Drapeaux magrébins pour fêter la victoire de Hollande, à Lyon aussi

Drapeaux magrébins pour fêter la victoire de Hollande, à Lyon aussi

07/05/12 – 18h40
Lyon (NOVOpress) –
Le Progrès titre « La jeunesse black-blanc-beur célèbre le changement dans les rues de Lyon » et Rue89Lyon précise « A 21h. Sur la place Bellecour, 500 personnes sont réunies au pied de la statue de Louis XIV. Les drapeaux algériens et tunisiens sont haut portés. ».

Il faut dire qu’à Lyon (photo en Une) comme à Paris et bien d’autres villes, les drapeaux algériens, marocains, tunisiens, maliens, guinéens, etc. ont fêté la victoire de François Hollande. Et même les grandes chaines de télévision n’ont pas réussi à les cacher comme le montre en bas d’article, l’image de la colonne au centre de la Place de la Bastille où se déroulait la fête organisée par le Partie Socialiste à Paris hier soir.

 

Vidéo à Lyon.

A Paris, Place de la Bastille. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.
Drapeaux magrébins pour fêter la victoire de Hollande, à Lyon aussi

Vu d’Allemagne : François Hollande, le Président qui doit décevoir la France

Vu d’Allemagne : François Hollande, le Président qui doit décevoir la France

07/05/2012 – 17h30
BERLIN (NOVOpress) – Il a été perçu outre Rhin comme un homme pâle, presque sous le choc de sa victoire et fatigué tant lors de son discours sur le parvis de la cathédrale de Tulle que plus encore à 1h30 place de la Bastille où sa voix était enrouée et fluette. Mais le nouveau Président n’aura pourtant guère le temps de se reposer durant les premiers quarante jours de son mandat, s’il veut réussir les élections législatives tout en honorant les nombreux rendez-vous qu’il a déjà avec divers chefs d’état. Que pense de cette élection l’hebdomadaire Der Spiegel  (copie d’écran en Une) qui titre « Le Président, qui doit décevoir la France » ? :

« Le favori a gagné: le socialiste François Hollande devient le nouveau Président de la République. Mais il lui faudra décevoir beaucoup de ses supporters car il a été embauché pour un des emplois les plus difficiles au monde.

Sa victoire a d’abord un arrière goût de règlement de compte avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, élu il y a cinq ans et devenu peu à peu le Président le plus détesté de la Vème république. Pour beaucoup de Français, il a désacralisé sa charge et s’est globalement comporté tel un Napoléon moderne, au point que même une partie de la droite ne dissimule guère sa haine à son encontre. La victoire de Hollande est d’abord à comprendre comme une destitution de Sarkozy, la fin d’une histoire d’amour qui a mal tourné.

Pour en finir avec ce Président « anormal », les Français lui ont choisi un successeur plus classique. C’est ce que leur a promis un Hollande sur qui personne ne misait il y a encore peu, et qui n’a dû sa qualification de présidentiable qu’à la lamentable chute de DSK. Pourtant, il s’est peu à peu mis dans la peau du personnage, et comme le remarquait Alain Minc, conseiller du président sortant: « Nous avons tous sous estimé ce type. Soit nous nous sommes trompés sur son compte, soit il a vraiment changé ».

L’homme ressenti en Allemagne comme étant très à gauche, risque pourtant de décevoir amèrement ses électeurs. Malgré ses prise de position en faveur d’une retraite à 60 ans ou contre la politique d’austérité européenne, il ne disposera pas des moyens d’être dépensier, car il est élu à la tête d’un pays à l’économie malade, plombé par une dette avoisinant les 90% du PIB; un pays qui n’a plus connu de budget équilibré depuis 1974. Un pays qui souffre d’un taux de chômage à 10%, avec des banlieues-ghettos où plusieurs générations d’enfants d’immigrés ne se sont jamais frottés au monde du travail. Des sujets embarrassants qui ont fort peu été évoqués durant la campagne, mais qui se retrouveront projetés au premier plan pour le nouveau président.

La grande question est de savoir s’il aura seulement la force de réformer ce pays en profondeur. Il est certes pragmatique, et même qualifié par certains de « social-démocrate ». Il s’est engagé à un budget équilibré, et c’est à cette aune qu’il sera mesuré. Mais après la grande fête d’hier à la Bastille, la France risque de se réveiller avec une douloureuse gueule de bois. Des moments difficiles attendent tant l’homme que le pays. Il a souvent évoqué cette grandeur de la France que pourtant une économie anémiée menace. Il ne pourra plus sacrifier à la tradition si française de l’endettement, ni réformer le pays sans se mettre beaucoup de ses électeurs à dos.

En Europe, il ne sera pas aux antipodes de Merckel, malgré une campagne agressive. Beaucoup d’observateurs semblent ignorer que sa position envers l’euro, la BCE ou le fond monétaire de stabilité européen ne diffère guère de celle de son prédécesseur. Et il est même tout à fait possible que le couple Hollande-Merckel s’entende mieux que le couple Sarkozy-Merckel !

La campagne électorale a révélé un pays manquant de confiance en lui même et craintif devant l’avenir; un pays divisé, où le nombre des insatisfaits et des frustrés est en hausse. Il lui faudra unir les camps et se comporter en ces périodes difficiles qui s’annoncent, en véritable père de la nation, capable de réconcilier la droite et la gauche.

Mais si pour la gauche cette élection a le goût du triomphe, elle risque par contre de diviser gravement la droite. La campagne [de Sarkozy qui] s’est attaquée avec une virulence inouïe jusque là aux immigrés et à l’islam, a presque transformé l’UMP conservatrice en une copie du parti populiste de droite Front National. Et même s’il a été immédiatement corrigé, le lapsus du Ministre de la défense Gérard Longuet lors d’une interview radio diffusée, « nous autres du Front National », n’est évidemment pas passé inaperçu. Le divorce entre un camp libéral dégoûté par cette campagne et sa sensibilité plus à droite tentée par une union avec le FN semble presque inéluctable. C’est le grand rêve de Marine le Pen qui s’est elle même élevée au rang de « chef de l’opposition ». Un cauchemar pour le nouveau Président ».

Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

07/05/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
En commençant par le nombre des abstentionnistes proche de 19 % un point au dessus du premier tour. Même si on sait que les abstentionnistes ne sont pas les mêmes il n’y a pas eu d’élan qui aurait permis à Nicolas Sarkozy de mobiliser un grand nombre des non votants du premier tour.

Le deuxième chiffre c’est celui des bulletins blancs et nuls : plus de 2 millions. Les consignes de vote de Marine Le Pen n’y sont sans doute pas étrangères.

Au total François Hollande l’emporte avec 51,7 % des voix contre 48,3 % à Sarkozy. Un écart finalement plus serré que ce que pouvaient laisser croire les sondages.

Quelles ont été les déclarations des deux finalistes ?

Nicolas Sarkozy s’est exprimé très tôt salle de La Mutualité à Paris. Il a souhaité à Hollande « bonne chance au milieu des épreuves, ce sera difficile ». Il s’est gardé de situer clairement son avenir politique se contentant de préciser « Mon engagement dans la vie de mon pays sera différent » ce qui laisse ouvertes toutes les possibilités avant de conclure sur un curieux « je vous aime » à l’américaine.

François Hollande s’est exprimé beaucoup plus tard depuis sa ville de Tulle en Corrèze dont il préside le conseil général. Se gardant de tout triomphalisme il a situé son discours dans l’émotion : « De la fierté, de la dignité, de la responsabilité ».

La course au Premier ministre est–elle lancée ?

Il faut d’abord pour cela que le PS et ses alliés gagnent les élections législatives de juin. Une cohabitation étant improbable François Hollande pourra sans doute choisir son Premier ministre dans la nouvelle majorité.

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée et maire de Nantes Jean-Marc Ayrault semble tenir la corde. C’est un homme de confiance de François Hollande, il a pour seul problème d’avoir des relations fraîches avec les écologistes. Martine Aubry aurait été favorisée par un score plus élevé de Mélenchon et devrait être écartée. Derrière Ayrault, Pierre Moscovici directeur de la campagne socialiste pourrait faire un candidat de consensus malgré son engagement passé avec DSK. Sinon Laurent Fabius est envisageable mais son impopularité est un handicap et il serait mieux placé aux Affaires étrangères.

Les responsables politiques se sont succédés sur les plateaux télévisés hier soir. Quels ont été leurs  réactions ?

Les discours des deux candidats n’ont pas réservé de surprise. Pendant que l’un fêtait sa victoire en se posant en président rassembleur, l’autre assumait devant ses partisans déçus « sa responsabilité ».

Pendant ce temps, les représentants des différents partis se sont succédé sur les plateaux de télévision.

Comment ont-ils analysé les résultats de cette élection ?

Côté UMP, nombreux étaient les responsables appelés à commenter les résultats qui voulaient croire à un « troisième tour » à l’occasion des prochaines élections législatives.

François Baroin, de son côté, a attribué, comme beaucoup de ses collègues, le score du président sortant à « l’antisarkozysme au cours de [la] campagne » et « au poids de la crise ».

A gauche, on parlait d’un « moment historique », multipliant les références à la victoire de François Mitterrand en 1981.

Et du côté du Front national ?

Les électeurs de Martine Le Pen ont été particulièrement courtisés pendant l’entre-deux-tours. Représentant la troisième force politique du pays à l’issue du premier tour, ils détenaient les clés de l’élection.

Interrogée à ce sujet hier, Marine Le Pen s’est défendue d’avoir fait perdre Nicolas Sarkozy, expliquant qu’il « N’a jamais été donné gagnant au cours de cette campagne ».

Elle a poursuivi en estimant que « le nouveau président décevra vite » pour mieux se placer dans la perspective des prochaines élections législatives.

Pour la présidente du Front national en effet « le seul combat, c’est à l’assemblée nationale qu’il faut le mener, avec des députés qui savent où ils vont ».

De leur côté, les représentants de l’UMP qui s’étaient illustrés ces quinze derniers jours en refusant tout dialogue avec le Front national n’ont pas semblé nuancer leur discours.

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, auteur d’un livre qui prétend combattre les thèses du Front national, accusait hier encore Marine Le Pen d’avoir « fui ses responsabilités » en refusant de choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

« Hollande n’est pas mon président », campagne du Bloc Identitaire

“Hollande n’est pas mon président”, campagne du Bloc Identitaire

07/05/2012 – 13h40
PARIS (NOVOpress) – Droit de vote des étrangers extra-Européens, régularisation des clandestins, mariage et adoptions homo au programme des politiques, le Bloc identitaire lance ce jour une campagne « Hollande n’est pas mon président » dont il précise les raisons :

« Avec 51 % des suffrages exprimés, le socialiste François Hollande a donc été élu Président de la République par les « Français ».

Guillemets nécessaires car avec 49 % ayant voté pour son adversaire, 7 % de vote blanc ou nul, 19% d’abstention, 15 % de non-inscrits… ce ne sont en réalité que 32 % des Français en âge de voter qui se sont portés sur sa candidature.

Guillemets nécessaires aussi, car comme lors du 1er tour de cette élection, le vote ethnique s’est exprimé largement en faveur de François Hollande. Dans son programme, comme à travers son électorat, celui-ci était bien le candidat des immigrés. Ainsi, si le clivage droite-gauche apparaît largement obsolète sur le plan économique, il semble désormais réinvesti par la question identitaire.

François Hollande a été élu uniquement grâce à la déception énorme causée par le Président sortant, dans une France qui n’est pourtant pas acquise à ses idées ou son projet. Hier soir, comme nous, de très nombreux Français ont toute légitimité pour dire clairement « Hollande n’est pas mon Président ! ».
Ils seront bientôt rejoints par beaucoup d’autres, une fois la joie d’avoir chassé Sarkozy passée, en voyant le programme socialiste se concrétiser.

François Hollande ne résoudra aucun problème sur le plan économique et social. Il n’a pas le début du commencement du courage politique que cela nécessiterait. Alors il tentera de contenter son électorat sur le plan sociétal, et nous savons déjà que la régularisation des clandestins, le droit de vote accordé aux étrangers extra-Européens, ou encore l’accès au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels seront parmi les premières réformes que la nouvelle majorité mettra en route.

Qui pourra les arrêter ? Aujourd’hui la gauche est hégémonique : à la tête de la majorité des grandes villes, des départements, des régions; majoritaire au Sénat et demain à l’Assemblée; toute-puissante dans les syndicats, la magistrature, les universités et les médias. »

“Hollande n’est pas mon président”, campagne du Bloc Identitaire

Le Bloc Identitaire indique quelle sera son attitude :

« Ils ont pris les urnes, nous allons devoir résister dans la rue.

Parce que François Hollande et les socialistes doivent comprendre qu’ils n’ont pas reçu un blanc-seing pour leur politique folle mais ont juste profité du profond rejet de Nicolas Sarkozy, les Identitaires lancent dès aujourd’hui une grande opération « Hollande n’est pas mon président ».

Au-delà des clivages et des attaches partisanes, nous souhaitons rassembler pour défendre nos valeurs profondes : la famille comme cellule de base et pilier de notre société; le lien fondamental entre identité et nationalité, entre nationalité et citoyenneté, et donc le refus du droit de vote des étrangers.

Ils sont déjà prêts à voter leurs lois, nous sommes prêts à défendre les nôtres, qui ne se fondent pas sur une précaire majorité électorale mais sur notre plus vieille mémoire et notre identité. »

Des affiches et des autocollants peuvent être commandés.

Une page Facebook a été crée http://www.facebook.com/pages/Pas-mon-pr%C3%A9sident/106971866106878 ainsi qu’un site Web  http://www.pasmonpresident.com/.

“Hollande n’est pas mon président”, campagne du Bloc Identitaire
Ci-dessus après l’annonce de la victoire de François Hollande le 6 mai 2012, la grande fête organisée par le Parti Socialiste sur la Place de la Bastille. Photo de la colonne au centre de cette place. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde – Par Michel Geoffroy

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde - Par Michel Geoffroy

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class= »info »]Le 6 mai 2012, ce n’est pas la gauche qui a gagné. C’est la droite qui a perdu. Une défaite méritée, selon Michel Geoffroy. Car la droite a cumulé les erreurs : elle a délaissé la lutte des idées ; elle a adopté, dans sa pratique gouvernementale, l’idéologie de gauche ; elle a trompé en permanence son électorat ; elle a été incapable de s’unir ; elle s’est coupée du peuple. Deux mois de grand écart verbal sarkozyste ne pouvaient suffire à faire oublier des années de déceptions et d’humiliations. Le temps de l’analyse est venu.
Polémia
[/box]

La défaite de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2012 n’est pas seulement celle d’un homme qui a très rapidement dilapidé son capital politique. Car en cinq ans le président sortant a réussi non seulement à faire gagner la gauche mais aussi à remettre en selle l’extrême gauche et le parti communiste, en catalysant le rejet autant de sa personne que de sa politique, tout en décourageant ses soutiens.

Et la crise n’explique pas tout, car cet échec est aussi celui de toute la droite française, qui est vraiment « la plus bête du monde », selon la fameuse expression attribuée au socialiste Guy Mollet !

La droite en France est, certes, en dormition depuis les épurations et diabolisations successives dont elle n’a cessé d’être frappée. Mais cela ne saurait tout excuser. La triste vérité est que la droite en France est bête et qu’elle ne cesse de commettre des bêtises. Retour sur cinq d’entre elles :

La première bêtise, la plus ancienne, est d’avoir délaissé la lutte des idées

Jusque dans la première moitié du XXe siècle, la droite en France rassemblait de brillants intellectuels et des artistes. La IVe République, qui a vu la mainmise de la gauche sur la culture, l’enseignement, l’édition et la presse, suite à l’Epuration, y a mis un terme.

Mais cela a malheureusement continué sous la Ve République : la droite a perdu en 1968, puis en 1986 avec la cohabitation, le combat culturel face à la gauche.

Cette droite n’a tenu compte, en outre, d’aucun des avertissements qui lui ont été adressés par certains intellectuels amis (de Michel Droit à Louis Pauwels) et par certains clubs de réflexion, en particulier après la victoire de la gauche en 1981 : elle n’a pas voulu comprendre que ce sont les idées qui mènent le monde, le monde politique en particulier.

La droite au front de taureau a continué de ne réfléchir à rien, de ne rien lire et de n’avoir des idées sur rien.

La droite n’a donc pas vu venir les nouveaux clivages culturels et politiques qui émergeaient en Europe et en France : le clivage identité/cosmopolitisme ; le clivage islam/chrétienté ; le clivage oligarchie/peuple ; le clivage souveraineté /mondialisme ; le clivage protection/libre-échangisme. Sur tous ces sujets, qui sont autant de « grandes querelles », comme disait De Gaulle, la droite de gouvernement n’a rien eu à nous dire en 2012. Elle n’a donc nullement profité de ces nouvelles lignes de fracture politiques.

La droite a longtemps cru que sa « bonne gestion de l’économie » constituerait son meilleur argument électoral face à une gauche « idéologique ». Car autrefois la droite rimait avec économie – au sens vertueux du mot –, avec confiance dans la monnaie ainsi qu’avec rigueur budgétaire et financière. Mais la droite a perdu aussi sur ce terrain-là !

Avec Chirac puis Sarkozy, la droite est devenue au moins aussi laxiste, sinon plus, que la gauche : les déficits et l’endettement publics se sont envolés. La France a perdu son triple A. Les transferts sociaux au profit de différentes clientèles et les réglementations bureaucratiques se sont, comme les radars, multipliés. Les impôts et prélèvements « sociaux » n’ont cessé de progresser, et cela avait déjà commencé sous Giscard d’Estaing.

Pas étonnant que les jeunes et les actifs se détournent de cette droite qui regarde, dans le rétroviseur, passer les trains de l’histoire !

La seconde bêtise a consisté à adopter l’idéologie de la gauche

Les « stratèges » de la droite ont cru habile, au surplus, pour contrer les communistes et les socialistes, de se placer sur le même terrain qu’eux.

Les mots d’ordre des hommes politiques de droite, véritables éponges idéologiques à la fin du XXe siècle, proviennent d’ailleurs quasiment tous de la gauche : la « nouvelle société » (car la société est bloquée par le conservatisme, bien sûr ! selon Chaban-Delmas), « la société libérale avancée » (c’est-à-dire une sorte de social-démocratie : Giscard d’Estaing), « le travaillisme à la française » (Chirac), le « changement » et « vivement demain » (en 1986), la « rupture » (Sarkozy après… Mitterrand en 1981). Le dernier chic à droite était d’ailleurs de se réclamer d’hommes de gauche : de Jaurès à Georges Mandel.

La droite s’est donc réclamée des droits de l’homme, de la République et surtout du libre-échangisme mondialiste. Mais c’était un cocktail à la fois ringard et dangereux ! Comme ces vieilles munitions que l’on déterre encore et qui vous explosent à la figure quand on commence à les manipuler…

Ainsi les droits de l’homme – instrumentés contre les communistes dans les années 70 – sont devenus en retour une arme aux mains des immigrationnistes et des mondialistes contre les droits des citoyens et contre la souveraineté des Etats. Chirac a fini par faire la guerre à la Serbie au nom des droits des mahométans du Kossovo. Et Sarkozy a promu « l’obligation de protéger » les Libyens, un remake de « l’urgence humanitaire » inventée par le socialiste Bernard Kouchner… et qui fut aussi son ministre d’ouverture.

Devenue anglophile, la droite s’est ensuite emparée avec délices du prêt à penser libéral, qui fut rapidement véhiculé par les intellectuels organiques de service et les représentants du patronat : trop d’impôts tue l’impôt, libérons les créateurs de richesses, dérégulons, privatisons, à bas l’Etat, vive l’Etat de droit !

Il s’agissait néanmoins d’un hara-kiri idéologique.

Car les droits de l’homme et la doctrine libre-échangiste se rattachent comme la gauche à l’idéologie des Lumières. Toutes ces idéologies prônent la déconstruction des traditions, des protections nationales et des frontières économiques et, finalement, de toutes les spécificités – c’est-à-dire des identités – comme autant d’obstacles au « doux commerce » entre des individus égaux et « rationnels » car libérés de toute appartenance.

On ne peut donc pas à la fois se déclarer en faveur de la famille, des traditions culturelles, de l’identité, de la citoyenneté ou de la nation et prôner le libre–échangisme et les droits de l’hominien : il y a dissonance cognitive entre les deux positionnements !

Le fait que la gauche – qui prétend de son côté que l’on peut préserver notre « modèle social », version 1946 modifiée 1981, dans une économie globalisée – porte comme un boulet sa propre dissonance cognitive ne change rien à l’erreur stratégique de la droite.

Le résultat est là : en 30 ans la droite est devenue une gauche qui ne dit pas son nom. Elle s’est progressivement ralliée à l’égalitarisme, à la « lutte contre les inégalités » et donc à l’ingénierie sociale, puis à « l’antiracisme », à l’écologisme, au féminisme et finalement au cosmopolitisme.

La troisième bêtise a consisté à tromper en permanence son électorat

La gauche a échoué à sortir du système capitaliste. Mais elle a, par contre, réussi à transformer la société conformément à son idéologie et elle a mis en œuvre une bonne partie de son programme électoral.

La droite, elle, n’a cessé de tromper ses électeurs. Elle scénarise à chaque élection un duel à mort avec la gauche. Mais c’est ensuite pour cohabiter avec elle, pour faire entrer au gouvernement des ministres issus de la gauche au titre de « l’ouverture » ou pour en rajouter sur le politiquement correct.

Elle met en scène un discours « souverainiste » (de Pasqua à De Villiers, sans oublier l’appel de Cochin de Chirac) ou « sécuritaire » (en général ce rôle incombe au ministre de l’Intérieur en place) pour aller à la pêche aux voix : mais ensuite ces joueurs de flûte rentrent piteusement dans le rang et font le contraire de ce qu’ils ont promis.

« Les réformes les plus contestables qui ont bouleversé notre société, et dont l’effet cataclysmique se fait sentir aujourd’hui, ont d’ailleurs été prises par des gouvernements et des présidents de droite et non de gauche : la déstructuration de l’enseignement scolaire et universitaire, la loi Pleven qui ouvre la voie au chantage « antiraciste », le regroupement familial des immigrés, la légalisation de l’avortement, l’imposition du Traité de Lisbonne, l’annonce des « repentances » successives, la perte de la souveraineté monétaire, la réintégration de l’OTAN, la mise en place des quotas féministes, la création de la HALDE, la « discrimination positive », etc.

« C’est aussi la droite et non la gauche qui a bouleversé l’esprit et les institutions de la Ve République. Avec la cohabitation de 1986, la droite a accepté de dissocier la majorité présidentielle et la majorité parlementaire, créant la confusion politique et l’immobilisme. Elle a ensuite réduit la durée du mandat présidentiel, diminuant du même coup sa dimension souveraine. Nicolas Sarkozy a achevé l’évolution en fusionnant de fait les fonctions de premier ministre et de président de la République, rabaissant le niveau de la fonction.

« C’est aussi la droite qui a bouleversé, au nom de l’idéologie néolibérale de « l’Etat de droit », le système de contrôle de la constitutionnalité des lois : elle a transformé le Conseil constitutionnel en gardien idéologique, c’est-à-dire qu’elle a organisé la primauté des juges inamovibles sur les législateurs élus.

« La gauche a certes supprimé la peine de mort, voté les lois Auroux sur le pouvoir syndical dans l’entreprise, instauré les 35 heures et voté la loi Fabius-Gayssot, des réformes également cataclysmiques. Mais cela ne saurait cacher que globalement c’est la droite de gouvernement qui a à son passif le plus de réformes calamiteuses pour notre pays. »

La quatrième bêtise de la droite a été son incapacité à s’unir

L’histoire de la droite en France depuis les années 1870 est l’histoire de ses déchirements et de ses luttes fratricides, alors que les querelles de la gauche sont toujours restées, selon la formule célèbre de Léon Blum, des querelles de famille.

A la différence de la gauche, la droite ne sait pas jouer collectif et sacrifie en permanence l’essentiel au nom de l’accessoire. C’est pourquoi elle ne parvient pas à s’imposer dans la durée.

Dernière illustration de ce travers historique : la droite au front de taureau a coupé les ponts avec le Front national tout en prétendant récupérer ses électeurs. Elle a donc fait le contraire de la stratégie victorieuse d’union de la gauche. Bravo les parangons du « vote utile » !

Cette préférence pour la désunion a eu pour seul résultat que la droite, bien que majoritaire dans le pays, s’est retrouvée prise en otage politique par une gauche minoritaire. Une performance remarquable !

Afin de se dédouaner, en effet, de l’accusation, constamment proférée par la gauche et les officines qui lui sont dévouées, de « pactiser » avec le diable « d’extrême droite », la droite a été contrainte de donner des gages de plus en plus élevés. Elle s’est déclarée de plus en plus « républicaine », c’est-à-dire toujours plus politiquement correcte.

Elle a dû aussi sacrifier impitoyablement tous ceux qui, dans ses rangs, prétendaient à l’union de la droite : ils ont été abandonnés, ostracisés, souvent ruinés et, comme par hasard, parfois aussi, objet de poursuites judiciaires.

Cette diabolisation permanente a aussi fait peser une chape de plomb politiquement correcte sur le pays.

Parler de l’immigration ou de l’islam autrement qu’en termes laudateurs, ou de l’insécurité, c’était bien sûr « faire le jeu » du Front national ou « lepéniser » son esprit ! Mais cette chape de plomb a nui plus à la droite qu’à la gauche, pour la raison principale que le politiquement correct est fondamentalement la déclinaison des tabous de gauche. La diabolisation du débat sur les enjeux de société a donc eu pour effet de stériliser encore plus ce qui restait du discours de droite.

Enfin cette diabolisation a ancré la droite de conviction dans l’espoir fou qu’elle pourrait gagner seule, interdisant en retour toute dynamique d’union : un espoir fou, car arithmétiquement impossible dans des conditions normales et par conséquent facteur de découragement et de discorde autour de la meilleure stratégie possible, en particulier pour sortir de la « diabolisation ».

Malgré ses ultimes et pathétiques appels du pied entre les deux tours, Nicolas Sarkozy n’a pas su sortir du piège où Jacques Chirac avait fourvoyé la droite.

La cinquième bêtise de la droite a consisté à se couper du peuple

Au début de la Ve République, la droite était majoritaire et populaire : c’est l’apport du gaullisme qui était bien à sa manière un « populisme » : un chef charismatique, une société politique implantée dans toutes les couches de la société et un appareil solide et structuré. Le fondateur de la Ve République voulait en outre sortir du « système des partis » et ancrer l’exécutif dans la souveraineté populaire directe : l’élection au suffrage universel direct du président de la République et la pratique référendaire devaient y pourvoir.

La droite est au contraire devenue oligarchique à la fin du XXe siècle ! C’est-à-dire qu’elle perçoit le peuple français désormais comme un obstacle à ses projets et non plus comme un levier. En témoigne l’attitude de Nicolas Sarkozy faisant adopter par le parlement un traité européen que les Français avaient refusé par référendum !

Dans l’esprit obtus des oligarques de droite, la souveraineté ne vient plus du peuple – en tout cas plus du peuple autochtone – mais d’ailleurs : du gouvernement des juges, des lobbies communautaires, des « autorités morales », du pouvoir médiatique, des marchés et de la « gouvernance » européenne et mondiale.

La droite a malheureusement oublié la leçon du gaullisme : la souveraineté politique vient du peuple, pas des appareils ni des notables ni des « communautés ». Elle s’est mise à courtiser les minorités et non à écouter la majorité.

Elle a donc raté son rendez-vous avec le peuple français à la fin du XXe siècle car, en se soumettant au politiquement correct, elle s’est interdit de répondre à ses attentes. Elle n’a profité qu’un temps de la désaffection vis-à-vis de la gauche et de la chute du communisme : elle a, au contraire, couru après la gauche tout en méprisant et ostracisant 20% du corps électoral. Elle a déçu ses électeurs naturels, elle a trompé leur confiance et elle n’a pas su répondre à l’angoisse montante des classes moyennes.

Tant pis pour elle ! Vae victis, comme disaient nos ancêtres.

Michel Geoffroy
6/05/2012

Image : Après avoir pillé Rome en 390 avant J.C. et assiégé, sans succès à cause d’une sombre histoire d’oies, ce qu’il restait de ses habitants réfugiés sur le Capitole, Brennus, chef de l’expédition des Sénons, accepta de lever le siège en échange d’un tribut de mille livres d’or. Constatant que les poids gaulois étaient faux, les Romains vinrent s’en plaindre à Brennus qui pour toute réponse ajouta son épée et son baudrier dans la balance en s’écriant « Vae Victis ! » (malheur aux vaincus). (Episode relaté par Tite-Live Histoire Romaine V- 48).
Crédit image : Paul Lehugeur, 1886. Domaine public

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde - Par Michel Geoffroy

En violation du code électoral, un tract portant la signature du maire de Saint Yvi (29) appelle à voter François Hollande

En violation du code électoral, un tract portant la signature du maire de Saint Yvi (29) appelle à voter François Hollande

06/05/2012 – 10h30
SAINT YVI (NOVOpress Breizh) – La diffusion d’un tract portant le logo de la commune de Saint-Yvi (Finistère) dans lequel le maire indique les raisons qu’il a de voter pour François Hollande au deuxième tour de l’élection présidentielle -ce qui est interdit par le Code électoral- fait du reuz dans le Finistère. Provocation ou initiative malheureuse ?

En violation du code électoral, un tract portant la signature du maire de Saint Yvi (29) appelle à voter François Hollande

Sous le titre « le changement c’est maintenant », le document – qui porte en guise de signature le nom et la photo de Jacques François, le maire socialiste de cette commune proche de Quimper – énumère toutes les bonnes (?) raisons que ce dernier aurait de voter pour François Hollande.

La niaiserie de ce texte fait douter certains habitants de son authenticité. « L’homme n’est pas mou » (sic), « l’homme est calme » (?), « l’homme est un humaniste (!) » peut-on lire en effet, à propos du candidat du PS. Le tract conclut en déclarant le plus sérieusement du monde : « l’homme ne fera pas de miracles (!) mais il a les capacités à rassembler, et tous ensemble, nous pouvons faire des miracles ». Les socialistes de Saint-Yvi croiraient-ils aux miracles ?

Histoire de faire encore plus officiel, le logo de la commune figure en bonne place en haut à gauche de la proclamation, ce qui est, semble-t-il, parfaitement illégal. Des habitants du coin – qui ne croient pas aux miracles – ont donc porté l’affaire à la connaissance des autorités, estimant qu’il y a là une violation manifeste des dispositions du Code électoral. Celui-ci interdit en effet à toute collectivité territoriale (ici la municipalité de Saint Yvi) de financer de la propagande électorale en faveur d’un candidat. Reste à établir si le maire en question en est vraiment l’auteur, ce qui reste à démontrer. On imagine mal en effet un élu – même du PS – violer aussi manifestement la loi électorale républicaine.

Le 22 avril dernier, François Hollande avait recueilli à Saint-Yvi 36,74% des suffrages, devant Nicolas Sarkozy (16,68%), Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon étant à égalité avec 13,59% des voix.

Quand François Hollande se mobilisait pour Cesare Battisti

Quand François Hollande se mobilisait pour Cesare Battisti

En février 2004, alors qu’il était emprisonné à la Santé dans l’attente de son extradition vers l’Italie (qui n’interviendra jamais), Cesare Battisti avait pu bénéficier du soutien sans failles de l’intelligentsia parisienne de gauche, et notamment du patron du parti socialiste de l’époque, François Hollande qui avait pris fait et cause pour le fugitif.

Le Premier secrétaire du PS souhaitait ainsi « marquer sa désapprobation (et) affirmer qu’il est inadmissible que la France revienne sur la parole donnée par François Mitterrand, puis par Lionel Jospin, aux Italiens exilés en France, et que Raffarin et Perben obéissent ainsi immédiatement aux pressions de Berlusconi ».

En couvrant les crimes des activistes italiens des années 1970 et en leur offrant refuge, la gauche française, sous la houlette de François Mitterrand, avait pris fait et cause pour les terroristes des Brigades Rouges et leurs descendants plus ou moins directs. Cesare Battisti a été jugé par contumace pour le meurtre de quatre personnes et une série de braquages et condamné à la prison à vie. […]

Bertrand Janicaud

[box class= »info »] Source et suite sur Atlantico. [/box]

*** Dans le programme de François Hollande pour la présidentielle 2012, figure au point 60 : « Je serai très vigilant dans l’action contre le terrorisme. » !

Crédit photo : Jackolan1, via Wikipédia, licence CC.

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Dis donc, ça commence à filer les jetons tout ça. Il paraît qu’Hollande est soutenu par 700 mosquées. Qu’un appel à voter pour lui est placardé partout chez les barbus. Que Tariq Ramadan dirige sa campagne en sous-marin ! Le 7 mai, s’il est élu, je n’ai qu’un conseil à vous donner, mesdames, ne sortez pas de chez vous; quant à vous, messieurs, planquez vos femmes. Ça va caillasser ferme ! La lapidation va faire une entrée fracassante dans le droit français. Sans parler du halal: obligatoire dans les cantines, les restaurants administratifs et même à la maison ! Interdiction de la choucroute partout sur le territoire, sécession de l’Alsace suivie de la Corse, du pays basque et de la Bretagne, retour à la féodalité, monde chamboulé, chaos… Et je ne parle pas du droit de vote accordé aux sans-papiers. Quoi, vous ne saviez pas ? Mais si, aux sans-papiers ! Et à tous les Chinois à mi-mandat ! Chinois de Chine, attention ! Remarquez, un milliard trois cent millions de cartes d’électeurs à fabriquer, ça donnera de l’emploi au secteur de l’imprimerie, je m’étonne que la droite libérale n’ait pas songé à cela.

Il y a pourtant un petit détail qui m’échappe. S’il s’agit de faire barrage à la réincarnation de Ben Laden et à la transformation de la France en émirat ruiné, moi je suis pour. Mais pourquoi la plupart des caciques de l’UMP annonce-t-elle qu’elle votera PS en cas de duel avec le Front national ? « Ça est quand même bizèrrre », comme disent les Belges. Deux solutions. La première : les Kosciusko-Morizet, Jouanno, Raffarin et compagnie sont eux aussi des taupes salafistes et des représentants de l’anti-France. Ou la seconde : on nous prend décidément pour des topinambours.

Ce que je préfère dans la démocratie, c’est l’entre-deux tours. Le reste du temps, je le confesse, je ne vibre que très peu. Depuis que j’ai arrêté la tétine, c’est la même chose. Gauche, droite, droite, gauche, à la fin c’est le peuple qui est sonné.

Mais l’entre-deux tours, c’est épique. La démocratie met bas les masques, elle exhibe enfin ses tripes. D’un côté, on case tous les copains, on fait passer des petits décrets vite fait bien fait, comme celui qui permet aux parlementaires de devenir avocats sans passer d’examen ; de l’autre, on se lance dans les grandes tractations, on négocie, on se place, on achète et on vend. Le changement, c’est maintenant ? Certainement, mais faudrait pas oublier de donner à manger aux fauves. Quand on voit comment les socialistes se répartissent déjà les parts du fromage avec des airs de pas y toucher, on sent que le changement va être joyeux pour les cinq prochaines années. Ayrault premier ministre ? Valls à l’Intérieur ? Moscovici aux Affaires étrangères ? Cachez votre joie, les gars, et pensez à « l’avenir de nos compatriotes ».

L’odeur du festin fait même accourir quelques hyènes de l’autre meute, c’est dire si ça promet d’être bon! Dès qu’ils ont compris que c’était plié pour leur patron, Martin Hirsch, Corinne Lepage et Fadela Amara (photo) se sont empressés d’annoncer qu’ils allaient voter Hollande.

J’espère ne jamais me retrouver dans une guerre aux côtés de Martin Hirsch, j’aurais trop peur de me prendre une balle dans le dos. Pour l’ancienne présidente de « Ni putes ni soumises », François Hollande est « un ami », « le plus intelligent à gauche », un « humaniste », un type qui a « beaucoup d’humour ». Comme c’est mignon. « Compte tenu de la crise et des difficultés que nous traversons, on a besoin justement à la tête de notre pays d’un homme capable de cette humanité, non seulement de l’incarner, mais aussi de la transmettre et de transmettre cette dynamique au service de notre pays ». Traduction en bon français : j’ai pris goût aux voitures officielles avec chauffeur.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas la reconnaissance du ventre, Fadela Amara. Le 14 février 1984, un bijoutier du Puy-de-Dôme est braqué et assassiné. Le cambrioleur qui a tiré n’est autre que Hassein Amara, son frère âgé de 23 ans. Qu’un ministre ait un frère gangster, ça y est, on est habitué. Le 11 octobre 1995, il est condamné à 16 ans de prison, mais sa carte de séjour arrive à expiration pendant son incarcération. Sa sœur se démène pour lui obtenir un nouveau titre de séjour, mais elle rame sévèrement. La suite, c’est un livre écrit en 2009 par Cécile Amar, journaliste au « Journal du dimanche » (Fadela Amara: le destin d’une femme, Hachette littérature) qui nous l’apprend. L’affaire se règle miraculeuse ment au moment où Sarkozy arrive au ministère de l’Intérieur ! Hasard  ? Coïncidence ? Un article publié le 13 mai 2009 sur le site purepeople.com révèle que quand on lui reprochait d’être ministre de Sarkozy, Amara répondait invariablement: « Tu ne sais pas ce qu’il a fait pour mon frère… » A quoi ça tient, la politique. Pourquoi cette trahison alors ? Pour être toujours du bon côté du manche ? Pour être copain avec le prochain ministre de l’Intérieur ? Peut-être qu’elle a plusieurs frères après tout. Vive la République.

Julien Jauffret

[box class= »info »] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 2 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Pâté de Campagne : La magie de l’entre-deux tours

Débat télévisuel Sarkozy-Hollande : voyage au bout de l’ennui

Débat télévisuel Sarkozy-Hollande : voyage au bout de l’ennui

Passage obligé pour les deux finalistes, le débat télévisuel qui a opposé hier soir François Hollande à Nicolas Sarkozy n’aura pas apporté d’éclairage nouveau sur leurs projets respectifs ni sur leur personnalité. Derrière des désaccords – réels mais secondaires – les deux candidats se rejoignent en effet sur les fondamentaux de la doxa mondialiste, qu’ils se gardent bien de remettre en cause. D’où un débat sans surprise, attendu et au final passablement ennuyeux.

Après une passe d’arme où les deux prétendants se sont plaints mutuellement d’avoir été « injuriés » par leurs adversaires respectifs, le débat sur le fond a commencé par la question de l’emploi. Une question sérieuse, puisque la France compte aujourd’hui près de cinq millions de chômeurs et qu’en dix ans 500.000 emplois industriels ont été perdus. Pour résoudre cette question François Hollande propose d’instituer les « contrats de génération » visant à inciter les entreprises à embaucher des jeunes arrivant sur le marché du travail. Nicolas Sarkozy prône de son côté la réduction du coût du travail via la TVA dite « sociale ». Sans surprise, les causes profondes de l’explosion du chômage ne seront pas abordées, pas plus que les sujets qui fâchent – protectionnisme, délocalisations, influence des courants migratoires ou priorité de l’emploi aux autochtones. On est entre gens bien élevés.

Vint ensuite la question de l’Europe. Ratissant large, le président sortant n’hésitera pas à invoquer tout à la fois « l’Europe de Jean Monnet, de Jacques Delors et du général de Gaulle ». Il fallait oser. Le candidat socialiste – un « enfant de Delors » (Zemmour) – ne relèvera pas la contradiction. Nicolas Sarkozy brandira la menace de la faillite et le risque pour la France de prendre la chemin de l’Espagne ou de la Grèce si son concurrent venait à être élu.

Ce dernier estime que l’austérité n’est pas la seule solution pour sortir de la crise de l’euro et rappellera son projet de renégocier le nouveau traité européen, « pour plus de croissance« , tout en faisant observer que son adversaire n’a rien pu tirer de l’Allemagne dans la gestion de la crise. Lui est persuadé qu’il fera plier l’Allemagne. Voire…

Après plus d’une heure trente de débat consacré à l’économie, les deux candidats ont abordé la question de l’immigration. François Hollande – dans le rôle de l’hôpital qui se moque de la charité – a éprouvé un malin plaisir à rappeler au candidat de l’UMP son bilan en la matière : 200.000 entrées régulières pas an depuis dix ans alors que « c’était 150.000 sous le gouvernement de Lionel Jospin ». Un chiffre que contestera mollement Nicolas Sarkozy (« C’est 185.000 »), préférant attaquer son concurrent sur sa position ambigüe concernant les centres de rétention. Il est vrai qu’en matière de « vivre ensemble » de « diversité » et de « métissage », la pensée du candidat socialiste est parfaitement conforme à la bien-pensance véhiculée par l’idéologie mondialiste. Autiste sur ce sujet – qui concerne l’existence même des peuples d’Europe – François Hollande estime au fond de lui que l’immigration n’est pas une question politique majeure. Juste un sujet plutôt « nauséabond », mais dont il faut bien parler, score de Marine Le Pen oblige.

Toujours concernant l’immigration, les deux candidats ont ensuite abordé la question du droit de vote des étrangers. On sait que le président sortant a trouvé ce sujet comme moyen de clivage par rapport au candidat du PS. Selon lui il est « irresponsable de proposer un vote communautariste (…), alors que nous sommes face à des tensions communautaires et identitaires extraordinairement fortes ». Enfonçant le clou il ajoutera : « On a eu une montée des tensions communautaires extravagante, on a eu une radicalisation et une pression, disons les choses comme elles sont, d’un islam de France, alors que nous voulons un islam en France ». Ce à quoi François Hollande répondra : « Pourquoi vous laissez supposer que les étrangers non communautaires, non européens, sont des musulmans ? Pourquoi vous dites ça ? Qu’est-ce qui vous permet de dire que ceux qui ne sont pas européens sont musulmans ? ». Réponse de Nicolas Sarkozy : « Contester que le droit de vote aux immigrés, c’est un droit de vote qui ira d’abord à une communauté d’Afrique du Nord, ou à une communauté subsaharienne, c’est ne rien connaître aux flux migratoires(…) l’essentiel des personnes concernées ne seront pas les Norvégiens, ne seront pas les Canadiens, ou ne seront pas les Américains. » Effectivement.

Sur le nucléaire, Nicolas Sarkozy entend maintenir la politique menée par la France depuis Charles de Gaulle, tout en développant les énergies nouvelles. « Il nous faut le nucléaire et il nous faut le renouvelable, les deux ensemble, parce que nous n’avons pas de pétrole, parce que nous n’avons pas de gaz et parce que nous n’avons pas d’énergie phosphore» affirme-t-il, reprochant à son concurrent de vouloir détruire la filière nucléaire pour faire plaisir aux Verts. François Hollande réplique que sa « décision c’est de fermer la plus vieille centrale (Fessenheim) et de continuer la plus moderne (EPR). », tout en portant l’effort sur les énergies nouvelles. Mélenchon et les Verts apprécieront.

On demandera aux deux candidats quelle est leur conception du rôle du président de la République.«Je crois que le président de la République c’est quelqu’un qui assume ses responsabilités, qui doit être profondément engagé, qui n’a pas le droit de dire qu’il ne peut pas, qu’il ne veut pas, qu’il aurait voulu, mais qu’il n’a pas pu. Qui doit être en première ligne, qui doit conduire à un certain nombre de changements extraordinairement difficiles dans un monde lui-même extraordinairement complexe », affirmera Nicolas Sarkozy.

En réponse, François Hollande proclame qu’il sera « un président qui, d’abord, respecte les Français, qui les considère. Un président qui ne veut pas être président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien. » Il se veut « exemplaire », affirme qu’il engagera « de grands débats ‘citoyens’ ». « J’avais évoqué une présidence normale. Rien n’est normal quand on est président de la République, puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tout cas l’Europe, il y a des conflits dans le monde, sur la planète, il y a l’enjeu de l’environnement, du réchauffement climatique. Bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets. Mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre. »

Riposte immédiate du candidat de l’UMP : « la fonction d’un président de la République ce n’est pas une fonction normale. Et la situation que nous connaissons, ce n’est pas une situation normale. Votre normalité, elle n’est pas à la hauteur des enjeux. »

Signe des temps, la discussion sur la politique étrangère de la France se limitera à l’Afghanistan – l’un veut quitter ce pays fin 2012 et l’autre fin 2013 – et aux otages français détenus au Sahel. «Ensemble avec le président Obama, et nos alliés, nous avons décidé qu’à la fin de 2013, le président Obama vient de le dire, il n’y aurait plus d’actions combattantes des forces alliées. » rappellera Nicolas Sarkozy qui ne semble envisager pour l’armée française que le rôle de supplétif des troupes US. De la position de la France en Europe et dans le monde, du choix des alliances, de la Chine et de la Russie, du Proche et du Moyen Orient, de la Défense nationale et de l’OTAN, il ne sera pas question. Il parait que la question n’intéresse pas les électeurs.

Pour conclure, François Hollande affirmera qu’il est le candidat du changement. « Changer, ça veut dire faire du redressement de notre pays la grande cause : redressement productif, redressement industriel, redressement économique, redressement moral. Je veux que nous puissions nous retrouver sur la seule valeur qui vaille : la jeunesse. »

En appelant aux électeurs de Marine Le Pen – « vous avez exprimé un choix, ce n’est pas le mien, je vous respecte, je vous considère. J’ai entendu votre demande de nation, de frontières, d’authenticité, d’autorité, de fermeté. » – et à ceux de François Bayrou – « La règle d’or, je la ferai adopter, s’il le faut par le référendum, car je considère qu’un pays qui ne rembourse pas sa dette, qui ne réduit pas ses déficits, qui ne diminue pas ses dépenses, ce n’est pas un pays libre. » – le président sortant assure que « c’est parce que j’ai la passion de la France et que je souhaite vous conduire dans ce monde difficile pour les 5 années qui viennent » qu’il est candidat.

Seule certitude, la « présidence du vide » (E. Todd) aura un titulaire le 6 mai. Et dès le lendemain, les choses sérieuses commenceront.

[Tribune libre] Pourquoi je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy le 6 mai – Par Roman Bernard

[Tribune libre] Pourquoi je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy le 6 mai - Par Roman Bernard

[box class= »info »] Après avoir publié la tribune libre « Le 6 mai : votez, éliminez ! » de Bruno Larebière -ancien rédacteur en chef de « Minute« – expliquant pourquoi il pense qu’il faut « éliminer » François Hollande au second tour des présidentielles, nous publions cette tribune libre que nous a adressée Roman Bernard, qui lui a été rédacteur en chef du « Cri du contribuable », et invite à ne voter pour aucun des deux candidats de ce second tour.[/box]

À force de se focaliser sur le scrutin de dimanche, on en oublierait presque qu’il s’est écoulé cinq ans depuis la dernière élection présidentielle. Cinq années au cours desquelles on aura pu se faire une idée précise de Nicolas Sarkozy, de l’homme, du Président, au cas où les cinq années précédentes (2002-2007) passées au ministère de l’Intérieur, à Bercy et/ou à la présidence de l’UMP n’auraient pas suffi.

Pour moi qui ai voté aux deux tours pour Sarkozy en 2007, les cinq années qui s’achèvent ont été riches d’enseignements. Très rapidement, j’ai pu constater que les espoirs que j’avais nourris pour la « rupture » annoncée étaient infondés.

Dès août 2007, j’ai écrit que Nicolas Sarkozy n’était pas « l’homme de la situation », qu’il était « condamné à l’échec, obsédé qu’il est par sa présence dans les médias, sa cote de popularité et les résultats à court terme ». En 2009, je confirmais ce jugement, notant que « deux ans après son élection, l’action de Sarkozy apparaît proprement illisible ».

Trois ans plus tard, et cinq ans après son installation à l’Élysée, j’aurais du mal à infirmer ce dernier jugement : c’est l’intégralité du quinquennat de Sarkozy qui est illisible. On sait bien que l’homme a beaucoup bougé, qu’il a beaucoup parlé et fait parler de lui, mais qui serait capable de dresser un bilan synthétique et le plus exhaustif possible du mandat sarkozyen ?

Celui qui s’y essaierait aurait de fortes chances d’être proprement écœuré par le flot de vidéos, d’extraits audio, de dépêches AFP, d’articles, d’interviews et de retranscriptions de discours qu’il lui faudrait ingurgiter pour conclure que… l’on ne peut pas conclure. La présidence de Sarkozy n’est pas résumable, car tout et son contraire a été dit, sans que rien de concret ne soit fait. Qui se souvient de la « politique de civilisation » lancée en janvier 2008 ?

La campagne électorale permanente de Nicolas Sarkozy, sans cesse en train de préparer l’élection intermédiaire suivante pour faire oublier l’échec à la précédente, a été le plus sûr moyen de ne pas agir. Et de trahir ses électeurs de 2007, qui attendaient de lui des réformes.

Car Sarkozy, bien qu’il n’ait jamais revendiqué cette étiquette et que son programme de 2007 fût resté assez flou, a été élu à mon sens parce que ses électeurs attendaient de lui une politique à la fois libérale et conservatrice : moins d’État, plus de liberté, d’une part ; plus d’ordre, moins de décadence, d’autre part. Cette attente était sans doute excessive de la part de ses électeurs, même dans le cas où Sarkozy se serait montré digne de leur confiance. Le président de la République ne peut pas tout.

Néanmoins, on aurait pu attendre de Sarkozy qu’il respecte a minima le mandat implicite que lui avaient donné ses électeurs.

Les dépenses publiques, les impôts ont-ils baissé sous Sarkozy ? Non, ils ont augmenté, en dépit de la promesse qui avait été faite par le candidat de l’UMP, en 2007, de ne pas alourdir la charge fiscale. L’alibi à cette trahison est tout trouvé : la crise. Comme ni Sarkozy, ni l’UMP, n’ont jamais pris au sérieux la bataille des idées, ils se sont laissés imposer en septembre 2008 l’interprétation selon laquelle la crise des subprime et ses répercussions en cascades nécessitaient un « retour de l’État », comme si celui-ci était parti un jour.

Alors que la science économique véritable enseignait que la crise financière était la conséquence de la création monétaire excessive par les banques centrales, contrôlées par le politique. Et donc que le remède résidait dans moins d’intervention étatique dans l’économie, et non davantage ; Sarkozy, dans son discours de Toulon, dès septembre 2008, a conclu l’inverse : la crise du keynésianisme, qu’il a jugée à tort comme celle du libéralisme, nécessitait selon lui un renforcement du poids de l’État dans l’économie, ainsi qu’un recours accru à l’endettement étatique pour financer ses largesses. Même la réforme-phare de l’été 2007, le bouclier fiscal empêchant que l’on puisse payer plus de la moitié de ses revenus en impôts directs (compte non tenu de la TVA, donc), a fini par être retirée, en 2011.

Sarkozy et l’UMP se sont tout de suite laissés imposer l’idée qu’il s’agissait d’un « cadeau aux riches », puisque la gauche prétendait que les remboursements du Trésor public aux contribuables protégés par le bouclier fiscal étaient un « don » de l’État. Dans cette inversion totale de la réalité, tout ce que l’État ne taxait pas, il le donnait ! Sarkozy n’a jamais contesté cette vision, et a donc logiquement fait retirer le bouclier fiscal. Cette capitulation idéologique en appelait d’autres.

Durant ses deux passages à l’Intérieur (2002-2004 et 2005-2007), Sarkozy s’était illustré dans la dénonciation de l’insécurité que subissent nos compatriotes. Il a, dès 2002, pris d’assaut les caméras et les micros pour mettre en scène son personnage de « premier flic de France », et préparer sa conquête de l’Élysée. Une fois celle-ci obtenue, on aurait pu penser que Sarkozy mettrait en œuvre la « rupture » qui, promettait-il, s’imposait après cinq ans d’immobilisme chiraquien. Il a ainsi fait voter une loi très controversée — à gauche — sur les peines-plancher, censée garantir qu’un multirécidiviste soit effectivement dissuadé par l’alourdissement des peines au fil de ses récidives. Pour ceux des partisans de Sarkozy qui l’ont oublié — il est difficile de se souvenir de tous les moments de la présidence sarkozyenne qui ont fait polémique — la loi sur les peines-plancher était censée constituer une révolution en matière de lutte contre l’insécurité. C’était négliger qu’une loi n’est qu’un bout de papier, tant qu’elle n’est pas appliquée dans les faits (et pas seulement dans les décrets). Aujourd’hui, un chauffard multirécidiviste peut foncer sur un groupe d’enfants pour les tuer et écoper de seulement quatorze mois de prison, alors même qu’il avait été condamné neuf fois, dont trois à de la prison avec sursis. Où était le fameux garde-fou de la peine-plancher pour que cet individu soit sous les verrous, au lieu d’être au volant d’une voiture ?

Cette politique-spectacle, qui réduit la résolution d’un problème de fond à la fabrication d’une loi après chaque fait-divers, permet également à Sarkozy d’affecter d’être ferme dans l’affaire des prières de rue. Son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait affirmé qu’elles avaient disparu du territoire national en septembre 2011. La réalité montre que ce n’est pas le cas.

Je pourrais multiplier les exemples des trahisons de Sarkozy, comme la suppression des IUFM promise et finalement abandonnée. Ce serait fastidieux pour moi et ennuyeux pour le lecteur, qui ne manquerait pas de me signaler des oublis. Sarkozy a tant promis qu’il est impossible de faire un inventaire complet de ses renoncements. On peut simplement dire que, Sarkozy ayant promis les réformes, et ayant continué pendant cinq ans, malgré la nullité de son bilan, à jouer au réformateur devant les caméras de télévision, il doit être jugé sur son échec. Sans doute l’accomplissement de ses promesses ne dépendait-il pas que de lui (les syndicats, l’administration lui auront mis beaucoup de bâtons dans les roues), mais il aurait dû le dire aux Français, plutôt que de leur infliger pendant cinq longues années la mise en scène perpétuelle de son rôle de réformateur factice.

Puisque c’est sur son bilan que le président-candidat doit être jugé, Nicolas Sarkozy ne mérite pas d’être reconduit à l’Élysée. En toute logique, je ne voterai donc pas pour lui le 6 mai.

J’entends d’ici ceux qui, ayant pourtant pesté pendant cinq ans contre la présidence calamiteuse de Sarkozy, prétendent que François Hollande est « pire » que lui.

Le pire est toujours possible en politique, et je n’écarte pas a priori cette idée, mais sur quoi se fondent ceux qui l’agitent ? Selon leurs centres de préoccupations, certains rappellent la volonté de François Hollande de faire voter les étrangers non-européens aux élections municipales ; ou d’instaurer le « mariage » homosexuel ; ou de faire adopter le remboursement à 100 % de l’avortement par la Sécurité « sociale ».

Sarkozy est-il vraiment meilleur, ou moins mauvais, que Hollande dans ces domaines ?

En matière de vote des étrangers, Sarkozy propose la même chose que Hollande : « Si un étranger, en France, souhaite voter, alors il demande à devenir français et nous serons heureux de l’accueillir dans la citoyenneté française. », déclarait-il en meeting au Raincy, ce jeudi 26 avril. Qu’il vote en tant qu’étranger ou en tant que Français tout juste naturalisé ne compte guère. La France accueille, sans que sa population indigène ait jamais été consultée, ni par la droite ni par la gauche, quelque 200 000 personnes de plus par an, qui s’additionnent aux millions d’autres qui sont venues depuis la mise en place du regroupement familial, sous la présidence Giscard. Plus de 100 000 par an sont naturalisées. Le droit du sol permet à leurs enfants d’être des citoyens à part entière. Et en dépit de ses récentes déclarations contraires à ce sujet, l’immigration a continué sous Sarkozy. Elle a même battu des records. Le droit de vote des étrangers aux élections municipales ne change donc rien au problème (notons pour l’anecdote que Sarkozy y était favorable en 2005…), puisque la qualité de citoyen français ne signifie plus grand-chose. S’il n’avait pas été exécuté par le RAID en mars dernier, Mohamed Merah aurait pu voter. Il aurait même pu être candidat à la présidence !

Devant la volonté du candidat socialiste de faire rembourser à 100 % l’avortement par la Sécurité « sociale », Nicolas Sarkozy, pour draguer l’électorat catholique, a cru bon de se découvrir subitement pro-vie. Pourtant, lorsque Marine Le Pen, plus tôt dans la campagne, a proposé que si, et seulement si, la Sécurité « sociale » était obligée de faire des choix budgétaires, elle proposerait de dérembourser partiellement l’avortement au profit des traitements palliatifs pour les personnes en fin de vie, les réactions les plus virulentes sont venues de l’UMP. Xavier Bertrand, ministre de la Santé, a considéré que ce serait « un recul sans pareil vis-à-vis des femmes. Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse en France, après l’avancée que constituait la loi Veil, imaginer qu’un ou une responsable politique puisse revenir sur cette avancée. Il s’agit d’une nouvelle outrance et d’un mépris inacceptable pour les femmes ». Nicolas Sarkozy a-t-il désavoué son ministre ? Non, il a dit qu’il était en total désaccord avec la proposition de Marine Le Pen.

Quant au « mariage » homosexuel, censé être un point clivant entre la gauche et la droite, si Hollande a été très clair sur sa volonté de le voir adopter, Sarkozy a été beaucoup plus évasif. Il s’est contenté de dire qu’« [e]n ces temps troublés où notre société a besoin de repères, [il ne croit] pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage. » Quels sont ces « temps troublés » dont parle Sarkozy ? La crise financière et monétaire ? Les élections ? Ceux qui verraient dans ce report sine die par Sarkozy une position de principe risquent d’être déçus, en cas de réélection. Si l’on ne voit guère ce que Sarkozy a accompli de louable en cinq ans (en dix ans si l’on y ajoute son rôle prépondérant dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin), on sait en revanche, à l’aune du mandat qui s’achève, le mal qu’il aura le temps de faire d’ici 2017.

Devant ce non-choix qu’il nous reste, j’ai décidé de ne pas choisir et de m’abstenir le 6 mai. J’entends les mêmes militants sarkozystes, qui seront foudroyés de honte quand on leur repassera le film de « leur » campagne dans cinq ans, dire que la logique du second tour veut que l’on choisisse le moins mauvais, sous peine de faire gagner l’autre. Ne voyant pas en quoi François Hollande est plus dangereux que Nicolas Sarkozy, ni plus indigne, ni plus incompétent, cet argument n’a aucune prise sur moi. Si la droite avait voulu que ses électeurs se mobilisent en nombre suffisant en 2012, elle aurait dû s’en préoccuper dès les premières reculades de l’été 2007.

Où était la droite, quand il était encore temps de faire savoir au président qu’en raison de son bilan désastreux, il ne pourrait pas la représenter en 2012 ?

Le reproche que j’adresse ici aux élus et aux militants de l’UMP vaut aussi pour les électeurs de Sarkozy. C’est parce que ce dernier savait qu’il pouvait compter sur un électorat de droite captif qu’il a pu se permettre de conduire une politique de gauche durant tout son quinquennat. Quelle que soit la politique menée, Sarkozy et l’UMP n’ignoraient pas que l’électeur de droite traditionnelle irait toujours voter pour eux, ne serait-ce qu’en raison de la peur que lui inspire la gauche. Jean-Luc Mélenchon aura servi de « père fouettard » de cette élection présidentielle : avec lui, les brebis égarées du sarkozysme se sentaient obligées de rentrer au bercail de l’UMP, aussi vétuste et insalubre fût-il.

J’écris cette tribune pour dire à ces électeurs déçus de Sarkozy qu’ils ne sont pas obligés de faire ce non-choix là. Sans espoir excessif dans l’utilité de mon abstention de dimanche, je les invite à refuser cette fausse alternative entre deux versions à peine concurrentes de la social-démocratie. Il ne s’agit pas de « tout faire péter » ni de « faire exploser l’UMP pour recomposer la droite », hypothèses auxquelles rien ne permet de croire dans l’immédiat, mais de recouvrer notre souveraineté, qui est individuelle avant d’être nationale.

Si le salut de la France doit advenir, ce que je souhaite, il ne passera pas par la mise sous pli d’un bout de papier tous les cinq ans. Il passera par la reprise de nos destins individuels et familiaux en mains.

Soustraire ses enfants à l’influence mortifère de l’école publique, quitter des métropoles invivables pour habiter dans des petites villes ou à la campagne, préférer la consommation locale à l’enfer des zones commerciales, resserrer ses liens familiaux et amicaux, voilà des débuts de solution face aux temps difficiles qui s’annoncent. Lorsque l’effondrement économique annoncé se produira, Nicolas Sarkozy ne sera pas là pour vous. Si vous continuez à penser que votre participation au cirque électoral peut améliorer d’une quelconque manière la situation, vous vous retrouverez fort dépourvus quand la crise, la vraie, sera venue.

Continuer à voter en 2012, malgré la preuve, encore apportée par ce quinquennat finissant, que cela ne change rien, c’est retarder la prise de conscience des Français. Comme j’entends, à ma modeste mesure, éclairer mes compatriotes, je les invite à ne pas aller voter dimanche.

Roman Bernard

[box class= »info »] Source : Nouvelles de France. [/box]

[Tribune libre] Le 6 mai : votez, éliminez !, par Bruno Larebière

[Tribune libre] Le 6 mai : votez, éliminez !, par Bruno Larebière

A l’heure où j’écris ces lignes, la France est à la veille de 1974… ou de 1981.

En 1974, Valéry Giscard d’Estaing l’avait emporté de 424 599 voix sur François Mitterrand. Grâce à un bon report de voix des électeurs s’étant portés, au premier tour, sur Jacques Chaban-Delmas et Jean Royer. Et grâce à la mobilisation des abstentionnistes. De 84,23 % au premier tour, chiffre déjà remarquable, la participation était montée à 87,33 % au second.

En 1981 aussi, l’abstention avait fortement reculé entre les deux tours, de 18,91 % à 14,14 %. Mais là, le nombre de bulletins blancs ou nuls avait quasiment doublé, s’approchant du million. Les reports de voix entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing n’avaient pas fonctionné. Chauffés à blanc par Charles Pasqua et l’appareil du RPR, les chiraquiens firent la peau de Giscard. Pas assez à droite ! Conformément à leur plan, François Mitterrand fut élu.

Ce fut bien la seule chose qui fonctionna. La suite, qui consistait à voir Mitterrand ne pas achever son mandat, les Français s’étant levés en masse pour exiger son départ, et un RPR à la fois « droitisé » et fidèle aux « fondamentaux » du gaullisme reprendre le pouvoir, resta dans le carton des illusions perdues. Les Français eurent même le mauvais goût de réélire triomphalement Mitterrand sept ans plus tard.

Et l’on s’aperçut, au final de ce jeu de cons, que la France de 1995 n’avait plus grand-chose à voir avec celle de 1981. En quatorze ans, ce qui n’est rien aux yeux de l’Histoire, la « parenthèse » de gauche était parvenue à changer jusqu’à la substance même de la population du pays. Tout cela parce que, au printemps 1981, Jacques Chirac et une partie de son électorat avaient jugé malin de faire passer la gauche socialo-communiste plutôt que de reconduire une « fausse droite ».

Ça vous rappelle quelque chose ? Moi aussi. Trois décennies après le funeste 10 mai 1981, une autre droite, celle représentée par le Front national dont le candidat, Marine Le Pen, a obtenu à une décimale près le même score que Jacques Chirac en 1981, œuvre en faveur de l’élection de François Hollande. Soit en prônant l’abstention, soit, carrément, en organisant en sous-main le « vote révolutionnaire », celui qui fera triompher la gauche afin, bien sûr, qu’une fois cette « parenthèse » achevée, la « vraie droite » soit triomphalement portée au pouvoir. Les intérêts partisans sont décidément criminels.

Quoi que l’on puisse reprocher à Nicolas Sarkozy, quelles qu’aient été les déceptions, aussi fort soit le sentiment d’avoir été trahi, le second tour de la présidentielle n’est pas le lieu des règlements de compte. Il est celui d’un choix de société et même, eu égard au programme dément de François Hollande et de ses alliés, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, qui ont tous deux fait campagne sur un discours pro-immigrationniste comme les Français n’en avaient jamais entendu, d’un choix de civilisation.

Les seules, les uniques questions à se poser sont simples : veut-on que les immigrés extra-européens obtiennent le droit de vote ainsi que François Hollande s’y est engagé, fixant cette décision à 2013, soit juste à temps pour que la gauche hollando-mélenchonienne dispose d’un électorat de substitution pour les élections locales de 2014 ? Veut-on que les immigrés, via l’élection des conseils municipaux – où ils pourront siéger ! – influent sur l’élection des maires qui, excusez du peu, participent à l’élection des sénateurs (lesquels ont le pouvoir de réformer la Constitution) et sont ceux qui décident, par leur parrainage, qui peut être et qui ne peut pas être candidat à la présidence de la République ?

De plus, pour la première fois peut-être dans l’histoire de la Ve République, le candidat de droite est perméable aux idées… de droite ! Il suffit de voir la peur panique que suscite à gauche la possibilité d’une réélection de Nicolas Sarkozy pour comprendre que ce scrutin n’est pas comme les autres. Jean-Luc Mélenchon l’a résumé en cette formule (1) : « La situation est d’une gravité exceptionnelle. […] Nicolas Sarkozy est en train d’“extrême droitiser“ la droite. »

Mélenchon exagère ? Bien sûr. Mais il n’est pas si éloigné de la vérité comme en témoignent les chochotteries de tous ceux qui, dans le clan chiraquien, s’effraient de la « dérive droitière » de Nicolas Sarkozy et n’attendent eux aussi qu’une chose : que Sarkozy soit battu pour reprendre en main l’appareil de l’UMP et ramener le parti de l’actuelle majorité dans la voie du « politiquement correct » et de l’immobilisme peureux qui fut la marque de fabrique des années Chirac. Ceux-là ont bien compris que, si Nicolas Sarkozy est réélu, c’en est fini de leur influence et des concessions à leur consubstantielle frilosité.

Au premier tour, on choisit. Au deuxième, on élimine.

Alors dimanche, votez, éliminez !

Bruno Larebière
ancien rédacteur en chef de Minute

(1) Propos tenus le vendredi 27 avril 2012 au cours de La Matinale de France Inter.

[box class= »info »] Article à paraître dans l’hebdomadaire Les 4 Vérités Hebdo, n° 840 daté du vendredi 4 mai 2012. [/box]

Crédit photos : Jackolan1 et European People’s Party, via Wikipédia, licence CC.

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas

[box class= »info »] Emil Cioran (1911-1995) trouverait-il un éditeur aujourd’hui pour écrire des pages similaires à celles de Renaud Camus ? Serait-il bientôt envoyé en stage de rééducation citoyenne par le PS ? [/box]

Extrait de Cioran, L’Ecartèlement, Gallimard, 1979. Œuvres complètes, pages 1411 et 1412.

« Les institutions, les sociétés, les civilisations diffèrent en durée et en signification, tout en étant soumises à une loi qui veut que l’impulsion indomptable, facteur de leur ascension, se relâche et s’assagisse au bout d’un certain temps, la décadence correspondant à un fléchissement de ce générateur de force qu’est le délire.

Après des périodes d’expansion, de démence en fait, celles de déclins semblent sensées, et elles le sont, elles le sont même trop-, ce qui les rend presque aussi funestes que les autres.

Un peuple qui s’est accompli, qui a dépensé ses talents, et à exploité jusqu’au bout les ressources de son génie, expie cette réussite en ne donnant plus rien après. Il a fait son devoir, il aspire à végéter, mais pour son malheur il n’en aura pas la latitude.

Le philosophe Cioran sur la substitution de population. Tribune libre de Joachim Véliocas Quand les Romains -ou ce qui en restait- voulurent se reposer, ils s’ébranlèrent en masse. On lit dans tel manuel sur les invasions que les Germains qui servaient dans l’armée et dans l’administration de l’empire prenaient jusqu’au milieu du Veme siècle des noms latins. A partir de ce moment, le nom germanique devint de rigueur. Les seigneurs exténués, en recul dans tous les secteurs, n’étaient plus redoutés ni respectés. A quoi bon s’appeller comme eux ? « Un fatal assouplissement régnait partout », observait Salvien, le plus acerbe censeur de la déliquescence antique à son dernier stade.

Dans le métro, un soir, je regardais attentivement autour de moi, nous étions tous venus d’ailleurs… Parmi nous pourtant, deux ou trois figures d’ici, silhouettes embarrassées qui avaient l’air de demander pardon d’être là. Le même spectacle à Londres.

Les migrations, aujourd’hui, ne se font plus par déplacements compacts mais par infiltrations successives: on s’insinue petit à petit parmi les « indigènes », trop exsangues et trop distingués pour s’abaisser à l’idée d’un « territoire ». Après mille ans de vigilance, on ouvre les portes…

Quand on songe aux longues rivalités entre Français et Anglais, puis entre Français et Allemands, on dirait qu’eux tous, en s’affaiblissement réciproquement, n’avaient pour tâche que de hâter l’heure de la déconfiture commune afin que d’autres spécimens d’humanité viennent prendre la relève. De même que l’ancienne, la nouvelle Volkerwanderung [migration de peuple] suscitera une confusion ethnique dont on ne peut prévoir nettement les phases. Devant ces gueules si disparates, l’idée d’une communauté tant soit peu homogène est inconcevable. La possibilité même d’une multitude si hétéroclite suggère que dans l’espace qu’elle occupe n’existait plus, chez les autochtones, le désir de sauvegarder ne fût-ce que l’ombre d’une identité. A Rome, au IIIeme siècle de notre ère, sur un million d’habitants, soixante mille seulement auraient été des Latins de souche. Dès qu’un peuple a mené à bien l’idée historique qu’il avait la mission d’incarner, il n’a plus aucun motif de préserver sa différence, de soigner sa singularité, de sauvegarder ses traits au milieu d’un chaos de visages.

Après avoir régenté les deux hémisphères, les Occidentaux sont en passe d’en devenir la risée : des spectres subtils, des fin de race au sens propre du terme, voués à une condition de parias, d’esclaves défaillants et flasques, à laquelle échapperont peut-être les Russes, ces derniers Blancs. C’est qu’ils ont encore de l’orgueil, ce moteur, non, cette cause de l’histoire. »

[box]  Voter Hollande nous interdira d’évoquer l’existence de notre identité, de penser l’altérité et les différences irréductibles entre civilisations, sans parler d’un débat sur l’islam. Le droit de vote des étrangers accélérerait la dépossession de notre souveraineté déjà enclenchée par Sarkozy. Voter Hollande, c’est la politique du pire. Eliminons-le.

Joachim Véliocas – directeur de l’Observatoire de l’islamisation. [/box]

[box class= »info »] Source : Observatoire de l’islamisation. [/box]

Google poursuivi pour l’association du terme « juif » avec des personnalités

Google poursuivi pour l'association du terme "juif" avec des personnalités

29/04/2012 – 19h10
Via NUMERAMA
SOS Racisme, le MRAP et d’autres associations ont assigné Google en justice pour l’association jugée trop fréquente du terme juif avec les noms de diverses personnalités. Les plaignants demandent que la justice ordonne à Google d’empêcher cette association.

C’est une fonctionnalité que les utilisateurs de Google connaissent bien. Afin de les aider à trouver les bonnes informations sur le web, la firme de Mountain View propose depuis quelques années une liste de mots-clés qui s’adapte à mesure que l’internaute écrit sa requête dans le champ prévu à cet effet. Baptisé Google Suggest, l’outil s’appuie sur les recherches les plus fréquentes pour sélectionner le contenu de cette liste.

Google poursuivi pour l'association du terme "juif" avec des personnalités

Nouvelle plainte concernant Google Suggest

Mais si la saisie semi-automatique proposée par Google peut orienter l’internaute dans sa recherche, elle a causé à l’entreprise californienne quelques ennuis judiciaires. Au moins à deux reprises, en 2010 et 2011, Google France a été condamné parce que ses algorithmes suggéraient des expressions de recherche jugées diffamatoires ou injurieux. Et l’entreprise va une nouvelle fois se retrouver devant les tribunaux.

L’AFP rapporte que diverses associations (SOS Racisme, le MRAP, l’UEJF et l’AIPJ) ont assigné en référé Google au motif que son service de saisie semi-automatique associe régulièrement le terme « juif » lorsque des requêtes sur des personnalités sont renseignées par les internautes. C’est le cas de nombreuses personnalités politiques françaises, dont les deux finalistes à l’élection présidentielle.

Pour les plaignants, Google Suggest a abouti à « la création de ce qui est probablement le plus grand fichier juif de l’histoire« . « De très nombreux utilisateurs du premier moteur de recherche de France et du monde sont quotidiennement confrontés à l’association non sollicitée et quasi systématique du terme juif avec les patronymes des personnes les plus en vue dans le monde de la politique, des médias ou des affaires« .

« Si le propre du programme Google Suggest n’est pas idéologique, son utilisation l’est et les dégâts sont considérables« , a estimé l’avocat des associations. « Se trouve ainsi diffusé et amplifié, de la manière la plus visuellement immédiate, le sentiment de l’omniprésence des Juifs aux commandes de la France« .

Interdire l’association du terme juif avec les noms de personnalités

Les associations demandent donc que la justice interdise à Google « de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès des intéressés, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques » et de lui interdire « d’associer le mot juif aux patronymes des personnes physiques figurant dans les requêtes des internautes« .

À l’appui de leurs prétentions, les associations rappellent que l’article L226-19 du Code pénal s’oppose à la constitution du moindre fichier de « données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou les appartenances syndicales des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à l’orientation sexuelle« .

Dans le cas contraire, la loi prévoit une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende. Par ailleurs, l’article 1er de la Constitution expose que la République  « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion« .

Rappelons que Google limite déjà la portée de la saisie-automatique, bien que réalisée « de manière neutre et algorithmique« , en appliquant « des règles strictes s’agissant des contenus pornographiques, violents ou incitant à la haine et des termes fréquemment utilisés pour rechercher des contenus portant atteinte à des droits d’auteur« .

Une audience aura lieu le mercredi 2 mai.

[box]Auteur : Julien L. pour Numérama. Article original de Numérama publié le 28/04/2012. Licence cc[/box]

La porte-parole de François Hollande militait pour maintenir “l’identité marocaine” !

La porte-parole de François Hollande militait pour maintenir “l’identité marocaine” !

29/04/2012 – 18h00
LYON (NOVOpress Lyon) – Jeudi dernier Novopress Lyon citait dans une publication les relations de la porte-parole de François Hollande pour la campagne présidentielle, Mme Najat Vallaud-Belkacem, avec le  “Conseil de la communauté marocaine de l’étranger” (CCME). Celle-ci a indiqué dès vendredi à l’AFP qu’elle faisait partie de ce Conseil depuis décembre 2007 mais qu’elle n’en était plus membre depuis décembre dernier.

J’en ai fait partie de décembre 2007 à décembre 2011: un engagement volontaire et bénévole au service de l’intérêt général et du dialogue entre les cultures, un parmi tant d’autres. Pourquoi le découvrir maintenant à 7 jours d’une élection présidentielle ? Puisque les militants d’extrême-droite, et maintenant l’UMP de Nicolas Sarkozy, ont décidé d’en faire leur obsession à mon égard, il s’agit d’une institution très transparente qui ne vaut pas autant de mystères, et qui rassemble des Marocains qui vivent à l’étranger pour qu’ils apportent leur expérience, leur regard extérieur sur leur pays d’origine“.

Dans un communiqué publié vendredi (le lendemain de la publication de Novopress Lyon), la déléguée générale de l’UMP Valérie Rosso-Debord avait attaqué Mme Vallaud-Belkacem (photo) sur son appartenance à cette instance qui “a pour but de renforcer l’identité marocaine des Marocains de l’étranger, d’émettre des avis sur leur éducation religieuse (en l’occurrence musulmane)“.

Une militante du maintien de l’identité marocaine en France :

Najat Vallaud-Belkacem semble particulièrement ennuyée par cette affaire et sa présentation du « Conseil de la communauté marocaine de l’étranger » est plus que partiale. Elle a milité pendant 4 ans, jusqu’en décembre dernier (donc alors qu’elle était déjà porte-parole de François Hollande) , dans cette instance officielle marocaine dont on trouve dans les buts :
“(…) assurer aux Marocains résidant à l’étranger le maintien de liens étroits avec leur identité marocaine, et plus particulièrement celles relatives à l’enseignement des langues, l’éducation religieuse et l’action culturelle
renforcer la contribution des Marocains de l’étranger au développement des capacités de leur pays d’origine, au développement humain durable et à la modernisation de la société”.

Crédit photo : Parti Socialiste via Flickr, licence CC.

Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012. Portrait : Marisol Touraine

Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012. Portrait : Marisol Touraine

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 mai 2012 vient de paraître. Au sommaire, un portrait de Marisol Touraine, député d’Indre-et-Loire et membre de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande. Extrait.

En charge du pôle « social, santé, handicap, personnes âgées » de l’équipe de campagne présidentielle de François Hollande et secrétaire nationale du PS à la solidarité et à la protection sociale, le député d’Indre-et-Loire fait partie de ces « quinquas » surdiplômés qui incarnent le nouveau socialisme français, celui des élites libérales mondialisées : pure héritière du milieu intellocrate bobo, normalienne, agrégée de sciences économiques, diplômée d’Harvard, conseiller d’État, membre du Siècle et épouse d’ambassadeur. En matière sociétale, son programme, avalisé par François Hollande, est à l’image de la classe qu’elle incarne : mariage homosexuel, adoption d’enfants par les « couples » homosexuels, euthanasie, recherche sur les cellules souches embryonnaires, aide médicale à la procréation pour les « couples » homosexuels, etc.

« L’enjeu est de prendre en considération l’évolution de la société, et de ne pas considérer qu’il y aurait une sorte de droit immuable […] Il ne s’agit pas de revanche politique, mais de mouvement, de progrès social […] (Il faut instituer) un droit sur la fin de vie comme il y a un droit sur l’IVG. C’est la liberté de chacun d’en user ou pas. […] Ce n’est pas le mariage gay, c’est le mariage tout court. Cela va se traduire simplement par une loi qui lèvera toute ambiguïté sur le fait qu’un couple est composé de deux personnes, quel que soit leur sexe. Le même droit pour tous. Et chacun reste libre de se marier ou pas. » Marisol Touraine, Libération, 3 mars 2012.

« Elle n’a même pas d’amis de droite. Marisol Touraine réfléchit – mais non, ses amis sont tous de gauche. » Marianne, 14 décembre 1998.

« Je n’ai jamais collé d’affiches, je suis ce que l’on appelle un expert, au PS. » Libération, 8 mai 1997.

« Une pensée strauss-kahnienne claire, lucide et moderne. Grâce à ses origines, elle comprend que la politique ne s’arrête pas aux frontières hexagonales. Une vision européenne et internationaliste de la gauche. » Technikart, juin 2007.

Marisol Touraine est née le 7 mars 1959 à Paris XIIIe. Elle est la fille d’Adriana Arenas Pizzaro, chercheur d’origine chilienne (décédée en 1990 d’un cancer), qui voulait être à l’origine dentiste, et du sociologue Alain Touraine (mariage en 1957). Son frère, Philippe Touraine, est professeur d’endocrinologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière.

Par son père, elle est, au sens de Pierre Bourdieu, une pure « héritière », son père lui ayant fourni tous les codes et l’habitus des mandarins (évidemment de gauche) de l’université.

Membre-pivot de l’intellocratie française depuis les années 1960, et en particulier depuis Mai 68, et évidemment personnalité de la Fondation Saint-Simon, Alain Touraine, né le 3 août 1925, est normalien et docteur ès lettres (1964, Sociologie de l’action, plus thèse complémentaire en 1966, La Conscience ouvrière). Entré comme directeur d’études, en 1960, à l’École des hautes études en sciences sociales, ce « sociologue engagé dans le siècle » (Le Monde, 16 décembre 1997) a présidé la Société française de sociologie de 1968 à 1970, fut vice-président de l’Association internationale de sociologie de 1974 à 1978, créa, dès 1956, le Centre de recherche de sociologie du travail, puis, en 1958, le Laboratoire de sociologie industrielle (devenu le Centre d’études mouvements sociaux en 1970). Il enseigne, de 1966 à 1969, à la faculté de Nanterre, haut lieu de la contestation gauchiste, et sera donc à la fois un élément actif (en tant que militant du Parti socialiste unifié de Michel Rocard) et un observateur privilégié de la chienlit ayant émergé dès 1967 et arrivée à son comble en « Mai 1968 ».

Il fera de « mai 1968 » sa chose, devenant l’invité obligé des plateaux de télévision pour rabâcher, depuis plus de 40 ans maintenant, les histoires de faux anciens combattants. Il en tirera toute une série d’ouvrages, aux « analyses plus philosophiques que sociologiques sans la maîtrise des concepts, sans la formation du philosophe » dixit Raymond Aron, à propos de sa thèse comme Le Mouvement de mai ou le communisme utopique (1968).

[box class= »info »]Lire la suite : www.faitsetdocuments.com – Abonnements France métropolitaine : 78 euros / an. Abonnements étranger et outre mer : 93 euros / an.[/box]
Crédit photo : Parti socialiste via flickr (cc)

La petite-fille de Mussolini soutient Hollande

La petite-fille de Mussolini soutient Hollande

28/04/2012 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
Les Sarkozy, le mari et surtout la femme, sont décidément impopulaires au Popolo della Libertà, équivalent italien de l’UMP (avec laquelle le PDL est associé au Parlement européen).

Après le premier tour de la présidentielle française, l’ancien ministre de la défense de Berlusconi, Ignazio La Russa, a expliqué que beaucoup de gens de droite avaient voté Marine Le Pen parce qu’ils étaient choqués par les engagements de Mme Sarkozy, en particulier par son intervention en faveur du terroriste Battisti.

C’est à présent la petite-fille du Duce (et nièce de Sophia Loren), Alessandra Mussolini (photo), députée PDL, qui s’est déchaînée contre le couple présidentiel dans la très populaire émission de radio, « La Zanzara ». « Je soutiens Hollande, a-t-elle déclaré, pour que tant Sarko que la Bruni quittent l’Elysée. Je me l’imagine déjà, elle avec sa petite guitare, hors de l’Élysée, qui chante pendant que Sarko fait la manche ».

« Si la Bruni se remet à chanter, a ajouté la petite-fille de Mussolini, c’est quand même un drame : elle a la voix flétrie. Je suis contente que la première dame déloge de l’Élysée. Après l’insulte qu’a représentée le rire de son mari avec Merkel [le ricanement de Nicolas Sarkozy, en octobre dernier, quand on l’avait interrogé sur la capacité du gouvernement italien à affronter la crise de la dette, ce qui avait beaucoup choqué en Italie], elle le mérite bien ».

Crédit photo : DR.

[Tribune Libre] L’écrivain Renaud Camus contre F. Hollande, porteur d’une « idéologie remplaciste » et du « chaos »

[Tribune Libre] L’écrivain Renaud Camus contre F. Hollande, porteur d’une « idéologie remplaciste » et du « chaos »

Le parti de l’In-nocence salue le beau succès remporté au premier tour de l’élection présidentielle par Mme Marine Le Pen, sur laquelle il avait reporté ses vœux après avoir constaté l’impossibilité pour son président Renaud Camus d’être lui-même candidat, faute des cinq cents parrainages requis. Mme Le Pen, en ayant près de vingt pour cent des suffrages exprimés, ouvre la voie à une très nécessaire recomposition du paysage politique, où les questions capitales de la contre-colonisation, du Grand Remplacement, de la décivilisation, de l’identité et de l’indépendance nationales pourront peut-être enfin faire l’objet de débats véritables.

Le parti de l’In-nocence constate que parmi les deux seuls candidats restant en lice, l’un, M. François Hollande, quelle que soit l’opinion personnelle que l’on puisse entretenir à son sujet, est porteur d’un projet qui cette fois consacrerait officiellement et sans recours le changement de peuple [on peut voir sur Novopress la vidéo “La France est comme une vieille fille qui élève les enfants des autres” par Renaud Camus]. Non seulement son élection concentrerait tous les pouvoirs de l’État entre les mains d’un seul parti et de ses affidés, elle assurerait le triomphe absolu de cette idéologie remplaciste qui, sous le nom abusif d’antiracisme n’exerce déjà que trop une implacable dictature de l’esprit, toute prête à s’exercer sans le moindre frein, avec le concours d’une justice servile et d’une presse perpétuellement dénonciatrice, sur les corps, sur les biens, sur les carrières, sur les destins.

Le parti de l’In-nocence, dans ces conditions, estime que l’exigence la plus pressante est de faire barrage par tous les moyens au candidat le plus ouvertement et emphatiquement remplaciste, celui qui veut donner le droit de vote aux étrangers non communautaires et qui augmentera encore l’immigration et les droits des immigrés. L’heure est trop grave, l’avenir de la France et de son peuple trop directement menacé, pour que la politique du pire puisse constituer une tentation sérieuse. Il n’est ni possible ni souhaitable de placer une espérance quelconque dans le chaos. Le vote pour Nicolas Sarkozy, si difficile qu’il soit pour ceux qui ont toujours combattu le président de la République sortant comme pour ceux qui l’ont soutenu et qu’il a cruellement déçus, est le seul qui soit encore ouvert pour les résistants au multiculturalisme pseudo-diversitaire ; et il ménage autant que l’autre, sans l’épreuve du chaos immédiat et de la tyrannie idéologique totale, les chances d’une salutaire redistribution des cartes.

Photo : Renaud Camus lors de son intervention pendant les Assises sur l’islamisation de l’Europe du 18 décembre 2010.

En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

25/04/2012 – 10h00
LORIENT (NOVOpress Breizh) – «Je savais que je devais venir en Bretagne ! Au lendemain du premier tour, je ne me suis pas posé la question. ». Le candidat PS à la présidentielle était en Bretagne hier après midi pour son premier déplacement de campagne après le premier tour. A Quimper comme à Lorient François Hollande a cherché à récupérer les électeurs de Marine Le Pen, sans oublier de faire quelques promesses aux Bretons
.

François Hollande est arrivé sans surprise en tête du premier tour dans la région administrative Bretagne (31,74%) devant Nicolas Sarkozy (25,66%). En troisième position avec 13,58%, Marine Le Pen a réalisé un score jamais atteint dans cette région.

«Nous devons les entendre ». Hier à Lorient le candidat socialiste avait bien en tête ces résultats, ne cachant pas son espoir de récupérer une partie de l’électorat frontiste « ces hommes et ces femmes qui ne savent plus vers qui se tourner » et qui vont « vers des vents mauvais » (sic).

Un exercice difficile pour ce fidèle disciple de Jacques Delors qui a toujours adhéré sans réserve à la doxa mondialiste. « J’en connais qui, agriculteurs, s’interrogent même sur la pérennité de leur exploitation, et de peur de l’avenir se réfugient dans le repli. J’en connais d’autres, ouvriers, qui ne savent pas ce que sera l’avenir tant leur entreprise paraît fragile, les délocalisations hélas trop nombreuses, et puis cette mondialisation, cette Europe trop ouverte, trop offerte, qui vient les frapper dans leurs conditions de vie », déclare-t-il avec une certaine suffisance, confirmant la vision doloriste que l’oligarchie a de cet électorat, considéré – dans le meilleur des cas – comme étant « souffrant », « malade » ou « paumé ».

Mais pas question de changer de discours pour autant : « Je n’excuse rien, mais je cherche à comprendre. Je ne séduis pas ces électeurs par je ne sais quelle surenchère. Je laisse ça à d’autres ! Moi, je ne ferai pas de l’étranger, de l’immigré, la question qui nous séparera dans cette élection présidentielle ! ». On sait que l’immigration est un sujet sur lequel le candidat du PS a toujours, comme le rappelle France-Soir, refusé de se prononcer.

Promettant la création d’un ministère de la Mer– on est en Bretagne – celui que Mélenchon avait aimablement qualifié de « capitaine de pédalo » n’a pas manqué de rappeler sa promesse de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires : « Je suis en Bretagne, en Bretagne fière de sa langue, fière de sa culture, fière de son histoire, qui attend depuis des années que l’Etat enfin ratifie la charte des langues minoritaires et régionales. Eh bien nous le ferons ensemble ! Et nous ferons en sorte que la langue française ne soit en aucune façon menacée, mais que la langue bretonne puisse être enseignée, parlée, diffusée, comme les langues minoritaires.»

Pour la spécificité bretonne ce sera tout. On sait qu’à Rennes, le 4 avril dernier, François Hollande avait été formel : pas question de déplaire à Jean-Marc Ayrault en réunifiant la Bretagne. « Fière de son histoire », cette dernière continuera d’être amputée de la Loire-Atlantique. La reconnaissance de la langue bretonne – à condition de ne pas « menacer le français» (sic) – passe encore, mais de là à modifier les frontières des fiefs tenus par les oligarques socialistes, il ne faut pas rêver.

Crédit photo : François Hollande, licence CC