Le confinement de trop ? La fronde des maires

L’impréparation du second confinement crée de très fortes tensions entre l’exécutif et les Français. La fermeture des « commerces non essentiels » – malgré l’extraordinaire effort de mise en sécurité sanitaire du moindre bistrot, de la plus petite échoppe de cordonnier – prend des allures de provocation. Aussi la résistance s’organise-t-elle partout.

La révolte des commerçants et artisans, dans les années 1950, celle de Gérard Nicoud et du CIDUNATI, vers 1970, ou encore celle de Christian Poucet, vingt ans plus tard, avaient des causes bien précises : le développement anarchique et sans limite des grandes surfaces, qui a ruiné des dizaines de milliers d’entre eux.

Mais ce qui se profile aujourd’hui est bien pire : c’est un véritable massacre des commerces et des PME. Cette situation pourrait être lourde de conséquences pour le gouvernement, car les artisans, cafetiers, restaurateurs et commerçants « non essentiels » n’entendent pas mourir discrètement. Ils s’organisent, et bénéficient du soutien des maires, comme à Perpignan ou Châteauroux. Il en est de même à Béziers, Chalon-sur-Saône, Brive-la-Gaillarde, Colmar, Montpellier… Les routiers ont de leur côté pris date, et risquent de provoquer prochainement des blocages, à cause de la fermeture des relais où ils pouvaient se restaurer, se laver, se reposer.

Louis Aliot a été le premier à prendre un arrêté maintenant les ouvertures des commerces. Robert Ménard est lui aussi sur le front, aux côtés des commerçants de sa ville, plusieurs d’entre eux ayant été verbalisés pour être restés ouverts samedi. Les ministres, eux, se relaient dans les médias pour fustiger les édiles récalcitrants. Le ministre du Travail, Élisabeth Borne, et Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, ont réagi par des menaces, traitant les maires d’irresponsables.

Ce n’est sans doute pas un hasard si Béziers a été la première cible du gouvernement. Il s’agit d’éviter une fronde, et d’empêcher que Robert Ménard puisse devenir une sorte de porte-parole de cette fronde très populaire. Le maire de Béziers avait donc pris un arrêté municipal autorisant l’ouverture des commerces, et 50 % d’entre eux étaient en effet restés ouverts. La préfecture a introduit un référé dès samedi 9 heures (record de célérité !). Et dans les minutes qui ont suivi, cinq commerçants ont été verbalisés ! Mais d’autres maires s’apprêtaient à suivre l’exemple de Ménard. Ainsi le maire de la petite commune d’Argenton-sur-Creuse (5 000 habitants), au cœur d’une région épargnée par le virus, annonçait qu’il prendrait un arrêté similaire ce lundi. « En tant qu’élu, je me dois d’envoyer un message fort de soutien à nos commerçants. »

Rupture de l’égalité concurrentielle

Beaucoup de maires avouent que, dans leur esprit, le geste est symbolique – et ils auraient même pu dire électoral – car ils pensent que les arrêtés seront annulés. Ménard, lui, ira jusqu’au bout. Il s’étonne de la saisine en urgence des tribunaux par le ministère de l’Intérieur : si un décret est supérieur à un arrêté municipal, il est suffisant en lui-même. Quel est alors l’intérêt pour le gouvernement de saisir la justice afin de valider ce qui s’impose de par la loi ? En toute hypothèse, explique Ménard, « si nous sommes condamnés, nous attaquerons devant le Conseil d’Etat les décrets gouvernementaux ».

Le décret gouvernemental comportait en fait une énorme faille : il créait une rupture des règles de la concurrence au profit des grandes surfaces, rupture d’autant plus incompréhensible que la fréquentation d’une librairie ou d’une bijouterie expose moins au risque de contamination que le parcours des rayons d’une grande surface. Castex y a mis fin dimanche soir, avec effet à partir de mardi. En autorisant la réouverture des boutiques ? Non, en faisant fermer les stands concurrentiels dans les grandes surfaces. Ceci à partir de mardi et pour huit à douze semaines, voire davantage. Vos chaussures ont perdu leurs semelles ? Vos chaussettes sont trouées ? Vous marcherez pieds nus. Vous n’avez plus de livre à lire ? Vous regarderez Castex à la télé. C’est une incitation à l’émeute !

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 novembre 2020

La fronde contre les sortants

Sur le papier, le deuxième tour de l’élection présidentielle est « plié » : Emmanuel Macron, sorti en tête du premier tour, est soutenu par tout le microcosme politico-médiatique et on voit donc mal comment Marine Le Pen pourrait le battre le 7 mai.

C’est manifestement pour cela que le sémillant ancien ministre de l’Économie socialiste a fêté sa victoire… dès le premier tour, dans la brasserie chic « La Rotonde » – faisant ainsi encore mieux que Nicolas Sarkozy qui, lui, avait attendu le deuxième tour pour sa soirée au « Fouquet’s ».

Mais il est vrai qu’un homme de gauche peut tout se permettre : tout ce qu’il fait est, par nature, pour le bien du peuple (pour lequel il a, par ailleurs, le plus profond mépris). Jamais les médias ne critiqueront ce « bienfaiteur de l’humanité » !

Au-delà de l’anecdote, révélatrice de la partialité médiatique, le scénario est parfaitement clair : la victoire de Benoît Hamon aux primaires, l’ascension de Jean-Luc Mélenchon, devaient dégager l’espace pour Emmanuel Macron, le véritable dauphin de François Hollande.

Et celui-ci devait donc l’emporter facilement face à Marine Le Pen.

Seulement, le scénario patine un peu.

On commence à s’apercevoir qu’Emmanuel Macron est la garantie d’avoir un nouveau quinquennat Hollande – en pire sans doute, car son programme est quasiment inconnu et que cela ne laisse rien présager de bon pour les 5 ans à venir.

Le deuxième tour est l’occasion de clarifier ce programme et, selon la maxime du cardinal de Retz, on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment.

Mais, pour Emmanuel Macron, il y a pire.

Le principal ressort de son succès, comme des scores surprises des primaires à gauche et à droite, réside dans le fait de « sortir les sortants ». C’est ainsi qu’en 6 mois, les électeurs ont sorti Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, François Hollande et François Fillon. C’est-àd ire tous ceux qui ont gouverné le pays depuis plus de 20 ans.

Or, tous ces sortants sont aujourd’hui réunis autour d’Emmanuel Macron. Dans une perspective de « front républicain », c’était une chance. Dans le contexte actuel où le front républicain ne parvient pas à se mettre en place – comme en témoignent l’absence de consigne de vote de Jean-Luc Mélenchon et surtout le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen–, le fait d’être soutenu par un syndic de faillite n’est pas forcément une chance…

Jean Rouxel

Article paru sur le site de Les 4 vérités

France : les préfets alertent sur une situation pré insurrectionnelle

France : les préfets alertent sur une situation pré insurrectionnelle

15/11/2013 – 16h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) – Dans sa une, le Figaro d’hier titrait sur la vague d’« exaspération » qui submerge le pays.
Le quotidien s’est procuré la note de synthèse adressée le 25 octobre dernier par les préfets au gouvernement. Les représentants de l’État y dressent le constat unanime d’une société « en proie à la crispation, à l’exaspération et à la colère » et relèvent « que la fiscalité est devenue le principal moteur de la contestation de l’action gouvernementale ». Ainsi la fronde contre l’écotaxe ne se limite plus à la Bretagne et s’étend à au moins vingt‑trois départements. Dans leur synthèse, document généralement marqué par l’euphémisme et l’autocensure, les préfets usent d’une grande liberté de ton. Ainsi ils n’hésitent pas à conseiller au gouvernement le démontage pur et simple des portiques encore debout, avant destruction. Une manière peu amène de rappeler le pouvoir socialiste au principe de réalité.

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