“Européisme” : pour Bruno Gollnisch (FN), l’Union européenne actuelle est davantage jacobine que fédérale

"Européisme" : pour Bruno Gollnisch (FN), l'Union européenne actuelle est davantage jacobine que fédérale

16/11/2012 — 23h15
SAINT-ÉTIENNE (NOVOpress) —
Le député européen – et ancien concurrent de Marine Le Pen pour la présidence du Front National – Bruno Gollnisch s’est livré à une très intéressante intervention sur l’Europe politique, dans le cadre d’une journée de formation du FNJ Loire le 11 novembre dernier.

Lire la suite“Européisme” : pour Bruno Gollnisch (FN), l’Union européenne actuelle est davantage jacobine que fédérale

Novopress à l’origine de la polémique FN/Biolay

Novopress à l’origine de la polémique FN/Biolay

08/11/2012 –  19h50
PARIS (NOVOpress) –
Quarante-huit heures après la sortie du nouvel album de Benjamin Biolay, Novopress donnait un coup de projecteur le 7 novembre sur l’un des passages de la chanson « Vengeance » où le chanteur s’amusait de la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois, Secrétaire général du Front National de 1981 à 1988, décédé dans un accident de voiture en 1988 près de Dreux (Eure-et-Loir). Benjamin Biolay chante en effet : « La vengeance est un plat que certains mangent froid comme Stirbois s’est mangé son cèdre ». Dans cette chanson, Benjamin Biolay dérape aussi en parlant de « sous-hommes », terminologie typiquement nazie.

Lire la suiteNovopress à l’origine de la polémique FN/Biolay

Discussions Identitaires-FN : ce sont surtout les journalistes qui n’en veulent pas !

Discussions Identitaires-FN : ce sont surtout les journalistes qui n'en veulent pas !

06/11/2012 — 20h45
PARIS (NOVOpress) —
Les rumeurs invoquant une alliance entre le Bloc identitaire et le Front National (FN) n’ont pas fini de faire causer. Et ce malgré les précisions apportées pendant et juste après la Convention identitaire. Sauf que désormais les journalistes veulent en être les acteurs ! Et des acteurs qui œuvrent tranquillement pour faire capoter la moindre discussion.

Lire la suiteDiscussions Identitaires-FN : ce sont surtout les journalistes qui n’en veulent pas !

Bloc Identitaire/RBM : Philippe Vardon précise les choses

06/11/2012 — 16h30
PARIS (NOVOpress) — Dans un court entretien vidéo réalisé dimanche à l’issue de la Convention identitaire qui s’est tenu à Orange, Philippe Vardon a tenu à préciser la réalité des rapports entre le Bloc identitaire et le Rassemblement Bleu Marine.

Quelle majorité pour une droite plurielle ?

Quelle majorité pour une droite plurielle ?

Résumé de la communication de Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, à la XXVIIIe Université annuelle du Club de l’Horloge, dimanche 21 octobre 2012.

2012 : La victoire étriquée de la gauche

François Hollande est le plus mal élu des présidents de la Ve République : il n’a rassemblé que 39% des inscrits et 48,6% des votants ; 1.139.000 voix seulement le séparent de Nicolas Sarkozy alors que 2.146.000 électeurs ont choisi de voter blanc ou nul. Et seule la mobilisation massive de l’électorat musulman (86% pour Hollande, selon l’IFOP) lui a assuré la victoire. Au premier tour des élections législatives, le Parti socialiste, qui détient à lui seul la majorité de l’Assemblée nationale, a recueilli 16,1% des inscrits : moins d’un électeur sur six !

Lire la suiteQuelle majorité pour une droite plurielle ?

Mosquée de Poitiers, Marine Le Pen : “Je suis atterrée par les réactions d’hystérie de la classe politique”

22/10/2012 — 18h00
PARIS (NOVOpress) — Interrogée ce matin sur RTL par Jean-Michel Apathie, Marine Le Pen a indiqué, au sujet de l’action de Génération Identitaire sur le chantier de la future mosquée de Poitiers : “Je suis atterrée par les réactions d’hystérie de la classe politique”. Précisant que “j’aurais bien aimé qu’il y ait les mêmes réactions d’hystérie quand il y a eu des multiples occupations d’églises”. A signaler qu’en outre il s’agissait là d’églises en activité et non pas de chantiers.

Lorsqu’on lui a demandé si elle était choquée par l’action des militants identitaires, la présidente du Front National a répondu : “Croyez-vous qu’il faut faire une repentance pour s’excuser de l’action de Charles Martel ?” Ajoutant :  “Je pense qu’il faut se précipiter pour se repentir”.

Lire la suiteMosquée de Poitiers, Marine Le Pen : “Je suis atterrée par les réactions d’hystérie de la classe politique”

“La grande peur des temps présents” par Georges Feltin-Tracol

"La grande peur des temps présents" par Georges Feltin-Tracol

Christophe Bourseiller. Crédit photo : Tim Lybm via Wikipédia (cc).

15/10/2012 — 14h00
PARIS (via Europe Maxima) — Depuis 1989 et la parution des Ennemis du système, Christophe Bourseiller s’intéresse aux « périphéries politiques ». Désormais maître de conférence à Sciences Po – Paris, cet acteur de cinéma et de publicité a consacré de nombreux ouvrages à l’« extrême gauche » (Les Maoïstes en 1996, Histoire général de l’ultra-gauche en 2003), à l’« extrême droite », au phénomène sectaire (Les Faux Messies en 1993, Carlos Castaneda. La Vérité du mensonge en 2005), aux nouvelles sexualités (Les Forcenés du désir en 2000) et à la franc-maçonnerie (Un Maçon parle en 2010).

Lire la suite“La grande peur des temps présents” par Georges Feltin-Tracol

Comment ils ont tenté de tuer le FN – Par Thierry Normand

Comment ils ont tenté de tuer le FN - Par Thierry Normand

Le Front National fête ses 40 ans. Jamais, dans l’histoire de la République, un parti n’aura autant fait l’objet de campagnes de calomnies et de dénigrements que lui. Trois d’entre elles furent particulièrement spectaculaires :

Lire la suiteComment ils ont tenté de tuer le FN – Par Thierry Normand

La réciprocité : une boussole dans le choc des civilisations et des Etats ?

La réciprocité : une boussole dans le choc des civilisations et des Etats ?

Photo en Une : le minaret de la grande mosquée de Paris.

Par-delà les continents et les frontières – des Etats ou des quartiers – le choc des civilisations provoque des incompréhensions. Les musulmans sont axés sur la défense de leur religion contre des propos ou des images qu’ils considèrent comme des « blasphèmes ». Les Européens et les Occidentaux sont, eux, davantage attachés à la défense de la liberté d’expression. Au-delà des tensions actuelles, il serait bon d’avoir une boussole dans les relations entre Etats, religions et civilisations. Une boussole aussi vieille que les relations en société : la réciprocité.
JYLG

Ainsi, il est étrange que les musulmans réclament – et obtiennent – la construction de grandes mosquées en Europe alors qu’aucune église nouvelle ne peut être construite aujourd’hui dans les pays musulmans, y compris et surtout dans les pays du Golfe arabo-persique qui accueillent de nombreux travailleurs catholiques (philippins notamment) [NDLR, en Arabie Saoudite par exemple il n’y a aucune église chrétienne alors qu’il y réside plus d’un million de chrétiens]. Et dans les vieilles terres chrétiennes d’Irak, de Syrie (dans les zones rebelles) ou d’Egypte, la situation des chrétiens est de plus en plus délicate.

Lire la suiteLa réciprocité : une boussole dans le choc des civilisations et des Etats ?

Dominique Venner : “L’offensive « laïque » de Marine Le Pen”

Dominique Venner : "L’offensive « laïque » de Marine Le Pen"

Crédit photo : RémiJDN via Flickr (cc)

Tribune libre, texte initialement publié sur www.dominiquevenner.fr

Devant la portée « métapolitique » des déclarations récentes de Marine Le Pen sur la laïcité, je vais me départir un instant de ma distance à l’égard de l’univers politique. Son offensive « laïque », pour reprendre le titre du Monde (22 septembre 2012), est à prendre au sérieux. Elle constitue une rupture majeure dans le discours sur l’immigration.

Occupant un terrain où on ne l’attendait pas, Marine Le Pen accentue son image moderne, plaçant ses adversaires faussement « républicains » face à leurs contradictions. En reprenant les principes fondamentaux de la République française pour condamner l’immigration islamiste, elle se fera entendre par une part importante de l’opinion qui lui restait fermée. Elle a trouvé des formules fortes auxquelles tout Français ne peut qu’applaudir : « La laïcité comme la liberté n’est pas négociable… Je mets à la porte tous les intégristes étrangers… J’interdis le voile dans l’espace public… Je rétablis le rôle de l’école publique et républicaine qui est de fabriquer des Français… »

Lire la suiteDominique Venner : “L’offensive « laïque » de Marine Le Pen”

Hollande et la « présidence normale » dans le collimateur de Marine Le Pen

Hollande et la « présidence normale » dans le collimateur de Marine Le Pen

24/09/2012 – 16h15
LA BAULE (NOVOpress Breizh) – Ce week-end le centre Atlantia de La Baule avait fait le plein pour accueillir l’université du Front national, première manifestation publique du mouvement depuis les élections législatives. Dans son discours de clôture, Marine Le Pen a vivement critiqué la politique menée par François Hollande depuis son élection.

Lire la suiteHollande et la « présidence normale » dans le collimateur de Marine Le Pen

Nicolas Dupont-Aignan prêt à dialoguer avec le Front national

Nicolas Dupont-Aignan prêt à dialoguer avec le Front national

04/09/2012 — 18h30
PARIS (NOVOpress) — La recomposition des droites est-elle en marche ? Toujours est-il que les déclarations de Nicolas Dupont-Aignan (au centre de la photo ci-dessus) – président du parti souverainiste Debout la République et candidat lors de l’élection présidentielle de 2012 –, lors du Libre Journal d’Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie du lundi 3 septembre, risquent de faire évoluer une partie de la droite. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi indiqué : « Un jour ou l’autre, il y aura besoin de dialogue [avec le Front national]. Chacun devra peut-être faire un pas. » Considérant que « le Front National, seul, ne prendra pas le pouvoir ».

Des déclarations intéressantes qui peuvent augurer de profonds changements. En tout cas, Nicolas Dupont-Aignan a fait des pas vers le Front national. Ainsi, pour lui, « il faut faire avec la religion musulmane ce que Napoléon a fait avec la religion juive, c’est-à-dire affirmer clairement : “Vous voulez être chez nous, très bien, mais c’est l’Etat qui décide”. Les mosquées financées par l’étranger, c’est fini. » Et il en a profité pour réclamer une réduction « drastique » de l’immigration, à défaut de pouvoir envisager l’immigration zéro.
Crédit photo : Nono44/Wikipédia (cc)

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme – Par Pierre Bérard

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme - Par Pierre Bérard

[box class=”info”] Le journal Le Monde publiait récemment la tribune d’un professeur d’histoire, Bruno Belliot, titrée « Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN ». Faisant le procès de l’UMP et du FN tout en dédouanant les angéliques du PC et du FdG français, cette tribune contenait tout l’argumentaire médiatique habituel sur l’incompatibilité du FN et de la République, colporté tant par certains politiques ignorants que par des journalistes incultes qui mettent leur complaisance au service d’une cause inavouable : la nostalgie du totalitarisme stalinien. Sa participation au camp des vainqueurs de 1945 n’empêche pas, en effet, le PCF de s’être rendu coupable de complicité avec la tyrannie.

Le sens de l’affaire est limpide, toujours et encore culpabiliser le camp de la « droite » : « C’est pourquoi, il m’est intolérable d’entendre, de lire (comme de voir dessiner), qu’un parallèle peut être fait entre Mélenchon, les communistes, les candidats du Front de Gauche et l’extrême droite du FN. Et que par conséquent, la droite n’aurait pas à rougir de ses alliances avec le FN puisque le PS s’allie avec le Front de Gauche. »

Dans un article publié sur le site la Droite strasbourgeoise, Pierre Bérard démontre non seulement l’inanité de cette culpabilisation mais démonte du même coup la notion de « droite républicaine » dont la signification reste à démontrer si l’on veut dire par là qu’il existerait en 2012 une droite qui ne le serait pas. Ce texte est reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.[/box]

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme - Par Pierre Bérard
En 1939, signature du pacte Germano-Soviétique qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France (Staline au milieu). Le Parti communiste français approuve

Alors que tout change, y compris l’extrême gauche passée en 40 ans de la défense héroïque du grand soir prolétarien à celle lacrymale des sans-papiers, « armée de réserve » du capital qui exerce une pression discrète mais constante à la baisse des petits salaires (sinon on se demande bien pourquoi madame Laurence Parisot aurait, sur ce point, les mêmes idées déflationnistes que messieurs Krivine et Mélanchon. Certes, on peut toujours s’évertuer à penser que la dirigeante du MEDEF est secrètement passée du coté obscur de la force et qu’elle contraint ses amis à cultiver une forme peu banale de masochisme altruiste. Hypothèse peu probable, reconnaissons-le. Tout change donc : le « socialisme » démocratique acquis, via l’Europe, depuis deux ou trois décennies au social-libéralisme, comme le « gaullisme » qui a renoncé à l’indépendance et au dogme du peuple souverain.

Tout change, sauf bien sûr l’extrême droite vue par Bruno Belliot, membre du Front de Gauche. Impavide, elle est semblable à elle même, immobile et pétrifiée comme les années trente du XX siècle en ont donné la définition rituelle, guettant dans l’ombre (évidemment) l’heure de sa revanche, ourdissant des complots comme celui dela Cagoule, collaborant avec l’ennemi durant l’Occupation, se relevant avec le poujadisme puis l’OAS pour finir par renaitre avec le Front National. Elle est là, figée, telle que la vulgate médiatique en fait le portrait, une vulgate inspirée par l’antifascisme stalinien qui nous ressert toujours le même plat continûment réchauffé depuis 80 ans, comme l’a très bien montré François Furet. Cette paresse a fini par s’inscrire comme un habitus dans nos mœurs et nos tics de langage.

Pourtant, en ce qui concerne le procès le plus sévère instruit contre l’extrême droite, sa collaboration avec le régime nazi ou ses soi-disant affidés, qu’en est-il ?

Pour ce qui est de la résistance et de la collaboration, puisque c’est sur ce sombre épisode que s’enrochent la plupart des mythes fondateurs de l’histoire sainte dont se réclame Bruno Belliot, rappelons quelques faits marquants qui n’appartiennent nullement à une vision révisionniste de l’histoire. C’est le 26 septembre 1939 que le Parti Communiste est interdit par le gouvernement dirigé par un des chefs du Front Populaire, Édouard Daladier. Pour quelle raison ? Parce que en bon disciple stalinien il continue d’approuver le pacte Germano-Soviétique d’août 1939 qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France, entre les deux contractants. Passé dans la clandestinité, Jacques Duclos, un des principaux dirigeants du PCF, diffuse le premier octobre 1939 une lettre ouverte invitant le gouvernement à entamer des négociations de paix avec l’Allemagne hitlérienne qui étant pour l’heure l’alliée de l’URSS ne représente plus le condensé de la menace fasciste. C’est à la même époque que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti, déserte face aux armées nazies, pour rejoindre la « patrie des travailleurs » (et du Goulag), ce qui lui vaut une condamnation à mort et la déchéance de la nationalité française.

Plus tard, la défaite de la France étant consommée, Jacques Duclos entre en contact dès le 18 juin 1940 avec les autorités allemandes d’occupation tout juste installées pour entreprendre une négociation. Dans quel but ? Permettre au Parti d’être à nouveau autorisé sur la base d’une bonne entente entre le peuple français et l’armée d’occupation. Duclos propose même d’orienter la propagande du Parti dans le sens d’une lutte contre le grand capital anglais et contre sa guerre impérialiste. Les allemands ne sont pas preneurs.

Ce n’est qu’en Juin 1941 que l’extrême gauche communiste entre dans la résistance active suivant en cela ses sponsors. L’Allemagne ayant en effet décidé d’attaquer l’URSS. Dans cette résistance active, les communistes arrivent bien tard pour y retrouver des hommes qui venaient souvent de l’extrême droite. Comment, en effet, qualifier autrement les partisans de la monarchie tels Daniel Cordier (secrétaire de jean Moulin), le célèbre colonel Rémy (premier agent gaulliste en France occupée), De Vawrin (chef des services secrets de la France libre). Ou encore des cagoulards comme Guillain de Benouville (dirigeant du mouvement Combat) et des centaines d’autres affreux tels Honoré d’Estienne d’Orves fusillé un mois après Guy Moquet, célébré par Sarkozy (à la suite du parti Communiste) et qui ne fut jamais résistant…

Il suffit de lire les deux livres que l’historien israélien Simon Epstein a consacré à cette période pour abandonner tout schéma manichéen, schéma auquel s’accroche désespérément Bruno Belliot pour nous conter sa fable d’une France coupée en deux avec d’un côté les représentants du Bien et de l’autre ceux du Mal, c’est à dire l’extrême droite éternelle.

Dans « Les Dreyfusards sous l’Occupation » (2001) puis dans « Un paradoxe français » (2008), il montre, liste de noms à l’appui, que dans leur immense majorité les dreyfusards, anti-racistes, généralement pacifistes de gauche s’engagèrent dans la collaboration, tandis que nombre d’antidreyfusards et antisémites appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler la droite radicale germanophobe s’engagèrent dans la résistance etla France libre. Or ce paradoxe, on le comprend aisément, est peu abordé par l’histoire académique, prudente jusqu’à la couardise, permettant à une doxa politiquement correcte de prospérer sur les non dits de l’histoire savante. ce qui permet qu’aujourd’hui encore fleurissent des absurdités comme cette apologie du Front de Gauche intégrant trotskistes et communistes, dont peu, même dans une « droite » gagnée par la lâcheté, ose remettre en question les énoncés falsifiés. N’en reste pas moins vrai que les quatre cinquième de la chambre du Front Populaire ont accordé à un vieux maréchal, que sa réputation de laïque républicain plaçait au dessus de tout soupçon, les pleins pouvoirs. Il y avait très peu de députés d’extrême droite, pourtant, dans cette assemblée.

Quant à la reconnaissance du Parti Communiste comme parti républicain par le général de Gaulle en 1943-1944, avait-il le choix ? Il lui fallait composer avec une force majeure à l’époque. Son réalisme politique a contribué à mettre en selle un parti qu’il s’est empressé de combattre à partir de 1947 (création du RPF). De même, n’est ce pas un récipiendaire de la francisque qui nomma en 1981 des ministres communistes dans son gouvernement pour mieux étouffer un parti qui devait plus tard ramasser les dividendes putrides de son long flirt avec une URSS désormais honnie? Ce qui montre bien que la reconnaissance de tel parti comme « parti républicain » est avant tout une question de rapport de force. Le statut « républicain » accordé à un parti n’a que très peu de rapport avec les vérités de la science politique et beaucoup à voir avec la « realpolitik » de l’époque. Les définitions de la République sont évasives, comme tout ce qui ressort de la condition humaine. Chacun devrait savoir que depuis 1793,la République a changé de signification. En faire une monade surplombant dans le ciel le monde des Idées est une niaiserie platonicienne.

Pierre Bérard

Sur Novopress cet article a été publié initialement par son antenne régionale Novopress Breizh.

La caillera du jour : Nasri ? Ben Arfa ? Non, Jean-François Copé

La caillera du jour : Nasri ? Ben Arfa ? Non, Jean-François Copé

Comme l’écrit Philippe Randa dans sa Chronique hebdomadaire :

“Si « l’événement » a été rapporté par quelques journalistes, il n’a guère eu d’échos… et on n’a entendu aucune « chienne de garde » du féminisme, généralement si prompte à réagir contre toute atteinte à l’honneur féminin, dénoncer cette pitoyable attitude où la haine le dispute à la grossièreté, la morgue à la goujaterie, surtout vis-à-vis d’une toute jeune femme sans doute alors quelque peu impressionnée par sa fonction.
Nul sourcilleux démocrate, nul auto-proclamé républicain n’a crû bon de fustiger cette intolérable attitude vis-à-vis d’une élue du suffrage universel.”

D’autant plus que Marion Maréchal-Le Pen représentait en l’occurrence ce jour là, en tant que benjamine et comme le veut le protocole, l’ensemble des élus du peuple à l’Assemblée Nationale en étant secrétaire de séance.

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

[box]Le samedi, une revue de la semaine des “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.[/box]

France

Elections législatives : des raisons de rester optimiste

Le premier parti de France est celui des abstentionnistes : 45 % des électeurs sont ainsi restés chez eux au second tour, contre 43 % au premier. Des chiffres jamais enregistrés pour des élections législatives sous la Vème République. Quant aux 18‑24 ans, 64 % se sont abstenus au premier tour et 66 au second. Quand on sait que le Front national est le premier parti de cette tranche d’âge, on mesure le boulevard qui s’ouvre devant Marine Le Pen dans cinq ans. Et peut‑être avant…

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit A condition naturellement que les jeunes Français trouvent le chemin des urnes et prennent conscience du fait que, compte tenu de la crise profonde dans laquelle s’enfonce jour après jour notre pays, la seule alternative au choix démocratique est… la guerre civile. Elue dans la 3ème circonscription du Vaucluse, une circonscription particulièrement symbolique pour le Front national, Marion Maréchal Le Pen, qui sera le plus jeune député de la Vème République et sans doute de toute l’histoire de la République, est éminemment représentative de cette tranche des 18‑24 ans qui, nous l’avons dit, vote majoritairement Front national.

La droite parlementaire (UMP, Nouveau centre, Parti radical valoisien, Alliance centriste, divers droite) totalisent 229 élus sur les 577 de l’Assemblée nationale. De son côté, la nouvelle majorité présidentielle (Parti socialiste, Europe Ecologie‑Les Verts, Parti des républicains de gauche et divers gauche) disposera de 331 sièges, soit la majorité absolue. Le Front de gauche emporte dix sièges et le Front national stricto sensu, deux. Rapporté au nombre de voix du second tour, le spectacle est proprement surréaliste : un élu Front de gauche pèse 25.000 voix ; un élu de la majorité socialiste, 34.700 voix ; un élu de la droite nominale, 44.400 voix ; un élu vert, 48.800. Quant aux deux élus du Front national, chacun représente 421.300 voix !

Rapporté au nombre de voix du 1er tour, parler de démocratie représentative à propos de l’Assemblée nationale telle qu’elle se présente à nos yeux tient du plus haut comique, puisqu’il faut 1.765.000 voix pour élire un député Front national, et qu’il en faut à peine 31.300 pour élire un député de la majorité socialiste, soit près de soixante fois moins. Lors de la soirée électorale, aucun des journaleux du système, présents sur les plateaux télé n’a sauvé l’honneur de la profession en dénonçant cette caricature de démocratie. Le contraire eut été étonnant.

La gauche dispose dorénavant de tous les leviers du pouvoir politique : Elysée, Matignon, Assemblée nationale, Sénat, mais aussi, du moins pour la plupart, régions, départements et grandes villes. Elle dispose aussi de tous les leviers métapolitiques : médias, édition, culture, showbiz, magistrature, éducation nationale, université. Machiavélique à souhait, Mitterrand a su, dès le début de son premier septennat, favoriser une césure radicale à l’intérieur de la droite par la diabolisation de la droite nationale. Une stratégie que l’appareil de la droite nominale a immédiatement fait sien et qui fonctionne encore aujourd’hui à merveille.

Guy Mollet ne parlerait plus de droite la plus « bête » du monde, le qualificatif étant aujourd’hui largement insuffisant. Cela dit, les deux principaux partis de l’oligarchie lui ayant fait abdiquer l’essentiel de sa souveraineté, la France est à la merci des institutions européennes et supranationales que sont notamment le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne, la Banque mondiale, ou encore l’Organisation mondiale du commerce. Dès lors, le « pouvoir » de la gauche tient plutôt d’un incertain jeu d’ombres dans un pitoyable théâtre de Guignol.

Il n’empêche : la droite est politiquement minoritaire alors qu’elle est sociologiquement majoritaire. Cette nouvelle débâcle de la droite nominale révoltera donc une majorité de Français, sincèrement de droite. Fidèle à elle‑même, l’ancienne ministre Chantal Jouanno a écrit sur le réseau social Twitter que  « La défaite de l’UMP sanctionne la stratégie de droitisation ». Jean‑Pierre Raffarin défendait la même ligne en expliquant sur les plateaux de télévision que la campagne de l’UMP : « Très à droite, a privé d’expression la partie centrale [de son électorat] ».

Patrick Buisson
Patrick Buisson

Et les apparatchiks de l’UMP, généreusement relayés par les médias de l’oligarchie, d’expliquer l’échec de la Droite populaire par la stratégie droitière impulsée par Nicolas Sarkozy, sous les conseils de Patrick Buisson, et d’appeler à un renforcement de la sinistre « vigilance républicaine » à l’encontre du Front national, autrement appelée « cordon sanitaire ». Un « cordon sanitaire » dont il faut remarquer que le Front de gauche est exempt, alors qu’il prône une idéologie, le communisme, qui pèse 100 millions de morts…

D’une part, il faut rappeler que c’est cette stratégie de droitisation qui a permis à l’ancien chef de l’Etat de limiter considérablement la casse au premier et au second tour, terminant à un peu plus de trois points et demi de son concurrent, alors qu’il était donné perdant dès le premier tour peu de mois auparavant. D’autre part, l’analyse objective des résultats de la vingtaine de députés de la Droite populaire qui ont été battus dément l’interprétation qu’en donnent les médias.

Le Salon beige signale ainsi que deux de ces députés n’avaient pas l’investiture UMP, comme Christian Vanneste ; que dix ont perdu dans une circonscription difficile où Hollande est arrivé en tête à la présidentielle et que tout autre candidat UMP y aurait aussi été battu ; et qu’enfin six ont fait les frais d’une triangulaire avec le Front national.

Les résultats globaux des législatives sont d’ailleurs le meilleur témoignage de l’échec du revirement centriste de l’UMP : alors que Nicolas Sarkozy avait fait plus de 48 % des voix à la présidentielle, l’ancien parti sarkozyste n’a pas su entretenir la dynamique et n’a décroché que 44 % des voix au second tour des législatives.

Signe encourageant : en 2012, les électeurs de droite s’assoient sur les consignes des appareils et pratiquent largement l’union des droites. Ainsi, en cas de triangulaire, les électeurs de droite se sont massivement reportés vers celui des deux candidats UMP ou FN qui est arrivé en tête au 1er tour et qui était donc le mieux placé pour battre la gauche. Ce fut spectaculairement le cas dans le Gard, entre l’UMP Etienne Mourrut et le FN Gilbert Collard.

Bravant les oukases de l’appareil, l’UMP Roland Chassain a choisi de mettre courageusement en œuvre cette union des droites dans la 16ème circonscription des Bouches‑du‑Rhône. Arrivé troisième au premier tour, il a fait le choix de ne pas se maintenir et de laisser le champ libre à la candidate frontiste, dans une stratégie « Tout sauf Vauzelle ». Certes, le président de la région PACA a gagné, mais ce haut dignitaire socialiste, proche de Mitterrand, ancien garde des Sceaux, a néanmoins mordu la poussière, l’emportant d’à peine deux points sur Valérie Laupies, directrice d’école publique en ZEP. Roland Chassain passera devant la commission de discipline de l’UMP, Fillon et Copé ayant demandé son exclusion.

Jacques Bompard
Jacques Bompard

De son côté, Jacques Bompard, maire d’Orange et ancien du Front national, qui a obtenu plus de 58 % des voix dans la 4e circonscription du Vaucluse face au socialiste Pierre Meffre, a su magnifiquement pratiquer l’union des droites. De nombreux élus et de cadres locaux de l’UMP, du Nouveau centre, du Front national, mais aussi du Parti radical et du Modem sont en effet venus le rejoindre. Le soutien le plus emblématique est celui de Louis Driey, maire UMP de Piollenc, adversaire de Bompard aux cantonales de 2008, et qui fut cette fois son suppléant. Autre renfort de poids en faveur de Bompard : Patrick Bassot, l’unique conseiller général Front national de France.

Monde

Boko Haram frappe encore au Nigéria

Le groupe terroriste islamiste Boko Haram, qui entend appliquer la charia dans tout le Nigéria, pratique depuis des années le djihad à l’encontre les chrétiens du pays. Depuis lundi, des violences opposant des chrétiens et des musulmans ont fait au moins 43 morts dans l’Etat de Kaduna, au nord du Nigéria. Les chrétiens dénoncent un « nettoyage religieux systématique », et critiquent l’inaction du gouvernement nigérian. Ces manifestations succèdent aux attentats de dimanche dernier, qui ont fait 52 morts et 150 blessés dans une série d’attentats contre trois églises du nord du pays.

David Cameron veut déployer le tapis rouge aux entreprises françaises

David Cameron
David Cameron ©Wikipédia, licence CC

David Cameron s’est littéralement frotté les mains à l’idée que François Hollande allait bientôt mettre en œuvre sa promesse d’augmenter à 75 % le taux d’imposition sur les revenus de plus d’un million d’euros. « Quand la France instituera un taux de 75 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et nous accueillerons plus d’entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume‑Uni », a déclaré le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté. Gentille pirouette de Michel Sapin : « Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers de la Manche ». Pas sûr que les futurs chômeurs français apprécient la réponse du ministre français du Travail.

Syrie : la Russie s’interposera en cas d’ingérence étrangère

Pour Sergueï Lavrov, le départ volontaire de Bachar al‑Assad du poste de président syrien est impossible et les exigences des dirigeants occidentaux sont absurdes. « Il faut comprendre, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie russe, qu’Assad a recueilli les suffrages d’au moins la moitié des Syriens qui, pour différentes raisons, voient en lui leur avenir et leur sécurité ». Sergueï Lavrov a clairement menacé les pays voulant intervenir militairement en Syrie pour renverser Bachar al‑Assad, déclarant : « Dans le cas de la Syrie, le scénario libyen ne passera pas. Nous nous en portons garants ».

La thèse du réchauffement climatique bientôt dans les poubelles de la science

Le Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia est l’un des plus influents centres de recherche sur les changements climatiques, et nombre de ses correspondants font partie de l’encadrement du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat, le fameux GIEC. En novembre 2009, ce centre était secoué par un énorme scandale. La divulgation d’un ensemble de courriels et de fichiers du centre montrait en effet que certains de ses responsables avaient sciemment manipulé les données ou leur présentation, interféré dans le processus d’évaluation afin d’empêcher la publication d’articles divergents, détruit ou falsifié des informations, etc., le tout dans le but de présenter comme certaine la thèse du réchauffement climatique. Une thèse qui vient d’être démolie par trois équipes de chercheurs, l’une d’elles n’étant autre que celle du fameux centre de recherche d’East Anglia ! Une information largement passée inaperçue de la grosse presse. Se fondant sur les relevés de températures de plus de 30.000 stations, ces trois instituts ont démontré que la température moyenne de la planète a cessé d’augmenter depuis la fin de 1997. La terre se dirige vers un micro« âge glaciaire », et pourraient connaître vers 2020/2025, des températures inférieures à celles du « minimum de Dalton » des années 1790/1830.

Opération « Retour à la maison »

Benyamin Netanyahu
Benyamin Netanyahu

Dimanche dernier, le gouvernement israélien a mis à exécution les mesures d’expulsion de quelque 25.000 clandestins africains. L’opération s’appelle « Retour à la maison ». Devant l’afflux grandissant d’immigrés sub‑sahariens et les problèmes d’insécurité qui en découlent, l’Etat hébreu a décidé de renvoyer dans leurs pays tous ceux qui : « Représentent pour Israël un danger plus grand que la menace iranienne ». Pour le premier ministre Benyamin Netanyahu, c’est carrément le « rêve sioniste » que la présence de ces populations exogènes risquerait de faire disparaître. Et le ministre de l’Intérieur d’appeler : « A protéger le caractère juif et démocratique d’Israël ». Malgré les réticences de quelques associations de droits de l’homme, l’ensemble de la population juive manifeste son accord avec l’opération « Retour à la maison » « Les Soudanais au Soudan !», entend‑on ainsi crier dans les rues des grandes villes du pays.

Les électeurs de l’UMP pratiquent déjà l’union des droites

Les électeurs de l'UMP pratiquent déjà l'union des droites

20/06/2012 — 18h45
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
La comparaison des résultats du second tour des élections législatives de 2012 dans des circonscriptions représentatives avec ceux de 2002 est riche d’enseignements. En effet, on constate que les reports de voix entre les premiers et seconds tours ont considérablement évolué.

En cas de triangulaire entre des candidats PS, UMP et FN, quelle est l’évolution ?

En 2002, lorsque le FN était au 2e tour dans une triangulaire, il perdait presque systématiquement des voix par rapport au 1er tour. En 2012, en cas de triangulaire, lorsque le FN arrive devant l’UMP au 1er tour, il améliore très largement son score, les électeurs de droite votant pour le candidat le plus à même de battre la gauche, comme ce fut le cas pour le député Étienne Mourrut, adversaire de Maître Collard.

Quand le FN arrive derrière l’UMP au 1er tour, les électeurs font le choix inverse et choisissent de se reporter largement sur le candidat UMP, mieux placé pour battre la gauche.

Qu’en est‑il lors de duels gauche/FN ?

En 2002, l’abstention explosait et le candidat de gauche s’imposait très largement, le candidat FN ne progressant que peu. Moins de 20 % des électeurs UMP se reportaient sur le FN. En 2012, la participation à peu près constante et les reports de l’UMP vers le FN s’effectuent presqu’à 80 ou 90 %, en dépit des consignes du parti. C’est ainsi que plusieurs candidats FN ont frôlé la majorité absolue, doublant leur résultat du premier tour : Florian Philippot en Moselle, Valérie Laupies ou Stéphane Ravier dans les Bouches‑du‑Rhône.

Et en cas de duel droite/FN ?

En 2002, la participation restait constante, voire s’améliorait et le candidat FN restait stable, sans améliorer sensiblement son score du 1er tour. En 2012, on note un effondrement de la participation, les électeurs de gauche restent en partie chez eux et ne suivent pas tous les consignes du PS de voter UMP. Donc pour eux, il n’y a pas de drame à voir arriver un député FN. L’autre partie des électeurs de gauche votent UMP selon la consigne. Mais les candidats FN augmentent leurs scores de manière spectaculaire, notamment dans plusieurs circonscriptions du Var ou dans la 5e circonscription de l’Eure. Cela signifie que des électeurs UMP du 1er tour, (qui avaient voté “utile” par peur de la gauche) se sont sentis libres de voter FN au 2e, la circonscription étant assurée pour la droite.

En dix ans, le comportement de l’électeur de droite a bien changé dans le sens d’une union des droites, bien que les directions de l’UMP et, dans une moindre mesure du FN, en soient très loin.

Législatives : Majorité absolue pour le PS, le Front national aura deux députés

Législatives : Majorité absolue pour le PS, le Front national aura deux députés

18/06/2012 — 12h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
Le premier parti de France est celui des abstentionnistes avec 44 % des électeurs restés chez eux. Ce niveau d’abstention est un record pour des élections législatives dans la Ve République.

Peut‑on parler d’hégémonie du PS ?

Avec 300 sièges à lui seul le PS disposera sans allié de la majorité absolue au Parlement. Avec ses alliés ce chiffre se monte à 314 députés, une majorité plus que confortable. Rajoutons 19 verts et 10 Front de gauche, nous arrivons à 343 sièges pour la gauche alors que la droite est majoritaire en voix au premier tour. Remarquons que la gauche ne disposera pas de la majorité des trois cinquièmes au Congrès et ne pourra pas modifier la Constitution sinon avec l’accord de l’opposition ou par référendum. Parmi les battus symboliques Ségolène Royal bien sûr et Jack Lang dans les Vosges.

Et à droite ?

L’UMP conserve 226 sièges avec ses alliés, un score honorable qui permet la réélection de nombreux ténors du parti : Fillon, Copé, Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko‑Morizet de justesse, Wauquiez, Pecresse, Estrosi. Par contre, Claude Guéant, Alliot‑Marie, Aeschlimann, échouent. Signalons le naufrage du Modem, Bayrou battu le centre autonome disparaît.

Qui fait la bonne affaire ?

Les Verts, avec 17 sièges, ils pourront former un groupe alors que leur score au premier tour est le tiers de celui du FN. Le Front de gauche est en piteux état avec 10 élus contre 19 auparavant et devra débaucher 5 députés pour former un groupe. Ou obtenir une nouvelle modification de circonstance du règlement de l’Assemblée.

Le Rassemblement Bleu marine ?

Même si Marine Le Pen a été battue dans le Pas‑de‑Calais (de très peu, d’une centaine de voix seulement, ce qui lui donne 49,89 % des suffrages), l’élection de deux députés et d’un proche est une victoire qui marque un début mais seulement un début de dédiabolisation. La jeunesse de Marion Maréchal-Le Pen (elle est la plus jeune députée de l’histoire de la République) (photo), la fougue de Gilbert Collard, apporteront un peu de vent frais à l’Assemblée. On peut ajouter l’élection de Jacques Bompard de la Ligue du Midi, proche de Marion Maréchal. Sur la liste noire du FN quatre battus, quatre élus. Marine Le Pen devra transformer l’essai lors des élections de 2014 et 2015.

Crédit photo : RemiJDN via Flickr, licence CC.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

 

Nadine Morano, ancien ministre de l’Apprentissage, est candidate de l’UMP dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle. En duel face à un candidat socialiste, elle en appelle aux électeurs du Front national, avec lesquels elle estime avoir des valeurs communes (voir note 1 en fin d’article). Pour elle, Marine Le Pen est un interlocuteur respectable. Concernant des accords possibles, elle juge indispensable de mettre en place « le plus large rassemblement possible » pour faire barrage à la gauche.

 

Entretien de l’hebdomadaire Minute du 13 juin 2012 avec Nadine Morano.

Minute : Dimanche soir, vous avez lancé un appel aux électeurs du Front national, au nom des valeurs communes que vous partagiez avec eux. Maintenez-vous cet appel ?

Nadine Morano: Au moment où je vous réponds, je sors d’un débat avec mon opposant socialiste sur France 3 qui vient de dire qu’il en appelle aux électeurs républicains… Je suis choquée par cette analyse, car pour moi, les électeurs du Front national n’ont pas à être rejetés de la République. Alors oui, comme pour le second tour de la présidentielle où l’ensemble des patriotes devaient voter pour la droite, j’appelle tous les électeurs – dont ceux du FN – à se reporter sur ma candidature et sans état d’âme, car il en va de l’avenir de la France.

À quelles valeurs pensiez-vous, précisément ?

Lorsque je fais campagne sur le terrain, j’entends ce que me disent les électeurs du Front national, notamment en milieu rural où ils sont attachés au respect de nos traditions, à notre culture, à notre identité nationale. Je suis opposée au droit de vote des étrangers dans notre pays et ils me rejoignent sur cette position – comme beaucoup d’électeurs de gauche, d’ailleurs !

Je suis attachée depuis toujours à une véritable intégration, qui impose la maîtrise de l’immigration ; et là aussi, je sens une adhésion qui dépasse les frontières de l’UMP.

Lorsque ma famille politique évoque le renforcement des accords de Schengen pour protéger les frontières extérieures de l’Europe, il y a encore une convergence de points de vue sur ce sujet. Je précise qu’il est faux de cantonner des électeurs du Front national aux seules questions de l’immigration, ils expriment leurs inquiétudes et leurs souffrances face à un contexte économique mondial qui les effraie.

Un sondage Opinion Way révélait récemment que les deux tiers des électeurs de l’UMP souhaitent des alliances avec le Front national. Comprenez-vous ce désir de la base ?

Nos électeurs sont souvent étonnés qu’en France on tolère des alliances entre le PS, l’extrême gauche et les Verts qui prônent la légalisation du cannabis… Nous, nous ne parlons pas d’alliance, mais de respect des électeurs du Front national, méprisés et rejetés par la gauche dans le camp des anti-républicains. Vous constaterez que le cas tout à fait exceptionnel de ma circonscription est révélateur : le candidat FN, parachuté, totalement inconnu, et malheureusement décédé avant le premier tour, a réuni près de 17 % des voix. Cela démontre non pas l’adhésion à un candidat, mais bien aux thématiques que j’évoquais auparavant.

Certains politiques ou commentateurs ne partagent pas votre avis…

Evidemment, il y a de nombreux points de désaccord avec le Front national, notamment sur les questions économiques, voire de société. Mais je rejette l’idée que les électeurs du Front national ne soient pas des démocrates !

Que répondez-vous à ceux qui évoquent le « front républicain » face au Rassemblement bleu Marine ?

Je constate que le parti socialiste n’a aucun scrupule à s’allier avec l’extrême gauche et à fermer les yeux sur certaines de leurs idées comme la légalisation du cannabis, le soutien de M. Mélenchon à la dictature cubaine ou à une certaine part d’ombre de leur histoire.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »
Dessin d’Aramis illustrant ce numéro de “Minute”

Les électeurs sont libres et responsables de leur choix. Pour ma part, je suis gaulliste et patriote, je ne partage pas l’idéologie socialiste, je n’appelle donc pas à voter pour eux.

Votre démarche est-elle comparable à celle de plusieurs candidats UMP qui, arrivés troisième dans une triangulaire, sont prêts à se désister pour faire battre la gauche socialo-communiste ? Je pense à Étienne Mourrut, dans le Gard, ou Rolland Chassain, en Arles…

Pour les raisons que je viens d’évoquer, je n’appelle pas à voter pour une personne qui défend un programme politique que je juge dangereux et insoutenable pour la France. Pour l’instant, c’est le moment des cadeaux électoraux de la gauche, mais bientôt, la facture sera salée pour nos compatriotes. Nous ne pouvons pas les laisser faire.

Additionnés, les résultats de l’UMP et du FN dépassent ceux de la gauche (50,5 % au premier tour). Ne pensez-vous pas qu’il est temps d’admettre que Marine Le Pen a fait le nécessaire pour « dédiaboliser » son parti et que, ce faisant, comme le disait justement Nicolas Sarkozy, elle est « compatible avec la République » et devient, pour reprendre les mots de Gérard Longuet, « un interlocuteur possible » ?

Si Marine Le Pen n’était pas un interlocuteur, elle ne serait pas invitée à débattre sur les plateaux de télévision. J’ai moi-même débattu plusieurs fois face à elle. A ce que je sache, le Front national n’est pas interdit par la République.

Etes-vous favorable à l’union des droites contre la gauche et l’extrême gauche ?

Je ne veux pas que nous nous retrouvions dans la situation de l’Espagne ou de la Grèce, avec des dépenses publiques inconsidérées qui nous mèneraient à la ruine. Le véritable enjeu, c’est de faire gagner la France : pour cela, il faut un rassemblement le plus large de la droite et du centre.

Propos recueillis par Patrick Cousteau

 

Note (1) – Nadine Morano et les électeurs du Front national : les valeurs communes.  Dimanche soir, Nadine Morano a lancé un appel « clair et assumé » aux électeurs du Front national, pour le second tour des législatives, dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle où, avec 34,33%, elle est devancée par son adversaire socialiste Dominique Potier (39,29%). « Il y aura un duel droite-gauche. Nous aurons à défendre des valeurs respectives. J’en appelle très clairement aux électeurs du Front national qui partagent nos valeurs à se retrouver sur ma candidature », a lancé l’ex-ministre de l’Apprentissage.

La candidate UMP a ensuite expliqué sa démarche : « Ce n’est pas une question d’accord, mais une question de partage de nos valeurs : la maitrise de l’immigration, le refus du droit de vote des étrangers, ne pas financer l’assistanat et la reconnaissance de la valeur travail, la protection de nos frontières extérieures de l’Europe. Oui, je partage ces valeurs avec eux », Et de conclure : « Je n’ai pas d’état d’âme à en appeler aux électeurs du Front national. » Un geste fort, qui favorise l’union des droites et remise au placard le « cordon sanitaire » de la gauche, usé jusqu’à la trame.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 13 juin 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

:: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

Après ces déclarations et cette interview ce n’est pas étonnant que l’imitateur Gérald Dahan, qui a soutenu ouvertement François Hollande durant la campagne présidentielle, ait voulu piéger Nadine Morano jeudi en se faisant passer au téléphone pour Louis Aliot, n°2 du Front national.
En effet ces déclarations de Mme Morano mettent en danger le succès de l’ensemble PS, Europe Écologie – Les Verts, Front de Gauche, qui savent se soutenir lors des élections malgré leurs différences. Si le Front National et l’UMP savaient se soutenir ils pourraient gagner.

Mme Morano a répondu qu’elle voit dans cette action de Gérald Dahan un contre-feu lancé après la tempête médiatico-politique déclenchée par le tweet de Valérie Trierweiler soutenant le candidat opposé à Ségolène Royal. Gérald Dahan n’a pas agit en humoriste, mais en “militant socialiste” a-t-elle ajouté.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »