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Dominique Venner : "L’offensive « laïque » de Marine Le Pen"

Dominique Venner : “L’offensive « laïque » de Marine Le Pen”

Crédit photo : RémiJDN via Flickr (cc)

Tribune libre, texte initialement publié sur www.dominiquevenner.fr

Devant la portée « métapolitique » des déclarations récentes de Marine Le Pen sur la laïcité, je vais me départir un instant de ma distance à l’égard de l’univers politique. Son offensive « laïque », pour reprendre le titre du Monde (22 septembre 2012), est à prendre au sérieux. Elle constitue une rupture majeure dans le discours sur l’immigration.

Occupant un terrain où on ne l’attendait pas, Marine Le Pen accentue son image moderne, plaçant ses adversaires faussement « républicains » face à leurs contradictions. En reprenant les principes fondamentaux de la République française pour condamner l’immigration islamiste, elle se fera entendre par une part importante de l’opinion qui lui restait fermée. Elle a trouvé des formules fortes auxquelles tout Français ne peut qu’applaudir : « La laïcité comme la liberté n’est pas négociable… Je mets à la porte tous les intégristes étrangers… J’interdis le voile dans l’espace public… Je rétablis le rôle de l’école publique et républicaine qui est de fabriquer des Français… »

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Nicolas Dupont-Aignan prêt à dialoguer avec le Front national

Nicolas Dupont-Aignan prêt à dialoguer avec le Front national

04/09/2012 — 18h30
PARIS (NOVOpress) — La recomposition des droites est-elle en marche ? Toujours est-il que les déclarations de Nicolas Dupont-Aignan (au centre de la photo ci-dessus) – président du parti souverainiste Debout la République et candidat lors de l’élection présidentielle de 2012 –, lors du Libre Journal d’Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie du lundi 3 septembre, risquent de faire évoluer une partie de la droite. Nicolas Dupont-Aignan a ainsi indiqué : « Un jour ou l’autre, il y aura besoin de dialogue [avec le Front national]. Chacun devra peut-être faire un pas. » Considérant que « le Front National, seul, ne prendra pas le pouvoir ».

Des déclarations intéressantes qui peuvent augurer de profonds changements. En tout cas, Nicolas Dupont-Aignan a fait des pas vers le Front national. Ainsi, pour lui, « il faut faire avec la religion musulmane ce que Napoléon a fait avec la religion juive, c’est-à-dire affirmer clairement : “Vous voulez être chez nous, très bien, mais c’est l’Etat qui décide”. Les mosquées financées par l’étranger, c’est fini. » Et il en a profité pour réclamer une réduction « drastique » de l’immigration, à défaut de pouvoir envisager l’immigration zéro.
Crédit photo : Nono44/Wikipédia (cc)

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme - Par Pierre Bérard

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme – Par Pierre Bérard

[box class=”info”] Le journal Le Monde publiait récemment la tribune d’un professeur d’histoire, Bruno Belliot, titrée « Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN ». Faisant le procès de l’UMP et du FN tout en dédouanant les angéliques du PC et du FdG français, cette tribune contenait tout l’argumentaire médiatique habituel sur l’incompatibilité du FN et de la République, colporté tant par certains politiques ignorants que par des journalistes incultes qui mettent leur complaisance au service d’une cause inavouable : la nostalgie du totalitarisme stalinien. Sa participation au camp des vainqueurs de 1945 n’empêche pas, en effet, le PCF de s’être rendu coupable de complicité avec la tyrannie.

Le sens de l’affaire est limpide, toujours et encore culpabiliser le camp de la « droite » : « C’est pourquoi, il m’est intolérable d’entendre, de lire (comme de voir dessiner), qu’un parallèle peut être fait entre Mélenchon, les communistes, les candidats du Front de Gauche et l’extrême droite du FN. Et que par conséquent, la droite n’aurait pas à rougir de ses alliances avec le FN puisque le PS s’allie avec le Front de Gauche. »

Dans un article publié sur le site la Droite strasbourgeoise, Pierre Bérard démontre non seulement l’inanité de cette culpabilisation mais démonte du même coup la notion de « droite républicaine » dont la signification reste à démontrer si l’on veut dire par là qu’il existerait en 2012 une droite qui ne le serait pas. Ce texte est reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.[/box]

Front de Gauche/FN : Voyage au pays de l’essentialisme - Par Pierre Bérard

En 1939, signature du pacte Germano-Soviétique qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France (Staline au milieu). Le Parti communiste français approuve

Alors que tout change, y compris l’extrême gauche passée en 40 ans de la défense héroïque du grand soir prolétarien à celle lacrymale des sans-papiers, « armée de réserve » du capital qui exerce une pression discrète mais constante à la baisse des petits salaires (sinon on se demande bien pourquoi madame Laurence Parisot aurait, sur ce point, les mêmes idées déflationnistes que messieurs Krivine et Mélanchon. Certes, on peut toujours s’évertuer à penser que la dirigeante du MEDEF est secrètement passée du coté obscur de la force et qu’elle contraint ses amis à cultiver une forme peu banale de masochisme altruiste. Hypothèse peu probable, reconnaissons-le. Tout change donc : le « socialisme » démocratique acquis, via l’Europe, depuis deux ou trois décennies au social-libéralisme, comme le « gaullisme » qui a renoncé à l’indépendance et au dogme du peuple souverain.

Tout change, sauf bien sûr l’extrême droite vue par Bruno Belliot, membre du Front de Gauche. Impavide, elle est semblable à elle même, immobile et pétrifiée comme les années trente du XX siècle en ont donné la définition rituelle, guettant dans l’ombre (évidemment) l’heure de sa revanche, ourdissant des complots comme celui dela Cagoule, collaborant avec l’ennemi durant l’Occupation, se relevant avec le poujadisme puis l’OAS pour finir par renaitre avec le Front National. Elle est là, figée, telle que la vulgate médiatique en fait le portrait, une vulgate inspirée par l’antifascisme stalinien qui nous ressert toujours le même plat continûment réchauffé depuis 80 ans, comme l’a très bien montré François Furet. Cette paresse a fini par s’inscrire comme un habitus dans nos mœurs et nos tics de langage.

Pourtant, en ce qui concerne le procès le plus sévère instruit contre l’extrême droite, sa collaboration avec le régime nazi ou ses soi-disant affidés, qu’en est-il ?

Pour ce qui est de la résistance et de la collaboration, puisque c’est sur ce sombre épisode que s’enrochent la plupart des mythes fondateurs de l’histoire sainte dont se réclame Bruno Belliot, rappelons quelques faits marquants qui n’appartiennent nullement à une vision révisionniste de l’histoire. C’est le 26 septembre 1939 que le Parti Communiste est interdit par le gouvernement dirigé par un des chefs du Front Populaire, Édouard Daladier. Pour quelle raison ? Parce que en bon disciple stalinien il continue d’approuver le pacte Germano-Soviétique d’août 1939 qui permettra le dépeçage de la Pologne, alliée de la France, entre les deux contractants. Passé dans la clandestinité, Jacques Duclos, un des principaux dirigeants du PCF, diffuse le premier octobre 1939 une lettre ouverte invitant le gouvernement à entamer des négociations de paix avec l’Allemagne hitlérienne qui étant pour l’heure l’alliée de l’URSS ne représente plus le condensé de la menace fasciste. C’est à la même époque que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti, déserte face aux armées nazies, pour rejoindre la « patrie des travailleurs » (et du Goulag), ce qui lui vaut une condamnation à mort et la déchéance de la nationalité française.

Plus tard, la défaite de la France étant consommée, Jacques Duclos entre en contact dès le 18 juin 1940 avec les autorités allemandes d’occupation tout juste installées pour entreprendre une négociation. Dans quel but ? Permettre au Parti d’être à nouveau autorisé sur la base d’une bonne entente entre le peuple français et l’armée d’occupation. Duclos propose même d’orienter la propagande du Parti dans le sens d’une lutte contre le grand capital anglais et contre sa guerre impérialiste. Les allemands ne sont pas preneurs.

Ce n’est qu’en Juin 1941 que l’extrême gauche communiste entre dans la résistance active suivant en cela ses sponsors. L’Allemagne ayant en effet décidé d’attaquer l’URSS. Dans cette résistance active, les communistes arrivent bien tard pour y retrouver des hommes qui venaient souvent de l’extrême droite. Comment, en effet, qualifier autrement les partisans de la monarchie tels Daniel Cordier (secrétaire de jean Moulin), le célèbre colonel Rémy (premier agent gaulliste en France occupée), De Vawrin (chef des services secrets de la France libre). Ou encore des cagoulards comme Guillain de Benouville (dirigeant du mouvement Combat) et des centaines d’autres affreux tels Honoré d’Estienne d’Orves fusillé un mois après Guy Moquet, célébré par Sarkozy (à la suite du parti Communiste) et qui ne fut jamais résistant…

Il suffit de lire les deux livres que l’historien israélien Simon Epstein a consacré à cette période pour abandonner tout schéma manichéen, schéma auquel s’accroche désespérément Bruno Belliot pour nous conter sa fable d’une France coupée en deux avec d’un côté les représentants du Bien et de l’autre ceux du Mal, c’est à dire l’extrême droite éternelle.

Dans « Les Dreyfusards sous l’Occupation » (2001) puis dans « Un paradoxe français » (2008), il montre, liste de noms à l’appui, que dans leur immense majorité les dreyfusards, anti-racistes, généralement pacifistes de gauche s’engagèrent dans la collaboration, tandis que nombre d’antidreyfusards et antisémites appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler la droite radicale germanophobe s’engagèrent dans la résistance etla France libre. Or ce paradoxe, on le comprend aisément, est peu abordé par l’histoire académique, prudente jusqu’à la couardise, permettant à une doxa politiquement correcte de prospérer sur les non dits de l’histoire savante. ce qui permet qu’aujourd’hui encore fleurissent des absurdités comme cette apologie du Front de Gauche intégrant trotskistes et communistes, dont peu, même dans une « droite » gagnée par la lâcheté, ose remettre en question les énoncés falsifiés. N’en reste pas moins vrai que les quatre cinquième de la chambre du Front Populaire ont accordé à un vieux maréchal, que sa réputation de laïque républicain plaçait au dessus de tout soupçon, les pleins pouvoirs. Il y avait très peu de députés d’extrême droite, pourtant, dans cette assemblée.

Quant à la reconnaissance du Parti Communiste comme parti républicain par le général de Gaulle en 1943-1944, avait-il le choix ? Il lui fallait composer avec une force majeure à l’époque. Son réalisme politique a contribué à mettre en selle un parti qu’il s’est empressé de combattre à partir de 1947 (création du RPF). De même, n’est ce pas un récipiendaire de la francisque qui nomma en 1981 des ministres communistes dans son gouvernement pour mieux étouffer un parti qui devait plus tard ramasser les dividendes putrides de son long flirt avec une URSS désormais honnie? Ce qui montre bien que la reconnaissance de tel parti comme « parti républicain » est avant tout une question de rapport de force. Le statut « républicain » accordé à un parti n’a que très peu de rapport avec les vérités de la science politique et beaucoup à voir avec la « realpolitik » de l’époque. Les définitions de la République sont évasives, comme tout ce qui ressort de la condition humaine. Chacun devrait savoir que depuis 1793,la République a changé de signification. En faire une monade surplombant dans le ciel le monde des Idées est une niaiserie platonicienne.

Pierre Bérard

Sur Novopress cet article a été publié initialement par son antenne régionale Novopress Breizh.

La caillera du jour : Nasri ? Ben Arfa ? Non, Jean-François Copé

La caillera du jour : Nasri ? Ben Arfa ? Non, Jean-François Copé

Comme l’écrit Philippe Randa dans sa Chronique hebdomadaire :

“Si « l’événement » a été rapporté par quelques journalistes, il n’a guère eu d’échos… et on n’a entendu aucune « chienne de garde » du féminisme, généralement si prompte à réagir contre toute atteinte à l’honneur féminin, dénoncer cette pitoyable attitude où la haine le dispute à la grossièreté, la morgue à la goujaterie, surtout vis-à-vis d’une toute jeune femme sans doute alors quelque peu impressionnée par sa fonction.
Nul sourcilleux démocrate, nul auto-proclamé républicain n’a crû bon de fustiger cette intolérable attitude vis-à-vis d’une élue du suffrage universel.”

D’autant plus que Marion Maréchal-Le Pen représentait en l’occurrence ce jour là, en tant que benjamine et comme le veut le protocole, l’ensemble des élus du peuple à l’Assemblée Nationale en étant secrétaire de séance.

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

[box]Le samedi, une revue de la semaine des “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.[/box]

France

Elections législatives : des raisons de rester optimiste

Le premier parti de France est celui des abstentionnistes : 45 % des électeurs sont ainsi restés chez eux au second tour, contre 43 % au premier. Des chiffres jamais enregistrés pour des élections législatives sous la Vème République. Quant aux 18‑24 ans, 64 % se sont abstenus au premier tour et 66 au second. Quand on sait que le Front national est le premier parti de cette tranche d’âge, on mesure le boulevard qui s’ouvre devant Marine Le Pen dans cinq ans. Et peut‑être avant…

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit A condition naturellement que les jeunes Français trouvent le chemin des urnes et prennent conscience du fait que, compte tenu de la crise profonde dans laquelle s’enfonce jour après jour notre pays, la seule alternative au choix démocratique est… la guerre civile. Elue dans la 3ème circonscription du Vaucluse, une circonscription particulièrement symbolique pour le Front national, Marion Maréchal Le Pen, qui sera le plus jeune député de la Vème République et sans doute de toute l’histoire de la République, est éminemment représentative de cette tranche des 18‑24 ans qui, nous l’avons dit, vote majoritairement Front national.

La droite parlementaire (UMP, Nouveau centre, Parti radical valoisien, Alliance centriste, divers droite) totalisent 229 élus sur les 577 de l’Assemblée nationale. De son côté, la nouvelle majorité présidentielle (Parti socialiste, Europe Ecologie‑Les Verts, Parti des républicains de gauche et divers gauche) disposera de 331 sièges, soit la majorité absolue. Le Front de gauche emporte dix sièges et le Front national stricto sensu, deux. Rapporté au nombre de voix du second tour, le spectacle est proprement surréaliste : un élu Front de gauche pèse 25.000 voix ; un élu de la majorité socialiste, 34.700 voix ; un élu de la droite nominale, 44.400 voix ; un élu vert, 48.800. Quant aux deux élus du Front national, chacun représente 421.300 voix !

Rapporté au nombre de voix du 1er tour, parler de démocratie représentative à propos de l’Assemblée nationale telle qu’elle se présente à nos yeux tient du plus haut comique, puisqu’il faut 1.765.000 voix pour élire un député Front national, et qu’il en faut à peine 31.300 pour élire un député de la majorité socialiste, soit près de soixante fois moins. Lors de la soirée électorale, aucun des journaleux du système, présents sur les plateaux télé n’a sauvé l’honneur de la profession en dénonçant cette caricature de démocratie. Le contraire eut été étonnant.

La gauche dispose dorénavant de tous les leviers du pouvoir politique : Elysée, Matignon, Assemblée nationale, Sénat, mais aussi, du moins pour la plupart, régions, départements et grandes villes. Elle dispose aussi de tous les leviers métapolitiques : médias, édition, culture, showbiz, magistrature, éducation nationale, université. Machiavélique à souhait, Mitterrand a su, dès le début de son premier septennat, favoriser une césure radicale à l’intérieur de la droite par la diabolisation de la droite nationale. Une stratégie que l’appareil de la droite nominale a immédiatement fait sien et qui fonctionne encore aujourd’hui à merveille.

Guy Mollet ne parlerait plus de droite la plus « bête » du monde, le qualificatif étant aujourd’hui largement insuffisant. Cela dit, les deux principaux partis de l’oligarchie lui ayant fait abdiquer l’essentiel de sa souveraineté, la France est à la merci des institutions européennes et supranationales que sont notamment le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne, la Banque mondiale, ou encore l’Organisation mondiale du commerce. Dès lors, le « pouvoir » de la gauche tient plutôt d’un incertain jeu d’ombres dans un pitoyable théâtre de Guignol.

Il n’empêche : la droite est politiquement minoritaire alors qu’elle est sociologiquement majoritaire. Cette nouvelle débâcle de la droite nominale révoltera donc une majorité de Français, sincèrement de droite. Fidèle à elle‑même, l’ancienne ministre Chantal Jouanno a écrit sur le réseau social Twitter que  « La défaite de l’UMP sanctionne la stratégie de droitisation ». Jean‑Pierre Raffarin défendait la même ligne en expliquant sur les plateaux de télévision que la campagne de l’UMP : « Très à droite, a privé d’expression la partie centrale [de son électorat] ».

Patrick Buisson

Patrick Buisson

Et les apparatchiks de l’UMP, généreusement relayés par les médias de l’oligarchie, d’expliquer l’échec de la Droite populaire par la stratégie droitière impulsée par Nicolas Sarkozy, sous les conseils de Patrick Buisson, et d’appeler à un renforcement de la sinistre « vigilance républicaine » à l’encontre du Front national, autrement appelée « cordon sanitaire ». Un « cordon sanitaire » dont il faut remarquer que le Front de gauche est exempt, alors qu’il prône une idéologie, le communisme, qui pèse 100 millions de morts…

D’une part, il faut rappeler que c’est cette stratégie de droitisation qui a permis à l’ancien chef de l’Etat de limiter considérablement la casse au premier et au second tour, terminant à un peu plus de trois points et demi de son concurrent, alors qu’il était donné perdant dès le premier tour peu de mois auparavant. D’autre part, l’analyse objective des résultats de la vingtaine de députés de la Droite populaire qui ont été battus dément l’interprétation qu’en donnent les médias.

Le Salon beige signale ainsi que deux de ces députés n’avaient pas l’investiture UMP, comme Christian Vanneste ; que dix ont perdu dans une circonscription difficile où Hollande est arrivé en tête à la présidentielle et que tout autre candidat UMP y aurait aussi été battu ; et qu’enfin six ont fait les frais d’une triangulaire avec le Front national.

Les résultats globaux des législatives sont d’ailleurs le meilleur témoignage de l’échec du revirement centriste de l’UMP : alors que Nicolas Sarkozy avait fait plus de 48 % des voix à la présidentielle, l’ancien parti sarkozyste n’a pas su entretenir la dynamique et n’a décroché que 44 % des voix au second tour des législatives.

Signe encourageant : en 2012, les électeurs de droite s’assoient sur les consignes des appareils et pratiquent largement l’union des droites. Ainsi, en cas de triangulaire, les électeurs de droite se sont massivement reportés vers celui des deux candidats UMP ou FN qui est arrivé en tête au 1er tour et qui était donc le mieux placé pour battre la gauche. Ce fut spectaculairement le cas dans le Gard, entre l’UMP Etienne Mourrut et le FN Gilbert Collard.

Bravant les oukases de l’appareil, l’UMP Roland Chassain a choisi de mettre courageusement en œuvre cette union des droites dans la 16ème circonscription des Bouches‑du‑Rhône. Arrivé troisième au premier tour, il a fait le choix de ne pas se maintenir et de laisser le champ libre à la candidate frontiste, dans une stratégie « Tout sauf Vauzelle ». Certes, le président de la région PACA a gagné, mais ce haut dignitaire socialiste, proche de Mitterrand, ancien garde des Sceaux, a néanmoins mordu la poussière, l’emportant d’à peine deux points sur Valérie Laupies, directrice d’école publique en ZEP. Roland Chassain passera devant la commission de discipline de l’UMP, Fillon et Copé ayant demandé son exclusion.

Jacques Bompard

Jacques Bompard

De son côté, Jacques Bompard, maire d’Orange et ancien du Front national, qui a obtenu plus de 58 % des voix dans la 4e circonscription du Vaucluse face au socialiste Pierre Meffre, a su magnifiquement pratiquer l’union des droites. De nombreux élus et de cadres locaux de l’UMP, du Nouveau centre, du Front national, mais aussi du Parti radical et du Modem sont en effet venus le rejoindre. Le soutien le plus emblématique est celui de Louis Driey, maire UMP de Piollenc, adversaire de Bompard aux cantonales de 2008, et qui fut cette fois son suppléant. Autre renfort de poids en faveur de Bompard : Patrick Bassot, l’unique conseiller général Front national de France.

Monde

Boko Haram frappe encore au Nigéria

Le groupe terroriste islamiste Boko Haram, qui entend appliquer la charia dans tout le Nigéria, pratique depuis des années le djihad à l’encontre les chrétiens du pays. Depuis lundi, des violences opposant des chrétiens et des musulmans ont fait au moins 43 morts dans l’Etat de Kaduna, au nord du Nigéria. Les chrétiens dénoncent un « nettoyage religieux systématique », et critiquent l’inaction du gouvernement nigérian. Ces manifestations succèdent aux attentats de dimanche dernier, qui ont fait 52 morts et 150 blessés dans une série d’attentats contre trois églises du nord du pays.

David Cameron veut déployer le tapis rouge aux entreprises françaises

David Cameron

David Cameron ©Wikipédia, licence CC

David Cameron s’est littéralement frotté les mains à l’idée que François Hollande allait bientôt mettre en œuvre sa promesse d’augmenter à 75 % le taux d’imposition sur les revenus de plus d’un million d’euros. « Quand la France instituera un taux de 75 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et nous accueillerons plus d’entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume‑Uni », a déclaré le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté. Gentille pirouette de Michel Sapin : « Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers de la Manche ». Pas sûr que les futurs chômeurs français apprécient la réponse du ministre français du Travail.

Syrie : la Russie s’interposera en cas d’ingérence étrangère

Pour Sergueï Lavrov, le départ volontaire de Bachar al‑Assad du poste de président syrien est impossible et les exigences des dirigeants occidentaux sont absurdes. « Il faut comprendre, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie russe, qu’Assad a recueilli les suffrages d’au moins la moitié des Syriens qui, pour différentes raisons, voient en lui leur avenir et leur sécurité ». Sergueï Lavrov a clairement menacé les pays voulant intervenir militairement en Syrie pour renverser Bachar al‑Assad, déclarant : « Dans le cas de la Syrie, le scénario libyen ne passera pas. Nous nous en portons garants ».

La thèse du réchauffement climatique bientôt dans les poubelles de la science

Le Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia est l’un des plus influents centres de recherche sur les changements climatiques, et nombre de ses correspondants font partie de l’encadrement du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat, le fameux GIEC. En novembre 2009, ce centre était secoué par un énorme scandale. La divulgation d’un ensemble de courriels et de fichiers du centre montrait en effet que certains de ses responsables avaient sciemment manipulé les données ou leur présentation, interféré dans le processus d’évaluation afin d’empêcher la publication d’articles divergents, détruit ou falsifié des informations, etc., le tout dans le but de présenter comme certaine la thèse du réchauffement climatique. Une thèse qui vient d’être démolie par trois équipes de chercheurs, l’une d’elles n’étant autre que celle du fameux centre de recherche d’East Anglia ! Une information largement passée inaperçue de la grosse presse. Se fondant sur les relevés de températures de plus de 30.000 stations, ces trois instituts ont démontré que la température moyenne de la planète a cessé d’augmenter depuis la fin de 1997. La terre se dirige vers un micro« âge glaciaire », et pourraient connaître vers 2020/2025, des températures inférieures à celles du « minimum de Dalton » des années 1790/1830.

Opération « Retour à la maison »

Benyamin Netanyahu

Benyamin Netanyahu

Dimanche dernier, le gouvernement israélien a mis à exécution les mesures d’expulsion de quelque 25.000 clandestins africains. L’opération s’appelle « Retour à la maison ». Devant l’afflux grandissant d’immigrés sub‑sahariens et les problèmes d’insécurité qui en découlent, l’Etat hébreu a décidé de renvoyer dans leurs pays tous ceux qui : « Représentent pour Israël un danger plus grand que la menace iranienne ». Pour le premier ministre Benyamin Netanyahu, c’est carrément le « rêve sioniste » que la présence de ces populations exogènes risquerait de faire disparaître. Et le ministre de l’Intérieur d’appeler : « A protéger le caractère juif et démocratique d’Israël ». Malgré les réticences de quelques associations de droits de l’homme, l’ensemble de la population juive manifeste son accord avec l’opération « Retour à la maison » « Les Soudanais au Soudan !», entend‑on ainsi crier dans les rues des grandes villes du pays.

Les électeurs de l'UMP pratiquent déjà l'union des droites

Les électeurs de l’UMP pratiquent déjà l’union des droites

20/06/2012 — 18h45
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
La comparaison des résultats du second tour des élections législatives de 2012 dans des circonscriptions représentatives avec ceux de 2002 est riche d’enseignements. En effet, on constate que les reports de voix entre les premiers et seconds tours ont considérablement évolué.

En cas de triangulaire entre des candidats PS, UMP et FN, quelle est l’évolution ?

En 2002, lorsque le FN était au 2e tour dans une triangulaire, il perdait presque systématiquement des voix par rapport au 1er tour. En 2012, en cas de triangulaire, lorsque le FN arrive devant l’UMP au 1er tour, il améliore très largement son score, les électeurs de droite votant pour le candidat le plus à même de battre la gauche, comme ce fut le cas pour le député Étienne Mourrut, adversaire de Maître Collard.

Quand le FN arrive derrière l’UMP au 1er tour, les électeurs font le choix inverse et choisissent de se reporter largement sur le candidat UMP, mieux placé pour battre la gauche.

Qu’en est‑il lors de duels gauche/FN ?

En 2002, l’abstention explosait et le candidat de gauche s’imposait très largement, le candidat FN ne progressant que peu. Moins de 20 % des électeurs UMP se reportaient sur le FN. En 2012, la participation à peu près constante et les reports de l’UMP vers le FN s’effectuent presqu’à 80 ou 90 %, en dépit des consignes du parti. C’est ainsi que plusieurs candidats FN ont frôlé la majorité absolue, doublant leur résultat du premier tour : Florian Philippot en Moselle, Valérie Laupies ou Stéphane Ravier dans les Bouches‑du‑Rhône.

Et en cas de duel droite/FN ?

En 2002, la participation restait constante, voire s’améliorait et le candidat FN restait stable, sans améliorer sensiblement son score du 1er tour. En 2012, on note un effondrement de la participation, les électeurs de gauche restent en partie chez eux et ne suivent pas tous les consignes du PS de voter UMP. Donc pour eux, il n’y a pas de drame à voir arriver un député FN. L’autre partie des électeurs de gauche votent UMP selon la consigne. Mais les candidats FN augmentent leurs scores de manière spectaculaire, notamment dans plusieurs circonscriptions du Var ou dans la 5e circonscription de l’Eure. Cela signifie que des électeurs UMP du 1er tour, (qui avaient voté “utile” par peur de la gauche) se sont sentis libres de voter FN au 2e, la circonscription étant assurée pour la droite.

En dix ans, le comportement de l’électeur de droite a bien changé dans le sens d’une union des droites, bien que les directions de l’UMP et, dans une moindre mesure du FN, en soient très loin.

Législatives : Majorité absolue pour le PS, le Front national aura deux députés

Législatives : Majorité absolue pour le PS, le Front national aura deux députés

18/06/2012 — 12h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
Le premier parti de France est celui des abstentionnistes avec 44 % des électeurs restés chez eux. Ce niveau d’abstention est un record pour des élections législatives dans la Ve République.

Peut‑on parler d’hégémonie du PS ?

Avec 300 sièges à lui seul le PS disposera sans allié de la majorité absolue au Parlement. Avec ses alliés ce chiffre se monte à 314 députés, une majorité plus que confortable. Rajoutons 19 verts et 10 Front de gauche, nous arrivons à 343 sièges pour la gauche alors que la droite est majoritaire en voix au premier tour. Remarquons que la gauche ne disposera pas de la majorité des trois cinquièmes au Congrès et ne pourra pas modifier la Constitution sinon avec l’accord de l’opposition ou par référendum. Parmi les battus symboliques Ségolène Royal bien sûr et Jack Lang dans les Vosges.

Et à droite ?

L’UMP conserve 226 sièges avec ses alliés, un score honorable qui permet la réélection de nombreux ténors du parti : Fillon, Copé, Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko‑Morizet de justesse, Wauquiez, Pecresse, Estrosi. Par contre, Claude Guéant, Alliot‑Marie, Aeschlimann, échouent. Signalons le naufrage du Modem, Bayrou battu le centre autonome disparaît.

Qui fait la bonne affaire ?

Les Verts, avec 17 sièges, ils pourront former un groupe alors que leur score au premier tour est le tiers de celui du FN. Le Front de gauche est en piteux état avec 10 élus contre 19 auparavant et devra débaucher 5 députés pour former un groupe. Ou obtenir une nouvelle modification de circonstance du règlement de l’Assemblée.

Le Rassemblement Bleu marine ?

Même si Marine Le Pen a été battue dans le Pas‑de‑Calais (de très peu, d’une centaine de voix seulement, ce qui lui donne 49,89 % des suffrages), l’élection de deux députés et d’un proche est une victoire qui marque un début mais seulement un début de dédiabolisation. La jeunesse de Marion Maréchal-Le Pen (elle est la plus jeune députée de l’histoire de la République) (photo), la fougue de Gilbert Collard, apporteront un peu de vent frais à l’Assemblée. On peut ajouter l’élection de Jacques Bompard de la Ligue du Midi, proche de Marion Maréchal. Sur la liste noire du FN quatre battus, quatre élus. Marine Le Pen devra transformer l’essai lors des élections de 2014 et 2015.

Crédit photo : RemiJDN via Flickr, licence CC.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

 

Nadine Morano, ancien ministre de l’Apprentissage, est candidate de l’UMP dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle. En duel face à un candidat socialiste, elle en appelle aux électeurs du Front national, avec lesquels elle estime avoir des valeurs communes (voir note 1 en fin d’article). Pour elle, Marine Le Pen est un interlocuteur respectable. Concernant des accords possibles, elle juge indispensable de mettre en place « le plus large rassemblement possible » pour faire barrage à la gauche.

 

Entretien de l’hebdomadaire Minute du 13 juin 2012 avec Nadine Morano.

Minute : Dimanche soir, vous avez lancé un appel aux électeurs du Front national, au nom des valeurs communes que vous partagiez avec eux. Maintenez-vous cet appel ?

Nadine Morano: Au moment où je vous réponds, je sors d’un débat avec mon opposant socialiste sur France 3 qui vient de dire qu’il en appelle aux électeurs républicains… Je suis choquée par cette analyse, car pour moi, les électeurs du Front national n’ont pas à être rejetés de la République. Alors oui, comme pour le second tour de la présidentielle où l’ensemble des patriotes devaient voter pour la droite, j’appelle tous les électeurs – dont ceux du FN – à se reporter sur ma candidature et sans état d’âme, car il en va de l’avenir de la France.

À quelles valeurs pensiez-vous, précisément ?

Lorsque je fais campagne sur le terrain, j’entends ce que me disent les électeurs du Front national, notamment en milieu rural où ils sont attachés au respect de nos traditions, à notre culture, à notre identité nationale. Je suis opposée au droit de vote des étrangers dans notre pays et ils me rejoignent sur cette position – comme beaucoup d’électeurs de gauche, d’ailleurs !

Je suis attachée depuis toujours à une véritable intégration, qui impose la maîtrise de l’immigration ; et là aussi, je sens une adhésion qui dépasse les frontières de l’UMP.

Lorsque ma famille politique évoque le renforcement des accords de Schengen pour protéger les frontières extérieures de l’Europe, il y a encore une convergence de points de vue sur ce sujet. Je précise qu’il est faux de cantonner des électeurs du Front national aux seules questions de l’immigration, ils expriment leurs inquiétudes et leurs souffrances face à un contexte économique mondial qui les effraie.

Un sondage Opinion Way révélait récemment que les deux tiers des électeurs de l’UMP souhaitent des alliances avec le Front national. Comprenez-vous ce désir de la base ?

Nos électeurs sont souvent étonnés qu’en France on tolère des alliances entre le PS, l’extrême gauche et les Verts qui prônent la légalisation du cannabis… Nous, nous ne parlons pas d’alliance, mais de respect des électeurs du Front national, méprisés et rejetés par la gauche dans le camp des anti-républicains. Vous constaterez que le cas tout à fait exceptionnel de ma circonscription est révélateur : le candidat FN, parachuté, totalement inconnu, et malheureusement décédé avant le premier tour, a réuni près de 17 % des voix. Cela démontre non pas l’adhésion à un candidat, mais bien aux thématiques que j’évoquais auparavant.

Certains politiques ou commentateurs ne partagent pas votre avis…

Evidemment, il y a de nombreux points de désaccord avec le Front national, notamment sur les questions économiques, voire de société. Mais je rejette l’idée que les électeurs du Front national ne soient pas des démocrates !

Que répondez-vous à ceux qui évoquent le « front républicain » face au Rassemblement bleu Marine ?

Je constate que le parti socialiste n’a aucun scrupule à s’allier avec l’extrême gauche et à fermer les yeux sur certaines de leurs idées comme la légalisation du cannabis, le soutien de M. Mélenchon à la dictature cubaine ou à une certaine part d’ombre de leur histoire.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

Dessin d’Aramis illustrant ce numéro de “Minute”

Les électeurs sont libres et responsables de leur choix. Pour ma part, je suis gaulliste et patriote, je ne partage pas l’idéologie socialiste, je n’appelle donc pas à voter pour eux.

Votre démarche est-elle comparable à celle de plusieurs candidats UMP qui, arrivés troisième dans une triangulaire, sont prêts à se désister pour faire battre la gauche socialo-communiste ? Je pense à Étienne Mourrut, dans le Gard, ou Rolland Chassain, en Arles…

Pour les raisons que je viens d’évoquer, je n’appelle pas à voter pour une personne qui défend un programme politique que je juge dangereux et insoutenable pour la France. Pour l’instant, c’est le moment des cadeaux électoraux de la gauche, mais bientôt, la facture sera salée pour nos compatriotes. Nous ne pouvons pas les laisser faire.

Additionnés, les résultats de l’UMP et du FN dépassent ceux de la gauche (50,5 % au premier tour). Ne pensez-vous pas qu’il est temps d’admettre que Marine Le Pen a fait le nécessaire pour « dédiaboliser » son parti et que, ce faisant, comme le disait justement Nicolas Sarkozy, elle est « compatible avec la République » et devient, pour reprendre les mots de Gérard Longuet, « un interlocuteur possible » ?

Si Marine Le Pen n’était pas un interlocuteur, elle ne serait pas invitée à débattre sur les plateaux de télévision. J’ai moi-même débattu plusieurs fois face à elle. A ce que je sache, le Front national n’est pas interdit par la République.

Etes-vous favorable à l’union des droites contre la gauche et l’extrême gauche ?

Je ne veux pas que nous nous retrouvions dans la situation de l’Espagne ou de la Grèce, avec des dépenses publiques inconsidérées qui nous mèneraient à la ruine. Le véritable enjeu, c’est de faire gagner la France : pour cela, il faut un rassemblement le plus large de la droite et du centre.

Propos recueillis par Patrick Cousteau

 

Note (1) – Nadine Morano et les électeurs du Front national : les valeurs communes.  Dimanche soir, Nadine Morano a lancé un appel « clair et assumé » aux électeurs du Front national, pour le second tour des législatives, dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle où, avec 34,33%, elle est devancée par son adversaire socialiste Dominique Potier (39,29%). « Il y aura un duel droite-gauche. Nous aurons à défendre des valeurs respectives. J’en appelle très clairement aux électeurs du Front national qui partagent nos valeurs à se retrouver sur ma candidature », a lancé l’ex-ministre de l’Apprentissage.

La candidate UMP a ensuite expliqué sa démarche : « Ce n’est pas une question d’accord, mais une question de partage de nos valeurs : la maitrise de l’immigration, le refus du droit de vote des étrangers, ne pas financer l’assistanat et la reconnaissance de la valeur travail, la protection de nos frontières extérieures de l’Europe. Oui, je partage ces valeurs avec eux », Et de conclure : « Je n’ai pas d’état d’âme à en appeler aux électeurs du Front national. » Un geste fort, qui favorise l’union des droites et remise au placard le « cordon sanitaire » de la gauche, usé jusqu’à la trame.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 13 juin 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

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Après ces déclarations et cette interview ce n’est pas étonnant que l’imitateur Gérald Dahan, qui a soutenu ouvertement François Hollande durant la campagne présidentielle, ait voulu piéger Nadine Morano jeudi en se faisant passer au téléphone pour Louis Aliot, n°2 du Front national.
En effet ces déclarations de Mme Morano mettent en danger le succès de l’ensemble PS, Europe Écologie – Les Verts, Front de Gauche, qui savent se soutenir lors des élections malgré leurs différences. Si le Front National et l’UMP savaient se soutenir ils pourraient gagner.

Mme Morano a répondu qu’elle voit dans cette action de Gérald Dahan un contre-feu lancé après la tempête médiatico-politique déclenchée par le tweet de Valérie Trierweiler soutenant le candidat opposé à Ségolène Royal. Gérald Dahan n’a pas agit en humoriste, mais en “militant socialiste” a-t-elle ajouté.

Nadine Morano et le FN : « Pour faire gagner la France, il faut le rassemblement le plus large possible »

[Revue de presse] Novopress citée par Olivier Ferrand de Terra Nova

[Revue de presse] Novopress citée par Olivier Ferrand de Terra Nova

16/06/2012 — 09h30
PARIS (NOVOpress) — Dans une tribune publiée par le Monde consacrée au rapprochement UMP-FN, Olivier Ferrand, président de Terra Nova et candidat PS pour les élections législatives dans les Bouches-du-Rhône, cite Novopress. Extraits : “L’agence de presse d’extrême droite Novopress valorise les prises de position des députés UMP radicaux. En sens inverse, le site 24heuresactu, animé par des militants UMP, affiche sa sympathie récurrente pour Mme Le Pen.”

Rapprochement avec le FN : Juppé désapprouve la position de Garraud

Rapprochement avec le FN : Juppé désapprouve la position de Garraud

15/06/2012 — 08h00
BORDEAUX (NOVOPress via Infos Bordeaux) —
  Alain Juppé a indiqué mercredi qu’il désapprouvait les propos sur le Front National tenus par le député UMP de Gironde, Jean-Paul Garraud (photo)

Dans un entretien accordé mardi à nos confrères de 20 Minutes, le parlementaire sortant, s’est interrogé sur « la pertinence du maintien d’un cordon sanitaire autour du Front national ».
« Il faut faire la différence entre les questions d’appareils et ce qui nous remonte du peuple. Les gens ne font plus la différence entre les partis au sein du bloc de droite. Sur le terrain, nous entendons sans arrêt, la question suivante de la part des sympathisants de droite : Nous perdons sans arrêt les élections alors que les valeurs que nous défendons sont majoritaires. Quand est-ce que vous vous entendrez avec le FN ? Une demande populaire existe, on ne peut le nier. Il nous appartient d’en tirer les conséquences » a-t-il déclaré.

Dans un communiqué de presse, le maire de Bordeaux a indiqué mercredi qu’il « désapprouve fermement ces propos en totale contradiction avec la position du bureau national de l’UMP et qu’en conséquence il n’ira pas soutenir M. Garraud avant le deuxième tour ».

Arrivé en deuxième position (32,22%) derrière le socialiste Florent Boudié (36,96%), Jean-Paul Garraud a reçu le soutien de la candidate frontiste, Anne-Christine Royal (15,74%). Il semble qu’Alain Juppé, à l’instar de plusieurs ténors de l’UMP, soit devenu autiste sur les demandes de la base. Selon un sondage Ipsos, 66% des électeurs de droite se prononcent pour un accord de désistement mutuel entre l’UMP et le FN lorsqu’il s’agit de battre un candidat de gauche.

Jacques Colombier secrétaire départemental du Front national en Gironde a répondu dans un communiqué « Décidément Alain Juppé ne manque pas une occasion de faire perdre son camp (…) Mr Garraud ne se trompe pas d’adversaire entre la gauche socialo-communiste et le FN ».

Crédit image : Francky33, via Wikipédia, licence CC.

J.M. Ayrault et la gauche de Loire-Atlantique veulent clouer Ph. Boënnec au pilori

J.M. Ayrault et la gauche de Loire-Atlantique veulent clouer Ph. Boënnec au pilori

14/06/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – En Loire-Atlantique, le Front national soutient un député sortant. Les socialistes s’insurgent et somment l’UMP de désavouer son candidat. Les habitués de la défaite sont prêts à remettre en marche la « machine à perdre ». Mais ce sont les électeurs qui auront le dernier mot.

Au soir du 10 juin, Philippe Boënnec, député sortant de la 9° circonscription de Loire Atlantique [en jaune sur la carte de Loire Atlantique, cliquer sur l’image pour la voir en entier]  et secrétaire départemental de l’UMP, se retrouve en deuxième position avec 37,01% des suffrages exprimés. Il est devancé par la candidate PS, Monique Rabin qui en obtient 37,99%. Celle-ci peut compter sur le report des électeurs des trois candidats d’extrême gauche (Front de gauche, Lutte ouvrière, Europe écologie les verts) soit 8,06%. Par contre, le maire de Pornic pourra au mieux obtenir ceux des candidats MPF, divers droite et centriste soit 6,12%. Pour retrouver son siège, sauf à mobiliser plus d’abstentionnistes que sa concurrente ou les 1,45% d’électeurs de trois candidats écologistes indépendants du premier tour, il lui faut convaincre ceux qui ont choisi la candidate du Front national, Maggy Lussaud. Secrétaire départementale du FN, celle-ci est arrivée en troisième position avec 9,38%.

Constatant, selon ses déclarations, « que par son opposition au droit de vote des étrangers, au mariage des homosexuels, …sur les valeurs de société, il partage plus de choses en commun avec le FN qu’avec le PS », il contacte Mme Lussaud et lui demande d’appeler ses électeurs à voter pour lui au deuxième tour afin de battre la candidate socialiste.

Après consultation et accord de Marine Le Pen, la candidate FN lui répond favorablement et invite « ceux qui l’ont soutenue ainsi que les abstentionnistes à voter pour notre député sortant ». Cela va déclencher la colère de Jean-Marc Ayrault et des oligarques socialistes locaux qui dirigent la région, le département et de nombreuses mairies avec le concours du Parti communiste mais retrouvent soudain leur sens moral devant le danger électoral. Jacques Auxiette, président du conseil régional, se dit « scandalisé». Philippe Grosvalet, président socialiste du conseil général, prétend même dicter sa conduite à l’UMP : « Philippe Boënnec doit être sanctionné ».

Étrangement, Sophie Jozan, à la tête du maigre groupe UMP d’opposition à la mairie de Nantes, se joint au concert socialiste. « Philippe Boënnec vient de franchir la ligne rouge », dit-elle, « je ne peux plus le considérer comme dirigeant local de l’UMP ». Reste à voir si elle sera plus efficace comme opposante interne (elle s’était déjà désolidarisée au dernier moment de la liste UMP aux sénatoriales de 2011) que face à une gauche qui la bat systématiquement dans les urnes.

Par sa démarche, de façon inattendue, Philippe Boënnec met la Loire Atlantique, fief du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, au cœur du débat ouvert par la défaite de Nicolas Sarkozy et le retour en force du FN, animé par Marine Le Pen. Le mur anti FN, mis en place par la gauche, va-t-il imploser comme elle le souhaite ? L’UMP va-t-elle comme naguère se laisser piéger par les « moralistes » des partis de l’établissement ? N’en déplaise à ceux-ci, ce sont les électeurs qui apporteront la réponse : dans une véritable démocratie, dans une République digne de ce nom, c’est le Peuple qui est souverain.

Jean Galibert

Crédit image : Pymouss44 via Wikipédia, licence CC.

Un élu UMP brise le tabou de l’union des droites

Un élu UMP brise le tabou de l’union des droites

14/06/2012 — 11h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Pourquoi Jean‑François Copé souhaite‑t‑il l’exclusion de Roland Chassain ? Roland Chassain (photo) est arrivé troisième suite au premier tour des élections législatives dans la 16e circonscription des Bouches‑du‑Rhône. Le candidat PS, Michel Vauzelle est arrivé en tête, suivi par la candidate du Front national. Chassain a donc décidé de se désister afin de donner à la candidate FN la possibilité de battre le socialiste.

On peut donc affirmer que l’UMP veut exclure son candidat, car il ne respecte pas les consignes de « ni‑ni » pour ce second tour. C’est exactement cela. L’UMP ne veut pas assumer le choix de son candidat, qui souhaite avant tout la défaite du socialiste Vauzelle.

Pourtant, ce choix est motivé par l’absence de moralité supposée du député socialiste. Chassain lui reproche des détournements de subventions, mais aussi des emplois fictifs, des notes de frais faramineuses pour financer des nuits au Sofitel ou des trajets d’hélicoptères.

Peut‑on donc affirmer que Roland Chassain a brisé un tabou ? Tout à fait. En préférant Valérie Laupies à Vauzelle, il affirme ainsi qu’un candidat du FN peut correspondre aux valeurs de la République alors qu’un candidat socialiste n’est pas digne de représenter les électeurs du fait de son passé.

Cela va à l’encontre de la doctrine de l’UMP et de ses fondateurs qui, comme Chirac, ne jugeait pas le Front national comme un parti républicain. Chassain est seul pour l’instant,  mais il fera peut‑être des émules !

Crédit photo : Philippe Marc via Flickr, licence CC.

L’UMP semble refuser de recréer le front “républicain” [vidéo]

L’UMP semble refuser de recréer le front “républicain” [vidéo]

11/06//2012 – 16h00
PARIS (NOVOpress) –
Selon l’institut Ipsos, il y aurait entre 25 et 30 triangulaires au second tour. Beaucoup impliqueront un candidat FN.

[Mise à jour 11/6/12 à 18h : En fait, malgré le mode de scrutin calculé pour l’éliminer, le FN peut se maintenir au deuxième tour dans 61 circonscriptions, dont 32 triangulaires].

En face, l’UMP et le PS n’adoptent pas la même stratégie. Martine Aubry a appelé au “désistement républicain” entre le PS et l’UMP.

Réponse de François Fillon : “Nous allons maintenir nos candidats partout où ce sera possible”.

De leur coté François Copé et Claude Guéant, justifient le “ni-ni”, désistement ni en faveur du PS ni du Rassemblement Bleu Marine (vidéo ci-dessous)

Ce n’est pas l’alliance avec le FN, mais ce n’est plus l’alliance avec le PS !

Information reprise en partie du Salon Beige.

[Exclusivité NOVOpress] quand des militants UMP créent un faux site FN-Nice pour attaquer une candidate du Rassemblement Bleu Marine !

[Exclusivité NOVOpress] quand des militants UMP créent un faux site FN-Nice pour attaquer une candidate du Rassemblement Bleu Marine !

07/06/2012 — 09h30
NICE (NOVOPress) — Depuis hier, divers comptes plus ou moins anonymes sur twitter tentent de faire connaitre le site www.fn-nice.com.

S’ouvrant sur un sondage étonnant, semblant d’emblée s’attaquer à la notoriété de la candidate du FN-Rassemblement Bleu Marine dans la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes (elle est évoquée entre Jacques Peyrat, l’ancien maire de Nice, et Philippe Vardon, président de Nissa Rebela et membre de la direction du mouvement identitaire), le site reprend les codes esthétiques des sites officiels du Front National. Un compte youtube FN-Nice a même été créé pour l’occasion.

On comprend pourtant très vite qu’il est en fait question pour ce site de s’en prendre à la candidature de Danielle Cardin, présentée comme “une candidate loin de chez nous”. Il est vrai que la malheureuse n’a pas hésité dans la presse à revendiquer son statut de “parachutée” dans la circonscription (un petit saut, elle vient des alentours de Grasse, mais qui compte terriblement dans un territoire aussi enraciné que le haut-pays niçois), et que les interventions vidéos reprises sur le site sont assez déconcertantes. Les autres candidats lui étant opposés dans le débat, les journalistes de Nice Matin et Radio France Bleu Azur, et même l’ensemble de la rédaction de NOVOpress cherchent encore à comprendre ce qu’elle a voulu expliquer concernant le logement social

Cette candidate a finalement été préférée par la direction du Front National à celle de Philippe Vardon, qui avait demandé le soutien du FN (dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine). Las, ne souhaitant pas favoriser la candidature de Christian Estrosi en maintenant la sienne, Philippe Vardon avait décidé dans un geste élégant et responsable de se retirer de la course, concentrant son énergie “à soutenir le rassemblement là où il est une réalité effective : dans la 1ère circonscription avec la candidature de Jacques Peyrat”.  Il participe depuis à dynamiser la campagne de Jacques Peyrat, tant sur le terrain que dans le cadre de différentes réunions publiques dans les quartiers niçois.

Cité dans le sondage d’accueil – et même trois fois sur la page centrale du site – de FN-Nice, Philippe Vardon est ici largement instrumentalisé. Se basant sur tout cela, des esprits tordus auraient certainement pu imaginer que le site en question était une vengeance interne au FN, ou même provenait des rangs identitaires. Il n’en est pourtant rien. NOVOpress est en mesure de vous révéler que ce site a été créé par un militant UMP, des Jeunes Populaires précisément, jouissant d’une certaine proximité avec plusieurs élus des Alpes-Maritimes.

Une simple recherche “who is” permet d’identifier la personne ayant déposé le nom de domaine www.fn-nice.com. Il s’agit d’un certain Alexandre Ajacques.

Poursuivant les investigations (à l’aide d’un simple ordinateur et d’une connexion internet, toutes les informations de cet article étant publiques), on peut découvrir grâce à Twitter et Facebook qu’Alexandre Ajacques est en fait un militant des Jeunes Populaires des Alpes-Maritimes.  Un militant très actif puisqu’on peut le voir dans plusieurs réunions (et même carrément sur la scène) , collant des affiches, ou aux côtés de ses dirigeants (avec Eric Ciotti, Benjamin Lancar, Lionnel Luca ou Christian Estrosi). Il est aussi un fervent propagandiste de ses “héros” sur les réseaux sociaux.

Alexandre Ajacques, “propriétaire” du site, aurait-il été aidé dans sa conception par un autre militant des Jeunes Populaires ? Anthony Bressi semble avoir le profil tout indiqué, lui qui se définit sur son compte twitter comme “Développeur web / Infographiste / Community Manager / Présent sur Twitter sous de multiples identités…”. Un geek en somme, qui semble bien être le tout premier à avoir annoncé l’existence du site www.fn-nice.com, pile au même moment que le compte Twitter “Madame Michu” désormais célèbre relai de l’UMP.

Sur les réseaux sociaux toujours, Alexandre Ajacques n’hésite pas à se faire le zélé défenseur de ses chefs, s’en prenant à ceux qui les égratignent… et par exemple à Philippe Vardon ! Dont il semble pourtant si amoureux quand il s’agit de l’utiliser pour dénigrer Danielle Cardin.
Il semble, à en croire les photos, très proche de Christian Estrosi puisqu’on peut les voir partager des moments de complicité comme une petite partie de baby-foot. Alexandre Ajacques – militant UMP et propriétaire du faux site www.fn-nice.com rappelons-le – apparaît aussi comme un proche de Marine Brenier, jeune conseillère municipale de Nice et responsable des Jeunes Populaires 06.

Si proche, qu’elle fut aussi parmi les premières à “retweeter”, c’est-à-dire à relayer donc, l’existence du site www.fn-nice.com et les propos de Mme Cardin que celui-ci rapporte.

Arrivés à ce stade de notre “enquête”, il est clairement établi que ce site a été réalisé par un ou des militants de l’UMP pour plomber un peu plus la candidature de Danielle Cardin (FN) dans la 5ème circonscription, et donc favoriser celle de Christian Estrosi. Nous avons aussi établi qu’il existait entre le propriétaire de ce site, Alexandre Ajacques, et Christian Estrosi ou Marine Brenier une proximité évidente. Que celle-ci (conseillère municipale de Nice, avec une délégation, et conseillère métropolitaine tout de même) ait elle-même relayé très rapidement le faux site ne laisse que peu de doutes sur le fait qu’elle en connaisse l’origine.

Alors que l’affaire des faux-vrais tracts de Mélenchon à Hénin-Beaumont ne cesse de faire l’actualité, il serait désormais de bon ton que Marine Brenier et surtout Christian Estrosi s’expliquent sur l’affaire du faux-vrai site FN de Nice !

Jean Gastaud

PS : Lorsqu’il avait appris que le FN ne soutiendrait pas sa candidature et préférait envoyer Danielle Cardin, Philippe Vardon avait écrit : “Christian Estrosi doit en être ravi”. Interrogeant ce dernier, le quotidien Nice Matin lui avait demandé voici quelques jours : “Philippe Vardon, de Nissa Rebela, a renoncé à vous affronter au profit d’une candidate du FN parachutée : c’est un bonus pour vous ?”. Il semble bien que les attaques de l’UMP contre le FN, relayées par ce faux site, confirment cela. Dans cette campagne, la candidature de Danielle Cardin aura bien été une chance pour Estrosi.

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

C’est dans un climat morose que les électeurs s’apprêtent à aller voter le 10 juin pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Pas de débat, pas de combat, pratiquement pas d’enjeux… Comme si la droite était contente à l’idée de voir arriver une vague rose au Palais- Bourbon.

Ces élections législatives, dont le premier tour aura lieu dimanche, sont étranges à plus d’un titre. Comme si, après cette élection présidentielle si âpre, tout le monde, partis inclus, éprouvait le besoin de souffler. Comme si le ressort qui fait les grandes campagnes, les grands débats, les belles joutes était cassé. Comme si, ayant perdu Nicolas Sarkozy, la droite avait perdu en même temps l’énergie que celui-ci lui insufflait.

Certes, sur le terrain, les députés sortants, qui veulent conserver leur siè ge, et ceux qui aspirent à leur suc céder, battent la campagne.

Mais de débat national, il n’y a pas. De grands rendez-vous télévisés non plus. A croire que la France est entrée dans un régime présidentiel – ce qui n’est pas du tout ce qui est écrit dans ses institutions – et que, somme toute, quel que soit le résultat des élections législatives, il ne pourra rien changer à ce que les Français ont décidé le 6 mai dernier en élisant François Hollande. Voici que la France est sous anesthésie dont elle ne se réveillera que dimanche soir pour prendre connaissance, en spectatrice, de ce que les Français qui auront participé au scrutin auront décidé, et nul ne semble douter que ce qui sortira des urnes sera conforme au vote du 6 mai.

Hollande a eu vraiment de la veine d’être élu 

Depuis que les élections législatives suivent immédiatement l’élection présidentielle sans qu’il soit besoin au chef de l’Etat élu de dissoudre l’Assemblée nationale, il est admis que le scrutin législatif ne peut que confirmer le scrutin présidentiel: la France cartésienne ne pourrait se déjuger et les Français se retrouveraient dans une sorte d’obligation morale de donner au nouveau président de la République la majorité parlementaire qui lui permettra de mettre en œuvre sa politique. Ayant élu un président de gauche, les Français ne pourraient donc qu’envoyer à l’Assemblée une majorité de parlementaires de gauche. Dès lors, pourquoi se battre et se combattre puisque le sort est scellé?

S’il était impossible de voir surgir une cohabitation pour les élections législatives de 2002 et de 2007, le cas de figure est bien différent cette année – ou aurait pu l’être si, dans l’opposition au chef de l’Etat, la volonté avait été présente de remporter ces élections. Il faut le dire une nouvelle fois, quitte à se répéter: la France n’est pas à gauche. « La France n’est pas majoritairement à gauche », confiait François Hollande au « Nouvel Obs » en une phrase passée inaperçue juste avant le second tour (1). Le candidat socialiste n’a pas été élu sur une adhésion à un programme de gauche, il n’a pas été porté au pouvoir non plus sur le rejet d’une politique de droite; il ne doit son élection qu’au rejet, par les Français, de la personne de Nicolas Sarkozy.

L’une des caractéristiques de la dernière présidentielle, vient d’expliquer le politologue Jérôme Jaffré dans « Le Monde » du 5 juin, « aura été de traduire un vote de rejet et non un vote d’adhésion. Une courte majorité des électeurs s’étant exprimés lors du second tour (51 % exactement) l’a fait en mettant en avant sa volonté de barrer la route à l’adversaire, 49 % ont voté avant tout pour que leur candidat soit élu président. Chiffres serrés à l’image du scrutin et qui correspondent à sa logique profonde. A cette différence près qu’en 2007 dans le duel entre Ségolène Royal et Nicolas Sar kozy, 69 % des électeurs s’étant exprimés avaient émis un vote d’adhésion, 31 % seulement un vote de rejet. Hormis le calamiteux second tour de 2002, il faut sans doute remonter au match revanche qui opposait en 1981 François Mitterrand à Valéry Giscard d’Estaing pour retrouver l’expression d’un vote rejet majoritaire ».

Une France de plus en plus… à droite

« L’élection de 2007, ajoute Jaffré, était porteuse d’espérance, celle-ci est un processus d’élimination. M. Sarkozy en est la victime finale, mais il peut garder la satisfaction d’être en tête dans le vote d’adhésion. Parmi les électeurs ayant exprimé une volonté positive, M. Sar kozy remporte 52,5 % des voix, M. Hollande 47,5 %. »

Ce paradoxe est confirmé par la très nette droitisation du corps électoral, également relevée par Jaffré, qui s’effraie de ce que « les thèmes de campagne sur lesquels M. Sarkozy a chauffé le pays à blanc (à petit blanc, serait-on tenté d’écrire) [fassent] un tabac ». En cinq ans, par exemple, les Français estimant qu’« il y a en France trop d’immigrés » sont passés de 48 % à 62 %, soit une progression de quatorze points que les candidats qui n’auraient pas lu les sondages se voient rappeler sur le terrain au contact de leurs électeurs. De même, ne faut-il plus parler d’islam (de France ou pas de France) aux Français, pour qui ce mot suscite, à 81 %, un rejet… contre 63 % en 2007. Les Français sont même 45 % à avoir une réaction « très négative » à l’évocation de ce mot contre 25 % il y a cinq ans.

Il faut lire le reportage consacré par le dernier numéro de « Marianne » aux candidats de l’UMP au contact de leurs électeurs, qu’ils ne « reconnaissent plus », qui les jugent « trop mous, trop flous, pas assez loups », « des militants, écrit Nicolas Domenach, parfois même plus frontistes que le FN ». Des militants ou sympathisants, des électeurs en tout cas, qui ne sont pas – encore – passés chez Marine Le Pen, qui leur parlent des « crouilles » (2), qui leur font part de leur peur face à l’« invasion de noirs » à la grande surface du coin et qui ont toutes les peines du monde à comprendre pourquoi « on [l’UMP] ne s’allie pas avec Marine Le Pen »: « Ce n’est pas son père, tout de même… » Ainsi va la France UMP, décrite par le directeur adjoint de la rédaction du journal fondé par Jean-François Kahn, qui déplore: « La campagne “ultradroite” de Nicolas Sarkozy, dans la suite de sa gouvernance d’exclusion, a fait exploser toutes les digues. » Et, à l’image de Jack Lang voyant la France passer, lors de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, de l’ombre à la lumière, Domenach conclut: « Dieu, qu’il fait sombre… »

Le cri d’alarme de Jean-François Kahn

Etonnant paradoxe de voir la gauche se désespérer au moment même où la France, il faut le rappeler car la lecture de la presse finit par l’occulter, vient de se doter d’un président socialiste! Le mandat de François Hollande serait-il donc le chant du cygne de cette gauche française si archaïque, si sectaire, si sclérosée? Son élection ne serait-elle qu’un accident de l’histoire, à contre-courant de l’évolution des mentalités et de ce que nous pourrions appeler le « sursaut national », due uniquement au forfait contraint – à l’« empeachment » – du candidat naturel du PS qu’était Dominique Strauss-Kahn et à l’imprégnation des esprits, révoltés par tant d’attitudes méprisantes, des premières années, et même des premières heures, du mandat de Nicolas Sarkozy?

Jean-François Kahn lui-même n’hésite pas à publier un livre titré La Catastrophe du 6 mai 2012 (Plon) ! Mais quelle « catastrophe », de son point de vue? « Elle tient, cette catastrophe, à un chiffre: 48,38 %. Le score obtenu par Nicolas Sarkozy ce 6 mai. Une défaite, malgré tout? D’un candidat, certes. Tout le monde savait qu’il représentait le principal handicap de sa cause. Mais de son discours? Les électeurs ont recalé le vendeur – le camelot –, mais ils étaient prêts à consommer sa marchandise. » Alors que, selon lui, « sous l’influence de deux gourous néo-maurrassiens » Patrick Buisson et Henri Guaino, bien plus barrésien que maurrassien mais passons –, Nicolas Sarkozy avait carrément procédé, non pas à une manœuvre visant à renouveler l’opération de 2007 ayant consisté à capter les électeurs lepénistes mais à « une tentative de débordement de Marine Le Pen sur sa droite »!

Tout ceci intégré, les leaders de la droite parlementaire, débarrassés, au moins pour un temps, de la personne encore répulsive de Nicolas Sarkozy, auraient pu s’engouffrer dans la profonde mutation politique en cours dans notre pays pour mener campagne tambour battant sur les thématiques désormais tenues pour prioritaires, centrales même, par la majorité de leurs électeurs potentiels. Or ils ne l’ont pas fait, en partie par tactique, en partie en raison de l’actuelle situation de l’UMP.

Ne pas ouvrir une voie royale à Marine Le Pen

Les leaders de l’UMP ne peuvent pas le dire à leurs électeurs mais une victoire de l’opposition aux élections législatives ne les arrangerait pas… du tout. Les yeux rivés, dès avant le deuxième tour de la présidentielle, sur le prochain scrutin présidentiel de 2017, ils misent, tous ou presque, sur ces « pleins pouvoirs » à la gauche que représenterait une victoire de celle-ci aux élections législatives, après que le PS, allié aux écologistes, aux radicaux et aux communistes, mélenchoniens ou autres, a conquis le Sénat, la totalité des conseils régionaux à l’exception de l’Alsace et une majorité des conseils généraux et des grandes villes de France.

Si, par malheur, la droite parlementaire venait à l’emporter au soir du 17 juin, François Hollande n’aurait d’autre choix que d’appeler à Matignon un ténor de l’UMP, qui ne pourrait être François Fillon, premier ministre durant cinq ans de Nicolas Sarkozy, et qui ne pourrait être non plus Jean-François Copé, trop droitier pour pouvoir cohabiter avec le président de la République et son équipe.

Le seul premier ministre de cohabitation envisageable est, de toute évidence, Alain Juppé, tout à fait « hollando-compatible » et dont nul n’est sûr à l’UMP que, dans le secret de l’isoloir, il n’ait pas voté au second tour de la présidentielle selon la consigne donnée (et appliquée) par le clan chiraquien – à l’exception de Bernadette Chirac, le seul « homme de droite » de la famille –, aujourd’hui tout à son bonheur d’être débarrassé de Nicolas Sarkozy.

Or Juppé à Matignon, c’est l’assurance, tant pour la droite qui ne s’assume pas comme telle (Fillon) que pour celle qui se décide enfin à l’être (Copé), d’une politique mollassonne, faite de compromis et, en fait, de soumission à l’idéologie dominante, qui porterait un coup fatal, d’une part à leurs ambitions pour 2017 – tant « le meilleur d’entre nous » se discréditerait rapidement et, avec lui, discréditerait la droite parlementaire; d’autre part à une UMP dont bon nombre d’élus n’accepteraient pas longtemps de soutenir un gouvernement allant à l’encontre des exigences de leurs électeurs et, pour certains, de leurs propres convictions.

Ce serait, pour dire les choses clairement, la certitude d’ouvrir une voie royale à Marine Le Pen pour 2017, qu’elle ait ou non des élus à l’Assemblée nationale. La présidente du Front national aurait en effet beau jeu de dénoncer, durant le temps qu’accorderait François Hollande au gouvernement d’Alain Juppé avant de prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale, la connivence « UMPS » dont Juppé est, effectivement, l’un des pires représentants.

La popularité en trompe-l’oeil de Hollande

La popularité dont jouissent François Hollande et son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est pourtant en trompe-l’œil. Selon l’étude de l’institut LH2 pour le « Nouvel Obs », parue le 4 juin, 58 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion positive de François Hollande en tant que président de la République. Certes, pour un homme qui n’a encore rien fait – mais fera-t-il un jour quelque chose? –, cela peut paraître beaucoup. En fait, il n’y a pas de quoi sauter de joie. Au même moment en 2007, les Français étaient 63 % à avoir une opinion positive de Nicolas Sarkozy!

Et surtout, le chef de l’Etat entrant ne bénéficie d’aucun « état de grâce ». Une lecture attentive de cette étude montre que seuls 19 % des Français ont une opinion « très positive » de lui, chiffre qui ne dépasse pas 37 % au sein même de l’électorat de gauche! Les 58 % d’« opinions positives » sont obtenus en additionnant les opinions « très positives » et les opinions « assez positives », soit ceux qui ont coché cette case parce qu’il fallait bien répondre quelque chose…

En raison des incertitudes totales sur le taux de participation et du non-sens absolu que constituent des sondages nationaux à l’approche d’un scrutin qui est en fait constitué de 577 scrutins spécifiques, il est totalement impossible de dire ce qui sortira de ces élections, et il sera temps, la semaine prochaine, d’analyser les résultats du premier tour en fonction des ambitions de chacune des formations politiques. Deux choses, en revanche, sont certaines : pour la droite et, a fortiori, pour les droites que constituent désormais l’UMP et le Front national de Marine Le Pen, ces élections étaient – et sont encore – gagnables ; et les dirigeants de l’UMP n’ont vraiment rien fait pour les gagner.

Antoine Vouillazère

1. « Le Nouvel Observateur » du 3 mai 2012, page 50
2. « Face au Front national. La Droite lâche », in « Marianne » n° 789 du 2 au 8 juin 2012.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 6 juin 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

[Tribune libre] Lettre ouverte aux candidats aux législatives et dirigeants des partis de droite - Par Eric Martin

[Tribune libre] Lettre ouverte aux candidats aux législatives et dirigeants des partis de droite – Par Eric Martin

Mesdames, Messieurs,

La France est majoritairement à droite. Les récentes élections présidentielles l’ont encore confirmé. Malgré cela, le candidat socialiste l’a emporté. Pour une unique raison: les états-majors politiques de droite obéissent aux diktats de la gauche et des médias « bien-pensants » et refusent toute entente entre les différentes tendances de la droite française.

Certes, nous voyons bien qu’il existe des différences entre les programmes du Nouveau centre, de l’UMP, du CNIP ou du FN.

Mais des différences encore plus grandes existent entre l’ex (?) trotskiste Mélenchon, les libertaires du parti prétendument écologiste, et la gauche social-démocrate. Pourtant, ces différences n’empêchent nullement des accords électoraux, nationaux ou locaux.

Il n’est pas tolérable que cette alliance, si facile à gauche, soit interdite à droite. D’autant plus qu’aucun parti de droite ne se réclame d’idéologie ayant causé, comme le communisme, actuellement si bien en cour, des dizaines de millions de morts. Nous dénions absolument à la gauche toute légitimité pour nous donner des leçons de morale dans ce domaine.

Nous ne vous demandons pas de nier vos différences légitimes. Nous vous demandons de constater qu’il existe plus de différence entre un homme de droite et un socialo-communiste qu’entre deux hommes de droite.

Électeurs de droite, nous vous demandons, à vous qui dirigez les formations politiques de droite, et qui êtes élus grâce à nous, de préférer l’entente à droite à l’alliance avec la gauche. Nous ne pouvons pas admettre que la France soit abandonnée à une minorité d’agitateurs sectaires et irresponsables simplement parce que les élus de droite préfèrent obéir à leurs adversaires que suivre leurs électeurs.

Eric Martin

[box class=”info”] Source : Nouvelles de France, site sur lequel on peut signer cette lettre ouverte qui sera remise, ainsi que les prénom et nom de ses signataires, aux états-majors des principaux partis de droite. [/box]

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère

Comment Bompard fait l’union des droites – Par Antoine Vouillazère

Jacques Bompard va-t-il retrouver les bancs de l’Assemblée nationale où il avait siégé, au sein du groupe Front national, de 1986 à 1988 ? L’hypothèse est prise très au sérieux : dans sa circonscription du Vaucluse délaissée par Thierry Mariani, le président de la Ligue du Sud est en train de faire l’union à droite. Jusqu’au Nouveau Centre… Et il a même rencontré Marion Le Pen…

Les élections au scrutin majoritaire, que le Front national tient pour défavorables à ses candidats, Jacques Bompard connaît. En 2002, le maire d’Orange a été élu conseiller général du Vaucluse avec 54 % des voix. Et réélu en 2008 avec près de 60 % des suffrages face au candidat de l’UMP, Louis Driey. Son épouse Marie-Claude, maire de la commune voisine de Bollène, élue elle aussi conseiller général en 2004 avec 55 % des voix, a été réélue en 2011 avec un score supérieur.

Depuis 1993, cette très droitière quatrième circonscription du Vaucluse, où, au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a obtenu 60 % des suffrages, était le fief de Thierry Mariani, le fondateur de la Droite populaire. Or l’ancien ministre des Transports l’a quittée pour aller se faire élire, en juin, dans l’une des nouvelles circonscriptions des Français établis hors de France. La conseillère régionale Bénédicte Martin, investie par l’UMP, n’a pas son aura. Au sein même de son parti, elle est contestée, à tel point que Paul Durieu, successeur de Mariani à l’Assemblée nationale lorsque celui-ci est devenu ministre, se présente en dissident de l’UMP.

Un maire UMP pour suppléant

Et pendant que l’UMP se déchire tant et si bien qu’on se demande si l’un des deux candidats franchira la barre des 12,5 % des inscrits, Jacques Bompard, lui, engrange les soutiens. Le plus important est celui de Louis Driey, son adversaire des cantonales de 2008, qui est cette fois son suppléant ! (photo en Une, de gauche à droite, Jacques Bompard et Louis Driey). Le maire UMP de Piolenc, cinquième plus importante commune de cette circonscription dont les deux villes principales sont Orange et Bollène, est un ancien fervent soutien de Mariani et un ancien ennemi acharné de Bompard. Mais la politique suivie pendant cinq ans par Nicolas Sarkozy a beaucoup joué dans son évolution.

Joint par « Minute », Louis Driey, maire depuis 1995 et ancien du RPR, dit avoir ouvert les yeux : « On nous a menti pendant cinq ans avec cette histoire d’immigration choisie et non subie. En fait, on a eu 200 000 nouveaux immigrés par an ! Un million en cinq ans ! » Sa suspension de l’UMP pour son alliance avec Bompard le laisse de marbre : « Moi je suis un homme de terrain. Que tous ceux qui font de la politique sur le dos des citoyens ne s’en prennent qu’à eux-mêmes. C’est normal que ça se retourne contre eux. » Et Driey assure que, au deuxième tour, « d’autres maires vont nous rejoindre ». Des élus qui, comme lui, n’ont pas apprécié que l’Etat veuille rattacher de force Orange et les treize communes qui l’entourent dans un rayon de dix kilomètres, pourtant fortes de 70 000 habitants, à la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, manœuvre purement politicienne visant à en attribuer la présidence à un socialiste et la première vice-présidence à Marie-Josée Roig, le maire UMP d’Avignon.

Parmi les autres appuis dont bénéficie Jacques Bompard, il faut citer le responsable départemental du Nouveau Centre, Christophe Lombard, conseiller municipal à Cavaillon ; Jean-Marie Busquet, le responsable local du Parti radical ; Roland Roticci, qui était candidat face à lui pour le Modem aux législatives de 2007 ; le Rassemblement pour la France (qui a désormais Christian Vanneste pour président national) ; et… Patrick Bassot.

La rencontre avec Marion Le Pen

Elu conseiller général du canton de Carpentras-nord avec 54,34 % des voix face au socialiste sortant lors du scrutin de mars 2011, Patrick Bassot est l’unique conseiller général FN de France. Dans la troisième circonscription du Vaucluse (qui comprend Carpentras) où Marion Le Pen se présente aux législatives, il soutient bien sûr la candidate frontiste. Mais dans la quatrième, il soutient Bompard. Et pas Annie-France Soulet, la candidate investie par le Front national. Sans hésitation.

« Moi je regarde le travail qui a été fait et Jacques Bompard est un homme qui a fait un travail tout à fait extraordinaire dans sa commune, nous explique Patrick Bassot. On ne peut que lui rendre hommage pour cela et j’aimerais que les élus FN fassent le même travail que lui. » Elu FN il est, élu FN il entend demeurer. « Je ne rejoins pas la Ligue du Sud » tient-il à préciser. Mais il s’estime « libre de mes actes et de mes paroles » et a le propos clair : « Si mon parti veut gagner, il faut qu’il rassemble, pas qu’il divise. Ça serait intelligent que… » Patrick Bassot ne termine pas sa phrase. Que le FN retire sa candidate, venue d’Avignon, face à Bompard ? C’est bien cela qu’il voulait dire : « Ce serait une bonne chose… Mais ce sont les instances nationales qui décident… »

Dans la troisième circonscription, un accord a été trouvé : Hervé de Lépineau, vice-président de la Ligue du Sud de Bompard, a retiré sa candidature au profit de Marion Le Pen. Dans la quatrième, la logique voudrait qu’il y ait réciprocité. Marion Le Pen y est favorable. Dans les premiers jours de mai, la jeune femme a rencontré Jacques Bompard. « Elle m’a fait une très bonne impression et est tout à fait sympathique, nous confie ce dernier. Et elle est de mon avis : elle est tout à fait favorable à une entente départementale. » Au retrait, donc, de la candidate du FN dans la circonscription de Bompard. Mais ce n’est pas elle qui décide…

Le veto de Jean-Marie Le Pen

Selon nos informations, suite à cette rencontre qui s’est tenue à Orange, Marion a eu une violente altercation avec son grand-père. Car Jean- Marie Le Pen, lui, ne veut pas entendre parler d’un accord. « Le Pen assouvit de vieilles vengeances », déplore Bompard… « Je suis prêt à rencontrer Jean-Marie Le Pen dans l’intérêt national, ajoute le maire d’Orange, mais Le Pen ne veut manifestement pas me voir. » Une rancune qui remonte à 2005 quand Bompard, qui avait été l’un des fondateurs du FN en 1972, a été exclu de son bureau politique et en a tiré les conséquences en s’éloignant d’un parti qui, par ailleurs, ne comprenait pas qu’il privilégie l’ancrage local.

En octobre 2011 déjà, après plusieurs semaines de contacts indirects, un déjeuner avait failli avoir lieu à Paris entre Jacques Bompard et Marine Le Pen. La date avait été fixée. Deux jours avant, le FN avait informé Bompard que le rendez-vous était annulé. Jean-Marie Le Pen était intervenu… Et les tentatives ultérieures d’effectuer un rapprochement ont toutes échoué.

« Quelqu’un a dit en bureau politique du FN, révèle le président de la Ligue du Sud : “Bompard risque d’être le seul élu.” Ça a tout réglé… Il n’y a rien à faire face au poids des appareils qui défendent les intérêts partisans. Dans l’intérêt national, il faut changer les méthodes et changer les esprits. La gauche sait faire l’union. Le Front national développe oralement une stratégie d’union de la droite, mais ne la fait nulle part. »

Au menu du déjeuner annulé d’octobre figurait pourtant une possibilité d’accord gagnant/gagnant : Jacques et Marie-Claude Bompard auraient apporté chacun leur parrainage à Marine Le Pen, moyennant quoi le Front national s’engageait à ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Bompard. L’entourage de la présidente du FN y était favorable, et elle aussi semble-t-il. Jean-Marie Le Pen a mis son veto. Alors que Jacques Bompard est en train de réaliser localement ce que Marine Le Pen souhaite réaliser sur le plan national : faire exploser la droite et opérer une recomposition autour de lui…

 Antoine Vouillazère

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 16 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère