islamisme comme il le laisse trop souvent entendre, mais contre son propre peuple qui a osé voter massivement pour un parti patriote !

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Tapie : le retour !

Tapie : le retour !
21/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)

Il ne manquait plus que lui ! C’est la nouvelle de ce week-end : Bernard Tapie revient en politique. Il ne dépareillera pas le tableau de la décomposition ambiante, il en serait même la cerise sur l’indigeste gâteau.

Et pourquoi ce cheval de retour veut-il labourer de nouveau le terrain ? Pour célébrer le 20e anniversaire de la mort de son mentor Mitterrand qui en fit un ministre ? Apparemment non, c’est pour se lancer dans une action sans doute trop négligée à ses yeux par la classe politique : taper sur le Front national.
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Voilà qui est original ! Il est persuadé que, pour ce lynchage permanent, on avait encore besoin de sa grosse voix et de ses petits poings. Car, lui aussi, il a peur que les chemises brunes ne s’abattent sur le pays, les élections régionales lui ayant été « un signal d’alarme ».

À ce signal, un Tapie peut-il rester indifférent ? Nullement, comme toute la classe politique il veut « faire barrage ». Et d’exhiber ses états de service d’ancien combattant contre le Front. N’a-t-il pas traité les électeurs FN de « salauds » en 1992, montrant ainsi toute la délicatesse éthique de sa pensée ?
Cela n’a pas empêché les médias, il est vrai, de le décorer au champ « d’honneur » de la lutte anti-frontiste après son débat, en 1994, avec Jean-Marie Le Pen qu’il aurait terrassé de sa gouaille ! Las ! Moins d’un an plus tard, loin d’être à terre, le Front national triomphait aux municipales de 1995 dans trois villes importantes, Toulon, Marignane, Orange, tandis que Tapie, qui voulait conquérir Marseille, en a été empêché à cause d’énièmes ennuis judiciaires. Venant de sortir de prison à cause de l’affaire Valenciennes-OM, il ne voulait pas y retourner, c’est humain…

Mais l’affairiste a une autre raison de renouveler le don de sa personne à la politique : le chômage qui lui fend le cœur, surtout depuis les régionales, avant c’était moins grave. Ce qui le chagrine, c’est celui des jeunes, celui des seniors, plus massif et plus long, le laisse de marbre.
C’est que 34 % des 18-30 ans se sont prononcés pour le Front national et Tapie croit aussi que le vote FN s’inversera en même temps que la courbe du chômage, toujours promise et sans cesse différée. Il entend rendre « illégal » le chômage des jeunes, il avait même naguère déposé un projet de loi dans ce sens, mais le gouvernement socialiste d’alors n’avait pas cru devoir faire sienne cette idée si simple et si géniale qu’on se demande pourquoi ne pas l’étendre à tous.

On a bien compris que cette haine renaissante pour le Front national et sa nouvelle croisade pour l’emploi des jeunes ne lui sont pas seulement une cure de jouvence. Il s’agit d’habiller de motifs jugés politiquement corrects un sordide règlement de comptes. L’arbitrage de 404 millions en sa faveur ayant été annulé dans l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais, il doit rembourser et pleure misère.
Mais exiger le recouvrement, ça dépend du « gouvernement », assure-t-il, il « n’est pas obligé d’exécuter un jugement infamant ». Et s’il le fait ? « S’ils veulent la guerre, ils font l’avoir. » Son retour veut donc être une arme de dissuasion pour rappeler que son pouvoir de nuisance est intact.

Guy Rouvrais

Valls et Raffarin pour une lutte fraternelle contre le chômage

17/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Jean-Pierre Raffarin, sénateur Les Républicains de la Vienne, en collaboration avec Manuel Valls, veut mettre en place un « pacte républicain », afin de lutter contre le chômage et le Front National, faisant ainsi, semble-t-il, d’une seule pierre deux coups. En effet, mercredi matin, invité sur Europe 1, Jean-Pierre Raffarin a proclamé : « Si, on veut éviter que le FN gagne la présidentielle, il faut baisser le chômage, et c’est l’intérêt de tous », proposant ainsi au gouvernement une alliance avec la droite parlementaire, pour un pacte républicain pour l’emploi. Le Premier ministre n’a alors pas tardé à répondre sur Twitter, avec enthousiasme : « OK avec Jean-Pierre Raffarin ! » Ce pacte doit se concrétiser en janvier, pour tenter d’améliorer la situation d’un pays de 6,3 millions de chômeurs.

Lutter contre le chômage, est ce donc lutter contre le FN ?
Il s’agit en effet pour Raffarin et Valls de mettre en place une équation pour contrer le FN dans l’optique des présidentielles. Mais cela nous rassure Raffarin, sans compromission, mais dans l’intérêt réel de la France. Le sénateur LR ne veut pas parler d’union nationale, mais proclame : « On a été d’accord, droite et gauche, pour battre le FN aux élections régionales. Alors, soyons ensemble, d’accord, pour faire en sorte que la cause du Front National première, le chômage, soit réglée ». On met donc un point d’honneur à s’occuper de la cause du chômage, dès lors que le FN semble se l’être accaparée.

Peut-on y voir une union qui se confirme entre la droite et la gauche, dans l’angoisse des résultats du FN ?
Raffarin semble vouloir à tout prix se justifier, et répète : « nous n’avons rien à voir avec le parti socialiste, et nous le combattrons à l’élection présidentielle, mais aujourd’hui il faut s’occuper de la France ». Le véritable but de ce pacte semble donc assez flou. Est-ce donc vraiment le chômage que l’on combat ? Il semble surtout que la baisse de la courbe de celui-ci soit le meilleur atout pour re-crédibiliser les partis de l’oligarchie.

Crédit photo : UMP via Flickr (CC) = Jean-Pierre Raffarin

36 h après les résultats, retour sur les résultats des élections régionales

Marion Le Pen : pour une immunité diplomatique réservée aux seuls diplomates

15/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Encore une fois, les élections régionales auront donné lieu à leur lot de commentaires dimanche soir. 36 heures après, le temps est venu de tirer les grandes conclusions de ce scrutin.

Le Front National atteint un sommet historique
Le premier tour avait déjà consacré la percée du parti de Marine Le Pen. Le Front était dimanche dernier le premier parti de France. Ce dimanche, le FN n’a gagné aucune région. Ses résultats n’en sont pas pour autant moins impressionnants. 800 000 voix de gagnées entre les deux tours. Soit 6 millions 800 000 électeurs. Plus que pour Marine Le Pen aux dernières élections présidentielles. Au final, le FN aura triplé le nombre de ses conseillers régionaux.

Il semblerait que ce soient les discours sur l’identité et les valeurs traditionnelles qui séduisent le plus l’électorat FN
Marion Maréchal-Le Pen en a été le porte-étendard durant cette campagne. Il n’y a qu’elle qui dépasse les 45 %. Il n’y a que dans le Vaucluse, son fief, que le FN dépasse les 50 % sur l’ensemble du département. À l’inverse, Wallerand de Saint Just qui a tenu une ligne moins affirmée, est le seul candidat FN à avoir perdu des voix entre les deux tours.

On retrouve d’ailleurs cette même tendance chez les candidats Les Républicains
En effet, tous les candidats ayant gagné face au PS l’ont fait en s’affirmant clairement avec La Manif pour tous : Valérie Pécresse, Bruno Retailleau ou encore Laurent Wauquiez. Ce dernier, le plus affirmé, a par ailleurs le résultat le plus élevé avec plus de 40 % des scrutins.

Bien aidé par les médias, le système se maintient…
Robert Ménard évoquait « Une semaine de matraquage nord-coréen ». Ce matraquage s’est fait ressentir. Dans la baisse massive de l’abstention déjà. Et dans le report très supérieur à ce qu’il est habituellement, des voix socialistes sur les candidats Les Républicains.
On retrouve donc un scénario que nous connaissons déjà bien trop… une première place au premier tour, relégués au second rôle après le deuxième…

Débiteurs des socialistes

15/12/2015 – FRANCE (Présent 8504)

Ça n’aura pas traîné : la « droite », leur infini débiteur, doit déjà passer à la caisse. Le Parti socialiste qui n’a pas fini de nous bassiner avec son « sacrifice citoyen » dans le Nord et en PACA (où leurs candidats n’atteignaient pas les 20 % au premier tour) demande des garanties et des gages aux Républicains. « Leur victoire, grâce à la gauche, les engage », a déclaré sur un ton comminatoire le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, dès le lendemain du premier tour.
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Et il a les moyens de tout se permettre : Cambadélis somment Les Républicains de sortir de leur « ambiguïté » vis-à-vis du Front national : « La droite républicaine ne peut plus rester dans cette brume des mots et le brouillard des idées, dans cette droite qui veut à la fois le soutien des républicains [NDLR : de gauche] et du FN. » Avant de menacer lundi matin : « J’espère que nous n’entendrons plus ce que nous avons entendu avant l’élection. » L’ancien trotskyste lambertiste entend aussi contrôler leur discours.

Qu’il se rassure, si certains chez Les Républicains risquent de ne pas apprécier de se mettre sous les ordres du troisième parti de France, d’autres ont devancé l’appel et courent au-devant avec joie : Christian Estrosi et Xavier Bertrand ont promis un conseil parallèle où siégeraient les députés UMPS sans le FN, entre gens convenables…

« Un conseil territorial qui permette à ceux qui ont fait le sacrifice de ne pas être candidats au second tour par esprit républicain, de pouvoir s’exprimer et se prononcer sur la vie de la collectivité », a déclaré Estrosi. Tandis que Bertrand promettait : « Le PS travaillera avec le Conseil régional. » Et qui va financer ces conseils et structures parallèles et antidémocratiques ? On avait pourtant réussi à se débarrasser complètement de la gabegie et de la corruption socialistes dans ces deux régions, le résultat le plus magnifique de ces élections, il faut qu’ils nous les ramènent par la grande porte !

Mais qu’ils se regroupent donc une bonne fois pour toutes en une seule formation (ce n’est pas pour ce qui les sépare…) un seul et unique parti qu’ils n’ont qu’à renommer une fois de plus et où ils pourront s’étriper en famille et trahir leurs électeurs à ciel ouvert.

Caroline Parmentier

La victoire volée

14/12/2015 – POLITIQUE (Présent 8503)

Ambiance beaucoup plus décontractée sur les plateaux télé une semaine après. À deux heures de l’annonce des résultats, ce ne sont plus les mêmes. On plaisante, on s’interpelle avec des rires de gorge. Ruth Elkrief est toute rose de plaisir, Hervé Gattegno le militant anti-FN de RMC (ils le sont tous, mais lui le porte en bandoulière) a son gros nez qui frémit. Ils annoncent un « référendum pour ou contre le FN », ils se gargarisent du « sursaut civique », ils savent que le Front national n’emportera aucune région ce soir. Ils ont passé leur semaine entière (et leur vie !) à ça. « Une semaine de matraquage nord-coréen » selon l’expression de Robert Ménard.
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La victoire volée, c’est bien le sentiment qui est tombé sur six millions et demi d’électeurs à 20 heures en découvrant que le Front national, premier parti de France arrivé en tête dans six régions n’aura aucune présidence. « Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs », a déclaré Marion Maréchal-Le Pen. Ils se sont mis à 19 partis et formations (15 à gauche et 4 à droite), 19 contre 1 pour ce beau résultat. « Un agglomérat difficile à démêler » comme l’a décrit Florian Philippot dans lequel tout était permis : calomnie, mensonge, clientélisme, vote communautaire… Et Manuel Valls terrorisant les électeurs en brandissant la menace de la guerre civile.

Ils se sont soigneusement repartagé le fromage, passe-moi la rhubarbe, je te passe le séné, cinq régions pour le PS, sept régions pour Les Républicains. Ingérables localement, ils en feront l’expérience très vite, alors qu’ils sont les débiteurs les uns des autres et qu’ils se détestent tous cordialement. La vieille mafia politique ne retrouve plus son énergie que pour ce genre de hold-up électoral pour sauver ses sièges et trahir ses électeurs. Alain Juppé, 70 ans, 40 ans aux crochets de la vie politique et toujours partant pour une présidentielle, y a vu un « signe de bonne santé de notre démocratie ». La démocratie est sauvée, de même que la planète !

Comment vont-ils les « tenir » demain ces Français dégoûtés, excédés, dont la colère est plus que jamais là, lorsque les taxes, le chômage et les migrants vont continuer de déferler ? Lorsque les attentats islamistes vont recommencer parce qu’ils n’ont pris aucune mesure décisive pour les endiguer ? À l’UMPS on les entend répéter en boucle qu’ils ont « compris », qu’ils ont eu très chaud, « vraiment merci aux électeurs de cet avertissement ». C’est la quinzième fois qu’ils nous font le coup. Qui peut les croire encore ?

Ils font bien de se congratuler, de se passer la main dans le dos et de déclarer clairement comme Estrosi et Richert que ces arrangements de l’entre-deux-tours les « engagent » vis-à-vis de la gauche. Au point où ils en étaient déjà, qu’est-ce que ça va être…
Ils font bien d’en profiter ces vieux crocodiles du marigot, ces vieux francs-macs poussiéreux vissés à leurs sièges depuis des décennies, et les Marie-Guite Dufay et les Le Drian et les François Bonneau qu’il va falloir encore se farcir six ans, ces « politiciens des années 70 » comme l’a déclaré Philippe de Villiers à propos d’Estrosi dénonçant « ses combinaisons avec la gauche qui rappellent la SFIO du temps de Defferre », ces vieux caciques du système, ces hommes et ces femmes d’un passé dont on ne veut plus.

Ils font bien d’en profiter parce que la montée du FN est inéluctable. Parce que la seule force d’opposition à ce qu’ils sont et à ce qu’ils font n’a jamais été aussi importante. Socialistes ou UMP, beaucoup vont céder leur place aux conseillers FN. Le parti de Marine Le Pen fait le plus gros score de son histoire en nombre de voix et progresse encore entre les deux tours. Il y a deux régions de France, le Nord et la Provence où comme l’a déclaré Marine Le Pen le Front national a réussi « l’éradication totale d’un parti socialiste particulièrement malfaisant ». L’implantation locale, capitale pour la présidentielle de 2017, progresse nettement.
On avance. Mais pas assez vite.

Caroline Parmentier

Régionales : le lâche soulagement du système

14/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
7 régions pour les Républicains, 5 pour la gauche, la Corse aux régionalistes. La classe politico-médiatique affiche son soulagement de ne voir aucune région passer au FN.

C’est peu dire que l’entre-deux tours aura mobilisé l’ensemble de la classe politico-médiatique autour du vrai danger qui nous menace. Pas le terrorisme islamique, pas la submersion migratoire, pas le chômage de masse, pas la crise économique… le vrai danger, c’est bien sûr que 6,6 millions d’électeurs ne puissent obtenir une représentation, ne serait-ce qu’au niveau local.

Appel à la mobilisation des abstentionnistes, manœuvres d’appareil et alliances contre-nature, spectre de la crise ou de la guerre civile agité en tous sens, rien n’aura été épargné pour « faire barrage » au FN.
« Un sursaut citoyen » pour L’Humanité, « soulagés, mais… » pour Libération, « Sept à droite, cinq à gauche » pour Ouest France, « la victoire des gens du nord » pour La Voix du Nord, « le sursaut/la claque » (avec respectivement les photos de Manuel Valls et Marine Le Pen) pour Le Dauphiné, le soulagement se lit dans les unes des quotidiens.

Du côté des politiques, la modestie est de mise, sur thème de « on a entendu l’avertissement, rien ne sera plus comme avant », à commencer par Manuel Valls qui a souhaité dimanche soir que « la politique ne reprenne pas comme avant ». Martine Aubry estime que « Ce soir, personne n’a gagné ! » et la socialiste Marie-Guite Dufay, vainqueur de justesse en Bourgogne-Franche-Comté parle de « victoire chèrement acquise ». Christian Estrosi, vainqueur face à Marion Maréchal Le Pen, prend sa victoire avec « beaucoup de modestie », mais annonce déjà trouver des solutions pour.

C’est Marion Maréchal Le Pen qui a le mot juste :

Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs.

Et l’annonce de son adversaire qui veut « veiller à ce que ceux qui ne seront pas entendus pendant six ans puissent aussi être entendus », en clair associer ses anciens adversaires socialistes à son mandat lui donne raison et jette déjà le voile des combinaisons d’appareil sur les belles déclarations de changement. Impression confirmée par les déclarations de Ségolène Royal qui appelle à « repenser la gouvernance là où la gauche s’est désistée »…

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Élections régionales : le FN en tête au premier tour, un deuxième tour incertain

12/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Ce dimanche a lieu le 2e tour des régionales. Les électeurs français sont appelés à élire pas moins de 1 757 conseillers régionaux.
Dimanche dernier le Front National était en tête avec 28 % des voix au niveau national, suivi des Républicains (27 %) et du Parti Socialiste (23,5 %).
Une première place inédite pour le FN, qui se retrouve en tête dans six régions, notamment le Nord-Pas-de-Calais/Picardie, et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les Républicains sont en tête dans 4 régions, le PS dans 3.
Le vote FN est encore plus fort dans les villes administrées par le Front depuis deux ans : plus de 59 % à Hénin-Beaumont.

Quels enseignements tirer de ces résultats électoraux ?
Une enquête IFOP sur le profil des électeurs aux régionales, publiée le 6 décembre, confirme que les peu ou pas diplômés, les ouvriers, les chômeurs et les jeunes, votent de moins en moins à gauche, et de plus en plus pour la droite et le FN.
Au niveau national, la gauche a rassemblé 38 % des électeurs. Contre 62 % pour la droite et le FN. Cette proportion monte à 68 % pour les ouvriers, 63 % pour les moins de 35 ans.
Un tiers des jeunes, 40 % des peu ou pas diplômés et des chômeurs et la moitié des ouvriers ont voté FN.

Les régionales sont un mode de scrutin de liste à deux tours, à la proportionnelle, avec une prime de 25 % des sièges pour la force politique arrivée en tête
Ce mode électoral a rendu difficiles les tractations pour la fusion des listes, qui devaient être déposées mardi soir.
Si les candidats PS arrivés en 3e position se sont retirés en NPDC et PACA, Jean-Pierre Masseret s’est maintenu, dans la région Grand Est.
La droite parlementaire, quant à elle, n’a effectué aucun retrait « républicain ».


Valls et Hollande au bord de la guerre civile

12/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Valls et Hollande agitent le risque de guerre civile, la gauche amalgame FN et Daesh. Les prémisses d’un coup de force « républicain » ?

Que va-t-il se passer si demain le résultat des urnes est favorable, voire très favorable au FN ? Le parti frontiste est en tête dans 6 régions, dont trois sont à portée de main. Mais Manuel Valls avait annoncé être « prêt à tout » pour empêcher cela.
Avec en toile de fond l’état d’urgence étendu – qui permet la dissolution des associations ou groupements « portant une atteinte grave à l’ordre public » et la multiplication des mesures sécuritaires, les récentes déclarations de l’exécutif ont de quoi inquiéter.
Ce sont tout d’abord les amalgames de plus en plus nombreux entre le FN et l’État Islamique (« le FN ne vote pas Daesh, mais Daesh vote FN », « Toujours pas de communiqué de l’EI pour revendiquer et se réjouir des résultats d’hier soir »…)

Puis Hollande, dans son allocution de remise de Légion d’Honneur aux lauréats du prix Nobel de la paix, qui parle de l’objectif des terroristes :

créer un sentiment d’insécurité tel que les ferments de la guerre civile pourraient à ce moment à se trouver réunis

Et enfin Valls, encore lui, qui annonce qu’

il y a deux options : celle de l’extrême droite qui prône la division qui peut conduire à la guerre civile et celle de la République et de ses valeurs.

Assistons-nous à la dernière phase du matraquage des électeurs, destiné à leur faire peur d’aller voter FN, ou, plus grave, aux prémisses d’un coup de force « républicain » contre le FN, dont l’objectif avoué serait « d’éviter la guerre civile » ? Avec ce pouvoir aux abois et prêt à tout, l’hypothèse n’est pas absurde. À tout le moins, on peut s’attendre à une répression accrue à l’encontre des milieux patriotes, et ce quel que soit le résultat des urnes, qui ne pourra que sanctionner les vrais fauteurs de guerre civile si justement pointés du doigt par Périco Légasse dans cette tribune.