McKinsey : le « Macrongate » du quinquennat ?

macron

Depuis plusieurs jours, la polémique sur McKinsey, ce cabinet qui a conseillé le gouvernement, est en train de gonfler, notamment à la suite d’un rapport du Sénat rendu public à la suite d’une commission d’enquête le 17 mars dernier. Les sénateurs ont révélé des politiques d’optimisation fiscale qui auraient même conduit ce cabinet de conseil à ne pas payer un seul euro d’impôt sur les sociétés pendant dix ans. Alors même qu’il effectuait des prestations pour l’Etat… Si McKinsey n’est pas le seul cabinet à avoir effectué des missions de conseil pour l’Etat – il est même derrière Capgemini et Eurogroupe –, il a cependant été associé à des dossiers sensibles, qu’il s’agisse du Covid, de la réforme des retraites ou des aides personnalisées au logement (APL), pour ne citer que ces exemples.

Si McKinsey prétend se limiter à un appui purement technique, le rapport du Sénat révèle néanmoins que son influence a été indéniable sur la décision publique, comme on l’a vu avec le choix de ne pas distribuer de gants pendant la crise sanitaire à la fin de l’année 2020. Ce qui laisse entendre que les politiques sont sous influence parce que les frontières entre « conseil » et « décision » deviennent en fait poreuses, comme l’a indiqué le rapport sénatorial. McKinsey a en effet joué un rôle important dans le Covid car on apprend, selon les termes du rapport sénatorial, que des « pans entiers de la gestion de crise (ont été) sous-traités à des cabinets ». McKinsey s’offre même la part du lion dans les dépenses de conseil avec 12,33 millions d’euros, arrivant ainsi en tête parmi les différents cabinets sollicités lors de cette crise épineuse…
Des consultants omnipotents

Même si ce recours à des cabinets de conseil ne date pas de la présidence actuelle et que ces derniers gravitaient déjà, par exemple, sous Sarkozy, ces pratiques démontrent un certain délitement dans l’exercice de la puissance publique. Ainsi, comment justifier que des notes administratives ont pu être rédigées par ces consultants sous le sceau de l’administration ? Ils ont bien agi comme des agents publics, alors que les vrais agents publics, eux, se sont sentis « infantilisés »… En outre, on apprend que certains responsables de McKinsey ont joué un rôle dans la campagne présidentielle de Macron en 2017. Certes, ils agissaient sur leur temps libre, mais la collusion reste suspecte. McKinsey a été sollicité par les pouvoirs publics moyennant des mécanismes souples au niveau des marchés publics qui dispensent nos administrations de recourir à des appels d’offres. Une confusion qui révèle donc la difficulté à démêler les politiques publiques des intérêts privés au point de rendre sceptiques les observateurs et les acteurs politiques. A dix jours du premier tour de la présidentielle, on est bien en présence d’une crise significative dans la gestion des deniers publics. Il y a cinq ans, les affaires Fillon avaient bousculé le déroulement de la présidentielle de 2017 en bouleversant les prévisions initiales. En sera-t-il de même ?

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 30 mars 2022

Adoption du passe vaccinal : des élus LREM menacés

passe vaccinal

Alors que le projet de loi visant notamment à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal – qui renforce donc de fait l’obligation vaccinale – est en cours de discussion, les élus de la majorité présidentielle se plaignent de menaces et redoutent même des attaques.

Ainsi, le 29 décembre dernier, la voiture d’un député LREM, Pascal Blois, a été en partie brûlée dans un incendie allumé dans son garage. Présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a même lu devant ses collègues un message menaçant. Traitée de « collaborateur-marionnette », elle a été sommée de voter « non » au texte en cours de discussion sous peine de faire de l’Assemblée nationale « un gigantesque bain de sang où giseront les corps qui pensaient nous gouverner ».

Des députés LREM de l’Isère ont même reçu des menaces de mort au mois de novembre dernier. Pour ces différentes raisons, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a même demandé de prendre en compte les domiciles et les permanences des élus dans les patrouilles de police et de gendarmerie. En effet, dans un message destiné aux préfets, le patron de Beauvau estime que l’actuel débat parlementaire sur le passe vaccinal est « susceptible de susciter des menaces voire des passages à l’acte contre les élus ».

Ces intimidations ne sont pas nouvelles ; elles avaient même fait leur apparition lors de la crise des Gilets jaunes. Elles ont néanmoins pris une tournure supplémentaire avec la volonté d’accentuer les contraintes sanitaires. Il y a déjà quelques mois, l’institution du passe sanitaire avait créé des tensions qui se sont avivées au fur et à mesure des différents textes législatifs successifs. Il faut donc s’interroger sur les raisons de ces tensions.

La mise en cause des non-vaccinés, traduite parfois par un appel à ne pas les accueillir en cas d’hospitalisation ou même à les confiner, a mis de l’huile sur le feu.

Le 27 décembre dernier, Emmanuel Macron n’avait-il pas déclaré, au nom de « mesures proportionnées », qu’il fallait « faire peser les contraintes sur les non-vaccinés » ? Ces propos, cités par Le Canard enchaîné et prononcés juste avant la réunion du Conseil de défense sanitaire, démontrent que les Français qui n’ont pas reçu de doses sont bel et bien dans le collimateur du discours officiel. Un discours qui prétend pourtant ne pas vouloir imposer de règles restrictives et refuser de céder aux injonctions des « enfermistes » qui demandent des contraintes plus élevées.

Le récent renforcement des contraintes existantes, comme l’intensification de la lutte contre la fraude ou le retour du masque obligatoire dans certaines villes, a certainement eu sa part.

Dernière mesure annoncée : celle du ministre du Travail, Elisabeth Borne, qui envisage une amende de 1 000 euros par salarié pour les entreprises qui refuseraient de recourir au télétravail. Cette amende s’inscrit dans les sanctions qui pourraient être infligées par l’Inspection du travail.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 31 décembre 2021

Coup d’état civil – 11,7 % de prénoms arabo-musulmans attribués en 2020

prénoms arabes

Si la France interdit les statistiques ethniques, une enquête révèle des chiffres éloquents : 11,7 % des nouveau-nés ont reçu un prénom arabo-musulman en 2020. Le grand remplacement dit désormais clairement son nom.

Au regard des mutations démographique et migratoire que connaît la France, ce n’est pas vraiment une surprise : que ce soit en France en général ou dans plusieurs départements en particulier, la part des prénoms arabo-musulmans est devenue significative. C’est ce qui ressort de l’Ouest de la France. Une étude du site heure-priere.com, qui s’appuie notamment sur les statistiques de l’INSEE, démontre que dans certains départements il y a même plus de prénoms musulmans que bretons, même si le nombre de prénoms français reste majoritaire dans le total. Ainsi, en Loire-Atlantique, si 5,29 % des naissances se sont traduites par l’attribution d’un prénom breton, 7,28 % l’ont été par celle d’un prénom arabo-musulman. Les chiffres du pourtour sont tout aussi intéressants. Ainsi, pour les prénoms arabo-musulmans, on en est 4,09 % en Côtes-d’Armor (7,70 % de prénoms bretons), 3,52 % dans le Finistère (9 % de prénoms bretons) et 3,82 % en Morbihan (contre 8,19 % de prénoms bretons). En revanche, en Ille-et-Vilaine, on fait à peu près jeu égal : 6,03 % de prénoms arabo-musulmans contre 6,8 % de prénoms bretons. Pour la seule Bretagne administrative, on est à 7 % de prénoms bretons dans le total des prénoms attribués.

Mais on constate aussi une augmentation des prénoms bretons sur toute la France. Ainsi, de 1950 à 2020, on passe de 1,14 % à 3,70 % en 2020 en passant par 1,64 % en 1993. Enfin, un autre constat : celui qui a trait à la part des prénoms arabo-musulmans sur tout le territoire du pays. Pour la seule année 2020, 11,74 % des nouveau-nés ont ainsi reçu un prénom arabo-musulman. En 1960, la part de ces prénoms n’était que de 2,24 %, alors même que l’Algérie était encore sous souveraineté française. On recense en effet 83 703 prénoms arabo-musulmans sur les 713 273 prénoms attribués en 2020. Mais on constate une certaine baisse – bien que relative – sur les trois années qui précèdent 2020 : 12,10 % de prénoms arabo-musulmans en 2017, 12,03 % en 2018 et 11,95 % en 2019. En termes de chiffres, on passe donc de 90 317 prénoms arabo-musulmans en 2017 à 83 703 prénoms en 2020, ce qui constitue une diminution de 7 % en trois ans. On constate une particularité : l’attribution de prénoms arabo-musulmans est surtout un phénomène masculin. Ainsi, les garçons portent trois fois plus de prénoms arabo-musulmans que les filles. L’étude entreprise par le site heure-priere.com est relativement solide et s’étend sur une période qui va de 1900 à 2020. Quant à la méthodologie, l’étude a bien tenu compte du fait que certains prénoms pouvaient ne plus apparaître comme arabo-musulmans à un autre moment. De même, elle n’a pas comptabilisé les prénoms dits « ambigus » dans la liste des prénoms arabo-musulmans : c’est ainsi le cas d’Adam, d’Adel, de Jade, de Nadine, de Nadia ou de Myriam. Mais si la prononciation arabe est respectée, le prénom est alors inclus dans la liste des prénoms arabo-musulmans, comme on le voit avec Ismail (et non Ismaël).

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 17 décembre 2021

Zemmour à Nantes – Violences antifas

antifas

Ce qui devait arriver arriva. L’extrême gauche qui avait placardé des affiches appelant à faire de Zemmour une cible en prévision de sa réunion au Zénith de Nantes a cherché à en découdre le samedi 30 octobre dernier. Au point même de s’en prendre violemment aux forces de l’ordre. 650 personnes avaient en effet manifesté à l’appel du collectif Nantes révoltée. Malgré la fermeture d’une passerelle par la préfecture, une partie des manifestants ont réussi à traverser la route, puis à s’approcher du Zénith, tout en bloquant une porte du site et en réussissant à forcer les grilles.

Dans le lot des agresseurs, des membres de la CNT, quelques militants du PCF, mais aussi des personnes portant un gilet jaune ou arborant des drapeaux anarchistes. Le cocktail habituel d’une extrême gauche qui, à défaut de briller dans les sondages, cherche à exister dans la rue… Face aux manifestants criant « Zemmour à mort, à mort », la police a utilisé du gaz lacrymogène pour faire reculer les anti-Zemmour qui étaient ainsi à une centaine de mètres des sympathisants du polémiste. Ce dernier a par ailleurs réagi en renvoyant l’extrême gauche à ses origines totalitaires et criminelles. « On sait qui était Joseph Staline, on sait les centaines de milliers de morts qu’il a provoquées, ces gens-là ne sont que leurs lointains descendants », a affirmé Eric Zemmour.

Les images sont éloquentes. Alors que, dans un premier temps, les gendarmes mobiles ont été confrontés à des manifestants qui tentaient de bloquer une voie qui reliait le Zénith de Nantes au parking, des images ont ensuite montré des individus s’en prendre à des voitures de police, mais aussi lancer des chariots contre les forces de l’ordre. On a ainsi constaté, selon la préfecture de Nantes, une « succession d’escarmouches » autour de la zone du centre commercial de Saint-Herblain. Les forces de l’ordre avaient en effet cherché à sécuriser les zones d’accès au Zénith. « Plusieurs assauts contre les forces de l’ordre » sont donc déplorés par la préfecture, laquelle fait aussi état de la « dégradation d’un véhicule de police » ainsi que d’« une tentative de jet de bouteille sur un autre ». Par ailleurs, toujours selon la préfecture, un membre « des forces de l’ordre a été blessé lors d’un franchissement ». Les heurts auraient cessé vers 18 h 30. Si « aucune interpellation n’a été opérée », la préfecture a indiqué qu’« un travail d’enquête et d’identification » est en cours.

Des actions qui n’ont rien de spontané et qui sont le fruit d’une campagne de haine constatée à Nantes au cours des jours qui ont précédé la réunion publique. Outre les affiches hostiles à Zemmour, on a aussi découvert des tags appelant au meurtre d’Eric Zemmour. Pour l’avocat du polémiste, maître Olivier Prado, ces différentes inscriptions et affiches sont toutes des « appels au meurtre ». L’avocat a annoncé avoir saisi le procureur de la République. Avec l’extrême gauche, c’est toujours le rêve jamais caché de passer à l’acte.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 2 novembre 2021

Grand Remplacement – De toute évidence – 67 % des Français « inquiets », par François Hoffman

grand remplacement

Un sondage le dit : les Français croient au Grand Remplacement. Avec des chiffres plus hauts qu’on ne l’attendrait chez les sympathisants LREM, PS, LFI et écolos. Un reflet de ce que chacun vit au quotidien.

Pour certains observateurs, le Grand Remplacement ne serait qu’un fantasme ou une déformation de la réalité. Mais pour une forte majorité de Français, c’est un phénomène inquiétant. C’est en effet ce que révèle un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive pour le journal Challenges. L’inquiétude n’est pas seulement affichée par les électeurs des Républicains et du RN, mais elle est aussi partagée par ceux de LREM.

Plusieurs questions sont posées dans ce sondage. La première est simple : il est demandé si le sondé croit à l’affirmation selon laquelle « les populations européennes, blanches et chrétiennes sont menacées d’extinction suite à l’immigration musulmane, provenant du Maghreb et d’Afrique noire ». 61 % des personnes interrogées y répondent positivement, allant de 57 % à 63 % selon les classes d’âge et de 59 % à 63 % selon la catégorie sociale. On notera ainsi peu de différences entre les classes aisées et populaires. Cette absence de différence pourrait ainsi expliquer le phénomène Zemmour.

Si 92 % des sympathisants du RN estiment que le Grand Remplacement se réalisera « probablement » ou « certainement », ils sont 72 % chez les sympathisants de LR, 52 % chez ceux de LREM, 44 % chez ceux du PS et de LFI, mais juste 30 % chez ceux des Verts. Plus on se rapproche de la gauche, moins le chiffre est écrasant – mais suffisamment haut pour être remarqué.

Quant à la question sur l’inquiétude qu’un tel phénomène puisse se produire, 67 % des Français affirment être « plutôt » ou « fortement » inquiets. Les femmes sont un peu plus inquiètes (67 %) que les hommes (66 %). Ce sont surtout les 35-49 ans qui y croient le plus (71 %), mais toutes les classes d’âges sont majoritairement inquiètes : aucune d’elles n’affiche une majorité à moins de 54 %. Ce sont logiquement les sympathisants du RN qui se déclarent les plus inquiets (93 %). Ils sont suivis par ceux de LR (83 %), de LREM et du MoDem (62 %), du PS (53 %), de LFI (42 %) et des Verts (41 %). Un thème qui devrait logiquement jouer dans la présidentielle.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 22 octobre 2021

L’impasse sans fin ? – Prolongement du passe sanitaire

pass sanitaire

A l’origine, il devait être provisoire et limité aux grands rassemblements : le passe sanitaire a été imposé aux restaurateurs. C’est une deuxième « prolongation » que le gouvernement vient d’annoncer : le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a indiqué que le passe sanitaire pourrait être imposé jusqu’à l’été prochain, donc bien au-delà de sa fin officielle prévue le 15 novembre prochain. Autrement dit, même au cours de la prochaine présidentielle. Alors même que la quatrième vague est en train d’être maîtrisée, que le nombre de vaccinés augmente sérieusement et que le taux d’incidence repasse à 50 cas pour 100 000 habitants dans six départements sur dix. Le ton reste pourtant à la dramatisation. Pour Gabriel Attal, « l’éclaircie sanitaire s’observe à peu près partout dans l’Hexagone, mais ce n’est pas parce que la marée est basse qu’elle ne peut pas remonter ». Le gouvernement préfère anticiper d’éventuelles prochaines vagues, dont on peut sérieusement penser qu’elles tendent à être conjurées… Plus personne ne parle de variant, comme si le sujet n’avait été qu’un feuilleton de l’été passé.

Comment expliquer ce souci de jouer à nouveau les prolongations ? Quelques épidémiologistes ont prévenu contre un risque de « redémarrage » de l’épidémie à l’automne. Une éventualité qui a ainsi eu l’oreille d’Emmanuel Macron et de l’exécutif. Bref, un souci de combattre cette « cinquième vague » invoquée dans les discours de certains élus LREM.

Présentation d’un nouveau projet de loi à la mi-octobre

Pour prolonger le passe sanitaire, un nouveau texte sera ainsi présenté en Conseil des ministres le 13 octobre prochain pour être ensuite débattu devant le Parlement à la fin du mois. Dans cette crise, on ne compte plus l’accumulation impressionnante de textes aboutissant à rendre définitif ce qui était provisoire : loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, lois prorogeant l’état d’urgence sanitaire, loi relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, puis loi relative à la gestion de la crise sanitaire… A chaque projet de loi, une date butoir est indiquée pour être finalement repoussée par le texte suivant.

Mais cette perspective de devoir présenter le passe sanitaire en pleine présidentielle ne réjouit pas tout le monde. Le patron des Républicains du Sénat, Bruno Retailleau, déclare tout de go dans un tweet du 29 septembre que « le Sénat ne pourra autoriser le gouvernement à prolonger le recours au passe sanitaire en enjambant les présidentielles, jusqu’en juillet ».

Mais, dans cette crise sans fin, il y a aussi de drôles de révélations. Ainsi, d’après une étude publiée par le ministère de la Santé le 29 septembre dernier, on apprend que 5 700 lits d’hôpitaux ont été supprimés l’année dernière en pleine crise du Covid. Le ministère explique cette mesure surprenante par le souci d’éviter les contagions avec la transformation de chambres doubles en chambres simples. Dont acte. Des chiffres insolites dans une situation qui reste confuse…

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 30 septembre 2021

Pendant la crise sanitaire, l’islamisme ne désarme pas

islamisme

Pour l’islamisme radical, il n’y a pas de trêve estivale. Plusieurs comportements rappellent la triste réalité que certains ont peut-être oubliée pour cause de crise sanitaire. En France, il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur a réagi face aux propos tenus par deux imams, qui seraient « attentatoires à l’égalité femmes-hommes ». Devant des fidèles, un imam de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) a dénoncé les femmes « qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps, qui sont habités par Sheitan ». D’où l’intervention du préfet des Hauts-de-Seine qui a mis fin aux fonctions de l’intéressé et signalé les propos litigieux au procureur de la République de Nanterre. Selon un courrier du ministre de l’Intérieur, un imam de la Loire aurait également demandé aux femmes musulmanes de se soumettre à leur mari. L’imam aurait été aussi renvoyé. Le non-renouvellement de son titre de séjour est « à l’étude », d’après la préfecture de la Loire. Enfin, une mosquée serait dans le collimateur du ministère de l’Intérieur. La mosquée Sunna de Roubaix (Nord) n’accepterait plus les femmes en raison de l’actuelle pandémie.

Londres : poignardée parce qu’elle était Charlie ?

Au Royaume-Uni, il ne fait pas bon d’arborer un t-shirt Charlie Hebdo. Surtout pas dans un grand parc londonien, comme cela a été le cas dimanche dernier à Hyde Park. Parce qu’elle avait la mésaventure de porter un t-shirt arborant la Une de Charlie du 9 novembre 2011 représentant un islamiste embrassant un journaliste, une femme a reçu plusieurs coups de poignard d’un homme vêtu de noir. Coursé par des témoins et par la police, l’agresseur a pris la fuite et n’a pas été retrouvé. Des photos ont cependant été prises et la police a lancé un appel à témoins. Les jours de la femme ne seraient pas en danger. La police se veut prudente et refuse toute spéculation.

Quoi qu’il en soit, l’islamisation radicale est un phénomène bien européen. En Belgique, certains observateurs mettent en cause le noyautage d’une partie de la société par les Frères musulmans et la chape de plomb qui interdit de parler de ce phénomène galopant dans certains quartiers de Bruxelles. Dans un entretien donné à Marianne, deux chercheuses dénoncent le silence des élites politiques et médiatiques. Cette islamisation touche des quartiers des Bruxelles, comme Molenbeek – lieu d’où sont originaires les auteurs de l’attentat de 2016 qui a frappé l’aéroport – et les environs de la capitale belge. Elle se traduirait à l’école par une pression sur les jeunes filles afin qu’elles portent le voile. Les réfractaires subiraient des agressions sexuelles, car le non-port aboutit à les considérer comme « sexuellement disponibles »… Les deux chercheuses dénoncent le rôle de deux partis de gauche belges, le PS et Ecolo, « partisans d’une neutralité inclusive, c’est-à-dire d’accommodement avec les demandes de plus en plus pressantes des religieux ». Un air de déjà vu en France…

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 27 juillet 2021

Covid : bientôt la vaccination pour tous ?

vaccination obligatoire

A cor et à cri, ils réclament la vaccination obligatoire. Pour tout le monde. Ou presque. On notera ces derniers jours la multiplication des appels à une vaccination plus intense. Comme ces médecins qui, dans les colonnes du Journal du dimanche, appellent à rendre obligatoire la vaccination pour les soignants des hôpitaux et des EHPAD « avant le début du mois de septembre ». Ce qui suppose une contrainte vu l’échéance assez brève…

Mais, dans ce concours du discours catastrophiste, ce sont surtout les politiques qui réclament les mesures les plus radicales. Comme François Bayrou, qui estime que tout cela finira « par la décision collective de rendre la vaccination obligatoire ». Sans dire qu’il vise tout le monde – il parle des médecins –, le président fondateur du MoDem et maire de Pau se permet de comparer l’obligation vaccinale avec les onze vaccins obligatoires que tous les enfants reçoivent après leur naissance. Anne Hidalgo, maire de Paris, estime que l’« on a trop souvent attendu […]. Aujourd’hui, ne tardons pas ». L’édile de Paris laisse planer ce spectre d’une vaccination obligatoire en agitant la menace du variant… Bref, un collectivisme vaccinal qui ne veut pas dire son nom.

C’est surtout au sommet de l’Etat que la vaccination obligatoire est envisagée sur fond de scénario catastrophe pour la rentrée. Le 1er juillet dernier, le Sénat préconisait à ce titre une vaccination obligatoire. Ainsi, le sénateur Jomier (apparenté socialiste) estime qu’« une quatrième vague est probable d’ici deux à trois mois et elle sera alimentée par la contagiosité plus importante du variant Delta […]. Dans l’hypothèse moyenne, cette vague provoquera un afflux dans les hôpitaux tout à fait comparable à celui de l’automne dernier. Ce ne sera pas une vague de cas bénins ». C’est au niveau des solutions que les sénateurs sont radicaux. Ainsi, ils jugent « insuffisant » le nombre de vaccinés : « il en faut 10 millions de plus », selon Bernard Jomier qui souhaite vacciner prioritairement les 24-59 ans. Il faudrait également une décision mi-juillet. Mais surtout, les sénateurs n’hésitent pas à reconnaître que « la question de l’obligation vaccinale n’est pas un tabou, et n’est pas une atteinte aux libertés individuelles ». Dixit, Bernard Jomier…

Quant au gouvernement, il reste prudent, même s’il envisage la vaccination obligatoire des soignants. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi dernier que les élus locaux et les présidents des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat devaient être consultés. Mais Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, n’a pas exclu la vaccination obligatoire pour se rendre au restaurant ou au musée, même s’il a posé des conditions : l’efficacité de la mesure et sa faisabilité. Le ministre préconise d’abord de « convaincre ceux qui ne sont pas vaccinés » par la mobilisation des « médecins traitants » ou en rendant payants les tests. Avant la manière forte ?

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 5 juillet 2021

Projet de loi bioéthique : l’ultime combat du Sénat

loi bioéthique

Ce devait être la nouvelle lecture du projet de loi bioéthique au Sénat. Mais en raison du détricotage certain de leur texte par l’Assemblée nationale, les sénateurs ont préféré rejeter le texte modifié par les députés qui avaient notamment réintroduit l’accès de la PMA aux femmes et aux couples de femmes. En effet, les élus de la haute assemblée ont adopté une question préalable. Cette procédure permet de ne pas engager la discussion d’un texte en raison de circonstances qui empêchent toute délibération quant au fond.

Systématiquement, l’Assemblée nationale est revenue sur les suppressions du Sénat : en juillet 2020, puis au début de ce mois. Au bout de deux lectures successives, il y avait peu de chance de voir une Assemblée nationale dominée par les « marcheurs » confirmer les suppressions du Sénat : elle dispose du dernier mot en cas de désaccord, conformément à la logique du bicamérisme inégalitaire qui donne l’avantage aux députés en cas de divergence persistante entre les deux assemblées. Il est intéressant de constater que la crise de la Covid n’a nullement conduit les députés à s’interroger sur la pertinence des choix « sociétaux » du macronisme. L’impréparation de notre système de santé à une pandémie devait être l’occasion de souligner les vrais problèmes…

Par 191 voix pour, 61 contre et 91 abstentions, les sénateurs ont donc adopté la question préalable présentée par la sénatrice Muriel Jourda (LR), qui était montée au créneau lors des lectures successives contre les mesures de l’Assemblée nationale. Elle a vivement regretté des débats « parasités par des mélanges des genres ». La sénatrice met en effet en cause la confusion entre des dispositions « qui relèvent de la bioéthique et d’autres dispositions qui sont sociétales ». Car Olivier Véran, le ministre de la Santé, claironnait le 7 juin dernier sur la possibilité pour les couples de femmes de « s’inscrire dans des parcours PMA dès la rentrée »… La motion demandant l’adoption de la question préalable fait donc état de vives divergences entre les députés et les sénateurs sur ce « choix de société » qu’est l’extension de l’accès à la PMA. En effet, les députés n’ont nullement pris en compte l’une de ces « modalités proposées par le Sénat » : le « maintien du critère d’infertilité pour les couples hétérosexuels », ouvrant les portes au droit à l’enfant…

Mais les divergences apparaissent à l’égard d’autres mesures. Curieusement, les députés ont rejeté un dispositif pourtant introduit par un sénateur socialiste, Bernard Jomier, qui excluait du don d’organes les majeurs protégés en raison de leur incapacité à exprimer un consentement. L’Assemblée est revenue sur cette interdiction. Drôle de conception qui fait de certaines personnes des banques d’organes tenues de créditer à tout prix les désirs de certains clients… Sauf rebondissement, c’est une conception de plus en plus consumériste et individualiste de la bioéthique qui sera entérinée le 29 juin prochain par les députés.

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 25 juin 2021