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Fake news : «La presse anti-Trump prise à son propre piège»

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Une loi sur les « fake news » dont personne ne veut, par Francis Bergeron

Personne n’aime se faire piéger par de fausses nouvelles. Personne n’apprécie ces mensonges, jetés en pâture à l’opinion publique, qui font les gros titres d’un jour, avant d’être démentis en trois lignes microscopiques le lendemain. On se souvient du poignard SS de Jean-Marie Le Pen, oublié dans une chasse d’eau de Bab el Oued il y a un demi-siècle, de Dominique Baudis qui assassinait des prostituées, ou de Saddam Hussein qui possédait des armes secrètes pointées sur Israël.

Interdire les fake news est un vieux rêve. Les « marcheurs » se sont jetés sur l’idée d’une loi répressive, qui serait mise en œuvre en période électorale.

Si la loi passe, il s’agira de condamner « toute allégation ou imputation d’un fait, dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ». Mais qui va apprécier le caractère vraisemblable ou non de l’information présumée fausse ou manipulée ? Et qui va-t-on condamner ?

On l’a vu avec les lois mémorielles : il y avait, au départ, l’idée que l’apologie de crime est insupportable, mais à l’arrivée nous trouvons des systèmes d’autocensure qui affectent jusqu’aux historiens eux-mêmes, et qui interdisent jusqu’à la contestation du sionisme, ce qui n’a évidemment aucun rapport.

Ce que craignent à juste titre le Front national comme les « Insoumis », les Républicains, ce que dénonce en une Le Monde, ce que rejette le quotidien des milieux d’affaires Les Echos, c’est que ce texte sera très difficile à appliquer équitablement. En outre un tel texte constitue tout simplement une atteinte aux libertés, une atteinte supplémentaire, serait-on tenté d’écrire.

Il existe des textes sur la diffamation, sur l’injure, sur la protection de la vie privée. Ces dispositifs seraient parfaitement suffisants s’ils étaient utilisés avec mesure et avec impartialité. Quant aux enjeux électoraux que représentent des fake news, diffusées quelques semaines ou quelques jours seulement avant le scrutin, on les comprend bien. Mais aucune enquête sérieuse ne peut se faire en quelques semaines.

L’élection de Trump, le Brexit, c’est grâce aux fausses nouvelles

On le voit, ce texte de loi se heurte, pour la première fois depuis le début du quinquennat, à un très large front du refus. Macron veut cette loi opérationnelle pour les élections européennes de mai 2019.

« La démocratie est vulnérable en période électorale », estiment en effet les conseillers de l’Elysée. Pour eux, l’élection de Trump, la majorité des voix britanniques pour le Brexit sont le résultat de fausses nouvelles habilement distillées dans l’opinion.

Lors de la présidentielle, Macron a souffert d’une rumeur relative à une prétendue liaison avec le jeune et sémillant président de Radio France, Mathieu Gallet. A cette occasion, il s’en était pris à des « organes d’influence et de propagande mensongère ». Cela ne l’a nullement empêché d’être élu, et à ce jour il est lui-même largement soutenu par des « organes d’influence ». En Italie la Ligue et le Mouvement 5 étoiles ont prévu un « code d’éthique », qui interdira aux personnes appartenant aux loges une place dans l’exécutif. Macron, lui, ne prévoit pas de s’intéresser, par le biais de cette future loi sur les manipulations d’informations, aux réseaux d’influence qui gravitent autour de Collomb, de Ferrand, de Nyssen, de Patriat, de Schiappa, etc.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

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Loi sur les «fake news» : «Nous vivons un moment qu’Orwell aurait adoré prophétiser»

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9ème cérémonie des Bobards d’Or, le 12 mars à Paris

La loi anti « fake-news » annoncée par le gouvernement peine à voir le jour

25/05/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En discussion en ce moment à l’Assemblée nationale, la décriée loi anti fake-news, qui a pour objectif de lutter contre les fausses rumeurs, notamment lors des campagnes électorales, butte sur des difficultés.

Pourtant le ministre de la Culture, Mme Nyssen, justifie ce projet en considérant que « la capacité de discernement des citoyens ne suffit plus ». Néanmoins, lors des discussions, les parlementaires peinent à définir ce qu’est une fausse nouvelle ou une fausse information. Et l’avocat Thierry Vallat, spécialisé dans le droit du numérique, signale une faille juridique majeure de ce projet de loi: si l’Etat peut en quelque sorte dénoncer une fausse nouvelle propagée par un internaute, rien ne permet de juger l’intentionnalité de l’acte en question.

Cette loi risque de devenir un boulet pour le gouvernement, qui dans tous les cas, porte une atteinte à la liberté d’expression et à celle de la presse.

[Vidéo] Fake news, désinformation et Union européenne

07/05/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le Brexit, l’élection américaine, l’affaire Cambridge Analytica ont dévoilé des pratiques d’influence jusqu’alors inconnues sur les réseaux sociaux.

Pour en débattre, Rachel Marsden de Radio Sputnik recevait François-Bernard Huyghe, spécialiste de communication et de cyberstratégie à l’IRIS.


Proposition de loi visant à lutter contre les fausses nouvelles, le SPIIL émet des réserves

Le Syndicat de la presse en ligne qui réunit 148 éditeurs de presse « tout en ligne » éditant 175 publications, comme La Lettre A, Les Jours, 8ème étage, etc., présente souvent des vues pertinentes sur le monde de la presse et sur les législations qui la régissent. L’Observatoire du journalisme reprend sans réserve les commentaires du Syndicat sur les dangers de la nouvelle proposition de loi en discussion au Parlement. Le communiqué du SPIIL se trouve ci-dessous.

La proposition de loi (PPL) visant à lutter contre les fausses nouvelles prévoit la création d’une procédure de référé judiciaire permettant de suspendre dans les 48 heures, en période électorale, la diffusion d’informations “manifestement fausses”, propagées de manière artificielle et massive, et “de nature à altérer la sincérité du scrutin”. Le Spiil soulève le risque de détournement de cette procédure pour empêcher la diffusion de certaines informations et ainsi nuire à la liberté d’expression.

Le Spiil s’était jusqu’à présent tenu à l’écart des différents débats suscités par l’annonce par le Président de la République d’un projet de loi visant à lutter contre les fausses nouvelles, lors de ses vœux à la presse en janvier dernier. D’abord parce que le texte n’avait pas encore été rendu public, et surtout parce qu’il considère que le sujet des fake news ne concerne pas les éditeurs de presse : professionnels de l’information, ils assument la production, la vérification et la diffusion de leurs contenus, contrairement aux plateformes.

Pourtant, à la lecture du projet de texte, le Spiil s’inquiète du risque pour la liberté d’expression que présenterait la mesure de référé prévue à l’article 163-2-1. Détournée de l’esprit de la loi, cette procédure pourrait constituer le moyen de faire supprimer des informations publiées par la presse. En effet, même sous le contrôle du juge, elle interviendrait en dehors des dispositions de la loi de 1881 qui garantit le juste équilibre entre liberté d’expression et protection des personnes et des institutions. Le jugement d’un tel délit, en dehors de ce cadre juridique, fait encourir le risque d’une non prise en compte des principes de la liberté d’expression et de la liberté d’informer.

C’est pourquoi le Spiil demande à ce que les sites de presse en ligne soient exclus du dispositif prévu à l’article 1er de la PPL visant les “services de communication au public en ligne”. Il rappelle que les éditeurs de presse ne relèvent que du cadre juridique de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui organise les obligations des éditeurs de presse et prévoit les délits en cas d’infraction.

Article paru sur le site Ojim

Loi anti-fausses nouvelles, la menace se précise

12/03/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Pour se soustraire à l’obligation de saisir le Conseil d’Etat pour « avis », c’est un député de la Commission Culture et non le gouvernement qui proposera dans quelques semaines à l’Assemblée, un texte visant à combattre les « fausses nouvelles », une traduction bien approximative de « fake news », de nature à comporter de nombreuses ambiguïtés. Car existe-t-il toujours un critère objectif permettant de dire si une nouvelle est « fausse » ou « faussée » et sur quel fondement ce pouvoir d’appréciation serait-il confié au juge ?

Mais, quel est donc le but poursuivi ?

Il s’agit, nous dit-on, de faire cesser les « fausses nouvelles » en période électorale et de lutter contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet. Invité au traditionnel dîner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré –je cite- vouloir « faire la guerre à la cyber-haine ». Il confie officiellement au vice-président du CRIF et à l’écrivain franco-algérien Karim Amellal, une mission d’étude sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Ainsi, au nom de la défense du politiquement correct, tout un arsenal de mesures seront proposées :

Le renforcement du pouvoir du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, la surveillance accrue des sites internet suspectés d’être sous influence étrangère, la mise en place d’une procédure de référé judiciaire. Ainsi un juge pourra ordonner le déréférencement d’un site, le retrait d’un contenu, la fermeture d’un compte utilisateur ou encore le blocage d’un accès à internet.

Un projet qui n’a pas manqué d’alarmer Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ Syndicat National des Journalistes qui déclare sur RT France, à l’occasion du centenaire de ce syndicat: « si ça se passait en Pologne, tout le monde crierait ! ».

« Fake news » : la proposition de loi est prête, par Pierre Malpouge

La future loi contre les « fake news » (fausses informations) est dans les tuyaux. Diffusé mercredi, le texte de cette future proposition de loi voulue par un Emmanuel Macron qui ne supporte pas « le bobard inventé pour salir », vise à endiguer leur diffusion, spécialement lors des périodes électorales. Le texte, qui prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à un an de prison et 75 000 euros d’amende, comporte deux parties : une proposition de loi classique et une proposition de loi organique.

Le texte prévoit que durant les périodes d’élections, les obligations de transparence des plateformes comme Facebook, Twitter ou encore Google et YouTube, soient renforcées. Le code électoral sera modifié pour obliger les opérateurs, pendant cette période, à donner une information « loyale, claire et transparente » sur l’identité de ceux qui payent pour promouvoir des contenus d’information, et « à rendre public le montant des rémunérations » (à partir d’un certain seuil) fixé par décret. A noter que ces dispositions pourraient – devraient – s’appliquer dès les élections européennes.

Comment ça marche(ra) ?

Si « des fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin à venir sont diffusées artificiellement et de manière massive », le juge des référés pourra être saisi « à la demande du ministère public ou de toute personne ayant intérêt à agir ». Ce dernier pourra alors se prononcer « dans un délai de 48 heures » et ordonner le déréférencement du site visé, le retrait du contenu en cause ainsi que l’interdiction de sa remise en ligne, la fermeture du compte d’un utilisateur ayant contribué de manière répétée à la diffusion de ce contenu. Maître absolu, le juge, qui qualifiera la fausse nouvelle, pourra même ordonner le blocage d’accès au site Internet.

Une mainmise liberticide qui devrait s’étendre hors périodes électorales. Ainsi, il est demandé aux plateformes de coopérer et de mettre en place un « dispositif facilement accessible et visible, permettant à toute personne » de signaler les fausses informations, et de « rendre publics les moyens qu’elles consacrent à la lutte contre la diffusion de fausses informations ».

Par ailleurs, un autre volet du texte prévoit d’étendre les pouvoirs du CSA en modifiant la loi de 1986 relative à la liberté de communication. Le CSA pourrait alors refuser de conventionner une chaîne de télévision « lorsqu’elle est liée à un Etat étranger dont les activités sont de nature à gravement perturber la vie de la nation » – disposition qui fait notamment référence aux médias russes RT et Sputnik avec lesquels Emmanuel Macron avait eu des démêlés lors de sa campagne présidentielle.

Pour Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, cette mesure phare qui sera déposée « dans quelques semaines » par un député de la commission culture, « c’est une loi nécessaire pour protéger notre démocratie contre les ingérences extérieures ». Reste à appliquer tout ça : l’avocat socialiste Jean-Pierre Mignard, spécialiste du droit de la presse et intime de Hollande, Valls, Ségolène Royal et Emmanuel Macron, estime que « cela promet de ne pas être évident ».

Pierre Malpouge

Article paru dans Présent daté du 9 mars 2018

Éducation aux médias : vacciner les élèves contre la réinfosphère, par Caroline Parmentier

Dans la droite ligne du projet de chasse aux « fake news » d’Emmanuel Macron, le ministre de la Culture Françoise Nyssen veut maintenant apprendre aux élèves à les repérer et à s’en détourner. Ce sont des journalistes du Monde et de l’AFP qui vont être chargés de cette formation dans les collèges et les lycées…

Pour Emmanuel Macron, la « fake news » n’est pas un mensonge, c’est un fait ou une idée qui dérange. Comme nous l’avons déjà écrit plusieurs fois dans Présent, derrière la loi sur les « fake news » c’est la presse alternative et les médias de réinformation qui sont visés. C’est nous. Le projet de loi Macron veut s’employer à mettre en place cette censure et cette auto-censure au service du pouvoir et du politiquement correct. Toutefois si des informations subversives parvenaient quand même à passer (les médias dissidents et les réseaux sociaux sont efficaces et dangereux) il faut rééduquer les jeunes à l’école, dès leur plus jeune âge, pour qu’ils n’en subissent pas l’influence déplorable et qu’ils apprennent à les fuir automatiquement.

Le ministre de la Culture qui double le budget, de trois millions à six millions, (quand il s’agit de lutter contre la « fachosphère », il y a de l’argent) a annoncé un plan en trois volets : « une amplification sans précédent de l’action des associations et de l’engagement des journalistes qui font cette sensibilisation dans les écoles. Un déploiement au sein des bibliothèques médiathèques. Et la création d’une plate-forme commune des sociétés de l’audiovisuel public pour le décryptage de l’information et l’éducation aux médias ». Françoise Nyssen a cité les ateliers Entre les lignes, composés de plus d’une centaine de journalistes du Monde et de l’AFP « qui forment les jeunes à se repérer dans l’offre médias, à susciter l’esprit critique, à lutter contre la désinformation, à devenir des citoyens éclairés ». On n’en doute pas une seconde !

Ces deux médias sont précisément passés maîtres dans l’art de la désinformation, par leur propagande, leurs mensonges et leurs fausses nouvelles. Voir le fameux « décodex » du Monde, ce petit guide rouge créé par « l’équipe des décodeurs » qui décrète quel média est fiable ou non et nos séries d’articles sur « Le Monde et ses faux ». Quant à l’agence de propagande France Presse, ils sont champions toute catégorie de la fabrique à bobards : Mensonge sur Théo, mensonges sur les migrants, mensonges sur Trump… En 2015 l’AFP impute à Assad l’enlèvement du journaliste américain James Foley qui fut en réalité égorgé par Daesch. Désinformation sur le Front national, sur la Marche pour la vie ou la manifestation de Génération identitaire, avec son fameux « coup de la double dépêche » qui lui permet de passer toutes ses infos bidons (voir sur https://bobards-dor.fr, le nombre de fois où l’AFP cette année encore, décroche le mickey ou plutôt le pinocchio).

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 7 mars 2018

9ème cérémonie des Bobards d’Or, le 12 mars à Paris

Les Bobards d’Or seront de retour le 12 mars à Paris

28/02/2018 – FRANCE (NOVOpress) — Année 2018 : la guerre de l’information fait rage. Tandis que les principaux réseaux sociaux, détenus par des libéraux américains traumatisés par la victoire de Trump et le développement d’une information alternative qui échappe à leur contrôle, se lancent dans une campagne de censure sans précédent sur internet, le président français Emmanuel Macron fait de la chasse aux fake news sa priorité. Objectif louable, sans doute inspiré par Jean-Yves Le Gallou et son équipe de Polémia, figures de la “réinfosphère”, qui organisent chaque année les Bobards d’Or, cérémonie parodique récompensant les plus belles désinformations des “grands médias”. Le prix ? Une petite statuette dorée de Pinocchio, décernée au terme d’un vote à deux tours.

Si la composition du jury n’est pas encore dévoilée, les “bobards” 2018, eux, le sont : 14 magnifiques fake news comme il est convenu désormais d’appeler les “fausses nouvelles”, dûment sourcées, et dont les auteurs ont pignon sur rue. Pensez donc : l’Agence France-Presse est mise en cause dans la diffusion de pas moins 4 fake news ; L’Obs, France Info, Le Point, Les Inrocks, mais aussi des journalistes qui, dans la façon dont ils traitent certaines informations, ne laissent aucun doute quant à leur orientation idéologique. Car c’est l’un des mérites majeurs des Bobards d’Or : mettre en lumière la prétendue objectivité des médias, et leurs montages, parfois grossiers. Mention spéciale pour “l’affaire Théo“, qualifiée de plus bel exemple de la partialité du monde politico-médiatique envers les « jeunes de cité ».

https://twitter.com/bobardsdor/status/968573482954117121

Les votes, ouverts depuis quelques jours, permettront de sélectionner, parmi les 14 candidats retenus, 5 d’entre eux. La “soirée de gala”, qui se déroulera le 12 mars au soir en plein Paris, devant un public nombreux, permettra de départager lors d’un vote à main levée le grand vainqueur. La dimension humoristique de cette initiative ne doit toutefois pas faire oublier que le pouvoir médiatique est encore aujourd’hui tout puissant en France, qu’une nouvelle inquisition y règne en maître et que la liberté d’expression se paie au prix fort devant les tribunaux. Écorner avec le sourire les gardiens du temple que sont les médias donneurs de leçon est donc un salutaire exercice citoyen. Profitons-en tant que nous en avons encore le droit !

Fake news : vers une judiciarisation de l’information en France

La « confiance dans l’information » a bon dos. Sous prétexte de protéger le bon peuple de mauvaises influences, les autorités publiques comme privées veulent mettre à la liberté d’expression un bandeau sur les yeux et un bâillon sur la bouche. Pour son bien comme il se doit.

Censure privée

Du côté privé ce sont les GAFA qui précisent chaque jour un peu plus leur politique contre les fake news et autres « discours de haine, extrémistes ou violents ». Google se vante d’avoir supprimé 150000 vidéos en moins de huit mois en 2017. La France est championne en fonction du nombre de tweets supprimés sur Twitter. De son côté, Facebook paie les journaux dominants en France pour qu’ils éliminent les « fausses nouvelles ».

Censure publique

Mais de leur côté les autorités étatiques ne sont pas en reste. En Allemagne la loi dite NetzDG punit d’une amende pouvant aller à plusieurs dizaines d’euros les réseaux sociaux porteurs de fake news ou des fameux « messages de haine ». La France semble ne pas vouloir être en reste depuis que le président Macron a annoncé un projet de loi allant dans le même sens lors de ses vœux à la presse le 3 janvier 2018.

Dans le JDD du 4 février 2018, la ministre de la Culture François Nyssen a précisé les intentions du gouvernement. « La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plateformes (numériques, c’est nous qui ajoutons) qui devront coopérer avec l’État (c’est nous qui soulignons) et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci sera manifeste ».

Elle ajoute « Il n’y a plus de liberté de la presse lorsque la mauvaise monnaie chasse la bonne, c’est-à-dire lorsque les fake news chassent les vraies informations ». Comme ce sont les médias dominants qui sont payés par les réseaux sociaux pour débusquer les nouvelles non conformes à l’esprit du jour,on imagine volontiers que les « vraies informations » seront celles de l’oligarchie médiatique. Quand ces médias en février 2017 inventent de toutes pièces une déclaration de Trump nul doute qu’une telle nouvelle ne pourra être une fake news puisque ce sont ces mêmes médias qui déterminent qui dit le vrai et qui dit le faux.

Encore plus inquiétant la ministre ajoute “De plus, nous aurons une action forte en matière d’éducation aux médias ». Quand on connaît plus en détail les activités du CLEMI, le Centre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information, on peut craindre le pire. De mauvaises langues murmurent que François Nyssen quitterait son ministère de la Culture pour un grand Ministère de la Vérité dès la loi votée. Une fake news ?

Texte repris du site OJIM

Arrivée de djihadistes tunisiens en Europe : fake news du Guardian ou fuite d’Interpol ?

Des djihadistes tunisiens sont-ils arrivés récemment en Europe ? Oui, selon le quotidien anglais The Guardian sur la base d’informations d’Interpol. À peine divulguées, ces informations ont fait l’objet d’un démenti tant du Ministère de l’intérieur italien que tunisien. Une guerre de l’information aurait-elle lieu à ce sujet ? Décryptage.

The Guardian ouvre le débat…

Le 31 janvier 2018, à 10h30, le quotidien britannique The Guardian consacre un article sur « une liste de 50 combattants de l’Etat Islamique » qui pourraient être arrivés en Italie. La liste que s’est procurée The Guardian aurait été établie par le secrétaire général de l’organisation Interpol (l’organisation internationale de coopération des polices) et aurait été diffusée le 29 novembre 2017 aux agences d’antiterrorisme européennes. Selon le journal sur la base d’informations d’Interpol, les terroristes auraient accosté en Italie à bord de bateaux non identifiés. Ils seraient arrivés en Sicile, à Agrigente, le point d’arrivée le plus « populaire » des migrants tunisiens souhaitant rallier l’Europe. Le quotidien britannique précise que le Ministre de l’intérieur italien a indiqué qu’il n’avait pas été informé de cette liste de 50 terroristes.

…et provoque de l’inquiétude

Le même jour, à 15h, en introduction à un article sur ce sujet, la chaine LCI invite à la « méfiance ». « L’information a de quoi susciter l’inquiétude ». La chaine s’interroge sur le fait que les 50 tunisiens arrivés en Italie compteraient parmi les « 173 combattants présumés de Daech, qui, selon Interpol, auraient pu être entraînés à commettre des attentats en Europe pour venger les défaites militaires de l’organisation terroriste en Syrie et en Irak ».

L’information de l’arrivée de terroristes sur le sol européen est rapidement reprise par le site African Manager, Valeurs actuelles et plusieurs sites d’information anglophones : International Business Times, Politico, Ansa, etc.

Les démentis arrivent

Les démentis des Ministres de l’intérieur tunisien et italien seront rapides et reproduits par des médias du Maghreb et d’autres organes d’information :

La radio tunisienne Shemsfm rapporte la position du « département de l’Intérieur (qui) dément cette information sur la base des données qu’il détient et des travaux d’investigation menés par ses différents services sécuritaires à la suite de toutes les tentatives d’émigration clandestine avortées ».

Le site Maghreb émergent reproduit le démenti du ministère de l’Intérieur : « cette information est dépourvue de tout fondement ». Pour le Business Standard, il n’y a aucune preuve de l’arrivée des 50 terroristes, le Financial Express reprenant les dénégations officielles de l’Italie.

S’il ne faut s’attendre à aucun démenti ou confirmation d’Interpol, l’information divulguée par The Guardian aura eu relativement peu de relais dans les medias français, à l’exception notable de Valeurs actuelles, du Figaro, RT, Les Inrocks, Le Midi libre et de LCI.

Les questions demeurent

La divulgation de cette information puis son démenti presque immédiat posent plusieurs questions :

– Quel intérêt aurait le quotidien britannique de sensibilité centre gauche, fondé en 1821, dont le site d’information est l’un des plus visités, à diffuser une « fake news » ? Le journal et son site internet prendraient-ils un virage « sensationnaliste » sur le tard ? La source annoncée, Interpol, bien que non confirmée par l’agence elle-même, ne serait-elle pas fiable ?

-Les Ministres de l’intérieur italien et tunisien ont démenti cette information. Pour ne pas trop inquiéter les opinions publiques ? Cette annonce de l’arrivée possible de clandestins en Italie s’inscrit néanmoins dans un contexte de frontières poreuses. Ainsi, L’Obs indiquait en août 2017 que «l’Italie a vu débarquer plus de 600 000 migrants depuis 2014, essentiellement passés par la Libye ». Des migrants qui sont des clandestins car entrés illégalement dans un pays européen, faut-il le rappeler.

– L’infiltration de terroristes dans le flux de migrants est un sujet sensible. Si l’implication dans les attentats de Paris et de Bruxelles de terroristes ayant gagné l’Europe en se mêlant aux flux de réfugiés est avérée, certains médias peuvent être freinés dans la divulgation des récentes informations, par peur de susciter un amalgame rapide. L’Obs n’affirmait-il pas en 2015 : « le chiffon rouge de prétendus terroristes cachés parmi les migrants ne dispose d’aucun véritable précédent ». Tout comme France Inter à la même époque qui stigmatisait « le fantasme de l’infiltration terroriste ». On sait ce qu’il est advenu de ces affirmations visionnaires…

– Dernier enjeu, ne pas créer une psychose au sein de la population. Ce type d’annonce n’est pas la première. Elle ne sera malheureusement pas la dernière. Elle nous laisse face à des interrogations et, pour reprendre un terme employé par LCI, une méfiance, dont l’avenir nous dira par la négative si elle était fondée…

Texte repris du site OJIM