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Tanguy Pastureau : “Bayrou, l’homme de Pau n’a pas de bol”

26/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Ça fait des décennies que François Bayrou vise le titre suprême, et alors qu’il commençait tout juste à bosser dans son beau ministère tout neuf, il est obligé de démissionner. Sa vie est un enfer, son existence un chemin de croix.

Dans une chronique sur RTL, Tanguy Pastureau dresse un portrait à l’acide de Bayrou :

Bayrou, du coup, ne peut pas rester, ce type est maudit, 14 fois qu’il tente l’Élysée, il se plante, là il mise sur Macron, l’autre est élu, le fait ministre, et il doit partir, c’est le chat noir de Pau, Macron l’a abandonné avant les vacances, il va finir dans une cage à la SPA à gratter sa caisse avec les pattes arrière. Même si vous retirez les bandelettes de la momie de Ramsès 2 en criant “Je suis sûr qu’en fait là-dessous c’est Alain Juppé !”, vous êtes moins maudit que Bayrou. C’est le mec avec le moins de bol au monde, si un jour il y a deux avions, que je vois Bayrou monter dans un des deux, je prends l’autre, même s’il va à Kaboul, j’aurais plus de chances de m’en sortir.


François Bayrou Guignol

Bayrou, ou le moralisme pour les Nuls, par Ivan Rioufol

Ce n’est plus de la tartufferie, mais de la guignolade. Il est hilarant d’observer les donneurs de leçons de morale, François Bayrou en tête, recevoir en boomerang les conseils qu’ils entendaient prescrire aux autres. La démission, ce mercredi, du ministre de la Justice, porteur de la loi rebaptisée entre temps “rétablissement de la confiance dans l’action publique”, vient après celle de Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, et de Sylvie Goulard, ministre des Armées, qui avait pris courageusement les devants dès mardi. Ces trois ministres issus du MoDem ont à répondre de soupçons sur le financement d’assistants parlementaires européens. Jusqu’alors, seul le FN était accusé de telles pratiques. Dès 2014, Corinne Lepage avait pourtant dévoilé les arrangements douteux tolérés par le parti présidé par Bayrou. Pour sa part, Richard Ferrand, qui s’était illustré dans ses attaques féroces contre la moralité du candidat François Fillon, a été exfiltré par le chef de l’Etat lui-même pour être placé à la tête des députés de La République en marche. Sarnez devrait semblablement prendre la tête du groupe MoDem (42 élus) à l’Assemblée.

Cet épisode croquignolesque, qui entache le sérieux du macronisme, a une allure de fable sur la sagesse. Le moralisme pour les Nuls est le degré zéro de la politique quand celle-ci n’a rien d’autre à dire.

Le camp du Bien, qui avait repris des joues ces derniers temps au contact de la Macronie, mérite toutes les moqueries de l’arroseur arrosé. Les Intouchables, qui s’auto-promeuvent exemplaires depuis des décennies, font partie des impostures qui fleurissent dans cette république des faux gentils. J’en avais dénoncé les tares en 2004 dans un essai, qui mériterait depuis le rajout de nombreux autres chapitres.

Mardi, dans Le Figaro, l’universitaire Anne-Marie Le Pourhiet s’étonnait à son tour que ce projet de loi prétendument audacieux de Bayrou n’avait pas jugé utile, par exemple, “d’imposer la publication des noms, des fonctions, et des montants des donateurs français et étrangers aux partis comme aux candidats, afin que les citoyens sachent envers qui nos gouvernants sont redevables”. J’avais moi-même déploré en mai, ici, que Macron ne dise rien de son réseau d’amis banquiers, responsables du Cac 40, créateurs de start-up, hommes d’influence qui ont financé sa campagne jusqu’à 15 millions d’euros. En fait, comme le démontre Le Pourhiet, la moralisation de la vie politique n’est qu’un vulgaire “plan “com” populiste”. Une bulle, parmi d’autres bulles qui forment la constellation cheap de la Macronie. Celle-ci vient d’éclater. A qui le tour ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 21 juin et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macron Philippe Opposition

Et maintenant, quelle opposition de droite à Emmanuel Macron ?

Minute Oppsition MacronOn ne voulait plus voir : on ne les verra plus. Les députés sortants ont été balayés par la vague de « dégagisme » qui s’est abattue sur la France. Plus d’un demi-siècle plus tard, les Français ont entendu le slogan de Pierre Poujade en 1956 : « Sortez les sortants », lorsque le papetier de Saint-Céré avait fait entrer 56 députés à l’Assemblée nationale, dont un certain Jean-Marie Le Pen. Dans l’Assemblée élue dimanche dernier, on compte 75 % de nouveaux députés. Les sortants ont été sortis, mais on n’y voit guère plus clair.

Face à la majorité absolue des élus de La République en marche – bonne nouvelle, ils n’ont même pas besoin de ceux du MoDem, ce qui veut dire que Macron n’a plus besoin de Bayrou (1) –, il va falloir attendre le vote de confiance après le discours de politique générale du premier ministre pour connaître les véritables rapports de force. Une partie des députés de la « droite », ainsi que les centristes de l’UDI, devraient la voter, sans que l’on sache, d’une part, si les députés LR qui le feront seront exclus de leur parti, ni, d’autre part, pour quelles raisons les autres n’accorderont pas leur confiance au gouvernement d’Edouard Philippe, puisque son projet, pour ce qu’on en connaît, consiste à mettre en œuvre ce qu’ils auraient aimé faire – à condition d’en avoir le courage sur le plan économique, social et éducatif –, s’ils s’étaient retrouvés au pouvoir !

Si l’on a bien suivi, les élus les plus à gauche de la droite vont voter la confiance à un gouvernement qui leur sied par son progressisme affiché en matière sociétale, comme on dit (mais devrait les rebuter par son programme économique), tandis que les élus les plus à droite, qui sont des libéraux, vont la lui refuser – par principe politicien, considérant qu’ils ont été élus pour constituer l’opposition ? – sans pour autant dénoncer ce même progressisme – en matière d’immigration et de mœurs – contre lequel, à de rares exceptions près, ils ne se sont jamais dressés.

[…] Il y aura donc deux oppositions frontales à Emmanuel Macron, celle des députés de La France insoumise – avec ceux du Parti communiste – et celle des députés du Front national et apparentés, encore qu’on ne voit pas quel projet de loi de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes – si elle est reconduite –, pourrait entraîner le courroux des premiers, ni comment les élus FN pourraient justifier de ne pas plébisciter, s’il met ses actes en conformité avec ses nombreuses déclarations de ces dernières semaines, les réformes souhaitées par Jean-Michel Blanquer, un ministre de l’Education nationale comme on n’espérait plus en avoir, du moins dans les intentions.

La question est, en fait, non pas « quelle opposition à Emmanuel Macron ? », ni même « quelles oppositions à Emmanuel Macron ? », mais « une opposition à Emmanuel Macron, pour quoi faire ? » Sur quelles bases ? Pour porter, à la place, quel projet de société ?

Pour réformer la France – et elle en a besoin –, il n’y a que deux voies possibles : soit le référendum, soit les ordonnances. Marine Le Pen avait choisi la première, Emmanuel Macron a opté pour la seconde et, en début de mandat, ayant annoncé la couleur, il dispose de la légitimité acquise dans les urnes, quel qu’ait été leur taux de remplissage. Le combat de la reconquête ne se déroulera pas sur ce terrain-là ou alors il profitera à d’autres.

« Il y aura une gauche de combat face aux ordonnances Macron à l’Assemblée » titrait « L’Humanité ». Fort bien. Mais quelle sera « la droite de combat » ?

Celle qui s’apprête, par refus d’une « loi El Khomri puissance 10 », à noter les noms, pour les dénoncer, de ceux qui, « dans Les Républicains, [vont] voter ou non la possibilité de recours aux ordonnances », ou celle – aussi introuvable que l’est la Chambre – qui saura porter un autre projet de société que celui défendu par Emmanuel Macron – sans être pour autant la préservation de la situation antérieure ?

Pour Emmanuel Macron, tout commence. Pour son opposition de droite aussi.

Editorial de l’hebdomadaire Minute daté du 21 juin 2917

(1) MAJ 21 JUIN à 8 heures : François Bayrou vient d’annoncer son départ du gouvernement.

Eric-Zemmour

Eric Zemmour : « Bayrou est le chaînon manquant entre Giscard et Macron »

20/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Par la grâce du pacte conclu entre Emmanuel Macron et François Bayrou, le MoDem va disposer d’un groupe d’une cinquantaine de députés à l’Assemblée nationale. Une grande première, sous la supervision d’un vieux cheval de retour béarnais, qui a inspiré ce matin Eric Zemmour sur RTL :

« Les Trois mousquetaires étaient des Béarnais, comme François Bayrou. Il en a conservé le caractère, le goût des duels, à fleurets pas toujours mouchetés ; mais aussi un penchant irrésistible pour la vantardise. »

Car « quand Bayrou déclare que “c’est le groupe MoDem historiquement le plus fort qu’on ait connu“, il oublie seulement de préciser qu’il n’y a jamais eu de groupe MoDem à l’Assemblée nationale. » Eh oui ! Bayrou a dû confondre avec le groupe UDF, qu’il était parvenu en un rien de temps à ramener de 100 députés… à un seul !

Toujours est-il, estime Zemmour, que « pour le mousquetaire Bayrou, c’est Vingt Ans après. Pour le parti centriste, c’est une résurrection. Bayrou vous expliquera qu’il n’a jamais cessé de croire cette résurrection possible, ce qui est somme toute normale pour un démocrate-chrétien. […] Ce retour en majesté des centristes à l’Assemblée sonne comme le retour du comte de Monte-Cristo à Paris. […] Monte-Cristo tue tous ceux qui l’ont trahi, Bayrou aura plaisir à se venger de ses anciens amis centristes en les accueillant dans la nouvelle majorité. Tous ceux qui s’appellent “Les Constructifs“ et qui sont surtout Les Inutiles. Bayrou les embrassera pour mieux les tuer. »

Plus profondément, analyse l’éditorialiste, « Macron a réalisé le rêve qu’a porté Bayrou pendant vingt ans : celui d’une coalition mariant enfin le centre-droit et le centre-gauche. Ce que n’avait pas osé Jacques Delors dans les années 1990 et ce qu’avait raté Giscard dans les années 1970. Une France gouvernée au centre qui se fond dans une Europe fédérale. »

Eric Zemmour explique :

« Macron reprend le manche à l’endroit exact où Giscard l’a laissé il y a quarante ans. Un manche technocratique très français, mais paré des oripeaux de libéralisme anglo-saxon ou de social-démocratie à la scandinave. »

Et dans ce cadre,

« Bayrou est le chaînon manquant entre Giscard et Macron. Celui qui signale que Macron a un passé idéologique et sociologique ancré dans cette droite orléaniste qui a toujours rêvé de se réconcilier avec la démocratie-chrétienne partie à gauche. »

Mais attention aux conséquences, met en garde Eric Zemmour :

« Bayrou est un homme de l’ancien monde. Bayrou est la preuve qu’il y a de la politique ancienne dans Macron alors que le nouveau président surjoue l’homme neuf et que ses députés sont sans histoire ni mémoire. »

Conclusion, pas encore en forme d’épitaphe mais cela ne saurait peut-être tarder :

« Bayrou est le carbone 14 de Macron. C’est la force et la faiblesse de Bayrou. Une mémoire, on la célèbre ou on l’efface, selon les besoins et les intérêts du moment… »

Yanis Khalifa 2

En Seine-Maritime, Bayrou a fourgué un curieux candidat halal à Macron

07/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans la 4e circonscription de Seine-Maritime, qui fut le fief de Laurent Fabius, c’est un bien curieux candidat halal – pour na pas dire islamiste – qui fait office de suppléant, au nom du Modem, de la candidate d’En Marche pour les élections législatives. Dans son numéro paru ce matin, l’hebdomadaire Minute détaille une partie de l’étonnant CV de cette recrue qui répond au nom de Yanis Khalifa. Extraits.

Minute Couv Bayrou« A 27 ans, Yanis Khalifa affiche déjà un CV très macronien, qui aligne “Open Data“, “start-up“,  “diagnostic export“, “innovation numérique“, etc. Il aurait même soutenu une thèse “sur la thématique de l’Open Data comme enjeu de démocratie“, aurait été champion de France de Kung-fu (à 15 ans, faut pas exagérer non plus) et dit juste, tout d’un coup plus pudique, avoir été “membre du CA, chargé des relations publiques pour un syndicat étudiant national“. L’Unef ? Que nenni…

Yanis Khalifa est un pur produit d’un syndicat méconnu mais qui mérite plus ample notoriété : Etudiants musulmans de France (EMF). Si Khalifa est discret, c’est que la maison-mère d’EMF a une réputation légèrement sulfureuse. Etudiants musulmans de France est le bras de l’UOIF, la branche française des Frères musulmans, dans l’université française !

Or jusqu’à très récemment, il était effectivement membre de son bureau national, et entretenait, au titre de son poste de “chargé des relations publiques“, des liens amicaux et fraternels avec ce qui se fait de mieux dans le genre.

Ainsi, en se contenant de cet “Open Data“ qu’il affectionne – les ressources ouvertes comme sa page Facebook –, le trouve-t-on au côté de la “sœur“ tunisienne Sayidi Ounissi, ex-député du parti islamiste Ennahda, actuellement secrétaire d’Etat, ou lors d’une réunion interne de l’EMF organisée au siège social de l’Union des organisations islamistes de France, à La Courneuve. On le voit encore à côté de Bashar al-Sayadi, le président de l’Union des musulmans de Rouen (affiliée à l’UOIF, cela va sans dire) ou faisant la promotion du Gala du 25e anniversaire d’EMF organisé au sein de l’Institut européen des sciences humaines à Paris, que finance en partir la Qatar Charity, avec comme invités les islamistes Ahmed Jaballah et Hassan Iquioussen. […]

Sur un autre de ses CV, notre candidat suppléant, Yanis Khalifa, se flatte également d’être membre, depuis 2014, du conseil d’administration de Coexister, un “mouvement interconvictionnel“ (sic) “apartisan et aconfessionnel qui promeut la coexistence“. C’est beau comme du Gandhi mais ce n’en est pas vraiment. En 2015, la présidente honoraire de ce beau mouvement était Meherzia Labidi, ancienne élue du parti islamiste tunisien Ennahda. Elle a dû se trouver là par hasard…

Yanis Khalifa, qui a implanté Coexister à Rouen et à Caen, pratique donc maintenant l’“interconvictionnel“ sous les bannières réunies d’En Marche ! et du Modem.

S’il cherche un slogan, on lui propose celui qu’il arborait à l’été 2014, quand Israël avait lancé l’offensive contre le Hamas et le Jihad islamique. Simple, choc et facile à retenir : “Gaza on est tous avec toi !“ Succès assuré. »

Extraits d’un article paru dans Minute n° 2825 daté du 7 juin 2017

Moralisation sans vraie morale, par Jean-Gilles Malliarakis

Un certain discours moraliste a joué un rôle décisif dans cette campagne présidentielle 2016-2017. Observons aussi que le ralliement en février du petit Modem résiduel et son apport de 5 % de voix centristes s’est révélé indispensable à la présence du candidat Macron au second tour, et donc à sa victoire. L’affaire était supposée conditionnée par un projet de loi de moralisation prétendue de la vie politique. Enfin révélé ce 1er juin, l’expression bien connue, qui nous vient du bon La Fontaine, de la montagne accouchant d’une souris (1) reste faible pour décrire la dérision dans laquelle ce nouveau texte, tant attendu, nous plonge.

Pour parler de moralisation on devrait d’abord s’entendre sur ce que nous appelons la morale. Jusqu’à une date récente et depuis 3 000 ans environ, l’occident judéo-chrétien a fondé en gros sa morale sur la loi de Moïse. Outre l’observation de règles proprement religieuses comme la prohibition de certaines impuretés, la sanctification du jour du Seigneur, ou le respect de son Nom, s’imposent encore à nous les commandements pratiques: ne pas mentir, ne pas désirer le bien d’autrui, a fortiori ne pas voler, ne pas commettre l’adultère, ne pas tuer, etc. En France, certains particularistes aiment à souligner qu’à de tels interdits, simples à énoncer, pas toujours à observer, nos ancêtres les Gaulois ajoutaient des impératifs positifs, comme la bravoure.

Rien de tout cela ne se profile bien évidemment à l’horizon du projet dévoilé par le garde des Sceaux. Aux dernières nouvelles, le catholicisme de l’intéressé apparaît d’ailleurs bien affadi. Promoteur de cette loi le ministre de la justice semblait pourtant jusqu’ici le dernier des démocrates chrétiens, héritier du MRP de la IVe république. Cette “Machine à Ramasser les Pétainistes” pouvait déjà se définir en son temps comme un parti de droite siégeant au centre avec des idées de gauche.

L’humour froid de Nicolas Beytout l’amène à parler, dans son éditorial de l’Opinion, d’une “magnifique ambition” qu’aurait exprimée François Bayrou en mettant sa batterie de lois sous le sceau de la confiance. Au-delà de la moralisation de la vie démocratique, lutter contre le doute croissant des Français à l’égard de la chose publique est effectivement plus impératif encore.

“L’avenir dira, souligne en effet l’éditorialiste libéral, si le catalogue de procédures coercitives, mécanismes de certification, parcours de probation, obligations déclaratives, prévention des conflits d’intérêts et autres réformes du financement des partis politiques, aura l’effet escompté. Constatons cependant, observe-t-il, que ces lois, venant après une quinzaine de textes législatifs, n’auraient pas empêché Richard Ferrand de faire des affaires immobilières avec sa compagne, ni un (ou une) député(e) européen (ne) de prêter son assistant parlementaire à son parti politique, ni aucun parlementaire doté d’une structure de conseil ad hoc d’en tirer des revenus substantiels, au risque parfois du conflit d’intérêts. Preuve que les meilleures intentions du monde ne suffiront pas à rétablir la confiance.

À l’autre bout de l’échiquier idéologique, Médiapart remarque que la présentation par le ministre de la justice, François Bayrou, de son projet phare “pour redonner confiance dans la vie démocratique du pays” a été “quelque peu parasitée par l’affaire Ferrand. Des mesures importantes sont avancées, d’autres manquent.”

Commenter l’actualité ne devrait jamais se résumer à un simple exercice de démarquage critique des médias. L’une des fonctions, peut-être même le rôle essentiel des gros moyens de la désinformation consiste à nous faire croire à l’importance des choses et des événements qu’un minimum de réflexion ou de culture devrait nous conduire à minimiser, à relativiser, parfois même à ridiculiser.

De la sorte, c’est bien la notion même d’actualité qu’il s’agit aussi de remettre en cause. La moralisation de la vie publique en France, en l’absence aujourd’hui d’une référence morale authentique relève donc de la plus trompeuse des fumisteries.

Jean-Gilles Malliarakis

(1) – cf. Fable “La Montagne qui accouche”, in premier recueil des Fables de La Fontaine Livre V, fable 10 tirée elle-même de “l’Art poétique” d’Horace.

Article paru sur le site de L’Insolent

Chard gouvernement UMPS

Le nouveau gouvernement : le couronnement de l’UMPS

C’est donc ça le nouveau gouvernement, celui qui doit sortir le pays du marasme et faire s’épanouir les cent fleurs du renouveau ? Cet assemblage hétéroclite de politiciens trop connus et d’inconnus aux spécialités éclectiques ? On mélange tout et on repart à zéro vers des lendemains qui chantent, c’est la formule Macron ! Mais la droite libérale et la gauche socialiste mêlées au sein d’un même gouvernement, ce n’est pas un point de départ, mais d’arrivée. C’est la logique ultime de l’UMPS, son couronnement.

C’est la conclusion inévitable, hélas pour le pays, de ces campagnes communes en faveur du oui à l’Europe de Bruxelles à tous les référendums, de ces désistements réciproques pour « barrer la route » au Front national, de ces présidents d’exécutifs régionaux élus grâce à leurs prétendus adversaires, d’un candidat, Macron, auquel tous les partis se sont ralliés. Ce qui les unit profondément étant plus grand que ce qui les sépare accidentellement, l’union électorale de l’UMPS appelait le gouvernement UMPS.

Certes, à droite, tous n’en sont pas encore, ils attendent le second tour, si LR et l’UDI ne sont pas majoritaires, ce qui est probable, ils se feront une douce violence en rejoignant les pionniers qui ont déjà leur maroquin et, a minima, soutiendront le nouveau pouvoir au Parlement. Combien de temps cette coalition improbable durera-t-elle ? Les vétérans Le Drian et Bayrou accepteront-ils longtemps d’être sous la tutelle d’un Premier ministre de 46 ans, novice et beaucoup moins expérimenté qu’eux ?

C’est Emmanuel Macron qui a constitué ce gouvernement-là, mais ç’aurait pu être un autre, Alain Juppé, s’il avait gagné, ou Hollande, s’il n’avait pas dû renoncer. Dans Un président ne devrait pas dire ça, l’ex-chef de l’Etat exposait ce qu’il entendait mettre en œuvre dans un éventuel second quinquennat :

« Avec le parti le plus important, on en fait un nouveau qui permet de s’adresser aux électeurs ou aux cadres des autres partis. Par l’élargissement. C’est une œuvre plus longue, plus durable, moins tributaire d’alliances. Vous pouvez imaginer que viennent aussi des gens qui n’ont jamais fait de politique partisane, des gens du centre. »

Hollande en a rêvé, Macron l’a fait !

Quant à ces ministres issus de la société civile, combien de temps leur faudra-t-il pour leur apprentissage ? Dans une France au bord de la faillite et sous la menace permanente du terrorisme, peut-on mettre une telle proportion d’apprentis aux commandes du pays ? Observons au passage que ces « civils » ne sont pas comptabilisés dans les quotas de politiques, de droite et gauche, alors que, pour la plupart, ils sont bel et bien de gauche, les libéraux de LR se sont laissés enfumer. Passons sur le fait que, d’emblée, Macron a abandonné une première promesse : les ministres sont 18 et non pas 15. Or, sur le plateau de TF1, il s’était engagé à n’avoir que « 15 membres maximum » dans son gouvernement.

Voilà un signe qui augure mal de la suite. Tout comme l’absence de ministère chargé de la famille ou des personnes âgées. Ce ne sont pas là, il est vrai, des sujets qui intéressent les bobos qui nous gouvernent, y compris les Républicains qui les défendaient hier dans l’opposition.

Guy Rouvrais

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 19 mai 2017

Présidentielles : une semaine d’alliances politiques

27/02/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :

La semaine dernière deux alliances politiques majeures se sont formées. Et donc deux candidats se sont retirés de la course à la présidentielle.

Yannick Jadot tout d’abord qui s’est désisté au profit de Benoît Hamon. Ce dernier avait en effet fortement mis l’accent sur l’écologie lors de sa campagne des primaires. Ainsi, il a coupé l’herbe sous le pied du candidat d’Europe Ecologie Les Verts. Surtout que les scores annoncés étaient ridiculement bas. Yannick Jadot assure ainsi des circonscriptions aux apparatchiks de son parti. Sa stratégie a, d’ailleurs été approuvée par 80 % des électeurs à la primaire écologistes.

Mais un autre ralliement a défrayé la chronique. Il s’agit bien évidemment de celui de François Bayrou pour Emmanuel Macron

Un ralliement surprenant au vu des propos que l’ancien maire de Pau avait auparavant tenu sur le favori des médias. Il avait entre autres, affirmé que Monsieur Macron était soutenu par, je cite : « Les forces de l’argent ». Fin de citation. Un revirement classique finalement, dans la politicaillerie que nous connaissons en France.

Une alliance qui pourrait plus nuire à Emmanuel Macron qu’autre chose

En effet, l’ancien locataire de Bercy se vante de ne pas être issu du sérail politique et de faire les choses différemment. Le ralliement d’un vieux briscard de la politique comme Bayrou, après ceux de Gérard Collomb et d’Alain Minc entre autres, confirme le mensonge évident que constitue cette posture.

Chard Bayrou

Triste fin de carrière pour François Bayrou, par Guy Rouvrais

Bayrou Guignols 2L’habitude commence la première fois… Après Hollande, Bayrou vote donc Macron, son ersatz juvénile. On tombe toujours du côté où l’on penche, le président du MoDem penchait à gauche. Il a donc renoncé à sa propre candidature, qui eût été la quatrième, où il n’aurait pu obtenir que le prix de persévérance. Lui qui se voyait un destin présidentiel n’est plus que le porteur de bidons d’un aventurier idéologique opportuniste.

François Bayrou tente de maquiller son échec derrière le prétendu sacrifice de son ambition personnelle au profit du salut du pays ! Personne n’est dupe : il n’est pas candidat parce qu’il n’en a plus les moyens politiques. C’est un homme du passé, appelé, comme les autres dont il est le contemporain, à « dégager ». Comme Hollande, il renonce lui-même pour éviter que les électeurs ne le congédient. Triste fin de carrière !

Ne lui dites pas qu’il se rallie ! Il a proposé une « alliance » à Macron qui, une heure après, l’a évidemment acceptée, selon le scénario élaboré entre eux il y a une semaine. Une alliance ! Comme si les deux politiciens étaient sur un pied d’égalité, celui qui culmine autour de 20 % des suffrages et l’autre peinant à atteindre les 5 %, ce qui justifie qu’il s’accroche au char supposé vainqueur de l’ancien banquier auquel il ne trouve plus que des vertus. Il transcenderait la droite libérale et la gauche socialiste alors qu’il cumule les vices de l’une et de l’autre.

Quand il pensait pouvoir encore être candidat, Bayrou s’en prenait avec vigueur à l’ancien ministre, au point de l’assimiler à… Nicolas Sarkozy. En septembre dernier, il disait : « Je ne me reconnais pas dans ce qu’Emmanuel Macron incarne. Le projet de société d’Emmanuel Macron est au fond infiniment proche de celui que défendait Nicolas Sarkozy en 2007. » Le maire de Pau précisait alors :

« Derrière Emmanuel Macron, il y a de grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique. Il y a là une tentative qui a déjà été faite plusieurs fois par plusieurs grands intérêts financiers et autres, qui ne se contentent pas d’avoir le pouvoir économique, mais qui veulent avoir le pouvoir politique. »

Macron Medef GuignolsC’est donc à cette entreprise de mainmise de la finance sur le gouvernement de notre pays, et dont l’ex salarié de Rothschild est le cheval de Troie, que Bayrou entend participer ! Ce qu’il avait refusé à Nicolas Sarkozy, il l’accorde à Macron. Mais il tient à préciser, pour nous rassurer, que, dans des conditions de cette alliance, il a posé un préalable propre à nous épargner la tutelle des financiers : « Je demande expressément que le programme présenté par Macron comporte une loi de moralisation de la vie publique, notamment sur la lutte contre les conflits d’intérêts. » Une loi ! Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie ! Voilà ce que redoutent la finance internationale et les profiteurs nationaux qui en sont les obligés : une loi aussi efficace… que la ligne Maginot !

Le principal conflit d’intérêts, il est entre ceux de notre peuple et ceux de la mondialisation libérale dont Bruxelles est le fondé de pouvoir. Bayrou et Macron sont d’accord pour l’aggraver. C’est donc un aigle à deux têtes pour une seule malfaisance qu’il nous faut combattre.

Guy Rouvrais

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 24 février 2017

eric-zemmour

Eric Zemmour : « François Bayrou, le chat noir de la droite » ?

29/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : « Il se tâte. Il s’interroge. […] To be or not to be candidat en 2017 ? That is the question. François Bayrou est le Hamlet du jour, mais il ne sait pas si la réponse à cette question intéresse un autre que lui », s’est moqué Eric Zemmour ce matin sur RTL. « Il a joué et il a perdu : il a misé sur Juppé pour avoir Sarkozy et il a eu Fillon. Son billard à trois bandes était si sophistiqué qu’il a déchiré le tapis. » « On entend déjà le chœur des ennemis du centriste : Bayrou a fait perdre Juppé en le soutenant comme il avait fait perdre Sarkozy en votant Hollande en 2012. Bayrou ou le chat noir de la droite »…

« Il ne faut pas cependant surestimer le rôle maléfique qu’on prête au Béarnais », tempère Eric Zemmour : « Alain Juppé n’avait pas besoin de lui pour susciter le rejet de beaucoup d’électeurs de droite avec son “identité heureuse“, et de même en 2012 ce ne sont pas les voix de Bayrou qui ont manqué au président sortant, mais le million de suffrages venus du Front national qui l’ont laissé seul face à son destin. »

« Les choix tactiques de Bayrou ne sont pas toujours fidèles à sa réputation », explique d’ailleurs le chroniqueur, qui revient sur l’occasion manquée de 2007, quand il a refusé la main tendue de Ségolène Royal, et sur celle de 2012, quand il a cette fois saisi la main… que François Hollande ne lui tendait pas. Et voilà que surgit le profil juvénile de Macron…

Quand la droite était… de droite

Source : “Valeurs actuelles
Face aux assauts de politiquement correct, aux cris d’orfraie que poussent les ténors de la “droite” à la moindre évocation de contrôle des frontières, d’arrêt de l’immigration ou de France de “race blanche”, un petit flash-back est salutaire. ce que prônait le RPR il y a 25 ans lors des assises de l’opposition ne serait même pas forcément repris dans son ensemble par le FN d’aujourd’hui. Et on parle de droitisation des esprits… sans doute vrai au niveau de la population, mais quand on regarde les appareil politiques, l’expression fait sourire… 

Valeurs actuelles” a retrouvé les propositions des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration.

La France ne peut plus être un pays d’immigration [, elle] n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants.

… Voilà, entre autres, ce à quoi s’engageaient la droite et le centre, en cas de retour au pouvoir, à l’occasion de ses “états généraux de l’opposition” (RPR et UDF, transformés en UMP) consacrés à l’immigration, des 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte. Parmi les participants : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Alain Juppé, Gérard Longuet, mais aussi… François Bayrou. Co­responsable, au nom du RPR, de cette convention, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a cosigné (avec Alain Ma­delin) la préface du compte rendu de 39 pages publié à cette occasion.
Affirmant que

la France ne doit pas être considérée comme un simple espace géographique sur lequel plusieurs civilisations pourraient coexister

et dénonçant le « faux antiracisme militant », ce qui est depuis devenu l’UMP en appelait alors clairement à « la fermeture des frontières » et à la « suspension de l’immigration ». Loin, très loin, du “contrôle régulé” et de “l’immigration choisie” aujourd’hui défendus… Pas question non plus de « régularisation au cas par cas » pour les « clandestins » (on ne parlait pas alors de “sans-papiers”). Seule solution envisagée : une politique assumée d’expulsions :

On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. […] Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives.

Vingt ans après, en 2010, Éric Besson, alors ministre de l’Immigration, reconnaissait pourtant que près de 80 % d’entre elles n’étaient pas exécutés…
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François Bayrou estime qu’Hollande ne peut pas tenir jusqu’en 2017

François Bayrou estime qu’Hollande ne peut pas tenir jusqu’en 2017

28/10/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Le président du Mouvement démocrate estime que le Président ne peut tenir avec sa majorité actuelle, qu’il qualifie de « déchirée ». Il appelle à une dissolution de l’Assemblée nationale.

Interrogé sur la capacité de François Hollande à gouverner dans un tel contexte, le maire de Pau, qui avait appelé à voter pour le socialiste au second tour de la présidentielle, en 2012, a estimé dimanche qu’il ne le pouvait plus et devait s’en remettre au peuple.

« Quand on s’abstient et qu’on est dans la majorité, ça veut dire qu’on est contre (…). C’est un message extrêmement rude, extrêmement dur, qui a été suivi d’une espèce d’épisode de guerre civile dans le parti au pouvoir », a‑t‑il ajouté, faisant référence notamment à la trentaine de députés PS s’étant abstenus sur le vote, obtenu de justesse, de la partie recettes du budget 2015.

Crédit photo : Jackolan1, via Wikipédia, (cc).

Le nouveau parti de l’intelligence – Tribune libre par Flavien Blanchon

« Pour un parti de l’intelligence » : tel est le titre fameux du manifeste publié dans le supplément littéraire du Figaro en juillet 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, par cinquante-quatre écrivains et intellectuels. Le texte, rédigé par Henri Massis, n’a pas toujours très bien vieilli, mais nul ne pouvait contester aux signataires – de Paul Bourget à Georges Valois en passant par Jacques Bainville, Daniel Halévy, Francis Jammes ou Charles Maurras –, leur qualité à s’exprimer sur le sujet.

Un siècle plus tard, voici que paraît « un appel à l’intelligence », [publié entre autres dans le Monde, le Figaro, Libération, La Croix, les Echos et Réforme] dont les souscripteurs sont, pour parler poliment, un peu plus inattendus. Le cardinal Vingt-Trois, par exemple, qui ouvre le ban, n’a pas précisément la réputation d’une lumière… La disposition des noms a du moins été soigneusement étudiée. Apparaissent d’abord, en première ligne, rangées selon l’importance numérique de leurs adeptes, les notabilités religieuses : le cardinal Vingt-Trois donc, Dalil Boubakeur, le président de la fédération protestante, « le Grand Rabbin de France par intérim », et la présidente de l’union bouddhiste de France. Il est dommage que le CRIF, rédacteur et organisateur, n’ait pu, à un an près, faire figurer le grand rabbin Bernheim, qui, entre son titre d’”agrégé” de philosophie (major de sa promotion, tant qu’à faire) et sa grande œuvre de penseur original, aurait été un peu plus plausible. Il est de ces malchances de calendrier.

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Municipales 2014 : l’UMP soutient François Bayrou à Pau

Municipales 2014 : l’UMP soutient François Bayrou à Pau

18/01/2014 – 12h25
PAU (NOVOpress) – Le candidat de l’UMP Éric Saubatte a officiellement apporté son soutien à François Bayrou pour les élections municipales de Pau. La position de Brice Hortefeux était pourtant claire à ce sujet : « Je pense que pour nous sortir du socialisme, on n’est pas obligé de choisir celui qui nous y a fait rentrer. »

Ce n’est donc pas le premier retournement de veste de Jean-François Copé qui s’était illustré en participant aux manifestations contre l’union de personnes de même sexe et qui, quelques mois plus tard dans l’émission Des paroles et des actes a réaffirmé qu’il n’avait rien contre le mariage homo en lui-même.

Dans le même temps, l’UMP multiplie les mises en garde et les manœuvres afin de dissuader ses candidats à la moindre alliance avec un Front National qui a pourtant le vent en poupe : la droite « la plus bête du monde » est donc de retour pour les municipales. La vague bleue tant espérée n’aura pas lieu ?

Des militants s’offusquent déjà sur twitter de la décision de l’UMP :

Crédit photo : modem63 via Flickr (cc)

France : mariages et… dissolution, par Raoul Fougax

France : mariages et… dissolution, par Raoul Fougax

Dissolution, l’hypothèse est reprise de Minute à Marianne et agite le petit monde des commentateurs politiques. Elle a été évoquée ici en premieril y a déjà plusieurs mois. C’est une confirmation de notre méthode critique. On n’a pas besoin de dormir devant l’Elysée et de cultiver un journalisme de connivence pour devancer certains événements. Il suffit de peser objectivement le pour et le contre des possibilités.

Il faut dire que le président n’a pas beaucoup de possibilités. La meilleure, la plus simple, c’est la dissolution de l’assemblée nationale (photo en Une) et l’organisation de nouvelles élections législatives. Cela entraînerait normalement une large victoire de la droite. Celle-ci serait appelée a Matignon par le président et se « cramerait » en deux ans, le temps pour François Hollande de se refaire à la « Mitterrand » une nouvelle santé présidentielle.

Cela pourrait intervenir tout de suite après les municipales mais même avant. En effet le pouvoir est pat comme on dit aux échecs, il ne peut plus bouger, il ne peut plus rien faire. De bavures en reculades le pouvoir n’a plus de marge de manœuvre.

Tout le monde est tenté d’en profiter

L’UMP n’y arrive pas car le parti est en situation de dissolution du mariage entre sa branche droite et son corps mou, entre orléanistes et bonapartistes. Le Fn qui a le vent en poupe demande la dissolution, mais en fait le président ne peut donner l’impression de céder à une demande politique du FN. Cette pression de Marine Le Pen pourrait retarder les choses et même pousser à l’autre hypothèse un remaniement majeur du gouvernement.

Le mariage pour tous connait donc des limites entre Hollande et les français, Hollande et sa compagne, Hollande et la gauche, Hollande et les bretons. Mariage pour tous sauf pour le président dont plus personne ne veut…. En tout cas pour le moment et politiquement.

Le mariage pour tous d’actualité au centre

France : mariages et… dissolution, par Raoul FougaxL’Union des démocrates et indépendants (Udi) de Jean-Louis Borloo et le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou (photo ci-contre) veulent faire renaître un pôle de centre droit à l’issue de plusieurs années de brouille. Le centre réunifié compte tirer son épingle du jeu entre un Parti socialiste confronté à la dure réalité économique et une Ump divisée entre ses chefs et parfois accusée de chasser sur les terres du Front national. Ce partenariat est le résultat d’un rapprochement engagé l’été dernier entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo, qui ont dû faire des concessions mutuelles. Mais le centre n’est pas un espace tranquille stable et immobile.

France : mariages et… dissolution, par Raoul FougaxEn 2002, une partie de l’Udf, dont Jean-Louis Borloo (photo ci-contre), a rejoint l’Ump créée par Jacques Chirac et Alain Juppé. En 2007, les trois quarts des troupes de l’Udf ont rejoint l’Ump de Nicolas Sarkozy et ont créé le Nouveau Centre (Nc). En septembre 2012, Jean-Louis Borloo, membre du Parti radical, une composante de l’Udf puis de l’Ump, a quitté cette dernière pour créer l’Union des démocrates et des indépendants (Udi). Le regroupement du centre irrite l’Ump, qui n’a pas pardonné à François Bayrou d’avoir refusé de soutenir Nicolas Sarkozy en 2012 mais aussi en 2007, et voit une concurrence nouvelle émerger sur le centre de l’échiquier politique.

Cela étant, qui au centre du centre ? Deux noyaux pour un seul centre c’est beaucoup et, après ce mariage, on aura droit, dans un certain temps, à une dissolution. Car le problème des mariages modernes c’est qu’ils sont peut-être pour tous mais pas pour très longtemps.

Raoul Fougax

Source : Metamag.

Crédit photos de haut en bas : Richard Ying et Tangui Morlier, Jackolan1, Claude Truong-Ngoc. Via Wikipédia, (cc).

Élections : le troisième tour a déjà commencé…

Élections : le troisième tour a déjà commencé…


12/05/2012 – 15h30
PARIS (NOVOpress via le Kiosque Courtois de Radio Courtoisie) — Le troisième tour, c’est-à-dire les prochaines élections législatives. 460.000 électeurs du premier tour de la présidentielle ont choisi de ne pas faire le déplacement vers leur bureau de vote pour le deuxième tour. D’autre part, toujours pour ce deuxième tour, le nombre de bulletins blancs et nuls se situe autour des deux millions, un record pour une élection présidentielle. Les électeurs de Marine Le Pen ne sont manifestement pas restés insensibles aux « conseils de vote » donnés par la présidente du Front national au cours du discours qu’elle a prononcé le 1er mai, lors du grand rassemblement patriote, place de l’Opéra à Paris.

Pour les élections législatives de juin prochain, les positions de l’UMP restent inébranlables, même si on sent poindre quelques inquiétudes du côté de certains responsables ou élus de terrain : pas d’accords, même locaux, ponctuels et circonstanciés, avec le Front national.

Chantal Jouanno - Crédit photo : Global Sports Forum via Flickr (cc)

Chantal Jouanno : "Ma position sur ce sujet est très claire. Tout rapprochement avec le Front national serait la mort de l’UMP". Crédit photo : Global Sports Forum (cc)

Ainsi de Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, ancienne ministre des sports, qui, jeudi, a une nouvelle fois repoussé la moindre tentative de rapprochement entre l’UMP et le Front national. « Ma position sur ce sujet est très claire. Tout rapprochement avec le Front national serait la mort de l’UMP. Nous avons des positions radicalement différentes, non seulement sur le plan économique mais aussi sur la vision de la société ». Un a priori à proprement parler suicidaire pour l’ex-parti présidentiel puisque le nombre de triangulaires avoisinerait les 350 selon des projections communément admises. Autant de circonscriptions qui verront vraisemblablement la victoire d’un candidat de gauche. Inutile, donc, de savoir lire dans le marc de café pour pronostiquer que l’UMP sera laminée en juin prochain. Lorsqu’elle parle de la mort de l’UMP, Mme Jouanno ne croit pas si bien dire.

Du côté du Front national, les positions sont tout aussi claires…

Marine Le Pen - Crédit photo : Ernest Morales via Flickr (cc)

Marine Le Pen a affirmé que son parti « ne fera pas d'accord avec l'UMP, pour une raison simple : nous n'avons pas les mêmes opinions ». Crédit photo : Ernest Morales via Flickr (cc)

« Évidemment que l’on se maintiendra » en cas de triangulaire, a affirmé ainsi vendredi matin sur l’antenne d’Europe 1 la présidente du Front national. Marine Le Pen a affirmé que son parti « ne fera pas d’accord avec l’UMP, pour une raison simple : nous n’avons pas les mêmes opinions ». Une réponse du berger à la bergère, donc… Marine Le Pen a ironisé sur l’auberge espagnole UMPesque, selon elle un simple « syndic d’intérêts électoralistes, au sein [duquel], il y a des gens qui pensent tout et l’inverse de tout ». Et la présidente du Front national de lancer un appel « à des élus de base, qui se rendent compte que la ligne qui est défendue par les dirigeants UMP – qui est une ligne prosocialiste – n’est pas admissible. Ceux là, qu’ils quittent l’UMP et qu’ils viennent nous rejoindre. » Avant de lancer : « Nous sommes un rassemblement qui a vocation à dépasser la droite et la gauche ».

En cas de duel UMP-PS, le Front national « regardera au cas par cas », a t elle par ailleurs expliqué.

Mais un appel généralisé à l’abstention ou au vote blanc est plus vraisemblable. Difficile en effet d’imaginer que le Front national puisse se compromettre avec des représentants d’un parti qui méprise ouvertement les patriotes. Pour Marine Le Pen, « le seul combat, c’est à l’assemblée nationale qu’il faut le mener, avec des députés qui savent où ils vont », soulignant que la droite nationale constitue « la véritable opposition » aux « social communistes ».

Quid de François Bayrou ?

François Bayrou - crédit photo : pierremeunie via Flickr (cc)

Le MoDem risque fort d’être totalement déconnecté du réseau en juin prochain - crédit photo : pierremeunie via Flickr (cc)

Sans alliance, le MoDem risque fort d’être totalement déconnecté du réseau en juin prochain. Depuis son ralliement, que d’aucuns qualifieront de contre nature et d’opportuniste, à François Hollande, le Béarnais est en effet devenu l’homme à abattre dans les rangs de l’UMP, laquelle opposera un candidat de l’ex parti présidentiel à tous les candidats du parti centriste, en particulier à François Bayrou lui-même, dans la 2ème circonscription des Pyrénées Atlantiques. Hélas pour lui, Bayrou ne devra pas compter sur les remerciements du Parti socialiste. Alors que la députée PS Marisol Touraine proposait de faire un geste en faveur du président du Modem, en ne présentant aucun candidat PS face à lui, la candidate socialiste locale, Nathalie Chabanne, fermement soutenue par le député maire PS de la circonscription voisine, refuse de se retirer, malgré les appels de Ségolène Royal et Pierre Moscovici. La candidate a appris la proposition de Marisol Touraine lundi soir par le biais d’un sympathisant qui l’avait lue dans un média.

L’élection de Hollande a au moins eu le mérite d’illustrer la réalité du communautarisme en France

Dans les grandes villes de France, de nombreux drapeaux maghrébins, maliens, guinéens, palestiniens, etc., ont flotté tard dans la nuit du 6 au 7 mai dernier pour fêter la victoire de François Hollande. Des burqas se sont également joyeusement exhibées, au mépris de la loi, en particulier sur les Champs‑Élysées, ainsi que le prouvent des photos d’agences de presse. Une étude réalisée par l’institut de sondages OpinionWay le jour du deuxième tour révèle une adhésion massive des musulmans au parti socialiste : 93 % des musulmans ont ainsi voté François Hollande.

La cartographie des votes est sans ambiguïté

Élections : le troisième tour a déjà commencé…

La cartographie des votes est sans ambiguïté. Crédit : DR

Dans le fameux “9-3” par exemple, Hollande fait mieux qu’en Corrèze, département dont il présidait jusqu’à ces derniers jours le conseil général, avec des pointes à 77 % à Bobigny et 78 % à Saint Denis. Dans les Yvelines, Les Mureaux et Trappes, deux villes à forte densité musulmane, le candidat socialiste atteint respectivement 70 et 77 %, et “monte” même à 89 % dans le quartier dit “sensible” du Val Fourré, sur la commune de Mantes la Jolie.

Le nouveau président ne peut donc qu’entendre les avertissements que lui lance entre autres le collectif ethnique « AC le feu »

« AC le feu » (sic), un collectif ethnique basé précisément dans le 93 a clairement posé les règles du jeu auxquelles devra se soumettre le nouveau chef de l’État. Ce dernier est sommé « d’envoyer des signes forts en direction des quartiers populaires [lire : quartiers ethniques] de l’ensemble des territoires de France, notamment en ce qui concerne la représentativité qui devra transparaître dès la mise en place de son gouvernement provisoire ». Une vidéo tournée par Khoutspa TV à la Bastille le soir du 6 mai, intitulée « La Palestine à la Bastille », actuellement visible sur le site François de Souche, montre l’adhésion sans ambiguïté de nombre de jeunes supporteurs musulmans de François Hollande aux thèses du Hamas ou du Hezbollah.

Le Hamas a d’ailleurs officiellement invité François Hollande à Gaza

Après Martine Aubry qui, le 10 mars dernier, était allée à la rencontre d’Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain et ancien membre de la Jeunesse islamique, qualifié sur le site Slate Afrique « d’ennemi juré des laïcs, des athées, des homosexuels et de la culture occidentale », c’est au tour du Hamas d’inviter François Hollande à Gaza. Dans un communiqué publié mardi, le Hamas déclare « Nous appelons le président français élu François Hollande à mettre la question palestinienne en tête de ses priorités et à corriger l’approche française de la question palestinienne ».

En baisse dans les sondages, François Bayrou a du mal à trouver un logiciel qui marche

En baisse dans les sondages, François Bayrou a du mal à trouver un logiciel qui marche

18/04/2012 – 15h20
NANTES (NOVOpress Breizh) – Devant 1.500 militants enthousiastes, François Bayrou était hier soir à Rezé, dans la banlieue de Nantes. Se présentant comme le seul candidat « sérieux » et « républicain », le patron du Modem veut croire à son destin présidentiel. Mais le Centre, coincé entre le PS et l’UMP, ne fait guère recette en 2012. Critiquer le Système de l’intérieur, tout en adhérant à l’essentiel de la doxa mondialiste, marque les limites d’un exercice qui a peu de chances de convaincre massivement un électorat que les sondages révisent sérieusement à la baisse.

S’affirmant, encore tout dernièrement à Rennes, résolument favorable à la réunification de la Bretagne, le candidat centriste a commencé bizarrement par saluer le public de Rezé en s’adressant aux « Français des Pays de Loire, d’abord des Nantais et de ceux quelquefois venus d’un peu plus loin dans l’Ouest ». Pas une seule fois il ne sera question de saluer les Bretons. Considérés comme Bretons « pur beurre » à Rennes, les Nantais seraient-ils devenus quelques jours plus tard d’authentiques « Ligériens » ?

Se présentant en toute modestie comme le seul candidat « sérieux » et « républicain », le député des Pyrénées Atlantiques commence par dénoncer « les interventions totalement déconnectées de la réalité du pays » comme la présence de la viande hallal dans les supermarchés – immigration connait pas – ou l’organisation de l’examen du permis de conduire – pauvreté connait pas non plus. F. Bayrou va ensuite consacrer l’essentiel de son intervention à l’économie. Se référant à deux organismes mondialistes, le FMI et l’Institut Montaigne, pour leurs prévisions de chômage et de croissance dans les prochaines années, il dénonce les programmes de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, incapables d’équilibrer les comptes de la France.

Le candidat du Modem précise alors que « peu à peu, mes yeux se sont ouverts et je me suis rendu compte que toutes les explications que l’on nous donnait…., si j’ouvrais les yeux, étaient fausses ». Mais il ajoute aussitôt que « ce n’est ni l’euro, ni la mondialisation ‘ qui sont en cause’ car comment expliquez-vous que l’Allemagne au lieu de faire 70 milliards de déficit ont fait l’an dernier 160 milliards d’excédent. ». Pour illustrer cette position, il va prendre diverses filières dont la forêt, le textile, pour montrer que l’on peut produire en France au lieu d’importer. Avec l’exemple de la carte vitale commandée en Inde par la sécurité sociale, il préconise implicitement une forme de préférence nationale sans le dire. Pour cela : « il faut changer le logiciel que les décideurs de notre pays ont dans la tête ».

Se référant au philosophe Marc Sangnier, François Bayrou se présente comme étant le seul « vrai démocrate » alors que ses concurrents sont des « démagogues ». « Ils sont menteurs et illusionnistes. » affirme-t-il avant de préciser « moi, je prononce devant vous le mot effort que personne ne prononce ». Ce qui est vrai.

Citant en exemple le rassemblement de plusieurs centaines de hauts fonctionnaires par F. Hollande – qui leur a dit : « je sais que beaucoup d’entre vous sont là pour les places et ils ont raison parce qu’avec nous, des places, il y en aura beaucoup » – le candidat centriste souligne que c’est « le contraire de l’Etat impartial », cher à Raymond Barre à l’ombre duquel il se place. Il rappelle « qu’ayant exercé ….la responsabilité de ministre de l’Education Nationale, ce n’était pas l’allégeance partisane qui faisait la responsabilité » ajoutant cependant ce terrible aveu : « j’aurais peut-être dû chercher longtemps ». Cela ne l’empêche pas de dénoncer la chute du niveau des élèves, la France étant maintenant à la 24° place en écrit et à la 25° en calcul du classement des 35 pays de l’OCDE. A qui la faute ? Il se garde bien de répondre.

Enfin, après avoir appelé au rassemblement, à rompre avec la division du pays en deux camps de guerre civile, le « seul candidat républicain » n’hésite pas à exclure un bon tiers des Français car « il n’y a qu’un seul candidat [lui-même] qui garantisse aux français … que les extrêmes seront tenus à l’écart ». Décidément F. Bayrou, oubliant sa longue participation à des équipes responsables de la situation actuelle, voudrait bien être le candidat virginal d’une nouvelle politique. Faute d’avoir réussi à changer de logiciel, on peut en douter.

Crédit photo : Pierre Meunie, via Flickr licence CC
[Tribune libre] Il est méchant Monsieur Guéant... Il est tout mou Monsieur Bayrou...

[Tribune libre] Il est méchant Monsieur Guéant… Il est tout mou Monsieur Bayrou… Par Guy Rolland

[box] Titre adapté librement du Dîner de cons. [/box]

(…) Monsieur Guéant (photo) est remarquable. Personne ne peut dire s’il fait semblant ou pas. C’est un type qui a l’air d’être terriblement sérieux. Il a une tête de proviseur ou de surgé. Je ne sais jamais s’il va se mettre à rire ou à éclater en sanglots. Je suis peut-être sévère, il est veuf depuis 2008. Comment a-t-il pu arriver dans la politique, c’est un mystère. Il n’a jamais été jeune, il ne sera jamais vieux. Ce type a du naitre flic. Ou bien était-il déjà très vieux au moment de naitre. Il ne saura jamais le parfum d’un Saint-Emilion quand les Gendarmes font souffler ni la légèreté d’une salsa dans les bras d’une brésilienne à gorge profonde. Monsieur Guéant ne se met jamais en colère, il ne se met jamais en quatre et on ne peut pas l’imaginer sur son trente et un, bien qu’il vienne de passer deux journées agitées à Toulouse.

Au milieu de la folle écurie d’arrivistes dont les dents raient le pré et égaré parmi leurs fragrances d’assiette au beurre rance qu’ils portent en propre – mais pas sur eux – Monsieur le Ministre de l’Intérieur détone singulièrement. On ne peut imaginer qu’il ignore la ligne à haute tension de la loi Gayssot. Mais il se permet des provocations verbales d’une innocence telle qu’il est impossible de ne pas lui suspecter la rouerie des gros sabots de je ne sais quel fond de terroir normand ou auvergnat. Il continue de crayonner un bout de papier pendant que le concert des schbebs effarouchées grimpent aux boiseries de l’hémicycle en poussant leurs cris d’orfraie habituels.

Enfonçant une porte ouverte sur la hiérarchie des civilisations, il a provoqué l’indignation éternelle – d’une journée – d’un Guadeloupéen député, qui ne s’est pas rendu compte qu’il validait simultanément l’assertion ministérielle en invoquant rien de moins que les mânes des … camps de concentration.

Monsieur le Ministre venait benoitement de déclarer, dans un colloque de l’UNI, que les civilisations qui défendent l’humanité sont sans doute supérieures à celles qui la nient. Qui se sent morveux se mouche et Serge Letchimy a consommé, en un instant, des rouleaux de Sopalin et des rames de mouchoirs jetables devant un Guéant immuable et presqu’un peu souriant. Le pays bas qui suit Hollande a riposté à l’émeute par une autre émeute pendant que les téléspectateurs s’endormaient, las.

Dans le quinquennat qui vient et parce que Monsieur Hollande réquisitionne sans vergogne les hordes de la gauche semoule et caviar, c’est l’homme de confiance de Sarkozy qui sera chargé d’expliquer que l’imputation à crime des thèses qu’une prétendue extrême-droite a empruntées à Ferry, Blum, Mollet et Marchais et que droite et gauche s’approprient régulièrement dans le lustre qui suit, (5 ans) ne sauraient empêcher une alliance électorale enfin libérée de l’interdiction pestiférée de la part des héritiers directs de Pol Pot, d’Ho Chi Minh, de Castro, d’Hodja et autres Staline et Mao – spontex ou pas – mais aux cent millions de morts !

Bayrou sonnera alors le grand air de la déroute. Il rangera à jamais son numéro d’équilibriste entre Casher et Hallal, entre chien et loup, entre marteau et enclume, entre poire et fromage, entre Sambre et Meuse, entre Goncourt et Goncourt, entre la vie et la mort, entre fromages ou dessert, entre Charybde et Scylla, entre cinq et sept, entrepôt et manque de bol.

L’horizon retrouvera ses contours naturels, débarrassé enfin du morbac du pubis centriste qui m’avait un peu emporté le morcif quand il corrigea, un Lundi soir sur BFM en direct, la faute que je lui avais signalée par mèl le Vendredi d’avant. En centriste fatal, Bayrou avait attribué à Hugo ce qui était à Rostand, un soir de colloque télé. Enfer et Damnation ! Et la présentatrice n’y avait vu que du feu. J’avais cru pouvoir voter au titre des affinités électives littéraires. Après tout j’adore Aragon comme poète. Mélanchon qui refusille Brasillach tous les soirs n’y comprendra jamais rien. Avec des revenus de fouteboleurs de troisième division un député peut-il aimer la poésie ?

L’humaniste Bayrou l’a joué très “esprit de Munich” sur la question essentielle du Hallal. Gandhi dit qu’on juge une société à la manière qu’elle a de traiter ses animaux. Le carnage Hallal me dégoute au point que je me suis retranché dans mon Alamo de poissons panés only et barricadé jusqu’à nouvel ordre derrière mes provisions de fruits et légumes au Jurançon. Je peux attendre les Chinois et Mahomet.

Guy Rolland

Crédit photo : Πρωθυπουργός της Ελλάδας via Flickr, licence CC.