I-Média – Islamo-gauchisme : une réalité malgré le déni

Islamo-gauchisme

26/02/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Frédérique Vidal a récemment annoncé vouloir lancer une enquête sur l’influence et les conséquences de l’« islamo-gauchisme » dans les universités.

Cette décision a provoqué un scandale politico-médiatique. Pourtant, l’islamo-gauchisme est bien une réalité.


Pétition « contre la phobie de l’islamisme et du gauchisme » – La gauche persiste et signe

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Revoici le temps des grandes pétitions de gauche : 600 universitaires viennent de signer pour réclamer la démission du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Frédérique Vidal. 600 sur 91 000 enseignants, c’est évidemment un chiffre dérisoire, même si 9 000 autres personnes ont aussi signé (mais tous les sympathisants LFI peuvent signer, puisque la convergence islamo-gauchiste est la stratégie officielle des mélenchonistes). Il en restera l’idée que « le monde de l’université » est en révolte contre son ministre de tutelle. C’est par exemple ce qu’écrit Le Point de cette semaine, qui ne passe pourtant pas pour un magazine spécialement de gauche… ni spécialement hostile à la macronie.

La tribune anti-Vidal – c’est-à-dire dans les faits pro-gauchiste et/ou pro-islamiste – a été publiée dans Le Monde. Au temps des grandes et belles indignations pétitionnaires (de gauche, bien entendu), c’était toujours Le Monde qui les diffusait. Les plus anciens se souviendront des pétitions contre l’Algérie française à la fin des années 1950, pour l’avortement dans les années 1970, pour la légalisation de la pédophilie dans Le Monde du 22-23 mai 1977, page 24 (la référence très précise répond à ceux qui doutent toujours de la véracité de cette information, et y voient « les gros mensonges de l’extrême droite », comme lu encore récemment sur Internet).

S’intéresser à l’islamo-gauchisme, qui tente une OPA sur l’université, et spécialement sur la recherche, ce serait « faire planer la menace d’une répression intellectuelle […] comme dans la Hongrie d’Orbán, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda ». Si seulement…

Le 31 octobre dernier, une centaine d’enseignants avaient pour leur part tiré le signal d’alarme sur cette montée du communautarisme islamiste intolérant dans les universités, mais curieusement ce manifeste-là avait été très peu relayé.

L’UNEF, chiens de garde de l’ordre rouge-vert

C’est apparemment l’économiste Piketty qui joue le chef d’orchestre pour la pétition islamo-gauchiste… contestant l’existence d’une mainmise islamo-gauchiste. Selon lui et selon cette pétition, Mme Vidal ne fait qu’ânonner « le répertoire sur un islamo-gauchisme imaginaire ». Mais qui peut nier une prégnance – au moins physique – du gauchisme à l’université ? Le test est facile à faire : que Piketty aille tenter de punaiser une affichette de LREM ou de LR (et ne parlons pas du RN) sur les murs de certaines universités, il en serait chassé avec la plus extrême violence, l’UNEF jouant les chiens de garde de l’ordre rouge-vert. Quant au passage au tamis d’une lecture islamiste des sciences dites « molles » (philosophie, histoire, sociologie, littérature…) comme des sciences dites « dures » (mathématiques, physique, chimie, médecine…), ce n’est pas encore la règle, mais cela progresse à la vitesse de la pensée de Mao en mai 1968… ces théories « postcoloniales », « décoloniales », etc. constituant le cheval de Troie d’une islamisation qui n’est même plus rampante.

L’islamo-gauchisme n’est pas une nouvelle théorie politique mais la convergence utilitaire de deux idéologies, comme l’ont expliqué Vidal et Blanquer. Cette convergence n’est pas née d’hier : dans le Liban des années 1970, on appelait cela l’islamo-progressisme, front commun entre la gauche libanaise et les islamistes d’Al-Mourabitoune (terroristes salafistes). Le Liban (la Suisse du Proche-Orient !) appauvri, fracturé, meurtri d’aujourd’hui donne une certaine idée de l’avenir français, disent les oiseaux de mauvais augure.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 23 février 2021

Haro sur les Bastilles de la pensée unique !, par Ivan Rioufol

La morgue des mandarins est devenue insupportable. En médecine, une secte apocalyptique annonce le pire depuis un an, en refusant d’entendre les avis contraires. Or ce monde clos et péremptoire se ridiculise à mesure que l’épidémie de Covid semble stagner. Le 24 janvier, le JDD titrait comme une alarme : “Reconfinement imminent“. Un mois plus tard, les fabriquants de peur qui annonçaient inévitable cette troisième mise sous cloche généralisée rasent les murs. Il est trop tôt pour tirer un bilan définitif de leurs erreurs, les “variants” du virus n’ayant pas dit leurs derniers mots. Mais ceux qui étaient traités de complotistes pour vouloir débattre des certitudes de la science sont en droit de demander des comptes. Car les dégâts psychologiques, sociaux et économiques causés par les sachants, dont l’AP-HP reste le vivier, s’annoncent considérables. Philippe Pétain aussi avait voulu “sauver des vies”, ce crédo d’Emmanuel Macron, en acceptant de rendre les armes et de collaborer avec l’ennemi. Une fois de plus, le prix à payer sera lourd. Jean-Luc Jeener accuse (1), pensant notamment au sort des abandonnés des Ehpad : “Parce qu’on voulait à tout prix combattre la mort, on a déclenché des morts encore plus terrifiantes. Parce qu’on est obsédé par le matériel, on a annihilé le spirituel (…) parce qu’on a voulu sauver les corps, on a blessé les âmes…C’est impardonnable“.

Mais l’heureuse contestation ne s’arrête pas aux mandarins de la médecine qui ont cru pouvoir faire la loi. Les Sciences sociales, cette autre forteresse de la pensée lisse, sont sommées à leur tour de s’ouvrir à l’autocritique. Cette fois, l’assaut a été mené, contre toute attente, par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur. En accusant l’islamo-gauchisme de “gangrèner” l’université et en persistant à demander, ce lundi matin encore sur RTL, un “état des lieux” sur cette recherche universitaire obligée, Mme Vidal a récolté les mêmes violentes attaques que celles lancées par les Diafoirus à chapeaux pointus contre les dissidents de l’Ordre sanitaire.

La très médiocre accusation en complotisme demeure l’argument central d’une pétition de 800 enseignants publiée dans Le Monde de ce week-end. Les signataires réclament la démission du ministre, dont ils disent qu’elle “ânonne le répertoire de l’extrême droite sur un islamo-gauchisme imaginaire“. Ils dénoncent “une chasse aux sorcières” et une “répression intellectuelle”. En fait, les mêmes mécanismes de préservation du discours unique sont ici déployés. Ils reposent sur la victimisation et la diabolisation de l’empêcheur de tourner en rond. L’ampleur de l’indignation suffit pourtant à démonter que l’islamo-gauchisme (terme inventé en 2002 par l’historien Pierre-André Taguieff) est bien une réalité politique promue par la cooptation entre pairs. Ces citadelles idéologiques ont fait leur temps. Toutes les Bastilles doivent être mises à bas. “Ce n’est pas ma priorité”, a pourtant tempéré Mme Vidal ce matin…

(1) Pour en finir avec la liberté, Atlande

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol