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Candidate islamiste en Algérie hier, candidate En Marche ! aujourd’hui

Cette double candidature pose la question de la double nationalité et des droits d’éligibilité qu’elle ouvre.

On savait que M. Macron s’était, pendant la campagne, complaisamment affiché avec Mohamed Saou, qu’il n’a jamais désavoué, clientélisme électoraliste oblige, comme l’avait dénoncé un éditorial publié sur Boulevard Voltaire.

Mais on pouvait penser que, l’élection présidentielle acquise, le mouvement En Marche ! aurait fait le ménage, pour ne pas ternir cette grâce et cette pureté qui, selon M. Bilger, nous inondent tous les jours.

Or, l’étrange maintien de M. Ferrand à son poste de ministre, malgré ses montages immobiliers au carrefour de sa vie conjugale et professionnelle, montre que le nouveau pouvoir macronien a décidé de s’accommoder des impuretés de toutes sortes, pourvu qu’elles rapportent électoralement.

Il en est de même pour la complaisance avec les islamistes.

Ainsi apprenons-nous qu’une candidate aux législatives en Algérie, sur la liste d’émigration (comme nous avons, aussi, nos « Français de l’étranger », à vrai dire bien moins nombreux que les « Algériens de l’étranger »…), battue pour le scrutin algérien il y a un mois dans la circonscription « France Nord », se présente en France comme suppléante de M. Jean-Luc Raymond, dans la première circonscription de l’Essonne (Corbeil, Évry, etc.). L’étiquette ? « L’espoir est en marche – Majorité présidentielle ». Elle s’appelle Fella Meslem. Pour les élections algériennes, elle représentait le TAJ, un nouveau parti, le Rassemblement de l’espoir de l’Algérie. Islamiste revendiqué.

L’espoir islamiste pour l’Algérie ? Et l’espoir En Marche ! pour la France ? Est-ce vraiment compatible ? Battue en Algérie, elle a immédiatement effacé toutes ses « traces » islamistes sur les réseaux sociaux.

Pour reparaître candidate En Marche ! toute propre !

On savait que le mouvement de M. Macron était une grande lessiveuse. Il est devenu un professionnel dans le recyclage des produits politiques frelatés, qu’ils soient hollandais, centristes ou islamistes, et l’effaçage des traces. Si M. Bayrou, dans son grand projet de moralisation, pouvait ouvrir un chapitre sur la traçabilité des candidatures, ce serait heureux.

Certes, tout cela est peut-être légal. Mais le parti du Président peut-il tolérer, au nom de l’éthique la plus élémentaire, et dans cette période où le pays est en état d’urgence et où les attentats islamistes se succèdent, la candidature du représentant d’un parti islamiste algérien ?

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