Facebook, deux milliards et demi de fidèles et une censure en forme

Altius, citius, fortius. Alors que le réseau social lance comme test aux États-Unis Facebook News tab, nouvelle arme pour inféoder les médias séduits, sidérés ou résignés, la croissance de Facebook est constante en nombre d’utilisateurs comme en profits.

Cette semaine, le groupe a annoncé une hausse de son nombre d’utilisateurs ainsi que la troisième hausse consécutive de la croissance trimestrielle de ses ventes. L’ensemble de ses filiales compte désormais 2,5 milliards d’utilisateurs mensuels actifs sur au moins une de ses plateformes (Facebook, Instagram, Whatsapp, Messenger), en hausse de 8% sur un an. Facebook lui-même revendique 1,65 milliard d’utilisateurs.

Les utilisateurs mensuels réguliers

Population de la Chine ? Environ 1,5 milliards d’habitants. Public régulier Facebook ? 1,65 milliards. Facebook 1 Chine 0. Population totale de la Chine + les Etats-Unis + la Russie + le Brésil ? 2,3 milliards ? Utilisateurs Facebook + Messenger + Instagram + WhatsApp ? 2,5 milliards. Chine/Etats-Unis/Russie/ Brésil 0, groupe Facebook 1. Bien entendu ces chiffres ne sont pas comparables, mais ils servent d’utile instrument de comparaison.

Les sous vont bien, merci

Avec un chiffre d’affaires d’un peu moins de 18 milliards de dollars, en progression de 29%, le troisième trimestre 2019 a apporté quelques satisfactions à Mark Zuckerberg. Avec une marge supérieure à 40%, le bénéfice trimestriel est supérieur à 6 milliards de dollars (vous lisez bien, six milliards). Le cours de bourse a suivi, en progression de 40% sur un an. Une action de la société achetée en novembre 2018 vous aurait coûté 140 dollars, revendue le 5 novembre 2019, elle valait 196 dollars.

La censure se porte pas mal non plus

Alors que Twitter annonce refuser les publicités politiques, Facebook veut les accepter au nom de la « liberté d’expression ». Une liberté d’expression régulièrement mise à mal par le réseau social, voir notre article de septembre 2019 où nous analysons l’alliance des grands réseaux sociaux américains pour créer un nouveau Big Brother de la toile.

L’Observatoire du journalisme avait été victime pendant l’été 2019 d’une censure du réseau social, une tribune sur Alain Duhamel avait brusquement disparu du réseau social avant de reparaître 8 jours plus tard. Le quotidien catholique Présent, la page du dessinateur Miège, le mensuel Causeur ont eu aussi les mêmes mésaventures. L’Observatoire a de nouveau été l’objet d’une censure le 10 octobre, nous y reviendrons de manière détaillée dans un prochain article.

Texte repris du site de l’OJIM

Facebook, Google, Microsoft et Twitter recréent Big Brother : vers la fin de toute liberté d’expression sur les réseaux sociaux

Vous connaissiez peu le Global Internet Forum to Counter Terrorism, un consortium créé en 2017. Que du beau monde, Facebook, Twitter, Microsoft et Google (via YouTube). Et que de bonnes intentions, « lutter contre le terrorisme ». Réjouissez-vous, vous allez en entendre parler (et en subir les conséquences), le consortium s’élargit avec de nouvelles ambitions et de nouveaux moyens.

Lutte contre « l’extrémisme »

Après l’attentat de Christchurch contre des mosquées en Nouvelle Zélande en mars 2019, la première ministre Jacinda Ardern, le président Emmanuel Macron avaient lancé en mai, l’appel de Christchurch pour lutter contre les « contenus extrémistes et violents » sur internet. La Grande-Bretagne, l’Irlande, puis Twitter, Facebook, Microsoft et Google avaient rejoint l’appel. La phraséologie était volontairement vague et pouvait englober les soutiens de l’État islamique que les « extrémistes de droite ».

Mécanisme préventif

Lors de la conférence de presse annonçant la nouvelle structure, la numéro 2 de Facebook a annoncé fièrement que le réseau social avait supprimé après l’attentat 1,5 millions (vous lisez bien un million et demi) de vidéos dont 1,2 millions n’avaient pu être vues par personne sinon les 30.000 (trente mille) censeurs de Facebook.

La charmante Jacinta a surenchéri « Nous essayons de créer un mécanisme du genre défense civile. De la même manière que nous réagissons aux urgences naturelles comme les incendies et les inondations, nous devons être prêts à réagir à une crise comme celle que nous avons vécue ». Pour prévenir les inondations, on construit des barrages, pour prévenir les incendies on débroussaille, pour prévenir l’extrémisme, on censure, tout se tient.

Élargissement de la plate-forme

A l’occasion de la réunion de l’ONU, le 23 septembre 2019, LinkedIn (propriété de Microsoft) et WhatsApp (propriété de Facebook) ont rejoint l’organisation. Selon un communiqué repris par l’AFP, la structure œuvrera pour « déjouer les tentatives de plus en plus sophistiquées des terroristes et des extrémistes violents pour se servir des plateformes numériques ».

Les gouvernements de six pays, France, Royaume-Uni, Canada, États-Unis, Nouvelle Zélande et Japon auront un rôle de consultation ainsi que l’ONU et l’Union Européenne. On ignore encore le montant des financements de la nouvelle organisation, dirigée par une équipe dédiée, mais il devrait être d’une dimension sympathique.

Lutte contre le « suprémacisme blanc »

Dans le même temps Facebook annonce une collaboration avec les polices des deux côtés de l’Atlantique, pour « éduquer leurs outils d’intelligence artificielle ». Dés octobre 2019 la police de Londres et le réseau social collaboreront pour « détecter les contenus et mieux les supprimer », entendez par là les contenus « extrémistes ». Des universitaires spécialistes de la « radicalisation » et des « experts du maintien de l’ordre » apporteront (on imagine contre une honnête rétribution) leur expérience. On parle de 350 consultants extérieurs pour soutenir cette noble cause, sans compter les personnels des grands réseaux sociaux.

Big brother partout

Le 17 septembre nous vous donnions nombre d’exemples des nouvelles censures sur les réseaux sociaux. D’autres se sont rajoutées. Le magazine L’Incorrect a été censuré sur Facebook après un entretien avec Maître Pierre-Vincent Lambert, l’avocat de Génération Identitaire.

Il est possible qu’un robot identifie les vestes bleues des militants de Génération Identitaire ou certains mots-clefs et supprime automatiquement le post. Un procédé exactement semblable à celui des staliniens des belles années : vous n’existez plus, vous n’avez jamais existé, vous êtes mort pour la société. De quoi réfléchir à des alternatives aux réseaux des géants américains soutenus par six gouvernements, une bonne partie de l’université et hélas sans doute une forte proportion de journalistes.

Article repris du site OJIM

Censures en série sur les réseaux sociaux

Pendant une dizaine d’années, les réseaux sociaux ont joué le rôle de contre-poids aux médias de grand chemin et nombre de médias alternatifs se sont développés. Les médias dominants ont réagi en développant leurs versions digitales et en développant une campagne « anti fakenews », véritable rideau de fumée pour camoufler leurs insuffisances et surtout avant-garde des nouvelles censures. Tous les réseaux sociaux sont maintenant affectés et ce n’est qu’un début.

Facebook en tête

Quel responsable de site internet n’a pas reçu un jour un charmant message libellé comme suit : « Votre publication va à l’encontre de nos standards de la communauté. Ces standards sont appliqués à l’échelle mondiale et contribuent à faire de Facebook un lieu sûr et accueillant (sic) ». Standards de la communauté, quid ? Réponse, le bon vouloir d’un des trente mille (vous avez bien lu 30000) modérateurs de Facebook ou celui de son superviseur ou du chef du superviseur ou du chef du chef en l’espèce pour la France l’ex Sarko boy Laurent Solly, ex directeur général de TF1, ancien directeur adjoint de la campagne de Sarkozy en 2007, immortel pour sa déclaration (rappelée par Le Point) « La réalité n’a aucune importance, il n’y a que la perception qui compte » (Les Médias en servitude, Polemia ed). Le camarade Solly et ses employés ont le coup de ciseau facile comme quelques exemples tout frais de l’été 2019 le démontrent.

Votre Observatoire a été victime du zèle des employés de Laurent Solly. Résumons : nous publions le 6 juillet 2019 une tribune libre de lecteur sur Alain Duhamel ; le 22 juillet, Facebook supprime tous les partages vers l’article et les rétablit 8 jours plus tard, le tout sans explications. Entretemps le site subit une attaque qui le paralyse pendant 17 heures, sans plus de dommages. Un blogueur d’Agoravox qui avait relayé l’affaire le 1er août est à son tour victime de la censure de Facebook le 24 août et il lui est impossible de partager son article sur le réseau social. Simple avertissement ?

Mais nous ne sommes pas les seuls. Le quotidien Présent a été exposé par deux fois, directement et à travers un de ses collaborateurs. Les militants de Génération identitaire (voir notre revue de presse sur le sujet ici) ont été condamnés à de lourdes peines de prison suite à leur action intitulée « Defend Europe » dans les Alpes en mai 2018. Sans compter la privation de leurs droits civiques et même familiaux pour cinq ans. Ils iront en appel. Le 17 juillet Présent fait sa Une sur le sujet en manifestant son indignation pour une action menée sans violences ni déprédations. Que pensez-vous qu’il arriva ? Deux jours plus tard le réseau social supprime les liens vers l’article. Sans être certain qu’il y ait une relation entre les faits, deux semaines plus tard le compte Facebook de David Miège un des dessinateurs de Présent est carrément supprimé. Les demandes d’explication sont suivies d’une réponse administrative et la plainte classée sans suite. Une catastrophe pour un artiste qui perd un accès numérique à des centaines de ces dessins. Il a recréé un compte mais le mal est fait. De manière plus récréative Facebook a censuré la couverture du numéro de septembre du mensuel Causeur d’Élisabeth Lévy. La couverture représentait une évolution amusante de l’homme de Néanderthal à l’homo festivus sur sa trottinette, en passant par un homo sapiens in naturalibus, donc tout nu. L’employé de Laurent Solly a été choqué par une représentation « de parties nues »…

La gauche radicale n’est pas épargnée. Un article très documenté de Médiapart fin août 2019 signale que de nombreux sites d’extrême gauche (Lille insurgée, Bretagne noire, Cerveaux non disponibles, etc) sont victimes des changements d’algorithme et perdent de très nombreux lecteurs. Tout se passe comme si le nouveau pouvoir macronien et ses amis californiens avaient décidé de couper toute diffusion de pensée non conforme pouvant s’exercer à leurs dépens.

Pour lire la suite, c’est ici !

Un pas de plus vers la dépendance des médias à Facebook

Après avoir arrosé financièrement les médias européens et accru leur dépendance, accaparé une partie de leurs revenus publicitaires, Facebook vient d’annoncer par communiqué de presse, le nouveau moyen trouvé pour se rendre incontournable auprès des médias et accroître sa propre audience : la production de vidéos par ces derniers, uniquement sur sa plateforme.

Facebook paye, les médias accroissent leur audience

Cette nouvelle collaboration prendra la forme d’une production de vidéos par les médias “en étroite collaboration avec Facebook” qui les diffusera par la suite, sur sa plateforme Facebook Watch (“l’espace dédié à la vidéo sur Facebook”). Plusieurs médias européens sont concernés et trois français en particulier : BFMTV, Le Monde et Brut.

En échange, les médias toucheront des revenus de la part de Facebook. Ils espèrent aussi accroître leur nombre d’abonnés sur leurs espaces respectifs, la plateforme constituant depuis quelques années, leur manière privilégiée de faire grandir leur audience, pour des coûts modestes.

Au programme : fakenews, “personnalités inspirantes” et “nouvelles perspectives

BFMTV va commencer par produire un programme intitulé “Bonsoir Bruce”, diffusé pour le moment, sur Facebook Watch et le site BFMTV, l’idée de ce contenu sera de revenir sur l’actualité importante de la journée tout en faisant “la chasse aux fake news”.

Le Monde produira “Plan B”, une série hebdomadaire consacrée à la réalisation de reportages sur des sujets environnementaux et “mettra en avant des personnalités « inspirantes » qui préparent le monde à un avenir durable”, diffusée aussi, dans un premier temps, sur Facebook Watch et le site du Monde.

Enfin, Brut, dont le contenu est déjà exclusivement sur les réseaux sociaux, développera “Pendant ce temps-là”, une émission “pour apporter au public des nouvelles perspectives sur les questions d’actualité”… Tout un programme !

Une partie de ces programmes sera encore diffusée sur les sites des médias producteurs, mais cela devrait devenir de plus en plus rare à terme, la plateformeparlant “d’émissions diffusées exclusivement sur Facebook Watch”. Un pas de plus pour la dépendance des médias à Facebook.

Texte repris du site de l’OJIM

Google : ton univers impitoyable. Le cas Breizh-Info

Google : ton univers impitoyable. Le cas Breizh-Info

Après avoir permis l’émergence d’une information alternative de qualité, Google est-il en train de la tuer ? Les mésaventures rencontrées par nos confrères de Breizh-Info semblent faire pencher la balance en faveur du “oui”.

NOVOpress 05/09/2019 – Créé en 2013, Breizh-Info est un site web d’actualités traitant “de l’information bretonne et internationale”. Fort de plusieurs centaines de milliers de visites mensuelles, réalisant un travail quotidien d’information de qualité, factuelle, sourcée, le site était jusqu’à il y a peu indexé dans Google Actualités, au même titre que Le Figaro, Le Télégramme ou Ouest-France. Cela n’est plus le cas depuis cet été.

Dans un appel à ses lecteurs paru ce jour, le média breton s’interroge sur les raisons qui ont poussé Google à le bâillonner : “Plusieurs techniciens de la société nous ont d’abord assuré qu’il s’agissait d’un souci technique. Un détail non corrigé en trois semaines ? Techniquement, Google nous a habitués à plus d’efficacité ! Selon toute probabilité, le déréférencement résulte en fait d’une campagne de pressions menée auprès de la société américaine afin de nous exclure de Google Actualités.”

Victime de son succès ?

Fort de son influence, Breizh-Info s’est créé de très forte inimitiés, certainement justifiées : une ligne éditoriale de droite assumée, très critique de l’immigration, dans un paysage médiatique breton ouvertement marqué à gauche ; et un lectorat conséquent, émiettant le monopole d’une PQR en difficulté, quand elle n’est pas sous perfusion…

Cela n’a pas échappé au “grand quotidien de référence” Le Monde qui, fort de ses millions de subventions, s’en est même pris à plusieurs reprises au média local breton, qualifié de “vrai faux site d’info” par “Les Décodeurs” (Breizh-Info n’a pourtant jamais publié de “fake news” contrairement à Ouest-France ou au Monde).

De là à penser que Google aurait cédé à une forme de pression idéologique, il n’y a qu’un pas, que n’hésitent pas à franchir les rédacteurs de Breizh-Info : “Jamais condamné, jamais poursuivi, bien informé, notre site est clairement victime d’une discrimination idéologique.”

Pot de terre (breton, donc solide) contre pot de fer “Google”

Quelles parades mettre en œuvre ? Comment un “petit” média breton pourrait-il forcer la main du géant américain ?

Les rédacteurs de Breizh-Info ont bien l’intention d’aller jusqu’au bout avec Google : en poursuivant leur travail irréprochable tout d’abord, qui leur permettra de justifier de leur présence dans Google News.

Ensuite, par la mise en lumière de cette situation, qui n’est pas vraiment au bénéfice de Google (ces grandes plateformes n’apprécient pas que soient publiquement exposés les cas censures qu’elles pratiquent, comme ce fut récemment le cas avec Facebook pour l’Observatoire du journalisme).

Enfin, par la recherche d’alternatives techniques à Google et aux réseaux sociaux : à ce titre, la newsletter, qui semblait passée de mode, semble l’ultime rempart à la censure arbitraire des GAFAM.

Pour aller plus loin, ne pas hésiter à consulter les dossiers et actualités de l’Observatoire du journalisme : ojim.fr

Le Conseil français du culte musulman attaque Facebook et YouTube

26/03/2019 – FRANCE (NOVOpress)
L’auteur de l’attentat de Christchurch de la semaine dernière qui a fait 50 morts a filmé l’attentat en direct et en vue à la première personne. La vidéo, longue de 17 minutes, a ensuite été postée sur Facebook. La séquence a été vue par 4 000 personnes avant d’être supprimée, selon Facebook, et aucun de ces spectateurs ne l’a immédiatement dénoncée.

C’est seulement 29 minutes après le début de la diffusion, sur un signalement de la police néo-zélandaise, que la vidéo a été retirée, sans empêcher une très large rediffusion par la suite.

En effet en 24 heures, Facebook a retiré de sa seule plateforme 1,5 millions de copies, sachant qu’elle a aussi été diffusée sur Twitter, YouTube et de nombreux autres sites.

Le Conseil français du culte musulman a décidé de porter plainte contre Facebook et YouTube pour « diffusion de message à caractère violent incitant au terrorisme ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ».


Un pas de plus vers la censure sur les réseaux sociaux

14/02/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Edouard Philippe a annoncé travailler avec Facebook pour « concevoir des règles plus innovantes, plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux ». Par régulation ou encore modération, il faut entendre que la censure déjà en place ne va pas s’arrêter là.

Rappelons qu’elle a été récemment mise en exergue à grande échelle dans le cadre des manifestations Gilets jaunes où de nombreux comptes et publications ont été suspendus. Difficile de ne pas faire de parallèle avec des pratiques totalitaires.

“Vécu”, le média des Gilets jaunes qui remporte un grand succès

17/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Un Gilet jaune a créé une page Facebook, Vécu, pour montrer l’envers du décor des manifestations, les violences policières et lutter contre la désinformation.

Une page qui veut dire la vérité et partage les témoignages des victimes des violences, selon son créateur Gabin Formont.

Consulter “Vécu” : https://www.facebook.com/Vecu.giletjaune/


Facebook 2018, beaucoup de problèmes et encore plus de censure

Le 20 décembre 2018, le site américain Buzzfeed a passé en revue les différents problèmes ou scandales qui ont touché Facebook l’an passé. Trente et un au total, vol de données via Cambridge analytica, auditions au Congrès américain et au Parlement européen, départ du fondateur de WhattsApp Jan Koum, chute brutale du cours de l’action à l’été, évasions massives de données personnelles d’utilisateurs, fronde des employés etc. La réponse du réseau social : plus de contrôle (lisez censure) sur les contenus.

Devinette : combien de censeurs sont ils employés par Facebook ?

Le réseau les appelle des « modérateurs », ils sont parfois employés directement mais le plus souvent externalisés auprès de sociétés spécialisées comme CCC (Competence Call Center) qui dispose de 22 bureaux en Europe dont aux moins deux sont exclusivement dédiés à cette activité, ce qui ne veut pas dire que d’autres n’y concourent pas également. Un reportage du Monde du 13 décembre 2018 fût effectué dans le centre de Barcelone dans des conditions draconiennes. Pas de photos, les ordinateurs des employés en veille lors de la visite, 15 minutes pour un entretien sous contrôle. Le centre catalan compte 800 personnes à plein temps .

Venons en à la devinette. Début 2017 le réseau annonçait 3.500 modérateurs ? Et fin 2018 ? Le double ? Trois fois plus ? Six fois plus ? Vous avez perdu ! Même si Facebook refuse de donner le chiffre exact, il annonce fièrement autour de 30.000 contrôleurs de l’information sur le réseau. Avec objectifs chiffrés, temps de contrôle à la seconde, plus de 2 millions de posts examinés par jour. Si les justifications des contrôles sont la lutte contre le terrorisme ou la pédophilie, le désir de contrôle politique est omniprésent.

En France une alliance inédite Macron/Facebook

Nous vous en parlions en novembre 2018. Le 12 novembre 2018, le Emmannuel Macron annonçait au Forum sur la gouvernance de l’Internet le lancement d’un groupe de travail État français/Facebook contre « les discours de haine ».

Nous citons une partie de notre article :

« Cette « expérience pilote pour six mois » permettra en théorie aux agents de l’État d’avoir accès aux méthodes de Facebook. Et qui sait à une partie juteuse de ses précieuses bases de données auxquelles déjà la CIA et la NSA peuvent accéder sur simple demande d’un juge américain. Oubliez la confidentialité de vos données, elle n’existait que peu de toutes façons, le réseau social se faisant piller régulièrement, elle sera réduite à bien peu lorsque la Dilcrah, la délégation interministérielle contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT (vous pouvez compléter la liste) mettra son grand nez dans vos comptes sur le réseau social. »

Les déboires du gouvernement Macron/Philippe avec les gilets jaunes ne pourront qu’encourager les deux parties à collaborer plus activement. Facebook – attaqué de partout pour évasion fiscale massive – se refait une beauté politique et morale et les autorités françaises vont pouvoir mettre en pratique la loi « anti-fake news/infox » votée fin 2018.

De manière quasi naïve et charmante un article du Monde (mercredi 14 novembre 2018) note :

« Plus largement, Emmanuel Macron cherche à montrer qu’il n’est pas inactif face aux géants du numérique, dans la perspective des élections européennes de mai 2019 » (sic).

Article paru sur le site de L’OJIM

Peut on attaquer Facebook en justice depuis la France ? Génération Identitaire s’y lance

Lundi 12 novembre, dans un discours au Forum sur la gouvernance de l’Internet et comme nous le relations, le Président Macron a annoncé un programme de travail commun avec Facebook contre les « discours de haine ». Comprenons : tout discours contraire aux intérêts matériels et moraux du monde libéral libertaire, communs à l’entourage macronien et aux sociétés californiennes qui dominent le numérique. Peut-on se défendre lorsque Facebook supprime ou censure un compte ? Un mouvement de jeunes le tente.

La Dilcrah revendique la censure

Le mouvement de jeunesse Génération Identitaire s’était vu censuré sans préavis le 3 mai 2018 par Facebook. À la suite de leur opération pacifique qui bloquait un col dans les Alpes pour rétablir une frontière symbolique, la Dilcrah (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT, ouf), demandait à Facebook de supprimer la page de Génération Identitaire qui comprenait plus de 120.000 abonnés. Ce qui fut fait par le réseau social et revendiqué par l’organisme gouvernemental de censure.

Assignation de Facebook

Ceux et celles qui ont vu leur compte supprimé ou caviardé ou censuré et qui ont essayé de communiquer avec le réseau californien en sont restés pour leurs frais. Facebook censure pour les raisons les plus vagues, « votre post est contraire à la politique de Facebook etc ». Cette fois ci le mouvement de jeunes porte l’affaire devant la justice. Il a déposé assignation le 21 novembre 2018 devant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris, demandant la réactivation des pages supprimées sans raison ainsi que le versement de dommages et intérêts. La réaction de Facebook n’est pas encore connue, mais l’affaire mérite d’être suivie. Pour la liberté d’expression de chacun face aux nouvelles censures.

Texte daté du 5 décembre 2018 et repris du site de l’OJIM

Accord Macron-Facebook – Nous protéger ? Nous fliquer, plutôt !, par Francis Bergeron

Lutter contre la haine, contre la violence dans le cyberespace ? Qui pourrait s’y opposer ? Dans l’absolu, personne, bien entendu. Mais derrière cette noble cause, s’élabore un projet totalitaire de contrôle de l’information, et aussi de contrôle de nos propos, de nos pensées. Il s’appelle : « Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace ».

Tout a commencé au début de l’année 2018, de l’autre côté du Rhin. Pour « lutter contre les extrémistes », et en fait surtout contre les succès électoraux annoncés de l’AFD, l’Allemagne de Merkel a décidé d’infliger de très lourdes amendes aux réseaux sociaux qui ne supprimeraient pas rapidement des messages à « contenus violents ou racistes ». Il était impossible d’imaginer loi plus stupide. C’est un peu comme si la Poste ou les compagnies téléphoniques se trouvaient mises à l’amende au motif que quelqu’un enverrait des lettres de menace ou passerait des appels téléphoniques inappropriés. Cette loi était quasiment inapplicable. Comment surveiller, contrôler, censurer, couper des contenus qui sont partagés, au niveau mondial, par plus de deux milliards d’utilisateurs ? Cette complexité, cette extraordinaire abondance d’échanges sur la toile interdit de telles surveillances. Bien plus, en censurant les échanges à partir de mots-clés, les plateformes courent le risque de provoquer d’innombrables interruptions de sites sans rapport avec les sujets que l’on prétend combattre.

Prenez le racisme : si un dispositif de censure entend le combattre en identifiant et censurant les textes comportant le mot « nazisme », la Licra… peut fermer boutique !

Une police de l’information, les « régulateurs »

C’est pour éviter une loi à l’allemande que Macron et Facebook ont pris langue, et s’acheminent vers la mise en place d’une police de l’information mixte fonctionnaires-informaticiens. On les appellera les « régulateurs ». Pour l’heure ils ne sont qu’une dizaine : 50 % de salariés de Facebook, et 50 % de fonctionnaires (ingénieurs et juristes). On a bien compris que, conformément aux discours de Macron de dimanche après-midi et lundi à La Villette, les « régulateurs » vont faire la chasse aux « contenus racistes, antisémites, homophobes ou sexistes ». Qui va définir ce qu’est un tel contenu ? Les « régulateurs » eux-mêmes.

Ces « régulateurs » auront accès à tout. Ils n’auront pas de pouvoir de réquisition, mais dans les faits, cette collaboration est grosse de toutes les violations du secret de la correspondance. La « méthode coopérative », validée par Macron, permettra de lutter contre ces mots qui doivent être interdits de toile, en agissant sur les procédures à mettre en place dans les réseaux sociaux, pour identifier et filtrer les « propos haineux, racistes etc. ». On a bien compris que, démarrant à dix, ils pourraient se retrouver cent ou mille d’ici à quelques mois. Il est quasiment impossible de travailler sur les contenus haineux eux-mêmes, « qui sont très difficiles à caractériser légalement », note ingénument la presse de gauche. Les « régulateurs » arbitreront, mais en dehors de toute décision de justice.

Vous êtes opposé à l’ordination de femmes dans l’église ? « Sexisme », pourront dire les « régulateurs », et hop ! votre messagerie disparaîtra. Vous affichez du matériel de propagande pour « la Manif pour tous » ? « Homophobie » ! Et hop, plus de site ! Etc. La mise en place d’une telle « brigade de la pensée unique » est une première, la plus incroyable des menaces contre nos libertés.

Pour lutter contre les messages téléphoniques supposés inadaptés, nos ancêtres n’avaient pas imaginé mettre en place des écoutes téléphoniques mondialisées. Mais dans le domaine d’internet, c’est bien l’équivalent de cela qui se prépare.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 13 novembre 2018

La France et Facebook vont collaborer pour lutter “contre la haine” sur le réseau social. Et renforcer la censure ?

Facebook : vos données de nouveau piratées

Les mises en garde sur la non confidentialité des informations accessibles sur les comptes du réseau social se multiplient, ralentissant la progression du groupe californien. Cinquante millions de « clients » de Facebook ont ainsi été piratés récemment.
Une histoire de token

Un token en anglais peut être une marque (de respect), un témoignage, un signe (d’amitié ou d’amour), un jeton (de présence ou téléphonique), enfin un bon d’achat. Mais en informatique, ce sont les clés de connexion à votre compte. À la moindre faille, c’est un peu comme si un intrus avait à la fois le numéro de code de votre immeuble et aussi la clé pour ouvrir la serrure.

En pratique, c’est ce qui a été découvert le 25 septembre dernier par Facebook : une faille de sécurité a permis à des pirates, via les fameux tokens, de prendre le contrôle de 50 millions de profils, accédant aux données imprudemment consignées, aux listes d’amis, aux photos et à tous les messages privés envoyés et reçus via Messenger. Le réseau Instagram (racheté par Facebook) a lui aussi été touché. La faille de sécurité a été corrigée deux jours plus tard, selon Facebook.
Si vous avez été piratés

En théorie lorsque vous ouvrez votre page Facebook, un bandeau d’annonce vous indique si vous êtes concerné. Ce serait le cas d’un nombre x (non déterminé au moment de cette mise en ligne) de comptes français. Autre possibilité : votre compte a été automatiquement désactivé, vous devez alors vous reconnecter pour accéder de nouveau à vos données. La démarche est la même pour Instagram. Il ne serait pas nécessaire de reconfigurer le mot de passe, mais le simple bon sens recommande d’effectuer cette opération simple.
Et maintenant, que vais je faire ?…

…disait le refrain d’une célèbre chanson de Gilbert Bécaud. Si vous aimez beaucoup le réseau social, vous pouvez continuer à y stocker des données personnelles qui seront revendues ensuite. Si vous avez pleine confiance en lui, vous pouvez lui confier vos références bancaires comme nous vous l’annoncions fin août 2018. Si votre amour confine à la passion, un chatbot du réseau social vous permettra de gérer votre compte. Enfin si c’est à la folie, vous aiderez le réseau à mieux éduquer ses annonceurs. Si votre amour est plus réservé, entre failles exploitées de l’extérieur et méta données exploitées de l’intérieur, soyez prudents et ne mettez rien de confidentiel sur votre compte. Et si c’est déjà le cas, un nettoyage d’automne ne fera pas de mal…

Article paru sur le site de L’Ojim

Pour lutter contre les « fake news », Facebook note ses utilisateurs

29/08/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Saviez-vous que chaque utilisateur de Facebook est noté sur une échelle de 0 à 1 ?

L’objectif du réseau social de Mark Zuckerberg serait de mesurer le niveau de fiabilité de ses utilisateurs notamment pour mieux lutter contre le phénomène des « fake news ».

Tessa Lyons, une responsable en charge de la lutte contre la désinformation, l’a confirmé au Washington Post. Cela permet au site d’identifier les personnes qui signalent un article comme faux, alors que l’information qu’il mentionne est bel et bien vérifiée.

« Il est courant qu’une personne nous dise que quelque chose est faux simplement parce qu’elle n’est pas d’accord avec ou qu’elle cherche à cibler un éditeur en particulier », affirme-t-elle.

Facebook : Zuckerberg est désolé et se moque (gentiment) des Européens

Les observateurs attendaient beaucoup de la venue du fondateur et Président de Facebook Mark Zuckerberg au Parlement européen le 22 mai 2018. Une occasion de lui poser de nombreuses questions sur les failles du réseau social par exemple autour de l’affaire Cambridge Analytica que nous avons déjà analysée ici il y a peu.

Un format complaisant, un discours aseptisé

Malheureusement le format choisi (par le Parlement ? Par Facebook ?) était fait sur mesure pour le fondateur du réseau social. 7 minutes d’accueil du Président du parlement Antonio Tajani, 11 minutes de discours de réponse, 35 minutes de questions de parlementaires et 25 minutes de réponses en bloc de Zuckerberg qui pouvait ainsi choisir les bonnes questions et éliminer les mauvaises. Devant le Congrès américain (et pendant cinq heures), il avait dû répondre à chaque question une à une sans pouvoir les esquiver. Ce qui a donné des déclarations lénifiantes comme :

« Les questions de protection de la vie privée ont toujours été incroyablement importantes pour les gens. L’une de nos plus grandes responsabilités est de protéger les données. »

Ou bien encore :

« Nous n’avons pas pris une vue assez large de notre responsabilité, c’est une erreur et je suis désolé pour cela… assurer la sécurité des personnes sera toujours plus important que maximiser nos profits…tous les changements nécessaires à venir vont demander du temps… notre priorité est notre mission sociale… Grâce à Facebook les réfugiés en Europe peuvent rester en contact avec les leurs et se créer de nouveaux contacts en Europe».

Quarante questions demeurées sans réponse

Le site anglo-saxon spécialisé Gizmodo a listé quarante questions auxquelles Zuckerberg s’est bien gardé de répondre. Quelques unes nous ont semblé notables.

L’eurodéputé français Nicolas Bay :

La censure arbitraire appliquée par Facebook est elle compatible avec les valeurs fondamentales de notre démocratie ?
La chasse aux fausses nouvelles est elle en train de devenir un prétexte pour chasser et réduire au silence les libertés d’opinion et d’expression ?

L’eurodéputé allemand Jan Philipp Albrecht :

Pouvez-vous assurer que les données des utilisateurs européens ne seront pas utilisées ou échangées entre Facebook et WhatsApp ?

Et le Belge Philippe Lambert :

Facebook va-t-il payer ses impôts dans tous les pays où il a une présence opérationnelle ?

Zuckerberg s’est contenté de répondre qu’à la fin 2018 le réseau social allait employer dix mille personnes dans douze pays européens, ouvrir de nouveaux centres de recherches en France et au Danemark. Pour mémoire le centre de profits européen du réseau social est en Irlande, on ne parle pas de déménagement.

Tribune reprise du site OJIM