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Présidentielle : Nicolas Hulot sort de son silence, mais ne soutient pas Eva Joly

Présidentielle : Nicolas Hulot sort de son silence, mais ne soutient pas Eva Joly

10/02/2012 – 10h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinfo) —
L’ancien animateur de télévision était resté bien discret depuis sa lourde défaite aux primaires écologistes de l’été dernier. Mais, dans le quotidien Le Monde d’hier, il s’est exprimé pour la première fois à ce sujet, déclarant « qu’il était parti loin pour remettre les choses à leur juste place, puis pour m’extraire du bruit médiatique », mais qu’il était désormais « sans amertume ».

Que pense-t-il de la campagne présidentielle ?

Nicolas Hulot s’est abstenu de prendre parti, même pas pour “Europe Écologie les Verts”. « Je trouve qu’il n’est pas sain que l’écologie politique soit à ce point marginalisée, surtout en regard de l’indigence des autres formations politiques sur le sujet » a t il déclaré. S’il avoue des convergences avec Jean-Luc Mélenchon, l’animateur est en revanche très sévère pour François Hollande : selon lui, « les socialistes occultent comme les autres les enjeux centraux. » Interrogé pour savoir s’il soutiendrait Eva Joly, il a écarté cette option : « J’ai pris une autre voie, ce qui n’empêchera peut être pas de se retrouver sur le chemin des idées. Par ailleurs, être président de ma fondation m’interdit tout soutien politique. »

Un nouveau coup dur pour Eva Joly

En effet, à trois jours de la présentation de son programme, c’est encore une mauvaise nouvelle pour la candidate écologiste, qui ne décolle pas dans les sondages. Après Daniel Cohn-Bendit, qui avait marqué en janvier sa préférence pour François Hollande, c’est presque un coup de pied de l’âne que Nicolas Hulot vient d’infliger à Eva Joly.

[box class=info]Article reproduit avec l’aimable autorisation du Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie[/box]
Photo : Nicolas Hulot aux Primaires de l’écologie à Toulouse, en 2011. Crédit : N4than!el via Flickr (cc)

[Tribune] Le handicap structurel France/Allemagne face à l’euro et l’Europe puissance, par Marc Rousset

Annonces qu’Angela Merkel interviendra dans la campagne présidentielle aux côtés de Nicolas Sarkozy, allusions répétées aux leçons données Outre-Rhin dans son intervention télévisée de dimanche, sans compter les discussions sur le rapprochement des fiscalités en cours entre les deux pays, la France de l’UMP lorgne sur « le modèle allemand », dont elle n’a cessé de s’éloigner depuis déjà pas mal de temps, avec des divergences évidentes et un différentiel de compétitivité d’environ 13%.

Ainsi notre cousine germaine vient de célébrer un nouveau record des exportations, qui ont passé le cap des 1 000 milliards d’euros en 2011. Les ventes françaises, à l’export, sont de 400 milliards d’euros, soit 40% du volume de l’Allemagne. En 1999, lors de l’introduction de l’euro, ce même ratio était de 58% !

En 2007, l’industrie française consacrait 6,6% de sa valeur ajoutée à la R&D contre 9,9% en Allemagne. Contrairement à la France, où la recherche publique est presque égale à celle du secteur privé, les deux tiers de la recherche allemande sont réalisés par les entreprises privées. Alors que la France privilégie la recherche fondamentale, c’est la recherche appliquée qui l’emporte outre-Rhin. L’Allemagne dépose 396 brevets pour 10 millions d’habitants contre 144 pour la France.

Le taux de chômage est de 6,8% en Allemagne, supérieur à 9,5% en France. Celui des jeunes Allemands n’est que de 9,7%, mais dépasse 22,5% en France. Le taux d’emploi des seniors est de 77,5% en Allemagne contre 65% en France.

Le déficit allemand est de 1,5% du PIB contre 5,7% pour la France. L’excédent  de la balance commerciale allemande est de 150 milliards d’euros en 2011 contre un déficit  de 75 milliards d’euros pour la France. Alors que la part de marché de la France dans le monde est tombée à 3,8%, celle de l’Allemagne dépasse 9%, faisant de ce pays le premier exportateur mondial. La part de l’industrie représente plus de 35% du PIB allemand ; elle ne compte plus que pour 14,9% dans celui de la France, soit un pourcentage encore inférieur, contrairement aux croyances , à celui de la Grande Bretagne, malgré son ratio d’activité bancaire et financière très élevé de 14% du PIB.

Les Allemands ont 10 000 entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 5 000 salariés) alors que la France n’en a que 5 000 avec une plus faible ouverture à l’exportation. Si la France dispose de 39 entreprises mondiales et l’Allemagne de seulement 37 entreprises, le “Mittelstand”  allemand et même les grandes entreprises allemandes irriguent le territoire allemand d’activités et d’emplois, alors que les grandes entreprises françaises (automobile) font de manière croissante leur chiffre d’affaires hors du territoire national, y paient peu d’impôts et y créent, proportionnellement, moins d’emplois.

Chirac et Raffarin regardent Schröder faire de la grande politique

Le fait d’armes de Gerhard Schröder, c’est l’agenda 2010, un ensemble de mesures impopulaires, lancées entre 2003 et 2005 : réforme du marché du travail, réforme du système de santé, réforme des retraites qui, d’ici quelques années, passera à 67 ans ! Tandis que la France reste engluée dans les envolées lyriques, les propos socialistes lénifiants, la rhétorique syndicale archaïque, les paralysies de la SNCF et de la RATP, le blocage de l’administration par les fonctionnaires, l’Allemagne pratique le « Mut der Veränderung » (courage du changement), le consensus moderne, l’efficacité, la compétitivité à l’exportation, les réformes de structure et l’économie sociale de marché de Ludwig Erhard !

Alors que la part des dépenses publiques dans le PIB allemand, suite à la réunification, avait atteint 54% en 1996, elle n’était plus, suite à une diminution spectaculaire, que de 48% en 1998, 44%en 2001, 43,7% en 2007 tandis qu’en France, pendant toute cette période, le taux se maintenait à 54%. Alors que les comptes de l’assurance maladie sont dans le vert outre-Rhin, ils sont dans le rouge en France et, toutes choses égales par ailleurs,la France, qui compte 5.200.000 fonctionnaires, devrait en avoir 3.000.000.

Par ailleurs, la plupart des critiques du « modèle allemand » oublient que l’économie allemande a subi, pendant 20 ans, les coûts de la réunification, soit une ponction annuelle de l’ordre de 65 à 100 milliards d’euros par an. Cela a représenté, donc en 20 ans, la petite bagatelle du montant de la dette française actuelle !

Comme le remarque Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, l’illusionniste Nicolas Sarkozy appelle « plan de rigueur » quelque chose de l’ordre de 10 milliards d’euros, dont 9 milliards d’impôts supplémentaires et 1 milliard de dépenses non identifiées ! Si l’on imagine le ridicule de ce type de discours dans l’entreprise, dont un président, face aux difficultés et à une faillite inéluctable, s’écrierait : « messieurs les administrateurs, les pertes sont importantes; on a donc décidé d’augmenter les prix de  nos articles de manière massive, sans réduire les dépenses, tout en ayant l’intention d’en faire quelques-unes… mais on ne sait pas encore lesquelles

Or, la France ne s’en sortira pas si elle n’abaisse pas ses dépenses publiques de 56% à 46%du PIB par rapport à l’Allemagne, soit  10% du PIB, soit 200 milliards d’euros ! En septembre 1981, suite aux premières et folles mesures de François Mitterrand (hausse du SMIC, nationalisations, contrôle des changes, retraite à 60 ans) le « Frankfurter  Allgemeine Zeitung » titrait déjà : «La France va-t-elle devenir un pays du tiers-monde ? »

De 2000 à 2009, la France a perdu trois points de parts de marché dans la zone euro – là où justement les questions de change ne se posent pas – au moment même où l’Allemagne gagnait, de son côté, trois points. Les Français ont préféré s’endetter pour augmenter leur consommation plutôt que de conserver leur part de marché dans le monde en améliorant leur compétitivité. Les prélèvements publics cumulés rapportés à la valeur ajoutée des entreprises sont les plus élevés de la zone euro, soit 14,5% en France en 2008, contre 7,8% en Allemagne!

Le salaire net que reçoit le salarié français est faible alors que le salaire brut, compte tenu des charges sociales de son employeur, est très élevé. Le salarié français qui coûte cher à son employeur a l’impression d’être mal payé. Et tout cela parce que le budget de l’État, le déficit du budget social et les folles dépenses de personnel des collectivités décentralisées sont mal gérés  et donc payés par les salariés français!

La chance de la France: l’Allemagne a besoin de l’euro !

Les Allemands viennent de réaliser que le commerce extérieur de leur pays est réalisé à plus de 63% dans la zone euro .En 2009, les exportations allemandes vers l’Autriche étaient encore supérieures à celles dela Chine. Deplus, l’Allemagne n’exportera pas « ad vitam aeternam » des BMW fabriquées en Allemagne versla Chine! Les deux tiers de l’excédent commercial allemand , soit 150 milliards d’euros, sont  obtenus avec la zone euro et non avec la  Chine, l’Inde et le Brésil.

L’avenir de l’Europe : l’axe Paris-Berlin- Moscou

Les entreprises allemandes pourraient supporter au maximum 1€ à 1,55$,  mais ensuite, elles perdraient leurs parts de marché, ce qui serait le cas si un nouveau DM s’appréciait de façon brutale ou si la France dévaluait de façon massive, suite à son incompétence et à son laxisme, avec l’hyperinflation, la  ruine des retraités et des détenteurs d’obligations à la clé.

Bref, comme l’a très bien résumé Angela Merkel : « l’échec de l’euro serait l’échec de l’Europe ! ». François Hollande, au lieu de nous faire rêver avec ses promesses inconsidérées, ferait mieux de s’inspirer auprès de Peer Steinbrûck, ministre des finances SPD et défenseur rigoureux du respect des disciplines pour sauver l’euro !

En conclusion, si la France ne redresse pas son économie, si l’Allemagne se replie sur elle-même, l’échec  et la décadence européenne seront au rendez-vous ! L’avenir est dans le renforcement de « l’axe Paris-Berlin », avec une Allemagne qui s’autonomise de plus en plus par rapport aux États-Unis, et demain « l’axe Paris-Berlin-Moscou ».

L’Allemagne a compris l’intérêt de défendre l’euro, que son avenir est en Europe. L’abandon d’un symbole aussi fort que l’euro serait le pire des échecs, la mort d’une grande idée, française à l’origine. Aux Français de mettre fin à l’inacceptable handicap structurel et d’effectuer un sursaut  économique semblable à celui effectué par le général de Gaulle en 1958.

Marc Rousset

Écrivain, économiste, Marc Rousset est l’ auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou » Éditions Godefroy de Bouillon, 2009.
Source : Métamag

Les "tribunes libres" du jour

Les “tribunes libres” du jour

Au cas où vous ne l’auriez pas noté, chaque personne croisée tient à vous le faire remarquer : « il fait froid ».

En général, les personnes vous communiquant cette précieuse information sont fort souriantes, heureuses de ce nouvel élément de conversation que leur apporte la chute drastique du thermomètre.

Il est alors conseillé de répondre : « Oui, et ce n’est pas parti pour s’arranger », ou « Ils repasseront avec leur réchauffement climatique ! » ou encore « Tant que c’est un froid sec, il ne faut pas trop se plaindre… ».

Si aucune solution de repli n’est envisageable, on peut alors échanger quelques prévisions pour les jours à venir, quelques plaintes solidaires avec les Aveyronnais privés d’électricité (et donc de « Plus belle la vie ») ainsi que diverses recommandations pour lutter efficacement contre ces conditions climatiques extrêmes, stratagèmes habiles et audacieux consistant à ajouter des couvertures sur les lits, à bien se couvrir (surtout la tête !) lorsque l’on sort et à brancher un radiateur d’appoint.

Source : amoyquechault.over-blog.com

24000 euros par mois pour être à la tête d’une école surcotée produisant à la chaîne des clébards aussi serviles que prétentieux camouflant leur nullité et leur bêtise sous un « vade-mecum » culturo-politique façon wikipedia révisé par BHL et Alain Minc, cela pourrait paraître beaucoup, énorme même, indécent en tout cas. Cela pourrait même légitimement susciter des vocations de brigadiers rouges, Georges Besse ayant été liquidé pour (beaucoup) moins que ça… Mais 24 000 euros par mois pour assurer la pérennité du système en lui fournissant à jets continus des « élites » interchangeables, parfaitement lisses et conformes aux dogmes du temps, ce n’est finalement pas si cher payé, surtout au regard des milliards engrangés par les bénéficiaires d’une société carcérale et acéphale dont chaque nouvel étudiant de sciences-po est un empressé kapo.

Source : amoyquechault.over-blog.com

Documentaire 360°-GÉO : "L’Auvergne : la guerre des couteaux"

Documentaire 360°-GÉO : “L’Auvergne : la guerre des couteaux”

ARTE L’Auvergne : la guerre des couteaux – Un documentaire de Maja Dielhenn ::: Autrefois, en France comme ailleurs, un homme se devait d’en avoir un dans la poche. Fait à la main et inusable, le couteau pliant est un objet original qui ne passe pas inaperçu. Le Laguiole, mythique et inimitable, est né ici, dans le centre du pays, où se trouvent aussi les ateliers des maîtres couteliers. GEO pousse la porte des ateliers des plus grands couteliers installés dans l’une des plus belles régions de France. Lire la suite…

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (4/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (4/4)

Clément Mesdon revient ici sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

Exposition coloniale Paris 1931 : une France persuadée de sa mission universelle

Reste à esquisser le plus délicat, cette confrontation culturelle entre une France sûre d’elle dans la plupart des domaines et des populations dépourvues des savoir-faire qui garantissent la suprématie ou en tout cas l’indépendance. La plupart des colonisés ont souffert de cette arrogance propre à tous ceux qui se croient les maîtres du monde mais beaucoup se sont laissés fasciner par leurs maîtres et d’autres encore se sont mis à l’école du conquérant pour lui prouver leur valeur.

Le regard du colonisateur a été, trop souvent, dénué de toute bienveillance. Un racisme qui n’avait pas besoin de s’appeler ainsi hiérarchisait les hommes, « naturellement ». Mais Gide put observer que les cadres supérieurs des colonies étaient beaucoup plus ouverts, curieux et respectueux que les fonctionnaires subalternes, les petits colons et les commerçants, tous « petits Blancs » venus dans les colonies pour trouver une position sociale qu’ils n’auraient jamais eu en métropole. Ils vivaient comme des expatriés, à la française, et ne regardaient pas leur environnement sinon pour le travail et le profit. Ceux de ces hilotes qui passèrent ou s’établirent en Indochine durent souffrir car l’adaptabilité culturelle des élites fut remarquable. Ainsi, à titre d’exemple, durant la période coloniale, on n’imprima pas moins de 16 000 ouvrages en quôc ngu (romanisation de la langue vietnamienne) traitant de tous les domaines. La vulgarisation scientifique fut le fait d’auteurs de culture binaire comme Nguyen Cong Tien (1892-1971) et Hoang Xvan Han (1909-1926). Et si André Malraux eut quelques soucis avec l’autorité coloniale pour sa feuille anticolonialiste, on ne comptait pas moins de 128 quotidiens et 176 revues ou bulletins en 1939 !

Quand l'Afrique inspirait la Bretagne : faïences de Quimper créées à l'occasion de l'Expo coloniale de 1931

Une nouvelle culture était en germe comme en Algérie d’ailleurs et, dans les deux cas, elles armèrent les militants nationalistes. La reconnaissance vint moins vite pour l’Afrique noire dépourvue de langues écrites mais les avant-gardes parisiennes (cubisme, dadaïsme, surréalisme) donnèrent toute sa place à l’« art nègre ». Quant à l’ethnologie, inutile d’insister sur l’importance de chercheurs comme Paul Rivet, Marcel Mauss, Marcel Griaule, Michel Leiris, Jacques Berque ou Jean Rouch. Plusieurs prirent fait et cause pour les indépendantistes, avec une bonne dose de naïveté dont ceux-ci firent bon usage. Mais tous ont livré un « corpus » de travaux qui constituent le socle de tout ce qui se fait aujourd’hui sur ces matières. Un mot encore pour saluer l’Ecole française d’Extrême-Orient (fondée en 1900) qui ressuscita les sites khmers autour d’Angkor.

Evoquant le proche passé culturel de son pays, Samuel Sidibé, directeur du musée national du Mali à Bamako rappelle toute l’importance de l’Institut français de l’Afrique noire qui depuis Dakar ordonna collectes et recherches. S’il regrette que la recherche coloniale ait donné trop d’importance à l’appartenance ethnique et aux objets rituels, sacrés (négligeant ainsi ceux qui relevaient du domaine domestique) il n’oublie pas de stigmatiser l’artificialité culturelle de dirigeants entêtés à constituer une culture « nationale » visiblement introuvable (Médiapart, août 2010).

La colonisation française doit être approchée dans toute sa complexité. Son échec, inévitable et probablement salutaire pour les deux parties n’empêche pas de la regarder comme une ouverture originale au monde ; une manifestation première de ce que l’on appelle aujourd’hui la mondialisation ; la mise en place de circuits d’échanges, biens matériels et biens culturels auxquels il ne manquait que la parité. La désillusion et le procès sont venus des suites de la décolonisation. Les Africains par exemple ont perdu beaucoup de temps. Ce que regrettent des panafricanistes comme Cheikh Hamidou Kane qui déplore qu’on en soit resté au maillage territorial de l’époque coloniale. Il salue au passage les mérites des deux grandes fédérations coloniales françaises. Un point de vu partagé par le sénégalais Dialo Diop (opposant au président Wade) lorsqu’il s’en prend aux « pires fantoches de l’époque néo-coloniale (…) incapables de conserver les acquis de l’époque coloniale, en dissolvant par exemple les fédérations… » (Médiapart, août 2010).

La colonisation de l'Europe : arrivée d'Africains clandestins en Italie

Depuis les années 60 du siècle passé, les flux migratoires se sont inversés. Ils mettent en relation les pays européens, vieillis, « pleins », au summum de leurs capacités productives et des pays issus des empires coloniaux, jeunes, débordant d’une main d’œuvre sous-employée qui rêve d’un nouvel Eldorado. La logique et le bon sens, tels que l’entendent les oligarchies marchandes qui régentent le continent européen, voudraient qu’ils fournissent une main d’œuvre à l’Europe. Car l’Europe est pour la première fois de son histoire devenue un continent de migrants. 40 millions sont nés dans un autre continent soit plus de 10 % de la population européenne. Cette colonisation de peuplement et les incidences qu’elle a sur la vie des peuples d’Europe sont aujourd’hui au cœur du débat politique. La « décolonisation » de l’Europe risque fort d’être la question politique majeure du siècle qui commence.

Clément Mesdon

– Le premier article est ici.
– Le deuxième est ici.
– Enfin le troisième est ici.

Source : Novopress Breizh.

Chronique littéraire : Le mythe de l’hexagone, d’Olier Mordrel

Peu importe que l’on juge favorablement ou défavorablement les engagements et les prises de positions de cette figure historique du mouvement breton que fut Olier Mordrel; figure historique tout aussi controversée que “maudite” et “sulfureuse”, dès lors qu’elle est vue à travers le prisme du politiquement correct et du parti pris  idéologique. Là ne se situe pas la question.

“LE MYTHE DE l’HEXAGONE”, paru en 1981 chez l’éditeur Jean Picollec, constitue un ouvrage de référence fondamental, au propos d’une valeur intemporelle, et que je ne saurais trop vous conseiller de lire, de relire, de faire lire, de découvrir ou de redécouvrir. Comme son titre l’indique, Mordrel y démonte point par point, sous la forme d’un magistral rappel historique concernant chacune de ses régions,  le mythe du prétendu “Hexagone”, ce mythe tenace sur lequel prétendent s’appuyer les diverses chapelles du nationalisme français, et auquel s’accrochent plus largement tous les adeptes de la croyance jacobine en une prétendue nation “une-et-indivisible”.
Ainsi que le rappelle l’auteur avec brio, celle-ci ne constitue en aucune manière une nation digne de ce nom, puisqu’elle est en réalité composé d’au moins vingt nations très différentes -qualifiées de façon dévalorisante de “régions”-, annexées sous la contrainte au prix d’une acculturation intensive et d’une confiscation de leurs prérogatives légitimes, sur fond de centralisme administratif aux relents impérialistes, voire colonialistes. Du reste, ces annexions ne remontent bien souvent pas à la nuit des temps, contrairement à une croyance trop largement répandue. Ce n’est en effet qu’en 1532 qu’un traité d’union a été conclu entre la France et la Bretagne, cette dernière étant restée autonome jusqu’en 1789, date de la suppression de son autonomie et de son annexion pure et simple. Ce n’est qu’avec le traité des Pyrénées, en 1659, que le “Nord-Pas de Calais” fut en grande partie annexé par la France, la conquête militaire ayant été parachevée vingt ans plus tard, en 1679. Ce n’est que depuis 1769 que la Corse a été annexée par la France. Quant au Comté de Nice et à la Savoie, ils n’ont pour leur part été annexés qu’en…1860 ! Etc etc. Les exemples sont légion, et en réalité, peu nombreuses sont les régions qui sont “françaises” de très longue date. Ce constat vient nous rappeler l’importance capitale de la seule alternative permettant de respecter réellement l’autonomie, l’identité et la diversité des peuples et des nations réels : celle d’un fédéralisme intégral, interne comme externe, non seulement à l’échelle des actuels Etats-Nations, mais aussi, beaucoup plus largement, à l’échelle continentale tout entière.
“LE MYTHE DE L’HEXAGONE” d’Olier Mordrel est malheureusement épuisé depuis longtemps, et n’a hélas  encore fait l’objet d’aucune réédition à ce jour. Chose infiniment déplorable, eu égard à la grande qualité de l’ouvrage, ainsi qu’à la portée du message qu’il délivre. Espérons vivement qu’un éditeur prendra prochainement l’excellente initiative de remédier à ce très regrettable état de fait. En attendant, vous pourrez toujours, moyennant quelques efforts de recherche et un peu de chance, faire l’acquisition de l’objet à prix variables chez les bouquinistes, via Internet ou ailleurs.
Pour conclure cette rapide présentation, rien de mieux que de reproduire ici cette fort pertinente citation de Pierre-Joseph PROUDHON, qui conserve aujourd’hui toute sa valeur : « La nation française actuelle se compose d’au moins vingt nations distinctes, et dont le caractère observé dans le peuple et chez les paysans est encore fortement tranché… Le Français est un être de convention, il n’existe pas… Une nation si grande ne tient qu’à l’aide de la force. L’armée permanente sert surtout à cela. Ôtez cet appui à l’administration et à la police centrales, la France tombe dans le fédéralisme. Les attractions locales l’emportent » .

Hans CANY

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Quatrième de couverture :
Tout au cours de l’Histoire, il apparait toujours deux Frances, face à face, qui se haïssent au point souvent de s’entretuer. rien de tel dans les autres pays européens : ils ont tous connu des conflits internes, mais pas ce perpétuel antagonisme.
Le spectacle de la France, par ailleurs, proclame la même absence d’unité, qu’il s’agisse des appartenances historiques de la moitié de ses provinces, des orientations géographiques de ses diverses parties, des cultures populaires qu’on y rencontre, des types humains…
Par contre, le système et les institutions politiques que Paris a imposés aux peuples que réunit l’Hexagone depuis les débuts de la monarchie, loin d’exprimer sa diversité fondamentale, sont les plus unifiés du monde et, même quand il est question de décentralisation, l’Etat fait un tabou de son “une-et-indivisibilité” !
C’est cette conclusion choquante dont Olier Mordrel -l’homme qui a derrière lui soixante ans de lutte pour les libertés bretonnes- découvre les origines et les causes. En arrachant à l’ombre et au silence les réalités vivantes que comprime l’Hexagone, en faisant justice des légendes apologétiques qui prétendent justifier le tabou, il jette sur la France une lumière qui en découvre la vraie nature, et autorise l’espoir d’une renaissance que paralysent aujourd’hui les idées stéréotypées et sclérosées.
Il faut reléguer aux archives le mythe de l’Hexagone et rendre la parole à la diversité, synonyme de vie et de liberté.
Ce livre traite du problème et de l’histoire de toutes les contrées de l’Hexagone : de la Flandre à la Guyenne, de la Corse à la Normandie, de la Franche-Comté au Pays Basque, de la Bourgogne au Languedoc, de l’Alsace à la Bretagne, de la Savoie au Pays Toulousain.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (3/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (3/4)

Clément Mesdon revient dans ces quatre articles sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

Dans un petit livre qui veut tordre le cou aux « idées reçues » (c’est le nom de la collection, au Cavalier Bleu) mais qui en ajoute quelques autres, Madame d’Almeida-Topor résume l’exploitation coloniale :« Des firmes commerciales, dont la plupart avaient leur siège social en Europe, achetaient la production des cultivateurs locaux à des prix fixés en fonction de cours mondiaux plus que de la conjoncture locale (…). Les revenus tirés de la vente de leur production permettaient aux populations de se procurer des marchandises manufacturées importées par les mêmes sociétés commerciales. Il s’agissait surtout de biens de consommation, tissus, alcools, produits alimentaires… »

La Banque d'Indochine, une des rares grandes entreprise capitalistes coloniales

Telle était effectivement l’« économie de traite » (Jean Dresch) et tel est aujourd’hui l’essentiel de l’économie mondialisée lorsque le paysan malien ou burkinabé dépense les revenus de son travail dans l’acquisition de biens manufacturés « made in china » ou de produits alimentaires conditionnés. Rien ne change…

De toute façon ces circuits économiques furent mis à mal par la crise de 1929 et après la guerre la nécessité d’investir en profondeur s’imposa d’elle-même. L’idée que les colonies devaient rapporter plus qu’elles coûtaient (ce qui les réduisait à employer leurs minces budgets à rembourser ce qu’elles empruntaient pour investir) fut battue en brèche. A l’instar du « Colonial Development and Welfare Acts » du Commonwealth, le FIDES (Fonds d’investissement et de développement économique et social) créé en 1946 s’employa à équiper les territoires d’outre-mer. Des hôpitaux, facultés (Dakar), lycées et écoles, des ouvrages d’art (ponts, canaux, ports, voies ferrées) des industries (transformation de l’arachide, du coton, de l’huile de palme) des aménagements agricoles (hydraulique rizicole, centres vétérinaires) furent multipliés en A.O.F., A.E.F., au Cameroun et à Madagascar. Même si en son temps l’agronome René Dumont déplorait qu’on ait trop mis l’accent sur des réalisations de prestige négligeant ainsi les micro-réalisations qui auraient soulagé la paysannerie, ces infrastructures eurent le mérite de remettre aux jeunes Etats des équipements qu’ils leurs restaient à développer encore.

Mais cette mise en valeur coûta très cher à la France. Au terme de sa thèse : « Empire colonial et capitalisme français » (Albin Michel, 1984), Jacques Marseille a pu conclure : « De 1945 à 1962, ce fut en effet deux fois le montant des aides américaines à la France qui fut englouti outre-mer… ». En fait, le grand patronat français ne s’était guère engagé dans l’aventure coloniale. Il ne l’avait fait que de manière ponctuelle pour des activités bien spécifiques, phosphates d’Afrique du Nord, nickel calédonien, hévéa indochinois, filière de l’arachide, coton… Pour le reste, il avait laissé faire des entrepreneurs plus modestes. En fait, les « Cent familles » ne se sentirent que rarement concernées par un empire colonial où les placements étaient beaucoup trop risqués. La seule colonie qui retint vraiment leur attention fut la fédération indochinoise (Cochinchine, Annam, Tonkin, Cambodge et Laos) et la Banque d’Indochine (qui émettait la piastre) la Socfin et Michelin portent une lourde responsabilité dans la calamiteuse guerre d’Indochine (1946-1954).

Dès 1931, un excellent analyste au service de la haute finance, Edmond Giscard d’Estaing (le père de l’ancien président de la République) mettait en garde. Il déclarait que « pour l’avenir même du pays (il valait mieux) ne rien faire plutôt que d’engloutir des fonds destinés à se perdre, s’ils étaient versés dans une économie qui n’était pas faite pour les utiliser au bon endroit et de façon productive » (Cité par J. Marseille). Un point de vue prémonitoire puisque à la veille de quitter l’Algérie, jamais la France n’y avait autant investi. Planifié sur cinq ans, le plan de Constantine (1958) prévoyait la construction de 200 000 logements, la scolarisation d’un million et demi d’enfants et une amorce de réforme agraire. A terme, il aurait coûté vingt milliards de nouveaux francs (1959).

La traite négrière fut d'abord une affaire intra-africaine

Le travail forcé fut officiellement aboli en 1946. Il avait sévi en Afrique noire et à Madagascar. Ses méfaits avaient été dénoncés durant l’entre-deux guerre aussi bien par le journaliste Albert Londres – «La Terred’ébène » 1929 – que par André Gide – « Voyage au Congo » et « Retour du Tchad » 1927-1928 – et les dernières compagnies concessionnaires, responsables de cette situation disparurent alors. Durant les vingt dernières années de la colonisation, la nouvelle génération d’administrateurs coloniaux, issus pour beaucoup de la France libre, s’employa à protéger la main d’œuvre indigène et à traquer tout ce qui ressemblait à du travail forcé. Avec une certaine efficacité puisqu’elle s’attira la rancune d’un petit colonat âpre au gain et dépourvu de tout humanisme. Ces petits Blancs que par le passé Maupassant ou Montherlant avaient stigmatisé et que Louis-Ferdinand Céline – dans « Voyage au bout de la nuit » 1932 – ou encore Georges Simenon – « Le Coup de lune » 1960 – mirent en scène sans la moindre tendresse. Car, paradoxalement, la critique la plus féroce de l’arrogance et de la suffisance coloniales est venue plus vite de la droite et de l’extrême-droite littéraire que de la gauche…

De toute façon, aussi insupportables que furent le travail forcé et le portage, ils furent forcément moins mortifères que la traite négrière. Sur ce sujet, immensément polémique, prenons le risque (en fait assez minime) de rappeler :

a) Que la traite européenne s’est éteinte dans les années qui ont suivi l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848.

b) Que la traite arabo-musulmane, pour faire simple, s’est poursuivie jusqu’au début du XXème siècle sous la forme la plus voyante et plus longtemps encore de manière dissimulée.

c) Qu’en conséquence la France colonisa, des confins mauritaniens à ceux du Darfour, des espaces vidés ou presque de leur population.

Malheureusement cette présentation des faits qui sert de fil rouge aux authentiques chercheurs (O. Pétré-Grenouilleau) ne donne pas satisfaction aux activistes de la repentance coloniale et on comprend assez bien pourquoi.

Médecine coloniale : son œuvre a permis le boom démographique de l'Afrique

A partir des années 20 du siècle dernier on put noter l’amorce d’un boom démographique aussi bien au Maghreb qu’en Afrique et en Indochine. Avec d’ailleurs pour conséquence des difficultés frumentaires et une augmentation trop rapide de la population urbaine. Cette bonne santé démographique a largement tenu à l’œuvre sanitaire et médicale accomplie surtout après 1914. Mais là encore cette politique de santé, ses résultats semblent gêner aux entournures certains intellectuels africains. Ainsi Cheikh Hamidou Kane, écrivain peul né en 1928 qui remarque : « les colonisateurs ont mis l’accent sur l’éradication des grandes pandémies, comme le paludisme ou la maladie du sommeil, parce qu’elles avaient des effets importants sur l’activité économique de la colonie » (Médiapart, août 2010).

On peut lui répondre que toute société a le souci de maintenir sa population active en bonne santé et que la médecine coloniale ne se déroba pas lorsqu’il fallut faire reculer sinon éradiquer la variole, le paludisme, la maladie du sommeil, la lèpre ou le trachome. L’Institut Pasteur s’implanta dans toutes les colonies ; l’Assistance médicale indigène (AMI) dispensa soins gratuits et vaccination un peu partout. Des chercheurs et des médecins comme Calmette, Nicolle, Laigret ou Jamot se dépensèrent sans compter. Avec des procédures peut-être autoritaires mais qui obéissaient à l’esprit paternaliste de leur temps. Bien entendu, le bilan est contrasté et la médecine de proximité qui fait tant défaut à l’Afrique aujourd’hui resta trop souvent limitée à des postes sanitaires de brousse dépourvus de moyens.

Clément Mesdon

– Le premier article est ici.
– Le deuxième est ici.

(A suivre)

Source : Novopress Breizh.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (2/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (2/4)

Clément Mesdon revient dans ces quatre articles sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

"Les fils de roi", un récit inspiré par la colonne Voulet-Chanoine

Les abus, les excès et les méfaits de la colonisation française sont bien connus, en tout cas des historiens et cela contrairement à une opinion répandue qui veut qu’ils aient été délibérément négligés. Dans la phase initiale, lorsque après l’exploration succède la saisie effective du territoire identifié et cartographié, les militaires ont trop souvent la main lourde, aussi bien Bugeaud en Algérie que Faidherbe au Sénégal ou Gallieni à Madagascar. Pratiqués en Europe, pillage et terre brûlée, exécution sans jugement des prisonniers, femmes et enfants pris en otage ou déportés n’ont pas manqué en Afrique. Dans quelques cas, la férocité s’allie à la démence. Ainsi dans l’affaire de la colonne Voulet-Chanoine. En 1899, ces deux officiers furent chargés de reconnaître les pays compris entre le Soudan français et le Tchad. La colonne multiplia exactions et massacres et lorsque le colonel Klobb les rejoignit pour leur retirer le commandement ils l’abattirent. Peu avant d’être tué par ses hommes, Voulet leur avait tenu ce discours : « Quant à moi, je suis hors-la-loi, je renie ma famille, mon pays, je ne suis plus Français, je suis un chef noir. L’Afrique est grande, j’ai six cents hommes qui me sont dévoués, je ne crains rien». C’est la version sans gloire de « L’Homme qui voulut être roi » (Kipling).

Dans la période qui suit la conquête, le pouvoir colonial doit affronter des révoltes qui tiennent souvent à l’excès d’imposition, de travail forcé et d’enrôlement dans l’armée. D’autres ont un caractère nationaliste. On peut en citer plusieurs. Parmi les plus notables, dans l’ordre chronologique :

– 1870 :La Kabylie.

– 1883 : Hué en Indochine.

– 1921-1925 : Le Rif au Maroc, avec Abd el-Krim.

– 1925 : Les Druses en Syrie.

– 1927-1930 : Les Bayas en Afrique équatoriale.

– 1930 : La mutinerie de Yen Bay en Indochine.

– 1945 : L’est algérien, dans le Constantinois

– 1947 : Madagascar.

Victimes algériennes du FLN

Dans tous les cas, la répression est sévère, impitoyable surtout lorsque ces soulèvements ont été précédés par des massacres de colons ou d’employés de l’administration. Le chiffre des victimes a été presque toujours instrumentalisé, tant par les autorités coloniales de l’époque que par les dirigeants des anciennes colonies. Les premières minimisant les chiffres, les seconds les optimisant si l’on peut dire. Le cas le plus flagrant est évidemment celui de la guerre d’Algérie. Le gouvernement algérien s’en tient à un million de « martyrs », chiffre qui multiplie par trois ou par quatre le nombre effectif de ces victimes. Nombre d’historiens français et algériens (dissidents) se sont élevés contre cette falsification. Alors que les pertes françaises s’élèvent à au moins 50 000 morts et disparus (en tenant compte des supplétifs musulmans massacrés après l’indépendance), celles des indépendantistes ne peuvent excéder 300 000 personnes, y compris les victimes civiles. Toutes évaluations qu’il sera difficile voire impossible d’affiner davantage.

Mais il est d’éminents spécialistes pour se barder de certitudes comme Madame Coquery-Vidrovitch qui a repris à son compte la fable du million de morts et en a même ajouté un autre pour la conquête de 1830 et ses suites… Mais laissons-là le marigot de ces dénombrements flottants au gré des idéologies et passons à l’exploitation forcément « éhontée » des colonies. Pour les historiens et essayistes flagellants, le verdict ne bougera plus : tous coupables, administrateurs, militaires, affairistes, colons, commerçants ; tous exécutants d’un capitalisme prédateur commandé depuis Paris ou Marseille, la cité colonialiste par excellence.

Clément Mesdon

Le premier article est ici.

(A suivre)

Source : Novopress Breizh.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

Clément Mesdon revient ici sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

Attaquons avec le truisme le plus plat, le plus provocateur penseront les esprits chagrins : coloniser est le propre de la plupart des espèces animales et les hommes n’y échappent pas. D’autre part, si l’on veut raisonner en termes de repentance, de regret douloureux d’avoir succombé à l’envie de coloniser, cette mortification visera toutes les époques, toutes les cultures. De la préhistoire au XXIème siècle, des Européens aux Chinois, en passant par les Arabes, les Zoulous ou les Aztèques.

Pour en rester à la colonisation européenne, elle a touché la planète entière s’exerçant principalement sur des espaces très peu peuplés voire vides. L’immigration les a peuplés. Lorsqu’il s’agissait de pays « pleins », riches d’une culture millénaire – le sous-continent indien,la Chine– la colonisation a pris d’autres formes : maillage de comptoirs, privilèges divers, protectorats… Car la colonisation n’est pas univoque et la diversité des statuts rend difficile toute appréciation globale. Autrement dit les choses ne pouvaient pas se passer de la même manière au Viêt-Nam et au Congo.

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (1/4)

La colonisation française débute sous François Ier (Jacques Cartier) et s’achève au milieu du XXème siècle, soit quatre siècles plus tard. Elle finit par concerner tous les continents et tous les océans. Impossible donc de la présenter en bloc, ni dans le temps ni dans l’espace.

Du premier empire qui disparaît à la suite du traité de Paris (1763), il ne resta que des éclats, Gorée au Sénégal, la Guadeloupe,la Martinique, l’ouest de Saint-Domingue, cinq comptoirs en Inde… Le pire fut la perte de la Nouvelle France, de la Louisiane et de tout l’hinterland, immense et presque inexploré. De la fin de l’Ancien Régime à la Restauration, les Français négligèrent les entreprises coloniales. En 1830, ils mirent le pied en Algérie. Ils ne pouvaient imaginer que cette expédition punitive conduirait à une occupation de 132 ans. Sous la IIème République et le Second Empire, la colonisation repartit de plus belle mais sans projet véritable, plutôt des chimères, un « royaume arabe » en Algérie, un « empire mexicain » et un autre à se constituer en Extrême-Orient aux marges de la Chine.

Le vrai empire colonial, réputé cohérent, universel, on le doit à la IIIème République et à plusieurs de ses pères fondateurs comme Jules Ferry. Il s’est construit avec une parfaite bonne conscience : le devoir d’apporter la civilisation et en particulier les « immortels principes de 1789 » à des peuplades qui ignoraient tout de leurs bienfaits. Une évangélisation laïque en quelque sorte qui, d’ailleurs, sur le terrain allait trouver dans les congrégations missionnaires les plus zélées des auxiliaires. Tout a été dit sur la tartufferie d’une telle idéologie. Elle a évidemment servi de justification première et de paravent à l’exploitation des colonisés, à leur mise au travail pour un coût dérisoire. Impérialisme et capitalisme ont marché de pair.

Deuxième empire colonial après le britannique, mais loin derrière, l’empire français a donné à trois générations l’illusion de la puissance : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » et Jean Giraudoux (on lui avait confié en 1939 le commissariat général à l’information qui devait répliquer à la propagande allemande) d’illustrer ce slogan ventriloque par des planisphères géants collés sur les murs de Paris. L’empire inscrit en rose, un quart de l’Afrique, Madagascar, l’Indochine, les Antilles,la Guyane, les archipels océaniens et tous ces points d’appui géo-stratégiques, Mers el-Kebir, Bizerte, Djibouti, Diego Suarez, Haiphong, Nouméa jusqu’au canal de Suez partagé avec les Britanniques.

Dans l’esprit de beaucoup et en particulier dans la classe politique, cet empire était considéré comme immuable, définitif. C’est tout l’esprit du Centenaire de l’Algérie (1930) et de l’Exposition coloniale de 1931. La débâcle de 1940 puis la lutte fratricide entre vichyssois et gaullistes vont précipiter sa disparition. Refondée en 1944 par le discours de Brazzaville – de Gaulle esquissant un Commonwealth à la française – la construction coloniale qui prend le nom d’Union française laisse la place, en 1958, à une Communauté française qui ne tient pas deux ans. Quant aux « départements algériens » facticement rattachés au territoire métropolitain, ils disparaissent en 1962. Commence alors cette période néo-coloniale qui court des indépendances proclamées à l’effacement de la première génération de dirigeants ayant connu l’époque coloniale. Cet âge béni ( !) de la « Françafrique » s’éteint petit à petit sous nos yeux.

Clément Mesdon

(A suivre)

Source : Novopress Breizh.

“Vivre ensemble” : Al Quaïda appelle les immigrés à attaquer l’Occident

12/01/2012 – 13h30
WASHINGTON (NOVOpress) – Adam Gadhan, 33 ans, américain converti à l’islam est présenté comme étant le porte-parole américain d’Al Quaïda . Il était apparu dans plusieurs vidéos réalisées par les djihadistes depuis 2004. Dans une vidéo diffusée samedi dernier sur un site musulman,  Adam Gadhan a appelé les musulmans vivant en Occident à mener des attaques contre “la coalition des sionistes et des croisés”.

Il disait s’adresser ainsi aux “communautés d’immigrés comme celles vivant en marge de la société dans les banlieues misérables de Paris, de Londres et de Detroit, ou celles venues en Amérique et en Europe pour étudier ou pour y chercher leur pain quotidien” . “Aux frères musulmans résidant dans les pays de la coalition des sionistes et des croisés (…) sachez que le jihad est un devoir”, a déclaré Adam Gadham, dont la capture rapportera un million de dollars à celui qui le ramènera aux autorités américaines.

Aux Etats-Unis, comme en Angleterre, en France et dans de nombreux pays occidentaux, les conversions à l’islam sont de plus en plus nombreuses et vont de pair avec une augmentation significative de l’islam radical,  ce qui inquiète les autorités car les nouveaux convertis sont souvent les plus radicaux et les plus déterminés, bourrés de ressentiment contre leur propre peuple et fanatisés à l’extrême.

Crédit photo : DR

“Russie : alliance vitale” de Jean Bernard Pinatel

Nous reproduisons la chronique du dernier livre de Jean Bernard Pinatel “Russie : une alliance vitale” issue de l’alliance France Europe Russie

“Ancien général, aujourd’hui chef d’entreprise et passionné des questions géopolitiques, Jean-Bernard PINATEL a sorti récemment un ouvrage au titre qui n’a pu qu’attirer notre attention : « Russie, Alliance vitale ».

Malgré le titre, le fil conducteur de l’ouvrage n’est pas la Russie, la France ou l’Union européenne. Cette « alliance vitale » constitue en réalité la conclusion, l’aboutissement du raisonnement de l’auteur.

C’est là l’extrême originalité de son ouvrage. Analysant les menaces externes qui entourent l’Eurasie (le messianisme américain et la croissance exponentielle de l’influence chinoise principalement), l’auteur conclut que la survie de l’Europe et de la Russie dépendra de cette alliance qu’il qualifie de « vitale ».

Il avait déjà affirmé dès 1976, en pleine guerre froide, que les guerres futures prendraient plus la forme d’une « guerre civile » Nord-Sud que celles d’un affrontement entre deux puissances menaçant d’interventions nucléaires. Affinant aujourd’hui son regard sur la géopolitique actuelle, il prévoit une domination du système international par deux grands acteurs dans les prochaines années, les États- Unis et la Chine, qui interagiront dans une relation qu’il appelle : “adversaires- partenaires” :
– adversaires quand il s’agit d’enjeux ou d’intérêts vitaux à protéger et,
– partenaires pour conquérir de nouveaux espaces et marchés et, surtout, pour empêcher de nouveaux acteurs d’acquérir une autonomie qui pourrait remettre en cause leur sphère d’influence et le partage du monde qu’ils préconisent, implicitement ou explicitement.

Afin d’éviter que nous (Français, Européens et Russes) ne soyons marginalisés sur la scène mondiale face à l’impérialisme chinois et l’appétit du complexe « militaro-industriel » américain, l’auteur a voulu nous éclairer sur les intérêts permanents de l’Europe et de la Russie dans la gestion des menaces et des crises qui se développent à leurs frontières.

Il soutient que l’insécurité qui règne à nos frontières sert directement les intérêts du complexe militaro-industriel américain au point de faire penser que les crises qui s’y enracinent ne sont pas le résultat d’erreurs stratégiques des dirigeants américains, mais proviennent d’options mûrement pesées par des conseillers qui en sont issus. Tout se passe, selon l’auteur, comme si la politique américaine visait à maintenir une insécurité permanente dans la région du Moyen-Orient et de la Caspienne.

Elle viserait à freiner le développement économique de nos proches voisins tout en s’appropriant leurs ressources. L’effet de cette politique est de pénaliser, en privant leurs produits de débouché, la croissance de l’Europe et de la Russie. A terme, cela aurait pour conséquence d’empêcher la création d’une alliance stratégique de Dunkerque à l’Oural, troisième acteur potentiel du système international capable de s’opposer à leurs ambitions.”

Auteur: Louis Poinsinet de Sivry

Génocide arménien : vers une loi mémorielle de plus en France ?

21/12/2011 – 17h00
PARIS (NOVOpress) –
L’Assemblée nationale examinait ce matin, un projet de loi condamnant le génocide arménien ainsi que sa négation (passible d’un an de prison et de 45000 euros d’amende). Cette loi, qui succèderait à la loi Taubira ou encore à la loi Fabius-Gayssot, serait ainsi une loi de plus imposant, sous peine de prison, une histoire officielle et non discutable.

Elle provoque d’ores et déjà la colère de la communauté turque de France mais aussi et surtout du gouvernement turc, qui envisage une dégradation des relations entre Paris et Ankara si une telle loi était votée.
Certains députés font état de leur étonnement concernant cette proposition de loi, quand on sait qu’en 2008, un rapport adopté par l’Assemblée unanime invitait les parlementaires à ne pas légiférer sur l’histoire.

Comme pour le “référendum d’initiative populaire” hier, on sent que les élections approchent et que certaines communautés sont très prisées par rapport à leur poids électoral (les arméniens de France, présent en masse dans les Bouches du Rhône, région de la député Valérie Boyer, à l’origine du projet de loi, représentent 500 000 électeurs).

Le génocide arménien ayant déjà été reconnu par la France en 2001 et cette reconnaissance ayant fait l’objet d’une loi, la proposition de loi qui sera examinée aujourd’hui ne vise donc qu’à punir la négation de ce génocide.

Alors que des solutions sont aujourd’hui cherchées afin de combler le manque de places en prison et afin de mettre fin à la surpopulation carcérale, les députés français s’apprêtent à voter une loi (une de plus) qui pourrait aboutir à enfermer des individus, uniquement pour leurs écrits ou leurs propos. Étrange conception de la liberté de recherche, d’expression, de ton et de parole, dans un pays qui semble de plus en plus abandonné à la pensée unique et au politiquement correct.

Murat fustige le monde artistique

Murat fustige le monde artistique

19/12/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress) —
Jean-Louis Murat appartient à la catégorie, réduite à peau de chagrin, des artistes enracinés fiers d’un héritage européen, dont il chante l’appartenance. Musicien accompli, il revendique à l’instar d’un Morrissey son identité culturelle, son amour de la terre charnelle pointant du doigt l’idéologie malodorante du politiquement correct dans laquelle se répandent ses homologues. Il n’hésite pas à braver sans complexes les interdits codifiés par les zélotes du système artistique. Jean-Louis Murat vient une nouvelle fois de le prouver.

Amoureux de sa terre d’Auvergne où il compose et crée ses propres albums, le chanteur a accordé cette semaine à l’hebdomadaire Le Point un entretien au vitriol. Une bouffée d’air frais dans cet océan de conformisme dicté par l’argent-roi. Adepte du parler vrai, Jean-Louis Murat livre ici des propos frappés au coin du bon sens, qui tranchent avec les eaux saumâtres du consensus mou dans lequel baigne le marigot du showbizness. Réalisé à l’occasion de la sortie de son nouvel album intitulé Grand Lièvre (1), Murat en profite pour recadrer les choses : tout d’abord, sur les faux-culs de la générosité qui une fois l’an viennent faire pleurer dans les chaumières sur la pauvreté et qui se servent des Enfoirés pour faire leur propre promotion. Également sur les mœurs perverses d’un milieu qui n’a rien à envier aux turpitudes sexuelles d’un DSK, mais aussi sur le ridicule et la bêtise crasse de ces chanteurs ou comédiens qui sous couvert d’une starification naissante se sentent obligés de donner leur avis en matière politique. Murat réfute non sans humour le droit que s’octroient ces nouveaux « experts » qui « tout d’un coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ». Ce cortège de faux révolutionnaires que Luchini affuble à juste titre du nom de rebelles-salariés subit donc les foudres d’un Murat lucide et clairvoyant sur leur opportunisme crasse.

Mais Jean-Louis Murat, fidèle à la pensée de Bloy et de Bernanos, n’est pas en reste avec le parisianisme et l’opinion gauchisante adoptée hypocritement par la quasi-totalité du milieu artistique. Un forcené du travail, un artisan de la musique au sens noble du terme qui fait dire au Point que son dernier opus est « un petit bijou d’écriture et de mélodie ».

Morceaux choisis :

« Les jolis cœurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n’y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d’égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion. »

« Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l’ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J’ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. “Elle est pour toi ou elle est pour moi ?” Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu’un chien se fait écraser. ».

« Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d’artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça. »

Jean-Louis Murat, Vendre les prés (clip officiel)

(1) Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, V2 Music/Polydor

Les élections congolaises s’invitent en France dans l’indifférence des médias [vidéo]

Les élections congolaises s’invitent en France dans l’indifférence des médias [vidéo]

15/12/2011 – 16h15
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
On ne peut pas dire que les médias de l’oligarchie en aient beaucoup parlé. Et pourtant ! Samedi dernier, une manifestation non autorisée par la préfecture a bloqué la circulation sur les Champs‑Elysées, à Paris. Le but de l’opération était de dénoncer la réélection du président Kabila en République démocratique du Congo.

Les manifestants congolais ne se sont pas contentés de bloquer les Champs‑Elysées, puisque d’après le site Internet « Congodiaspora », ils ont pris d’assaut et occupé l’ambassade du Congo à Paris. Des habitants de la rue Jadin dans le XVIIème arrondissement affirment aussi que les manifestants ont balancé des cocktails Molotov sur l’ambassade du Rwanda, qui depuis est sous surveillance policière. Mais il semble que Paris ne soit pas un cas isolé : ainsi, à Londres des manifestants congolais ont violenté les membres d’une chorale caritative. Et à Bruxelles ou à Toronto, la tension est montée d’un cran entre immigrés congolais et immigrés rwandais.

La situation au Congo

Kabila a été officiellement réélu, mais son concurrent à l’élection présidentielle, Etienne Tshisekedi, l’accuse de fraude. Tshisekedi s’est lui‑même proclamé président élu. Les critiques contre Kabila reposent essentiellement sur des accusations de corruption, mais surtout, ses opposants affirment qu’il est la marionnette de Paul Kagamé, le président rwandais, qui souhaiterait gouverner le Congo en sous‑main et déclencher un conflit régional…

Au secours, la germanophobie est de retour, par Jacques Cordonnier, président du mouvement Alsace d’Abord [Tribune libre]

Au secours, la germanophobie est de retour, par Jacques Cordonnier, président du mouvement Alsace d’Abord [Tribune libre]

07/12/2011 – 09h30
STRASBOURG (NOVOpress) – Les socialistes Hamon et Le Guen, imités par un Montebourg que l’on a connu mieux inspiré parlent d’un nouveau « Munich », et du retour de l’esprit prussien et guerrier d’un Bismarck. Et selon Marine Le Pen, Berlin voudrait nous mener à la schlague. Rien de moins ! De telles outrances disqualifient leurs calamiteux auteurs.

L’Union européenne et l’euro connaissent d’indéniables difficultés ; chaque pays est par conséquent tenté, pour des raisons de politique intérieure ou d’idéologie, par les solutions simplistes et démagogiques de retour en arrière souvent qualifiées à tort de « souverainistes ».

Mais que serait donc cette souveraineté d’opérette sans ses véritables attributs, la puissance et l’autonomie ? Que pourrait donner le repliement sur des États-nations étriqués à l’heure des grandes puissances continentales ? (Chine, Inde, les deux Amériques…)

Il est certes possible de se questionner sur les conditions de fonctionnement d’une monnaie bâtie sans véritable contour politique. Il est possible de condamner les dérives tentaculaires et centralisatrices d’institutions européennes qui manquent autant d’un fondement démocratique que d’une perspective historique. Il est loisible de discuter de diverses conceptions d’un devenir européen, plus ou moins fédéraliste, préservant ou dépassant les nations existantes.

Comme tous les régionalistes identitaires du mouvement Alsace d’Abord, j’ai mon point de vue sur ces questions, et il ne surprendra personne que notre désir aille vers un véritable fédéralisme européen, source d’équilibre, d’indépendance et de puissance. Sur nos conceptions, le débat est ouvert : nous le sollicitons même.

Le gouvernement allemand souhaite que des pays de la zone euro mettent de l’ordre dans leurs affaires avant de garantir leurs dettes ; le gouvernement français désire aller plus vite pour parer au plus pressé. Ce sont deux positions différentes, qui peuvent être analysées, acceptées ou combattues.

Mais que cette divergence serve de prétexte à ranimer les caricatures qui ont fait tant de mal aux enfants de l’empire carolingien, je ne puis l’accepter. Et pourquoi pas après la caricature, l’injure, et après l’injure la menace, et après la menace le conflit ? A cet égard, l’Alsace a été aux premières loges, à trois reprises ! Plus jamais cela !

Comme le rappelait l’historien Dominique Venner, lorsque la France et l’Allemagne sont ensemble, l’Europe est grande. Lorsque nos pays s’affrontent, alors le lointain étranger l’emporte, et notre civilisation cède le pas.

Messieurs les socialistes, Madame la candidate, pour obtenir quelques attentions des médias, tout ne vous est pas permis. Pas la relance des démons germanophobes en tout cas. Nous aurons une longue mémoire de vos indignes propos.

Crédit Photos: : DR

Handball : la déclaration d’amour des "Bleues d’Afrique"

Handball : la déclaration d’amour des “Bleues d’Afrique”

06/12/2011 – 19h30
SAO PAULO (NOVOpress) –
L’équipe de France féminine de handball a démarré son championnat du monde au Brésil. La formation tricolore compte huit joueuses aux racines africaines. Dans l’édition du 5 décembre de L’Equipe, elles clament leur amour du continent noir.

Paule Baudoin, née de parents camerounais, est fière des « valeurs chères » à l’Afrique, « le respect des autres, la politesse ». Les Français seraient-ils étrangers à ces qualités ? Pour sa part, Siraba Dembelé (photo ci-dessus), confie qu’elle aime se vêtir de tenues traditionnelles du Mali. Passion partagée par sa coéquipière, Nina Kanto. La native de Yaoundé (Cameroun), souligne dans le quotidien sportif que « plus le temps passe et plus le besoin de revendiquer nos origines est pressant ».

Cette envie pressante, teintée d’ingratitude pour la France, poussera-t-elle ces « Bleues d’Afrique » à jouer enfin pour leur pays de cœur ? Sans doute pas. Ces déclarations d’amour ne résistent pas longtemps à une vie douillette dans l’Hexagone. En handball aussi, les sportifs issus de l’immigration extra-européenne veulent le beurre et l’argent du beurre…

Crédit Photo : DR

Chapô : 76% des français estiment que l'Islam progresse trop en France

76% des français estiment que l’Islam progresse trop en France

06/12/2011 – 15h45
PARIS (NOVOpress) — À 6 mois de la présidentielle, voilà un sondage qui devrait provoquer quelques remous : réalisé du 2 au 4 novembre par l’Ifop pour Europe 1 et Paris Match, on y découvre notamment que 76 % des Français estiment que « l’islam progresse trop en France ». À la même question posée il y a un an, 71 % des français avaient répondu par cette affirmation.

Ce sondage qui, selon l’Ifop, montre que « les Français plébiscitent des valeurs qui sont au cœur du pacte républicain » (liberté, égalité, fraternité), souligne donc aussi « une radicalisation des Français sur des sujets de crispation identitaire ». Ils ne sont par exemple que 14 % à estimer que « l’État devrait aider financièrement à la construction de mosquées » (contre 28 % au printemps 2006).

Enfin, 76 % des Français disent n’avoir « plutôt pas confiance » dans les autorités religieuses, ce qui place les religions parmi les institutions qui leur inspirent le moins confiance : aussi peu que les médias, mais plus que les partis politiques qui arrivent bons derniers (85 % de défiance). Seules institutions à rassembler une majorité de Français leur faisant confiance : les maires (67 %).

Étonnamment, le sondage, relayé par le journal La Croix, ne semble plus en ligne à la même adresse que lors de la parution de l’article, le 6/12, à 16h13.

Photo en Une : la grande mosquée de Strasbourg. Source : avraidire.com

Antilles françaises : un rapport parlementaire décrit une situation catastrophique

Antilles françaises : un rapport parlementaire décrit une situation catastrophique

06/12/2011 – 13h00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
« L’État est attaqué en permanence, quoi qu’il fasse ». Dans un rapport rendu le 12 octobre dernier concernant l’administration générale et territoriale de l’État, Marc Le Fur, député UMP des Côtes-d’Armor et vice-président de l’Assemblée nationale, dresse un portrait sans complaisance de la situation dans les départements d’Outre-mer, en particulier en Guadeloupe. Édifiant.

Alerté par le mauvais classement de la préfecture de Guadeloupe (photo ci-dessus sous-préfecture de Pointe-à-Pitre) en 2009 en matière de délais de délivrance des titres – elle occupait la  dernière place – et  constatant un déséquilibre dans la répartition des personnels dans les DOM, Marc Le Fur s’est rendu aux Antilles et en Guyane en février 2011 pour y étudier la situation de l’administration territoriale et le contexte dans lequel elle fonctionne.

Drapeaux des Antilles françaises selon les indépendantistes

Drapeaux des Antilles françaises selon les indépendantistes

De quels moyens humains disposent les préfectures dans les départements d’Outre-mer ? Le rapport établit que celles-ci bénéficient d’effectifs bien supérieurs à ceux de la Métropole. Si l’on compte entre 3 et 5 agents pour 10.000 habitants dans cette dernière, les départements ultramarins en ont souvent le double : « En 2010, l’administration préfectorale en Guadeloupe comptait 6,92 agents pour 10 000 habitants ; en Martinique, ce ratio s’élevait à 7,33 fonctionnaires ; en Guyane il atteignait 10,88 agents, presque autant qu’en Polynésie ou qu’à Mayotte. » A titre d’exemple, à populations sensiblement égales la Haute-Saône compte140 agents contre 234 en Guyane !

Autre observation faite dans le rapport : à la différence de la Métropole les fonctionnaires, sont issus – à l’exception d’une partie de l’encadrement – de la population locale. De tout temps les Antillais, comme les Réunionnais, ont été systématiquement prioritaires pour les mutations vers leurs pays d’origine. La moyenne d’âge de ces agents – 51 ans – est en outre bien plus élevée qu’en métropole, les Antillais prenant pour la plupart  leur retraite à 65 ans. Il en résulte, dit l’auteur du  rapport, que « le “dynamisme” des fonctionnaires devient relatif, le travail tend à devenir routinier, la mobilité et le changement effraient, certains ‘baissent les bras”…».

Le document relève également « un absentéisme élevé et, à certains égards, institutionnalisé ». Selon des informations recueillies sur place celui-ci s’élevait en 2010 à 10 jours ouvrés en moyenne par agent et par an en Guadeloupe, 20 jours par an en Martinique, contre seulement 5 jours par an en moyenne nationale. En cause l’attitude « ambiguë » des médecins locaux  – dans les îles tout le monde se connait – ce qui rend les éventuels contrôles inefficaces, notamment vis-à-vis de « personnels absents depuis deux à trois ans et notoirement connus pour exercer par ailleurs d’autres activités. »

Marc Le Fur

Marc Le Fur

Autre forme d’absentéisme déplorée par le Rapporteur spécial, la pratique généralisée d’horaires qualifiés pudiquement d’« atypiques ». En Guyane et aux Antilles, les guichets d’accueil du public ne sont en effet ouverts que le matin et les fonctionnaires ne travaillent ni le mercredi après-midi ni le vendredi après-midi ! Des demi-journées non travaillées qui sont censées être compensées par une arrivée plus matinale des agents. En réalité ceux-ci n’arrivant pas tous en même temps les guichets n’ouvrent qu’à 8 heures « pour être sûr que tout le monde soit à son poste (!) ».

Cette pratique administrative quelque peu courtelinesque s’inscrit – dans le cas de la Guadeloupe –  dans « un climat économique, politique et social qui n’est propice ni au développement, ni à la bonne administration de l’archipel ». Marc le Fur constate en effet qu’ « administrer la Guadeloupe est « usant ». Les trois derniers préfets ont quitté leurs fonctions après respectivement 13, 12 et 11 mois de fonction, signe d’une usure prématurée peu propice à l’administration de ce territoire. » Une instabilité, regrette le député breton, qui affaiblit l’État dans un département « où les échanges sont difficiles avec les élus et les responsables d’entreprises, voire rudes avec les interlocuteurs syndicaux et les indépendantistes. »

Il est vrai que la tâche des hauts fonctionnaires est loin d’être facile : « Compte tenu du caractère revendicatif d’une partie de la population, l’État est attaqué en permanence, quoi qu’il fasse. Aussi, les fonctionnaires métropolitains sont de moins en moins nombreux à solliciter une mutation en Guadeloupe ; certains ‘craquent’  peu après leur arrivée en raison e la pression et demandent à repartir. »

Selon l’auteur du rapport « le phénomène indépendantiste (en Guadeloupe, NDLR), plus vigoureux qu’ailleurs bien que très minoritaire, contribue à aggraver le sentiment de malaise dans un territoire pourtant soutenu financièrement à bout de bras par la Nation dans son ensemble ainsi que par l’Union européenne».

Le « sentiment de malaise » évoqué par Marc Le Fur relève en réalité plus de l’idéologie de la culpabilisation, véritable fonds de commerce de la classe politique et syndicale antillaise, que de celle de l’anticolonialisme qui prévalait au siècle dernier. L’essentiel de l’action politique antillaise consiste en effet aujourd’hui à demander des « réparations » financières de toutes sortes à la Métropole au nom d’un passé « esclavagiste » aboli… il y a plus d’un siècle et demi !

La France doit-elle continuer d’administrer ces territoires – dans les conditions pour le moins contestables évoquées plus haut – et à payer – fort cher – pour cela ? C’est sans aucun doute la question qui vient à l’esprit à la lecture du courageux rapport du député des Côtes-d’Armor. Aux Antilles, manifestement, la décolonisation reste à faire.

Crédit Photos: : Wikimedia Commons