Christophe Guilluy: « Les gilets jaunes demandent du respect, le pouvoir répond par l’insulte! »

Gilets jaunes : mettons les mots sur les maux – Cyril Raul (Les Identitaires)

C’était prévisible : l’extrême gauche tente de récupérer le mouvement des gilets jaunes. L’objectif : divulguer l’idée que les causes de la révolte sont exclusivement économiques. Après tant d’années de silence, des centaines de milliers de Français sortiraient de leur torpeur, se battraient et s’exposeraient autant pour défendre le sacro-saint « pouvoir d’achat ». Une explication éculée, facile et sans risque qui n’est pourtant que l’écume d’une lame de fond.

Car, au fil des discussions, à longueur d’interviews sur des péages ou des ronds-points, deux mots reviennent sans cesse dans les bouches des gilets jaunes : « mes enfants ». Ces enfants de la France périphérique, ceux dans l’angle mort de la France de demain que leur prépare Macron. Une « France d’après » des grandes métropoles et des frontières ouvertes, où il faut « se former » et « être mobile » car « le monde bouge ».

Une jeunesse abandonnée au profit de la jeunesse mondialisée à qui l’avenir est promis. Oui, Macron sacrifie une jeunesse pour une autre, et les parents de la France périphérique l’ont compris tout simplement parce que leurs familles sont les premières victimes de ce choix politique. Ils voient ce gouvernement dédoubler les classes de CP dans les zones REP+ alors que leurs propres enfants font une heure de bus par jour pour se rendre à l’école parce que celle de leur village a fermé. Ils constatent la succession de « plans banlieues » pendant que les médecins, les services publics et les commerces de leur petite ville baissent le rideau. Ils observent ces arrivées de jeunes migrants hébergés, soignés et nourris à nos frais pendant qu’eux n’arrivent plus à loger leur famille.

Quel avenir pour les enfants de la France périphérique dans 15 ans ? L’oubli, la désertification, le revenu universel et le droit de se taire ? Face à cet abandon délibéré, dans un contexte où « les autres » passent avant « les nôtres », comment ne pas comprendre ces parents qui veulent donner moins à cet État pour donner plus à leurs enfants ?

La colère dépasse la question du prix du carburant. Elle relève d’un sentiment plus large et noble : celui de la dépossession. Plus que le simple pouvoir d’achat, ces Français veulent plus de pouvoir tout court. Ils veulent avoir leur mot à dire. Payer des impôts, oui : mais pour qui ? Nos enfants ou les migrants ? Nos vieux ou les banlieues ?

Alors que le dernier référendum en France a eu lieu il y a plus de 13 ans, l’heure est venue de reprendre le contrôle.

Qualifiée de « profonde », « périphérique » ou « oubliée », cette France fait la Une ces deux dernières semaines. Depuis quelques jours, l’actualité médiatique n’est plus axée sur les « petites phrases », les lubies de bobos, des LGBT et de l’entre soi parisien. Les Gilets jaunes ont sorti cette France de l’angle mort dans lequel elle végétait. Ils l’ont remise au centre du jeu politique, à la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Les projecteurs sont braqués sur elle : désormais, dans un contexte de récupération par l’extrême-gauche et de dépolitisation généralisée, il est devenu impératif de mettre les mots sur ses maux. Sous peine d’être conduite sur les voies de garage vers lesquelles tant voudraient la mener.

Cyril Raul

Texte repris du site de : Les Identitaires

La mobilisation des Gilets jaunes révèle un état pré-insurrectionnel de la France périphérique

28/11/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Depuis une dizaine de jours, près de 300.000 Français ont revêtu leur gilet jaune pour descendre dans la rue et organiser 2.000 barrages partout dans le pays. Demandons-nous ce matin qui sont ces Gilets Jaunes autant conspués par le système qu’ils sont massivement soutenus par les Français.

Il s’agit de ce que le géographe Christophe Guilluy a nommé « la France périphérique ».

A bien regarder les rassemblements de Gilets Jaunes, on observe une population massivement blanche et provinciale. Ces Français chassés dans les périphéries des villes par la hausse du coût de la vie dans les centres villes et par l’immigration des banlieues.

Les Gilets Jaunes sont les Français délaissés par les institutions. La nouvelle taxe sur le carburant a cristallisé le ras-le-bol fiscal. Cette politique fiscale dont les Gilets Jaunes voient le bénéfice leur échapper pour le profit des banlieues de l’immigration.

On constate une structure déconcertante, puisque ce mouvement spontané ne met pas en avant de représentant officiel.

Cette configuration affole l’autorité publique qui n’a pas d’interlocuteur classique. C’est une force car le pouvoir ne peut pas intimider de groupe clairement identifié ou soudoyer des syndicats pour saper le mouvement. Les Gilets Jaunes possèdent aussi une capacité de mobilisation très forte et sans avoir de consigne à respecter.

Cependant, ce défaut de représentation ne permet pas de porter des revendications claires. Le mouvement risque de s’essouffler si les manifestants ne sont pas capables de se structurer, à l’image du parti italien « 5 étoiles », créé à la suite d’une journée de colère.

De leur côté, les autorités publiques laissent transparaître leur affolement par un recours à la désinformation, au mensonge et à la menace.

Une enquête de Valeurs Actuelles révèle que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, était informé par les forces de l’ordre, sur le terrain, que les casseurs, sur les Champs-Élysées, étaient des bandes d’extrême-gauche, toujours plus violentes et impunies. Mais le ministre a préféré désigner ce qu’il appelle « l’ultra-droite » et son préfet de police a agité le spectre d’une dissolution !

Éric Zemmour : “Nos hommes d’État ne voient pas loin, ils veulent faire vite”

21/11/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Invité de l’émission “André Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio est notamment revenu sur l’actuelle fronde contre les taxes sur le carburant qui rappelle que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.

Pour Éric Zemmour, la manifestation des Gilets Jaunes le 17 novembre 2018 a encore une fois rappelé qu’il existe non pas une mais deux France.

Il y a une incarnation dans la rue de ce clivage dont on parle depuis des années, entre la France des métropoles et la France périphérique. On le voit dans la rue : la France périphérique a gagné. C’est cette France qui n’a pas voté Macron, qui a un problème économique, social et identitaire. C’est la France blanche, la France de la petite classe moyenne, à qui on a dit : Vous êtes en dehors du temps. Comme l’a dit Benjamin Griveaux : La France qui fume des clopes et roule en diesel.

Éric Zemmour estime aussi qu’il existe des parallèles entre la réalité d’aujourd’hui et la Révolution française. “En France, la lutte des classes se double d’un conflit culturel et identitaire. Cette lutte rappelle beaucoup les affrontements du passé : les girondins et les montagnards. On voit bien qu’il y a des girondins dans les métropoles mondialisées et des montagnards dans cette France périphérique, qui n’a que l’État pour se protéger. Parce que les autres savent se protéger des effets néfastes de la mondialisation : pour eux il y a la carte scolaire qu’on manipule, les universités américaines ou australiennes etc. La mondialisation du bas, elle a un entre-soi islamique, coranique, ainsi que l’aide de l’État“, a-t-il déclaré.


Gilets jaunes : l’Acte II, par Caroline Parmentier

Après quatre jours de mobilisation, des blocages se poursuivent, notamment sur les autoroutes et les dépôts pétroliers. Avec une réclamation massue : le départ d’Emmanuel Macron. Samedi prochain, 24 novembre, un « Acte II » est envisagé à Paris.

Alors que Christophe Castaner a assuré que les derniers déblocages auraient lieu dans les prochaines heures, un événement intitulé « Acte II Toute La France à Paris » a été lancé sur Facebook par Eric Drouet, chauffeur routier et père de famille de 33 ans, originaire de Melun. Il est l’une des figures des Gilets jaunes. Il appelle au « coup de grâce » sous la forme d’une grande mobilisation à Paris samedi 24 novembre : « Il faut mettre un coup de grâce et tous monter sur Paris par tous les moyens possibles (covoiturage, train, bus). Paris parce que c’est ici que se trouve le gouvernement ! Nous attendons tout le monde, camions, bus, taxis, VTC, agriculteurs etc. Tout le monde ! » L’opération compte déjà 30 000 participants déclarés et 200 000 personnes intéressées. Selon les chiffres minorés du ministère de l’Intérieur, ils étaient encore 20 000 manifestants lundi, répartis en 350 points dans toute la France.

Parmi les analyses les plus intéressantes que l’on peut lire sur le mouvement, celle du géographe Christophe Guilluy auteur de La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires, qui a théorisé dans plusieurs ouvrages la fracture grandissante entre la France des métropoles et de la mondialisation et celle des territoires périphériques : « Les conflits sociaux ont toujours existé mais c’est la première fois dans l’histoire qu’il y a une perte de contact aussi grande entre le haut et le bas de la société. La France d’en haut a fait sécession avec la France d’en bas. Je crois que nous sommes face à un processus de réaffirmation culturelle des classes moyennes. »

Et ils sont où… les musulmans ?

Christine Tasin appuie en effet dans Riposte Laïque sur ce que « tous les témoignages reçus, toutes les images, toutes les vidéos montrent » et ce que Présent constatait dans notre édition spéciale. Il n’y a pas ou très peu de musulmans dans les rangs des Gilets jaunes : « La France du 17 novembre est la France des “de souche”, la France des lépreux, la France d’il y a 50 ans, blanche, mixte, goguenarde, aimant rire et persifler, aimant danser, hommes et femmes main dans la main, et se révolter. (…) Mais où étaient-ils, ces immigrés et notamment ces musulmans qui occupent tant nos dirigeants et qui intéressent tellement les politiques qu’ils obsèdent ? Les musulmans se fichent de nos demandes, de nos contestations, ils ne se joignent pas à nous. Pourquoi ? Ne seraient-ils pas concernés par le prix de l’essence ? Ne vont-ils pas travailler ? Ne circulent-ils pas ? Cochez la bonne réponse. On peut en cocher plusieurs. »

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire le gouvernement et les médias de gauche et malgré leurs efforts de disqualification et de diabolisation du mouvement, les enquêtes d’opinion indiquent un soutien massif des Français aux Gilets jaunes. Sur la route, aux ronds-points, aux barrages, les Français les saluent chaleureusement avec des concerts de klaxons, des pouces levés ou des gilets jaunes agités aux fenêtres. La classe invisible est devenue visible.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 20 novembre 2018

Gilets jaunes : le réveil de la France oubliée, par Ivan Rioufol

Les Gilets jaunes : “Nous aussi, on tient le cap !“. Le premier ministre, qui avait annoncé dimanche soir sur France 2 : “Le cap est le bon et nous allons le tenir“, a reçu sa réponse, ce lundi matin, de la part des meneurs. Désormais, un rapport de force s’engage entre la révolte populaire contre les taxes sur le carburant et le gouvernement décidé à assumer l’affrontement. “La trajectoire carbone, nous allons la tenir”, a précisé Edouard Philippe. Au 1 er janvier, la taxe sur le diesel sera donc augmentée de 6,5 centimes par litre, et de 2,9 centimes pour l’essence. A la fin du quinquennat, les taxes supplémentaires sur le diesel auront été portées au total à 30 centimes, 16 centimes pour l’essence. Prenant la parole après la première manifestation des Gilets jaunes, samedi partout en France (environ 300.000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, chiffres contestés par les organisateurs), le premier ministre n’a pas cherché l’apaisement, même s’il a reconnu un “ras-le-bol fiscal”. Or, plutôt que de renoncer, en conséquence, à la fiscalité punitive sur les carburants, il a rajouté de l’huile sur le feu. Philippe a, en effet, dénoncé également “l’anarchie, la pression et la violence” dans des scènes qui auraient eu lieu.

Ce choix de la diabolisation est aussi celui du leader de la CFDT, Laurent Berger : ce lundi, sur RTL, il a alerté sur “une forme de totalitarisme” chez des manifestants ayant exigé le port du gilet jaune à des automobilistes bloqués. Dans un tweet posté samedi, Bernard-Henri Lévy a illustré la vision de la France d’en haut, jugeant celle d’en bas : “Poujadisme des Gilets jaunes. Echec d’un mouvement qu’on nous annonçait massif. Irresponsabilité des chaînes d’info qui attisent et dramatisent. Soutien à Macron, à son combat contre les populismes et à la fiscalité écolo“.

Le paradoxe est d’observer de telles consciences de gauche, théoriquement sensibles à l’injustice sociale, revendiquer leur dédain pour les plus pauvres et les plus délaissés. Ce basculement dit beaucoup de la nouvelle révolution française qui s’engage. Voir du poujadisme dans la révolte des Gilets jaunes relève de la paresse intellectuelle. Ce ne sont pas seulement des petits commerçants qui ont manifesté samedi, mais plus généralement une classe moyenne issue de la ruralité et des zones périurbaines sorties des radars officiels. La France oubliée se réveille. Elle compte se faire entendre encore. Paris n’est plus le centre de l’histoire qui s’écrit. L’erreur du gouvernement est de parier sur un essoufflement du mouvement, au prétexte de son amateurisme, de ses manques d’encadrements, de leaders, de slogans, de projets. Ces indiscutables lacunes peuvent se corriger. A Paris, les quelques centaines de manifestants ont déjà réussi le tour de force stratégique d’envahir, paisiblement, la rue du Faubourg Saint-Honoré, jusqu’à quelques dizaines de mètres de l’Elysée. Les magasins de luxe des alentours, restés ouverts, n’ont pas été un instant inquiétés. La dynamique est du côté des “derniers de cordée”, qu’Emmanuel Macron ne sait comprendre.

Ceux-ci n’entendent plus être à la traine, ni se laisser insulter par une caste qui n’envisage pas de se réformer. Il suffit d’observer la perpétuation de la même morgue chez les “élites” pour se convaincre de la fracture entre ces deux mondes. La place de la Concorde, à Paris, pourrait être le prochain point de ralliement de la province en colère, samedi prochain. Reste la question : La France des métropoles, pour l’instant indifférente, peut-elle devenir solidaire de la France des périphéries ? Au-delà des taxes, c’est un mode de vie commun à une majorité de Français que défendent les Gilets jaunes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 19 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

“Vais-je devenir minoritaire chez moi ?” : la question qui hante les Corses et toute la France périphérique

15/12/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une interview publiée dans Le Figaro, Christophe Guilluy revient sur la victoire des nationalistes en Corse.

Le géographe rappelle que la sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques.

La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle: «Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier?»

C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote «populiste» lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent: «Nous allons préserver ce que nous sommes.»


Victoire de Macron – Pour Christophe Guilluy : “les perdants sont aujourd’hui les catégories populaires”

13/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Christophe Guilluy a été invité par Natacha Polony (Polonium) pour commenter les résultats de l’élection présidentielle et les conséquences à prévoir.

Le géographe social revient sur son concept de France périphérique :

Aujourd’hui, on a un conflit de classe majeur qui est absolument visible. Visible territorialement. Les grandes métropoles sont celles qui portent Macron, la France périphérique est celle qui a porté le vote Le Pen. ça se clive énormément socialement. C’est quand même fou de voir qu’aujourd’hui, à Paris, 90% des électeurs ont voté Macron. Cela signifie qu’il y a des perdants et des gagnants. Et que les perdants sont aujourd’hui les catégories populaires.


Donald Trump le promet : il n’y aura plus d’Américains « oubliés »

trump-americains-oublies

09/11/2016 – ETATS-UNIS (NOVOpress) : Dans son premier discours de prochain président des Etats-Unis, prononcé devant ses supporters et devant le monde entier, Donald Trump l’a assuré : il n’y a aura plus d’Américains « oubliés ». « Je serai le président de tous les Américains », a affirmé celui qui s’est fait élire au terme d’une campagne sans aucune concession à l’Establishment, celui-là même qui est accusé de mépriser et d’oublier les Américains de l’Amérique profonde.


La France périphérique, oubliée des services de sécurité ?

Unités d'intervention spécialisée

22/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Mardi 19 avril, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a présenté le nouveau schéma national des forces d’interventions. Il s’agit, pour les forces de l’ordre, de se préparer à une tuerie de masse comparable à celle du 13 novembre, qui nécessite l’intervention d’unités d’élite dans les délais les plus brefs.

Afin de réduire autant que possible ce délai d’intervention, et donc le nombre de victimes en cas de nouvelle attaque terroriste, des équipes du RAID ou du GIGN sont pré-positionnées en divers points du territoire national. Trois antennes du RAID vont également être créées à Montpellier, Toulouse et Nancy afin d’assurer un maillage territorial efficace.

La carte ci-dessous, diffusée par l’Agence de presse spécialisée AEF Sécurité Globale, dresse la liste des antennes du RAID et du GIGN réparties sur l’ensemble du territoire.

Unités d'intervention spécialisée

Si la plupart des grandes villes disposent d’une antenne du RAID ou du GIGN, sur place ou à proximité, on ne peut que remarquer un immense vide dans le centre de la France. Ce secteur est pourtant loin d’être un désert, l’aire urbaine de Clermont-Ferrand comptant 470 000 habitants.

Les habitants du centre de la France seront ravis de constater que si des terroristes s’en prennent à eux, les forces de sécurité mettront bien plus longtemps à intervenir que dans la plupart des autres régions…

Le ministère de l’Intérieur répondra sans doute par la proximité du RAID de Lyon, par la faible criminalité, ou par des contraintes techniques. Mais rappelons que le centre de la France est l’exemple-type de la « France périphérique » qu’a analysé le géographe Christophe Guilluy, exclue de la mondialisation et préservée des flux migratoires.

Nous nous posons donc la question : ne s’agit-il pas, de la part de l’Etat et des forces de sécurité, d’un abandon de la France périphérique ? Les catégories populaires françaises, les « petits blancs », sont-ils traités comme quantité négligeables qui peuvent se faire massacrer, tandis que les habitants des métropoles mondialisées font l’objet d’une protection renforcée ?

Pour Terra Nova, si la “France périphérique” votait FN, Marine Le Pen serait majoritaire

23/10/2014 – PARIS (NOVOPress via Figaro Vox)
A l’occasion de la publication d’une note de la fondation Terra Nova répondant aux critiques du géographe Christophe Guilluy, le directeur du think tank, Thierry Pech, explique les conclusions de son organisme.

La note de Terra Nova intitulée «La France périurbaine», est-elle une réponse de gauche à la «France périphérique» de Christophe Guilluy ? Thierry Pech apporte certains précisions :

Il y a un débat sur le regard qu’il faut porter sur cette France périurbaine trop souvent et injustement caricaturée. Que ce débat existe est une bonne chose. Mais nos analyses divergent.
Christophe Guilluy essaie de donner un visage géographique à la question sociale. Pourquoi pas? Mais les mailles de son filet sont trop larges. Dire que 61 % des Français vivent dans des territoires de grande fragilité sociale est excessif et ne prend pas assez en compte la diversité de ces territoires. Nos travaux montrent plutôt que 20 à 25 % de la population vit dans cette France en grande difficulté. C’est déjà beaucoup.


 

Christophe Guilluy, le géographe briseur de rêves de la bienpensance

Christophe Guilluy, le géographe briseur de rêves de la bienpensance

21/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Le site de l’hebdomadaire Marianne le révèle : la veille du discours de politique générale de Manuel Valls lors du dernier vote de confiance à l’Assemblée nationale (prononcé le mardi 16 septembre), les éditions Flammarion ont du livrer en toute hâte deux exemplaires du livre de Christophe Guilluy, La France périphérique, à Matignon. De fait, des passages entiers du discours du Premier ministre devant les députés sont inspirés du livre du géographe. Ainsi lorsqu’il déclare que le pays se « fragmente entre les gagnants et les perdants de la mondialisation », que « dans les périphéries, les villes moyennes, les petites villes, les espaces ruraux, la vie de tous les jours se dégrade » ou lorsqu’il fait référence aux « abandonnés de la République (…) qui se replient sur eux-mêmes, se désintéressent du débat public et font le choix du repli » il reprend pratiquement mot pour mot des passages du livre de Christophe Guilluy…

Mais la comparaison s’arrête là. La gauche sociale-libérale refuse d’aller au bout du raisonnement du géographe. Libération a ainsi consacré cinq pages à la France périphérique dans son édition du mercredi 17 septembre, jour de sortie de l’essai de Christophe Guilluy. Dans son éditorial du 12 septembre, Laurent Joffrin, le directeur de la rédaction de Libération, y affirmait même que c’est « le livre que toute la gauche doit lire d’urgence ». Peine perdue, c’est pour jeter aux orties une part essentielle du livre qui « légitime le discours identitaire d’une partie de la droite et de l’extrême droite : racisme anti-Blanc, peur de ne plus être majoritaire “chez soi”, stigmatisation des élites mondialisées… ». Bref, le quotidien dénonce clairement le constat « clairement ethnicisé et identitaire » du livre de Christophe Guilluy et regrette son « positionnement politique qui semble pointer davantage les oppositions culturelles plutôt que celles qui peuvent exister dans un système économique de plus en plus inégalitaire ».

De fait, l’oligarchie politico-médiatique a une lecture partielle – et partiale – de la thèse du géographe. Dans l’hebdomadaire Marianne qui a lui également consacré un important dossier dans son précédent numéro, le député PS Razzi Hammadi (celui qui parle comme la racaille…) se refuse à établir une différence entre banlieues et France rurale et associe les populations issues de l’immigration et les Français de souche victimes de la mondialisation. Sur RTL, ce 18 septembre, la chroniqueuse Alba Ventura regrette à son tour que Christophe Guilluy oppose la France périphérique et la France des banlieues, établissant une hiérarchie des abandons et craint que le livre ne soit « mal compris ».

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