[Tribune libre] Au-delà du vote individuel, par Georges FELTIN-TRACOL

[Tribune libre] Au-delà du vote individuel, par Georges FELTIN-TRACOL

19/06/2012 — 09H30
PARIS (NOVOpress via Europe Maxima) — Parmi les nombreuses promesses électorales du socialiste François Hollande, il y a le droit de vote aux élections locales des étrangers extra-communautaires qui seraient victimes d’une soi-disant discrimination alors qu’ils paient leurs impôts (les braves gens !). Avant d’étendre ce droit politique majeur à des non-citoyens, il serait approprié de l’accorder aux nouvelles générations de racines européennes.

Avec La famille doit voter, Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti retracent l’histoire d’un enjeu politique qui fit longtemps débat, mais qui pourrait resurgir : le vote plural familial. Le « vote plural » se pratique dans les systèmes censitaires pour désigner l’attribution à un même électeur de plusieurs suffrages. Il se distingue du vote familial qui revendique une autre forme de représentativité.

L’ouvrage retrace en détail les débats sur le rôle politique des familles sous la IIIe République, l’État français et aux débuts de la IVe République. Ce thème, méconnu et intéressant, méritait un meilleur traitement. Malheureusement, Le Naour et Valenti se montrent partiaux. S’inscrivant dans le conformisme intellectuel de la gauche bien-pensante, ils étudient leur sujet avec un parti-pris défavorable. Pour eux, le suffrage familial est une tentative inacceptable de remise en cause du suffrage universel d’essence égalitaire. Un mineur pouvant, dès sa naissance, hériter ou posséder un bien sous la tutelle de ses représentants légaux, pourquoi ne pourrait-il pas être électeur par délégation ?

Certes, les partisans du vote familial qui se recrutent dans la droite conservatrice invoquent l’ordre supposé des pères de famille. Mais ils ne sont pas les seuls à en réclamer l’instauration. La Belgique (État fasciste ?) l’applique de 1893 à 1919. En décembre 1923, 440 députés de la Chambre bleu-horizon (en chemises brunes ?) en votent le principe. En 1945 – 1946, d’anciens résistants démocrates-chrétiens défendent en vain l’idée d’une « République familiale » contre un Sénat à majorité radicale. Et, dans les années 1970, l’ancien Premier ministre gaulliste Michel Debré qui ne passe pas pour un nostalgique de l’alliance du Trône et de l’Autel, ne reprend-il pas le combat en faveur du vote familial ? Bien entendu, les auteurs ont beau jeu de noter que le Front national s’y est montré favorable, surtout pour des motifs démographiques (1). En 1988, Bruno Gollnisch, alors député du Rhône, observait dans une proposition de loi que « les familles de trois enfants et plus, qui représentent 11 % de la population, et qui assurent à elles seules 27 % du renouvellement des générations, ne représentent que 5,3 % du corps électoral (2) ».

Le vote familial eut cependant des alliés surprenants, comme les militantes du vote féminin ou les partisans de « l’approbation des morts ». À l’exception de quelques pétroleuses suffragettes extrémistes, les organisations féministes ont souvent collaboré avec les partisans du vote familial, car elles y voyaient une avancée notable dans la réalisation de leur objectif final. Quant au vote des morts tombés pour la France proposé par Maurice Barrès dans sa chronique du 1er février 1916 (et reprise vers la fin de la Seconde Guerre mondiale par le communiste Jacques Duclos !), il fait resurgir les débats autour de la citoyenneté accordée aux femmes et du suffrage multiple, l’académicien suggérant que les épouses ou les pères des disparus en deviennent les mandataires.

De leur côté, les promoteurs du vote familial se divisent en natalistes et en familialistes. Pour le courant nataliste, « le dénombrement intégral des membres de la famille répond […] à une logique individualiste qui reconnaît à l’épouse et aux enfants le droit d’être représentés » alors que la tendance familialiste considère que la famille est la « cellule sociale fondamentale et repose sur la fonction supérieure du père de famille par rapport au célibataire ». Nourris par les travaux de Frédéric Le Play et de René de La Tour du Pin qui associent familialisme et corporatisme, les seconds accusent les premiers d’aménager et donc d’accepter la dérive individualiste. En revanche, les deux parties s’inquiètent de la dépopulation de la France. Soucieux de la faible natalité persistante après 1918, ils réclament une grande politique familiale nataliste et lorgnent, dans les années 1930, du côté des régimes autoritaires voisins, avec toutefois d’importantes nuances. « Si les natalistes admirent les politiques démographiques menées par les fascismes, les familialistes se méfient de l’omnipotence de l’État qui écrase l’autorité paternelle et finalement nuit aux familles. L’étatisme est pour eux un péril au moins aussi redoutable que l’individualisme », leur préférence allant pour le régime portugais de Salazar.

Soulagés par une décision du Conseil constitutionnel du 17 janvier 1979 qui proscrit tout vote plural, Le Naour et Valenti pensent que le vote familial se trouve désormais dans les « poubelles de l’histoire », car « la réforme du suffrage universel est maintenant complètement inintelligible aux Français. La famille ne votera pas », concluent-ils. Pourquoi cette assurance fate ? Ignorent-ils que l’histoire est toujours ouverte ? Longtemps, on a estimé que la famille était une structure vieillotte, ringarde, dépassée. Et à quoi assiste-t-on maintenant ? À une intense propagande en faveur du mariage homosexuel, de l’homoparentalité et de la famille homosexuée. Pour peu que les couples de même sexe obtiennent le droit à l’enfantement (la maternité étant l’ultime discrimination à bannir), des groupes activistes exigeront ensuite l’extension du suffrage à leur progéniture…

En dépit de la multiplication des familles monoparentales et des familles recomposées, l’enjeu du vote familial reste d’actualité. En 2004, des parlementaires conservateurs autrichiens demandèrent son introduction rapide. Et en 2005, ce sont trente députés allemands du Bundestag qui déposèrent une proposition de loi similaire. Dans une Europe touchée par l’« hiver des berceaux », la « Peste blanche » et le Papy Boom, la reconnaissance du vote familial s’interpréterait comme le signal fort d’une relance volontariste de la fécondité autochtone. Mais cette mesure politique de salut public doit impérativement s’accompagner d’une révision draconienne des naturalisations et de la réforme radicale du code de la nationalité. Le droit du sang remplacerait avantageusement le droit du sol sous peine d’obtenir le contraire de ce que l’on souhaite. L’application du vote familial suppose enfin une remise en cause des dogmes égalitaires et universalistes actuellement dominants, en clair, entreprendre une gigantesque révolution intellectuelle. « Mais après tout, écrivait Marc Dem, pourquoi la gauche aurait-elle le monopole de la révolution ? (3) » Loin d’être dépassé, le suffrage familial ou plural a de l’avenir et la grande supériorité d’être pré-moderne, anti-moderne et post-moderne.

Notes
1 : Cette proposition qui figurait dans le programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen de 1988 à 2007 semble avoir été abandonnée en 2012, car très incorrecte au regard des gras médias.

2 : Proposition de loi cité par Marc Dem, « Que deviendra la France quand il n’y aura plus de Français ? », Le Choc du Mois, n° 5, avril 1988, p. 26.

3 : Idem.

• Jean-Yves Le Naour (avec la collaboration de Catherine Valenti), La famille doit voter. Le suffrage familial contre le vote individuel, Hachette, coll. « Littératures », 2005, 266 p., 20,50 €.

[box class=”info”]Article d’abord paru dans la revue Liberté politique, n° 31, octobre – novembre 2005 – 2006, et largement modifié pour la présente mise en ligne (sur Europe Maxima)[/box].

Retraites : une opération électorale sans avenir

Retraites : une opération électorale sans avenir

[box class=”info”] Extraits d’un article de Jeanne Smits dans le quotidien Présent, via Le Salon Beige. [/box]

Retraites : une opération électorale sans avenir“Impossible de ne pas voir dans la précipitation avec laquelle le gouvernement socialiste a annoncé le « retour à la retraite à 60 ans » une opération électorale, lancée à cinq jours du premier tour des législatives. […] La réforme annoncée par Marisol Touraine en conseil des ministres n’est pas de grande envergure : les salariés du privé et les fonctionnaires ainsi que les non-salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant entre 41 et 41,5 ans de cotisations pourront cesser de travailler à 60 ans, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme de Nicolas Sarkozy. Un bonus de deux trimestres est accordé aux mères et aux chômeurs. Pour les mères, cela s’ajoute, assez chichement, aux 4 trimestres par enfant auxquels peuvent prétendre celles qui mettent au monde, élèvent et éduquent les cotisants de demain. […]

Dans une intéressante réflexion publiée sous la direction de l’Institut Montaigne dans Réformer par temps de crise (Manitoba-Les Belles Lettres 2012), Jacques Bichot dénonce le refus de réformer véritablement et avec justice le système français « archaïque, opaque et inégalitaire ». Dans un contexte où déjà l’Etat finance par l’emprunt 30 % de ses dépenses. Toute augmentation des dépenses creuse davantage la dette qui pèse sur les épaules des futures générations, qui devront en même temps faire face à l’explosion du coût de la vieillesse.

Ne nous étonnons pas si l’affaire des retraites et des cadeaux faits par le gouvernement socialiste vient en même temps que des discussions sur la modification de la loi Leonetti annoncée par Jean-Marc Ayrault, et qui se fera nécessairement dans le sens de l’euthanasie. Jacques Bichot s’interroge sur cette idée selon laquelle cesser le travail plus tôt serait nécessairement un « progrès social » ; il pointe le « déni de réalité » qui permet aux responsables de ne pas annoncer l’effondrement d’un système aussi complexe qu’incontrôlable ; il recommande que l’on assouplisse les conditions de maintien au travail tout en universalisant l’acquisition de « points », permettant à chacun de choisir de faire une carrière longue ou une carrière courte, plutôt que de servir les retraites en fonction d’annuités.

[…] Le problème réel des retraites des mères de famille n’est quant à lui pas abordé sinon par ce toilettage minime de deux trimestres. Ni le plafonnement de la majoration de 10 % pour les personnes ayant élevé trois enfants et plus, effectif depuis le début de l’année. Nulle réforme ne sera juste qui ne prenne pas en compte cette réalité affirmée de façon lapidaire par le démographe Alfred Sauvy : « Chaque génération doit payer elle-même ses retraites, non par les cotisations, comme certains l’imaginent [NDLR : elles servent à payer les retraites de la génération précédente], mais par sa descendance. » Le compte n’y est pas, et aujourd’hui ce sont les familles qui ont davantage d’enfants qui sont pénalisées à la fois quant au montant de la retraite qu’elles peuvent espérer et quant à leur capacité d’épargne.”

Les parents sont plus heureux que les gens sans enfants, une publication scientifique le montre

Les parents sont plus heureux que les gens sans enfants

31/05/2012 – 08h00
STANFORD (NOVOpress) – Des chercheurs de trois universités nord-américaines ont constaté que les personnes qui ont des enfants ressentent “des niveaux plus élevés de bonheur, d’émotion positive, et que leur vie a un sens” que les personnes qui n’ont pas d’enfants.

L’étude, à paraitre dans Psychological Science, le journal de l’Association for Psychological Science, mais déjà intégralement lisible ici, est coécrite par des chercheurs de l’Université de Colombie‑Britannique, de l’Université de Californie, et l’Université Stanford. Elle a porté sur trois enquêtes avec des méthodologies différentes concernant la première 6906 personnes, la deuxième 329 et la troisième 186. Avec des âges allant de 17 à 96 ans. Les résultats des trois enquêtes sont concordants.

A comparer avec l’opinion d’auteurs qui font la promotion de la stérilité. Par exemple Corinne Maier, pour qui dans son opuscule No Kid « le sentiment de la famille, le sentiment de classe, et peut-être d’ailleurs de race, apparaissent comme les manifestions de la même intolérance à la diversité, d’un même souci d’uniformité ».

[Tribune libre] La dernière “bonne” trouvaille du Secrétariat d’Etat à la famille ! Un kit de mariage civil qui aurait pour but de diminuer le nombre de divorces en France !

[Tribune libre] La dernière bonne trouvaille du Secrétariat d’Etat à la famille : un kit de mariage civil qui aurait pour but de diminuer le nombre de divorces en France

Il est vrai que la macabre et célèbre vérité du « Tu savais qu’un mariage sur deux se termine en divorce ? » amène à penser que les Français ont en effet oublié le sens premier de cet engagement.

Cela va d’ailleurs en empirant, puisqu’en même temps que le nombre de mariages diminue celui des divorces augmente.

Outre la démarche ridicule d’assistanat étatique permanent que traduit la sortie de ce kit tout cela en dit long sur notre société. Le réel engagement n’existe plus. Une union pour la vie ? Bien sûr que non. Un petit bout de chemin ensemble, plus ou moins officialisé, plus ou moins sanctifié. Enfin plutôt moins que plus d’ailleurs, puisque seulement 30 % des mariages civils se concrétisent (si, si, c’est l’engagement devant Dieu qui concrétise, pas la signature du papelard à la mairie ou le fait de faire compte commun…) de manière religieuse. Pour un mariage civil, le seul consentement des deux parties suffit. C’est un contrat qui peut en toute logique et en toute légalité se rompre. Ce qui le différencie du mariage catholique qui, à l’inverse ne peut être dissout. Car « ce que Dieu a uni l’homme ne peut le séparer ». La création d’une famille, d’un foyer n’est pas chose qui doit se prendre à la légère. L’union de deux êtres qui s’aiment – les futurs parents – constitue un socle qui se doit d’être solide. L’amour de ces deux êtres nécessite une authentique sincérité. Aimer ça n’est pas dire « je t’aime… aujourd’hui », c’est dire « je t’aime pour toujours et l’amour que je te porte ne souffrira jamais de rien, ni de tes écarts ni de tes états ». C’est dire « je t’aime tant que je trouverai la force de tout te pardonner dans la joie et surtout la peine, dans la richesse et surtout la pauvreté ».

Malheureusement la société actuelle à grand renfort de sex-friends, d’amourette de 15 ans (même quand on en a 30, voire 50) et autres « oups j’ai oublié ma pilule » ne prépare pas, mais alors pas du tout, à cet engagement. Et ça ne sont pas des adjoints en mairie qui nous l’expliqueront mais bel et bien des prêtres.

En outre, il ne faut pas manquer de rappeler que ce fabuleux kit émane d’un parti -l’UMP- qui est loin de briller par sa valeur d’exemplarité. Rappelons à toute fin utile que le chef de ce parti qui n’est autre que le Président de la République a déjà consommé pas moins de trois unions… Que d’une manière générale au sein de ce même parti le divorce est un peu une règle et on a plutôt tendance à faire des enfants sans père… Je passe sur de scandaleuses rumeurs de pédophilie qui entourent certains des membres de ce cher gouvernement.

En bref, plutôt que d’inventer sans cesse des nouvelles sottises nos élus feraient mieux de se poser un peu plus en modèle de vertu en commençant par protéger leur propre cellule familiale. Ainsi ils donneraient l’exemple plutôt que la leçon. Et s’ils veulent sensibiliser les gens sur le mariage, le vrai, pas le contrat civil entre deux parties, qu’ils s’adressent à des personnes qui le célèbrent depuis plus de 2 000 ans. Et qui, fort de ces 2 000 ans d’expérience savent de quoi ils parlent, du moins certainement plus qu’une bande de déglinguos donneurs de leçon, multi-mariés et partouzeurs.

Diane Fischer

[box class=”info”] Source : le webzine féminin Belle et rebelle. [/box]