Bobigny : les étranges protections municipales pour la famille d’un tueur

Abdel Sadi, le nouveau maire communiste de Bobigny, s’est fait photographier avec l’une de ses administrées, une femme voilée nommée Lynda Benakouche. Cette femme n’est pas n’importe quelle intégriste islamique. Employée municipale de la ville, elle est la conjointe du tueur Christophe Soumbou, condamné en 2009 à 18 ans de prison (et libéré en juillet 2019) pour l’enlèvement, la séquestration (pendant trois semaines), la torture collective dans une cave de Bagneux, et le meurtre du jeune Ilan Halimi en 2006.

Le « gang des barbares », dirigé par le dénommé Fofana, et dont Soumbou était l’un des trois principaux « animateurs », comportait environ 25 membres. Criminalité et prosélytisme salafiste constituaient les deux activités essentielles du groupe. Ilan Halimi, 23 ans, avait été choisi au hasard, sur le seul critère de sa judaïté, l’objectif étant d’obtenir une rançon de sa famille. Mais les barbares – comme ils s’appelaient eux-mêmes –, l’avaient torturé puis assassiné. A Bagneux, une stèle, destinée à perpétuer le souvenir du jeune homme dans cette ville, est régulièrement saccagée. Ce gang des barbares a donc des disciples, des admirateurs. Et d’ailleurs, la plupart de ses membres ont retrouvé la liberté, aujourd’hui. Selon notre pointage, seul Fofana lui-même est encore incarcéré.

Mais inutile de dire que cette affaire a laissé des traces. Des traces qui ne semblent pas traumatiser outre mesure le maire de Bobigny. Car Abdel Sadi ne s’est pas fait piéger par l’épouse du tueur. Il n’a pas posé avec elle sans savoir qui elle était, puisque c’est une fonctionnaire territoriale de sa commune. Et d’autre part, l’ancienne municipalité (UDI) avait déjà été accusée d’exercer une sorte de protection à son égard, sans doute pour s’assurer une partie des voix des islamistes locaux, ou au moins une neutralité bienveillante.

Bobigny, préfecture de Seine-Saint-Denis, compte 52 000 habitants. Le 28 juin, au second tour des municipales, c’est donc la liste communiste menée par le dénommé Abdel Sadi qui l’a emporté avec 55 % des voix face à une liste centriste. Mais l’abstention avait été extrêmement forte (62 %) et Abdel Sadi et sa liste n’ont en fait obtenu que 4 600 voix. Avec 4 600 voix, une préfecture peut donc basculer, par exemple entre des mains islamo-communistes.

On peut s’interroger sur les protections de la femme du tueur

L’affichage de cette proximité entre la mairie communiste et la femme du tueur du gang des barbares fait quelques vagues. Le caractère clairement antisémite du meurtre commis il y a 14 ans favorise la publicité. Qui plus est, cette employée municipale est loin d’être une employée modèle. Et là aussi, on peut s’interroger sur l’indulgence à son égard, malgré des violences à l’égard d’une autre femme, et aussi à l’égard d’un élu.

La cour régionale des comptes avait d’ailleurs relevé qu’elle percevait des revenus bien supérieurs à ses compétences. Comme si son poste n’était qu’une forme de remerciement pour des services rendus (des services électoraux, s’entend). Cette situation troublante avait été pointée du doigt à l’encontre de l’ancienne municipalité. Mais la pratique semble se poursuivre avec le nouveau maire PCF, qui n’hésite donc pas à afficher son soutien à cette personne. Précisons toutefois que Lynda Benakouche n’a pas été condamnée dans le dossier du meurtre d’Ilian Halimi. Mais cette pratique de la préférence antinationale devient insupportable.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 18 septembre 2020

Séparatisme ? Pour ne pas écrire conquête islamique ?

Le terme « séparatisme » est revenu tout récemment dans le vocabulaire politique. Dans les années 1950, il désignait les velléités de groupuscules, terroristes ou non, de séparer de la mère patrie les départements français situés en Algérie. Ces terres étaient françaises depuis 1830, mais une partie des habitants s’étaient progressivement engagés dans un processus de séparation. On connaît la suite, la montée en puissance du terrorisme, et finalement le ralliement au FLN, par la peur, la violence, le racisme …et l’islamisme.

Mais voici qu’on nous parle de séparatisme du Val-d’Oise, de séparatisme de départements de la petite couronne. Le phénomène n’est pas exactement identique, bien que l’on y retrouve la recette qui a conduit à la perte des départements d’Algérie : la peur, la violence, le racisme… et l’islamisme, également.

Il n’y pas en Val-d’Oise ou ailleurs, une volonté d’indépendance exprimée par une majorité ou par une minorité agissante, il y a des membres issus d’une communauté récemment immigrée, souvent étrangère, voire clandestine (en toute hypothèse minoritaire, même localement, par rapport aux habitants « historiques », « de souche »), d’unifier des « zones de non droit » pour en faire des territoires soumis aux règles d’une autre religion, d’une autre culture, d’une autre civilisation.

Pour ne pas effrayer, pour ne pas « donner du grain à moudre à l’extrême droite », on parle désormais de « séparatisme », mais c’est de cela qu’il s’agit. Le vocabulaire est un simple artifice pour masquer un phénomène devenu effrayant.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 août 2020

Le magazine L’Incorrect censuré pour sa une sur la remigration

L’Incorrect est un mensuel vendu en kiosque, comme quelques trop rares autres magazines, Eléments, Réfléchir & Agir, Causeur, Histoire-Actu du Présent (hors-série de Présent), Spectacle du monde (de retour en kiosque), voire l’actuel Marianne, qui représentent un panel plutôt limité de revues dont le principal point commun est une liberté de ton, et en tout cas une vraie indépendance. Certains se disent conservateurs, d’autres « révolutionnaires », certains sont d’inspiration chrétienne, d’autres pas.

Lancé il y aura bientôt trois ans, L’Incorrect semble bien parti pour trouver sa vitesse de croisière, celle de l’équilibre financier. Pour vivre, en l’absence de mécènes (il n’y a qu’à gauche qu’on trouve des Perdriel et des Drahi, semble-t-il), il faut d’abord des abonnés et des acheteurs en kiosque. L’Incorrect avait donc prévu une campagne publicitaire par affichage de la couverture du dernier numéro qui titrait sur cette phrase : « Remigration. Sauvez des vies. Restez chez vous ». Ce qui n’a pas plu à MédiaKiosk, la société chargée de l’affichage.

L’Incorrect faisait sans doute allusion à ces dramatiques noyades en Méditerranée, quand des passeurs mafieux entassent des candidats à l’immigration dans des barcasses qui coulent en haute mer, ou encore aux affrontements interethniques de Dijon, et aux risques de mort violente découlant de tels règlements de compte armés.

La couverture de L’Incorrect devait être affichée sur les kiosques du 18 au 22 juin. Mais MédiaKiosk a censuré son client. C’est une sorte de « refus de vente », sanctionnable. MédiaKiosk n’a pas le droit de pratiquer la censure. Seule une décision de justice peut décider de retirer ou d’interdire un affichage.

« Le kiosque, symbole de la liberté d’expression » (sic !)

L’Incorrect rappelle que MédiaKiosk, filiale du groupe mondial d’affichage public Jean-Claude Decaux, note sur son site Internet que le kiosque est essentiel « au maintien de la presse écrite en centre-ville, symbole de la liberté d’expression » (sic !). Or, en dehors de toute décision de justice, dans l’arbitraire le plus absolu, MédiaKiosk censure donc les idées qui ne plaisent pas. Mais qui ne plaisent pas à qui ? A son PDG ? A la famille Traoré ? A Castaner ? On peut aussi se demander quels sont les thèmes, les mots, les phrases susceptibles d’être ainsi interdits (sans avertissement, sans se préoccuper des tirages opérés par le titre en lien avec l’affichage publicitaire prévu).

Cette affaire est grave. Demain, pourquoi ne pas couper le téléphone ? Pourquoi ne pas empêcher l’impression ou la vente en kiosque des titres ayant peu ou prou une orientation de droite, conservatrice, patriotique, catholique, puisque leur exposition est désormais interdite par MédiaKiosk ? Pourquoi ne pas interdire à L’Incorrect l’ouverture de comptes bancaires, la réception et l’envoi de courriers ? Et jusqu’où va aller cette persécution rampante, cette chasse aux mal-pensants ?

Présent avait prévu, pour ses hors-série, et en particulier pour celui consacré à Jean Raspail, qui doit paraître très prochainement, de relancer une campagne d’affichage en kiosque par le biais de MédiaKiosk. Compte tenu de ce mauvais tour joué à L’Incorrect, nous nous en abstiendrons. Notre hors-série d’hommage à Raspail titrera : « Le camp des saints : nous y sommes ! Le message de Jean Raspail » ; nous n’avons d’ailleurs pas, avec un titre pareil, la certitude d’être autorisés à l’affichage par la censure MédiaKiosk.

Que des entreprises privées se permettent porter atteinte à la liberté d’expression sans attendre qu’un juge vienne le leur demander dépasse l’entendement. MédiaKiosk, désormais ex-prestataire de Présent, dont le nom sonne, et s’écrit même, comme une administration soviétique d’avant la Glasnost, nous rappelle tout à fait le « Tsenzor » de sinistre mémoire, de l’époque Brejnev.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2020

Quelle pilule avaler ? Le docteur Raoult sème la zizanie

Les experts sont épatants : ils nous offrent un incroyable spectacle, une sorte de match de tennis, où chaque jour, nous croyons assister à la balle de match. Mais au dernier moment, le joueur en difficulté, d’un fulgurant revers, remporte le set, et relance la partie. Il y a trois jours, le professeur Raoult était acculé en fond de cours : The Lancet, la revue médicale britannique, dévoilait les résultats d’une enquête qui mettait en garde contre l’hydroxychloroquine, en tant que remède contre le COVID-19. Mais le professeur ne s’en laisse pas compter, et riposte.

Didier Raoult, le chercheur non conformiste de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, considère l’étude du Lancet comme « foireuse ». Elle a été réalisée « par des gens qui n’ont pas vu de patients », s’indigne-t-il. Elle a néanmoins été menée à partir des dossiers de 15 000 malades du COVID-19. C’est la seule étude à ce jour ayant porté sur un aussi grand échantillon. Son rédacteur est catégorique : la preuve statistique est désormais faite que la chloroquine ne guérit pas du COVID-19, mais augmente même les risques de mortalité. Dès lundi, l’OMS suspendait les essais cliniques en cours sur des malades du COVID-19.

Le professeur Raoult est-il un nouveau Pasteur, un nouveau Semmelweis qui s’entête contre les plus hautes autorités médicales parce qu’il sait qu’il a raison ? Ou assistons-nous au caprice d’un égocentrique ne supportant pas d’être démenti par les faits ? Ce n’est évidemment pas « l’opinion publique » qui peut trancher.

« Le noyau dur des raoulistes »

Pourtant cette opinion publique réagit, et se range dans l’un ou l’autre camp, transformant en quelque sorte chaque Français en expert des virus. Lisez les messages sur les réseaux sociaux : ils sont innombrables à prendre parti sur un sujet pourtant strictement scientifique :

« Amusant, il ne reste que le noyau dur des raoulistes qui argumentent encore entre eux en circuit fermé. Les autres ont compris et sont partis », écrit un internaute, faisant sans doute allusion à Ségolène Royal, qui vient d’effacer de son site ses prises de position pro-Raoult. Mais dans le camp d’en face, on n’est pas en reste : « Je fais totalement confiance au professeur Raoult (…) mais je n’ai aucune confiance en Buzyn, Véran ou l’OMS (leur lien avec les labos est avéré) ».

Ce que disent Raoult et son équipe, c’est que 3 600 malades sont passés entre leurs mains, qu’ils ont été traités par une association médicamenteuse à base de chloroquine, et que la mortalité de cette cohorte a été du même coup « la plus basse du monde ». Or l’étude du Lancet indique au contraire une surmortalité pour le même traitement, sur 15 000 malades. D’où la recommandation de l’interrompre, et d’où la prise de position de l’OMS.

« Je ne sais pas si ailleurs l’hydroxychloroquine tue, mais ici elle a sauvé beaucoup de gens » répond Raoult. Quant aux arythmies cardiaques qui découleraient de ce traitement, il indique simplement qu’il n’en a pas observées chez les patients de son IHU.

C’est un débat purement scientifique, qui semblerait donc relativement facile à trancher. A condition d’avoir un peu de temps. Mais c’est là que le bât blesse : du temps, nous n’en avons pas, alors que la pandémie progresse sur le continent américain, qu’elle rebondit ici ou là, et que la pression de cette fameuse opinion publique est à son paroxysme. Et Raoult est un homme de conviction : il ira jusqu’au bout.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 mai 2020

La loi Avia votée : un grand pas vers la dictature, par Francis Bergeron

Mercredi, l’Assemblée nationale a voté en dernière lecture la loi Avia, du nom du député LREM qui portait le projet. Cette loi prétend combattre la haine sur Internet. Elle accroît de fait la pensée unique, le politiquement correct, un contrôle totalitaire sur l’écrit, la parole, l’image. La plupart des partis politiques se sont opposés à cette loi.

Mais le PS s’est abstenu, et les voix de LREM ont été suffisantes pour entériner le texte. Or la question est la suivante : qu’est-ce qu’un propos haineux ? Qui le définit ? En déléguant le droit de censure aux géants de la communication sur le Net, le Parlement privatise (qui plus est au profit d’entreprises étrangères) une fonction régalienne essentielle, celle portant sur la liberté d’expression et sur la gestion de ses limites.

La France insoumise et Les Républicains avaient soutenu la même motion de rejet de ce texte. Mediapart avait dévoilé les propos plus ou moins privés de Mme Avia, pour démontrer qu’à l’aune de la définition des « messages de haine », elle devrait être censurée, elle aussi. Mais rien n’y a fait. Le « camp du bien » a remporté une nouvelle bataille.

Dorénavant, Facebook, Google, Apple et les autres, les moteurs de recherche, les sites, les blogs auront 24 heures pour supprimer tout contenu supposé « haineux » et « illégal ». A défaut, l’amende pourrait représenter 4 % du chiffre d’affaires mondial. On parle de sociétés dont le chiffre d’affaires se compte en dizaines de milliards de dollars. Les contenus « manifestement illégaux » sont visés. Mais croyez-vous que ces entreprises prendront le risque d’une amende de plusieurs milliards s’ils ont le moindre doute ? Pour la première fois dans l’histoire moderne du droit, le doute sur la culpabilité sera sanctionné : la censure s’abattra.

« Traquer la haine », disent-ils

Les contenus pédopornographiques ou terroristes devront être retirés dans l’heure. Ce qui signifie que des moteurs de recherche supprimeront d’office, sur la seule présence de mots clés, des citations pédophiles de Cohn-Bendit (surtout s’il s’agit de les révéler), ou peut-être Les Réprouvés, d’Ernst von Salomon, Les Terroristes, de Roland Gaucher…

Une antenne judiciaire spéciale va être créée pour traquer « la haine ». Le CSA aura des pouvoirs élargis. Et chaque plate-forme devra être équipée d’un bouton unique pour signaler tout propos présumé haineux. C’est le triomphe de la Dilcrah ministérielle (lutte contre le racisme, etc.), du MRAP, de la LICRA, de SOS Racisme et des innombrables ligues de vertu subventionnées, qui n’auront plus qu’à faire cliquer sur ce bouton pour interdire un site, une revue numérisée, une pétition en ligne.

S’opposer à l’avortement ? Une manifestation de haine à l’égard des femmes ! Refuser le mariage gay, la GPA ? Homophobie ! Déposer un projet de loi contre l’immigration ? Xénophobie ! Racisme !

Le préposé de la Dilcrah évoque avec délectation la perspective de fermer, grâce à cette loi, des sites qui « font 800 000 visites par mois ». Le Salon beige ? Boulevard Voltaire ? Fdesouche ? Le site de Présent ? Tous, peut-être !

Pour Emmanuelle Ménard, « la loi Avia muselle la liberté d’opinion et d’expression ». Pour Marine Le Pen, « la loi Avia, c’est le dernier clou dans le cercueil de la liberté d’expression ! » En quoi en effet la France de 2020 diffère-t-elle désormais de la Chine ou de la Corée du Nord ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 14 mai 2020

Dans la France politique « d’après » : le RN dopé par le coronavirus, par Francis Bergeron

On a peu entendu la classe politique, ces dernières semaines. Ce qui est logique, d’ailleurs, car les Français espéraient et continuent à espérer des réponses à leurs questions et à leurs inquiétudes.
Or ces réponses, c’est en principe du côté scientifique, médical, qu’elles peuvent venir. La cacophonie, les contradictions, les prophéties ratées, ont d’emblée discrédité la parole politique. Deux courants seulement, aujourd’hui, semblent encore en capacité de se faire entendre : les macronistes, parce que Macron, Philippe et Véran attirent sur eux la lumière, multipliant les prises de parole ; et le RN qui s’est imposé comme « le seul opposant audible », ainsi que le note Valeurs actuelles, cette semaine.

Le 6 mars dernier, alors que personne n’imaginait encore les proportions que prendrait, en France et sur toute la planète, la crise sanitaire, Le Monde publiait les résultats d’un sondage sur l’image du RN. La réponse était mitigée. 51 % des Français considéraient que le parti de Marine Le Pen représentait un danger pour la démocratie, mais ce chiffre traduisait un recul de 4 % des mauvaises opinions. Par ailleurs 56 % des Français estimaient désormais que le RN était susceptible d’accéder au pouvoir.

Le coronavirus a rebattu les cartes. Mais dans quelles proportions ? Aucun sondage ne peut encore nous permettre de nous faire une religion sur l’évolution de l’image des camps en présence. De façon virale, les bourdes des ministres, leurs mensonges, leurs contradictions envahissent les écrans d’ordinateurs. Quel en est l’impact ? On l’ignore. Ils expliquent néanmoins le fort taux de défiance des Français à l’égard du pouvoir. Cette défiance a été mesurée, pour le coup, et elle est anormalement forte. Or les bouleversements actuels, inédits, devraient en principe favoriser la parole des hommes au pouvoir. Il semble que la France soit l’un des rares pays où ce principe bien connu des experts en science politique ne joue pas, ou seulement très marginalement.

Inversement, ceux qui incarnent des positions dures ou considérées comme extrêmes sont laminés, dans de telles périodes. Quelques éditorialistes politiques de nos grands médias ne se sont pas gênés pour dire, ironiques : « Imaginez Le Pen ou Mélenchon au pouvoir, avec ce que nous sommes en train de vivre ! » Mais une Agnès Buzyn, une Sibeth Ndiaye sont allées au-delà de l’imaginable. L’opposition s’incarne désormais essentiellement à travers Mélenchon et Le Pen. Mais l’atout de Marine Le Pen, c’est d’avoir, dès le début de la pandémie, et à la différence notable d’autres leaders « populistes », en Europe ou ailleurs, mesuré la gravité de la crise. Ses options ont fini par être adoptées après avoir été condamnées, et moquées par la classe politico-médiatique.

C’est la force d’internet : tout est restitué. Marine Le Pen a engrangé un capital de confiance nouveau, qui n’a certes encore été mesuré ni par les sondages ni par les urnes. Mais – flair ou chance –, la présidente du RN a fait prendre à son parti les positions aujourd’hui validées par les scientifiques. Dans quelles proportions le RN en tirera-t-il profit ? Avoir eu raison avant les autres, et contre les autres, ne garantit pas la victoire, mais laisse des traces. Surtout quand les réseaux sociaux se transforment en théâtre de Guignol, passant en boucle les erreurs des concurrents.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 24 avril 2020

Dans un contexte dramatique, la droite nationale poursuit son implantation

Les maires sortants sont traditionnellement avantagés dans les urnes. Dans un contexte d’interrogation sur la progression de l’épidémie, ce principe s’est confirmé dimanche ; il conforte le besoin légitime des Français d’être rassurés. La réélection des sortants vient en quelque sorte contrebalancer l’impression de sauter dans l’inconnu que vivent actuellement les Français depuis qu’ils ont découvert l’ampleur de l’épidémie en cours.

Traditionnellement, les scores du Front national affolaient les commentateurs, mais dimanche soir c’est le score de la maladie qui focalisait toutes les attentions. La déclaration, empreinte de solennité, de Marine Le Pen, largement orientée sur la nécessité d’accroître les mesures de protection, de mettre en place le confinement, et de reporter à plus tard le second tour des municipales, n’a pas suscité de tollé, à la différence de ce qui se passait habituellement dans des situations de ce genre. Et c’est son contradicteur, le ministre de l’Ecologie, qui a semblé en retard de 24 heures sur les dernières déclarations de Macron et d’Edouard Philippe. La présidente du RN a rappelé qu’elle n’avait pas été favorable à la tenue des municipales aux dates prévues, compte tenu de l’épidémie. En ce sens, elle se différenciait de toute la classe politique. Les scientifiques ont confirmé que c’est elle qui avait raison.

Pour en revenir à la prime aux maires sortants, celle-ci a bénéficié à l’écolo Piolle à Grenoble, aux socialistes Aubry à Lille, Johanna Rolland à Nantes, ou Hidalgo à Paris, qui doivent tous, néanmoins, affronter un second tour. Leurs scores respectifs les ont cependant placés nettement en tête à l’issue du scrutin. Mais un second tour sera donc nécessaire pour confirmer ou non cette situation de favoris.

Steeve Briois plébiscité avec 74,1 % des voix

Mais le même phénomène de prime aux sortants a également joué en faveur des 14 maires de la droite nationale, qui avaient été élus en 2014, généralement dans le cadre de triangulaires, voire de quadrangulaires très serrées : Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, a été plébiscité par 74,21 % de ses compatriotes ; Julien Sanchez à Beaucaire a été lui aussi élu au premier tour, avec 59,50 % des voix ; Robert Ménard, à Béziers, a été réélu avec 68 % des voix, Marc-Etienne Lansade, à Cogolin, recueille 47,50 %. Jacques Bompard à Orange ne manque que de peu sa réélection dès le premier tour : 47,56 % des voix. Mais il était concurrencé par une liste du RN qui a recueilli pour sa part 13,4 % des voix. Nous sommes donc ici à un total de 61 % des voix, ce qui est l’ordre de grandeur habituel des scores passés du maire d’Orange. Au Pontet, Joris Hébrard est réélu avec 57 % des voix. Franck Briffaut, à Villers-Cotterêts récolte 53,5 % des suffrages, Fabien Engelmann, à Hayange, triomphe avec 63,14 % des voix, et Philippe de Beauregard, à Camaret-sur-Aygues, fait mieux encore avec 70 % des voix (bien que conseiller régional RN de PACA, il se présentait sans étiquette) !

Seul le score du RN, à Marseille, où Stéphane Ravier avait pourtant fait une belle campagne, déçoit (19 % des suffrages), tandis qu’à Bollène Marie-Claude Bompard, avec 44,71 % des voix, est en ballottage (voir en page 4). Comme Pascal Verrelle au Luc, dans le Var (38 %).

Dans beaucoup de villes, les candidats de la droite nationale sont bien placés, comme Valérie Laupies à Tarascon (lire sa réaction en page 5), Louis Aliot à Perpignan, ou le général de La Chesnais à Carpentras. Mais cela passe éventuellement par des fusions de listes, et surtout par la mobilisation des abstentionnistes qui ont représenté 56 % du corps électoral. Un record pour ce type d’élection. Mais jamais une élection ne s’était opérée dans un contexte aussi affolant. Tandis que tombaient les premiers résultats électoraux, les chiffres des personnes atteintes par le coronavirus sur le territoire français, le chiffre de ceux placés en réanimation et le chiffre des morts venaient s’incruster en bas de l’écran de télévision.

Par ailleurs, heureux ou déçus, les candidats ignoraient encore, lundi à l’aube, si le second tour serait bien maintenu. La plupart des chercheurs et des médecins présents sur les plateaux de télévision ont à nouveau plaidé pour un report, car dans une semaine l’épidémie aura frappé le double ou le triple des victimes actuelles. Mais les constitutionnalistes, eux, ne semblaient pas en mesure d’expliquer quelles seraient les conséquences d’un tel report, et même si un tel report était légalement possible, au-delà du souhaitable ? Un report du second tour entraînerait l’annulation automatique du premier tour, semble-t-il. Ce sont des questions majeures, et qui nécessitent une prise de décision immédiate. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2020

Municipales – Le plafond de verre se fissure de partout, par Francis Bergeron

Nicolas Dupont-Aignan fut l’un des premiers à oser créer une brèche dans le plafond de verre, lors du second tour de la présidentielle. Ce plafond de verre avait été créé par la gauche, au nom, prétendait-elle, d’une certaine morale politique, pour isoler le Front national, mais aussi toute personne, tout parti, toute association, tout média, désignés par la gauche et l’extrême gauche comme infréquentables. Paradoxalement, ce plafond de verre ne concernait pas la gauche elle-même, libre de fréquenter qui elle voulait, et de mettre en place les stratégies électorales qui lui semblaient les plus appropriées pour une victoire.

Ce plafond ne visait que la droite, sommée de ne pas s’en affranchir, de maintenir une parfaite étanchéité.

Il vaut mieux que vous perdiez les élections plutôt que votre âme

Et pendant des années, les caciques de la droite ont répété à l’envi cette formule stupide : « Je préfère perdre les élections que perdre mon âme. » On se souvient que Michel Noir, inconditionnel de la formule, bénéficiaire de la une du Monde pour cet acte de « résistance » (pauvre Jean Moulin ! pauvre Georges Bidault !), perdit et les élections et son âme, et sa liberté même puisqu’il finit en prison. En 2020, la droite continue à aller chercher sa stratégie dans le camp d’en face, et à demander à gauche les autorisations de fréquenter, et de s’allier. Du moins dans les états-majors parisiens et dans les grandes villes, cela marche encore ainsi. Mais dans la France profonde ou périphérique, cette approche révérencieuse est périmée. Et LR n’a plus de leviers pour se faire obéir.

Ce que révèle la composition des listes, aux municipales, c’est au contraire la porosité de plus en plus évidente entre droite de gestion et droite de conviction. Cette porosité a toujours existé, mais elle ne jouait qu’à sens unique, de la droite hors les murs vers la droite installée. Dorénavant, le sens unique a été alterné, puisqu’en l’occurrence ce sont les élus et partisans d’une droite de gestion qui se rallient à des listes menées ou influencées par la droite de conviction : des élus et militants dits modérés s’allient au RN. Même chose chez Debout la France, au CNI, au Parti chrétien démocrate, chez les amis de Robert Ménard ou des époux Bompard. Des listes réunissant toutes les droites ou presque se constituent à Sète, Menton, Vannes, Le Mans, etc. Des maires LR se lancent dans une stratégie d’ouverture à droite, contre leur propre parti. Le Monde du 16 janvier titrait sur la commune de Lunel (Hérault) où une bonne partie du conseil municipal LR vient de rallier la candidate RN. Cette pratique concerne plutôt les villes du sud de la France, mais elle se généralise un peu partout, comme au Mans, où la liste RN conduite par Louis de Cacqueray séduit la droite locale.

« De vraies divergences économiques, par exemple sur la retraite »

Les structures LR qui tentent de résister à ce tropisme de leurs troupes développent un discours – sans doute concocté au siège parisien – qu’ils pensent imparable : « Sur l’immigration, l’islamisme, la sécurité, les opinions convergent. Mais entre LR et RN, il y a de vraies divergences, économiques, par exemple sur un retour à la retraite à 60 ans, selon le programme du RN. »

Certes, c’est un clivage. Mais le problème, en l’occurrence, c’est que ce n’est pas à l’échelon de la municipalité que se règlent ces questions, l’argument est donc inopérant, plus que cela, contre-productif. Les élus locaux LR ont beau jeu de leur répondre : « Il y a six ans vous nous avez contraints à des fronts républicains contre le FN, quitte à voter pour des communistes et des mélenchonistes. Pourtant, avec ceux-là, nous n’étions d’accord sur rien, ni sur les retraites, ni sur l’immigration, la sécurité ou l’islamisme. Nous reprenons notre liberté. »

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 janvier 2020

Colloque Polémia – Comment résister à la dictature macronienne, par Francis Bergeron

« Dictature Macron ? Les voies de la résistance » : le thème de la journée organisée par Polémia samedi aurait pu semblait quelque peu polémique et outrancier, il y a deux ans. A l’époque, l’homme et son équipe passaient pour des libéraux, dans le mauvais comme dans le bon sens du terme. La présence d’Edouard Philippe ou de Bruno Le Maire, ex-LR, qui se disaient adeptes à tous crins de la liberté, laissait supposer que sur ce point, au moins, nous ne risquions pas vraiment une évolution dictatoriale.

Mais la crispation actuelle du pouvoir s’accompagne de mesures de plus en plus liberticides. Présent en sait quelque chose, avec cette décision du 29 octobre dernier qui l’a privé d’une aide publique destinée à « assurer le pluralisme de la presse écrite quotidienne ». C’est dire si le colloque de Polémia tombait à pic.

Il existe désormais un outil pour mesurer objectivement les atteintes à la liberté d’expression. Cet outil s’appelle Libertex. Il compare la situation dans dix grands pays réputés à peu près démocratiques : l’Allemagne, le Danemark, les Etats-Unis, la France, la Hongrie, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie.

Libertex s’intéresse à onze critères qui, cumulés, permettent de classer comparativement les dix pays analysés. La mauvaise surprise, c’est que la France figure désormais en dernière place dans ce classement d’indice. Ceci est dû en particulier à nos lois mémorielles de type loi Gayssot, aux nouvelles dispositions et pratiques relatives aux « propos haineux », aux demandes de censure sur Facebook, aux pressions gouvernementales exercées sur les applications de messagerie instantanée.

L’arbitraire dans la distribution des fonds publics

Libertex estime également que plus un pays subventionne ses médias et moins il est libre. Ce critère peut sembler en contradiction avec ce dont se plaint aujourd’hui Présent : précisément la suppression des aides de l’Etat pour ce qui le concerne. Mais, comme le remarque le rapport Libertex, le cas de Présent illustre bien l’arbitraire qui peut présider à ces distributions de fonds publics. Dans ce système d’aides d’Etat, L’Humanité, pourtant en mort cérébrale, est aujourd’hui le quotidien national le plus subventionné, par numéro diffusé, tandis que Présent est donc carrément privé de toute aide légale. A ce compte-là, il serait bien préférable, en effet, que personne n’ait d’aides !

En quoi consiste le système dictatorial de Macron ? Philippe Bornet et Guillaume Bernard, spécialistes de la question, les identitaires Romain Espino et Clément Galant étaient bien placés pour exposer les méthodes de répression.

La seconde partie du colloque, sur les moyens de résister, avait un côté offensif et novateur qui n’a pas laissé indifférent un public venu en nombre. Pour l’avocat Frédéric Pichon, il ne faut pas céder aux intimidations du pouvoir. Le professeur Vincent Badré (qui avait participé à notre hors-série sur les manuels scolaires) explique comment combattre la propagande à l’école. François Bousquet, dans la foulée de son récent essai, rappelle qu’il n’y a pas de résistance sans courage. Enfin Jean-Yves Le Gallou reste persuadé que le réveil des peuples est plus fort que les apprentis dictateurs, que le « moulag » macronien.

Le stand de Présent a vu défiler de très nombreux participants entendant manifester leur soutien à notre quotidien. D’où une razzia sur le calendrier de Chard, les hors-série, et le numéro du jour : une forme d’encouragement à la résistance, pour nous aussi.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 25 novembre 2019

Le G7 de Biarritz s’annonce caniculaire

Le G7 se réunira à Biarritz, du 24 au 26 août, sous la présidence de la France. Le G7, c’est la grand’messe de sept des principaux pays industrialisés de la planète (Etats-Unis, Grande Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie et Japon), un moment de concertation dont l’intérêt pratique est loin d’être évident. Qui plus est, cette réunion de chefs d’Etats se double désormais d’un rendez-vous avec des casseurs venus eux aussi du monde entier : pugilat géant orchestré par des mouvements d’extrême gauche, comme Attac, happening anticapitaliste, véritables jeux olympiques de la castagne.

Tout le monde le sait : on ne travaille pas bien, on ne négocie pas bien, sous la contrainte. De ce point de vue, le G7, avec ses manifestants armés assiégeant la réunion, ne saurait être autre chose qu’une réunion symbolique, « pour la photo ». L’occasion, aussi pour Macron, si les choses ne se passent pas trop mal, d’affirmer sa stature d’homme d’Etat de dimension européenne, voire mondiale.

Les vraies décisions sont prises avant ou après, mais certainement pas pendant. Par exemple le projet de réintégrer la Russie dans le club. Elle en avait été écartée après les évènements de Crimée. Mais Trump pousse à la normalisation, et de ce point de vue, la rencontre Poutine-Macron de Brégançon prépare aussi cette évolution.

L’extrême gauche, combien de divisions ?

Chacun sait aussi qu’au-delà de huit à dix personnes autour d’une table, on ne travaille pas sérieusement. Sept chefs d’Etat réunis à huis clos, cela aurait du sens. Mais 3000 personnes ! On attend en effet 3000 personnes constituant les délégations des sept pays, et divers observateurs internationaux. Ces délégations seront protégées par 12 000 policiers. Et des centaines de journalistes joueront les paparazzi. Parmi eux, un envoyé de Présent, certes non officiellement accrédité, mais suffisamment débrouillard et « gonflé » pour être aux bons endroits aux bons moments, y compris au sein des manifestations de l’extrême gauche.

Et cette extrême gauche, combien de divisions ? Ils viendront pour se compter, justement, en vue du Grand Soir. Leur grande réussite avait été le sommet de Gênes, en 2001 : 100 000 casseurs face à 15 000 policiers, un mort, 1000 blessés, 200 voitures incendiées, des centaines de magasins saccagés et pillés. Les altermondialistes d’Attac et des autres groupuscules « altermondialistes » rêvent d’un autre « Gênes ». Si Biarritz est trop bien protégé, les bastonneurs ont prévu de saccager Hendaye, une commune située à 30 kilomètres plus au sud.

Lundi, cinq « altermondialistes » ont été interpellés. Ils indiquaient sur les réseaux sociaux où sont logées les forces de l’ordre, et lançaient des appels à incendier leurs hôtels et garnisons.

La date du sommet, 24-26 août, est une catastrophe pour les vacanciers. Elle correspond exactement au grand retour vers la région parisienne et vers les métropoles européennes. On sait déjà que, pendant ces quelques jours, la gare SNCF sera fermée, la circulation automobile sera très difficile, voire interdite, de même que la navigation à proximité des côtes.

Dans le passé, certains sommets des G7 ou G8 s’étaient passés dans le calme, comme celui de 2002, qui s’était déroulé au Canada, dans un village perdu entre lacs et forêts, celui de 2013, en Irlande du Nord, en pleine campagne, ou celui de 2015, dans les Alpes bavaroises. La France ne manque pas de campagnes profondes et de montagnes peu propices à la guérilla urbaine. Macron a fait le pari de choisir un lieu considéré comme plus prestigieux. Pour le meilleur ou pour le pire.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 21 août 2019

Stéphane Ravier censuré – La Provence est devenue La Pravda de Marseille

Du temps de l’URSS, la pratique était courante, pour ne pas dire systématique : les photos étaient retouchées pour éliminer les visages des ennemis du peuple. Comme la définition d’ennemi du peuple était évolutive, les photos anciennes devaient être constamment retouchées.

Dieu soit loué, la Pravda d’aujourd’hui n’est plus la Pravda d’hier. Mais c’est la France qui se soviétise, et c’est le quotidien monopolistique de Marseille La Provence qui se transforme en une nouvelle Pravda. Le site Boulevard Voltaire nous le raconte sous la plume de Thomas Bertin.

A l’occasion des cérémonies du 15 août, les fidèles s’étaient rassemblés, comme chaque année, dans la cathédrale de la Major. La Provence avait réalisé le reportage habituel, avec une photo montrant la foule rassemblée dans la cathédrale, pour prier et chanter. Mais là, horreur, scandale, au milieu de la foule, les agents de la censure interne de La Provence reconnaissent… le sénateur RN des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier. Il faut avoir de bons yeux et être physionomiste pour l’identifier dans cette foule très dense de plusieurs centaines de personnes. Sans doute muni d’une loupe, le préposé à la censure a réussi à l’identifier, et il s’est apparemment dit que si lui avait réussi à la reconnaître, des lecteurs de La Provence risquaient d’en faire autant. Du même coup, cette image d’un sénateur RN qui prie et qui chante au milieu d’une foule de chrétiens va à l’encontre des pratiques habituelles de diabolisation des élus et militants de ce courant.

Ni une ni deux, la censure a flouté le visage de Stéphane Ravier. « Miracle de la technologie, commente Thomas Bertin, non pas une apparition, mais une disparition : celle du sénateur RN des Bouches-du-Rhône. »

A notre connaissance, ce cas est unique en France. Il y avait bien eu, en 1971, après les affrontements du palais des Sports entre militants d’Ordre nouveau et maoïstes et trotskystes (c’étaient les courants gauchistes à la mode à l’époque), la circulation et la publication d’une photo retouchée (par l’AFP ? par Le Républicain lorrain qui l’avait publiée en une ?) où les visages des jeunes nationalistes avaient été grossièrement affublés de dents de vampires et d’yeux à la Belphégor.

« Honte à vous ! »

Mais même de Gaulle, qui pratiqua la censure à haute dose contre les résistants à l’abandon de l’Algérie, n’a pas fait flouter le visage de Georges Bidault, descendant les Champs-Elysées à ses côtés, en août 1944, malgré son soutien ultérieur à l’OAS.

Le sénateur Ravier a aussitôt envoyé un message à La Provence : « Bonjour, La Provence, dans votre page sur la procession de la Major pour célébrer la Madone, vous avez flouté mon visage ! Ça vous prend souvent d’agir comme la Pravda de Staline ? Honte à vous ! » Ravier a demandé des excuses publiques, qu’il n’a toujours pas obtenues à l’heure où paraissent ces lignes.

France Info s’est fait l’écho de ce floutage, évoquant des raisons « obscures ». Non, les raisons ne sont pas obscures du tout. La Provence, qui bénéficie d’un monopole de fait de l’information locale écrite, se veut au service du parti de Macron, et entend bien peser localement, dans la perspective des élections municipales de mars prochain. Dans ce cadre, il est probable – comme cela s’est toujours pratiqué dans la « grande » presse – que Stéphane Ravier figure sur la liste noire de La Provence, liste qui identifie les personnes qu’il ne faut jamais citer positivement. C’est ça, la censure. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 août 2019

« Décoloniser » l’Education nationale ?

Scandale inouï ! Des élèves de CM2 (soit âgés d’une dizaine d’années) ont été obligés de réaliser un exercice portant sur « le colonialisme, une œuvre civilisatrice ». Aussitôt le Conseil (soi-disant) représentatif des associations noires de France (sic), est monté au créneau pour que cesse cette « propagande coloniale ».

« Sans pour autant oublier les aspects négatifs de la colonisation, il ne faut pas oublier les bienfaits que cela a eu pour les populations colonisées », indiquait l’exercice, un texte à trous qui précisait que les colons « ont apporté l’instruction et une langue commune à des peuples qui vivaient sur le même territoire », « les soins médicaux, et ont limité les morts d’enfants et d’adultes », « développé des trains et des routes, facilitant le transport des hommes et des marchandises ».

Les membres du CRAN ont d’abord cru que « c’était une blague » car chacun sait bien que la colonisation n’a apporté ni une langue commune, ni l’instruction, ni la santé, qu’il n’y a pas eu de construction d’écoles, d’hôpitaux, de routes. Que les Pères blancs ne sont jamais venus en Afrique, ni Albert Schweitzer, ni Lyautey, ni Raoul Follereau Quant aux trains, ceux qui existaient avant la colonisation étaient certainement plus performants !

Trêve de plaisanterie : la désinformation est allée tellement loin dans ce domaine que les ignares du CRAN (à la représentativité non démontrée) contestent purement et simplement ce qu’il ne viendrait à l’idée de personne de contester dans les pays concernés.

Sacrifices humains et esclavage de fait

« L’époque coloniale a été marquée par l’esclavage », a soutenu le CRAN. Ce qui est un incroyable anachronisme puisque l’épopée coloniale, l’âge d’or de la colonisation, le temps béni des colonies se sont situés bien postérieurement à l’abolition de l’esclavage. En revanche, dans bien des cas, c’est la colonisation qui a mis fin à l’esclavage. De même la colonisation a mis fin aux sacrifices humains, bien que, périodiquement, des informations nous parviennent d’Afrique sur la persistance, dans certaines régions, de telles pratiques ou encore d’un esclavage de fait.

A peine l’information était-elle connue sur ce programme scolaire que l’inspecteur d’académie dépêchait dans l’école en cause un inspecteur et un conseiller d’éducation. Une cellule de soutien psychologique était constituée pour prendre en charge les enfants, sans doute pris de vomissements. Des séances de lavage de cerveau vont être pratiquées, même si les enseignants ont expliqué qu’il y avait déjà eu des cours « insistant sur les aspects négatifs autour de la domination, de la privation de libertés, de l’emprise territoriale ». On n’en fait jamais assez dans ce domaine. Il ne manque que la désinfection des salles de cours ! Un rapport a été commandé. Nul doute que des têtes tomberont.

Ce qui fait aussi scandale, pour les amis progressistes du CRAN, ce sont des affirmations comme celle-ci, que l’on trouve encore dans des manuels d’histoire : la question coloniale « s’est forgée autour de l’idéal républicain d’une grande nation civilisatrice ». Tout cela est évidemment faux, et Jules Ferry n’a jamais existé !

Nous sommes en fait dans le terrorisme intellectuel à l’état pur, et dans une hideuse réécriture de l’histoire, à l’initiative d’une poignée d’idéologues. Mais l’autoflagellation, la perpétuelle contrition, semblent avoir encore de beaux jours devant elles. Tandis que des dizaines de milliers d’hommes et de femmes venus d’Afrique risquent chaque année leur vie pour rejoindre la France… le pays de leurs bourreaux, si on comprend bien.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 4 mars 2019

Libertés publiques : Macron complice du pire

Le gouvernement s’est aligné sur les pays d’Amérique latine, sur les Etats-Unis, et sur les autres pays européens, pour condamner Maduro et la dictature vénézuélienne, où tout est mis en œuvre pour interdire aux opposants de descendre dans la rue. Mais chez nous ?

Recevant à l’Elysée, le 26 février, 150 maires des grandes villes de l’Est de la France, le président de la république a indiqué : « c’est un miracle qu’après autant de samedis avec cette violence, il n’y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l’ordre ». Il faut en effet rendre hommage aux forces de police, dans un contexte où Castaner a eu la main plutôt lourde. Néanmoins ces manifestations ont fait de nombreux blessés, parfois très graves, dus à un armement inapproprié, disproportionné, pour faire reculer une foule désarmée.

« Nous ne pouvons pas être dans une démocratie de l’émeute », a expliqué M. Macron. Mais le césarisme macronien prend des allures de dictature, de « maduronisme » quand le président veut introduire une sorte de nouvelle disposition ou de future jurisprudence : la responsabilité collective. Aller dans des manifestations susceptibles de dégénérer, cela signifierait, selon lui, « être complice du pire ». Va-t-il donner l’ordre d’arrêter, d’emprisonner, de condamner des porteurs de gilets jaunes au seul motif que des affrontements auraient eu lieu, ou même que la manifestation serait « susceptible de dégénérer » ?

Si un rassemblement s’annonce violent, l’appareil législatif permet de l’interdire. Mais, nous dit Macron, « quand bien même on les interdirait, il faudrait être en situation de le faire respecter ». En conséquence arrêtons au hasard des Gilets jaunes, et attribuons-leur une responsabilité collective, pénale et civile, semble-t-il suggérer.

Un système d’otages

Il s’agit là, potentiellement, d’une véritable dérive, susceptible d’aboutir aux pires arbitraires. On sait que, dans la plupart des cas, les violences commises lors des manifestations du samedi sont le fait de black blocs auxquels se joignent les racailles, une fois la nuit tombée.

Prendre ce prétexte pour arrêter arbitrairement organisateurs, voire simples manifestants, c’est tout simplement mettre en place un système d’otages, et c’est aussi un moyen de décourager les gens de descendre dans la rue.

Dans les faits, il deviendrait très risqué pénalement de manifester. Les black blocs, par leurs seules actions, pourraient en quelque sorte faire sanctionner leurs adversaires. Parions que toutes les manifestations issues de la droite se trouveront systématiquement sabotées de cette façon, puisque les agressés seront en quelque sorte rendus responsables des violences et pillages des agresseurs

Il serait certes nécessaire que les Gilets jaunes s’équipent d’un service d’ordre, comme savaient si bien le faire le PC et la CGT, du temps de leur splendeur. Etriller les incendiaires et les pilleurs de magasins, ceux qui appellent au meurtre, comme cet islamiste face à Finkielkraut, puis les livrer à la police, calmerait les troupes parasitaires anarcho-communistes ou d’éventuels islamistes. Mais parions que la mise sur pied d’une telle « milice » ferait hurler Castaner, qui n’y verrait rien d’autre que « la résurgence de la bête immonde », pour peu que ce service d’ordre brandisse des drapeaux tricolores, et chante la Marseillaise …

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 février 2019

Les Français ne croient plus les grands (gros) medias. Et ils ont raison

Tous les ans, notre bon confrère La Croix procède à un sondage d’opinion sur la crédibilité des médias. Tremblement de terre, cette année : jamais les Français n’ont exprimé autant de défiance à l’égard des journalistes et des supports de presse, jamais ils n’ont autant douté de leur objectivité, de leur indépendance.

Les chiffres sont cruels : la radio, qui est traditionnellement le média considéré comme le plus crédible ne suscite qu’un niveau de confiance de 50% (6 points de moins que l’an dernier), la presse écrite tombe à 44% (moins 8%), et la télévision perd 10 points à 38%. Ce qui signifie que, désormais, une majorité de Français ne croient plus ce qu’ils lisent, ce qu’ils entendent, ce qu’on leur montre.

Comme les Français de droite, qui pratiquent ce sport depuis des dizaines d’années, c’est tout le peuple français qui apprend désormais à lire entre les lignes. Sur tous les grands sujets : immigration, mariage homo, PMA, racailles de banlieue, Gilets jaunes, terrorisme, islam, écologie etc., ils tentent de percevoir la réalité derrière les mots obligés.

Il n’est pas possible de soutenir non plus, – comme on l’entend trop souvent – que cette défiance viendrait des médias sociaux qui véhiculeraient des bobards, des fake news, et entretiendraient ainsi un climat complotiste et une défiance à l’égard des médias traditionnels. En effet, lorsque l’on sonde les Français, ils ne sont que 25% (comme en 2018) à faire confiance à internet. Ou plus exactement ils ne croient qu’à 25% des informations qu’ils recueillent sur internet. Ce sondage, loin de démontrer une perméabilité aux théories complotistes, montre au contraire un fort degré de maturité des consommateurs d’information.

Du « camp du bien » à celui des désinformateurs professionnels

Le traitement des informations relatives aux Gilets jaunes a sans doute joué un rôle de révélateur, mais cette actualité n’a pas fait passer à elle seule les journalistes, les grands médias, du « camp du bien » à celui des désinformateurs professionnels. Les Français s’intéressent à nouveau à la politique, veulent se réapproprier leur destin. Mais ils découvrent aussi que certains thèmes, certains débats, sont interdits de médias. Des hommes politiques, des médias, l’ont clairement exprimé. Il est interdit de contester l’avortement, le mariage homo, la PMA etc. On voit aussi la difficulté à faire accepter l’idée que le référendum pourrait se banaliser et porter sur autre chose que les sujets choisis et encadrés par le pouvoir. Les Français découvrent que sur cette question, les grands médias pratiquent un discours uniforme…contre l’opinion publique. Les Français avaient touché du doigt cette pratique, lors du référendum de 2005 sur le traité de Maastricht… De même ont-ils noté ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec un président détesté par 96% des médias, mais élu quand même. L’affaire des Gilets jaunes a fait émerger la revendication du recours au référendum d’initiative populaire, mais la classe politique résiste, avec l’aide de la classe médiatique, à cette exigence qui, pourtant, fait pratiquement l’unanimité.

En fait, internet a permis – sans qu’on puisse parler de complotisme ou de fake news –, de révéler que les grands médias sont désormais concentrés entre les mains d’un tout petit noyau de milliardaires, les fameux gagnants de la mondialisation, qui ne paient pas d’impôts, ou qui en paient très peu, et pour qui la planète est un jardin qu’ils savent cultiver au mieux de leurs intérêts : Drahi, Soros, Arnaud, Niel etc. La concentration est maximale, et si ces médias perdent structurellement de l’argent, peu importe, ils entrent dans une stratégie politico-financière planétaire.

Léa Salamé, femme de Glucksmann, c’est l’entre-soi absolu

Les Français savent aussi les incroyables accointances qui unissent politiques et journalistes. Que la journaliste Léa Salamé soit la femme du politicien d’extrême gauche Raphaël Glucksmann, et on comprend mieux la complaisance des médias à l’égard de ce charlatan politique constamment invité des médias payés par nos impôts. On ne peut oublier que les Baroin, Kouchner, Strauss-Kahn, Sapin, Montebourg, Hollande etc. ont, ou ont eu, pour épouse ou compagne, une journaliste des grands médias. De même est-on surpris de découvrir que les journalistes tutoient les politiques, s’appellent par leur prénom etc., du moins certains journalistes, et certains politiques. A présent les Français en sont pleinement conscients.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 29 janvier 2019

Ouvrons les vrais cahiers de doléances

C’est la troisième fois que Macron prend la parole depuis le début de la crise. Le processus semble mal parti, mais le président soutient qu’il n’y a pas de questions interdites. Prenons-le au mot !

Il y a quelques formules positives dans cette lettre, par exemple : « Comment ne pas éprouver la fierté d’être français ? » A une époque de repentance ad nauseam, la question est bienvenue. Quant à l’idée de « transformer les colères en solutions », qui n’y adhèrerait ? Il y a enfin cette affirmation selon laquelle il n’y aura pas de questions interdites.

Mais la lettre commence par une série d’erreurs de diagnostic :

– « Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. » C’était vrai il y a un demi-siècle, mais la retraite vieillesse et la retraite par répartition ne permettent plus à un retraité de vivre décemment. La démographie, l’immigration de masse, et l’aberrant passage à la retraite à 60 ans en 1983, ont détruit notre système de retraite.

– « Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. » Mais il existe une caste, les gagnants de la mondialisation. Et les enquêtes montrent que les inégalités se sont accrues, en particulier sous Hollande.

– « Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés. » Mais notre taux de chômage est le double ou le triple de celui de tous les pays ayant un niveau de développement comparable.

– Enfin la France serait « l’une des nations les plus libres ». L’indice Libertex qui analyse le degré de liberté dans le monde, déclasse régulièrement notre pays, désormais noyé sous un empilement de lois liberticides, mémorielles, politiquement correctes et autres. Les Etats-Unis, bien entendu, mais aussi la Hongrie, l’Italie ou la Russie, sont mieux classés que nous.

« Pour moi il n’y a pas de questions interdites » (Macron)

Macron fustige ensuite « la mise en accusation générale des médias ». Il vise là directement les Gilets jaunes. Mais il ne dit mot de l’hyper-concentration des grands médias entre les mains de quelques milliardaires.

Quant à la consultation populaire, après nous avoir précisé qu’« il n’y a pas de questions interdites », Macron la cantonne à quatre thèmes : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

L’idée est de canaliser la parole en amont. Mais pour notre part, sur la base de cette absence de « questions interdites », nous vous proposons de faire de Présent la tribune de vos attentes, ceci jusqu’au 15 mars, date-butoir annoncée par la lettre.

Dans Présent, puis dans vos mairies, sur les cahiers de doléances, faites-vous les porteurs de nos revendications. La peine de mort, les 80 km/heure, l’immigration, les taxes relatives aux carburants ou à l’électricité, les éoliennes, le mariage homo, la PMA, l’avortement, la double nationalité, la construction de mosquées, la concentration des médias, les lois mémorielles et du soi-disant antiracisme, les prébendes d’Etat (CESE et autres), les 300 autorités « indépendantes » mais surpayées, Benalla et Jouanno, le nombre de députés, la moquette de l’Elysée, les associations mainstream sans adhérents mais qui croulent sous les subventions, la mainmise maçonnique, l’indulgence d’Etat à l’égard des « antifas », l’enfer des zones de non-droit, le pillage de notre pays par des bandes venues d’Europe centrale ou d’Afrique, sur tous ces sujets, exprimez-vous, n’ayez pas peur, remplissez les cahiers de doléances.

Organisez-vous pour préparer vos messages. Contactez les associations spécialisées sur chacun des sujets. Quant à nous, nous allons nous efforcer de relayer vos initiatives, de faire partager vos expériences, de porter votre parole, celle du peuple français, celle des « invisibles ». Un grand débat s’ouvre ? Oui, et ça va secouer !

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 15 janvier 2019

Les Gilets jaunes – La « peste brune » était rouge, par Francis Bergeron

Nous avons tous vu ces photos et ces films de monuments taggés, de magasins pillés, de voitures et scooters incendiés. Ils ont fait le tour du monde. Ces saccages, ces violences, sont signés. Ils sont signés par les inscriptions à la bombe à peinture qui ont été laissées par les voyous.

Elles nous enseignent une première chose : Darmanin souffre de daltonisme. Il avait identifié la « peste brune ». Or il s’agit bel et bien d’une peste rouge, comme d’habitude. Une peste rouge qui s’appelle Black Blocs, et autres groupuscules « antifascistes », composés de bastonneurs, du même genre que ceux qui avaient attaqué les malheureux Morillo et Fournier, récemment condamnés. Regardez les inscriptions sur l’Arc de Triomphe : ce « A » dans un cercle est le symbole des anarchistes. Les modèles des anarchistes s’appellent Ravachol, la bande à Bonnot et les tueurs de la FAI, la Fédération anarchiste ibérique de la guerre d’Espagne. Avec de tels « héros », il n’est pas étonnant qu’ils tentent, quand l’occasion se présente, de « terroriser le bourgeois », de voler et de piller. Regardez cette seconde inscription : « l’ultradroite perdra ». Dans l’esprit de Darmanin, les jeunes militants d’ultradroite, ces fameuses « pestes brunes », auraient taggé l’espoir de leur propre perte ?

Adama Traoré, peste brune ?

Et encore cette inscription : « Justice pour Adama ». Adama Traoré est une sorte d’icône pour l’extrême gauche : ce voyou avait fait l’objet d’un contrôle de police, en même temps que son frère, ce dernier étant poursuivi pour « extorsion de fonds avec violence ». Adama avait pris la fuite. Rattrapé, il est mort dans un commissariat de police. L’autopsie et l’enquête ont montré que sa mort a découlé d’un grave problème de santé, sa course effrénée pour échapper à la police lui ayant été fatale. Sauf si Darmanin parle de peste brune par racisme pur (Adama Traoré était noir), on ne voit pas de rapport entre ce mort, pour lequel les taggeurs de l’Arc de triomphe demandaient justice, et des mouvements de droite. L’homme ne faisait pas de politique. Il ne se serait intéressé, à la rigueur, qu’aux poches de ces Gilets jaunes… C’était simplement un délinquant, dont l’extrême gauche a entendu faire un symbole, pour mettre en accusation la police. A l’époque, Hollande, en véritable provocateur, est allé rendre hommage à la famille, laissant ainsi entendre que les policiers avaient commis un crime.

Dès jeudi, Présent, comme toutes les rédactions, savait que les Black Blocs s’infiltreraient dans la manifestation des Gilets jaunes. C’est facile : il suffit d’enfiler un gilet jaune. Qui plus est, à la différence des partis politiques traditionnels et des syndicats, les Gilets jaunes n’ont pas de service d’ordre organisé.

Deux coupables : les anarchistes masqués et Castaner

Mais pire encore, selon des syndicats de police, les forces de l’ordre, très nombreuses aux abords des Champs Elysées et de l’Arc de triomphe, avaient reçu consigne de rester passives. Dans quel but ? Créer une psychose anti-Gilets jaunes, éloigner la droite et la gauche modérée de cette révolte antifiscale. Ce genre de pratique pouvait fonctionner à l’époque de Gaston Defferre. Aujourd’hui, l’exercice est plus difficile. Photos, messages, documents, témoignages, enregistrements, circulent à la vitesse de la lumière, et les pitoyables manœuvres du ministre de l’Intérieur sont vouées à l’échec.

Il y a donc deux coupables : les anarchistes masqués (300, peut-être, face à 4 600 policiers), et le ministre Castaner. Il faut néanmoins que les Gilets jaunes trouvent de nouvelles formes d’action, car ils ne peuvent pas prendre le risque que leur action soit salie par des casseurs usurpant simplement un gilet jaune.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Gilets jaunes : Non, sire Macron, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution, par Francis Bergeron

Le président Macron a la tête bien faite. Il a un plan rationnel pour le redressement de la France, qui passe par des étapes précises : d’abord le retour dans le vert des comptes des entreprises. Nous y sommes à peu près. Puis la réforme de l’appareil d’Etat. Elle est annoncée, avec une réduction du nombre de fonctionnaires, et une simplification des procédures administratives. Cette étape sera atteinte à la fin de son quinquennat. Nous entrerons alors dans une troisième étape, qui correspondra à son second quinquennat : la marche vers le plein emploi, l’augmentation du pouvoir d’achat. Il est à craindre (pour lui) qu’il ne voie jamais cette troisième étape. Et même la deuxième étape est déjà en train de se gripper. L’exécutif est tellement affaibli que la macronie pourrait tomber dans l’apathie hollandaise. Mais rien n’exclut non plus que la tête de Macron ne finisse au bout d’une pique.

Depuis deux siècles on berce notre imaginaire avec la colère du peuple, qui finit bien, quand elle se termine en révolution. La révolte est partie d’une fiscalité punitive sur les carburants, pénalisant d’abord ceux qui travaillent, ceux qui vivent en banlieue et en province, ceux qui se lèvent tôt, comme disait Sarkozy. Une fiscalité pour supporter aussi notre part de charges migratoires, le coût d’une transition énergétique, née de l’idéologie écologique, le coût d’un Etat obèse, les coûts de la Communauté européenne, et alors même que la croissance, dans le monde, se ralentit, et qu’à l’heure des comptes chacun découvre que son pouvoir d’achat a chuté ces dernières années.

Pour éviter que la révolte ne se transforme en révolution, il faudrait que Macron baisse les pouces sur les carburants. Un Sarkozy, un Mitterrand, un Chirac, et même peut-être un Hollande, l’auraient compris, car ce sont des animaux politiques. Mais Macron ? Il n’en prend pas le chemin ? Tant pis pour lui. Car avec les Gilets jaunes, il est fort possible que nous assistions à un événement d’une portée inédite, qui pourrait bel et bien renverser la table.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Gilets jaunes – La révolte des « gueux », par Francis Bergeron

Vous les avez vus, à la télévision. Vous les avez rencontrés, aux barrages filtrants. Des hommes, des femmes, de tous âges. Des étudiants, des retraités, des actifs, surtout des actifs. Des médecins, des artisans, des ouvriers, des chauffeurs de poids lourd, des agriculteurs, des cadres, des fonctionnaires, des « gens chics » et des « ploucs », des « sans dents » et des « CSP+ » (catégories sociaux-professionnelles supérieures). Mais, il est vrai, pas de journalistes vedettes, pas d’artistes réputés, pas de grands joueurs de football « avec leurs dames » blondes platinées, pas d’acteurs célèbres, pas de dirigeants d’entreprises du CAC 40, pas de penseurs politico-philosophes médiatisés, pas d’évêques de progrès, pas de Cohn-Bendit, pas d’Edgar Morin. Qui étaient donc ces gens, qui ne se connaissaient même pas la veille et qui ont réussi à paralyser le pays, à ébranler le gouvernement en exprimant publiquement une colère, désormais majoritaire dans le pays ?

Qui étaient-ils ? Mais le peuple, tout simplement. Ce peuple, dont les autres ont le mot plein la bouche depuis des années et au nom de qui ils prétendent parler. Ce peuple à qui l’on refuse l’accès aux médias, le droit au référendum, ce peuple qu’on moque, qu’on pressure, qu’on humilie, qu’on méprise.

Il arrive parfois que le peuple parvienne à s’exprimer directement, sans passer par les seuls « corps intermédiaires » dont le choix lui est imposé par la loi, syndicats et autres : 1982 et l’école libre, la Manif pour tous, Jour de colère, les Bonnets rouges. Mais la mobilisation du 17 a été d’autant plus spectaculaire que les réseaux sociaux court-circuitent dorénavant les canaux du politiquement correct. C’est la fameuse « fachosphère ». Avant le 17 novembre, le gouvernement martelait d’ailleurs l’idée que « les Gilets jaunes, c’est l’extrême droite ». Dimanche soir, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire restaient muets. C’est Edouard Philippe qui est monté au créneau, pour dire qu’il comprenait mais qu’il ne changerait rien. Il reste certes dans son rôle. Mais c’est tout le gouvernement qui, peu à peu, révèle son autisme.

Comme on parle – ou plutôt comme on ne parle plus – à un élève ou à un domestique

Christophe Castaner nous a joué dimanche une autre musique. Fort de ses trente ans d’adhésion au PS et maçon notoire, il a menacé les quelques Gilets jaunes s’étant exprimés en public. Parlant de Jacqueline Mouraud, l’une des têtes d’affiche, il l’a fait avec une incroyable arrogance : « Cette dame devient une star médiatique et est prête à dire n’importe quoi et à faire n’importe quoi. » Dans cette même intervention, il l’interpellait par son prénom, comme on parle à un élève ou à un domestique – ou plutôt comme on ne parle plus aux élèves ni aux domestiques.

Quel mépris derrière ces propos qui, à présent, ressemblent à des menaces ! Va-t-on mettre en prison les plus décidés des Gilets jaunes ? Va-t-on interdire le port de ce vêtement de sécurité ? Va-t-on dissoudre ? Mais dissoudre quoi ? Dissoudre qui ? Dissoudre le peuple ? Mettre en place le Grand Remplacement, puis élire un nouveau peuple ?

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 19 novembre 2018