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Gilets jaunes – La révolte des « gueux », par Francis Bergeron

Vous les avez vus, à la télévision. Vous les avez rencontrés, aux barrages filtrants. Des hommes, des femmes, de tous âges. Des étudiants, des retraités, des actifs, surtout des actifs. Des médecins, des artisans, des ouvriers, des chauffeurs de poids lourd, des agriculteurs, des cadres, des fonctionnaires, des « gens chics » et des « ploucs », des « sans dents » et des « CSP+ » (catégories sociaux-professionnelles supérieures). Mais, il est vrai, pas de journalistes vedettes, pas d’artistes réputés, pas de grands joueurs de football « avec leurs dames » blondes platinées, pas d’acteurs célèbres, pas de dirigeants d’entreprises du CAC 40, pas de penseurs politico-philosophes médiatisés, pas d’évêques de progrès, pas de Cohn-Bendit, pas d’Edgar Morin. Qui étaient donc ces gens, qui ne se connaissaient même pas la veille et qui ont réussi à paralyser le pays, à ébranler le gouvernement en exprimant publiquement une colère, désormais majoritaire dans le pays ?

Qui étaient-ils ? Mais le peuple, tout simplement. Ce peuple, dont les autres ont le mot plein la bouche depuis des années et au nom de qui ils prétendent parler. Ce peuple à qui l’on refuse l’accès aux médias, le droit au référendum, ce peuple qu’on moque, qu’on pressure, qu’on humilie, qu’on méprise.

Il arrive parfois que le peuple parvienne à s’exprimer directement, sans passer par les seuls « corps intermédiaires » dont le choix lui est imposé par la loi, syndicats et autres : 1982 et l’école libre, la Manif pour tous, Jour de colère, les Bonnets rouges. Mais la mobilisation du 17 a été d’autant plus spectaculaire que les réseaux sociaux court-circuitent dorénavant les canaux du politiquement correct. C’est la fameuse « fachosphère ». Avant le 17 novembre, le gouvernement martelait d’ailleurs l’idée que « les Gilets jaunes, c’est l’extrême droite ». Dimanche soir, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire restaient muets. C’est Edouard Philippe qui est monté au créneau, pour dire qu’il comprenait mais qu’il ne changerait rien. Il reste certes dans son rôle. Mais c’est tout le gouvernement qui, peu à peu, révèle son autisme.

Comme on parle – ou plutôt comme on ne parle plus – à un élève ou à un domestique

Christophe Castaner nous a joué dimanche une autre musique. Fort de ses trente ans d’adhésion au PS et maçon notoire, il a menacé les quelques Gilets jaunes s’étant exprimés en public. Parlant de Jacqueline Mouraud, l’une des têtes d’affiche, il l’a fait avec une incroyable arrogance : « Cette dame devient une star médiatique et est prête à dire n’importe quoi et à faire n’importe quoi. » Dans cette même intervention, il l’interpellait par son prénom, comme on parle à un élève ou à un domestique – ou plutôt comme on ne parle plus aux élèves ni aux domestiques.

Quel mépris derrière ces propos qui, à présent, ressemblent à des menaces ! Va-t-on mettre en prison les plus décidés des Gilets jaunes ? Va-t-on interdire le port de ce vêtement de sécurité ? Va-t-on dissoudre ? Mais dissoudre quoi ? Dissoudre qui ? Dissoudre le peuple ? Mettre en place le Grand Remplacement, puis élire un nouveau peuple ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 novembre 2018

Réforme de la loi de 1905 : la fausse bonne idée de Macron, par Francis Bergeron

Ce pourrait être une bonne idée : cela fait très longtemps que les catholiques demandent une réforme – voire idéalement la suppression – de la loi de 1905. Elle avait été mise ne place pour priver l’Eglise de son influence. Mais telle que prévue, cette réforme permettrait surtout à l’islam de diversifier ses sources de financement, de cultiver son communautarisme, d’accroître encore son implantation.

La loi de 1905 est tout entière bâtie sur la logique de ses deux premiers articles : un article 1er qui garantit « la liberté de conscience » et « le libre exercice des cultes », avec quelques restrictions « dans l’intérêt de l’ordre public », et un article 2 qui évoque la neutralité de l’Etat et met un terme à tout financement du culte par l’Etat, c’est-à-dire par l’impôt.

A l’époque, ce dispositif, destiné à séparer, après une union de 1 500 ans (depuis le baptême de Clovis) l’Eglise et l’Etat, était présenté comme un compromis entre l’Eglise et les anticléricaux. La loi préservait la liberté de culte, mais, en supprimant toute aide publique, elle faisait des catholiques, des citoyens de seconde zone, obligés par exemple de financer les écoles publiques, et contraints en même temps de payer pour les écoles catholiques, s’ils voulaient une éducation catholique pour leurs enfants. La loi Debré de 1959 a assoupli ce principe, du moins pour l’école. Moyennant quoi cette loi de 1905 a régi cahin-caha les rapports entre l’Eglise et l’Etat jusqu’à ce jour.

Qu’est-ce qui change aujourd’hui ? L’islam. Les musulmans constituent désormais la seconde religion de France, bien avant les protestants et les juifs (deux des quatre Etats confédérés désignés par Charles Maurras). Et ils revendiquent à la fois un financement par l’Etat, et la possibilité d’obéir aux règles de leur religion, d’où les débats sur le voile, le porc, la nourriture hallal, le ramadan, la mixité dans les piscines, à l’école etc.

Mais l’islam est une religion sans structure organisée. Et l’Etat, pour des raisons d’ordre public, cherche des interlocuteurs, et veut donc structurer cette religion – ou dit plus diplomatiquement – « accompagner la restructuration de l’islam ».

Réunification de l’Etat et de la religion…musulmane

Sauf à considérer que cet accompagnement serait une ruse pour éradiquer l’islam (la complaisance des pouvoirs publics à l’égard de cette religion exclut une telle hypothèse), nous nous dirigeons donc bien vers une réunification de la religion et de l’Etat. Mais en l’occurrence, la religion ne serait pas la religion catholique…

Pour prévenir et surtout contenir les poussées islamistes, financées de l’étranger, des associations pourraient bénéficier désormais d’une « qualité cultuelle ». Des exonérations fiscales accompagneraient la mise en place de ce dispositif, et ces associations pourraient recevoir des aides de l’Etat, contournant ainsi l’article 2 de la loi de 1905. Le projet de réforme comporterait un volet consacré à la formation des imams, sans doute assorti de financements publics. Ce serait donc un sacré coup de canif dans la loi de 1905. S’y engouffreront sans aucun doute les associations islamistes pas trop marquées. Quant aux associations pro-djihad, elles refuseront ce dispositif qui demande de la transparence, et resteront, sous le seul régime des associations tel que défini classiquement par la loi de 1901. Ce faisant, la question du fanatisme islamique n’aura pas été résolue mais l’islam « présentable » sera doté d’avantages refusés aux catholiques depuis 1905. Une bonne idée…pour certains, uniquement.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Le migrant est l’avenir de Libération, par Francis Bergeron

Le manifeste lancé lundi par Libération : « Le migrant est l’avenir de l’homme » entend réinjecter dans l’air du temps un discours qui n’a plus guère la cote, celui selon lequel l’immigration serait « une chance pour la France », selon la formule de Bernard Stasi datée de 1984. A l’époque, ce slogan passait mieux. Mais c’est un discours de ce type que veut réhabiliter le quotidien du milliardaire israélien Patrick Drahi. Libération nous annonce donc que « le migrant est l’avenir du monde ».

Remarquez que Libération ne parle pas d’« immigrés », de « sans-papiers », de « clandestins », ni même de « réfugiés ». Toutes ces appellations concernent a priori des hommes qui arrivent temporairement dans un pays, qui n’y étaient pas attendus, qui n’y sont pas forcément accueillis dans la joie et l’allégresse. Le mot « migrant », lui, recouvre une tout autre réalité. Il s’agit de populations que des phénomènes climatiques, économiques ou autres, transportent vers de nouvelles contrées, sans idée de retour.

C’est un peu cette image que Libération veut imposer. L’Europe – la France tout particulièrement –, est une nouvelle « bonne frontière », pour des peuples en transhumance depuis l’Afrique et l’Asie.

Parce que cet élan vers la vieille Europe a été souhaité, voulu, sans garde-fous, sans limites qualitatives ou quantitatives, il est possible de parler de grand remplacement. Le « pseudo-grand remplacement », comme écrivent parfois nos médias.

Mais Libération, lui, ne truque pas son discours. Ce grand remplacement, il l’appelle de ses vœux. Pourquoi ? « Pour que la Méditerranée cesse d’être un cimetière. » Nous entrons alors dans le volet culpabilisateur du manifeste de Libération. Depuis 18 ans, 50 000 personnes auraient trouvé la mort en Méditerranée. Ces morts seraient donc, à en croire Libération, un nouveau crime commis par les hommes blancs d’une Europe égoïste. Comme l’écrit Hugues Moutouh dans une récente tribune du Figaro, il s’agit d’empêcher de « traiter du sujet comme il devrait l’être : uniquement sous l’angle politique et non à travers un prisme déformant, exclusivement humanitaire ».

« Notre Europe vieillissante a besoin d’une population active renouvelée », écrit Libération. Si ce n’est pas du grand remplacement, cela y ressemble terriblement : renouveler la population active ; pousser les Français à ne plus avoir d’enfants… Faire ainsi de la place pour ces jeunes hommes venus de pays aux ressources plus limitées. « Nos budgets sociaux ont besoin de ces actifs cotisants dont le régime de la clandestinité les prive. »

Une tendance anti-immigration de gauche

Il s’agit clairement d’un appel à la régularisation générale des clandestins… au nom du renflouement des caisses sociales. Or nul n’ignore pourtant que la paupérisation actuelle et le taux de chômage qui ne se réduit pas ont notamment pour origine, en France, cette immigration non choisie, peu ou pas qualifiée. Régulariser les illégaux, ne pas viser à les renvoyer, serait, aujourd’hui, mettre en faillite l’ensemble de nos régimes de protection sociale.

Libération se plaint également de l’apparition d’une tendance anti-immigration de gauche, en Europe : « La vieille droite y faisait son ordinaire, rejointe aujourd’hui par une ancienne gauche qui, en Allemagne, en France ou en Italie, espère ainsi sa part de gâteau électoral. »

Le message de Libération s’adresse en fait à ce peuple de gauche qui met au premier rang de ses préoccupations la survie des systèmes sociaux, au risque de rejoindre « l’orthodoxie identitaire, l’archaïsme culturel, la crispation néo-nationaliste ». Que d’inquiétudes pour le bon vieux Libé !

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Grand Remplacement : Quinze millions pour les migrants, par Francis Bergeron

Muriel Pénicaud, ministre du travail, annonce un plan de quinze millions d’euros pour aider à l’insertion des immigrés, réfugiés et autres demandeurs d’asile, et d’abord pour les aider à trouver du travail. C’est donc bien qu’il est prévu qu’ils restent. Définitivement.

Détaillant ce plan, Madame le ministre a expliqué qu’il fallait assurer une formation professionnelle à cette masse de réfugiés, afin qu’ils puissent plus facilement trouver du travail en France. Tout ceci part d’une gentille intention. Mais révèle aussi que ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux ne correspond absolument pas au discours qui nous a été tenu pendant des mois, à savoir que ces populations seraient confrontées à des situations mettant leur vie en danger, et qu’il fallait les accueillir jusqu’à ce qu’elles puissent rentrer chez elles.

Cette nécessité de leur assurer une formation professionnelle prouve d’abord que, contrairement à la légende, ces réfugiés n’ont pas de qualification.

Mais cette recherche d’emplois correspond à un second mensonge d’Etat et un second mensonge des grands (gros) médias : ils resteront. Il est prévu qu’ils restent. S’il s’agissait de vrais réfugiés politiques, comme on nous le soutient, ils resteraient dans le pays d’accueil jusqu’aux changements politiques attendus – des changements dont on peut imaginer qu’ils en seraient un peu les acteurs – avant de rentrer chez eux. Mais à partir du moment où ils sont formés à des métiers à exercer sur le territoire français, à partir du moment où le gouvernement finance des recherches d’emploi à leur profit, la théorie « scandaleuse », « mensongère » du « Grand Remplacement » ne paraît, hélas ! plus du tout une théorie, et certainement pas une théorie mensongère. Ces groupes d’étrangers dispersés dans des villes et villages, sur tout le territoire, nous allons donc leur payer, outre le gîte, le couvert, l’autocar et les cigarettes, des formations pour leur apprendre un métier, un métier qu’ils pourront exercer en France, et des coachs pour les former à la recherche d’emploi en France.

Six millions de demandeurs d’emploi ne suffisent donc pas. Il faut importer des réfugiés chômeurs, que l’on va essayer de recaser dans des emplois.

Un maître-mot qui leur ouvrira la porte des entreprises : « discrimination »

Mais la probabilité pour qu’ils trouvent du travail est faible, allez-vous penser, compte tenu de l’analphabétisme, du manque de bases techniques, de l’obstacle de la langue pour beaucoup d’entre eux.

Non, pas du tout ! Car il existe un maître mot qui devrait leur ouvrir toutes grandes les portes des entreprises, le mot « discrimination ».

Ne parlons même pas de préférence nationale, la loi l’interdit depuis longtemps. Mais si, à compétence égale ou supérieure, un autochtone est retenu pour un poste, contre la candidature d’un réfugié, gageons que les structures qui encadrent les réfugiés et qui les encadreront demain (sans doute les mêmes) crieront à la discrimination.

Mais, au fond, peut-être assistons-nous simplement à une expérience ? « Même si certains identitaires veulent ramener la France au vin, au saucisson ou je ne sais quoi, pour moi, la France, c’est avant tout une expérience », expliquait l’animateur d’une de ces associations.

Une expérience ? A quinze millions d’euros ? C’est alors une expérience à la docteur Folamour ! De celles qui se terminent souvent mal.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

1300 policiers à l’assaut des zones de non-droit

L’annonce d’un prochain départ du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intervient au moment précis où s’opère le premier déploiement d’un contingent de 1 300 policiers aguerris, qui vont être affectés à soixante zones que l’on n’ose appeler des zones de combat. Une véritable petite armée, donc, pour affronter ce qui est devenu une guérilla urbaine.

Sans aller jusqu’à regretter le politicien Collomb – qui tenait beaucoup de l’inspecteur Colombo, mais sans avoir à son actif le même pourcentage de réussite –, on ne peut que s’interroger sur l’annonce de son départ, formulée si tôt, alors que démarrent seulement les premières opérations de « reconquête ».

Les élections municipales sont prévues pour 2020, sans doute en mars. Et si Collomb se réoriente dès maintenant sur la ville de Lyon, c’est la certitude d’une vacance à la tête du ministère de l’Intérieur, quelle que soit la date effective de sa démission, et quelles que soient les qualités de son successeur. La reconquête des « quartiers difficiles », des « cités », fait partie de ces dossiers qui nécessitent une grande disponibilité, une autorité non contestée, du sang-froid, et un certain sens politique.

Aujourd’hui les voyous se sentent mieux protégés que les policiers. Les émeutes de Nantes, en juillet dernier, l’ont encore montré. Comme l’ont montré les saccages après la Coupe du monde de football. La reconquête doit d’abord s’opérer dans les têtes, à commencer par les têtes des policiers, ces derniers n’ayant plus aucune confiance dans les hautes sphères de leur hiérarchie.

Mardi, Gérard Collomb a solennisé, à la cité des Tarterêts, à Corbeil, la mise en place de « quartiers de reconquête républicaine » (QRR). Reconquête ? Mais quel sinistre aveu ! Cela signifie donc qu’actuellement ces territoires sont perdus, qu’ils sont occupés par l’ennemi. Et l’ennemi, ce sont les trafiquants de drogue, les islamistes, les mafias maghrébines ou d’Afrique subsaharienne, que rejoignent actuellement des milliers de clandestins.

De la sympathie pour les « républiques islamiques »

Mais pourquoi une reconquête « républicaine » ? Aucune reconquête royaliste n’est à l’ordre du jour, dans ces quartiers. Serait-ce pour éviter de parler de reconquête française ?

Car l’Etat islamique se veut aussi républicain que nos républicains. Les trafiquants de drogue ne remettent pas en cause la République. On peut même dire qu’ils sont parfaitement indifférents à la forme de nos institutions, même s’ils regardent avec sympathie du côté des… « républiques islamiques » africaines.

Collomb a reconnu qu’un « contre-modèle social » était désormais implanté dans ces quartiers. Cette injection massive de policiers sur les soixante principales zones de non-droit montre pour l’heure une prise de conscience de la dimension quasiment militaire de cette « reconquête ».

C’est une véritable petite guerre qui se prépare. Et en ce sens, l’emploi du mot reconquête n’est pas innocent. Même si l’on sait que la vraie victoire ou la défaite ne se jouera pas sur le terrain, mais à Paris, dans les arcanes ministériels, dans les médias.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Asile et immigration : la sévérité factice de la loi, par Francis Bergeron

« Pendant les grèves, les réformes continuent » : tel pourrait être le slogan publicitaire du gouvernement Macron. Dans cette très longue séquence des réformes ininterrompues, lancée en septembre, cette semaine-ci sera sans doute la plus agitée : les grèves de la SNCF et d’Air France battent leur plein, l’extrême gauche étend ses blocages de facultés, les zadistes réoccupent le site disputé. Et voici que, comme un chiffon rouge agité devant le nez d’un taureau, le ministre Collomb ouvre les débats à l’Assemblée nationale sur sa loi asile et immigration. Pour la gauche et l’extrême gauche, c’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase, l’événement qui pourrait enfin provoquer cette « convergence des luttes » aussi espérée que pouvait l’être, autrefois, la mythique « grève générale ».

Une petite différence, toutefois : la cause des clandestins (et même celle des présumés réfugiés) ne fait vraiment pas vibrer le peuple. Autant la coloration écologique des émeutes zadistes ou les revendications salariales et statutaires des grévistes des entreprises publiques peuvent rencontrer la sympathie d’une fraction de l’opinion, autant la cause des clandestins, des sans-papiers, est devenue un thème extrêmement impopulaire. Les discours de culpabilisation ne prennent plus, les manifestants (désormais comptabilisés avec des outils plutôt fiables) ne seront pas au rendez-vous. Et la « convergence des luttes » pourrait, en conséquence, capoter purement et simplement. Mais il n’empêche que la semaine risque d’être rude.

Cette loi ne mérite toutefois ni l’ire des uns ni l’espoir des autres. Elle présente d’abord un volet d’amélioration de l’accueil des réfugiés. Mais on comprend vite, en lisant la suite, que c’est la partie du projet destinée à faire avaler la pilule amère qui suit. Cette pilule amère, c’est tout simplement – sans le dire – (cela reste encore politiquement dangereux de le dire) un dispositif destiné à empêcher que les clandestins puissent s’incruster sur le sol français, puissent faire jouer les procédures de retardement (avec l’aide d’associations financées, en tout ou partie, par nos impôts), lancer des recours et finalement disparaître dans la nature.

Décisions d’expulsion inapplicables

Personne n’est dupe du fait que le dispositif actuel est extraordinairement permissif et que, dans les faits, il empêche les expulsions de clandestins. Derrière le projet Collomb, il n’y a aucune autre ambition que de faciliter l’exécution de décisions de débouté de l’asile et d’expulsion qui, aujourd’hui, dans les faits, sont inapplicables. Le délai des demandes d’asile serait réduit de 11 à 6 mois. Les recours à la suite de refus seraient ramenés à 15 jours au lieu d’un mois etc.

Sous couvert d’un non-respect des délais administratifs, il sera plus facile de s’opposer aux procédures retardatrices, qui favorisent l’immigration illégale.

Pour le Front national, ces mesures sont hypocrites (elles le sont totalement, à la vérité) et insuffisantes. Le parti LR, à son corps défendant, aligne de fait son analyse sur celle du FN. Les partisans d’Hamon et de Mélenchon crient au scandale, relayés par les journalistes des chaînes et radios publiques. Quant à la majorité LREM, elle tient le choc, pour l’heure, mais une vingtaine de ses députés semblent tentés par une dissidence de gauche.

L’heure de vérité pour le gouvernement Macron ? Nous n’en sommes pas là. Mais l’heure de vérité pour dessiner les contours du parti de l’étranger, oui.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Pour la reconnaissance du génocide vendéen, par Francis Bergeron

Deux députés, Emmanuelle Ménard et Marie-France Lorho, viennent de déposer un projet de loi pour une reconnaissance officielle du génocide vendéen. Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est déposé. En 2008, neuf députés, dont le centriste Hervé de Charrette, avaient déjà fait une telle proposition. Plus près de nous, le 18 janvier 2013, plusieurs députés de droite, dont Lionel Luca, Alain Marleix et Marion Maréchal-Le Pen, avaient également tenté de faire voter une loi, composée d’un article unique : « La République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794. » Ce projet avait suscité l’ire de l’entourage de Mélenchon, considérant que son ciment en était uniquement « la haine de la Révolution ». Mais, surtout, la gauche avait stigmatisé le soutien du FN à ce projet d’un élu UMP. Affolés, deux signataires s’étaient immédiatement désistés.

Pourtant la connaissance historique a fortement progressé depuis l’époque des hussards noirs de la République, où l’on enseignait que la Révolution était un bloc et que les Républicains n’avaient affronté que des brigands en Vendée.

La proposition de loi de Mesdames Menard et Lohro reprend le même schéma et comprend quelques améliorations et habiletés formelles.

L’article premier évoque le rétablissement de la vérité historique au nom de ce même idéal républicain qui, depuis deux siècles, la cache. Le second article rappelle que cette loi de génocide n’a jamais été abrogée, et en demande donc la suppression. Quant au troisième article, il précise que cette reconnaissance du génocide ne donnerait pas lieu à sanctions ni à réparations.

Pour bien caractériser l’aspect génocidaire des massacres de 1793-1794, le préambule rappelle les 200 000 morts de cette guerre civile qui ne porta jamais ce nom et précise que, sur ce chiffre, les victimes vendéennes ont été 170 000. Ces exterminations n’ont épargné ni les femmes, ni les vieillards, ni même les enfants, y compris les nouveau-nés.

On retrouve dans ces guerres vendéennes, selon les rédacteurs du projet, les caractéristiques du génocide. Les assassinats collectifs ont été exigés par la Convention, qui dirigeait le pays. La façon dont étaient qualifiés les insurgés vendéens ne laisse aucun doute sur le caractère génocidaire des crimes, qui sont des crimes contre l’humanité. « L’ennemi doit être anéanti jusqu’au dernier », ordonne par exemple Garnier, envoyé en mission pour surveiller l’exécution du plan.

Loi mémorielle ? Repentance ?

Dans leurs rapports, les représentants de l’Etat parlent de « race mauvaise », « race maudite », « race infernale », « race de brigands », « race impure ».

Restent deux questions : est-il opportun de créer une nouvelle loi, mémorielle ?

Oui car, depuis deux siècles et plus, les Vendéens attendent cette reconnaissance, mais sans réclamer pour autant sanctions ou censure, à la différence des lois mémorielles de type Pleven et Gayssot.

Ne faut-il pas voir dans cette affaire une nouvelle illustration de la pratique de repentance ? Absolument pas, car il ne s’agit pas d’autodénigrer la France, comme sur les questions de l’esclavage, mais de constater que des Français ont tenté d’exterminer d’autre Français, en l’occurrence une population entière, sur des bases sociales, ethniques et religieuses. Il n’y a pas de repentance à exiger de qui que ce soit, mais la simple reconnaissance d’un fait historique.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Affaire Déon. La maire Hidalgo fait marche arrière… dans les mots, par Francis Bergeron

Le scandale de l’interdiction d’inhumation à Paris de l’écrivain Michel Déon a pris une telle proportion que madame Hidalgo s’est sentie obligée de réagir, pour tenter d’apaiser les esprits.

Il est vrai que, ces dernières semaines, elle a accumulé les bourdes et les erreurs de gestion, dans à peu près tous les domaines relevant de sa compétence, et les Parisiens manifestent un agacement de plus en plus perceptible. L’heure du « Paris bobo » est passée, voici le « Paris facho », pour parler comme eux. L’affaire Michel Déon n’a été que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

D’abord parce qu’elle a montré l’inculture des édiles parisiens, qui n’ont pas mesuré la popularité de Déon. Ensuite parce qu’elle est symptomatique de la morgue de cette coterie qui a fait main basse sur la capitale. Mais surtout parce qu’elle rappelle le sectarisme exceptionnel de quelques figures socialistes, au rang desquelles madame Hidalgo ne fait certes pas de la figuration. Le mépris avec lequel elle a traité la secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, ou la célébration indécente du tueur stalinien Guevara dans des locaux municipaux, font partie de quelques-unes de ces actions qui donnent le sentiment exaltant à madame Hidalgo qu’elle marche dans les traces des républicains espagnols de 1936, déterreurs de carmélites et fusilleurs de curés.

Le 15 février, madame Hidalgo s’est donc néanmoins sentie obligée de corriger le tir à l’égard de Michel Déon. Elle vient de déclarer que « Michel Déon est un très grand écrivain français, en même temps qu’un Parisien de cœur ». Malgré Maurras, malgré l’Action française, malgré ses livres « Algérie française », malgré son appartenance aux « hussards ». On imagine l’effort incroyable qu’il lui aura fallu pour avaler cette couleuvre, alors que Déon personnifie à peu près tout ce qu’elle déteste.

Elle reconnaît que les démarches de la famille et de l’Académie française étaient légitimes. Mais elle s’appuie sur des arguties juridiques pour persister dans un refus d’une sépulture à Paris.

Une nouvelle provocation !

Plus fort encore : puisque le règlement actuel ne permet pas, selon elle, d’accueillir la dépouille de Déon, elle annonce qu’elle va « donc le faire évoluer », non pas pour permettre l’inhumation de Déon, mais « pour permettre par exemple à des artistes du monde entier » d’être enterrés à Paris, même s’ils n’y ont pas vécu ou n’y sont pas morts. C’est purement et simplement une nouvelle provocation !

Pas de sépulture pour Déon, mais demain des sépultures pour des artistes du monde entier. Si ces artistes sont choisis par madame Hidalgo, ou même par « des conseillers de Paris de toutes les formations politiques », on imagine sans peine de quoi les cimetières parisiens risquent d’être bientôt encombrés : de tous les Neruda de sous-préfectures, de tous les Guevara du bout du monde rebaptisés figures romantiques, de toutes les fausses valeurs cryptocommunistes dont les pays d’Europe de l’Est ne veulent pas. Et on nous présentera ces inhumations comme un ultime acte de résistance. Pensez : être enterré au pays des droits de l’homme !

« Accueillir exceptionnellement à Paris la sépulture de personnalités qui n’y résidaient pas administrativement » est souhaitable. Très bien. Mais des personnalités françaises. Et commençons par Michel Déon !

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

L’affolant maquis des associations subventionnées, par Francis Bergeron

Le renouvellement des conseils de prud’hommes, en 2018, a été l’occasion de voir arriver de nouveaux conseillers, et de constater que le secteur dit de « l’économie sociale » représente à présent un énorme pan des entreprises françaises. Cette « économie sociale », ce sont les associations dites « loi de 1901 », des associations qui n’ont en principe aucun but mercantile.

La France compterait 1 340 000 associations. Le premier problème que posent ces associations, c’est qu’elles vivent, pour beaucoup, de subventions. Le « chiffre d’affaires » du secteur représente 38 milliards d’euros. Il emploie 1,8 million de salariés, soit 10 % des salariés du privé. Dans la mesure où ces associations vivent d’aides publiques (ministères, régions, départements, municipalités…), ou de versements de particuliers en déduction fiscale, on devrait les additionner statistiquement aux fonctionnaires.

Ces associations, vivant de subventions, sont à la merci d’un changement dans leur distribution. Et quand une mairie ou un ministre veut fermer le robinet, nous sommes alors confrontés au chantage à l’emploi. D’où la pérennité d’associations qui n’ont plus d’utilité.

Autre problème, soulevé à l’occasion du renouvellement des prud’hommes : dans certaines villes, les représentants des salariés peuvent être CGT et les représentants des employeurs… également ! Eh oui, la CGT est aussi un employeur, avec ses centaines de permanents !

Le conseil général du Val-de-Marne (communiste) produit une liste de 24 pages d’associations subventionnées. Cela doit représenter plus d’un millier d’associations. Parmi elles, les inévitables courroies de transmission des mouvements de gauche (SOS Racisme, etc.), et d’improbables groupes Palestine-Solidarité de Valenton ou d’associations pour l’art kanak. Les anciens combattants de la FNACA et de la Fédération des déportés de la résistance existent dans la moindre des communes et sont toutes subventionnées, alors qu’il n’y a plus d’anciens déportés ou d’anciens combattants vivants, ou en tout cas en état de porter le drapeau.

Mis en examen pour escroquerie en bande organisée

Beaucoup parmi les plus grosses associations ont des frais de gestion et de collecte de dons très importants, parfois proches de la moitié de leur budget total. C’est par exemple le cas de Greenpeace (44 %), d’Amnesty International (40 %). Vous croyez aider les prisonniers politiques ou contribuer à sauver la planète ? Pour 40 ou 44 % de vos dons, cela sert à gérer les dons et… à faire de la publicité, pour que, l’année suivante, les dons soient encore au rendez-vous.

Il y a enfin des associations dont les dirigeants ont été mis en examen pour escroquerie en bande organisée. On se souvient de l’Association de recherche pour le cancer : en 2000, son président avait été condamné à quatre ans de prison ferme, 2,5 millions de francs d’amende et 200 millions de francs de dommages et intérêts. Ce qui donne une idée des détournements. Mais dans le même genre, on trouve Agir pour les enfants du monde, l’Association Mère Térésa pour les enfants (sans rapport avec mère Teresa !), etc. Les escrocs font appel aux ressorts de la compassion pour solliciter les braves gens. Des certifications et des audits se développent dans ce secteur, mais le maquis des associations est gigantesque et, bien souvent, il enserre la vie sociale du pays d’une véritable gangue gauchisante.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Contre Charb : Les délires d’une extrême gauche islamolâtre, par Francis Bergeron

Ne confondez pas notre Chard avec leur Charb. Certes, Chard et Charb exerçaient le même métier de dessinateur de presse. Mais la dernière lettre du pseudonyme n’était pas le seul point de divergence. Charb était de gauche, très à gauche. Et son terrain d’expression était Charlie Hebdo. Chard dessine pour Présent. Elle est en outre la gérante de Présent. Charb, lui, a été lâchement assassiné le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo.

Et pourtant c’est bien à Charb, à leur Charb et pas à notre Chard, que s’en prennent actuellement des groupuscules gauchistes. Que reprochent-ils à Charb, qui fut victime de la plus effroyable des intolérances islamistes ?

Ils lui en veulent pour un texte écrit peu avant sa mort, intitulé Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes.

Que reproche cette extrême gauche à ce texte de Charb ? D’être trop en faveur de la laïcité, en quelque sorte. C’est donc pourquoi le syndicat Solidaires (sic) Etudiant entend interdire la lecture de textes de Charb dans les universités. A Valencienne, à Paris-Diderot, une poignée de militants de ce groupuscule a tenté de s’opposer à ces lectures.

Ce qui est reproché à Charb est d’être blanc et non musulman

Derrière le groupuscule Solidaires Etudiant, il y a des pro-islamistes, dont le discours est construit sur une dialectique de lutte anticolonialiste. Ce qui est reproché à Charb, en dernière analyse, est d’être blanc, de ne pas être musulman, d’être issu d’un pays ayant pratiqué l’esclavage il y a quelques centaines d’années.

Mais Charb est mort ! Il a été abattu par des terroristes au service d’une idéologie totalitaire. Oui, mais en tant que Blanc, que Français de souche, que non-musulman, la parole de Charb n’est donc pas recevable, à bien comprendre les discours de ses opposants (pour l’essentiel un Collectif contre l’islamophobie).

La querelle de l’extrême gauche laïciste traditionnelle face à l’extrême gauche communautariste islamolâtre est évidemment incompréhensible pour 99 % des Français.

Une idéologie anticolonialiste devenue raciste

Mais, de même que l’écologie d’un Waechter ou d’un Hulot se trouve débordée par les intégristes du véganisme et des ZAD, de même l’extrême gauche traditionnelle se trouve-t-elle contestée sur sa gauche (si l’on peut dire) par une idéologie « anticolonialiste » devenue raciste (racisée, comme ils disent) et qui, de fait, soutient le terrorisme islamiste, considéré comme une réaction naturelle à « l’exploitation colonialiste » des musulmans par des non-musulmans.

Dans Le Figaro un universitaire, Laurent Bouvet, parlait, à propos de ces islamistes issus de l’extrême gauche, de « dérive identitaire ». Mais la défense de l’identité, ce n’est pas cela, la défense de l’identité, c’est la défense de ses racines chez soi. Le phénomène auquel nous assistons est une dérive communautariste chez les autres, en l’occurrence chez nous. Mais cette dérive a au moins le mérite de mettre désormais dans le même panier gauchistes et islamistes. Aussi mortifères l’un que l’autre, il était logique que ces deux courants finissent par fusionner.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Et maintenant : « balance ton porc communiste » !, par Francis Bergeron

On se demande quand s’arrêtera cette avalanche de révélations sur des agressions sexuelles et ces viols. Voici que le quotidien de gauche Le Monde, qui avait raconté les agressions sexuelles à l’UNEF et aux Jeunesses socialistes, évoque dans son numéro de samedi une série d’agressions de divers ordres, ayant pu aller jusqu’au viol, et commis par des dirigeants des Jeunesses communistes. Les faits sont précis : lieux, dates et circonstances sont donnés. Seuls manquent les noms.

Nous apprenons, par exemple, qu’en juin 2016, le responsable (permanent salarié) des Jeunesses communistes de Limoges a commis une tentative de viol sur une jeune militante de 19 ans. Celle-ci a dû s’enfuir pour échapper au prédateur. Le secrétaire fédéral de la Haute-Vienne, un dénommé Francis Dauliac, assure que « le jeune mis en cause pour harcèlement n’a plus de responsabilité ». Mais il nous annonce cet acte fort, avec, au-dessus de sa tête, un portrait du tueur en série Guevara ! A tout prendre, l’obsédé sexuel communiste de Limoges était moins dangereux que le Staline sud-américain.

Toujours en 2016, au cours d’une manifestation de Nuit debout, une autre militante du Parti a bien failli finir la nuit couchée, ce qui n’est pas anormal, mais contre son gré, ce qui est plus embêtant. Autre tentative de viol : cette fois dans le local du PCF de la Seine Saint-Denis, après une soirée bien arrosée. Le Monde évoque aussi des agressions survenues dans un camp d’été des Jeunesses communistes, dans la région Centre. Une autre militante affirme avoir été violée en 2015, etc.

Des plaintes ont été déposées. Les coupables ont tous avoué. Mais de ce point de vue, au Parti communiste, il y a une solide tradition dans le domaine des aveux.

Les dirigeants du Parti sont au courant de ces scandales depuis novembre au moins. Le secret avait toutefois été bien gardé. « Les responsables vont être écartés de leurs responsabilités », nous disent les apparatchiks de la place du Colonel-Fabien. Mais le mot exclusion n’est pas prononcé. Un livret de défense, élaboré par la commission « droit des femmes/féminisme » a été élaboré et distribué à 9 000 militantes du parti communiste (mais y a-t-il encore 9 000 militantes au PC ?)

Ils ont confondu « agit-prop’ et « agit pas propre »

Nous avons donc eu les porcs du cinéma et de la télévision, les porcs de l’UNEF, les porcs du PS, ainsi que quelques porcs du côté des centristes et de LR. Cette semaine, c’est donc « Balance ton porc communiste », même si la formule « porc communiste » est passablement redondante, et si les griefs à l’égard du PC dépassent largement ces affaires de militants confondant agit-prop et « agit pas propre ».

La campagne du Monde et de quelques autres organes est d’ailleurs curieuse. A croire que les groupuscules féministes et lesbiens essaient de déstabiliser une autre gauche qui, historiquement, est masculine, violente, et peu respectueuse des valeurs dites bourgeoises comme la galanterie ou la pudeur. Catherine Deneuve et une centaine de femmes (dont quelques militantes de la pornographie, comme Catherine Millet et Brigitte Lahaie), viennent d’ailleurs de réagir, avec un manifeste pour « une liberté d’importuner, indispensable à la liberté

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

La gabegie hospitalière française, par Francis Bergeron

La nouvelle est tombée alors que personne ne s’y attendait vraiment : le secteur hospitalier public, qui avait perdu 460 millions d’euros en 2016, s’attend à perdre cette année 1,5 milliard d’euros, alors que chacun pariait sur une stagnation voire un reflux des pertes.

Le budget annuel du secteur hospitalier étant de 200 milliards, cette perte de 1,5 milliard n’en représente qu’une fraction assez modeste. Mais à y regarder de plus près, la situation est sérieuse, car elle traduit une tendance lourde. Les charges des hôpitaux sont en augmentation de 3 % par an, alors que le budget, principalement constitué de dotations publiques, n’augmentera que de 2,3 %. Cela signifie tout simplement que ce déficit, qui a triplé en un an, pourrait tripler chaque année. Si rien n’est fait, c’est notre système de santé tout entier qui s’effondrera. Or ledit système se veut la vitrine de l’exception française, l’héritage de 1945.

La gauche, qui a avalé tant de couleuvres ces derniers mois, n’acceptera jamais une réforme de fond. On peut donc s’attendre à une remobilisation sur le thème, toujours populaire, de la défense de la santé, si le gouvernement se lance dans la réforme de fond impérative. Mais si Macron ne fait rien ou se contente d’un replâtrage, c’est tout son discours, toute l’approche « experte » de son équipe qui en sortira discréditée. Et l’appel au renflouement permanent de ce secteur risquerait en outre de contribuer à un étouffement de la reprise.

De quoi souffre le secteur de la santé, énorme pilier du secteur public ? De plusieurs maux qui méritent d’être rappelés ici. Il y a d’abord et avant tout l’empilement des réformes. Le diagnostic sur l’état de santé… de notre système de santé, tous les gouvernements successifs l’ont fait, depuis une trentaine d’années. Mais il faut bien reconnaître qu’ont souvent été casés à la tête du ministère de la Santé, sous des gouvernements de gauche ou de droite, d’ailleurs, les pires politiciens de la Ve République. Il suffit de les nommer. Jack Ralite ! Bernard Kouchner ! Simone Veil ! Martine Aubry ! Roselyne Bachelot ! Marisol Touraine !

La fin de l’avortement gratuit ?

Chacun d’eux a voulu « sa » réforme. Mais à la réformite aigüe s’est ajouté le manque de continuité. Des mesures catégorielles non financées étaient annoncées, et sont à présent portées comme des boulets.

Une réforme de fond du système de santé doit être portée par de vrais experts et s’inscrire dans la durée. Il faut en finir avec les mesures catégorielles, avec les 35 heures à l’hôpital, avec l’accès aux soins gratuit pour les clandestins, avec la prise en charge de l’avortement. Mais vous voyez que l’on touche là à de terribles tabous. On a du mal à penser qu’une Agnès Buzyn (l’actuelle nouvelle ministre de la Santé) aura les reins assez solides pour mener une telle réforme. Et malgré les nécessités financières, ne parions pas trop sur la fin du remboursement des avortements, quand on sait que madame Buzyn est l’ex-belle fille de Simone Veil.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Prières de rues : Clichy résiste – par Francis Bergeron

Saint Vincent de Paul avait été nommé curé de Clichy en 1612. Sept auparavant, il avait été enlevé par des pirates musulmans, au large de Narbonne, et vendu comme esclave à Tunis, avant de pouvoir s’enfuir et regagner la France. Aussi, pour beaucoup d’habitants de Clichy, les manifestations islamistes de ces derniers mois, sous forme de prières de rues, apparaissent pour ce qu’elles sont : des provocations.

Depuis mars de cette année, en effet, plusieurs centaines de musulmans se rassemblent devant l’hôtel de ville de Clichy, situé sur l’artère principale qui conduit à Paris. Ils déploient leurs tapis de prière dans la rue, écoutent des prêches en arabe et entendent faire plier la mairie (LR) pour obtenir une mosquée en centre-ville (la ville compte déjà deux mosquées).

La municipalité avait mis un terme à l’occupation illégale de locaux appartenant à la ville. L’une des deux associations musulmanes de Clichy avait accepté la relocation dans un bâtiment de 2 000 mètres carrés situé à quinze minutes à pied du centre-ville. Mais l’autre association veut une mosquée centrale. L’essayiste Céline Pina, qui a suivi ce dossier, explique ce refus dans une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur : « Un lieu de prière a bel et bien été construit, mais il ne permet pas de montrer ses muscles et sa puissance : il n’est pas en centre-ville. Or les mouvements liés à l’Islam politique sont très attachés à la visibilité et à la centralité, c’est parce qu’elles maîtrisent parfaitement les codes symboliques du pouvoir. »

La municipalité de Clichy n’entend pas se faire dicter sa loi par des islamiques, qui, à l’évidence, ont fait de Clichy un laboratoire politique. La précédente municipalité avait pratiqué le clientélisme et multiplié les concessions. La nouvelle municipalité LR n’est pas exempte d’une approche clientéliste, elle non plus, mais elle n’a apparemment pas misé sur le bon cheval, puisque les manifestants islamistes contestent la représentativité de ceux qui gèrent la nouvelle mosquée.

Pour tenter de faire cesser les manifestations, le maire, Rémi Muzeau, avait fait apposer une banderole : « Stop aux prières de rues illégales ».

Une minorité qui fait peur

Un parti Forces laïques a vu le jour localement, et prend une ampleur inattendue. Il a reçu le soutien de nombreux riverains qui n’en peuvent plus des provocations à haute dose d’une minorité qui fait peur, dans un contexte d’attentats islamistes.

Aussi vendredi, les élus, ceints de leur écharpe, sont-ils descendus dans la rue pour demander que soit mis un terme aux prières de rue. Ils ont été pris à partie par des « fidèles ». Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, avait apporté son soutien à la mairie, et s’est donc retrouvée parmi ceux qui étaient traités de « fachos ». Les forces de l’ordre ont séparé les deux camps. Les islamistes étaient moins nombreux que les autres jours car, compte tenu du risque que l’affrontement ne dégénère, les clandestins avaient préféré se tenir à l’écart. Mais si la position de la mairie est soutenue par les Clichois, la rue reste pour l’heure aux islamistes.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Vendredi 17 octobre, onzième soirée Livr'Arbitres à l'occasion du dernier numéro sur Kléber Haedens

Vendredi 17 octobre, onzième soirée “Livr’Arbitres” à l’occasion du dernier numéro sur Kléber Haedens

15/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro comportant un portrait consacré à Kléber Haedens, ainsi qu’un dossier intitulé “Chroniques du monde moderne, des écrivains au milieu des ruines” ; la revue littéraire non-conforme « Livr’arbitres » organise sa désormais traditionnelle soirée “apéritif et dédicaces” le vendredi 17 octobre, à partir de 20 heures, au restaurant “Ratatouille”, 168 rue Montmartre, Paris 2ème.

Dans une atmosphère conviviale, les lecteurs et les curieux sont invités à rencontrer à cette occasion les écrivains qui collaborent à la revue ou dont les ouvrages ont été évoqués dans ses colonnes. Ils pourront également acheter des livres neufs ou d’occasions, les faire dédicacer et échanger autour d’un verre de vin…

Seront notamment présents Francis Bergeron, Anne Le Pape, Aramis, Thierry Marignac, Pascal Arnoux, Olivier Griette.

A l’issue de la dédicace, l’écrivain Alain Paucard passera à la guitare pour quelques chansons qui lui tiennent à cœur et qu’il aime à partager.

Un bon moment en perspective !

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de "Présent" (2/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (2/2)

27/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Certains ont déjà sonné l’hymne funèbre de la presse papier. C’est pourtant oublier deux choses : d’une part de nombreux titres brillent par leur dynamisme (Eléments, Livr’Arbitres, La Nouvelle Revue d’Histoire), d’autre part que le papier permet de prendre le temps d’une lecture réfléchie et méditée et constitue un support indispensable de transmission horizontale (amis, relations) et verticale (générations futures)…

Francis Bergeron  : La presse papier ne sera plus jamais la voie royale de la diffusion de l’information. Et spécialement en France où les scléroses du passé (syndicat du livre CGT, code du travail, convention collective des journalistes , système de distribution, et les monopoles en découlant) ont tué une grande partie de cette presse papier. Regardez l’incroyable absence de diversité dans nos kiosques, et la faiblesse des tirages, surtout quand on compare avec les autres pays. Et s’il n’y avait pas les subventions gouvernementales pour la presse à faibles revenus publicitaires, les présentoirs des marchands de journaux seraient quasiment vides , Outre l’évolution des habitudes de lecture (sur écran plutôt que sur papier), ce type d’obstacle spécifiquement français empêche de redonner à Présent et aux journaux de ce type des niveaux de diffusion tels qu’on les connaissait il y a encore vingt ou trente ans.

Mais la presse papier a sa noblesse. Je dirais même que c’est le média noble par excellence. Le web, les médias sociaux la radio, la télévision, sont des médias de l’instantané, du spontané, de grands déversoirs d’information. La presse papier nécessite davantage de relecture, de qualité, de tri dans l’information, de hiérarchisation de celle-ci, et donc de recul.

Hier l’essentiel de l’information passait par la presse papier. Etre repris à la radio ou à la télévision, c’était la consécration. Je suis persuadé que demain nous vivrons le schéma exactement contraire : l’essentiel, la qualité, nous les trouverons dans la presse papier, compte tenu du caractère coûteux de ce média, compte tenu aussi de la pérennité du papier.

La presse papier n’est pas condamnée. Elle est condamnée à la qualité.

En élargissant le cercle de vos contributeurs, vous mettez un point d’honneur à ne pas être le journal d’une famille mais de toutes les familles d’un certain camp…

Samuel Martin  : En effet, et ce n’est pas l’expression d’un relativisme ni d’un fléchissement de notre ligne  ! Même si certains «  amis  », qui évidemment «  nous veulent du bien  », prétendent que c’est l’un et l’autre. Quotidien catholique de droite nationale, Présent entend, non pas représenter, mais refléter les multiples composantes du combat mené. Il a son identité, définie et à laquelle il croit  ; il est d’autant plus fort pour donner la parole à des mouvements, à des personnalités qui ne lui correspondent pas rigoureusement mais qui se trouvent engagés dans le même combat pour la sauvegarde de la France. Certains pensent que la lutte est d’abord religieuse, d’autres qu’elle est d’abord politique. On peut en discuter, la réalité est que la lutte existe. Exclure tel ou tel du champ de bataille ne revient qu’à affaiblir l’ensemble.

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Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de Présent (1/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (1/2)

26/08/2014 – PARIS (NOVOPress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Francis Bergeron, vous avez aux côtés de Jean-Pierre Blanchard repris les rênes de Présent il y maintenant plusieurs mois, dans quel contexte cette « reprise  » s’est-elle déroulée ?

Francis Bergeron  : Cette reprise s’est opérée dans un contexte extrêmement simple à exposer, plus compliqué à vivre : le journal était proche du dépôt de bilan, car il ne comptait plus que 2.000 abonnés et 300 ventes en kiosques. Moins de 3.000 lecteurs au total, y compris les abonnements sur Internet. 450.000 € de pertes cumulées. Ne rien faire, c’était la mort assurée.

Cinq amis de Présent (Jean-Pierre Blanchard, Me François Wagner, qui est le fils de Me Georges-Paul Wagner, l’un des dirigeants historiques de Présent, Raphaël Dubrule, Zita de Lussy et moi-même) ont répondu à une sorte d’appel au secours d’une partie de la rédaction de Présent et de la totalité de son équipe administrative, et ont accepté, bénévolement, de se partager les différentes actions de pilotage pour redresser le journal.

Tout changement suscite toujours des interrogations, des inquiétudes, même. Mais en l’occurrence ne rien faire était la certitude que ce quotidien, auquel nous étions tous très attachés, disparaitrait.

Nous avons pris de front et au plus vite toutes les problématiques du journal : la gestion des abonnements, le loyer de nos bureaux, le réglage des mises en kiosque, la défiscalisation des dons, la prospection etc. Sans parler du contenu rédactionnel.

Quel bilan tirez-vous des quelques mois écoulés ? Quels chantiers restent à conduire ? Quels sont les motifs d’espérance ?

Samuel Martin  : Les six mois écoulés ont été difficiles. Réorganiser le travail quotidien tout en l’assurant est une tâche compliquée. Cependant le journal a paru chaque jour et s’est amélioré. Il reste des défauts  ? Des lecteurs nous les signalent, nous les reprochent, peut-être ignorent-ils que ces défauts nous les connaissons mieux qu’eux  : ce sont les nôtres… Heureusement, d’autres lecteurs, plus bienveillants, nous félicitent pour les améliorations effectuées  ! Nous avons à progresser sur l’anticipation et la réactivité. Une plus grande structuration du journal est également un des chantiers de la rentrée. Les motifs d’espérance existent. D’une part il n’est pas possible qu’autant d’efforts conjugués en matières journalistique, commerciale et gestionnaire n’aboutissent pas à un résultat. D’autre part Présent existe «  de nouveau  », si l’on peut dire  : les gens le repèrent mieux en kiosque, et Libération, Le Monde l’ont cité. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps. Cette visibilité est une des conditions de relance.

Présent constitue très concrètement le dernier quotidien dissident présent dans les kiosques. Son rôle est donc indispensable et s’articule donc avec les autres supports de réinformation. Cette complémentarité est-elle l’un de vos axes de travail prioritaires ?

Francis Bergeron  : Présent est en effet le seul quotidien papier de réinformation non conformiste ou dissident. Il n’entre en concurrence avec aucun autre média de même esprit. Mais il nous semble parfaitement complémentaire d’une radio comme Radio Courtoisie, d’une télévision comme TV libertés, ou encore du travail réalisé par Novopress, sans parler de Chiré-en-Montreuil, dans le domaine du livre et des revues.

Nous voulons développer très vite un maximum de partenariats, ceci pour plusieurs raisons : le temps nous presse, et Présent n’a donc ni les moyens ni le temps d’évoluer lui même dans son coin vers un outil multimédias. C’est un tournant qu’il aurait fallu prendre, une stratégie qu’il aurait fallu mettre en œuvre, il y a dix ans, peut-être, comme a su le faire par exemple Le Figaro. Aujourd’hui nous ne pouvons mobiliser l’essentiel de nos moyens, de nos forces vives, que vers le support papier : ce que nous faisons, ce que nous savons faire, et ce que nous devons faire encore mieux. Mais qui plus est, parce que la nature a horreur du vide, les nouveaux supports médiatiques, les médias sociaux, ont été (heureusement !) investis par des équipes de grand talent, très performantes, rodées à ces techniques particulières. Du même coup, la bonne solution, qui est aussi la seule, à mon sens, c’est de développer des partenariats avec ces équipes par une perméabilité de l’information entre les différentes supports, un accueil réciproque des collaborations, de la publicité croisée pour faire connaitre l’ensemble de nos outils auprès de nos publics respectifs.

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Vendredi 21 mars : 9e soirée des amis de "Livr'arbitres"

Vendredi 21 mars : 9ème soirée des amis de “Livr’arbitres”

16/03/14 – PARIS (NOVOpress)
A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro comportant deux dossiers principaux, l’un consacré à Marcel Aymé, l’autre au dandysme, la revue littéraire non-conforme « Livr’arbitres » organise sa désormais traditionnelle soirée “apéritif et dédicaces” le vendredi 21 mars, à partir de 20 heures, au restaurant “Ratatouille”, 168 rue Montmartre, Paris 2ème.

Dans une atmosphère conviviale, les lecteurs et les curieux sont invités à rencontrer à cette occasion les écrivains qui collaborent à la revue ou dont les ouvrages ont été évoqués dans ses colonnes. Ils pourront également acheter des livres neufs ou d’occasion, les faire dédicacer et échanger autour d’un verre de vin… Seront notamment présents Francis Bergeron, Solange Bied-Charreton, Christopher Gérard, Alain Paucard, Olivier Meyer, Slobodan Despot, Patrick Weber…

www.livr-arbitres.com

Pour respirer en politique et ailleurs - Par Dominique Venner

Pour respirer en politique et ailleurs – Par Dominique Venner

Oui, nous éprouvons souvent le besoin d’aller respirer ailleurs quand l’air ambiant est saturé de médiocrité. C’est à quoi je songeais en lisant l’intelligent petit livre que Francis Bergeron vient de consacrer à Maurice Bardèche, un nom à retenir et à retrouver, associé à une vie exemplaire.

Pour respirer en politique et ailleurs – Par Dominique Venner L’itinéraire de Maurice Bardèche (1907-1998) fut celui d’un intellectuel de haut niveau que son amitié pour son beau-frère, Robert Brasillach, projeta dans un engagement de fidélité absolue après l’exécution de ce frère, le 6 février 1945. Maurice Bardèche est emblématique de ce qu’en politique, j’appelle le « corps mystique » des hommes de foi, par opposition aux hommes de pouvoir. Bardèche n’a jamais fui les conséquences de ses engagements. Il poussa même la fidélité jusqu’à la provocation, se prétendant par exemple “fasciste” après 1945, alors que cela n’avait plus de signification, sinon rétrospective. Curieux fasciste en vérité, que cet esprit fin, érudit, amoureux des lettres, empreint de gentillesse, qui ne se s’engagea sous le fantôme des faisceaux qu’après leur défaite.

Né le 1er octobre 1907 dans le Berri, à Dun-sur-Auron (anciennement Dun-le-Roi), Maurice Bardèche était un pur produit de l’ancien élitisme républicain, qui permettait à un petit paysan pauvre mais doué, d’aller au bout des études supérieures. Admis en hypokhâgne à Louis-le-Grand, il y côtoya Thierry Maulnier, Roger Vaillant et surtout Robert Brasillach. Ce dernier, jeune Catalan de Paris, brillantissime et rieur, l’initia au monde enchanté des livres, du cinéma et du théâtre. Commença une amitié idéale, que vint renforcer le mariage de Maurice Bardèche avec Suzanne, la sœur de Brasillach. En collaboration avec ce dernier, il publia en 1935 une Histoire du Cinéma qui fait toujours autorité. En ce temps-là, il n’était pas encore question d’idéologie, c’est-à-dire d’un système d’idées cohérent.

Reçu à l’Ecole normale supérieure en 1928, Maurice Bardèche décrocha l’agrégation le lettres en 1932. Son destin semblait tracé, celui d’un grand universitaire, spécialiste reconnu de Balzac, titulaire d’une chaire à la Sorbonne dès 1940.

Et la politique dans tout cela? Elle restait lointaine, malgré les orages sur l’Europe. La guerre et l’Occupation, Bardèche les regardait “du bord de la route”. Tout bascula en 1944. Bien qu’il se fût abstenu de toute activité publique, il fut arrêté à la Libération et emprisonné pendant six mois à Drancy et à Fresnes. La vindicte qui frappait Robert Brasillach s’étendait à ses proches. Chassé de l’Université pour trois critiques littéraires données à Je Suis partout, Bardèche dut trimer dans l’enseignement libre et dans l’édition afin de nourrir ses cinq jeunes enfants.

L’exécution de Robert Brasillach, le 6 février 1945, avait fait de lui un autre homme : « Un régime qui pouvait mettre à mort un être aussi généreux, aussi pur, qui le tuait pour des mots, pour une opinion, avait en lui un principe de mal. J’étais le témoin de Robert Brasillach. Sur lui, je ne pouvais pas me tromper. (2) » Désormais, il se voua à son beau-frère mort, à la défense de son œuvre et de son engagement. Dans cette tâche, il révéla une violence de plume et une témérité qui attirèrent sur lui quelques ferventes sympathies et beaucoup de haine.

En 1948, il fondait sa propre maison d’édition, Les Sept Couleurs, titre d’un roman de Robert Brasillach. Il y publia aussitôt Nuremberg ou la terre promise, pamphlet qui anticipât avec une incroyable lucidité sur ce que serait le « nouvel ordre mondial » imposé plus tard par l’hyperpuissance américaine. Le livre fut saisi et son auteur condamné. Avant tout le monde, Bardèche avait perçu les implications de la nouvelle justice sans frontières qui allait s’étendre sur le monde. Dans la prétention d’ériger un tribunal international en juge des nations, sous prétexte de crimes contre l’humanité, Bardèche identifia un principe nouveau de la vie politique : « La souveraineté nationale, désormais, n’existait plus… La nation n’était plus qu’une parcelle géographique d’un tout appelé humanité… Désormais nous n’aurions plus aucun droit d’être ce que nous sommes, de défendre ce qui nous appartient, d’être chez nous sur une certaine partie de la terre. Nous n’étions plus que des fourmis qui se trouvaient par hasard sur un certain tas de sable appartenant à tous les hommes et sur lequel tous les hommes pouvaient s’installer… (2) » Il faut retenir et méditer cette intuition précoce.

En décembre 1952, Maurice Bardèche lança une revue de combat, Défense de l’Occident, qui, jusqu’à son 194ème et dernier numéro, en novembre 1982, fut un rendez-vous intellectuel de la droite radicale. Parallèlement, il poursuivait une œuvre littéraire importante, ponctuée par une succession d’ouvrages sur Stendhal (1947), Marcel Proust (1971), Balzac (1980), Flaubert (1988), Céline (1986), Léon Bloy (1989). Il a également publié plusieurs essais politiques, notamment Sparte et les Sudistes, (1969) dans lequel il reprochait aux nationalistes français d’avant 1940 leur confondante myopie. Ils ont pris, dit-il, la défaite de 1870 pour l’évènement capital de l’histoire, alors que le destin du monde s’était joué sept ans plus tôt dans la vallée de Gettysburg sans qu’ils l’aient vu. « La défaite du général Lee était infiniment plus grave pour notre avenir que la perte de deux de nos provinces. C’est un nombrilisme pire encore qui avait concentré toute l’attention des Français sur l’affaire Dreyfus, cultivé un militarisme puéril, nourri (l’) esprit de revanche, alors que tant de nouvelles menaces étaient présentes dans le monde. »

La vie et les écrits de Maurice Bardèche offrent un rare exemple de détermination ferme et de courage, comme le soir où, en dépit de son âge, il affronta BHL et sa cour sans faiblir sur le plateau de Bernard Pivot qui avait misé sur un sanglant hallali. Il en fut pour son argent. C’est un souvenir que je n’ai pas oublié.

Dominique Venner

Notes

  1. Francis Bergeron, Bardèche, Editions Pardès/Qui Suis-je ?, 126 p., 12 €.
  2. Sauf indications contraires, les citations sont extraites des Souvenirs de Maurice Bardèche (Buchet-Chastel, 1993).
  3. Illustration : Maurice Bardèche (1907-1998), ancien normalien, beau-frère de Robert Brasillach

[box class=”info”] Source : le site internet de Dominique Venner. [/box]

Dominique Venner est un historien qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire et… sur la chasse. Il dirige La Nouvelle Revue d’Histoire (NRH).