Ramadan – Les désaccords d’Evian

Evian Ramadan

C’est l’histoire d’un vendeur d’eau qui avait oublié que les musulmans de France étaient en plein ramadan. Ce mardi, la personne chargée du compte Twitter de la marque Evian postait un message demandant si tout le monde avait bien bu un litre d’eau aujourd’hui. Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les musulmans du réseau social accusant la marque d’islamophobie manifeste. Comment peut-il oser demander si tout le monde a bu aujourd’hui alors que les croyants n’avaient pas le droit de boire ? Devant le torrent d’insultes et de menaces, et plutôt que d’assumer sa question, la marque a présenté ses excuses. On serait presque tenté de penser que Pilate s’était lavé les mains avec de l’eau d’Evian spécialement importée par galère.

Cette affaire est anodine mais elle révèle deux choses : premièrement, la France tout entière est censée se mettre au pas du ramadan. Les entreprises et les citoyens sont priés de s’abstenir de parler de nourriture ou d’eau en public de peur d’exciter la susceptibilité de ses habitants musulmans. Deuxièmement, elle démontre la force de frappe de ces mêmes musulmans capables de faire faire demi-tour à n’importe qui. Elle est révélatrice de la peur qui paralyse l’opinion dès qu’il s’agit de cette frange de la population. Un tag sur une mosquée ? Le ministre de l’Intérieur se déplace. Pour les catholiques, il faut au minimum une église qui brûle pour espérer voir un ministre arriver.

A vrai dire, depuis plusieurs mois, le climat est irrespirable. Pas à cause d’une supposée et délirante islamophobie d’Etat comme aime à le prétendre la France Insoumise pour raisons électorales évidentes, mais bien à cause de cette montée en puissance d’un islamisme grimpant maquillé en indigénisme. Ne serait-ce que l’annonce de la sortie d’un album de slam interprété par Tariq Ramadan. Un exercice artistique douteux qui voit l’ex-meilleur ami musulman de la gauche parisienne déclarer « Vous allez perdre vos privilèges et votre identité. Vous serez sauvagement remplacés ». Tout un programme. Dans ce climat irrespirable ponctué de violences gratuites (qui a parlé de Christophe, 45 ans, égorgé au bas de son immeuble dans le Nord ?), de séparatisme avéré et d’attaques terroristes, la France parvient encore à être prise en otage par une supposée islamophobie. Qui parmi les musulmans dénonce cette supercherie ? Dans le concert de pleureuses, heureusement certaines réactions de bon sens comme Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande mosquée de Paris qui a estime sur RTL qu’il n’y a « pas du tout » un climat anti-musulmans en France.

Il y a quelque chose de fascinant d’ailleurs à voir les journalistes chercher frénétiquement des figures médiatiques de l’islam affirmer la paix et la modération sur une antenne ou une chaîne de télévision. Une fois que vous avez invité plusieurs fois l’imam Chalghoumi, vous tournez vite en rond. Le débat sur le séparatisme a montré un sursaut français léger, l’affaire des mosquées de Strasbourg a fait tweeter tout le monde, mais derrière, rien. La conquête se poursuit. La seule chose que demande la France, c’est qu’elle se fasse en douceur.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2021

Hollande veut fêter la victoire du FLN

09/03/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

C’est une première dans l’histoire de la Ve République, le « président » Hollande a annoncé sa présence lors des commémorations de la signature des accords d’Évian avec le FLN. Il prononcera un discours au Quai Branly, devant le mémorial national de la guerre d’Algérie. Le 19 mars 1962 correspond au début du cessez-le-feu prévu par les accords signés à Évian le jour précédent. L’Élysée a fait savoir que c’est le cessez-le-feu en lui-même que le président souhaite commémorer, et non la signature de l’accord du 18 mars. Pourtant, les persécutions notamment à l’égard des harkis et des pieds-noirs ont persisté après cette date. Un proche du président souligne la dimension stratégique et politique de l’acte, je cite : « Il va s’en servir pour nous inviter à regarder vers l’avenir ». François Mitterrand estimait, lui, que l’on peut choisir « n’importe quelle date sauf le 19 mars ».

Lu sur le net : “Algérie/Évian, mars 1962 : la censure”

Lu sur le net : "Algérie/Évian, mars 1962 : la censure"

[box class=info]Texte tiré du site officiel de Dominique Venner : www.dominiquevenner.fr[/box]
Un demi-siècle après les accords d’Évian du 18 mars 1962, la France officielle, en dépit de sa démocratie tant invoquée, interdit que l’on regarde la vérité en face. C’est ce qu’a démontré la censure dont a été l’objet l’historien Guy Pervillé, spécialiste reconnu de la guerre d’Algérie, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse-Le Mirail, auteur de La Guerre d’Algérie (PUF, Que Sais-je ? 2007). Comme il l’a expliqué sur son blog, il avait été contacté un an plus tôt par le directeur des Archives de France afin de rédiger un texte objectif sur la fin de la guerre d’Algérie pour Commémorations nationales 2012, publication annuelle du Ministère de la culture et de la communication (1). Il a remis son texte à la date prévue. Mais, peu avant publication, il a été informé que son texte serait amputé des 4/5ème, sans qu’il soit consulté et sans sa signature. Son texte intégral ayant été publié sur son blog, on s’aperçoit qu’a été censuré tout ce qui concerne l’enlèvement et les tueries de Français après les accords d’Évian, l’abandon et le massacre des harkis, ainsi que le rôle du général de Gaulle (dont le nom a même été supprimé).

Les accords d’Évian signés le 18 mars 1962 entre les représentants du gouvernement français et ceux du gouvernement provisoire algérien (GPRA) prévoyaient l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 19 mars à midi. Il n’en fut rien du côté algérien. Le jour même de la conclusion des accords, l’un des signataires français, Robert Buron, notait dans ses Carnets : « Les jours qui viennent vont être des jours de folie et de sang ». C’était bien vu.

Lu sur le net : "Algérie/Évian, mars 1962 : la censure"Dans son étude censurée, Guy Pervillé écrivait : « Le FLN profita des accords d’Évian pour reconstituer ses forces armées (2) et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. À partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS, dans les agglomérations d’Alger et d’Oran, mais aussi à l’intérieur de ces régions. Le 14 mai, la Zone autonome d’Alger […] rompit  ouvertement le cessez-le feu en déclenchant une série d’attentats. C’est alors que le président De Gaulle […] accepta l’avancement de la date du référendum algérien au 1er juillet […]. D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens “harkis” en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Évian. […] Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie. [Cependant], absence d’autorité incontestée et la compétition pour le pouvoir déclenchèrent de nouvelles vagues d’enlèvements et de violences meurtrières contre des Français d’Algérie (notamment des centaines d’enlèvement à Oran le 5 juillet) et contre d’ancien “harkis”. Les troupes françaises accueillirent et transférèrent en France les fugitifs, mais le gouvernement leur interdit de les rechercher sans l’accord des autorités algériennes… »

Depuis un demi-siècle, on répétait qu’Évian avait réglé le problème algérien et que seule l’OAS était responsable des violences et du malheur des Pieds Noirs. Et voilà que le travail des historiens mettait en cause le FLN et le gouvernement français.

Le professeur Pervillé poursuit : « Les enlèvements de Français diminuèrent après le 26 septembre 1962 qui vit l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement présidé par Ben Bella. Mais les massacres d’anciens harkis durèrent encore plusieurs mois et leur emprisonnement sous prétexte d’assurer leur sécurité, encore 10 ans. » Ce passage a également été censuré.

L’historien concluait son exposé en ces termes (censurés) : « Les accords d’Évian voulus par le gouvernement français comme « la solution du bon sens » se révélèrent une utopie qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie. »  

Dominique Venner


 Notes

  1. Déjà censuré l’année précédente, en 2011, au sujet de la célébration du centenaire de Céline, jugé inacceptable par Serge Klarsfeld. Le censure politique devient pratique courante. C’est ainsi que la direction de la chaîne I-Télé  a interdit la diffusion de l’émission Ménard sans interdit enregistrée le 13 décembre 2011, au cours de laquelle l’universitaire et africaniste Bernard Lugan commentait son livre Décolonisez l’Afrique (Ed. Ellipses) qui pose la question de la différenciation des peuples et des cultures. Pour plus d’informations : www.bernard-lugan.com
  2. Les forces du FLN avaient été en grande partie détruites par l’armée française (NDLR).