La police du Bade-Wurtemberg lance un site Internet qui appelle à dénoncer “l’extrémisme de droite”

La police du Bade-Wurtemberg lance un site Internet qui appelle à dénoncer "l’extrémisme de droite"

10/09/2012 — 14h00
STUTTGART (NOVOpress via Lionel Baland) — En Allemagne, l’office criminel du Land de Bade-Wurtemberg a lancé un site Internet qui appelle à dénoncer l’“extrémisme de droite”.

Voici une traduction du texte contenu sur ce site :

“Aidez dans le combat contre l’extrême-droite ! Nous garantissons votre anonymat.

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Breivik : Pour les grands médias le poing levé est un “salut d’extrême droite” !

Breivik fait confondre salut d'extrême-droite et d'extrême-gauche aux grands médias

Breivik fait confondre salut d’extrême-droite et d’extrême-gauche aux grands médias 16/04/2012 – 16h10
PARIS (NOVOpress) —
Anders Behring Breivik, qui a reconnu être l’auteur des massacres de Norvège l’été dernier, fait tourner la tête des grands médias qui le qualifient régulièrement “d’extrême droite” et oublient aussi régulièrement qu’il faisait partie de l’Ordre norvégien des francs-maçons (photo dans sa tenue de franc-maçon), et était ultra-sioniste.

A l’ouverture de son procès ce matin Anders Behring Breivik a salué le bras levé et le poing fermé, ce qu’immédiatement nombre de grands médias ont qualifié de salut d’extrême droite ! Quelques exemples parmi une foule d’articles :
– Sur la copie d’écran de La Nouvelle République. Fr figurant en Une de notre article, la légende de la photo est “Anders Behring Breivik fait un salut d’extrême droite à l’ouverture de son procès, le 16 avril 2012 au tribunal d’Oslo.”
– En titre d’un article dans Le Nouvel Observateur : “REGARDEZ. Breivik fait un salut d’extrême droite à l’ouverture de son procès”
– Dans Le Figaro : “Anders Behring Breivik est entré ce matin dans la salle 250 du tribunal d’Oslo, adressant un salut d’extrême droite au public composé de familles de victimes, de survivants et de journalistes.”
– Dans Le Monde : “une fois débarrassé de ses menottes, [il] a adressé un salut d’extrême droite au public”

Alors le poing fermé levé, salut d’extrême-droite ou plutôt d’extrême-gauche comme l’illustrent fort bien les photos de leaders d”extrême-gauche (ou même de gauche) dans cet article d’Arrêt sur Images.

Le Monde ou le Maccarthysme journalistique français, par Bernard Lugan

Le Monde ou le Maccarthysme journalistique français, par Bernard Lugan

[box class=info]L’Africaniste français Bernard Lugan s’insurge, dans un article du 28 janvier dernier, des méthodes journalistiques d’un “grand quotidien du soir”. Novopress reproduit cette charge de cavalerie en règle d’un grand historien connu pour ses prises de position courageuses, et à contre-courant. [note de Novopress][/box]

Bernard Lugan
Bernard Lugan

Dans un article d’une rare partialité que Le Monde en date du 27 janvier 2012 consacre au Rwanda, MM. Christophe Ayad et Philippe Bernard me citent de la manière suivante :

« En 2004 il (Jean-Pierre Chrétien) a participé à une commission d’enquête citoyenne, mise en place par l’association Survie, pour dénoncer le rôle de la France. Cela a valu à Jean-Pierre Chrétien de virulentes attaques de l’historien Bernard Lugan, ancien maître de conférences à l’université Lyon-III, proche de l’extrême droite. Ce dernier a écrit plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l’armée française et l’Église catholique au Rwanda (François Mitterrand, l’armée française et le Rwanda, éditions du Rocher, 2005). Il a témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR ».

Le lecteur du Monde aura retenu trois choses :

1) Je serais « proche de l’extrême droite », jugement de valeur permettant de sous-entendre que je ne suis pas crédible et donc par avance disqualifié.

2) J’aurais écrit « plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l’armée française et l’Église catholique au Rwanda ». L’emploi du mot « innocenter » a son importance car il signifie que pour MM. Ayad et Bernard, le président François Mitterrand, l’armée française et l’Église catholique seraient coupables ou pour le moins complices de ce génocide…

Est cité à l’appui de cette affirmation un livre datant de 2005 dans lequel je défends très exactement le contraire de ce que prétendent me faire dire les journalistes du Monde. J’y reprends en effet en la développant l’idée centrale d’un précédent livre [1] qui est que les conditions du génocide résultent de l’engagement pro Hutu de l’Eglise catholique en 1959, puis de l’obligation démocratique imposée par François Mitterrand au président Habyarimana à partir de 1990… L’on chercherait en vain dans cette problématique une tentative visant à « innocenter » le président Mitterrand et l’Église catholique. Quant à l’armée française comme elle a quitté le Rwanda fin 1993, soit plus de six mois avant le début de ce génocide, elle n’a effectivement aucune responsabilité dans ce drame contrairement à ce que certains obligés de Kigali cherchent à faire croire.

Les journalistes du Monde sont donc pris en défaut de « bidonnage » car :

  • ils n’ont manifestement pas lu mon livre ;
  • ils tirent directement leurs « informations » de sites informatiques spécialisés dans les dénonciations de basse police ;
  • ils omettent en revanche de mentionner un ouvrage plus récent dans lequel je fais le bilan de la question, notamment à travers les travaux du TPIR [2].

3) J’aurais « témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR », ce qui serait la suite logique des points 1 et 2. En effet, qu’attendre d’autre d’un « proche de l’extrême droite » qui a osé écrire « plusieurs ouvrages pour innocenter François Mitterrand, l’armée française et l’Église catholique au Rwanda » ?

Le problème est que je n’ai jamais « témoigné en faveur de génocidaires hutu poursuivis devant le TPIR ». A quel titre d’ailleurs aurais-je pu le faire puisque je n’étais pas au Rwanda au moment du génocide et que je n’ai donc pas été le « témoin » des faits qui leur sont reprochés ? En revanche, connaissant intimement le Rwanda où j’ai enseigné et mené des recherches archéologiques durant plus de dix années, pays auquel j’ai consacré deux thèses dont un Doctorat d’État en six tomes, j’ai, pour ces raisons académiques, été six fois assermenté comme Expert par la Cour à laquelle j’ai remis des rapports totalisant près de 2000 pages [3]. Le document joint en annexe et qui émane du Greffe du TPIR permet de mettre en évidence la grave faute déontologique commise par les deux journalistes du Monde.

A leur décharge, il est utile de préciser qu’ils ignorent peut-être que le TPIR étant régi par les règles juridiques anglo-saxonnes, il n’y existe pas d’Experts de la Cour comme en France et que les Experts cités y sont proposés aux Chambres par les parties (Accusation et Défense). Pour chaque affaire, ces experts doivent renouveler leur accréditation, processus long et fastidieux au terme duquel ils sont soit récusés, soit acceptés et dans ce dernier cas, ce n’est qu’après avoir prêté solennellement serment qu’ils deviennent selon le terme anglo-saxon « Witness Expert ».

Le contre-sens fait par les journalistes du Monde pourrait donc s’expliquer soit par une désolante mauvaise foi, soit par une maîtrise incertaine de la langue anglaise ajoutée à des connaissances fragmentaires concernant la Common Law.

La « morale » de cette affaire est claire et elle tient en deux points principaux :

1) Nous avons ici la parfaite illustration du naufrage de la presse française qui a perdu une grande partie de sa crédibilité en raison de son Maccarthysme, du formatage et des insuffisances de ses journalistes. Cette presse militante et moribonde qui ne survit que par les aides de l’État et les abonnements institutionnels n’a d’ailleurs plus aucune influence à l’extérieur de sa niche écologique parisiano-conformiste.

2) Je ne ferai pas de droit de réponse et cela pour deux raisons : la première est qu’il serait caviardé et la seconde parce que je touche beaucoup plus de lecteurs et plus rapidement, avec un simple communiqué diffusé par internet. D’autant plus que nombre des visiteurs de mon blog font suivre mes communiqués à leurs réseaux, ce qui en démultiplie les effets.

Bernard Lugan, le 28/01/12
L’Afrique Réelle : www.bernard-lugan.com


[1] Rwanda: le génocide, l’Église et la démocratie. 234 pages, 22 cartes, Le Rocher, 2004

[2] Rwanda. Contre-enquête sur le génocide. 330 pages, 10 cartes, Privat, février 2007.

[3] Expert assermenté par la Cour dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T). La synthèse de ces rapports a été faite dans Rwanda : Contre-enquête sur le génocide. Privat. Bernard Lugan (2007)

Sopo : un dogme, “Le racisme anti-blanc est une notion forgée par l’extrême-droite et le Front National” [audio]

Sopo : un dogme, "Le racisme anti-blanc est une notion forgée par l'extrême-droite et le Front National" [audio]

Pour Dominique Sopo (photo), président de SOS Racisme, c’est un dogme qui n’admet pas la discussion “Le racisme anti-blanc est une notion qui a été forgée par l’extrême- droite et par le Front National”. Ce n’est rien d’autre.

Dans Carrément Brunet (RMC). Aucune discussion n’étant possible avec Dominique Sopo (intolérance quand tu nous tiens !), Eric Brunet -l’animateur de l’émission- est obligé d’arrêter le débat.

Dans la mise en évidence du racisme anti-blanc il faut noter le rôle particulièrement actif des Identitaires par exemple lors du procès d’Houria Bouteldja.

Crédit photo : Parti socialiste, licence CC.

[Tribune libre] Cette gauche haineuse ressemble de plus en plus à l’extrême droite – Par Cyrano

[Tribune libre] Cette gauche haineuse ressemble de plus en plus à l’extrême droite - Par Cyrano

Il y a un an, le 18 décembre 2010, se tenaient les Assises sur l’islamisation de nos pays. Pendant toute une journée, espace Charenton, dans une salle pleine à craquer, 1200 spectateurs -et 600.000 internautes du monde entier grâce à la magie d’Internet- entendirent, en direct, les discours, tous de qualité, des vingt-cinq intervenants que nous avions conviés. Personne n’a oublié le formidable accueil reçu par Oskar Freysinger, ni les slogans « Liberté, liberté » qui accueillirent la fin du discours de René Stadtkiewicz. Le savoir-faire organisationnel des Identitaires, ajouté à l’apport des réseaux de Riposte Laïque, de Résistance républicaine, et l’aide de nombreux amis, assurèrent la réussite d’une initiative qui demeurera historique.

Pourtant, certains déployèrent beaucoup d’énergie pour que cette initiative soit interdite. Les fascistes de Forsane Alizza, se croyant dans un pays musulman, avaient cherché à intimider les responsables de l’espace Charenton, les sommant de décommander l’initiative sous peine de représailles pour leur local. Le stalino-mélenchonien Alexis Corbière, qui avait oublié que le Mur de Berlin était tombé, avait écrit au préfet, pour lui demander d’interdire l’initiative. Bertrand Delanoé en personne avait mis tout son poids, et relayé la démarche de son adjoint. Une bonne vingtaine d’associations, dont les inévitables « anti-racistes », syndicats (dont Sud-Rail !) et partis politiques de gauche avaient appelé les masses parisiennes à venir manifester contre « l’extrême droite », derrière une grande banderole « Non à l’islamophobie ». Houria Bouteldja était dans le cortège des cinquante contre-manifestants, ainsi que la grande prêtresse de la bien-pensance, Caroline Fourest, qui fit profiter les médias présents de son verdict, quant à l’initiative : « Les organisateurs sont des racistes, car ils luttent contre l’islamisation, et pas contre l’intégrisme ! ». Guillaume Ayné, pour SOS Racisme, nous faisait le coup des « heures les plus sombres de notre Histoire ». Bref, nous avions, sur le terrain, cette alliance, même s’ils ne manifestaient pas ensemble, des fascistes islamistes de Forsane Alizza et de toute la gôche bien-pensante, pour faire interdire ces Assises, au nom du combat contre l’extrême droite. Un nouveau tir croisé contre la laïcité !

Un an après, il est intéressant d’écouter cette interview du psychanalyste Guy Sauvage, auteur de la vidéo-choc de la rue Myrha (1,6 million de vues) et d’un article fort intéressant, dans Riposte Laïque, intitulé : « Le terme extrême droite est devenu l’insulte des médiocres ».

Dans une entretien fort intéressant de 30 minutes, réalisé par le site Enquête et Débats, Guy revient sur la notion d’extrême droite.

Il explique qu’aujourd’hui, des militants qui se réclament des valeurs de la gauche projettent sur d’autres ce qu’ils sont réellement. Il démontre que la démocratie, c’est l’amour du débat, de la confrontation, le respect et l’écoute de son adversaire, la recherche d’arguments pour convaincre, et se montre abasourdi par la haine de l’autre que véhicule toute une partie de la gauche. Il voit des pans entiers de ce camp se rapprocher dangereusement de l’idéologie d’extrême droite, et s’éloigner dramatiquement de toute référence humaniste. Il se montre accablé par la judiciarisation du débat démocratique, contraire à nos principes démocratiques.

Regardons, ces derniers jours, ce que nous ont montré ceux qui voulaient interdire nos assises. Ne parlons pas de Forsane Alizza, qui multiplie menaces graves et provocations, et assume au grand jour sa volonté d’imposer la charia en France. Examinons ceux qui, ce 18 décembre, rejoignaient ces fanatiques musulmans dans le refus de l’islamophobie et la demande d’interdiction de nos assises.

SOS Racisme a voulu, il y a quelques semaines, empêcher notre camarade Pascal Hilout d’apporter son soutien au journal Charlie Hebdo, suite à l’incendie de ses locaux. Le commissaire politique Guillaume Ayné a demandé à ses nervis de virer physiquement Pascal, et seule l’intervention du public a empêché que notre ami ne soit molesté. Le prétexte ? Selon ce dirigeant, Pascal Hilout serait d’extrême droite ! Les mêmes nervis de Sopo se sont distingués en participant activement au coup de force de 150 gaucho-fascistes, qui ont interdit à une candidate aux présidentielles, Marine Le Pen, de défendre son programme économique, à l’université de Dauphine, où une association d’étudiants l’avait invitée. Est-il abusif de dire que SOS Racisme a des pratiques d’extrême droite ?

Alexis Corbière, maire-adjoint du 12e arrondissement, un des principaux lieutenants de Jean-Luc Mélenchon, a intimidé, il y a un mois, Claude Goasguen pour faire interdire Pierre Cassen et Christine Tasin d’un salon littéraire organisé à la mairie du 16e arrondissement, à Paris, par le Bnai Brith. La simple démarche d’écrire à un maire pour faire interdire un livre et ses auteurs, après avoir écrit à un préfet pour faire annuler une réunion démocratique, est-elle une pratique de gauche, ou une pratique d’extrême droite ?

Caroline Fourest se comporte ouvertement en journaliste en service commandé, payée, avec l’argent de nos impôts, pour démolir, dans des reportages totalement à charge, sans droit de réponse, une candidate aux présidentielles qui ne plaît pas aux dirigeants du système. Une vision aussi totalitaire de l’information, digne de la propagandastaffel des pires régimes dictatoriaux, est-elle plus proche des valeurs démocratiques de gauche, ou de celles totalitaires de l’extrême droite ?

Houria Bouteldja, qui ne cache pas sa haine pour les Blancs, ni sa volonté de revanche à leur encontre, ni son admiration pour le Hamas et ses projets anti-juifs, se voit soutenue, lors de son procès pour incitation à la haine raciale, par l’ensemble de la gauche, les mouvements pro-palestiniens et même un syndicat comme la FSU. Les propos et les actions d’Houria Bouteldja se situent-ils davantage du côté de l’humanisme ou de la haine ? Sont-il davantage porteurs des idéaux de la gauche, ou de ceux de l’extrême droite ?

La Ligue des Droits de l’Homme a décidé de poursuivre devant les tribunaux Pierre Cassen et Pascal Hilout, pour le grotesque prétexte de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Mais la même LDH soutient un imam radical, qui appelle à la haine des juifs, à Vesoul, et s’oppose à son expulsion… au nom de la liberté d’expression ! La démarche de cette association, qui interdit tout débat démocratique sur l’islam, mais défend des imams racistes et extrémistes, est-elle plus proche des idéaux de la gauche, ou de ceux liberticides de l’extrême droite ?

Nous pourrions naturellement multiplier d’autres exemples. Oskar Freysinger, invité vedette des Assises de Charenton, expliquait, dans une interview à Robert Ménard, dans le remarquable trimestriel « Médias » que « La France n’est pas un pays d’hommes libres », et montrait sa stupéfaction qu’au pays de Voltaire, la liberté d’expression soit ainsi malmenée. Interpellé par le journaliste sur son étiquette de « facho », Oskar répondait ceci, avec son inimitable sens de la provocation : « J’en arrive à me dire que les fachos sont sympathiques. Eux, au moins, respectent le jeu démocratique. Les fameux bobos socialistes qui n’ont que le mot tolérance et ouverture à la bouche, sont les pires intolérants. Ils sont impitoyables. Je suis fondamentalement bienveillant, mais je suis en colère. Je n’avale pas les salades. Donc, je me bats, simplement, pour que les gens aient le droit de dire ce qu’ils pensent, qu’ils aient un réel pouvoir politique, qu’on leur laisse choisir leur destin ».

Comment mieux résumer ce qui nous sépare aujourd’hui de toute cette fausse gauche bien-pensante, donneuse de leçons, qui, loin de véhiculer les valeurs de Voltaire, ni l’humanisme de leur héritage, ne produit que haine et démarche liberticide à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux ? Nous ne partageons ni l’ensemble des conceptions des Identitaires, des animateurs du Local, d’Oskar Freysinger, de l’abbé de Tanoüarn, de Radio Courtoisie, de Robert Ménard et de tous ceux que la bien-pensance classe à l’extrême-droite. Mais nous constatons qu’on peut discuter avec eux, de manière respectueuse, sans perdre son âme. Les Identitaires n’aiment pas notre côté jacobin, nous ne nous retrouvons pas dans leur côté régionaliste, nous causons, et sommes capables d’agir ensemble. Quand nous faisons une conférence, au Local, nous y trouvons des spectateurs avec qui les échanges sont vifs. Cela n’empêche ni l’approfondissement du débat, ni de boire un coup après. Christine Tasin ne craint pas la confrontation avec Oskar Freysinger sur l’avortement. Elle ne craint pas davantage celui avec Dieudonné. Pierre ne recule pas devant un débat avec un royaliste catholique traditionnaliste. Pierre et Christine parlent laïcité avec l’abbé de Tanoüarn, et ils sont capables de montrer l’importance de nos racines chrétiennes sans accorder la moindre chance au christianisme d’imposer sa vision du monde…

Pascal Hilout débat avec un prêtre traditionaliste, les désaccords sont nombreux, mais ils s’expriment dans le respect. Nos intervenants acceptent les invitations de Radio Courtoisie, sans mettre leur drapeau dans la poche. Robert Ménard, sans cacher ses grosses divergences avec Riposte Laïque, montre qu’il est un vrai défenseur de la liberté d’expression en leur donnant la parole… N’est-ce pas cela, la France de Voltaire, sa culture du débat, de l’échange, de la confrontation démocratique ? N’est-ce pas tout simplement la France ? Pourquoi plus aucune force se réclamant encore des valeurs de gauche est-elle capable de mener ces débats, et se contente-elle d’insulter, de manière haineuse et médiocre, ses contradicteurs ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas rompu avec une culture totalitaire que le stalinisme incarnait de manière monstrueuse. Tout simplement parce qu’ils n’aiment pas la France, son histoire et ses traditions.

Par une inversion extraordinaire de l’Histoire, ceux qu’on appelait hier « les fachos » ont compris que le processus démocratique était une évolution incontournable, et qu’on n’imposait pas son poids de vue, surtout quand il est très minoritaire, à coups de poings et de rangers.

Les psychanalystes évoquent souvent la théorie de l’inversion accusatoire. Comment mieux illustrer cette théorie qu’en regardant une gauche de médiocres, pour reprendre l’expression de Guy Sauvage, qui hurle contre une extrême droite à laquelle elle ressemble de plus en plus…

Cyrano

[box class=”info”] Source : Riposte Laïque. [/box]

Le terrorisme « d’extrême droite » ou comment le mythe du « climat politique » est mis au service de l’oligarchie

Le terrorisme « d'extrême droite » ou comment le mythe du « climat politique » est mis au service de l'oligarchie

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Quand un musulman se livre à un acte terroriste, les médias de la superclasse mondiale mettent en cause, non les musulmans en général, mais les seuls terroristes islamistes. Quand l’extrême gauche commet un attentat, les médias se gardent d’accuser l’idéologie de gauche. Quand un écologiste perpétue une tuerie, les médias ne criminalisent pas le mouvement écologiste. En revanche, les attentats réputés « d’extrême droite » débouchent sur des emballements médiatiques : l’objectif est de criminaliser les courants populistes coupables de créer un climat. Dans un cas l’amalgame est condamné, dans l’autre il est recommandé ! A l’aube d’une élection présidentielle propice à toutes les manipulations, Michel Geoffroy fait le point.

Polémia [/box]

 

Norvège et Allemagne : des terroristes très… électoraux

En Norvège, la tuerie organisée par Anders Behring Breivik intervient en juillet alors que les élections locales sont prévues à la mi-septembre 2011. Son geste provoque évidemment une grande émotion qui franchit les frontières de la Norvège. Dans tout le pays on défile contre la xénophobie.

Avant les attentats, le Parti du progrès avait le vent en poupe et rassemblait près de 30% des intentions de vote, alors qu’une majorité de la population (53,7%) réclamait un arrêt de flux migratoires. Après l’acte criminel de celui qui se déclarait anti-islamiste et « révolutionnaire conservateur », le Parti du progrès chute de 6 points par rapport à son score municipal de 2007, au bénéfice des conservateurs et travaillistes. L’attentat a fait oublier l’immigration ! Le fait qu’Anders Behring ait été membre du Parti du progrès jusqu’en 2006 a évidemment porté. Très obligeant d’ailleurs, ce Behring, qui a pris le soin de noircir des milliers de pages pour justifier son geste et exposer, dans un incroyable salmigondis idéologique, ses motivations. Ce qui permet de désigner en retour les mauvaises idées pousse-au-crime : l’anti-islamisme. CQFD.

Au Danemark, voisin de la Norvège, le Parti du peuple danois reculera, lui, d’un point aux élections législatives du 15 septembre 2011, alors même que c’était l’une des rares formations européennes à avoir pu imposer une législation plus restrictive sur l’immigration.

En Allemagne, alors que les tensions politiques autour de l’euro se multiplient, revoilà les « néonazis », forme particulière d’extrême droite. Une valeur sûre, ces néonazis : ils sont toujours là quand on en a besoin. La police vient donc de « découvrir » que des néonazis auraient perpétré de nombreux attentats contre des immigrés en toute impunité jusqu’à leur suicide et l’arrestation d’une complice. Noter que c’est le propre de tout criminel de nos jours : jusqu’à son crime il était en liberté, voire encore après, ce qui lui permet de récidiver… Mais là c’est plus grave : ces criminels s’en sont pris à des immigrés. Un des membres de leur groupuscule a fait, en outre, exploser leur repaire sous l’œil complaisant des caméras. Mieux que la bande à Bonnot ! Moralité : ceux qui s’en prennent à l’immigration sont des criminels en Allemagne aussi. Et les deux criminels se sont opportunément suicidés. Rappelons qu’en Allemagne, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a refusé en 2002 la dissolution du parti NPD alors voulue par le gouvernement : en effet, les actes criminels reprochés à ce parti avaient été commis par des agents provocateurs infiltrés par les policiers de l’Office de protection de la constitution (la police politique). Mais on prête à Angela Merkel, issue de l’Allemagne de l’Est, la volonté de rouvrir le processus.

De Copernic à Carpentras, histoire des manipulations françaises

Et en France, me direz-vous ? Petit rappel.

L’attentat contre la synagogue de la rue Copernic a lieu le 3 octobre 1980. L’attentat est tout de suite revendiqué par un mystérieux faisceau nationaliste révolutionnaire. Les médias mettent alors en scène à l’envi la FANE, Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule fantomatique et manifestement noyauté par la police. Cette piste est fausse puisqu’on sait aujourd’hui que l’attentat a été commandité par l’une des mouvances du FPLP palestinien, également responsable d’attentats aux Pays-Bas. Mais la rumeur suffit pour dénoncer « l’extrême droite » et finalement toute la droite. On manifeste alors en scandant « Bonnet*, Giscard, complices des assassins ». L’attentat de la rue Copernic servira aussi à lancer une vaste campagne de diabolisation contre la Nouvelle Droite et Le Figaro magazine, une première du genre dans notre pays. Le fait que tout cela se produise avant l’élection présidentielle de 1981, qui verra la défaite de Valéry Giscard d’Estaing, tient évidemment au pur hasard !

La profanation du cimetière de Carpentras est perpétrée en mai 1990. Sinistre affaire, dont les protagonistes disparaîtront curieusement de mort violente ensuite. C’est aussi, bien sûr, un hasard que « ne s’explique pas » Yves Bertrand, ancien directeur des RG. Mais l’orchestration de l’affaire de Carpentras a permis de diaboliser le Front national, alors en plein développement, et de lui accoler durablement l’étiquette d’antisémitisme. Après Carpentras le piège se referme donc sur la droite qui s’interdit désormais toute alliance avec un Front national aussi diabolique.

Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie tente de tirer à la carabine sur le président de la République. On apprendra alors qu’il a appartenu aussi à « l’extrême droite ». Son geste intervient après le « coup de tonnerre » du 21 avril, qui voit Jean-Marie Le Pen présent au second tour de l’élection présidentielle. Comme quoi tous ces gens qui incarnent la « bête immonde » sont dangereux…

Il ne faudrait pas, bien sûr, oublier tous les skinheads et hooligans qui se prêtent gentiment et périodiquement à des émissions de télévision mettant en scène leurs provocations racistes ou néonazies ou qui tabassent un Africain au bon moment : par exemple lors d’un défilé du Front national.

Des terroristes bien médiatiques

Bien entendu, il ne viendrait à l’esprit de personne de mettre ces différentes affaires sur le même plan. Il faut notamment distinguer les faits qui sont effectivement commis par des personnes dites « d’extrême droite » de ceux qui leur sont imputés à tort, même si le traitement médiatique est le même. En outre, dans un contexte où l’insécurité et la violence civile explosent depuis le dernier quart du XXe siècle, il est statistiquement inévitable que des délits soient aussi commis par des personnes ayant des opinions politiques dites de droite extrême. Mais quand même, ces différentes affaires présentent certaines similitudes intéressantes à examiner.

D’abord, ces crimes ou ces attentats spectaculaires interviennent souvent à l’occasion d’échéance électorales importantes. Manifestement, les déséquilibrés d’extrême droite aiment faire parler d’eux en période électorale. C’est, bien sûr, le fruit du hasard.

Ensuite, ces actes sont souvent le fait d’individus ou de groupuscules à l’existence trouble et fugace. Bizarre, ce Behring, qui dit ne pas aimer les musulmans et se préparer à la guerre ethnique, mais qui tire uniquement sur… des Norvégiens.

L’amalgame politique

Enfin, ces actes sont placés sous le signe de l’amalgame politique, une différence notable avec les autres terrorismes.

En effet, quand un terroriste ou un criminel est musulman, par exemple, la première réaction des pouvoirs publics consiste justement à prévenir tout amalgame vis-à-vis de cette communauté. On a d’ailleurs forgé le concept « d’islamisme », pour éviter tout amalgame entre les gentils musulmans, tolérants et pacifiques que nous accueillons volontiers, et les méchants islamistes qui conduisent le jihad. Après le 11-Septembre, les Etats-Unis ont lancé la guerre « contre le terrorisme », mais sans mettre du tout en cause l’islam. Nuance. Mais en présence du terrorisme d’extrême droite, l’amalgame est au contraire de règle.

La fumeuse théorie du climat politique

Le système médiatique et judiciaire met en scène en permanence la théorie du « climat politique », appliquée aux seuls comportements criminels de « l’extrême droite ».

Selon cette théorie, ce serait le climat intellectuel provoqué par les partis populistes (les médias parlent, par exemple, de « lepénisation des esprits ») qui conduirait certains individus à passer à l’acte criminel.

Ainsi lors de la profanation de Carpentras, le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, dénonce les coupables : « le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance ». Donc les vrais criminels sont… des idées et d’une façon générale celles que l’on impute à « l’extrême droite » qui véhiculerait – seule – « un discours de haine et d’intolérance ». Suivez mon regard.

En d’autres termes ce n’est pas Behring qui est coupable, mais tous les Norvégiens qui sont intolérants à l’égard des musulmans et qui créent ainsi un « mauvais climat ». Ce ne sont pas ceux qui appuient sur la détente ou qui activent le détonateur qui sont coupables. Ce ne sont pas ceux qui ouvrent les portes à l’immigration musulmane. Non, ce sont ceux qui parlent, qui écrivent ou qui dans leurs votes s’inquiètent à propos de l’immigration.

On notera cependant que face au terrorisme rouge, on n’a jamais appliqué cette curieuse théorie du « climat » : on n’a jamais dit, par exemple, que les vrais responsables des attentats commis par les Brigades rouges, Action directe ou la Fraction Armée rouge, s’appelaient marxisme, lutte des classes, haine de classe ou socialisme.

Et personne ne pensa à reprocher la tuerie du conseil municipal aux Verts et à la Ligue des droits de l’homme dont l’auteur, Richard Durn, était pourtant membre et militant [Note de Novopress : Richard Durn était même un responsable de la Ligue des droits de l’homme puisqu’il était trésorier de la section de Nanterre de la Ligue des droits de l’homme.]

Diaboliser la vague identitaire

Cette approche remplit une fonction politique bien précise, en réalité. Elle vise à criminaliser les prises de position identitaires et hostiles à l’immigration qui émanent des Européens de souche.

La justice a déjà, avec le concept « d’incitation à » – à la haine raciale notamment – théorisé une arme juridique redoutable pour ce faire. Il suffit de lire la jurisprudence, abondante en la matière, pour se rendre à l’évidence : les juges ont désormais une approche très extensive du concept « d’incitation ». Le simple fait d’exprimer une opinion critique vis-à-vis de telle ou telle personne ou de tel Etat peut aujourd’hui se trouver incriminé même s’il ne débouche sur aucun acte concret.

Nous y voilà : la fonction du terrorisme « d’extrême droite » est justement de donner un contenu, si possible très médiatique, au mythe du passage à l’acte des théoriciens d’extrême droite. L’attentat terroriste est emblématique, car il suscite une juste réprobation.

La scénarisation du terrorisme d’extrême droite sert aussi à inverser une réalité politiquement incorrecte qui déplaît à l’oligarchie : les crimes et délits qualifiés de « racistes » ou « xénophobes » – c’est-à-dire dont les victimes ne sont pas européennes de souche – sont heureusement extrêmement rares en Europe, alors que les partis populistes sont en progression partout. Ce qui infirme pour le moins la prétendue théorie du « climat intellectuel ». Mais surtout, ces actes sont sans commune mesure avec l’explosion des crimes et délits qui se rencontre partout en Europe et dont sont en général plutôt victimes les autochtones.

A qui profite le crime ?

La superclasse mondiale doit aujourd’hui livrer un combat politique majeur partout en Europe : imposer la « gouvernance » que veulent les marchés – et les équipes formatées qui vont avec – à des peuples de plus en plus réticents à supporter tous les sacrifices que cela implique, en particulier une immigration de peuplement massive et durable. Ce combat, elle est de moins en moins sûre de le gagner.

Alors, dans ce contexte, la scénarisation du terroriste « d’extrême droite » joue un rôle important sinon crucial : elle permet d’instrumenter le procès de tous ceux qui refusent l’immigration de peuplement et qui se trouvent assimilés à des criminels potentiels : le « crime par la pensée », comme dans le monde orwellien, étant réputé conduire au crime de sang.

C’est sans risque, car on ne sanctionne pas en Europe « la populo-phobie », bien au contraire. En outre, on diffuse ainsi la mauvaise conscience chez les identitaires, puisqu’ils hébergeraient des monstres en leur sein. Enfin, c’est tout bénéfice politique puisque cela contribue à affaiblir les partis populistes, c’est-à-dire la seule vraie alternative à l’oligarchie.

Il faut donc être vigilant face aux emballements médiatiques auxquels donne lieu et donnera lieu le sensationnel des attentats dits d’extrême droite. Et pour cela se poser une question simple mais donc essentielle : à qui profite vraiment le crime, qui le commandite et quels intérêts sert-il vraiment ? Car les terroristes d’extrême droite ont bien mérité de l’oligarchie !

Michel Geoffroy

(*) Le ministre de l’Intérieur de l’époque.

Voir aussi :

Réflexions sur un carnage : Gare à la précipitation et aux amalgames
« Extrême droite »… de l’art de cultiver « une marque épouvantail »
Petite histoire des campagnes de diabolisation
« Je ne sais rien… mais je dirai (presque) tout » Par Yves Bertrand – Conversations politiquement incorrectes

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 25/11/2011 [/box]

« Extrême droite »… de l’art de cultiver « une marque épouvantail »

Avec les prémices de la campagne pour les présidentielles refleurissent en cet été frémissant, tels les droseras affamés dans les tourbières, les concepts épouvantails, les bûchers de l’Inquisition et les procès en sorcellerie. Vidée de sens et remplie de haine, l’accusation d’ « extrémisme de droite » est ainsi à nouveau largement utilisée pour brocarder de façon systématique tous ceux qui se situent en dehors du champ des « partis de gouvernement », bien loin donc du Fouquet’s et du Sofitel… donc extrêmement populistes, extrêmement populaires, extrêmement ordinaires.

Des mots inquiétants…

Il convenait de s’arrêter, l’espace d’un instant, sur cet étrange et vieux réflexe afin d’imaginer (ou tout au moins tenter à nouveau de le faire) la réponse qui doit lui être opposée.

Tout d’abord un passage obligé : le bref rappel historique qui contextualise mais n’instruira pas grand monde. La formule « extrême droite » est née au milieu du XIXe siècle dans les tabernacles d’une gauche fustigeant par ces mots inquiétants l’antiparlementarisme et la nostalgie de l’Ancien Régime. Nous le retrouverons bien plus tard pour qualifier les antidreyfusards, puis le défilé du 6 février 1934 qui comprenait pourtant des ligues d’horizons bien différents, depuis les Camelots du Roi jusqu’à l’Association des anciens combattants communistes !

Les deux partis phares de la collaboration, le PPF (Parti populaire français) et le RNP (Rassemblement national populaire) respectivement dirigés par Jacques Doriot (issu du Parti communiste !) et Marcel Déat (issu de la SFIO !) furent étrangement tatoués à la Libération de cette estampille sulfureuse alors même que les mouvements plus ou moins issus de « l’extrême droite » du cru XIXe s. (L’Action française de Charles Maurras ou les résistants Croix de Feu du colonel de La Rocque) avaient pour leur part assez clairement marqué leur distance avec Vichy et l’occupant.

Pas un mot sur les origines intellectuelles du national-socialisme né à l’évidence dans les éprouvettes fumeuses d’une certaine gauche. Pas un mot sur certains socialistes (parfois lumineux bien que loin des Lumières) : Proudhon, Sorel, Barrès, Vacher de Lapouge, qui ont mis, sans le vouloir vraiment, leur grain de sel à ce grand bouillon d’avant-guerre.

Tout cela fut étonnamment et définitivement « packagé » sous l’horrible et sanguinolente enseigne « d’extrême droite ». L’ombrelle diabolisante sera, bien entendu, à nouveau utilisée lors de la guerre d’Algérie pour qualifier l’OAS et la mouvance nationaliste de l’époque.

Avec le renouveau du nationalisme dès la fin des années 1970 et ses deux ou trois casseroles aux couleurs lessivées de l’Algérie française et aux sonorités un brin CIDUNATI, nous devions nous attendre (bien qu’il n’y ait pas eu de filiation véritablement établie) à une nouvelle et puissante expression de « l’art de cultiver la marque épouvantail ». Nous n’avons pas été déçus ! Et nous ne retracerons pas ici – les bons ouvrages existent sur le sujet – tout l’historique des campagnes de diabolisation auxquelles se sont ralliés, par ailleurs, la plupart des hommes politiques et intellectuels par facilité et conformisme, parfois même à leurs dépens.

Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression…

La réalité qui doit être enfin posée est que ce processus est pour la gauche une prodigieuse machine à dominer le monde des idées en lui assurant de façon récurrente une redoutable capacité à choisir ses adversaires. Raviver le Diable, c’est mettre le Purgatoire sous pression et désigner le Diable, c’est procéder à l’exclusion du débat démocratique, à l’excommunication d’une partie de ses opposants. On ne discute pas avec le Diable ! Climat de délation, manichéisme, vigilance sur les dissidences, pensée sous préservatif… tout le paysage politique de droite s’est ainsi retrouvé piégé par les nouveaux Grands Inquisiteurs. Tout le paysage, car lorsqu’est prononcée la terrible formule « extrrrême drrroite », que l’on croirait sortie de la gueule d’un berger allemand en colère un soir de novembre à Birkenau, est lâché du même coup le mot « drrroite » ; en filigrane, dans la droite en général se profilerait la possibilité d’une dérive droitière voire ultra droitière donc diabolique (la vision d’un monde ultra bourgeois ou bien d’un monde fascisant serait en gestation chez ces gens de droite finalement réactionnaires et, au bout du compte intellectuellement peu fréquentables).

Nous sommes bien loin de la douceur et des cimes humanistes vers lesquelles nous propulse le circonflexe de la Gôôôche !

Au-delà des chiens de garde institutionnels et des procès d’intention caricaturaux et sectaires à la Caroline Fourest, attardons-nous sur des exemples moins grossiers mais tout aussi pernicieux. Ainsi la thématique du mariage gay brandie à présent par « les forces de progrès » peut faire partie de ces régénérateurs insidieux de la « marque-épouvantail ». En cherchant à officialiser et sacraliser ce qui mérite tout au plus un « droit à l’indifférence » sont créées les conditions de l’amalgame, toute opposition à cette revendication étant susceptible d’être vécue comme l’expression d’une certaine homophobie, penchant révélateur d’une dérive droitière latente. Le piège est tendu. Il n’y a plus qu’à attendre que les « extrémistes » de tout poil ou les « assimilés » maladroits mais bien à droite façon Brigitte Barèges s’y prennent les pieds.

La gauche a plus à gagner de ce type de régénération que de la cause elle-même qui pourrait bien, du reste, ne pas trouver l’écho escompté.

Ce drapeau que nous tend l’adversaire…

Comment, dès lors, se situer à partir d’un vocabulaire galvaudé, truqué, manipulé, au service du jihad de la bien-pensance gauchiste ? Comment accepter en guise d’étendard le drapeau que vous tend, narquois, l’adversaire !?

L’accepter par facilité de langage ou provocation n’est pas la solution : la provocation c’est, certes, la garantie de trouver un fonds de commerce mais c’est aussi la certitude de demeurer dans une niche.

Imaginons un instant une entreprise apposant sur ses produits une marque généreusement concoctée puis cédée gracieusement par son principal concurrent !

Une marque repoussoir est définitivement disqualifiée, disqualifiante, dégradante, déshumanisante. Dire de quelqu’un qu’il est « d’extrême droite » doit être désormais considéré comme une injure et devrait valoir et justifier à ce titre dès que possible une plainte en justice au même titre que l’injure « raciste ».

« Droite », « Nouvelle Droite », « Extrême Droite » sont des mots grillés dès le départ, inventés ou cultivés par l’adversaire, constamment détournés et massacrés. L’un des essais les plus brillants et décapants du XXe siècle, l’excellent Vu de droite d’Alain de Benoist salué par l’Académie française, ne venait pas de l’extrême droite pas plus d’ailleurs que de la droite ; une seule chose lui aura fait défaut : un bon titre. Car en exprimant ainsi une vision du monde au-delà de la gauche, les instruments de torture étaient offerts avec l’ouvrage à la Police de la pensée qui dès lors n’avait même plus à s’attarder sur son contenu. Nouvelle Droite, un rejeton de l’hydre enfin disponible pour relancer l’ affaire.

Comme le remarque François Bousquet : « La Nouvelle Droite est une marque déposée, mais l’initiative n’en revient curieusement pas à ses pères fondateurs ».

Se réapproprier ce que l’on est vraiment : vivent les néologismes !

Voilà donc une remarquable entreprise de marketing idéologique menée de longue date avec une constance étonnante, un terrorisme intellectuel terriblement efficace se régénérant sans cesse, qui contraint ceux qui aujourd’hui représentent une certaine avant-garde aux antipodes de l’antiparlementarisme, porteurs d’une vision du monde alternative, d’un souffle démocratique véritable et d’un sentiment d’appartenance profondément enraciné, à inventer de nouveaux mots : les mots de l’intelligence après la gauche. Identitaires, nouveaux résistants, différentialistes, éco-localistes, néo-européens, euro-protectionnistes, ou, plus intello : post-modernes ou archéofuturistes, intéressant, pas totalement satisfaisant… Il y a encore beaucoup de place au tableau pour les orages d’esprit les plus créatifs. L’heure est à la production de concepts nouveaux pour nous réapproprier ce que nous sommes vraiment et le faire savoir.

Loin des phonèmes piégés, les néologismes peuvent avoir cette incroyable capacité à montrer le monde tel qu’il vient de surgir, tel qu’il a toujours été et à préfigurer ce qu’il pourrait être.

J.H. d’Avirac

[box class=”info”]Source : Correspondance Polémia[/box]

Voir aussi :

Dictionnaire de Novlangue
Dictionnaire de la réinformation
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation
Petite histoire des campagnes de diabolisation