La fédération PS du Rhône veut une société asexuée

La fédération PS du Rhône veut une société asexuée

28/07/2012 — 13h30
LYON (NOVOpress) — Sous le titre « Les femmes sont des hommes comme les autres : pour un féminisme solidaire », Cécile Michaux, secrétaire fédérale chargée de la formation des militants à la fédération socialiste du Rhône, et Frédéric Piriou, chargé de la communication de cette fédération, présentent leurs contributions pour le prochain congrès du Parti socialiste des 26, 27 et28 septembre 2012. Les contributions des fédérations départementales ont vocation à être discutées en vue de l’élaboration d’une ligne politique sur tous les thèmes de société pour les prochaines années.

La présente contribution vise, comme l’indique son titre, à mettre en œuvre un « féminisme solidaire » dans la société. Derrière ce terme enjolivé, se cache l’idée d’une destruction des particularités des sexes en vue de la mise en place d’une société niant le genre de chacun, en vue d’une meilleure égalité dans les domaines professionnels et privés entre hommes et femmes. Ainsi, il ne faut plus évoquer les droits de la femme, qui est un terme de nature à les distinguer, mais il faut désormais parler du droit « à l’émancipation des individus ».

L’approche du féminisme proposée, en niant les genres, se veut dès lors une ouverture vers le choix de son genre, mais aussi vers la reconnaissance d’une société asexuée, notamment par l’approbation du mariage entre homosexuels, et transsexuels : « Cette approche universaliste rejoint d’autres combats pour l’égalité. On pense ici notamment aux combats menés par les militants LGBT (Lesbiens, Gays, Bi et Trans) […] Ceux-ci demandent à ce titre le mariage “pour tous”, et non pas le « mariage gay », et se battent donc pour la suppression de la définition sexuée du mariage, vers une dimension plus ouverte d’une union entre “deux individus”. »

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[Tribune libre] Présidentielle : les jeunes filles vont voter. “LOL”

[Tribune libre] Présidentielle : les jeunes filles vont voter. "LOL"

Le magazine Elle a consacré un article aux jeunes filles qui vont voter pour la première fois à la présidentielle 2012.

Nous commençons avec Marion, Alizée et Paola en terminale dans un lycée professionnel. Paola va voter “comme maman” (sic). Marion nous explique qu’il faut “remettre à niveau les gens modestes et les très riches” : preuve qu’elle a déjà digéré le vocabulaire du système qui n’appelle plus un chat un chat mais un pauvre quelqu’un de “modeste”. Et Alizée elle, “votera pour celui qui aura un véritable plan d’emploi des jeunes”. Si elle est logique elle devrait donc voter blanc. Mais la logique et les jeunes filles…

Poursuivons. Lucille, surveillante dans un collège, militante féministe, estime que les droits des femmes seront reconnus par la prise en compte du vote blanc…

Laure-Anne, Camille et Marine, en licence d’arts plastiques à Bordeaux

Laure-Anne : “C’est super important que quelqu’un incarne la fonction, qu’il inspire le respect autant que la confiance. On ne veut pas d’un Président people. On a envie de sincérité, de quelque chose qui nous élève, pas de ces guéguerres médiatiques entre candidats ou à l’intérieur des partis. Il n’y a que ça qui ressort actuellement de la campagne. C’est frustrant pour un premier vote, alors qu’on attendait ce moment ! “ Oui, tu as raison cocotte c’est super important la sincérité. On parle d’une élection, pas du dernier épisode de Grey’s anatomy ! Laure-Anne, hors-sujet…

Camille, elle, aimerait ressentir “une émotion” en votant… Pour une première fois elle risque d’être un peu déçue parce que la politique c’est de l’ordre du rationnel pas de l’émotionnel. Mais les premières fois sont toujours décevantes n’est-ce pas ?

Marine, elle, trouve que le discours des politiques n’est pas accessible. Pourtant il est calibré par les conseillers en com’, 300 mots différents au maximum, la pensée politique réduite au slogan, pour que justement même les cruches puissent avoir un avis…

Myriam, animatrice de maison des jeunes à La Courneuve : “Je voterai avec conviction le jour où un homme ou une femme politique n’aura plus de clichés sur les banlieues, où les habitants des quartiers ne seront plus stigmatisés, réduits à des “racailles” et des dealers”. C’est vrai qu’il n’y a aucune racaille en banlieue, c’est un “cliché”. Ça doit être un « sentiment d’existence de la racaille… ».

Marie, en BTS, en stage dans un foyer de travailleur migrants “donc elle va voter à gauche”. Ce ne serait pas plutôt l’inverse cocotte ? C’est parce que tu es à gauche que tu fais un stage dans un foyer de migrants…

Sofia en terminale : “pour moi voter c’est une ouverture sur les autres et la société”… Voter c’est décider du destin commun. Si on veut s’ouvrir aux autres on va sur Facebook chercher des amis. S’ouvrir aux autres dans un isoloir ce ne serait pas un peu paradoxal ?

Marie, étudiante à l’institut catholique (histoire de l’art) : “Je ne crois pas en l’État providence. Il faut avoir de l’ambition” donc elle vote UMP. De l’ambition ? En étudiant l’histoire de l’art à l’institut catholique ? Son avenir apparaît dans la boule de cristal citoyenne : dans 2 ans elle épouse un droitard crevard du XVème arrondissement, elle finit femme au foyer et si elle a de la chance elle pourra occuper ses après-midi à écrire des livres pour enfants…

Mathilde en BTS : “c’est fini le clivage gauche-droite” donc elle va voter Sarkozy pour faire comme papa. Comprenne qui pourra…

Ibtissem, voilée, en fac de langues : “Voter n’est pas un truc que je prends à la légère” donc… roulement de tambour… suspens insoutenable… “Je n’ai pas encore choisi de candidat.” Les programmes sont dévoilés (eux) il est donc facile de prendre ses responsabilités et de faire son choix.

Marie-Eve, black, Lille : “Quel est le candidat idéal pour moi ? Il est grand, il est noir et il s’appelle… Barack “… ça, si ce n’est pas du communautarisme pour midinette, ça y ressemble quand même beaucoup.

Leslie, BTS protection de la nature en Corrèze : “Les grands candidats ne m’inspirent pas, et les petits n’ont aucune chance d’être élus. Ce qui m’obligera peut-être à voter utile”, c’est sur que c’est avec le vote utile pour l’UMPS qu’on change le système. 22 ans, déjà grabataire dans la tête.

Inès, étudiante dans l’audiovisuel à Rennes, pour bien clore le dossier : “Moi, je vais voter contre le FN pour ne pas revivre le cauchemar de 2002.” Ah oui, ça c’est important… La bête immonde ne passera pas. Nous vivrons tous du coup au pays du bonheur, de la paix et de la prospérité…

Conclusion

On peut se demander si le journal Elle, pourtant destiné aux femmes, ne serait pas inconsciemment ultra sexiste, et ce pour deux raisons :

– réussir à aligner une telle brochette d’idiotes qui se contentent de rabâcher tous les lieux communs sur la politique sans qu’il y en ait une seule, oui une seule, qui développe une analyse politique un peu conséquente, c’est continuer à diffuser l’idée que les femmes et la politique ça fait deux ;

– encore plus pernicieux : aucune des jeunes filles interrogées ne fait des études sérieuses. C’est à dire des études qui ne vont pas les conduire directement soit au pôle emploi soit aux CDD à temps partiel de caissières. On aurait pu interroger des jeunes filles qui étudient les mathématiques fondamentales, qui sont dans des grandes écoles, qui font des études de médecine, qui seront indépendantes financièrement et non pas des petites filles assistées qui dépendront de leurs maris et voteront comme papa et maman.

En attendant

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo : capture d’écran site internet ELLE

Quand les demoiselles disparaissent à Cesson-Sévigné (35)

Quand les demoiselles disparaissent à Cesson Sévigné (35)

07/01/2012 – 10h00
RENNES (NOVOpress Breizh) –
L’usage de l’appellation « mademoiselle » n’a désormais plus cours à Cesson-sévigné (Ille-et-Vilaine). Ainsi en a décidé le maire de cette importante commune de l’agglomération rennaise. Depuis le 1er janvier, aucune demoiselle ne pourra donc figurer sur les documents administratifs de la commune. Arrêt sur une question typiquement sociétale dont raffole une certaine classe politico-médiatique boboïsante. Une question plus simple à régler, il est vrai, que les dégâts sociaux causés par la mondialisation.

Michel Bihan, le maire (PS) de cette cité bretonne de 15.000 habitants,  a donc pris sa décision afin de se conformer aux dispositions de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. « Il s’agit d’éliminer toutes mentions susceptibles d’être discriminatoires ou indiscrètes. L’existence de deux termes différents pour désigner les femmes mariées et celles qui ne le sont pas constitue une discrimination à l’égard des femmes puisqu’une telle différenciation n’existe pas pour les hommes. » explique l’élu, qui est par ailleurs membre du comité de soutien à François Hollande.

cesson féminismeEn septembre 2011, une campagne visant à supprimer le terme de « mademoiselle » dans les formulaires administratifs avait été lancée par plusieurs organisations féministes. «Ca peut paraître un détail mais c’est très symbolique des inégalités», expliquait sans rire Julie Muret, de l’association « Osez le féminisme ! », qui menait l’offensive en compagnie  des célèbres « Chiennes de garde ».

Brigitte Grésy, auteur d’un Petit traité contre le sexisme ordinaire (Ed. Albin Michel), n’hésitait pas de son côté à affirmer que même si cela est «moins important que les écarts de salaires (entre les sexes), les violences ou les difficultés d’accès à l’avortement (sic)», cette question n’est pas un détail car «le langage reflète la réalité du monde» – ce que personne ne saurait en effet contester. « Mais supprimer le mot ne supprimera pas la réalité et, dans le cas des demoiselles, c’est tant mieux ! » fait remarquer un (mauvais) esprit de Cesson-Sévigné.

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités (UMP), s’est empressée de récupérer le sujet en demandant mi-novembre au Premier ministre François Fillon que le terme de « mademoiselle » disparaisse des documents administratifs au profit du seul « madame ». Tout cela  au nom de l’égalité entre les sexes. « On demande dans les documents administratifs de choisir « madame » ou « mademoiselle ». C’est donc une intrusion dans la vie privée puisqu’on demande à la personne de s’identifier comme mariée ou non mariée », s’était  indignée la ministre, invitée de l’émission « Preuves par 3 Public Sénat-AFP ».

La décision du maire de Cesson-Sévigné devrait donc plaire aux organisations féministes, à Madame Bachelot et à tous les tenants des idéologies à la mode. Michel Bihan aurait pu aussi recueillir l’avis d’Anne-Marie Pourhiet, professeur de Droit public à Rennes 1, mais il s’en est bien gardé.

A contre courant, celle-ci déclarait en effet dans un entretien accordé à Riposte Laïque  « Je pense beaucoup de mal du féminisme que j’appelle le « gynécocentrisme ». Je ne comprends pas que l’on puisse se soucier davantage d’un groupe humain que d’un autre au motif que l’on en fait partie (…) Peu m’importe le nombre de femmes à l’Assemblée nationale, ce que je souhaite c’est qu’il y siège une majorité de gens qui aient de bonnes idées et le souci réel du bien commun. Je me moque du sexe des députés ou des dirigeants d’entreprises comme de celui des anges. »

Mais à la mairie de Cesson-Sévigné, la question du sexe des anges – pardon, de la façon de désigner les célibataires de sexe féminin – était manifestement de la plus haute importance. A défaut d’améliorer réellement la vie de ses administrées, Michel Bihan aura donc bien mérité du « gynécocentrisme ». Ce qui était, sans aucun doute, le but de l’opération.

Crédits photos : Pymouss/Wikipédia sous licence CC – phoPiechjo licence CC

« Mademoiselle » proscrit dans l’Université française

« Mademoiselle » proscrit dans l’Université française

07/11/2011 – 12h30
PARIS (NOVOpress) — Le lobby du féminisme militant a donc eu gain de cause, en tout cas à l’Université. Après la dernière campagne pour la suppression de « Mademoiselle », le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a dressé une circulaire officielle, qui vient d’être diffusée, quant à l’« utilisation des éléments de l’état-civil dans la gestion des ressources humaines ».

Voici donc les instructions du ministre, qui n’a manifestement rien de mieux à faire. « La formule “Madame X épouse Y” est à proscrire » ; « nom d’épouse » doit être remplacé par « nom d’usage » et « nom patronymique » (terme odieusement patriarcal, bien sûr) par « nom de famille ». Et surtout, « l’appellation “Madame” doit être systématiquement utilisée pour désiger les agentes, à l’exception des [sic] ces dernières qui auront expressément demandé à être désignées comme “Mademoiselle” ».

« À l’exception des ces dernières qui auront demandé »… En français, on disait autrefois : « à l’exception de celles d’entre elles qui auront demandé ». Mais, en nos temps éclairés, le ministre de l’enseignement supérieur et « gestionnaire des ressources humaines » de l’Université n’en est plus à la syntaxe française.

Ce qui est grave, c’est que le ministre ose encore écrire que « seul constitue un élément de l’état-civil la référence au sexe, homme ou femme. À ce titre, devrait être privilégié dans les documents administratifs comme dans les registres informatiques des ressources humaines, le choix de cocher entre deux cases, MASCULIN ou FEMININ ». Quand on pense que, de l’autre côté de la Manche, on travaille à « stopper l’exclusion des personnes trans-identifiées et non-binaires de genre », en supprimant toutes les cases « homme/femme » à cocher sur les formulaires, pour les remplacer par un blanc à remplir au gré de chacun (pardon, de chacun*)!

Bref, le ministre, en fait de progressisme, a au moins deux ou trois trains de retard.

Crédit photo : DR

“Mademoiselle ?” Vue du Québec par Mathieu Bock-Côté

"Mademoiselle ?" Vue du Québec par Mathieu Bock-Côté

[box class=”info”] Cet article de Mathieu Bock-Côté (jeune auteur québécois, chargé de cours au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal) date du 5 octobre dernier, mais l’analyse garde tout son intérêt de fond. [/box]

La nouvelle a fait scandale outre Atlantique [NDLR : en France] : la frange radicale du féminisme français veut abolir le mot « mademoiselle ».

La raison derrière cette bataille ? Mademoiselle serait inégalitaire, sexiste. Il n’y aurait pas d’équivalent masculin, sinon le poussiéreux « damoiseau ». « Mademoiselle » infantiliserait les femmes, par l’intermédiaire d’un vocabulaire patriarcal.

Je devine votre réaction : hein ?!? Vous ajouterez probablement qu’il y des militantes qui ont du temps à perdre. Exactement. Mais cette tentative d’éradication du vocabulaire n’est ni anecdotique, ni insignifiante.

On reconnaît ici une dérive inquiétante de l’idée d’égalité. Chez ceux et celles qui en usent sans modération, l’égalité devient une machine à râper le réel, à en faire disparaître les nuances, à en effacer les saveurs.

Car ce qui qui disparaîtrait avec le terme mademoiselle, ce ne serait pas une barrière sur le chemin de la société sans sexisme. C’est une manière de nommer les subtilités du charme féminin, la légèreté, la candeur si caractéristique d’une certaine grâce féminine. Cette manière de nommer le charme de cette jeune femme qui vous sourit et vous donne soudainement l’impression que le printemps s’installe.

Sans surprise, le problème est politique. Dans les sociétés occidentales, les grandes batailles du féminisme sont gagnées. On voit ici ce qui arrive à un mouvement qui a atteint ses objectifs initiaux : il s’en invente de nouveaux. De plus en plus absurdes.

Les féministes les plus radicales en sont là. Elles ne se contentent plus de viser l’égalité entre les sexes, mais bien leur abolition. La différence fondamentale entre l’homme et la femme leur semble insupportable. Exit la réalité.

Elles s’appuient pour cela sur la théorie du « genre », très à la mode dans les universités, qui prétend que les différences sexuelles sont de pures constructions sociales. L’objectif ? Les déconstruire pour rééduquer une population croyant encore le contraire.

Le paradoxe est le suivant : la cause des femmes n’est pas vaine. Il suffit de regarder ailleurs sur la planète, dans certaines sociétés où la religion force les femmes à se voiler, où on les contraint au mariage forcé.

Mais cela obligerait les féministes radicales à abandonner leur cible préférée : le méchant homme blanc dominant. Cela les forcerait à reconnaître que les sociétés occidentales sont plus avancées que jamais dans la poursuite de l’égalité entre les sexes.

Mais cela fait longtemps que le féminisme radical a cessé de servir l’avancement des femmes pour devenir un lobby bizarre. C’est bien dommage. N’est-ce pas mesdemoiselles ?

Mathieu Bock-Côté

[box class=”info”] Source : le site internet de Mathieu Bock-Côté.[/box]

Que l’on m’appelle Mademoiselle…

Que l’on m’appelle Mademoiselle…

…jusqu’à l’heure du mariage.

La récente polémique relayée à grands renforts par les médias français sur la revendication des féministes visant à faire abolir des fiches administratives – mais aussi du langage courant- l’utilisation du “Mademoiselle” a inspiré à la rédaction de Belle et Rebelle quelques réflexions.

“Mademoiselle”, affreux synonyme d’un patriarcat fasciste et liberticide ? Hum…

D’abord, nous, à B&R, nous aimons -nous aimions, pour les femmes mariées- nous faire appeler Mademoiselle. Déjà, parce que ça change de cet horrible “Miss” ou pire “la Miss” terriblement symptomatique de cette société en déliquescence, sans repères et sans destin.Ensuite, parce que c’est joli, élégant et courtois.

Aussi, parce que c’est initiatique. Un jour on vous appelle Mademoiselle, un autre, Madame, parce que vous aurez juré amour à un homme, que vous vous serez donnée entière à celui que vous aimez et qui vous aime. Celui pour qui vous perdrez le nom de votre père et votre “Mademoiselle”, cet homme vous devra beaucoup. La promesse d’un amour pour toujours… Allez, si certaines bataillent pour les avancées du féminisme, je ne vois pas pourquoi nous, à B&R nous ne bataillerions pas pour l’amour pour toujours…

Sur le blog d’un odieux connard (sic!), on peut trouver à peu près tout ce qui peut être dit sur le sujet. N’hésitez pas à jeter un œil à cet article charnu et fort amusant.

Et surtout, donnez-nous votre avis. Tenez-vous à ce qu’on vous nomme Mademoiselle ? Détestez-vous cela ? Cela nous intéresse.

Louise Demory

[box class=”info”] Les lectrices de Novopress peuvent aller donner leur avis sur le site du webzine féminin Belle et Rebelle qui est la source de cet article.[/box]

Bertrand Cantat à Nantes : entretien avec Michèle Frangeul, féministe [audio]

Bertrand Cantat à Nantes : entretien avec Michèle Frangueul, féministe [audio]

16/09/2011 – 08h30
NANTES (NOVOpress) – Nous vous en parlions récemment sur Novopress : Bertrand Cantat sera à Nantes, où il jouera dans la trilogie Des Femmes, qui rassemble trois pièces de Sophocle (affiche ci-dessus).

Ces pièces antiques traitent notamment de la condition féminine et de la violence envers les femmes. Étonnante apparition pour un personnage qui a été condamné (et qui a purgé sa peine) pour avoir justement tabassé sa compagne jusqu’à la mort.

L’espace Simone de Beauvoir, qui regroupe une cinquantaine d’associations féministes sur Nantes, est monté au créneau afin de dénoncer l’utilisation de ces pièces pour “réhabiliter un homme qui a tué sa compagne”

Michèle Frangeul, président de ce haut lieu du féminisme nantais, a accepté de nous expliquer la raison de la colère de l’association. Nous l’avons également interrogé sur l’état de la condition féminine à l’heure actuelle, sur les menaces qui pèsent sur les femmes et sur la façon dont s’organisent les associations féministes aujourd’hui.

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“Un verdict révoltant” par Xavier Raufer [tribune]

“Un verdict révoltant” par Xavier Raufer [tribune]

[box class=”info”]Extraits d’une tribune de Xavier Raufer pour l’hebdomadaire Valeurs actuelles[/box]

Le verdict est tombé début juillet. On le craignait révoltant. Il le fut. Voici les faits. En avril 2005, une fugueuse de 14 ans s’égare vers une cité hors contrôle de Carpentras. Happée par une meute, elle est, au long du mois d’avril, violée dans des caves ou des hôtels par environ 30 individus de 16 à 22 ans ; exhibée, filmée par les brutes, elle est même, au long d’une route, prostituée aux automobilistes de passage.

La malheureuse parle de « cauchemar ». Ces faits sont d’autant plus graves que la réitération des crimes et la préméditation y sont flagrants. Le lecteur doit ici savoir ce qu’encourt tout condamné pour “viols en réunion sur mineure de 15 ans”, “séquestration”, “corruption de mineure” et “proxénétisme aggravé” : pour un mineur, de 10 à 15 ans de prison, le double pour un adulte.

Des arrestations adviennent enfin quand la gamine s’échappe. Finalement, un procès se tient en juin dernier, à Avignon, devant la cour d’assises des mineurs du Vaucluse. Or, pour qui a encore les yeux ouverts, la lecture des articles consacrés à ce procès par le quotidien régional la Provence suscite d’abord l’incrédulité puis un dégoût toujours plus vif et enfin, même, un sentiment d’horreur.

Car ce qu’on expose au procès, c’est la Guerre des boutons ou une histoire de boy-scouts – et pas le massacre d’une jeune fille tel qu’évoqué ci-dessus. (…)

Où est Mme Caroline Fourest, qu’on dit fort attachée à la cause des femmes ? Où sont les Chiennes de garde, ici sans voix ni crocs ? De son côté, Osez le féminisme ! n’a pas franchement osé grand-chose.

Pourquoi ce silence ? Le féminisme bobo s’évanouirait-il à l’entrée des cités chaudes ? Et comment auraient réagi ces militantes à éclipse si, au lieu de lascars, la “tournante” avait impliqué des adhérents d’un quelconque parti de droite ?

On ose espérer une réponse. Car dans un drame si terrible, tout silence retentira comme un accablant aveu.

[box]Pour lire l’article en entier[/box]

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »

[box class=”info”]Interview reproduite avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute.[/box]

« Belle et Rebelle », c’est le webzine qui monte en prônant un féminisme identitaire pour les femmes normales. C’est pêchu, insolent et drôle. Ça marche tellement que même les hommes en sont fans ! Rencontre avec sa directrice, Louise Demory.

[question]Minute : À quoi sert Belle et rebelle (B&R) ?[/question]

[answer]Louise Demory : Pour vous donner une image, B&R vous sert à choisir le bon vernis pour partir en manif’ ! C’est un subtil mélange de futilités toutes féminines et de sérieux, face à la dégradation de notre société. Et c’est avant tout une alternative, car le site a été crée par des filles et pour des filles qui ne se retrouvaient pas dans la presse féminine mais voulaient en – tendre d’autres sons de cloche que ceux fournis à travers les lignes éditoriales étriquées et identiques de titres pourtant surabondants. Nous pensons que le féminisme « de maman » et d’Elisabeth Badinter est totalement largué par les nouveaux enjeux. Les féministes de papier glacé ont une guerre de retard et s’aveuglent à bon compte sur ce qui pose vraiment problèmes aux femmes actuelles.[/answer]

[question]C’est-à-dire ?[/question]

[answer]C’est-à-dire que la prise en compte des nouveaux enjeux les obligerait à s’attaquer à des problèmes qui feraient imploser leur logiciel politique configuré sur la vieille opposition droite-gauche. Elles vivent dans un monde où le mondialisme a encore une connotation positive, alors que depuis dix ans, les classes moyennes et les plus pauvres en subissent les effets pervers – dans leur caddie comme dans leur quartier. Cela les forcerait à dénoncer, pêle-mêle, l’ultralibéralisme économique qui appauvrit les familles ; l’ultralibertarisme moral qui, sous couvert de modernité, bousille la vie des couples ; mais aussi l’islam et l’immigration de masse qui tentent de nous imposer, à travers le communautarisme, des modes de vie qui ne sont pas les nôtres. Et qui risquent de changer, c’est le moins que l’on puisse dire, la vision de la femme européenne traditionnelle ![/answer]

[question]Quel est votre public ?[/question]

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »[answer]Ce sont toutes celles qui refusent d’ingurgiter la soupe actuelle. Celles qui pensent que la rappeuse Diam’s ne les représente pas ; celles qui ont sauté les quarante pages du dossier « minceur/ horoscope » dans le dernier « Elle » ou « Grazia » ; celles qui refusent que Clémentine Autain parle en leur nom ; celles qui ne veulent pas être converties aux idéaux féministes – dont on peut juger le bilan aujourd’hui – et encore moins aux religions venant d’ailleurs.[/answer]

[question]Quels sujets abordez-vous ?[/question]

[answer]Tous ceux qui peuvent intéresser les femmes « normales ». B&R, c’est d’abord un angle que l’on ne retrouve pas ailleurs, le porte-voix de ces femmes que l’on croit inexistantes parce qu’on ne les entend pas. On pourra s’y inquiéter de la montée de l’islam en France, y lire qu’une femme au foyer n’est pas la dernière des gourdes ou visionner des entretiens de femmes « rebelles » à leur époque : l’éventail est large, de la féministe laïque Christine Tasin à Fanny et Mathilde, les jeunes femmes qui ont fait le tour d’Europe à pied, en passant, bientôt, par Frigide Barjot, la plus dingue de toutes les catholiques traditionnelles… On parle de sexe aussi, mais de manière marrante et pas comme dans les médias habituels. Nous essayons de véhiculer une philosophie plus positive, moins mortifère que dans le reste de la presse dite « féminine ».[/answer]

[question]Que reprochez-vous à cette presse féminine ?[/question]

[answer]Cela tient en deux mots, justement : « presse » ET « féminine »… C’est la double peine ! Et lorsqu’ils disent féminine, comprenez féministes. La presse en France est moins crédible que le journalisme à Pyongyang !

Plus précisément, je lui reproche un conformisme malhonnête, teinté d’un consumérisme malsain ; je lui reproche d’être prisonnière du prêt-à penser généralisé en France aujourd’hui. Et je lui reproche surtout de répandre l’ennui à grande échelle. Après 30 ans de féminisme, on peut espérer meilleure condition pour les femmes que l’esclavage salarié, le look de Beauvoir et l’hystérie d’Isabelle Alonso.[/answer]

[question]Pensez-vous qu’il puisse exister une presse féminine à la fois commerciale et non conformiste ?[/question]

[answer]Je le pense, je le souhaite et je le fais ! On peut lire, sur B&R, des choses que l’on ne lit nulle part ail leurs. Et évidemment, ni pub, ni culpabilisation ! Notre magazine Internet est totalement gratuit : on ne va pas vous proposer d’acheter des crèmes de beauté à 900 euros simplement parce qu’un annonceur publicitaire nous paie pour cela.[/answer]

[question]Plus largement, que faire pour les femmes soucieuses de lire une presse les concernant tout en y trouvant une valeur morale, intellectuelle – voire politique – ajoutée ?[/question]

[answer]Ne plus se taire et agir. Internet montre qu’il existe un nombre considérable de femmes qui ne se retrouvent plus dans ce à quoi on veut les forcer à s’intéresser. Il faut exprimer son mécontentement de manière massive : les journaux les moins stupides comprendront qu’ils ne pourront faire l’impasse sur ce lectorat et en tireront une logique commerciale naturelle : ils leur donneront ce qu’elles veulent – ou à peu près… Pour le reste, Internet permet de grandes choses : un simple blog, quelques vidéos amateurs, un site, quelques réseaux sociaux. Toute rebelle peut et doit participer. Et surtout, arrêter de consommer la presse dite « grand public » qui, à proprement parler, « corrompt la jeunesse » – et aussi la vieillesse, si je puis me permettre ![/answer]

Propos recueillis par Patrick Cousteau

[box class=”warning”]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 31 août. En kiosque ou sur Internet.[/box]

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »

La gauche milliardaire – Les Badinter, l’anti bling-bling

La gauche milliardaire - Les Badinter, l’anti bling-bling

Ils forment un joli couple de retraités, Robert et Elisabeth. Lui, du barreau et de la politique ; elle, du féminisme. Presque cinquante ans de vie commune, trois enfants et ils s’aiment comme au premier jour, avec la même fraîcheur. Vie privée décente et retenue publique, charme et discrétion. Voilà qui nous éloigne du clinquant habituel des nouveaux riches du PS. L’anti-bling-bling a élu domicile chez les Badinter.

Héritière du groupe Publicis, fondé par son glorieux père, Marcel Bleustein-Blanchet – l’illustre Gaudissart des Trente Glorieuses, celui qui a vendu à des Français médusés par tant d’abondance la société de consommation –, Elisabeth se classe au 56e rang des plus grosses fortunes de France, selon le magazine « Challenges » : 652 millions d’euros, 10 % du capital de Publicis, dont elle préside le conseil de surveillance avec une mâle assurance. Question de chromosomes sûrement.

Car le féminisme d’Elisabeth est à courant alternatif. Les bimbos siliconées et les pouffes peroxydées, sévèrement bannies de sa production intellectuelle, redeviennent subitement de précieux auxiliaires publicitaires dès lors qu’il s’agit de faire grimper les ventes de déodorants et de voitures. Homo duplex, disait Buffon, l’homme est double. Les femmes aussi. Que l’homme qui est sans contradiction leur jette la première pierre !

Robert et Elisabeth, c’est comme un vélo en tandem : il y en a un qui pédale et un autre qui guide. Attention cependant, ne pas se fier aux apparences : la femme libérée ne l’est pas tant que ça. Chez les Badinter, c’est la suffragette qui trime ; et c’est le ténor du barreau qui ramasse les lauriers. Robert a beau avoir un physique de choriste fluet et longiligne, dès qu’il prend la parole, il fait jouer sa voix de bronze comme un premier prix du Conservatoire. Le résultat est impressionnant. A vous donner la chair de poule. C’est que l’ex-garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel est une autorité morale, héritier en filiation directe de Montesquieu et Condorcet.

Nous, malheureux que nous sommes, n’avons qu’une conscience. Celle de Robert est si grande qu’il en a fait son métier. Il est droit, les hommes sont tordus, il va les redresser –au nom du Bien, cela va sans dire (même si c’est mieux en le disant). Les Droits de l’homme sont ses tables de la Loi, dont il est le Moïse guidant l’humanité arriérée vers la Terre promise de l’Etat de droit. Tu condamneras la peine de mort, tu dépénaliseras l’homosexualité, etc. C’est beau comme un film de Cecil B. DeMille.

A travers des gens comme les Badinter, on mesure combien les socialistes ont perdu le peuple. Qu’est-ce qu’un ouvrier de chez Renault ou un maçon du Poitou-Charentes ont à faire de l’abolition de la peine de mort ? D’abord, en ces matières, ils sont généralement pour les solutions expéditives. Ensuite, ils ont d’autres soucis quotidiens que les débats oiseux qui agitent les dîners en ville.

Comment être socialiste quand on a 750 millions d’euros d’argent de poche ? Il n’y a qu’une seule réponse : transformer la gauche en un parti libéral-progressiste à l’américaine.

En réalité, la gauche parisienne ne mène plus que des combats compatibles avec son train de vie et ses réflexes culturels – hier la peine de mort, aujourd’hui l’homoparentalité. C’est le triomphe de la gauche morale, avec les Badinter ; immorale, avec les DSK et autres Julien Dray. Pour le social, mieux vaut s’adresser directement à Pôle emploi et à Marine Le Pen.

François-Laurent Balssa

[box class=”warning”]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 3 août. En kiosque ou sur Internet.[/box]