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Pour les fermiers sud-africains, c’est l’expropriation sans compensation, par Richard Hanlet

Depuis la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, c’est dans l’admiration générale des démocraties que le pays glisse lentement vers un sort comparable à son voisin zimbabwéen.

Tandis que les viols ethniques – sous l’œil goguenard d’une police complice – ont dépassé le rugby comme sport national, la primauté de la couleur de peau sur la compétence force les blancs appauvris à s’enkyster dans des campements de fortune, censés leur assurer un peu de protection.

Aujourd’hui, c’est l’expropriation collective sans compensation des fermiers blancs qui est à l’ordre du jour. Réclamée par Julius Malema, le Mélenchon local président de la gauche radicale au cri de « Le temps de la réconciliation est fini, l’heure de la justice a sonné », cette motion vient de recevoir l’appui d’une grande majorité du parti ANC au pouvoir, jusqu’alors plus réticent. Récent successeur de Zuma à la tête du pays, Cyril Ramaphosa a tout de suite tenté de rassurer le principal syndicat agricole, composé essentiellement de fermiers blancs : « Nous gérerons ce problème d’une manière qui ne portera pas atteinte à l’économie, ni à la sécurité alimentaire […] nous n’autoriserons pas des interventions s’apparentant à du vol […] nous ne ferons pas les erreurs que les autres ont commises. » On sait que la langue inuit a plus de vingt mots différents pour décrire la neige. Apparemment, la langue venda (ethnie bantoue dont Ramaphosa est issu) en a un autre que « vol » pour qualifier une expropriation sans compensation…

Quant à ces « autres » qui ont commis des « erreurs », l’allusion à Mugabe est limpide, encore que ce dernier ne se soit pas embarrassé de vote d’Assemblée ou de modification de Constitution. Machettes et kalachnikov y font, chaque jour, le boulot bien plus efficacement, et dans le plus grand silence.

Quand, en Algérie, les pieds-noirs n’eurent plus le choix qu’entre le cercueil ou la valise, ils avaient au moins, même sans enthousiasme, une métropole où poser cette dernière. Aujourd’hui, les Britanniques de l’ex-Rhodésie peuvent toujours regagner la Grande-Bretagne. Mais les Afrikaans d’origine hollandaise qui ont débarqué au XVIIe siècle à plus de 1.000 km de la première tribu africaine n’ont aucune autre mère patrie. Ils sont chez eux, mais assez visiblement en voie de nettoyage ethnique par leurs propres compatriotes de la « nation arc-en-ciel », modèle emblématique du vivre ensemble…

Richard Hanlet

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Afrique du Sud : la spoliation des fermiers blancs, révélateur d’une fracture raciale que la doxa ne peut plus dissimuler

Le mardi 27 février 2018, par 241 voix contre 83, le parlement sud-africain a voté le commencement d’un processus de nationalisation-expropriation sans compensation des 35.000 fermiers blancs.
Or, il faut bien avoir à l’esprit qu’en Afrique du Sud – comme hier au Zimbabwe, et comme annoncé demain en Namibie -, ce n’est pas pour des raisons économiques que ces fermiers vont être spoliés.

Les 241 députés noirs qui ont voté cette motion n’ignoraient en effet pas qu’ils poignardent en plein cœur le dernier secteur hautement producteur de richesses de leur pays.

Ils savaient très bien que ces fermiers blancs nourrissent l’Afrique australe et que, sans eux, tout le cône sud de l’Afrique (Angola, Namibie, Zambie, Mozambique, Botswana, Zimbabwe) connaîtra la famine.

Qu’importe ! La symbolique de la revanche raciale est la plus forte… Ceux qui, en Europe, avaient vibré au mythe de la « nation arc-en-ciel » réconciliée sont donc une fois de plus cocus.

Le plus grave est qu’ils n’en tireront pas les leçons…

Pour lire la suite de l’analyse de Bernard Lugan, c’est par ici !