Grand Remplacement – De toute évidence – 67 % des Français « inquiets », par François Hoffman

grand remplacement

Un sondage le dit : les Français croient au Grand Remplacement. Avec des chiffres plus hauts qu’on ne l’attendrait chez les sympathisants LREM, PS, LFI et écolos. Un reflet de ce que chacun vit au quotidien.

Pour certains observateurs, le Grand Remplacement ne serait qu’un fantasme ou une déformation de la réalité. Mais pour une forte majorité de Français, c’est un phénomène inquiétant. C’est en effet ce que révèle un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive pour le journal Challenges. L’inquiétude n’est pas seulement affichée par les électeurs des Républicains et du RN, mais elle est aussi partagée par ceux de LREM.

Plusieurs questions sont posées dans ce sondage. La première est simple : il est demandé si le sondé croit à l’affirmation selon laquelle « les populations européennes, blanches et chrétiennes sont menacées d’extinction suite à l’immigration musulmane, provenant du Maghreb et d’Afrique noire ». 61 % des personnes interrogées y répondent positivement, allant de 57 % à 63 % selon les classes d’âge et de 59 % à 63 % selon la catégorie sociale. On notera ainsi peu de différences entre les classes aisées et populaires. Cette absence de différence pourrait ainsi expliquer le phénomène Zemmour.

Si 92 % des sympathisants du RN estiment que le Grand Remplacement se réalisera « probablement » ou « certainement », ils sont 72 % chez les sympathisants de LR, 52 % chez ceux de LREM, 44 % chez ceux du PS et de LFI, mais juste 30 % chez ceux des Verts. Plus on se rapproche de la gauche, moins le chiffre est écrasant – mais suffisamment haut pour être remarqué.

Quant à la question sur l’inquiétude qu’un tel phénomène puisse se produire, 67 % des Français affirment être « plutôt » ou « fortement » inquiets. Les femmes sont un peu plus inquiètes (67 %) que les hommes (66 %). Ce sont surtout les 35-49 ans qui y croient le plus (71 %), mais toutes les classes d’âges sont majoritairement inquiètes : aucune d’elles n’affiche une majorité à moins de 54 %. Ce sont logiquement les sympathisants du RN qui se déclarent les plus inquiets (93 %). Ils sont suivis par ceux de LR (83 %), de LREM et du MoDem (62 %), du PS (53 %), de LFI (42 %) et des Verts (41 %). Un thème qui devrait logiquement jouer dans la présidentielle.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 22 octobre 2021

L’impasse sans fin ? – Prolongement du passe sanitaire

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A l’origine, il devait être provisoire et limité aux grands rassemblements : le passe sanitaire a été imposé aux restaurateurs. C’est une deuxième « prolongation » que le gouvernement vient d’annoncer : le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a indiqué que le passe sanitaire pourrait être imposé jusqu’à l’été prochain, donc bien au-delà de sa fin officielle prévue le 15 novembre prochain. Autrement dit, même au cours de la prochaine présidentielle. Alors même que la quatrième vague est en train d’être maîtrisée, que le nombre de vaccinés augmente sérieusement et que le taux d’incidence repasse à 50 cas pour 100 000 habitants dans six départements sur dix. Le ton reste pourtant à la dramatisation. Pour Gabriel Attal, « l’éclaircie sanitaire s’observe à peu près partout dans l’Hexagone, mais ce n’est pas parce que la marée est basse qu’elle ne peut pas remonter ». Le gouvernement préfère anticiper d’éventuelles prochaines vagues, dont on peut sérieusement penser qu’elles tendent à être conjurées… Plus personne ne parle de variant, comme si le sujet n’avait été qu’un feuilleton de l’été passé.

Comment expliquer ce souci de jouer à nouveau les prolongations ? Quelques épidémiologistes ont prévenu contre un risque de « redémarrage » de l’épidémie à l’automne. Une éventualité qui a ainsi eu l’oreille d’Emmanuel Macron et de l’exécutif. Bref, un souci de combattre cette « cinquième vague » invoquée dans les discours de certains élus LREM.

Présentation d’un nouveau projet de loi à la mi-octobre

Pour prolonger le passe sanitaire, un nouveau texte sera ainsi présenté en Conseil des ministres le 13 octobre prochain pour être ensuite débattu devant le Parlement à la fin du mois. Dans cette crise, on ne compte plus l’accumulation impressionnante de textes aboutissant à rendre définitif ce qui était provisoire : loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, lois prorogeant l’état d’urgence sanitaire, loi relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, puis loi relative à la gestion de la crise sanitaire… A chaque projet de loi, une date butoir est indiquée pour être finalement repoussée par le texte suivant.

Mais cette perspective de devoir présenter le passe sanitaire en pleine présidentielle ne réjouit pas tout le monde. Le patron des Républicains du Sénat, Bruno Retailleau, déclare tout de go dans un tweet du 29 septembre que « le Sénat ne pourra autoriser le gouvernement à prolonger le recours au passe sanitaire en enjambant les présidentielles, jusqu’en juillet ».

Mais, dans cette crise sans fin, il y a aussi de drôles de révélations. Ainsi, d’après une étude publiée par le ministère de la Santé le 29 septembre dernier, on apprend que 5 700 lits d’hôpitaux ont été supprimés l’année dernière en pleine crise du Covid. Le ministère explique cette mesure surprenante par le souci d’éviter les contagions avec la transformation de chambres doubles en chambres simples. Dont acte. Des chiffres insolites dans une situation qui reste confuse…

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 30 septembre 2021

Pendant la crise sanitaire, l’islamisme ne désarme pas

islamisme

Pour l’islamisme radical, il n’y a pas de trêve estivale. Plusieurs comportements rappellent la triste réalité que certains ont peut-être oubliée pour cause de crise sanitaire. En France, il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur a réagi face aux propos tenus par deux imams, qui seraient « attentatoires à l’égalité femmes-hommes ». Devant des fidèles, un imam de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a dénoncé les femmes « qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps, qui sont habités par Sheitan ». D’où l’intervention du préfet des Hauts-de-Seine qui a mis fin aux fonctions de l’intéressé et signalé les propos litigieux au procureur de la République de Nanterre. Selon un courrier du ministre de l’Intérieur, un imam de la Loire aurait également demandé aux femmes musulmanes de se soumettre à leur mari. L’imam aurait été aussi renvoyé. Le non-renouvellement de son titre de séjour est « à l’étude », d’après la préfecture de la Loire. Enfin, une mosquée serait dans le collimateur du ministère de l’Intérieur. La mosquée Sunna de Roubaix (Nord) n’accepterait plus les femmes en raison de l’actuelle pandémie.

Londres : poignardée parce qu’elle était Charlie ?

Au Royaume-Uni, il ne fait pas bon d’arborer un t-shirt Charlie Hebdo. Surtout pas dans un grand parc londonien, comme cela a été le cas dimanche dernier à Hyde Park. Parce qu’elle avait la mésaventure de porter un t-shirt arborant la Une de Charlie du 9 novembre 2011 représentant un islamiste embrassant un journaliste, une femme a reçu plusieurs coups de poignard d’un homme vêtu de noir. Coursé par des témoins et par la police, l’agresseur a pris la fuite et n’a pas été retrouvé. Des photos ont cependant été prises et la police a lancé un appel à témoins. Les jours de la femme ne seraient pas en danger. La police se veut prudente et refuse toute spéculation.

Quoi qu’il en soit, l’islamisation radicale est un phénomène bien européen. En Belgique, certains observateurs mettent en cause le noyautage d’une partie de la société par les Frères musulmans et la chape de plomb qui interdit de parler de ce phénomène galopant dans certains quartiers de Bruxelles. Dans un entretien donné à Marianne, deux chercheuses dénoncent le silence des élites politiques et médiatiques. Cette islamisation touche des quartiers des Bruxelles, comme Molenbeek – lieu d’où sont originaires les auteurs de l’attentat de 2016 qui a frappé l’aéroport – et les environs de la capitale belge. Elle se traduirait à l’école par une pression sur les jeunes filles afin qu’elles portent le voile. Les réfractaires subiraient des agressions sexuelles, car le non-port aboutit à les considérer comme « sexuellement disponibles »… Les deux chercheuses dénoncent le rôle de deux partis de gauche belges, le PS et Ecolo, « partisans d’une neutralité inclusive, c’est-à-dire d’accommodement avec les demandes de plus en plus pressantes des religieux ». Un air de déjà vu en France…

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 27 juillet 2021

Covid : bientôt la vaccination pour tous ?

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A cor et à cri, ils réclament la vaccination obligatoire. Pour tout le monde. Ou presque. On notera ces derniers jours la multiplication des appels à une vaccination plus intense. Comme ces médecins qui, dans les colonnes du Journal du dimanche, appellent à rendre obligatoire la vaccination pour les soignants des hôpitaux et des EHPAD « avant le début du mois de septembre ». Ce qui suppose une contrainte vu l’échéance assez brève…

Mais, dans ce concours du discours catastrophiste, ce sont surtout les politiques qui réclament les mesures les plus radicales. Comme François Bayrou, qui estime que tout cela finira « par la décision collective de rendre la vaccination obligatoire ». Sans dire qu’il vise tout le monde – il parle des médecins –, le président fondateur du MoDem et maire de Pau se permet de comparer l’obligation vaccinale avec les onze vaccins obligatoires que tous les enfants reçoivent après leur naissance. Anne Hidalgo, maire de Paris, estime que l’« on a trop souvent attendu […]. Aujourd’hui, ne tardons pas ». L’édile de Paris laisse planer ce spectre d’une vaccination obligatoire en agitant la menace du variant… Bref, un collectivisme vaccinal qui ne veut pas dire son nom.

C’est surtout au sommet de l’Etat que la vaccination obligatoire est envisagée sur fond de scénario catastrophe pour la rentrée. Le 1er juillet dernier, le Sénat préconisait à ce titre une vaccination obligatoire. Ainsi, le sénateur Jomier (apparenté socialiste) estime qu’« une quatrième vague est probable d’ici deux à trois mois et elle sera alimentée par la contagiosité plus importante du variant Delta […]. Dans l’hypothèse moyenne, cette vague provoquera un afflux dans les hôpitaux tout à fait comparable à celui de l’automne dernier. Ce ne sera pas une vague de cas bénins ». C’est au niveau des solutions que les sénateurs sont radicaux. Ainsi, ils jugent « insuffisant » le nombre de vaccinés : « il en faut 10 millions de plus », selon Bernard Jomier qui souhaite vacciner prioritairement les 24-59 ans. Il faudrait également une décision mi-juillet. Mais surtout, les sénateurs n’hésitent pas à reconnaître que « la question de l’obligation vaccinale n’est pas un tabou, et n’est pas une atteinte aux libertés individuelles ». Dixit, Bernard Jomier…

Quant au gouvernement, il reste prudent, même s’il envisage la vaccination obligatoire des soignants. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi dernier que les élus locaux et les présidents des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat devaient être consultés. Mais Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, n’a pas exclu la vaccination obligatoire pour se rendre au restaurant ou au musée, même s’il a posé des conditions : l’efficacité de la mesure et sa faisabilité. Le ministre préconise d’abord de « convaincre ceux qui ne sont pas vaccinés » par la mobilisation des « médecins traitants » ou en rendant payants les tests. Avant la manière forte ?

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 5 juillet 2021

Projet de loi bioéthique : l’ultime combat du Sénat

loi bioéthique

Ce devait être la nouvelle lecture du projet de loi bioéthique au Sénat. Mais en raison du détricotage certain de leur texte par l’Assemblée nationale, les sénateurs ont préféré rejeter le texte modifié par les députés qui avaient notamment réintroduit l’accès de la PMA aux femmes et aux couples de femmes. En effet, les élus de la haute assemblée ont adopté une question préalable. Cette procédure permet de ne pas engager la discussion d’un texte en raison de circonstances qui empêchent toute délibération quant au fond.

Systématiquement, l’Assemblée nationale est revenue sur les suppressions du Sénat : en juillet 2020, puis au début de ce mois. Au bout de deux lectures successives, il y avait peu de chance de voir une Assemblée nationale dominée par les « marcheurs » confirmer les suppressions du Sénat : elle dispose du dernier mot en cas de désaccord, conformément à la logique du bicamérisme inégalitaire qui donne l’avantage aux députés en cas de divergence persistante entre les deux assemblées. Il est intéressant de constater que la crise de la Covid n’a nullement conduit les députés à s’interroger sur la pertinence des choix « sociétaux » du macronisme. L’impréparation de notre système de santé à une pandémie devait être l’occasion de souligner les vrais problèmes…

Par 191 voix pour, 61 contre et 91 abstentions, les sénateurs ont donc adopté la question préalable présentée par la sénatrice Muriel Jourda (LR), qui était montée au créneau lors des lectures successives contre les mesures de l’Assemblée nationale. Elle a vivement regretté des débats « parasités par des mélanges des genres ». La sénatrice met en effet en cause la confusion entre des dispositions « qui relèvent de la bioéthique et d’autres dispositions qui sont sociétales ». Car Olivier Véran, le ministre de la Santé, claironnait le 7 juin dernier sur la possibilité pour les couples de femmes de « s’inscrire dans des parcours PMA dès la rentrée »… La motion demandant l’adoption de la question préalable fait donc état de vives divergences entre les députés et les sénateurs sur ce « choix de société » qu’est l’extension de l’accès à la PMA. En effet, les députés n’ont nullement pris en compte l’une de ces « modalités proposées par le Sénat » : le « maintien du critère d’infertilité pour les couples hétérosexuels », ouvrant les portes au droit à l’enfant…

Mais les divergences apparaissent à l’égard d’autres mesures. Curieusement, les députés ont rejeté un dispositif pourtant introduit par un sénateur socialiste, Bernard Jomier, qui excluait du don d’organes les majeurs protégés en raison de leur incapacité à exprimer un consentement. L’Assemblée est revenue sur cette interdiction. Drôle de conception qui fait de certaines personnes des banques d’organes tenues de créditer à tout prix les désirs de certains clients… Sauf rebondissement, c’est une conception de plus en plus consumériste et individualiste de la bioéthique qui sera entérinée le 29 juin prochain par les députés.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 25 juin 2021