Hager Ameur : mélenchoniste et « agresseuse » de pompiers

pompiers

On tient enfin l’un des agresseurs et casseurs qui s’en prennent régulièrement aux militants de droite, aux policiers, pompiers, ambulanciers, et narguent la justice depuis tant d’années, sous l’appellation de black blocs ou « antifas ». Curieusement, ils sont rarement démasqués. Mais pour l’attaque contre un pompier, dimanche 1er mai, on sait tout de l’agresseur, qui est une « agresseuse ».

Elle s’appelle Hager Ameur. Elle a déjà été arrêtée plusieurs fois pour des actes violents. Elle s’en vante d’ailleurs sur son site. Dans ses messages sur son compte Instagram, elle fait figurer une photo d’elle en train de voter Mélenchon, avec des formules de soutien. Totalement fanatisée, elle multiplie depuis plusieurs années déclarations enflammées et poses guerrières.

Le 1er mai elle participait à la manifestation parisienne des mélenchonistes. Elle portait les attributs des street medics : casque orange, sac à dos rouge avec une croix blanche. Elle portait en outre un pantalon camouflé. Elle était donc assez facilement identifiable. Ancienne infirmière, cette femme hystérique de 38 ans se présentait comme volontaire, capable de porter secours aux personnes blessées pendant la manifestation. Sans doute pensait-elle à des victimes de violences policières… mais pas aux pompiers attaqués, puisque c’est elle qui a commis cette agression, filmée et dont la vidéo a été vue de façon virale.

Alors qu’un pompier éteint un feu allumé par les black blocs, qui endommage du mobilier urbain et pourrait se propager à un immeuble, on la voit le prendre à partie, tenter de lui arracher des mains sa lance à incendie, puis le frapper à plusieurs reprises. Selon les témoins, elle hurlait : « Tu vas pas éteindre le feu ! », ou encore : « On va te défoncer comme en 2019 ! » Elle faisait allusion à des violences auxquelles elle avait participé à l’époque. Le synonyme de « défoncer quelqu’un », c’est le passer à tabac, le démolir, l’éventrer. Les choses sont claires.

Refus de répondre aux questions

La police n’a guère eu de mal à retrouver sa trace et l’a arrêtée le soir même non loin de là. Elle devait être présentée aux juges ce mercredi, ses avocats prévoyant de demander le renvoi de l’affaire afin d’étayer le dossier en défense. Lors de son interrogatoire, elle avait refusé de répondre aux questions. Sur plainte du pompier, et sur décision du parquet, elle est poursuivie pour une somme de délits : « violences », « outrage », « rébellion », « participation à un groupement en vue de commettre des violences », « entrave à l’arrivée des secours destinés à combattre un sinistre dangereux », etc. Ces actes peuvent être sanctionnés à hauteur de 45 000 euros d’amende et trois ans de prison.

Lundi, sur C8, son compagnon, un habitué des plateaux de télévision, a indiqué qu’elle ferait sans doute des excuses si on l’invite à s’exprimer dans les émissions…

Un collectif d’avocates a pris sa défense, s’indignant que son nom ait été divulgué. Car, en principe, seuls les noms de militants d’extrême droite sont jetés en pâture à la presse. Et les prénoms à consonance étrangère sont généralement remplacés par des Benoît ou des Isabelle, ce qui n’a pas été le cas pour elle…

Les violences de dimanche ont fait l’objet de condamnations quasi unanimes. Pour l’agression commise par Hager Ameur, Mélenchon a parlé d’« acte absurde », degré le plus faible dans la hiérarchie des condamnations ! Il n’a d’ailleurs pas formulé d’excuses au jeune pompier, malgré les engagements de « l’agresseuse » à ses côtés.

A l’issue des violences de dimanche, à Paris, où huit policiers avaient été blessés, 47 personnes ont été interpellées, mais la Préfecture n’a pas communiqué sur les suites données, ce qui fait supposer des libérations le soir même. Rappelons que, pour le simple port d’une pancarte portant le mot « Qui ? » au cours d’une manifestation pacifique, la jeune militante nationaliste Cassandre Fristot avait été condamnée à six mois de prison.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 5 mai 2022

« Bon Aïd ! », chers remplaceurs, par Francis Bergeron

La République a célébré avec faste la fin du ramadan ce lundi. « Aïd Moubarak ! », autrement dit « bonne fête de l’Aïd ! » en arabe. Cette phrase, consciencieusement apprise, tous les officiels se sont précipités pour la formuler aux autorités religieuses censées représenter les 5,4 millions de musulmans vivant légalement en France (chiffre de 2020), hors clandestins.

L’Aïd marque la fin du jeûne, période pendant laquelle il est interdit de manger et de boire dans la journée. Il s’agit de l’un des cinq piliers de l’islam. Très curieusement, alors qu’il y a officiellement séparation de l’Eglise et de l’Etat depuis 1905, il s’opère actuellement un rapprochement progressif de la mosquée et de l’Etat. Du moins est-on autorisé à le penser quand on apprend que, dans de nombreuses villes, les édiles ont tenu à marquer de leur présence la fin de l’Aïd, et ont souvent prononcé des paroles de soutien et de partage de ce moment important pour les musulmans.

Ainsi, dans la ville de Saint-Denis, le maire socialiste, Mathieu Hanotin, a-t-il rendu visite aux 6 000 musulmans réunis au stade Auguste-Delaune. Le stade porte le nom d’un dirigeant du Parti communiste tué par l’occupant en septembre 1943. Delaune avait dirigé les associations sportives du PC, affilées à l’Internationale du sport rouge (sic !). Dans la famille Delaune, on était anticlérical de père en fils, et on proclamait haut et fort, en chantant L’Internationale, qu’il n’y avait pas de sauveur suprême et, en citant Karl Marx, que la religion était « l’opium du peuple ». Curieusement le stade qui porte donc le nom d’un militant qui fut athée, anticlérical, laïciste, et adepte de Staline et de ses persécutions antireligieuses (chrétiennes comme musulmanes, d’ailleurs) est mis à la disposition des fidèles pour une fête religieuse. Plus étonnant encore, le maire vient donner sa bénédiction. Ni l’Union rationaliste ni les loges de la ville n’y trouvent à redire.

S’agit-il de purs clientélismes, à l’approche des élections législatives ? Ou l’islam est-il en train de devenir nouvelle religion d’Etat, du moins à Saint-Denis, la ville de la basilique des rois de France ?

Si vous cherchez à savoir combien le département de Seine-Saint-Denis compte de musulmans, c’est le chiffre de 700 000 qui est le plus souvent donné, sur un total d’environ 1 700 000 habitants. Ce chiffre de 700 000 musulmans tourne sur les réseaux sociaux et dans les débats politiques depuis une bonne dizaine d’années, aucune réactualisation n’a été opérée depuis lors. Comme si l’immigration (officielle ou clandestine) était stoppée dans le département depuis ce temps-là !

Deux journalistes du Monde, qui avaient enquêté sur la question, avaient été interrogés en 2018 par un journaliste qui leur faisait le reproche d’avoir écrit que la moitié de la Seine-Saint-Denis serait désormais composée de musulmans : « Comment arrivez-vous à cette statistique, alors que les statistiques précises sur le sujet sont impossibles et interdites en France ? » Oui, vous avez bien lu : impossibles et interdites…

Les deux journalistes du Monde évoquaient des recoupements, mais surtout constataient que l’islam s’impose désormais dans le département, et dans la ville de Saint-Denis, en tant que norme sociale de la vie publique. Avec la bénédiction des politiciens locaux.

Autre exemple : Grenoble. La fin du ramadan a été célébrée à l’Alpexpo, sous une grande halle de ce parc : jamais un tel rassemblement islamique n’avait eu lieu dans cette ville, 12 000 à 15 000 personnes. A cette occasion, le maire (écologiste) a annoncé que les piscines de la ville accueilleraient désormais les femmes en burkini. Même Wauquiez et Darmanin ont protesté ! Mais rien n’y fait, la mairie préfère se faire sciemment le promoteur de ces nouvelles normes sociales islamistes, plus payantes désormais en matière électorale.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 3 mai 2022

Qui a peur de la liberté d’expression ? – Twitter libéré, Netflix en chute. Est-ce la fin de la dictature conformiste ?

liberté d'expression

Le rachat du réseau social Twitter par le milliardaire Elon Musk provoque un raz-de-marée dans l’univers des « wokes » et autres « antifascistes ». Le magnat sud-africain est en effet un adepte de la liberté d’expression totale, y compris pour les conservateurs. Les bien-pensants s’inquiètent.

Le quotidien bruxellois Le Soir, chef-d’œuvre du politiquement correct, publiait mercredi, en page deux, un dessin de presse représentant le milliardaire américain Elon Musk ouvrant une cage à oiseaux. Et de cette cage s’envolaient couteaux, têtes de mort, bombes et croix gammées. Musk vient d’acheter l’entreprise Twitter (cf. Présent du 15 avril), et le dessin est censé illustrer l’indignation du « camp du bien » : le milliardaire prétend en effet supprimer la censure sur Twitter, rétablir la liberté. Rappelez-vous : le président Trump avait lui-même été chassé de Twitter, et ses 90 millions de « suiveurs » avec lui. Dorénavant, sous-entend donc Le Soir avec ce dessin de presse, les nazis vont pouvoir s’exprimer librement. L’achat de Twitter par Elon Musk indigne la gauche planétaire, car l’homme est pro-républicain et il a clairement dit qu’il entendait s’attaquer à cette censure de plus en plus insupportable. Compte tenu de la force de frappe financière qu’il représente, ce ne sont certainement pas les Sleeping Giants et autres structures gauchistes sponsorisées par Soros qui vont pouvoir faire taire le « Twitter libéré ».

En Europe aussi, cette acquisition de Twitter a fait l’effet d’un coup de tonnerre. « L’extrême droite » va pouvoir parader partout, s’indignent les médias gauchistes et du service public. Mais, pour ce qui concerne la France, ils tentent néanmoins de rassurer leur public en expliquant que la suppression de la censure, des systèmes de filtrage, pilotés d’ailleurs par les médias sociaux eux-mêmes, par délégation de pouvoir du gouvernement, sera très difficile. Il n’empêche que la censure de Twitter va être plus difficile à pratiquer, car désormais contraire aux valeurs de l’entreprise.

Pour Netflix, la reine d’Angleterre était noire, et la moitié de la cour aussi. Au XIXe siècle !

Une seconde mauvaise nouvelle a secoué le monde des réseaux sociaux : Netflix, le diffuseur de séries et de films payants, connaît pour la première fois de son histoire un recul du nombre de ses utilisateurs et donc de son chiffre d’affaires. C’est Pierre Boisguilbert qui nous raconte cela sur le site de Polémia : 200 000 personnes se sont désabonnées, alors que le marché anticipait au contraire un gain de 2,5 millions d’inscrits. De ce fait, le cours de l’action a littéralement plongé : − 25 % ! Pourquoi cette dégringolade est-elle une bonne nouvelle ? Parce que les séries de cette chaîne sont honteusement truquées, la vérité historique bafouée, tout cela au nom d’un prétendu antiracisme, d’une prétendue lutte contre l’homophobie. Le politiquement correct qui est imposé dans les films historiques est spécialement grotesque. La cour d’Angleterre racontée dans La Chronique des Bridgerton, série historique se passant au XIXe siècle, tente par exemple de nous faire croire que la reine d’Angleterre était noire, que la moitié de la cour l’était aussi. La lutte contre les préjugés raciaux doit-elle vraiment passer par de tels trucages et anachronismes ? Pour lutter contre l’homophobie, les séries comportent toutes, désormais, des couples homosexuels, les hétéros deviennent l’exception. Favoriser la normalisation de ces pratiques, pourtant ultra-minoritaires, devient le principal objectif de ces films, et Netflix multiplie donc les scènes de sodomisation et autres. Ce qui choque les familles, et a suscité ce mouvement de retrait de la chaîne. Entre les films, les coupures publicitaires sont désormais, elles aussi, racialisées et mettent en scène de couples homos.

Pour l’instant, Netflix ne veut pas reconnaître d’où vient son problème de désabonnements, craignant que l’explication soit elle-même interprétée comme une marque d’homophobie ou de racisme…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2022

Sociologie d’une élection : la France en instance de divorce

election fracture

L’étude des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle fait apparaître une France plus fracturée que jamais. D’un côté, les métropoles bourgeoises qui votent massivement Emmanuel Macron, de l’autre la France périphérique et rurale, plus précaire, qui plébiscite Marine Le Pen. Une rupture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation libérale qui pourrait aboutir à un divorce définitif, voire à une forme de sécession.

Après la déception, les raisons de se réjouir

Dimanche soir, chez les macronistes, ce n’était pas l’euphorie des grandes victoires : trois mille personnes seulement sur le Champ-de-Mars pour applaudir leur champion et son discours de quelques minutes. Lundi, la une du Monde était alarmiste : « L’extrême droite à un niveau historique ». Malgré un « front républicain » reconstitué, la droite nationale s’est enracinée à un niveau historiquement élevé.

Quand on regarde la carte de la France mariniste du 24 avril, on voit clairement qu’il existe à présent des terres, des régions entières acquises au vote RN : pratiquement toute la ruralité, le nord et l’est de la France, à part l’Alsace, le centre, le Bordelais (sauf Bordeaux) et la vallée de la Garonne, tout le pourtour méditerranéen, de Perpignan à Menton, et aussi la Corse et les DOM-TOM. « Le Pen construit son avancée », note Le Monde qui relève qu’une trentaine de départements ont donné une majorité au RN. L’électorat de Marine est celui qui se répartit de la façon la plus homogène sur le territoire français : la candidate du RN est arrivée en tête dans 18 100 communes sur les 35 000 du pays. Mais bien évidemment toutes les communes ne se valent pas par la taille : à Paris et dans la région parisienne, le vote Macron s’est fortement imposé, de même que dans les grandes villes, ainsi qu’en Bretagne et chez les Français de l’étranger. Quant au vote Mélenchon du premier tour, il avait concerné pour l’essentiel les villes réputées de gauche et les banlieues de beaucoup de villes, là où les substitutions de population sont en cours. Mélenchon avait aussi fait ses meilleurs scores dans les prisons. Enfin, en Bretagne et dans un petit tiers du sud de la France, le candidat LFI avait dépassé sa moyenne nationale.

L’électorat des partisans de Macron et de Mélenchon est plus concentré géographiquement. C’est un atout pour les législatives de juin, mais c’est aussi le risque d’une accentuation des fractures du pays : les villes contre la ruralité, la bourgeoisie aisée, les gagnants de la mondialisation contre les campagnes, les oubliés des technocrates parisiens. Cette fracture-là transcende désormais les clivages droite/gauche. Elle explique par exemple le vote des Antillais qui avaient placé Mélenchon largement en tête des douze candidats, puis, deux semaines plus tard, ont offert un triomphe à Marine Le Pen.

Jeune, actif ou… chômeur, populaire

Quel portrait peut-on dresser de l’électeur RN, et quelles sont les caractéristiques des régions qui ont placé Marine Le Pen en tête ? Cette France-là englobe les régions au pouvoir d’achat le plus faible, les régions des déserts médicaux et industriels. Mais c’est aussi la France de la confrontation avec les grandes vagues d’immigration : comme la côte méditerranéenne, ou l’est du Bassin parisien.

L’électorat du RN est jeune, actif ou… chômeur, populaire, ayant des revenus modestes. Le contraste est évidemment fort avec celui de Macron : retraités des grandes villes et des banlieues aisées, cadres, la tranche de population la plus privilégiée. Pour un peu, on pourrait parler de reconstitution d’une lutte des classes, si ce concept marxiste avait quelque valeur.

La sociologie des partisans du RN n’est donc pas celle des macronistes ni même celle des mélenchonistes (fonctionnaires, habitants des zones urbaines et périurbaines). Elle ressemble davantage à celle du PC des années Waldeck Rochet ou Duclos. Mais, curieusement, la détresse des nordistes, des Lorrains confrontés à l’extension des friches industrielles ou des « souchiens » marginalisés par l’immigration de peuplement ne suscite pas la commisération des nouveaux prêtres-ouvriers, des pouvoirs publics, et des artistes et intellectuels « engagés », mais plutôt un mépris teinté d’inquiétude pour ces « prolos-fachos ».

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 avril 2022

Consigne : minimiser les violences urbaines jusqu’à dimanche soir

Jamais la France n’a été aussi calme, à en croire les médias. Des violences continuelles en Seine-Saint-Denis depuis le 26 mars ? Ça se saurait ! Des incendies criminels et le saccage du centre de Rennes la semaine dernière ? Ah bon ? Des dizaines de voitures incendiées ou saccagées à Laval ? « Nous restons dans le dialogue », se réjouit le maire PS. Mais, mezzo voce, tout le monde craint le pire pour le 24 au soir. Quel que soit le gagnant.

Les émeutes de Laval, dans la nuit de samedi à dimanche, ont été spectaculaires. C’est tout le quartier Saint-Nicolas, à l’est de cette ville de moins de 50 000 habitants, qui s’est embrasé. Tout a commencé – comme souvent – avec l’interpellation d’un jeune délinquant. Aussitôt un groupe d’adolescents et d’hommes issus de la diversité, comme on ne dit même plus, ont entrepris de mettre la ville à sac, de piller des boutiques, d’incendier des voitures, de crever les pneus. « On n’a pas dormi, témoigne une habitante auprès du correspondant du Figaro. On entendait sans cesse des motos, des pétards… Quand je suis sortie, à 6 h du matin, ça flambait encore. On aurait dit une scène de guerre. Maintenant, j’ai peur. » Les véhicules détruits sont ceux de la municipalité, du conseil départemental, et d’une association d’aide aux handicapés.

Le maire PS, Florian Bercault, s’est efforcé de minimiser les émeutes, évoquant des problèmes de logement, d’emploi, d’intégration. Curieuse façon de tenter d’améliorer les choses… Reprenant des formules qui étaient en vogue il y a vingt ou trente ans, mais que l’on sait aujourd’hui totalement inadaptées, le maire a expliqué qu’il fallait « continuer évidemment à être dans le dialogue, pour permettre à chaque Lavallois de trouver sa place dans la ville », ou encore que « la violence doit être source d’interrogation des politiques publiques à mener ».

Selon nos correspondants dans la région, les formules creuses et faussement naïves du maire sont très mal passées. Le préfet comme des élus de la majorité départementale, pourtant de centre droit, n’ont pas eu de mots assez durs pour condamner ces agressions, ces saccages gratuits, mais aussi les programmes de sécurité spécialement défaillants. Laval est une ville moyenne et cette généralisation des émeutes urbaines dans des communes de cette taille, dans des régions rurales, est une nouveauté.

Les syndicats dénoncent à l’avance toute récupération

A Rennes, les saccages et les menaces de mort de la semaine dernière à l’encontre de notables d’opposition continuent à faire couler beaucoup d’encre. En Seine-Saint-Denis, destructions et violences se poursuivent depuis le 26 mars. On a appris seulement mardi qu’une femme professeur du collège Fabien à Saint-Denis, avait été attaquée vendredi par un élève, pendant son cours. Les syndicats ont dénoncé « le manque de moyens », et mis en garde contre « toute récupération de cet événement » (sic !).

Notons au passage qu’il est difficile de « récupérer » des « événements » soigneusement cachés à l’opinion publique, semaine préélectorale oblige.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 avril 2022

Présidentielle 2022 – Dernière ligne DROITE

zemmour le pen

Pendant qu’Éric Zemmour remplissait le Trocadéro, une agression de plus avait lieu contre le camp national en Guadeloupe, où Marine Le Pen a été violemment prise à partie. Aux deux candidats de la droite ne restent que 15 jours pour déjouer les sondages et convaincre les abstentionnistes, tout est encore possible.

Reportage : Éric Zemmour au Trocadéro

C’est sous un soleil de plomb, plus que printanier, que Reconquête a tenu sa grande réunion parisienne. Y avait-il autant de monde qu’au défilé des mélenchonistes, la semaine dernière ? C’est difficile à dire car, pour ce défilé-là, les médias avaient pris pour argent comptant les 100 000 manifestants revendiqués par Mélenchon ; le « dispositif de comptage objectif » qui avait été mis au point par plusieurs médias depuis quelques années semble avoir fait naufrage, car il n’est plus jamais mis à contribution. C’était pourtant une bonne idée.

Au rassemblement du Trocadéro il n’y avait sans doute pas 100 000 personnes. D’ailleurs il s’agissait essentiellement de Parisiens. Nous n’avons pas vu ces cohortes de plusieurs centaines d’autocars venant de toute la France, qui envahissent la capitale lors des très grands rassemblements (Manif pour tous, 1er mai, etc.).

Mais il y avait néanmoins énormément de monde, en tout état de cause. 40 000 personnes, 50 000 peut-être. J’ai parcouru en tous sens (avec quelque difficulté, compte tenu de la densité de la foule) cette immense place du Trocadéro, mais n’ai rencontré qu’une seule personne que je connaissais, Dominique, l’ancien patron du restaurant Les Ronchons !

En tout état de cause, il s’agissait bel et bien du plus grand rassemblement de la droite française, toutes tendances confondues, de cette présidentielle. Un public très jeune, très déterminé aussi.

Les slogans qui enflent comme une houle

De 14 heures à 15 heures, des personnalités se sont succédé à la tribune, histoire de chauffer la foule. Les drapeaux qui s’agitent, les slogans qui enflent comme une houle puis sont repris par les participants, rien que cela vaut le déplacement.

Parmi les intervenants, Philippe de Villiers a été accueilli par un « joyeux anniversaire », repris par des dizaines de milliers de voix, événement peu banal ! Vérification faite, il est né un 25 mars.

Guillaume Peltier nous a récité du Victor Hugo.

Marion Maréchal a eu droit à une ovation colossale. Même les policiers avaient sorti leurs smartphones pour la photographier !

Les prises de parole de parents de victimes d’attentats islamistes furent terriblement émouvantes. « Plus jamais ça ! », clamait la foule.

Enfin Zemmour a parlé, une heure et demie, sans notes. La symbolique du Trocadéro était évidente : de Gaulle s’était exprimé là en 1944, après la remontée des Champs-Elysées. En 2017, les fillonistes avaient tenu à cet endroit un rassemblement réussi, mais insuffisant toutefois pour changer le cours d’une histoire dictée par Le Canard enchaîné. Trocadéro, c’est une victoire française, et la statue du rond-point est celle du maréchal Foch.

Eric Zemmour a donc cherché à redonner confiance aux militants. Pari réussi ? Sans doute, car tout le monde veut croire à une sous-estimation des évaluations. La réponse n’est plus qu’une question de jours.

Jadot, Mélenchon, Roussel : les derniers grands meetings

Ce même dimanche, Jadot tenait sa plus grande réunion, à Paris également, devant 3 500 personnes, ce qui constitue pour les écolos un pic de mobilisation sans précédent… mais, néanmoins, de modeste envergure. Mélenchon a réuni ses partisans à Marseille, mais a paru désabusé : « Les quartiers populaires, s’ils ne se déplacent pas, c’est fini pour moi », a-t-il déclaré à une chaîne de radio à cette occasion. Quant à Roussel, il tenait une réunion à la halle aux grains de Toulouse, mais le grain à moudre se fait rare pour lui. Après un léger frémissement électoral il y a un mois ou deux, il est en effet victime du vote utile qui porte les sympathisants communistes à donner leur voix au candidat de LFI. Quant à Pécresse, covidée, elle est restée invisible, cette fin de semaine, et personne, dans son camp, n’a pris le relais. La campagne électorale est pratiquement close, désormais, pour eux en tout cas.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 mars 2022

« Faut-il considérer la Russie comme un ennemi ? » – Entretien exclusif avec Bruno Mégret

Bruno Mégret

Bruno Mégret, polytechnicien et haut fonctionnaire, est ancien député et député européen. Venu du RPR, numéro deux du Front national puis président du MNR, il a été au premier plan des débats publics. Aujourd’hui en retrait de la vie politique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont, récemment, Le Temps du phénix (Ed. Cité Liberté).

— Pour Polémia, vous avez développé, à propos de la crise ukrainienne, une vision assez pessimiste, aussi bien pour les Russes et les Ukrainiens que pour les Européens. Dans cette confrontation, où de nombreux pays tendent à s’impliquer, à qui profite le crime ?

— Le crime ne profitera sans doute pas principalement à la Russie. Celle-ci se trouve en effet durablement diabolisée et marginalisée et subit des sanctions qui vont durement pénaliser son économie. Il n’est donc pas certain que les avantages que Poutine compte tirer de l’occupation de l’Ukraine compensent les inconvénients qui en résulteront pour la Russie. Cette guerre ne va pas non plus servir l’Europe, laquelle s’est révélée impuissante à l’empêcher par la voie diplomatique. De plus, les sanctions économiques majeures prises dans l’urgence à l’encontre de la Russie risquent par contrecoup d’affaiblir notre économie et d’obérer encore davantage le pouvoir d’achat des Français.

En revanche, les Américains vont quant à eux bénéficier des retombées géopolitiques de cette guerre. Leur ennemi russe est diabolisé, rejeté et isolé, du moins dans le monde occidental. Le fossé qui s’est creusé entre la Russie et l’Europe va empêcher durablement la constitution d’un pôle de puissance européen de l’Atlantique à l’Oural dont les Etats-Unis ne veulent à aucun prix. Enfin, cette guerre renforce l’Otan, l’organisation qui assure la domination américaine sur l’Europe. Laquelle apparaît de nouveau aux yeux de nombreux pays européens comme indispensable à leur sécurité.

On comprend mieux dès lors pourquoi les Etats-Unis ont refusé toute concession à Poutine tout en annonçant qu’ils n’enverraient pas un seul soldat américain défendre l’Ukraine, poussant ainsi les Russes à commettre l’irréparable, un peu comme ils avaient poussé Saddam Hussein à envahir le Koweït pour déclencher la première guerre d’Irak. Ajoutons bien sûr que, dans cette tragédie, c’est l’Ukraine, dont les dirigeants n’ont pas eu la sagesse d’adopter pour leur pays un statut de neutralité, qui va payer en morts, en blessés et en destructions le prix fort de cette guerre.

— Vous semblez penser que l’Europe risque d’être affaiblie par ce conflit. Mais l’U.E. n‘a-t-elle pas trouvé enfin une cause et surtout un ennemi, susceptible de relancer la dynamique européenne, comme la menace soviétique avait facilité sa construction ?

— La menace soviétique avait surtout facilité la mise sous tutelle américaine de l’Europe, conduisant alors quelque 350 millions d’Européens à faire appel à 230 millions d’Américains pour les protéger contre 270 millions de soviétiques. Mais, à l’époque actuelle, faut-il considérer la Russie comme un ennemi ? Alors que notre monde est devenu multipolaire et que résonne le choc des civilisations, la Russie ne procède-t-elle pas comme nous de la civilisation européenne et chrétienne ? Et l’ennemi ne se situe-t-il pas plutôt dans le monde arabo-musulman où certains cherchent à imposer sur notre sol leur propre civilisation en lieu et place de la nôtre ?

— Vous craignez qu’il en découle un renforcement de l’Otan. Mais ne vivons-nous pas au contraire les balbutiements d’une vraie Europe de la Défense, Allemagne comprise (ce qui, pour le coup, serait une première) ?

— On assiste, il est vrai, à une prise de conscience de la réalité des rapports de force dans les relations internationales, ce qui conduit certains pays d’Europe à vouloir augmenter leurs dépenses militaires. On ne peut que s’en réjouir, mais, que je sache, tous ces pays n’envisagent cet effort que dans le cadre de l’Otan, ce qui conduira bien à un renforcement de cette organisation entièrement dominée par les Américains et non à la création d’une puissance militaire européenne indépendante. D’ailleurs, quels avions les Allemands ou les Polonais achèteront-ils ? Le Rafale français ou son équivalent américain ? On connaît déjà la réponse !

Propos recueillis par Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2022

Ukraine : des couloirs humanitaires sans issue

Ukraine paix

Les premières négociations entre Kiev et Moscou avaient pour but de mettre en place des couloirs humanitaires pour évacuer les civils de Kiev, Marioupol, Soumy et Kharkiv, quatre villes qui subissent des bombardements et qui s’attendent à une attaque au sol. Mais même cette mesure tourne à l’épreuve de force, car quatre des six couloirs proposés par Moscou conduisent à Moscou et à la Biélorussie.

Kiev estime que les civils qui fuient les zones de conflit doivent pouvoir choisir leurs lieux de refuge, et que la plupart d’entre eux ne tiendront pas spécialement à gagner la Biélorussie, semi-dictature alliée de Moscou, où Lénine reste honoré, ni Moscou même.

Les couloirs humanitaires peuvent jouer un autre rôle, qui n’a guère été évoqué par les commentateurs : la possibilité de faire parvenir aux assiégés du matériel médical, des convois alimentaires. Mais ces mêmes couloirs pourraient aussi être utilisés pour acheminer des armes. C’est l’une des explications aux difficultés pour trouver un accord.

Lundi, le Haut Commissariat aux réfugiés comptait plus d’un million sept cent mille personnes déplacées. Sur une superficie plus importante que la France, l’Ukraine a un tiers d’habitants de moins que notre pays, et la population est davantage dispersée sur le tout le territoire ; mais environ quatre millions de personnes pourraient être poussées à fuir les théâtres des opérations en cours. Autant dire que ces couloirs humanitaires sont susceptibles de sauver de nombreuses vies.

Les premiers essais de leur mise en place ont échoué, chaque partie renvoyant la responsabilité de l’échec sur l’autre partie. Mais, selon la Croix-Rouge, les barrages et les mines sur les axes de communication constituent une vraie difficulté.

D’heure en heure la situation peut évoluer dans un contexte où tant les autorités de Moscou que celles de Kiev sont susceptibles de dissimuler la vérité. Lundi, Kiev parlait d’une « manipulation » de Moscou à propos de ces couloirs. Or, qui dit évacuation de civils dit cessez-le-feu temporaire, sur la voie d’acheminement des évacués, mais aussi en amont de cette voie, pour que les civils acceptent de quitter les caves et les abris ou ils se terrent, de se rassembler, d’être transportés en dehors du champ de bataille annoncé.

Les autorités russes ont indiqué que des corridors sécurisés avaient enfin été ouverts, et ceci sur demande personnelle du président français à l’occasion de l’entretien qu’il avait eu dimanche avec Poutine. Mais la présidence de la République démentait l’information quelques heures plus tard.

Les Ukrainiens fixaient le préalable d’une évacuation via la ville de Lviv, proche de la frontière polonaise, à l’ouest, et pas par la Russie ou via son allié biélorusse.

La France elle-même semble progressivement entraînée dans le conflit

Moscou accusait pour sa part les dirigeants ukrainiens d’utiliser les civils comme bouclier humain. Macron s’en est pris au « discours hypocrite » de Moscou, « au cynisme moral et politique » des dirigeants russes.

Tout cela ne sent pas bon, une catastrophe humaine n’est plus à exclure. La France elle-même semble progressivement entraînée dans ce conflit.

Lueur d’espoir : un cessez-le-feu était enfin officialisé, du moins par Moscou, ce mardi à partir de 9 heures – heure française –, pour l’évacuation des civils. Seraient concernés les habitants de Kiev, Soumy, Marioupol, Kharkiv et Tcherniguiv. Vers l’ouest ou vers le nord et l’est ? De la réponse à cette question dépend sans doute le volet humanitaire d’une guerre qui, elle, va continuer et devrait même se durcir encore.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 8 mars 2022

Eric Zemmour au sujet de la guerre en Ukraine – Pousse au crime ?, par Francis Bergeron

zemmour

Eric Zemmour était lundi sur RTL. Il a bien évidemment été interrogé sur l’agression russe. Comme toute la classe politique, il s’est bien indigné de cette attaque, et a mis clairement en cause le président Poutine : « C’est l’agresseur. C’est le seul coupable. Il a décidé d’agresser et de ne pas respecter la souveraineté ukrainienne. »

Le candidat de Reconquête a également reconnu avoir « dit une bêtise », en décembre dernier, quand il s’était dit prêt à parier que la Russie n’attaquerait pas l’Ukraine. « Tous les experts le disaient, j’aurais dû être plus lucide. » Cette autocritique, Présent peut la faire aussi, même si notre correspondant en Pologne était plus inquiet que nos lecteurs – et depuis longtemps – sur la dérive poutinienne. Mais qui aurait pu imaginer que Poutine – à qui tout avait réussi jusqu’alors – commette une telle erreur ? Vingt-deux ans d’affilée au pouvoir, accompagnés d’une élimination progressive des contre-pouvoirs, pouvaient laisser craindre un grave dérapage, à la longue. Nous y sommes.

Le mea culpa de Zemmour est néanmoins accompagné de quelques analyses qui détonnent dans l’unanimisme ambiant. Voulant « voir plus loin que l’émotion », Eric Zemmour a en effet tenu à rappeler la responsabilité de l’OTAN (mais certes pas sa culpabilité) dans le coup de force de Poutine. Il a taclé au passage Jean-Yves Le Drian pour ses propos de jeudi dernier présentant l’OTAN comme une puissance nucléaire à part entière. S’il avait voulu jeter de l’huile sur le feu, c’était ce qu’il fallait dire. D’où l’immédiate « montée aux extrêmes nucléaires ».

En planifiant une sorte d’encerclement de la Russie, l’OTAN – c’est-à-dire les Etats-Unis, en dernière analyse – a contribué à réveiller chez Poutine une nostalgie de cette URSS qui, dans le cadre d’un « équilibre de la terreur », faisait jeu égal avec les Etats-Unis, certes au prix d’un asservissement du pays, et des pays voisins, prétendument souverains, au sein du pacte de Varsovie.

Une situation qui rappelle un peu la responsabilité de la SDN dans l’évolution de l’Italie de Mussolini, à l’occasion de l’affaire d’Ethiopie Avec à la clé, on s’en souvient, un rapprochement de l’Italie et de l’Allemagne, la constitution d’un « axe », et une guerre mondiale, pour finir. Voilà une référence historique assez peu rassurante.

Les comportements des chefs d’Etat autocrates

Sans doute l’analyse d’Eric Zemmour est-elle trop subtile pour les spécialistes de géopolitique, mais ils devraient savoir que dans ce domaine ni les idéologies ni les évidences ne dictent obligatoirement les comportements de chefs d’Etat autocrates.

Cette réflexion de Zemmour a néanmoins suscité une avalanche de commentaires hostiles, notamment ceux d’un sous-ministre de Macron, le dénommé Clément Beaune, qui évoque « une faute, une folie ».

De même, concernant la question des réfugiés, Eric Zemmour s’est distingué du discours des autres politiques, comme de celui des commentateurs : il s’est en effet opposé à l’accueil de réfugiés ukrainiens en France : « Je pense qu’il nous faut aider les Polonais à les accueillir, je préfère qu’ils soient en Pologne. Ils pourront plus facilement rentrer chez eux quand la guerre sera finie. » C’est une réflexion de bon sens. Le maintien des réfugiés dans des pays limitrophes est logique. On a vu la folie – meurtrière – que de vouloir accueillir à tout prix des réfugiés afghans en France. C’était un non-sens, une incitation à les faire changer de vie au lieu de les pousser à libérer leur pays.

500 000 Ukrainiens sont arrivés dans l’Union européenne. Il est logique qu’ils restent en Pologne, en Slovaquie, en Roumanie, solidaires de leurs concitoyens qui se battent, plutôt que de les transplanter en France, avec logements, nourriture et argent de poche, comme s’ils étaient destinés à ne plus jamais revenir chez eux.

Mais même cette réflexion de bon sens a suscité l’ire du dénommé Beaune qui y a vu de l’insensibilité, mais qui n’a pas pour autant identifié du racisme quand le député macronien (Modem) Bourlanges s’est félicité pour sa part d’une « immigration de grande qualité » par rapport à l’immigration habituelle (de mauvaise qualité ?).

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 1er mars 2022

Macron à Tourcoing : des paroles sur l’immigration… future

macron

Macron était dans les Hauts-de-France ce mercredi. Assurant la présidence de l’UE pour six mois, il a réuni à Tourcoing les ministres de l’Intérieur européens et, dans la soirée, il s’est adressé à eux, leur exposant une réforme de l’espace Schengen, pour « mieux tenir les frontières d’Europe ». Officiellement, cette réforme est rendue nécessaire par la séquence terroriste récente. Aux journalistes il a cité aussi l’immigration.

A la vérité, le président tente de faire sienne une analyse de la crise sécuritaire et migratoire qui est devenue si évidente (et si liée) qu’elle ne peut plus être niée. Peu à peu son discours rejoint donc celui que tient la droite, et que tenait le FN lors des accords de Schengen… contre lesquels les Français avaient d’ailleurs voté.

Macron veut un conseil de gouvernance de l’espace Schengen, un renforcement de la surveillance des frontières de l’Europe avec Frontex, la mise en place d’un fichier unique biométrique des migrants venant en Europe. Mais il faudrait déjà avoir un fichier des clandestins vivant déjà actuellement à l’intérieur de l’Europe…

Les derniers lambeaux de politiquement correct ont conduit Macron à parler de lutte non pas contre l’immigration, mais contre « l’instrumentalisation des migrants ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Qui instrumentalise les migrants et de quelle façon ? Il est resté muet sur ce plan. Des associations extrémistes ? Les islamistes ? Les pays d’origine ? On se perd en conjectures.

Mais Macron entend aussi poursuivre la politique de ses prédécesseurs dans la répartition des migrants dans les différents pays européens ou au moins dans le financement de leur prise en charge (logement, nourriture, loisirs, argent de poche, etc.). Cette partie-là de son programme de travail avec les ministres de l’Intérieur n’a pas été exposée à la presse, campagne électorale oblige.

Il rêve aussi d’une approche européenne pour faire pression sur les pays d’origine afin qu’ils reprennent leurs ressortissants entrés illégalement. On connaît déjà la réponse algérienne.

Mais devant la mairie de Tourcoing, avec Darmanin à sa gauche, il a donné l’impression qu’il voulait donc, lui aussi, résoudre cette question, tenant des propos que n’aurait pas reniés Valérie Pécresse qui, elle aussi, cherche à durcir son discours, à vendre aux électeurs l’idée que LR, c’est le RN ou Reconquête, en plus respectable.

Les courriels tombaient sans arrêt sur les messageries

Le petit discours de Macron à la presse et ses réponses aux questions n’ont pas vraiment convaincu les Tourquennois. Il fallait lire dès mercredi soir, les courriels qui tombaient sans arrêt sur les messageries des médias régionaux et des réseaux sociaux. Par exemple celui-ci : « Monsieur le Président, vous parlez très bien, vous êtes très inspirant pour les gens éduqués et j’ai envie si ce n’est besoin de vous croire. J’aime l’espoir que vous diffusez, en particulier à l’étranger. C’est très bon ! Mais vous ignorez les vraies raisons de la situation des “territoires perdus de la République”. Parlez donc aux Tourquennois, et pas seulement à Darmanin. Pas besoin de crèches à Tourcoing, les femmes sont voilées à la maison, et éduquent leurs enfants à leurs propres valeurs… Pas besoin de bibliothèques, le Coran suffit, et la lecture est faite par le prêcheur… »

Les messages disent tous que la région n’a pas besoin d’argent ou de policiers, mais qu’il faut mettre un terme « à 50 ans de laxisme ».

Le plan exposé par Macron – et sans doute effleuré devant les ministres de l’UE – s’intéresse donc aux migrations à venir, mais pas un mot n’a été consacré aux millions de clandestins déjà là. Sur ce terrain, Macron est muet, il ne bougera pas.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 3 février 2022

Masques, jauges, sandwichs SNCF : c’est la fête !

masques covid

On n’y croyait pas vraiment. Personne n’aurait parié sur la réalité d’un relâchement de l’étreinte sanitaire dés ce 2 février. C’est pourtant ce qui vient d’être annoncé : sommes-nous en train de sortir de la dictature ? Ce qui vient de se passer au Canada – la fuite de Trudeau devant les camionneurs – a peut-être poussé à la sagesse les plus dogmatiques hygiénistes.

Depuis mercredi, le port du masque n’est plus obligatoire dans la rue, les sous-bois, les parcs, en montagne, sur les plages. On savait depuis 2020 que la mesure était aberrante, et le conseil constitutionnel avait annulé les arrêtés municipaux allant dans ce sens, en particulier à Paris, où l’obligation n’aura duré que quelques jours. Mais c’est agréable de savoir que le bon sens, l’évidence, l’ont emporté, même si la bataille a été rude. La très avisée Hidalgo, précurseur dans ce domaine, entendait bien l’imposer le plus longtemps possible. Mais c’est terminé. Finie, dorénavant, la buée sur les lunettes, en traversant l’esplanade des Invalides, déserte et froide, au petit jour !

Depuis cette même date, les entreprises ne sont plus contraintes à mettre leurs équipes en télétravail. Cela devient une simple recommandation.

Les jauges dans les établissements recevant du public sont abolies, mais les grands rassemblements continueront à nécessiter le port du masque.

Dans deux semaines, les discothèques, fermées depuis plus de cinquante jours, rouvriront, ce que réclamaient sans doute des millions de Français qui, comme vous et moi, passent habituellement leur soirée au Rex-Club ou dans ce genre de boîte tonitruante. Il redeviendra également possible de mâcher du popcorn au cinéma et de se restaurer dans les avions et les trains, en prenant son temps, masque baissé, par pur plaisir de la provocation.

Ces libertés nous sont octroyées car les hospitalisations diminuent en réanimation, les décès aussi, même si la circulation des variants et sous-variants du Covid reste plus active que jamais. Omicron se révèle bon zig, en fin de compte : contagieux mais peu dangereux. On nous parle d’ailleurs moins, depuis quelques jours, de la quatrième injection, qui faisait saliver les hygiénistes. Le pic aura donc peut-être été atteint un peu plus tôt qu’annoncé, grosso modo entre Noël et la mi-janvier.

La désincarcération sanitaire arrive en France après le Danemark et la Grande-Bretagne. Dans quinze jours, d’autres mesures de libéralisation pourraient être annoncées, en particulier un allégement du protocole dans les écoles, qui avait tant irrité les professeurs et les parents. Son application serait généralisée au retour des vacances de février, sans doute le 21 février, lors de la reprise des cours pour les élèves de la zone B.

Noyer les informations relatives à la hausse des prix

Annoncer les bonnes nouvelles dès maintenant et pas à une date plus proche de la présidentielle peut sembler une erreur, compte tenu du regain de popularité dont bénéficient toujours les gouvernants dans ces cas-là. Mais cela permet aussi de noyer un peu les informations relatives aux hausses de prix, nettement moins populaires : Le Figaro et Le Monde, qui passent à 3,20 euros, l’électricité, certes plafonnée, le gaz, les carburants, les autoroutes, le tabac etc. C’est qu’en un an les prix ont augmenté de 2,8 % ; ce qui devient sensible pour le porte-monnaie. Mais ces jours-ci on ne parlait que de la fin du masque à l’extérieur. Oui, la date de ces annonces-là était plutôt bien choisie.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 2 février 2022

Fin des contraintes sanitaires au Danemark… passe vaccinal imposé en France

Danemark

Ce qui se passe au Danemark est à suivre de près : ce mercredi, le pays doit annoncer la fin des restrictions de liberté découlant de la contagion virale. Et cette liberté retrouvée serait mise en œuvre dès le 1er février. En France, nous connaissons l’évolution contraire : le passe vaccinal transforme les non-vaccinés ou insuffisamment vaccinés en sous-citoyens. Qui a raison ? Les Danois ou les Français ?

Quand vous dites à vos collègues de bureau, à vos voisins, à vos proches, que des millions de Français risquent de perdre le passe vaccinal dans trois semaines, le scepticisme s’imprime sur les visages : ils sont vaccinés, ils ont reçu leur dose de Pfizer. Pas question de céder au complotisme, de croire aux fake news !

Mais c’est Véran, le ministre, qui nous annonce que le 15 février neuf millions de primovaccinés, voire de bivaccinés, pourraient perdre le bénéfice du passe vaccinal. Fini les restaurants et les cinémas, les voyages en train, l’accès aux lieux publics couverts. Pourquoi ? Parce que le 15 février le délai pour effectuer le rappel du vaccin sera ramené à quatre mois (contre sept actuellement) après la dernière injection. Laisser passer ce délai, ce sera donc perdre automatiquement la validité de son passe, et rejoindre, souvent involontairement, les cinq millions de Français non vaccinés qui vivent désormais un statut de citoyens de seconde zone. Déjà des files d’attente se forment à nouveau dans les grandes villes. « N’attendez pas le dernier moment », conseille Véran. Mais sur les neuf millions de futurs punis, combien sont conscients que leur vie sociale est sur le point de s’arrêter ?

D’autant que le passe vaccinal, nous promet encore Véran, restera en vigueur « tant qu’une menace pèsera sur les hôpitaux ». Quelle menace ? Celle des reprogrammations d’opérations chirurgicales, si l’on comprend les propos du ministre. Ce retour à la normale peut en fait prendre des mois. Et nous conduire bien au-delà de la présidentielle. On nous annonce en effet un pic vers la mi-mars, puis une baisse progressive des cas ; mais, en attendant, les quatorze millions de Français (les cinq millions de non-vaccinés et les neuf millions dont le délai entre deux injections aura dépassé quatre mois) ne pourront toujours pas revivre une vie normale.
Retirer au Covid le label de « menace critique »

Les Danois, qui relâchent la pression, sont-ils des inconscients ? Des criminels ? Des « antivax » ? L’explication est sans doute ailleurs. La prochaine échéance électorale des Danois est en juin 2023 : il s’agit des législatives. Le gouvernement (une large coalition allant de ce que l’on appelle chez nous l’extrême droite jusqu’aux sociaux-démocrates) n’a pas besoin de serrer la vis, de jouer sur la peur sanitaire, pour se faire réélire.

Les scientifiques (danois) prévoient d’ailleurs de retirer au Covid-19 le label de « menace critique ». Déjà les salles de spectacle et les restaurants sont redevenus librement accessibles, avec toutefois le port du masque maintenu. Les Danois estiment que le pic a été atteint début janvier, et les chiffres de cas positifs, de personnes hospitalisés du fait du Covid (sans doute surestimés d’ailleurs dans une proportion de 30 à 40 %, selon les experts) et d’hospitalisés en soins intensifs sont en régression dans tout le pays. On a vu a contrario ce 23 janvier ce que donne la « méthode belge ».

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 janvier 2022

Faculté de parole – L’obscurantisme de la cancel culture battu en brèche, par Francis Bergeron

woke

Cela fait des mois que les adeptes du woke, de la déconstruction, de l’écriture inclusive et autres « racisations en intersectionnalité » occupent les devants de la scène, prétendant parler au nom de tous, ou en tout cas du plus grand nombre. Professeurs et étudiants réunis à la Sorbonne les 7 et 8 janvier ont sonné la fin de cette saturnale.

Pendant deux jours, des centaines d’universitaires sont venus manifester leur refus de la nouvelle censure, par le biais de douze tables rondes et de soixante interventions. 1 300 personnes ont également suivi les débats par Internet. Le colloque s’intitulait « Après la déconstruction », et ce titre même mettait l’accent sur une volonté d’en finir avec la diarrhée verbale qui affecte les « élites » autoproclamées, spécialement dans les instituts d’études politiques, et de mettre un terme aux dénonciations façon Révolution culturelle. Le colloque organisé par trois associations décidées à réagir s’est tenu dans les locaux de la Sorbonne (ce qui aurait été tout simplement inimaginable pendant les journées de mai 68, qui servent toujours de modèle historique aux nouveaux « déconstructeurs »).

Le prisme des intervenants était exceptionnellement large puisqu’on pouvait croiser Mathieu Bock-Côté, Pascal Bruckner, Pascal Perrineau, Dominique Schnapper, Pierre-André Taguieff, ou encore la juriste Anne-Marie Le Pourhiet. Quelques grands témoins (ou plus exactement « grandes victimes ») étaient là, également, comme le dessinateur de presse Xavier Gorce, qui a été chassé du quotidien Le Monde (comme l’avait été Konk, à une autre époque) pour une supposée incorrection politique.

C’est Blanquer qui est venu inaugurer le colloque, ce qui montre que le wokisme et les délires connexes se heurtent à un vaste front de l’opinion allant des macronistes aux zemmouriens, de la gauche non marxiste aux nationalistes. Pour une fois et sans doute du fait de l’extrême impopularité de cette mode obscure venue des Etats-Unis avec la fronde anti-Trump Black Live Matter, ni les organisateurs ni les intervenants les plus « prudents » n’ont exigé un tri entre bons et mauvais opposants à la cancel culture.

Les politologues savent ce que l’effondrement de la gauche pure et dure doit à son « wokisme ». Ce serait un comble qu’en parallèle le « wokisme » puisse artificiellement s’implanter dans le pays.

Mme le ministre Vidal court-circuitée

Une absence a été remarquée lors de ce colloque, celle de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Blanquer l’a en quelque sorte court-circuitée. Il faut dire que ce ministre est inexistant depuis le début de l’agitation stalino-lyssenkiste.

Rendant compte du colloque, les médias pro-woke font grise mine devant le succès d’audience et la volonté de résister. Les syndicats d’extrême gauche (SUD, Unef, etc.) menaçaient d’empêcher la tenue du colloque pour le motif que le thème en faisait « un colloque d’extrême droite militant ». Dans une tribune du Monde, des universitaires néostaliniens avaient expliqué doctement qu’il fallait interdire le colloque car il s’en prenait à une prétendue dictature de la cancel culture… inexistante. Mais ils n’étaient pas assez nombreux pour cela.

Rendant compte du colloque, Mediapart a essentiellement vu « dehors, étudiants et enseignants-chercheurs (soutenus par plusieurs syndicats, dont Solidaires, la CGT et l’Unef, ainsi que par le Nouveau Parti anticapitaliste) » qui étaient venus pour tenter d’interdire le colloque des « identitaires » et « réactionnaires ». C’est une figure de dialectique bien connue que de parler des « étudiants et enseignants-chercheurs », quand il ne s’agissait que d’une poignée de militants de l’ultragauche, qui n’ont pu « nettoyer la Sorbonne de la vermine fasciste », comme ils auraient aimé le faire. Une autre différence avec mai 68. Le wokisme a en fait une dimension prétotalitaire, ont constaté pour leur part les intervenants.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 10 janvier 2022

Dix mille « petits matins blêmes », par Francis Bergeron

journal Présent

Au début de l’année 1981, Hugues Kéraly (de son vrai nom Hugues de Blignières, fils du colonel Hervé de Blignières, héros de l’Algérie française), avait lancé l’idée de créer un quotidien de la droite nationale, un quotidien de toutes les droites. Ceci se passait dans le contexte d’une probable arrivée de la gauche socialo-communiste au pouvoir en France, alors que nous sortions d’une séquence marquée par la forte progression du communisme dans le monde : Vietnam, Cambodge et Laos (1975), Angola et Mozambique (1975), Afghanistan (1978), tandis que les guérilleros marxistes sud-américains marquaient des points un peu partout. Les élections successives de Jean-Paul II, Margaret Thatcher et Ronald Reagan semblaient aussi amorcer une prise de conscience, une volonté de résister au nouvel ordre communiste mondial.

Ce projet de quotidien avait du sens. Kéraly multipliait les contacts, dressait la liste des futures collaborations. Il y eut un temps d’arrêt, qui laissa penser que le projet était abandonné ; mais à l’automne 1981 l’idée avait fait son chemin, et la journée d’amitié française organisée par Bernard Antony, le 22 novembre de la même année, donna lieu à la distribution d’un numéro 0 du journal Présent. Bernard Antony semblait la cheville ouvrière de ce projet : le titre, Présent, était celui d’un mensuel qu’il animait, il l’apportait dans la corbeille. Le lancement de la campagne d’abonnement, dans le cadre de cette journée d’amitié française, était un autre signe. Et c’est lui qui signait l’éditorial de ce numéro 0, positionnant clairement Présent dans la continuité de L’Action française, le journal de Maurras, Bainville et Daudet, le journal de l’intelligence française pendant 37 ans, de 1908 à 1944.

Les choses se précipitaient. Une réunion dans les locaux de la FACO, la Faculté libre de droit et sciences économiques, permit aux premiers collaborateurs sollicités de se rencontrer. Pour les plus jeunes d’entre nous, c’était la première fois que nous approchions de si près Jean Madiran et François Brigneau qui, à nos yeux, étaient des sortes de monstres sacrés. C’est aussi au cours de cette réunion que nous fîmes la connaissance des sœurs Zita et Annick de Lussy, véritables piliers du journal, dont le rôle fut primordial pendant les quarante années qui suivirent.

Quel plaisir nous procuraient ces réunions de rédaction, à 5 heures du matin, avec François Brigneau, Jean Madiran, Pierre Durand, Bernard Antony, Georges-Paul Wagner, Serge Dalens et d’autres, ces « petits matins blêmes » qu’évoquait souvent Brigneau. De toute l’équipe des origines, celle de novembre 1981, celle du numéro 0, du numéro 00 de Noël 1981, et enfin du numéro 1 du 5 janvier 1982, Philippe Vilgier et moi-même sommes les derniers « rescapés », avec notre chère Zita de Lussy.

Nous avons vu partir, au fil des ans, les démissionnaires, les retraités, ceux que la maladie éloignait, et nos morts, que nous avons pleurés et que nous pleurons encore. Nous avons vu arriver aussi de tout jeunes gens dont le talent s’exerce encore à Présent ou dans d’autres médias, avec parfois une notoriété considérable.

Présent s’est introduit un jour dans nos vies…

A l’automne 1981, j’étais allé sonner à la porte de publications amies pour qu’elles passent des placards publicitaires de souscription en faveur de ce quotidien en gestation. Jean Auguy m’avait dit qu’il préférait ne pas s’y associer car notre projet ne tiendrait pas quinze jours et ferait beaucoup de déçus. Camille Galic me rappelait récemment que Maurice Gaït, qui était alors le directeur de Rivarol, avait émis les mêmes réticences.

Et nous voici pourtant dix mille numéros plus tard. C’est un véritable trésor, très peu exploré par les historiens, et très peu exploité à ce jour, au-delà de la seule journée de publication de chacun de ces numéros. En feuilletant la collection, on reste surpris par la qualité des papiers publiés, par la somme de talents ainsi réunie, mais aussi par la pertinence des analyses. Le journal a connu des trous d’air, quand notre famille spirituelle et nos amis politiques se divisaient (l’affaire des sacres, la scission mégrétiste, les querelles de personnes), mais ils furent toujours suivis par des rebonds, quand la pérennité du titre paraissait menacée, quand les comptes du journal annonçaient sa disparition. Car les rapports entre l’équipe de Présent et ses lecteurs ne sont pas ordinaires, et ces derniers se sont toujours mobilisés quand procès, mauvais coups ou divisions menaçaient le titre.

Présent s’est introduit un jour dans nos vies, et pour beaucoup de nos lecteurs il a accompagné leurs joies et leurs peines pendant des dizaines d’années, pendant les dix mille numéros et les quarante années de son existence, parfois. Ce fut l’aventure d’une vie entière pour ceux qui ont mis Présent au premier rang de leurs engagements. Sans regrets, mais avec beaucoup de nostalgie, aussi, quand on tourne les pages un peu jaunies de ces dix mille numéros, quand on retrouve les noms, voire les photos, de ceux auxquels nous devons tant. Et que nous n’oublierons jamais.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 23 novembre 2021

« Allah akbar ! » : à Valence, c’est l’hommage à Samuel Paty

samuel paty

Voici l’une des 98 « incivilités » relevées vendredi dernier, lors de l’hommage au professeur décapité. Cela s’est passé au collège Jean-Zay de Valence. Un garçon a hurlé « Allah akbar » pendant l’hommage, le cri du tueur de Paty. L’affaire n’a été connue que ce mardi, quand le papa du collégien islamiste est venu réitérer son soutien au fiston, en en rajoutant une couche.

Il y a énormément de collèges Jean-Zay en France, bien plus qu’il n’y aura jamais de collèges Samuel Paty, car c’est beaucoup moins risqué. Nous ne sommes plus en 1944, et l’occupant n’est plus le boche…

Vendredi, la cérémonie à la mémoire du collègue assassiné se déroulait dans l’enceinte de l’établissement Jean-Zay quand l’un des élèves, âgé de 11 ans, et élève de 5e, a crié : « Allah akbar ! », dans sa classe, pendant la minute de silence. C’est le genre de « chahut » dont se serait volontiers passé le collège, dans la mesure où c’est au cri d’« Allah akbar » que le professeur d’histoire-géographie de Conflans-Sainte-Honorine avait été poignardé, puis consciencieusement décapité. C’est ce même cri qui retentit lors de la plupart des agressions islamistes.

L’élève a été sanctionné d’un avertissement et a proposé de s’excuser. Mais le père, Hamid A., (le nom de famille n’est pas donné, pour ne pas lui nuire), 43 ans, agent de sécurité (ça ne s’invente pas), ne l’entendait pas de cette oreille.

Prévenu par téléphone, il se présente au collège l’après-midi même, et prend très vite le parti de son fils en termes véhéments, le félicitant pour son initiative. De plus en plus agressif au fil de la discussion avec les autorités du collège, il finit par les menacer de mort, puis s’en va.

Le lundi matin, le père est de retour devant le collège. Il force l’entrée, en profitant de l’ouverture du portail, répète ses menaces de mort, et annonce qu’il va incendier le collège.

La police est alors prévenue, et elle interpelle l’individu (ce que Poutou appellerait une violence policière). Au domicile du brave Hamid, on trouvera notamment un sabre, une canne épée, de la littérature salafiste, et une somme en liquide de 11 500 euros. Le relevé de perquisition parle aussi d’une Bible. Sans doute s’agit-il d’un Coran. L’individu est connu des services de police, mais pour des faits plus anciens.

Mardi l’homme était toujours en garde à vue. D’autant que, pendant ladite garde à vue, il aurait réitéré ses propos. Une expertise psychiatrique est en cours. Si elle se révélait positive, comme souvent, cela permettrait de classer le dossier sans stigmatiser l’importante communauté d’origine maghrébine.

Un inquiétant agent de sécurité

Le site Fdesouche avait été l’un des premiers à révéler cette affaire, évoquée dans la presse depuis mardi seulement. Les internautes s’en donnent à cœur joie depuis lors à propos de ce père spécialement irascible et soucieux de la bonne éducation de son fils.

Il y a d’abord le fait que l’individu exerce le métier d’agent de sécurité, ce qui soulève l’inquiétude des internautes. Il y a ensuite la piste psychiatrique, immédiatement empruntée par les enquêteurs, qui suscite l’ironie, tant cette approche est éculée dès que l’on parle de menaces ou de violences islamistes.

De nombreux internautes préconisent…le retour au pays immédiat. Mais le procureur a tenu à préciser que l’individu est français. Il n’est pas compté parmi les cinq millions d’étrangers officiellement recensés en France, ni parmi le million (valeur plancher) de clandestins squattant la France.

Mais il y a des internautes, aussi, pour s’indigner qu’on puisse sanctionner une simple formule arabe, qui signifie : « Dieu est le plus grand ». Ces internautes ajoutent que les chrétiens ont des expressions équivalentes. Certes, mais le contexte n’est pas neutre…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 octobre 2021

Immigration : le référendum que propose Marine Le Pen, par Francis Bergeron

référendum immigration

Marine Le Pen a tenu mardi une conférence de presse pour faire le point sur sa campagne et son programme. Le thème essentiel a porté sur le référendum qu’elle entend soumettre aux Français dès son élection acquise. Un référendum qui porterait sur le thème central de la présidentielle : l’immigration.

On peut regretter que les sujets abordés par la candidate du RN, depuis qu’elle a annoncé sa candidature, aient presque exclusivement tourné autour de l’insécurité, de l’immigration, du terrorisme islamiste. D’autant que, sur ces sujets, Darmanin, Bertrand, Pécresse, ont cherché, ces derniers mois – et plus ou moins réussi –, à pratiquer une surenchère. Darmanin en avait fait l’aveu lors de son débat de février dernier, quand il avait brocardé la tiédeur supposée des positions de Marine Le Pen.

Pour la suite, pour la mise en œuvre de mesures concrètes, c’est tout autre chose. Et la différence entre le programme « tiède » de Marine Le Pen et les engagements ronflants d’une Pécresse, d’un Bertrand ou d’un Darmanin, c’est que ces derniers ont tenu (et tiennent encore) les leviers du pouvoir et qu’ils ne nous ont guère convaincus, à ce jour, de leur réelle volonté d’agir sur ce terrain.

La proposition de Marine Le Pen d’organiser un référendum après son élection bouleverse les données du problème, et va obliger les macronistes comme le marais LR à entrer dans le dur du sujet, au-delà des effets de manche. « Elue présidente, je proposerai un référendum où la question sera simple : approuvez-vous le projet de loi C2I (citoyenneté, identité, immigration), qui comprendra un plan complet de maîtrise de l’immigration ? »

Le point déterminant de ce référendum serait l’inscription dans la Constitution de la maîtrise de l’immigration, de la priorité nationale, de la prééminence du droit français afin de permettre une révision de « l’ensemble du droit applicable aux étrangers » vivant en France ou ayant l’intention de s’y rendre.

Ni Darmanin, ni Bertrand, ni Pécresse ne peuvent se placer sur ce terrain, introduire de tels concepts dans la Constitution. Cela redonnerait certes une maîtrise des flux migratoires au pays, mais ce serait une première, un bannissement presque certain de l’Union européenne (il faudra en effet que la France s’affranchisse de la charte européenne des droits fondamentaux), voire de l’ONU.

La France traitée comme la Corée du Nord

La radicalité de cette proposition est spectaculaire. Le risque serait évidemment que la France soit mise au même niveau que la Corée du Nord, traitée en pestiférée absolue, mondialement boycottée. Pourtant si la question de la submersion migratoire doit être au cœur de la campagne présidentielle – et ceci est de moins en moins contesté par une majorité des Français –, cette approche par référendum et par modification de la Constitution est certainement la bonne. Mais elle va mettre d’emblée la droite dans un sérieux embarras.

Passer sous silence ou minimiser la portée de cette proposition, la traiter d’utopique, sera le premier réflexe de la droite et des macronistes. Et Zemmour ? Va-t-il se rallier à cette proposition, l’intégrer à son propre programme ? Ou pense-t-il à une autre voie, tout aussi radicale ?

Pour l’heure, Marine Le Pen a au moins réussi à revenir, par la grande porte, dans le débat présidentiel.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 29 septembre 2021

A Marseille on parle de tout, sauf du principal : l’immigration

marseille immigration

Il est interdit, vous le savez, de lier immigration et criminalité, et des poursuites sont systématiquement engagées pour « provocation publique à la discrimination et à la haine ». Mais le déplacement à Marseille de Macron et de ses sept ministres conduit les journalistes à recueillir des témoignages, à constater par eux-mêmes. En utilisant cette matière, il est alors possible de montrer la vérité des faits. Sous réserve de laisser le lecteur en tirer lui-même les conclusions.

Il est loin, très loin, le temps où le Parti socialiste s’insurgeait contre la répression policière, contre les polices municipales, contre les caméras. Le maire socialiste de Marseille sait par exemple que c’est grâce aux caméras qu’on parvient à identifier, dans la plupart des cas, les assassins qui sévissent dans la ville. Il réclame à cor et à cri des renforts de police, avec un discours que ne renierait pas un Ciotti. Il ne reste guère plus qu’un seul tabou, certes de plus en plus vacillant mais qui s’appuie sur des décisions de justice, sur la jurisprudence : expliquer pourquoi la criminalité augmente ici – comme dans d’autres villes à même type de population – de 10 à 20 % par an. Mais on y viendra.

La Suède, par exemple, ancien bastion de la social-démocratie, pays du tout beau tout propre et de l’autocontrôle social, confronté à une explosion inédite de la délinquance, publie des statistiques d’origine gouvernementale qui établissent que la criminalité est deux fois et demie plus forte chez les immigrés de première génération que chez les Suédois de souche. Pour la seconde génération, contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est même pire : trois fois plus d’immigrés impliqués que de Suédois de souche, « une surreprésentation particulièrement visible dans les affaires de meurtre et de viol ». La citation est tirée du Monde daté du 2 septembre.

Le chef du parti conservateur suédois explique pour sa part qu’« une immigration très importante et une intégration très faible créent des zones d’exclusion et favorisent la criminalité ». Habile explication, mais qui lie bel et bien, en Suède, l’immigration et la délinquance. Sur les huit premiers mois de l’année, la police suédoise a comptabilisé 26 morts et 57 blessés, au cours de 192 fusillades (ces chiffres sont repris dans Le Monde). Est-ce un problème pour la Suède ? Oui, nous dit la correspondante du Monde, car « l’extrême droite » (le parti des Démocrates de Suède) est donnée du coup à 20 % dans les sondages.

« Le clan des Blacks »

Et à Marseille ? C’est exactement la même chose. Un journaliste du Figaro rapporte comment « le clan des Black », un gang de Comoriens, a mis le 13e arrondissement, et plus spécialement le quartier des Lauriers, en coupe réglée. Le gang est contrôlé par les frères Ahamada, nous explique le reporter, Stanislas Poyet. Cette famille est au centre des affaires de drogue, et « des dizaines d’affaires de meurtres » lui seraient imputables. Mais les statistiques ethniques sont interdites et il est donc impossible d’en tirer des conclusions sur ce plan.

Les frères Ahamada ressemblent comme deux gouttes d’eau à la fratrie Traoré qui a défrayé la chronique il y a quelques années sur la région de Beaumont-sur-Oise. Le dossier relatif à la famille Traoré n’est toujours pas clos, après la mort de l’un des frères, lors de la dernière de ses multiples arrestations. A Marseille, des familles Traoré, des familles Ahamada, avec chacune sa zone d’influence, c’est la règle, pas l’exception.

Ne faisons surtout pas de liens avec l’immigration, mais écoutons quand même le secrétaire départemental du syndicat de police Alliance, qui nous dit que lors d’arrestations de migrants, « la plupart des clandestins n’ont pas de papiers sur eux, déclinent de fausses identités et se déclarent mineurs ». Tout cela est parfaitement organisé, les clandestins maîtrisant mieux les procédures que la police et les juges.

Si les ministres reviennent, qu’ils le fassent à l’improviste

Le voyage de Macron et de ses ministres aura donc permis que soient rappelées quelques vérités. Mais la transparence n’a pas été totale. On découvre par exemple que la cité Bassens, visitée par Macron et sa suite ministérielle le 1er septembre, avait été préalablement passée au karcher par des sociétés privées, à l’initiative de la mairie. Les poubelles avaient été vidées, les encombrants, à l’abandon depuis des semaines, transportés à la déchetterie. Cela aurait dû se faire dans la discrétion, mais les habitants ont vendu la mèche. De ce fait le constat des lieux a plutôt ressemblé à cette visite des syndicalistes britanniques à Rostov-sur-le-Don, à l’époque de Staline.

Si les ministres reviennent, qu’ils le fassent à l’improviste, pour voir la réalité du terrain. Quand on sait que « le fusil d’assaut se démocratise », selon les policiers de Marseille, une nouvelle visite tant des calanques que des quartiers nord ne devrait d’ailleurs pas tarder…

p class= »relecture » style= »text-align: right; »>Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 3 septembre 2021

Et si le passe était totalement illégal ?, par Francis Bergeron

pass sanitaire

La politique de Macron pour contrer le virus repose sur le passe sanitaire, un moyen d’éviter la notion de vaccin obligatoire. Car sans vaccin, pas de passe, et sans passe, plus de déplacements, de vie sociale, et bientôt plus de travail. Mais si le passe sanitaire était déclaré illégal, c’est tout le dispositif qui s’effondrerait. Un collectif d’avocats y travaille, avec quelques chances de succès.

Le Conseil constitutionnel s’est prononcé : le passe sanitaire respecte la Constitution. Quant au Conseil d’Etat, il a mis l’accent sur la notion de proportionnalité. Si les règles édictées sont proportionnées aux risques, si elles ne font pas obstacle à l’accès aux biens de première nécessité, si elles ne créent pas des discriminations abusives entre les titulaires d’un passe et les autres, tout est bien.

Feu vert du Conseil constitutionnel et feu vert du Conseil d’Etat : la route semblait dégagée. Mais le gouvernement a crié victoire un peu trop tôt. Le dispositif global pourrait bien être annulé. Il est déjà suspendu par endroits.

Le tribunal administratif de Versailles a en effet donné un coup de semonce en suspendant un arrêté préfectoral qui avait interdit aux non-titulaires du passe une liste de centres commerciaux. Cette suspension repose sur le fait que les non-titulaires de passe n’auraient plus accès aux biens de première nécessité qui se trouvent, avec d’autres biens, dans ces centres commerciaux et grandes surfaces : une authentique discrimination. Mais le tribunal pointe aussi des mesures disproportionnées : les agents de contrôle doivent vérifier les identités des titulaires de passes, leur date de naissance, leur passé médical au regard d’une contamination antérieure. Les contrôles concernent aussi bien un trajet en train qu’une séance de cinéma ou un café pris dans un bistrot. C’est disproportionné, a jugé le tribunal administratif.

Ces atteintes à la liberté peuvent aussi se révéler incohérentes : le passe est par exemple nécessaire pour emprunter un TGV, mais pas un TER. La personne sans passe sanitaire qui se rend de Paris à Agen sera en infraction jusqu’à Bordeaux, puis en règle. Comme si le virus ne voyageait qu’en trains à grande vitesse.

Incohérence et discrimination

Cette aberration répond en fait à un problème pratique : les TER sont surtout empruntés par des personnes se rendant au bureau, à l’université etc. (comme le métro à Paris). Tandis que les trajets de longue distance sont en principe moins fréquents, rarement quotidiens. C’est médical ? Non. C’est du droit ? Non. Donc c’est illégal.

De même, et à peu près pour les mêmes raisons, le passe sanitaire n’est réclamé que dans les restaurants, pas dans les cantines ni dans les restaurants de routiers. Là aussi il s’agit de ne pas gêner les activités professionnelles. Mais les non vaccinés qui prennent leur repas dans des restaurants, avec des titres- restaurants fournis par l’employeur, y sont désormais interdits. Une incohérence de plus.

Last but not least, l’interdiction faite aux familles non vaccinées de rendre visite à un parent à l’hôpital ou en EHPAD viole la Convention européenne des droits de l’homme.

Parmi les membres du collectif, on relève les noms de Françoise Besson, Aude Mirkovic, Bruno Le Griel, Benoît de La Passe etc. Le gouvernement a fait appel des annulations des arrêtés préfectoraux, mais de nombreuses autres procédures sont engagées partout en France, par des entreprises comme des particuliers.

p class= »relecture » style= »text-align: right; »>Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 1er septembre 2021