Génération identitaire – « Une dissolution proportionnée », par Francis Bergeron

Génération identitaire

Le conseil d’Etat a entériné la dissolution de Génération Identitaire. Cette confirmation d’interdiction est motivée officiellement par le fait que GI aurait développé un système de pensée, une « idéologie incitant à la haine et à la violence ». Quand ? Où ? Comment ? Nous attendons les réponses à ces questions.

Génération Identitaire fut une magnifique aventure. Elle avait commencé en 2012, quand un groupe de jeunes gens avait très pacifiquement occupé la mosquée de Poitiers en construction. Menacés des pires sanctions pénales pour une simple occupation de quelques heures du toit d’un bâtiment inoccupé, les jeunes gens furent poursuivis dans le cadre d’une procédure qui dura plusieurs années, avant d’être tous relaxés. Où était la haine ? Où était la violence ?

Il y eut aussi les opérations spectaculaires dans les Alpes en avril 2018, puis en janvier dernier dans les Pyrénées. Ces deux opérations étaient purement symboliques : pas de violence, pas de détérioration de biens, pas d’actes illégaux. Un groupe de 80 jeunes gens – essentiellement des Français, mais aussi quelques ressortissants de pays voisins –, était venu occuper pacifiquement un col, à six kilomètres de la frontière italienne, y déployant une banderole, et tirant quelques feux de bengale. Ils étaient là pour affirmer leur opposition à la submersion migratoire, dont ces cols constituent l’une des voies de pénétration clandestine. En première instance, un juge rouge du tribunal de Gap avait condamné les animateurs de GI à l’ahurissante peine de six mois de prison ferme et 75 000 euros d’amende (29 août 2019). Ils auraient réalisé leur manifestation dans des conditions susceptible de créer, selon le tribunal de Gap, une confusion avec de vraies opérations de police, ce qui est interdit, bien entendu Mais la cour d’appel de Grenoble, le 16 décembre dernier, avait annulé cette condamnation, qui était dénuée de tous fondements juridiques : « les éléments constitutifs de cette infraction n’étaient pas caractérisés en l’espèce, retenant une action de pure propagande à visée médiatique ». Nous l’avions raconté dans Présent, bien entendu.

Le 19 janvier dernier, Génération Identitaire renouvelait l’opération : les militants, impeccables de discrétion et de discipline, avaient occupé un col des Pyrénées. C’en était trop pour Gérald Darmanin, qui avait exigé une procédure de dissolution.

Génération Identitaire va poursuivre ses actions de contestation

Voilà apparemment les trois dossiers sur lesquels a reposé cette dissolution. « proportionnée à la gravité des risques pour l’ordre et la sécurité publique », explique le conseil d’Etat.

A la vérité, on sait parfaitement (y compris les médias de gauche) que cette dissolution avait pour unique but de faire apparaître une sorte de symétrie dans le traitement des groupes islamistes et dans celui des partisans d’un arrêt de l’immigration illégale et d’une remigration dans les pays d’origine.

Les anciens responsables de Génération Identitaire ont indiqué qu’ils allaient poursuivre leur action de contestation de cette dissolution.

Pendant ce temps à Mayotte, les habitants ne se contentent pas de dresser des banderoles sur les plages et d’allumer des fumigènes. Ils donnent souvent la chasse aux clandestins et aux délinquants issus de cette immigration clandestine, et les livrent parfois pieds et poings liés à la police. Le conseil d’Etat ne leur cherche pas de noises. Cela soulèverait trop de questions…en métropole.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 5 mai 2021

Crime de Rambouillet, pétition de généraux : l’islamisme crée une crise majeure

islamisme attentat

Une pétition circule depuis mercredi dernier au sein de l’armée. Elle a été lancée par l’ancien capitaine de gendarmerie Jean-Pierre Fabre-Bernadac, reçue notamment par Valeurs actuelles et Présent. Cette pétition, signée par vingt généraux, une centaine d’officiers supérieurs, et de nombreux autres militaires, certes la plupart à la retraite, devoir de réserve oblige, évoque l’actuel « délitement » du pays. La pétition, très bien rédigée et argumentée, met en cause « un certain antiracisme » dont le seul but est de « créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés ». La pétition énumère les menaces communautaristes, et séparatistes (selon les propres termes de Macron) : islamisme, hordes de banlieue, « territoires soumis à des dogmes contraires à nos institutions ». Les accusations se font même plus précises à l’égard des vrais responsables : « … le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. »

L’appel se termine par un soutien aux « politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ».

La pétition a fait beaucoup de bruit, relayée notamment par Sud Radio. Sur cette même radio, l’ancien capitaine de gendarmerie se disait très inquiet de la tournure des événements, et lâchait même le mot de « guerre civile ».

Vendredi, Marine Le Pen apportait son soutien à la pétition : « Comme citoyenne et comme femme politique, je souscris à vos analyses et partage votre affliction ».

Comme pour illustrer ce terrible diagnostic, le même jour un islamiste tunisien ex-clandestin égorgeait une fonctionnaire de 49 ans, agent administratif au commissariat de Rambouillet, et mère de deux filles. Le terroriste avait prémédité son crime. Stéphanie M. serait la 271e personne assassinée par les islamistes sur le territoire français depuis 2012.

La mort de Stéphanie a indigné la quasi-totalité des Français, mais à gauche, alors même qu’on apprenait la terrible nouvelle, les appels se multipliaient pour condamner la pétition des militaires, tandis que Marine Le Pen était accusée de récupération politique pour avoir manifesté son soutien à la famille et avoir prétendu tirer les leçons de ce nouveau crime.

« Menace explicite contre la République »

Brandissant la menace d’un putsch d’une nouvelle OAS, les ténors de l’extrême gauche sont montés au front, dans un ordre parfait pour une fois. Pour Jean-Luc Mélenchon, la pétition est une « stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leurs collègues d’actives à une intervention contre les islamogauchistes ».

Benoît Hamon, en phase de marginalisation extrême-gauchiste accélérée, n’est pas en reste. Il constate que la pétition intervient au 60e anniversaire du putsch d’Alger, et y voit une menace explicite contre la République. « Aucune réaction de Florence Parly, Jean Castex ni Emmanuel Macron », s’indigne l’ancien candidat du PS à la présidentielle de 2017 (Hamon était sans doute déjà au lit quand, dimanche vers 20 heures, Parly s’en est prise aux pétitionnaires). Coquerel, faux insoumis mais vrai dhimmi, s’en étrangle d’indignation : « Des militaires appellent à une chasse aux sorcières, à une éradication, à défendre des “valeurs civilisationnelles” à rebours de la République, ça finit sur une menace de guerre civile, Le Pen salue ces apprentis factieux et ? Rien. On se réveille ? »

Mais la fonctionnaire assassinée ne suscite guère de compassion chez les mêmes « indignés » et « insoumis ». Pas un mot sur le cheminement de l’assassin. Pas une repentance, pas une remise en cause de la ligne islamo-gauchiste de LFI et du groupuscule de Hamon.

Pour Mme le député LFI Obono, « la droite et l’extrême droite se servent de tous les faits possibles, y compris les plus dramatiques et les plus atroces, pour pouvoir justifier leur idéologie qui est de considérer que l’immigration est la source de tous les maux en France ». Elle a été immédiatement rejointe sur ce terrain par le ministre de la Justice (sic) Dupond-Moretti : « Quel cynisme, quelle indignité, quelle ignominie, que de tenter d’exploiter cette tragédie à votre profit deux heures seulement après ce crime. »

« Un tour de vis »

Y a-t-il un délai obligatoire avant de s’indigner et de demander un changement de politique ? La présidente du RN avait en effet évoqué la part de responsabilité du garde des Sceaux dans l’augmentation de la criminalité. « Le pays a besoin d’un tour de vis. »

La candidate à l’Elysée faisait aussi allusion à la décision ultime des tribunaux à propos de la défenestration de Sarah Halimi par le criminel islamiste et drogué Traoré, et au verdict de clémence dans la tentative de meurtre par incendie des policiers brûlés vifs à Viry-Châtillon.

« Toujours des mensonges et des phrases tronquées », a ajouté le « grand avocat », visiblement dépassé par l’enchaînement des horreurs qui ruinent les unes après les autres ses plaidoiries de plus en plus agressives.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 avril 2021

Tariq Ramadan, chanteur présumé, par Francis Bergeron

Tariq Ramadan

Il nous aura tout fait, ce grand esprit qu’adorait Edgar Morin, qu’adorait une certaine gauche française, jusqu’à ce qu’on apprenne… Nous avons eu droit à ses prêches islamistes, qui l’ont imposé flatteusement dans le paysage médiatique français. Nous avons eu ensuite les révélations sur ses agressions sexuelles multiples. Nous allons maintenant avoir droit au poète et au chanteur. Un degré de plus dans l’horreur !

Le personnage est vraiment sans complexe. Il a connu la prison en 2018. Cinq femmes le poursuivent pour des viols avec violences, du harcèlement et de l’intimidation, actes commis en France et en Suisse. Mais rien n’arrête son dynamisme, sa foi dans son talent, dans sa capacité à apporter au monde « un vent de liberté », comme il le chante à présent. Il se présente comme un jeune résistant : « Votre ordre et vos frontières n’auront raison ni de notre jeunesse encore moins de la vie », formule qui n’est grammaticalement parlant pas très correcte. Quant à sa jeunesse, elle est toute relative puisqu’il est né en 1962.

L’album s’intitule Traversées et sortira le 29 mai. Ce ne sont pas à proprement parler des chansons, c’est du slam, c’est-à-dire des paroles qui riment plus ou moins, et qui sont récitées sur un fond musical.

L’intellectuel islamo-gauchiste s’essaie donc sur un nouveau registre, plus « artistique » que les viols en série.

En revanche les paroles restent sinistres. Son premier titre s’intitule « Qu’est-ce que vous croyez ? ». C’est un mélange de formules de haine contre la France, et de menaces contre les Français « de souche ».

Jugez-en, dans le premier morceau, on peut entendre :

« Cela fait des siècles que vous volez et mentez.

Vous seriez venus, dites-vous, pour nous civiliser.

Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions,

humilié nos mémoires, souillé nos traditions »

Voilà pour sa vision de la France et de son histoire.

Les menaces sont dans le refrain :

« Attendez ! Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais ?

Vous laisser tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Soit vous partagez, soit on se servira. »

Cela fait un moment que Tariq Ramadan se sert, il n’a pas attendu qu’on partage. En tout cas, les cinq femmes violées et battues n’avaient apparemment pas envie de partager quoi que ce soit avec lui…

« Vous avez peur ? Vous allez perdre vos privilèges et votre identité ?

La mixité serait donc votre perte

Et bientôt vous serez sauvagement remplacés ?

Dormez en paix, amis de l’égalité »

Ramadan nous présente cela comme de la « poésie mise en musique ». Bonjour, la poésie !

Mais au fond, ce que récite Ramadan, c’est ce que nous font déjà entendre certains rappeurs. Ramadan est peut-être allé un peu dans la proximité avec les islamistes, dans des pratiques « orientales » de domination de la femme. Comme pour la pédophilie, ce qui était admis par la mouvance progressiste devient tabou. Ramadan, pour ne pas en avoir pris conscience à temps, se retrouve un peu isolé.

« Malgré ces paroles qui cherchent à séduire les islamo-gauchistes, il sera très difficile pour lui de rebondir », estime l’écrivain Mohamed Sifaoui. C’est possible. Mais il est possible aussi que, dans certaines banlieues, des jeunes à petit cerveau trouvent dans ces « poésies mises en musique » comme un encouragement à certaines pratiques.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 9 avril 2021

« Islam de France » ? C’est terminé – Place aux islams séparatistes, par Francis Bergeron

CFCM islam Chard

Le 21 mars, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a explosé, mais pas façon puzzle. Il faut plutôt parler d’une scission : quatre des neuf organisations qui la composaient ont décidé de sortir du giron du CFCM. Ces quatre organisations confirment ainsi leur proximité avec l’islamisme… et ruinent au passage 20 années d’efforts pour faire émerger un « islam de France ».

En janvier, Darmanin s’était vanté d’avoir réussi à faire adhérer les musulmans vivant en France à une charte censée mettre un terme aux pratiques les plus détestables, comme les persécutions des musulmans abandonnant leur religion, l’excision, les mariages forcés, le voile intégral et la séquestration des femmes, le certificat de virginité…

Cette charte avait été signée par cinq des organisations constituant le CFCM, et tout le monde avait salué cette magnifique avancée, qui solennisait l’intégration de l’islam dans la République, et la signature des quatre autres n’était plus qu’une question de jours. A la vérité, écrivait Présent du 21 janvier, le CFCM n’était déjà guère représentatif, car les neuf associations constitutives ne supervisaient (plus ou moins) que 40 % des mosquées. Les quatre associations rétives n’avaient finalement pas signé la charte et elles viennent de quitter le CFCM.

Les dissidents veulent constituer une nouvelle organisation pour revendiquer le droit de pratiquer leur culte comme ils l’entendent, selon les us et coutumes ancestraux. On pourrait appeler cela la charia, tout simplement. Ces organisations qui entendent régir l’islam en France à leur manière sont la Fédération de la grande mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France et les associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), ainsi que les Musulmans de France (ex-UOIF). Chacune de ces associations est inféodée ou soutenue, en sous-main ou officiellement, par des Etats étrangers. Cette scission illustre parfaitement la menace séparatiste que semblaient craindre Macron et Darmanin, et dont le CFCM était censé être la parade. Le CFCM est présidé actuellement par Mohammed Moussaoui, un « modéré », ou tout au moins, un homme en recherche de compromis avec les autorités politiques.

Quels appuis pour les musulmans « modérés » ?

Avec le départ de ces quatre composantes, c’est toute la stratégie gouvernementale qui s’effondre, et c’est aussi la ruine d’une vision simpliste, inspirée de la façon dont la république laïque des années 1900 avait maté l’Eglise, et au passage éradiqué une bonne partie du catholicisme français, et tout cela au prix, simplement, de la mort de « quelques Bretons arriérés » ayant trop vivement tenté de résister aux Inventaires.

Les choses risquent d’être plus compliquées avec les islamistes. Derrière les dissidents, il y a l’organisation égyptienne terroriste Les Frères musulmans, l’Algérie, l’islam marocain, ou encore l’ex-UOIF, très extrémiste, qui s’est toujours révélée incapable de désavouer clairement les pires actions terroristes. Sur qui peuvent s’appuyer les musulmans « modérés » ? Sur les organisations proches de la Turquie ? Les Français ayant des racines arméniennes ont pu constater récemment, à leurs dépens, à quel point ce courant s’était radicalisé, lui aussi.

La fin du projet d’un islam parlant d’une seule voix via le CFCM enterre en fait 20 années d’angélisme et de naïveté françaises. Les masses migratoires ont eu raison des stratégies fines.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 avril 2021

Ecologie : le programme du RN affole Dupond-Moretti

Dupond-Moretti

« Je suis certain qu’elle va nous décevoir » : c’est l’argument qu’on entend parfois dans les discussions avec des militants. Pas des militants du RN, mais des militants de groupes plus activistes. Ils anticipent déjà des renoncements, et une mobilisation des énergies sur des thèmes autres que l’immigration, l’insécurité, l’islamo-gauchisme ou l’écriture inclusive. Le « contre-projet de référendum » sur l’environnement que la présidente du Rassemblement national a présenté mardi aurait pu apporter de l’eau au moulin de ces « déçus à l’avance ». Mais à condition d’oublier deux choses. La première, c’est qu’un futur président de la République, un futur programme de gouvernement se doivent de répondre non seulement aux urgences mais aussi à la totalité des problèmes auxquels un quinquennat peut être confronté. Que survienne une catastrophe environnementale, et aussitôt présidence et gouvernement se devront de monter au front et de répondre aux nouvelles inquiétudes des Français. Il était donc nécessaire que Marine Le Pen, dans la perspective de sa possible élection, expose son analyse et ses solutions aux enjeux environnementaux.

La seconde raison, c’est que l’environnement a toujours été une préoccupation de ce que l’on peut appeler la droite nationale. Les « forces de progrès » ont beaucoup mis en cause le « conservatisme » du camp d’en face, et il serait tout de même paradoxal que le RN délaisse les questions de conservation du patrimoine environnemental, alors que se dessine une perspective d’accès au pouvoir.

« Avocats d’Amérique latine » contre « carottes du coin »

Qui plus est, l’écologisme « de droite » a eu l’intelligence de ne pas tomber dans le piège de la « croissance 0 » des ex-soixante-huitards, de l’opposition au progrès technique par conservatisme, ou au nucléaire par nostalgie des bougies et des moulins à eau. Quand des proches du RN se mobilisent partout contre les éoliennes, ils mettent en cause une fausse bonne solution à nos besoins énergétiques, qui piétine le « droit au paysage » (Marine Le Pen), dans l’indifférence à notre balance commerciale et au vrai bilan énergétique.

Dupond-Moretti a cru habile de s’en prendre au « localisme », l’un des mots clés du programme environnemental du RN, c’est-à-dire à la recherche systématique de circuits courts « entre la fourche et la fourchette ». Sans craindre le ridicule, l’avocat-ministre a expliqué doctement que « ça commence par le localisme, ça finit par le racisme ». La formule est parfaite… pour transformer nos campagnes en centres de résistance au macronisme. Comme l’écrit Marianne avec une légère pointe d’ironie : « Comme chacun sait, l’importation d’avocats d’Amérique latine est un instrument puissant de fraternisation entre les peuples, tandis que les carottes du coin instillent dans les cœurs une vision maurrassienne de la société. »

A la place du référendum écologique préconisé par Macron, pour conclure la Convention Citoyenne sur le climat, Marine Le Pen veut poser 15 questions aux Français sur de grands thèmes environnementaux, et dessiner ainsi « une autre vision de l’écologie », qui ne soit pas punitive.

Cette proposition de contre-référendum déçoit-elle les militants, désireux d’en découdre sur des sujets plus clivants ? Une chose est sûre : Dupond-Moretti, lui, ne nous a pas déçus ! Grâce à lui, le RN a encore marqué des points mardi.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2021

Dissolucratie – Génération identitaire dissoute. Que vive la génération identitaire !

Darmanin Génération identitaire

Personne ne voulait y croire, parce que le dossier sur lequel repose cette décision de dissoudre Génération identitaire est absolument vide. Personne ne voulait y croire car la ficelle était énorme : il s’agissait d’établir un « en même temps », renvoyant dos à dos des associations de soutien au terrorisme islamiste et de jeunes patriotes français. Personne ne voulait y croire, car les actes reprochés aux identitaires, des millions de personnes les avaient vus sur les réseaux sociaux, et pouvaient témoigner de leur caractère purement symbolique et non violent.

Rappelons les principaux griefs. Avoir déployé une banderole sur le toit d’un immeuble pendant que, dans la rue, des manifestants d’extrême gauche conspuaient la police et se préparaient à l’affrontement. Etre montés jusqu’à un col des Alpes et un col des Pyrénées pour dénoncer les frontières passoires, sachant que c’est l’immigration clandestine qui est interdite, mais pas la présence de jeunes Français sur le sol français, même munis d’une banderole et de fumigènes colorés. Avoir porté des blousons identiques, ce qui, vu d’avion, pouvait peut-être faire penser qu’il s’agissait de douaniers ou de gendarmes. Mais y a-t-il eu une seule plainte ? Une seule personne a-t-elle fait la confusion ?

Comme le soulignent à peu près tous les médias, y compris les plus hostiles à GI, cette dissolution est opérée uniquement pour faire passer la pilule de la dissolution de trois associations islamistes agissant en France, le CCIF, BarakaCity, et le collectif Cheikh Yassine, dissolutions consécutives à la décapitation du professeur Samuel Paty, ce qui est quand même autre chose qu’un fumigène agité à un col alpin. Une quatrième association, les Loups gris, organisation islamiste d’obédience turque, avait également été dissoute. Un membre des Loups gris s’était illustré en 1981 dans une tentative de meurtre de Jean-Paul II. Le pape avait été grièvement blessé. En octobre dernier, cette organisation paramilitaire, proche des services secrets turcs, avait refait parler d’elle en attaquant des Français, présumés d’origine arménienne, dans la région lyonnaise et iséroise, se livrant à une véritable chasse à l’homme. Ces agressions se voulaient des actions de soutien à l’offensive azerbaïdjanaise dans le Haut-Karabakh.

Cette dissolution a déjà fait une victime : Darmanin

On voit à quel point cette symétrie est artificielle entre islamistes et identitaires. Espérons que GI aille jusqu’au bout des recours juridiques, pour ridiculiser une nouvelle fois Darmanin, après le désaveu de la cour d’appel de Grenoble en décembre dernier, qui a relaxé les dirigeants du mouvement, poursuivis pour la manifestation dans les Alpes. Mais le mal est fait : cette mesure va désorganiser un groupe militant, remarquablement rodé aux actions spectaculaires, et ayant réussi à éviter toutes les provocations.

En toute hypothèse, cette dissolution fera une victime : Darmanin lui-même. Habituellement les ministres de l’Intérieur de qualité ou habiles parviennent à s’attacher une partie de l’électorat de droite, ceci quelle que soit leur étiquette politique. Voyez Chevènement, voyez Collomb. Darmanin, lui, a tout perdu. Il avait perdu son duel avec Marine Le Pen. Il perd aujourd’hui son rôle de « jambe droite » de la macronie. Mais il faut dire qu’avec une telle « jambe droite », on préfère être unijambiste…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 4 mars 2021

Pétition « contre la phobie de l’islamisme et du gauchisme » – La gauche persiste et signe

islamo-gauchisme

Revoici le temps des grandes pétitions de gauche : 600 universitaires viennent de signer pour réclamer la démission du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Frédérique Vidal. 600 sur 91 000 enseignants, c’est évidemment un chiffre dérisoire, même si 9 000 autres personnes ont aussi signé (mais tous les sympathisants LFI peuvent signer, puisque la convergence islamo-gauchiste est la stratégie officielle des mélenchonistes). Il en restera l’idée que « le monde de l’université » est en révolte contre son ministre de tutelle. C’est par exemple ce qu’écrit Le Point de cette semaine, qui ne passe pourtant pas pour un magazine spécialement de gauche… ni spécialement hostile à la macronie.

La tribune anti-Vidal – c’est-à-dire dans les faits pro-gauchiste et/ou pro-islamiste – a été publiée dans Le Monde. Au temps des grandes et belles indignations pétitionnaires (de gauche, bien entendu), c’était toujours Le Monde qui les diffusait. Les plus anciens se souviendront des pétitions contre l’Algérie française à la fin des années 1950, pour l’avortement dans les années 1970, pour la légalisation de la pédophilie dans Le Monde du 22-23 mai 1977, page 24 (la référence très précise répond à ceux qui doutent toujours de la véracité de cette information, et y voient « les gros mensonges de l’extrême droite », comme lu encore récemment sur Internet).

S’intéresser à l’islamo-gauchisme, qui tente une OPA sur l’université, et spécialement sur la recherche, ce serait « faire planer la menace d’une répression intellectuelle […] comme dans la Hongrie d’Orbán, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda ». Si seulement…

Le 31 octobre dernier, une centaine d’enseignants avaient pour leur part tiré le signal d’alarme sur cette montée du communautarisme islamiste intolérant dans les universités, mais curieusement ce manifeste-là avait été très peu relayé.

L’UNEF, chiens de garde de l’ordre rouge-vert

C’est apparemment l’économiste Piketty qui joue le chef d’orchestre pour la pétition islamo-gauchiste… contestant l’existence d’une mainmise islamo-gauchiste. Selon lui et selon cette pétition, Mme Vidal ne fait qu’ânonner « le répertoire sur un islamo-gauchisme imaginaire ». Mais qui peut nier une prégnance – au moins physique – du gauchisme à l’université ? Le test est facile à faire : que Piketty aille tenter de punaiser une affichette de LREM ou de LR (et ne parlons pas du RN) sur les murs de certaines universités, il en serait chassé avec la plus extrême violence, l’UNEF jouant les chiens de garde de l’ordre rouge-vert. Quant au passage au tamis d’une lecture islamiste des sciences dites « molles » (philosophie, histoire, sociologie, littérature…) comme des sciences dites « dures » (mathématiques, physique, chimie, médecine…), ce n’est pas encore la règle, mais cela progresse à la vitesse de la pensée de Mao en mai 1968… ces théories « postcoloniales », « décoloniales », etc. constituant le cheval de Troie d’une islamisation qui n’est même plus rampante.

L’islamo-gauchisme n’est pas une nouvelle théorie politique mais la convergence utilitaire de deux idéologies, comme l’ont expliqué Vidal et Blanquer. Cette convergence n’est pas née d’hier : dans le Liban des années 1970, on appelait cela l’islamo-progressisme, front commun entre la gauche libanaise et les islamistes d’Al-Mourabitoune (terroristes salafistes). Le Liban (la Suisse du Proche-Orient !) appauvri, fracturé, meurtri d’aujourd’hui donne une certaine idée de l’avenir français, disent les oiseaux de mauvais augure.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 23 février 2021

Olivier Véran tire sur l’ambulance – Anarchie + dictature

Véran ambulance

Eric Zemmour décrit la macronie comme un système anarchique et dictatorial à la fois, deux concepts politiques théoriquement antinomiques, et en tout état de cause peu en rapport avec la feuille de route de 2017. Mais, pour ce qui concerne la gestion de la pandémie, le ministre Véran illustre parfaitement ce tropisme des marcheurs en direction de l’anarchie dans la dictature (ou l’inverse). Le ministre de la Santé nous ferait presque regretter Agnès Buzyn. Cette dernière, victime de son incompétence et de son manque de charisme, avait un côté pathétique qui pouvait la rendre sympathique. Le ministre Véran, lui, cultive sa morgue… pour des résultats aussi peu probants.

La pétition « Véran démission » du docteur Jean Lampert a recueilli près de 30 000 signatures en quelques jours, et il suffit de lire les milliers de commentaires déposés sur la Toile pour comprendre à quel point cet homme cristallise actuellement les mécontentements.

C’est le fiasco de la gestion des vaccins qui lui est d’abord reproché. Ces fameux vaccins nous ont été vendus comme la solution, la seule solution. Or force est de constater que non seulement la France est en retard par rapport à ses voisins européens, mais l’anarchie progresse. C’est Véran qui avait fixé les objectifs de vaccination, comme le rappelle la pétition, et pourtant nous ne les atteindrons pas. L’affaire prend une tournure inquiétante : des malades sont renvoyés chez eux avec un Doliprane en guise de médicament. Des traitements identifiés comme ayant des résultats positifs sont écartés. C’est le cas de l’ivermectine, traitement antiparasitaire, performant pour la prévention de la Covid-19, mais dont les essais cliniques ne sont pas terminés. Véran semble avoir tranché pour l’abstinence, même si pour l’heure les études identifient des résultats.

Grande-Bretagne : 15 millions de vaccinés, contre 3 millions pour la France

Du côté de la vaccination, les dérapages sont spectaculaires. D’abord, globalement, nous ne sommes qu’à trois millions de personnes vaccinées après un mois et demi de campagne, quand la Grande Bretagne en compte quinze millions. A ce rythme, il faudra donc près de trois ans à notre pays pour vacciner tout le monde.

Mais les choses se compliquent à nouveau : le vaccin AstraZeneca, homologué lundi par l’OMS, où sévit désormais une certaine… Agnès Buzyn, ne serait pas au point. Le programme de vaccination a été suspendu en Normandie et en Bretagne. En Moselle, département sinistré du fait de la crise sanitaire, le monsieur vaccin du gouvernement, Alain Fischer, a conseillé de ne pas vacciner les soignants, les informations recueillies étant trop imprécises. Des effets secondaires indésirables seraient à l’origine de ces décisions erratiques et anxiogènes.

Le recrutement de 7 500 infirmières et aides-soignantes est en cours, vient-il d’annoncer, en compensation. Mais, quand on décrypte la communication gouvernementale, on découvre que pour l’heure le gouvernement n’a fait que lancer un appel au recrutement, alors que tout processus de recrutement nécessite un minimum d’entretiens, de formalités, et, pour les professions de santé, un minimum de contrôle sur les compétences et les diplômes. Or la situation sanitaire est loin d’être stabilisée, et les besoins sont urgents. Cela fait beaucoup de ratés pour un seul homme.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 février 2021

Face à l’islamisme : Moins de “chartes”, plus de charters !

charters immigration

Dimanche, les composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM) s’étaient concertées pour une éventuelle signature de la « Charte des principes » de l’islam en France. Une majorité (5 sur 9) l’a approuvée lundi. Présent daté de mardi faisait remarquer que cette charte se contente de réécrire – spécialement pour les musulmans vivant en France – ce qui figure déjà de fait dans le Code pénal. Par exemple : « Tu ne tueras pas ton prochain s’il abandonne l’islam », ou encore « tu n’exciseras pas tes filles », « tu ne les marieras pas de force », « tu n’obligeras pas ta femme (ou tes femmes) à vivre cachée(s), comme prisonnière (s) », « tu n’exigeras pas de la future femme de ton fils que la famille produise un certificat de virginité », « tu appliqueras les lois du pays dans lequel tu vis, pas celles en vigueur en Turquie ou en Afghanistan ». Il fallait une charte pour cela ?

Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir : si majoritairement les organisations du CFCM se rallient à ce texte, qui exige aussi que cessent les campagnes sur la prétendue islamophobie de la France, c’est que le rapport de force a un peu évolué dans le bon sens. De ce point de vue, Marine Le Pen a raison de juger positive l’adhésion de principe du CFCM. Certes, comme nous l’indiquions mardi, la taqiya dissimulera ce que pense réellement une large fraction de musulmans.

Mais peu importe, au fond. Ce texte a d’abord le mérite de donner raison à ceux qui s’indignaient depuis des années de l’absence de réaction face à une dérive mortifère, au nom du pluralisme culturel. Non seulement les islamistes assassinaient des Français, mais il fallait en outre subir la stigmatisation constante des « souchiens », chargés de tous les péchés du monde, ce qui n’empêchait pas pour autant (et n’empêche toujours pas) un flot grossissant de « réfugiés » de venir s’implanter dans la « patrie de l’islamophobie ».

22 % des musulmans

Le texte va en outre diviser la communauté musulmane et il faut espérer que cette division isolera toujours plus les terroristes, et facilitera la fermeture des mosquées où se prêche le djihad, où se bâtissent des réseaux inféodés à des Etats étrangers, voire hostiles.

A la vérité, le CFCM n’est lui-même guère représentatif des musulmans du pays. « Le CFCM n’a aucune emprise […] sur la réalité des musulmans de France », dit l’imam de Bordeaux. 60 % des mosquées ne sont affilées à aucune des composantes du CFCM, et quatre fédérations du CFCM sur neuf ont refusé, pour l’heure, de valider un texte qui réaffirme un refus des ingérences étrangères (les fédérations pro-turques, financées grâce à cette ingérence étrangère) et deux fédérations intégristes (dont les sinistres Frères musulmans), qui n’entendent pas renoncer à la notion d’islam politique. Le CFCM ne représente donc dans les faits que 22 % des musulmans. Mais nous aurions aussi bien pu avoir droit, comme dans d’autres pays occidentaux, à une charte destinée à favoriser l’identité musulmane…

Pour respecter tout de même la règle du « en même temps », on apprenait à la même heure que la mairie de Beaucaire était condamnée à 5 000 euros d’amende par jour, jusqu’au démontage de sa crèche de noël. La République est sauvée !

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 janvier 2021

Vers un troisième confinement, « à la chinoise » ?, par Francis Bergeron

confinement

Le week-end dernier, les Chinois de Hebei, une province située juste au sud de Pékin, ont été reconfinés. Tout s’est très bien passé, ont rapporté les témoins : du jour au lendemain, 18 millions de personnes se sont à nouveau soumises à une discipline des plus drastiques. Tout cela parce qu’un foyer de contamination de 300 personnes avait été détecté dans cette région. La Chine est devenue l’exemple à suivre : si un troisième confinement est mis en place, en France, il nous sera demandé la même obéissance. Il est vrai que globalement, la vie politique et le pluralisme de l’information, chez nous, s’alignent déjà sur le modèle chinois.

Bien sûr il y a ce virus qui semble se propager, plus rapidement que les deux premières fois. Il y a aussi ces fameux « variants » qui laissent le corps médical quelque peu désemparé. Mais aucun schéma de lutte contre le virus n’a, à ce jour, démontré une réelle pertinence, dans la durée. Les pays faiblement touchés jusqu’à présent (l’Allemagne ou la Russie, par exemple) semblent rattraper leur « retard ». Et pourquoi la Belgique est-elle apparemment le pays le plus frappé au monde par la COVID-19 (au regard de sa population), alors que ses mesures de protection sont assez semblables à celles de la France ? Faut-il chercher des réponses du côté des conditions climatiques, du côté des habitudes alimentaires ? A la vérité personne n’en sait rien.

Castex devait donner ce jeudi une conférence de presse, censée révéler les arbitrages gouvernementaux entre théories médicales, principe de précaution, nécessité de ne pas sacrifier une génération d’enfants en les déscolarisant durablement, effondrement économique accéléré.

La part d’audience sera au rendez-vous, d’autant que le Premier ministre, en soufflant le chaud et le froid, a su faire durer le suspense. Mercredi matin, les paris restaient encore ouverts. « Le Premier ministre n’envisage pas pour l’instant un confinement … sans l’exclure », expliquaient, mi-figue mi-raisin, ses conseillers. Un « p’t’êt’ben qu’oui, p’t’êt’ben qu’non » à la sauce gersoise, en quelque sorte.

Les commerces « non essentiels » à nouveau sans clients

Trois mesures sont actuellement testées par le biais de « fuites » distillées auprès des journalistes en mal de confidences : le couvre-feu pourrait être abaissé à 18 heures partout, alors que le pays fonctionne encore à deux vitesses : un quart des départements subit un couvre-feu à 18 heures, les trois autres quarts vivent toujours un confinement à 20 heures. Etait également envisagée l’idée d’un confinement tous les week-ends. Ces deux mesures cumulées reviendraient à rétablir un confinement général sans le baptiser tel. Car s’il est interdit de circuler après 18 heures et le week-end, cela signifie que les seuls déplacements autorisés seraient ceux qui, lors des confinements précédents, figuraient dans les attestations. Cela voudrait dire aussi que, comme lors du premier confinement, les commerces « non essentiels » n’auraient plus de clients. La troisième mesure pourrait être une fermeture des cantines scolaires, identifiées comme foyers de propagation du virus, même si les enfants eux-mêmes ne sont pas sensibles à la COVID.

Rien de bien réjouissant, donc, au programme. Castex n’a pas les moyens de rassurer les Français, d’autant que tout semble indiquer clairement qu’il n’y a pas de bonnes recettes, pour combattre ce fléau, à part le vaccin, peut-être…ou peut-être pas…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 13 janvier 2021

Qui sont les pétitionnaires contre Génération identitaire ?

Génération identitaire

Le 16 décembre, la cour d’appel de Grenoble a relaxé trois responsables de Génération identitaire. Ils avaient été poursuivis pour avoir organisé une chaîne humaine en montagne, qui s’opposait symboliquement à l’immigration clandestine empruntant ces voies. En première instance, ils avaient été condamnés par le « prestigieux » tribunal correctionnel de Gap à une peine ahurissante de six mois de prison ferme. Les juges les avaient condamnés sur l’idée que leur action était de nature à créer une confusion avec celle des forces de l’ordre. Si seulement !

La cour d’appel de Grenoble ne pouvait que les relaxer. Présent du 18 décembre, sous la plume de Franck Delétraz, a donné les détails de cet arrêt, « victoire du droit sur une décision purement politique », ainsi que l’a commenté leur avocat. L’affaire est donc close, les jeunes gens avaient mené une action politique « à visée médiatique » et « annoncée comme telle », et donc parfaitement légale.

Mais voici qu’une pétition est à présent lancée pour obtenir par la pression médiatique ce qu’ont refusé les juges, à savoir la mise en prison d’innocents. Cette pétition est soutenue par vingt « personnalités de gauche ». Les initiateurs de cette grossière provocation, les dénommés Thomas Portes et Joséphine Delpeyrat, ont une notoriété qui n’a pas encore dépassé la cellule du PC à laquelle ils appartiennent et la mairie communiste de Champigny dans laquelle Portes officie. Un travail militant qui lui laisse suffisamment de loisirs pour s’occuper de la revue Regards, à l’initiative de la pétition. Regards paraît deux fois par an. C’est la résurgence d’une revue stalinienne d’avant-guerre, qu’animait l’activiste communiste Léon Moussinac. Regards sert de support à l’Observatoire national de l’extrême droite, une coquille vide, que Portes anime également.

Peu intéressé par les menaces de mort qui ont visé la dauphine de Miss France

Ainsi l’activiste Portes, avec sa revue sans lecteurs, paraissant deux fois l’an, avec son association dont l’activité principale consiste à envoyer des communiqués pour faire interdire des mouvements anticommunistes et faire jeter en prison les adversaires politiques, avec sa piètre pétition, agite la presse locale agenaise, d’où il est originaire, et les couloirs de la mairie de Champigny, où il sévit. Un observatoire du néo-stalinisme aurait vite fait de démontrer le caractère parfaitement artificiel de cette fébrilité.

Très étrangement, tout ce petit monde, se prévalant du soutien d’élus communistes, LFI et écolo-gauchistes, semble peu intéressé par les menaces de mort qui ont visé la dauphine provençale de Miss France, dimanche, comme il est resté indifférent aux menaces de viol et d’assassinat à l’encontre de l’adolescente Mila.

Pourquoi s’en prendre spécialement à Génération identitaire ? Parce que ce mouvement mène « des opérations coup de poing », expliquent nos antifascistes de sous-préfecture. Une expression pour parler d’opérations spectaculaires. Mais ce petit monde insiste bien sur les mots « coup » et « poing ». Donc Génération identitaire « sème la terreur », et mène des « actions violentes, racistes et xénophobes ».

La cour d’appel n’ayant rien vu de tout cela, les camarades de l’Observatoire de l’extrême droite identifient sans doute déjà la marque de l’infiltration, et peaufinent leur prochain communiqué, leur prochaine pétition.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 22 décembre 2020

La mission de lutter contre l’islamisme confiée… aux islamistes

CFCM séparatisme islamisme

Dans son plan de lutte contre le séparatisme (entendez : l’islam politique), le gouvernement prévoit de confier la « certification des imams » au Conseil français du culte musulman, le CFCM. Or ce CFCM n’est qu’une fédération d’associations certes islamiques, voire islamistes, mais qui ne sont pas pour autant des associations dirigées par des imams. Et c’est bien pourquoi les imams vont à reculons vers cette solution. « Comment ça se fait qu’on impose par le haut un Conseil national des imams ? Les imams sont majeurs et vaccinés, et sont capables de s’organiser d’eux-mêmes », réagissait récemment un imam classé modéré ? Ne parlons pas des autres !

Mais il y a aussi du bon sens à vouloir savoir comment sont formés les imams, quand on réalise que les terroristes islamistes sont passés par des mosquées et qu’il existe donc un lien entre les actes terroristes et ce que l’on y entend parfois.

Alors, mettre la formation des imams sous le contrôle du CFCM, composé de laïcs, est-ce la solution ? C’est là qu’intervient Jordan Bardella, pour rappeler, sur Twitter, ce qu’est le CFCM, seule structure supposée « modérée » que Macron ait à se mettre sous la dent en fait de partenaire pour un dialogue sur cette question. Pour le jeune vice-président du Rassemblement national, « Frères musulmans, associations turques aux mains d’Erdogan, organisations salafistes », il y a là « les officines les plus radicales ».

Il a raison : outre la porosité intellectuelle entre islamistes et CFCM, la moitié des affiliés au CFCM tirent leur légitimité – et leurs subsides – d’Etats étrangers, voire d’Etats hostiles, qui ne se gênent pas pour injurier la France et ceux qui la représentent, comme l’a fait récemment Erdogan.

Pour une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème

Le CFCM est censé également rédiger une « charte républicaine » sur laquelle ses affiliés s’engageront. S’il s’agit d’une charte républicaine islamique, il n’y aura pas de problème. Car la plupart des Etats islamistes sont des Etats républicains. Mais de quoi cela nous protégera-t-il ?

Les imams contestent toutefois le principe même de passer par le CFCM, rappelant que c’est l’Etat qui a créé le CFCM, et c’est l’Etat qui exige de lui cette mise en place d’une instance de contrôle sur le religieux. Or le laïcisme « à la française » (et nous sommes bien placés pour le savoir) considère que « la laïcité doit combattre les religions, les repousser intégralement dans la sphère du privé », et que le laïcisme ne défend pas « une laïcité de neutralité mais de neutralisation du fait religieux ».

La « charte républicaine » est censée proclamer l’adhésion des musulmans à la République, rappeler que l’islam de France n’est qu’une religion, pas un système politique, et enfin que les Etats islamiques étrangers ne doivent plus pratiquer l’ingérence ? Or c’est le gouvernement français de l’époque qui a conçu ainsi le CFCM. Trois fédérations sur les neuf qui la composent sont islamistes, et des Etats étrangers contrôlent la moitié des associations affilées : l’échec est déjà inscrit dans ce constat.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 novembre 2020

Reconfinement : Macron sonne la fin de nos libertés

Le confinement du printemps avait été traumatisant. Le nouveau confinement sera commencé à l’heure où nos lecteurs auront entre les mains cette édition papier, puisque la date de mise en place était annoncée pour ce jeudi à minuit. Il durera au moins quatre semaines. Autrement dit, le mois de novembre est d’ores et déjà plié pour tout ce qui concerne notre vie sociale, culturelle, familiale, religieuse. La période de tolérance expirera dimanche soir, puis toute la France va passer au régime du métro-boulot-dodo.

Un point sera opéré tous les quinze jours, et de nouvelles mesures seront éventuellement prises. Compte tenu des délais pour que le confinement infléchisse la courbe des contaminations, nous sommes partis pour un maintien de ces mesures sur une durée au moins égale à celle du premier confinement.

Les « assouplissements » du dispositif sont limités : les écoles resteront ouvertes, et les administrations aussi. Quant aux entreprises, elles seront incitées à fonctionner normalement, à l’exception des commerces et services « non essentiels ». Un confinement strictement identique à celui du printemps aurait pénalisé une génération d’écoliers et d’étudiants, et ruiné définitivement le pays. La fermeture (pour ne pas dire l’incurie) des services publics et l’incitation à stopper l’activité économique avaient constitué en effet les deux erreurs graves du confinement du 17 mars. Enfin les personnes âgées des maisons de retraite ne seront pas privées de la visite de leurs proches.

Cette fois, les autorités vont se contenter d’achever de tuer les commerces non essentiels (fleuristes, brocanteurs, prêt-à-porter, horlogers bijoutiers, etc.), les sociétés de services aux personnes, les agences de voyages, les cinémas, théâtres, entreprises de spectacles, parcs d’attractions, activités liées au tourisme, cafés, restaurants… Rien d’essentiel, certes, mais c’est tout ce qui fait le sel de la vie, l’art de vivre à la française.

On retrouve certaines des décisions erronées du premier confinement, comme la fermeture de commerces à faible fréquentation (qui appliquaient pourtant les règles de sécurité sanitaire depuis leur réouverture).

Ne pas multiplier les exceptions à un principe draconien et arbitraire

Et surtout nous ne savons rien de plus sur la manière dont se propage le virus. Plus de coiffeur ? Mais dans les transports en commun, la promiscuité restera de mise. Plus d’achat chez son quincaillier ? Mais les consommateurs pourront continuer à se presser chez Carrefour. Il est évident que la fermeture des cordonniers ou des librairies, par exemple, ne répond pas à des objectifs d’endiguement du virus, mais au souci de ne pas multiplier les exceptions à un principe draconien et arbitraire.

Macron n’a pas envisagé une résistance à ces mesures. Mais l’exaspération, la détresse des commerçants et des restaurateurs sont sensibles. Des filières professionnelles ont-elles pris leur parti d’une mort programmée ? Rien n’est moins sûr Et chez les 15-25 ans (peu contaminés, d’ailleurs) ? Cette classe d’âge va-t-elle subir passivement des contraintes qui sont en fait supérieures à celles du bracelet électronique que l’on impose aux criminels ? La France échappera-t-elle aux révoltes qui secouent nos voisins italiens ? Sans doute pas. Selon toute vraisemblance, nous allons assister à un violent mouvement de refus, qui fera apparaître les manifestations des Gilets jaunes « canal historique » comme de simples promenades de santé.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 29 octobre 2020

Appels à la décapitation, demande de rançons : résister aux menaces islamistes

Jérémie Bréaud est le maire nouvellement élu de Bron, ville de 38 000 habitants de la banlieue de Lyon. Cette ville a basculé à droite le 28 juin, après une très longue mainmise du PS et du PC. Jeudi matin, les habitants de Bron ont découvert des appels au meurtre peints sur les murs de la ville : « Jérémy Breaud on va te décapité » et aussi « Nik la mumu ». La mumu en question, c’est la police municipale. Ces menaces sont prises au sérieux, et le maire est désormais sous protection policière.

« Surtout, pas d’amalgame ! Des inscriptions sur un mur ne signifient rien. L’activisme sécuritaire agace quelques dealers locaux. C’est tout » : voici, en résumé, le discours que tentent de tenir quelques rescapés des gauches locales, surtout du côté des écologistes et des Insoumis. Mais les Brondillants (les habitants de Bron) prennent en fait ces menaces très au sérieux. Pendant et après le confinement, les quartiers islamistes avaient retenti de tirs de mortier, et la pratique des rodéos urbains lors de mariages y était devenue courante. Cette ambiance « séparatiste » avait pesé dans le choix électoral des habitants. D’après les syndicats de police, ces menaces de mort sont la suite logique de la volonté de rétablissement de la loi en ville : « Opérations stups qui dérangent, refus des dérives et rodéos lors de mariages… la fermeté ne plaît pas à la racaille. Les élus sont désormais des cibles. » Des témoins ont vu une vingtaine de « jeunes » peindre ces appels à la décapitation.

Que les tagueurs soient des vendeurs de drogue n’exclut ni la connexion avec des réseaux islamiques ni un risque de passage à l’acte. On sait que beaucoup de délinquants sont islamisés en prison. Et le trafic de drogue finance largement ce terrorisme, en France comme ailleurs.

« Barbarie de l’islam radical »

Voici donc qu’après la droite nationale, après la population de souche des « quartiers », une grande partie de la classe politique découvre à son tour l’islamisme. Blanquer évoque même « les ravages de l’islamo-gauchisme ».

Le jeune maire de Bron, parlant de « barbarie de l’islam radical », a tenu à dire que ces menaces ne l’impressionnaient pas. Il a porté plainte. Il y a dix jours, déjà, il avait été menacé de mort, après une opération antidrogue sur sa commune.

Ce vendredi, lors de l’émission Bistro Libertés de Martial Bild, sur TVLibertés, le débat avait porté notamment sur la décapitation. Certains participants pensaient qu’une fois l’émotion retombée, l’affaire Paty serait vite oubliée, comme l’avait été la décapitation de ce chef d’entreprise, dans l’Isère, en 2015. D’autres espéraient un réveil salutaire, une prise de conscience, et aussi, pour la génération des lycéens d’aujourd’hui, un traumatisme qui les vaccinera à vie. Ce sera peut-être en effet le cas.

Mais l’émotion ne va pas retomber, tout simplement parce que les islamistes, eux, ne vont pas en rester là. Le choc de la décapitation du professeur, la sidération des Français semblent entrer dans leur stratégie. Déjà plusieurs écoles, dont une à Vannes (Morbihan), ont été visées par des demandes de rançon pour échapper à des décapitations. Simple « opportunisme » de truands locaux ? Peut-être, mais c’est un processus terroriste classique (FLN, Vietcongs, Khmers rouges, etc.) : terroriser, rançonner pour faire taire les majorités.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 23 octobre 2020

La solution au terrorisme islamiste : censurer toujours plus les réseaux sociaux

L’idée fait son chemin : si les réseaux sociaux n’avaient pas relayé les appels à la haine, la fatwacontre le professeur Samuel Paty n’aurait peut-être pas été mise en œuvre. Alors les experts élyséens reviennent à la charge pour un meilleur contrôle des réseaux sociaux, Traquons les messages de haine, réactivons la loi Avia (en changeant la Constitution s’il le faut), poussons toujours plus les réseaux sociaux à appliquer le principe de précaution et à censurer tout écrit, tout propos suspect, et le terrorisme (islamiste et autre, mais quel autre ?) sera affaibli.

Le raisonnement est spécieux. Si les terroristes islamistes utilisent le téléphone, va-t-on généraliser les écoutes téléphoniques ? S’ils utilisent des couteaux de boucher, va-t-on fermer les boucheries ? S’ils tuent avec des camions (comme à Nice), va-t-on en revenir à la voiture à cheval ? « N’emmerdez pas les Français », s’exclamait dès 1966 le président Pompidou. C’est mal parti ! Car ces solutions, dictées par la lâcheté, cette censure généralisée sur les réseaux sociaux, vont « emmerder » les Français bien davantage que les terroristes.

La loi Avia est donc remise en selle. Mais le paradoxe est que cette loi visait officiellement, pour l’essentiel, la pédophilie et la « haine », cette « haine » étant le plus souvent qualifiée, dans les médias – et dans le projet de loi lui-même –, d’« islamophobie », de « racisme ». Or, parmi toutes ces « haines », seul l’islamisme tue, dans des crimes ciblés, qui peuvent viser non seulement des policiers, des prêtres, des journalistes satiriques et athées, mais aussi des instituteurs et des professeurs, c’est-à-dire des centaines de milliers de personnes.

Islamophobie : des réseaux terroristes derrière ce concept

Certes, les réseaux sociaux ont joué un rôle dans l’assassinat du professeur de Conflans-Sainte-Honorine. Mais, sans les réseaux sociaux, le meurtrier aurait-il pour autant été contraint de renoncer à son crime ? A entendre certains élèves à la sortie de l’école, lundi, la haine à l’égard du professeur n’en avait pas besoin pour s’exprimer, ni d’anonymat, l’âge de ceux qui approuvaient bruyamment le crime les mettant à l’abri de toute sanction.

Le gouvernement semble vouloir réorienter sa vigilance en direction du « cyberislamisme » ; de même en vient-il à découvrir que derrière ces organisations de lutte contre la prétendue islamophobie se cachent des réseaux islamistes et terroristes, qui manipulent ce concept avec la complicité d’une partie de la gauche française. La dissolution de ces organisations commence donc à être évoquée. Mais il sera plus difficile de dissoudre leurs complices, qui s’appellent CGT, SUD, Insoumis, UNEF, etc.

Même si Mélenchon tente un virage à 180° pour abandonner au plus vite ses positions communautaristes, personne n’a oublié et n’oubliera qu’il était en tête de la manifestation du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie, une manifestation organisée par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), association désormais qualifiable de terroriste, et que le gouvernement s’apprête à dissoudre.

La mort du professeur Paty n’aura donc pas été inutile si elle conduit à des mesures fortes, qui épargneront des vies. Reprendre ce pan du programme du RN, de l’ex-FN, d’Eric Zemmour, des Identitaires, bravo ! Mais il est bien tard. Et manque le volet immigration : la prise de conscience du lien direct entre islamisme et immigration. Dans cinq ans, peut-être ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 octobre 2020

Apprendre l’arabe à l’école pour combattre l’islamisme ?, par Francis Bergeron

Vendredi, Macron avait tenu son discours contre le « séparatisme », sifflé par la gauche, et applaudi par une partie de la droite. Mais le débat se prolonge sur un point précis de son intervention, qui pourrait ruiner le côté « droit dans ses bottes » du discours : c’est l’idée qu’il faudrait développer en parallèle l’apprentissage de l’arabe, à l’école et dans le cadre périscolaire.
On croyait pourtant que la majorité avait tourné le dos à la pratique si confuse et paralysante du « en même temps ». Darmanin, le dur de dur sur ces questions, Blanquer, le Jules Ferry du XXIe siècle, applaudissent pourtant des deux mains.

Les arguments du gouvernement sont les suivants : l’arabe est la cinquième langue du monde, il faut l’enseigner davantage. D’autre part il vaut mieux que son apprentissage se fasse dans des structures « maîtrisées » plutôt que dans des mosquées salafistes. Enfin la « culture plurielle » est une richesse qu’il faut valoriser. Mais l’intégration, qui est la grande question, la question de l’appartenance à une communauté de destin, passent le plus souvent par une langue commune, cette question est éludée.

Certes l’arabe est une belle langue, mais la possibilité de l’apprendre et de l’étudier est une option déjà ouverte. Et puisque l’arabe n’est que la cinquième langue du globe, n’est-il pas plus urgent d’apprendre d’abord les quatre premières, à commencer par le français, insuffisamment possédé et défendu par les Français eux-mêmes, trop souvent remplacé par un sabir anglo-arabe ? Quant à l’idée que la promotion de l’arabe éviterait aux jeunes de se rendre dans les mosquées salafistes, elle est pour le coup empreinte d’une grande naïveté. La bonne question est : que font des mosquées salafistes sur le territoire français ? Les fermer réglerait de façon plus radicale le risque d’endoctrinement islamiste. Quant au dernier argument, il est alambiqué : « la culture plurielle est une richesse » nous dit Macron, et enseigner l’arabe de façon plus systématique permettrait donc le développement de cette richesse…

« Une islamisation de l’Education nationale » (Luc Ferry)

L’ancien ministre de l’Education nationale de Chirac, Luc Ferry, a réagi assez violemment à ce qu’il avait déjà eu l’occasion d’appeler « une fausse bonne idée » : « C’est ridicule ! » a-t-il lâché, expliquant que c’était au contraire le meilleur moyen de favoriser « la prolifération d’écoles coraniques ou d’écoles confessionnelles ». Luc Ferry craint pour sa part « une islamisation de l’Education nationale ».

Curieusement les recettes que les adeptes du « laïcisme républicain » (Macron n’a eu que ces mots à la bouche pendant toute son intervention de vendredi) ont appliqué aux petits Français, sous la IIIe République, consistaient à leur interdire la pratique des langues régionales. Les petits Bretons, en particulier, furent les victimes d’une véritable discrimination, et d’une sorte de génocide culturel. Il s’agissait en fait, dans ces régions, d’arracher les enfants aux « superstitions », et plus globalement à l’influence de l’Eglise. Le nouveau « laïcisme républicain » commande donc à présent d’enseigner la langue qui véhicule l’islam, pour que les enfants ne fréquentent pas les mosquées islamistes. On a du mal à comprendre le raisonnement !

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 8 octobre 2020

Eric Zemmour – Lapidation politico-médiatique, par Francis Bergeron

« Voleurs, assassins, violeurs » : Zemmour met les pieds dans le plat.
Les Français ont découvert avec effroi que la récente action terroriste qui visait à nouveau Charlie Hebdo, et qui a fait deux blessés très graves, avait été commise par un soi-disant mineur pakistanais, âgé en fait de 25 ans. Et ils ont appris, écœurés, que le tueur avait néanmoins été pris en charge pendant trois ans au titre de « l’aide à l’enfance » (sic). Mais c’est Zemmour, parce qu’il s’en indigne, parce qu’il dit à voix haute ce que les Français pensent tout bas, qui subit un torrent d’injures et de haine, et qui fait l’objet d’une avalanche de nouvelles procédures judiciaires.

Grâce à Eric Zemmour, aucun Français n’ignore donc plus que le terroriste de la rue Nicolas-Appert a été pris en charge pendant trois ans à nos frais, en tant que « mineur non accompagné ». Aucun Français n’ignore plus que 40 000 « mineurs non accompagnés » constituent comme une 5e colonne dans notre pays, encouragés par leurs parents, pour certains d’entre eux, à assassiner des « mécréants ». Tous les Français savent désormais qu’il est pratiquement impossible de les expulser. Et grâce à Zemmour, les Français ont compris que ces soi-disant mineurs ne vivent que d’expédients, se transformant en « voleurs, assassins, violeurs ». C’est statistiquement vrai, car il leur faut bien vivre, se procurer de l’argent, avoir une vie « sentimentale » (sic).

S’ils étaient restés dans leur pays, ou s’ils y retournaient, il y aurait moins de vols, d’assassinats, de violeurs, c’est pour le moins une certitude statistique. Et c’est ce que dit Marine Le Pen, et ce que disent la plupart des responsables politiques de droite, dans un langage certes tout en prudences. Eric Zemmour, lui, ne s’encombre pas de circonvolutions : « Je pense aux femmes qui sont violées par ces gens-là, aux hommes qui sont assassinés par ces gens-là, aux Français qui sont trop brutalisés et traumatisés par ces gamins-là. Il faut penser aux Français avant les autres. »

Jusqu’à l’ancienne maîtresse de Hollande

Les propos de Zemmour ont provoqué une déferlante de protestations. SOS Racisme, association condamnée à de nombreuses reprises, notamment pour faux témoignages (2000), licenciement abusif (2013), escroquerie aux subventions (2015), vient d’annoncer un dépôt de plainte. Les dirigeants de LREM, Castaner, Schiappa, la LICRA, les associations du prétendu antiracisme et jusqu’à l’ancienne maîtresse de Hollande ont multiplié les menaces et les injures, ces dernières 48 heures.

Ce qui est reproché à Zemmour, c’est d’avoir exprimé le souhait que tous partent, Zemmour ayant aggravé son cas en insistant : « Tous, tous, tous. » C’est également d’avoir soutenu que la France ne devait pas hésiter à quitter la Cour européenne des droits de l’homme si c’était le seul moyen pour avoir le droit de renvoyer dans leurs pays d’origine ces mineurs et faux mineurs dits isolés.

Retrouvant les accents de l’extrême gauche, la LICRA appelle à censurer CNews : « La liberté d’expression n’est pas une liberté absolue. » La ministre en charge de l’égalité hommes-femmes, Elisabeth Moreno, réclame un châtiment. Mais on ne voit pas vraiment le rapport avec ses objectifs ministériels. D’autant que l’essentiel de l’immigration clandestine et l’essentiel des 40 000 soi-disant mineurs sont de sexe masculin.

Les plaintes viseraient donc les propos de Zemmour par lesquels il indique qu’il souhaite l’expulsion des mineurs isolés. Il est donc désormais interdit d’en débattre, et d’exprimer une opinion différente de celle de « l’élite républicaine » ? Au nom de quel texte de loi ?

L’UNICEF s’en mêle à son tour, et condamne Zemmour, car « les mineurs non accompagnés […] ont droit à une protection, quelle que soit leur origine ». Mais les Français, eux, n’auraient pas droit à une protection ? Ce sont eux dont Zemmour se fait le porte-parole. Le Parisien notait il y a quatre jours qu’en région parisienne plus de 6 000 mineurs clandestins et délinquants ont été interpellés, notamment pour cambriolages et vols (+ 40 %.) Les crachats et les menaces contre Zemmour ne peuvent rien contre cette réalité.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 octobre 2020

Bobigny : les étranges protections municipales pour la famille d’un tueur

Abdel Sadi, le nouveau maire communiste de Bobigny, s’est fait photographier avec l’une de ses administrées, une femme voilée nommée Lynda Benakouche. Cette femme n’est pas n’importe quelle intégriste islamique. Employée municipale de la ville, elle est la conjointe du tueur Christophe Soumbou, condamné en 2009 à 18 ans de prison (et libéré en juillet 2019) pour l’enlèvement, la séquestration (pendant trois semaines), la torture collective dans une cave de Bagneux, et le meurtre du jeune Ilan Halimi en 2006.

Le « gang des barbares », dirigé par le dénommé Fofana, et dont Soumbou était l’un des trois principaux « animateurs », comportait environ 25 membres. Criminalité et prosélytisme salafiste constituaient les deux activités essentielles du groupe. Ilan Halimi, 23 ans, avait été choisi au hasard, sur le seul critère de sa judaïté, l’objectif étant d’obtenir une rançon de sa famille. Mais les barbares – comme ils s’appelaient eux-mêmes –, l’avaient torturé puis assassiné. A Bagneux, une stèle, destinée à perpétuer le souvenir du jeune homme dans cette ville, est régulièrement saccagée. Ce gang des barbares a donc des disciples, des admirateurs. Et d’ailleurs, la plupart de ses membres ont retrouvé la liberté, aujourd’hui. Selon notre pointage, seul Fofana lui-même est encore incarcéré.

Mais inutile de dire que cette affaire a laissé des traces. Des traces qui ne semblent pas traumatiser outre mesure le maire de Bobigny. Car Abdel Sadi ne s’est pas fait piéger par l’épouse du tueur. Il n’a pas posé avec elle sans savoir qui elle était, puisque c’est une fonctionnaire territoriale de sa commune. Et d’autre part, l’ancienne municipalité (UDI) avait déjà été accusée d’exercer une sorte de protection à son égard, sans doute pour s’assurer une partie des voix des islamistes locaux, ou au moins une neutralité bienveillante.

Bobigny, préfecture de Seine-Saint-Denis, compte 52 000 habitants. Le 28 juin, au second tour des municipales, c’est donc la liste communiste menée par le dénommé Abdel Sadi qui l’a emporté avec 55 % des voix face à une liste centriste. Mais l’abstention avait été extrêmement forte (62 %) et Abdel Sadi et sa liste n’ont en fait obtenu que 4 600 voix. Avec 4 600 voix, une préfecture peut donc basculer, par exemple entre des mains islamo-communistes.

On peut s’interroger sur les protections de la femme du tueur

L’affichage de cette proximité entre la mairie communiste et la femme du tueur du gang des barbares fait quelques vagues. Le caractère clairement antisémite du meurtre commis il y a 14 ans favorise la publicité. Qui plus est, cette employée municipale est loin d’être une employée modèle. Et là aussi, on peut s’interroger sur l’indulgence à son égard, malgré des violences à l’égard d’une autre femme, et aussi à l’égard d’un élu.

La cour régionale des comptes avait d’ailleurs relevé qu’elle percevait des revenus bien supérieurs à ses compétences. Comme si son poste n’était qu’une forme de remerciement pour des services rendus (des services électoraux, s’entend). Cette situation troublante avait été pointée du doigt à l’encontre de l’ancienne municipalité. Mais la pratique semble se poursuivre avec le nouveau maire PCF, qui n’hésite donc pas à afficher son soutien à cette personne. Précisons toutefois que Lynda Benakouche n’a pas été condamnée dans le dossier du meurtre d’Ilian Halimi. Mais cette pratique de la préférence antinationale devient insupportable.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 18 septembre 2020