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Chard. Présent 8355

Europe, ville ouverte (Présent 8355)

15/05/2015 – EUROPE (NOVOpress)

« Pas un seul réfugié ou migrant intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré » : ainsi a répondu le ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne, Federica Mogherini, au gouvernement britannique qui demandait que les clandestins sauvés des eaux soient renvoyés chez eux. On croit rêver !
Voilà un homme, qui a dû régler une somme colossale à des passeurs, toute sa famille s’étant cotisée pour le lui permettre, qui a risqué mille morts et souffert dans un rafiot où il a erré, maltraité, affamé, mais le voilà, enfin, sur les terres européennes. Et là, il est interrogé par un agent qui applique les consignes de Mme Mogherini qui lui dit : « Nous pourrions vous expulser, et même nous le devrions, sauf si vous vous y opposez. Alors que préférez-vous ? Retourner dans votre pays misérable ou être accueilli dans un des vingt-huit États de l’Union, où vous serez soigné, logé, nourri, doté d’un pécule mensuel (514 euros en France), peu après, vous pourrez faire venir votre famille et si vous êtes en France, au bout de cinq ans vous pourrez tous devenir Français ? »

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Combien de « migrants » ou de « réfugiés » – jamais de clandestins – espère Federica Mogherini, vont-ils répondre : « Merci beaucoup, mais, finalement, tout bien réfléchi, le climat européen, un peu trop frisquet ne me convient pas, je préfère retourner au Mali à vos frais » ? Poser la question, c’est y répondre ! Est-ce angélisme ou cynisme pour dissimuler par une fausse compassion un scandaleux libéralisme qui déclare l’Europe ville ouverte aux clandestins ?

Songeons à l’injustice que constitue cette lâche politique à l’égard des étrangers, en Afrique ou ailleurs, qui, eux aussi, rêvent d’Europe, mais qui essaient d’y accéder par des voies légales en demandant leur visa, parfois pendant des années, sans grand succès. Ils voient que ceux qui violent nos lois reçoivent une prime à la délinquance en étant accueillis après avoir forcé nos frontières. Comment ne seraient-ils pas encouragés à les imiter ?
Installer dans les pays de l’Union ces individus interceptés sur les côtes italiennes, ce n’est qu’une « réponse » de Bruxelles au grand débarquement, l’autre devait être militaire, en frappant « à la source », là d’où partent les bateaux.
Mais il y faut le feu vert de l’ONU. L’Union, en défendant sa résolution, envisageait des « moyens amphibies » et des Forces spéciales en vue « de la destruction aérienne, terrestre et maritime » d’objectifs sur le sol libyen, donc un débarquement. Or, la même Federica Mogherini, mercredi, angélique, mais aussi pacifiste, a reculé d’un grand pas en déclarant : « Ce que nous préparons est une opération navale, destinée à perturber le modèle économique, des trafiquants. Il n’y aura pas de troupes européennes sur le sol libyen. » Alors qu’il s’agissait, à l’origine, d’anéantir l’infrastructure des passeurs, voire ces derniers eux-mêmes, on va maintenant seulement « perturber » leur « modèle économique ». Et pourquoi pas, Mme Mogherini, pour « perturber » leur modèle financier envoyer à la place des soldats un commando d’huissiers pour procéder à une saisie-arrêt sur leur compte en banque ? Les trafiquants d’êtres humains ont donc de beaux jours devant eux. L’installation annoncée et inconditionnelle dans les pays de l’Union va relancer le marché et avec lui, hélas, la mort de milliers de pauvres hères, dont le ministre des Affaires étrangères de l’Union portera aussi la responsabilité, comme les chefs de gouvernement qui lui ont abandonné une part du destin de l’Europe.

Guy Rouvrais

no vote

Comment TAFTA subordonne la démocratie aux intérêts marchands

15/05/2015 – MONDE (NOVOpress)
Les négociations du traité transatlantiques sont menées à huis clos. Quand on prend connaissance des quelques fuites qui s’en échappent, on comprend pourquoi. Un document de travail explique comment le traité soumettrait les législations nationales aux intérêts privés.

Le mot de Novlangue pour « soumission des législations nationales aux intérêts privés » est « coopération réglementaire ». Un des points d’achoppement des négociations en cours entre représentants des États, des entreprises et de la société civile.
Ces derniers ont déjà retoqué le projet de texte à plusieurs reprises, mais leur poids dans la négociation est très faible.

C’est une insulte aux citoyens, aux politiciens élus et à la démocratie elle-même, fulmine Max Bank de Lobby Control.

La proposition d’« échanges réglementaires » forcera les lois rédigées par des politiciens élus démocratiquement à passer par un processus de validation, non seulement à Bruxelles et à Washington DC, mais aussi dans les 78 États parties prenantes. Objectif : mettre en conformité les lois avec les intérêts économiques des grandes entreprises. Le tout sera piloté par l’Organe de Coopération Réglementaire, composé de technocrates non élus.
Ce contrôle pourrait avoir lieu durant tout le processus d’adoption d’une loi, de sa rédaction initiale à son vote final, transformant la moindre décision législative en usine à gaz bureaucratique. Mieux, il pourrait aussi intervenir pour remettre en cause des textes existants.

La proposition de la Commission introduit un système qui met en danger chaque nouvelle réglementation protégeant l’environnement, la santé et les travailleurs aux niveaux européens et des États membres. s’inquiète Paul de Clerck des Amis de la Terre Europe.

En dernière instance, tout processus législatif serait donc subordonné aux intérêts privés des grandes entreprises des deux côtés de l’Atlantique… enfin, encore plus qu’à l’heure actuelle. espérons

Crédit photo : Metronews via Flickr (CC), modifié par NOVOpress


James Cameron

L’Europe rappelle a Cameron qu’elle est anti-démocratique

10/05/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Au lendemain de la victoire des conservateurs aux législatives Britanniques, Hollande « rappelle » à Cameron qu’il y a des « règles en Europe ».

Premier ministre britannique a réaffirmé sa volonté d’organiser un référendum pour ou contre la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne d’ici à 2017. Une volonté démocratique inacceptable pour les européistes, qui a aussitôt suscité la réaction du président français.
Diplomatiquement, François Hollande a parlé de « concertation » et de « dialogue ». De son côté, La Commission Européenne a quand à elle immédiatement avertit la Grande-Bretagne que « Les quatre libertés fondamentales », à savoir libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services, « ne sont pas négociables, car elles sont l’essence de l’Union européenne ». Des rappels à l’ordre qui évoquent celui de Junkers à l’encontre de la Grèce :

Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens

Cela se confirme, la seule évocation d’un appel au peuple rend aussitôt nerveux nos chers eurocrates…


migrants_secourus

Immigration illégale : une plainte contre l’Europe en projet

01/05/2014 – MONDE (NOVOpress)
Face aux naufrages de clandestins en Méditerranée, le représentant de la diaspora sénégalaise au sein du parti Pds (parti sénégalais d’inspiration libérale) projette de porter plainte contre l’Europe pour «non assistance à personne en danger »

En plus de déferler sur les côtes européennes, les migrants tiennent l’Europe pour responsable de leur malheur. Un politicien sénégalais qui a bien retenu le principe de culpabilité automatique des européens dans tous les drames qui affectent la planète, seriné par les bonnes âmes de service, envisage de porter plainte contre l’Europe. Motif ? au lieu de reconduire l’opération italienne Mare Nostrum, destinée au sauvetage des clandestins traversant la Méditerranée du sud au nord, l’Union Européenne a lancé puis récemment renforcée l’opération Triton, officiellement axée sur la surveillance des côtes européennes.

Pour Papa Saer Guèye (c’est le Monsieur en question) et autres « Sénégalais de l’extérieur » membres du Pds, les dirigeants africains doivent attaquer en justice l’Europe pour non-assistance à personne en danger.

Moi, je ne peux pas accepter qu’un criminel ait droit à la vie et que les embarcations du Frontex regardent nos compatriotes mourir par milliers et dire à ces agents que vous n’avez pas le mandat de les sauver, ni de les rechercher. C’est une non assistance à personne en danger.
L’Occident continue de dérouler son option « Tout sécuritaire », notamment avec la surveillance des frontières

estime Papa Saer Guèye. Nous aimerions qu’il aie raison sur le volet sécuritaire, mais vu la faiblesse des moyens de Frontex (officiellement, Triton déploie à date 7 navires, 2 avions et 1 hélicoptère), il nous semble difficile d’abonder dans ce sens et d’estimer que l’Europe fait tout pour stopper l’immigration illégale. Par ailleurs, les marines européennes effectuent chaque jour de nombreux sauvetages,sans pouvoir éviter tous les drames, comme celui du 19 avril dernier qui a fait 800 victimes… au large de la Libye et non des côtes européennes, faut-il le rappeler. Mais ne doutons pas que son projet de procès international contre l’Europe mené par des dirigeants africains trouvera chez nous un écho favorable auprès de la caste politico-médiatique qui en demande qu’à battre sa coulpe.

Crédit photo : Vito Manzari via Wikimedia Commons (CC)

Message d'une gambienne naufragée de 12 ans aux futurs migrants : « ne venez pas »

Message d’une jeune gambienne naufragée aux futurs migrants : « ne venez pas »

30/04/2015 – REGGIO DE CALABRE (NOVOpress)
Une fille de 12 ans, originaire de Gambie, ayant survécu à un naufrage en Méditerranée dans lequel sa famille a disparu ainsi que 400 migrants, a écrit une émouvante lettre pour dissuader les autres candidats au voyage de venir en Europe.

Selon l’organisation « La Communauté pape Jean XXIII » qui l’a accueillie, la fillette a demandé elle-même à ce que cette lettre soit diffusée :

Je viens de Gambie. J’ai traversé la mer pour venir en Italie. Beaucoup de gens sont morts, mes meilleurs amis, et mes sœurs et mes frères sont morts dans la vague , raconte-elle. J’ai vu beaucoup de choses dont je ne peux pas parler. Tout ce que je peux dire, c’est de prévenir les gens qui veulent venir: ne venez pas s’il vous plaît, mes frères et sœurs, parce que c’est dur de dire au revoir, a t-elle imploré.

Cette jeune Gambienne a débarqué le 14 avril à Reggio de Calabre (sud) avec près de 150 autres survivants du naufrage. Ses parents ont embarqué en Libye avec son frère dans la cale du bateau, mais, ils avaient payé plus cher pour que sa sœur aînée et elle voyagent sur le pont.

Quand le bateau a chaviré le 12 avril, probablement à la suite d’un mouvement de foule à l’arrivée d’un cargo dépêché par les secours, l’aînée a sauvé la plus jeune mais y a laissé la vie. Une semaine plus tard, un autre naufrage dans des conditions similaires a fait près de 750 morts.

Crédit photo : Hippolyte (cc)


 

kremlin

Ces pays qui refusent de sanctionner la Russie

Source : Stratpol — Non, l’Europe n’applique pas les sanctions à l’encontre de la Russie de manière uniforme. Certains pays d’Europe refusent de s’aligner sur la politique de Washington. Analyse des motivations de la République Tchèque, de la Slovaquie, de l’Autriche et de la Hongrie : face à la doxa atlantiste, un retour de la realpolitik dont nous ferions bien de nous inspirer.

La République Tchèque tourne le dos à l’atlantisme

Pour le nouveau Président tchèque Milos Zeman, la sortie de crise en Ukraine ne peut être trouvée que par une issue diplomatique. Selon lui, « Pour la Russie, la paix est plus avantageuse que la guerre, même si c’est un conflit de faible intensité ». Le gouvernement tchèque estime de même que les sanctions ne font que renforcer Poutine et que le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk « ne veut pas de solution pacifique recommandée par la Commission européenne, mais veut résoudre ce problème par la force, ce qui conduirait au rétablissement du soutien de la Russie aux séparatistes »
D’ailleurs, ni le président ni son ministre des affaires étrangères Lubomir Azoralek n’ont fait de déplacement à Washington, alors que Milos Zeman s’est rendu aux célébrations de la fin de la Seconde Guerre mondiale à Moscou, signe tangible de l’infléchissement de la politique tchèque à l’Est.

La Slovaquie ne veut pas de sanctions qui pèsent sur son économie

Robert Fico, le président slovaque, est farouchement opposé aux sanctions et aux livraisons d’armes aux Ukrainiens. Il craint l’escalade du conflit et constat que les sanctions sont inefficaces contre Poutine et grèvent les entreprises slovaques. Il soutient la voie des négociations et prône le fédéralisme pour l’Ukraine, s’opposant ainsi à la position de l’UE.

Pour l’Autriche, priorité à la création d’un espace commun comprenant la Russie, l’Ukraine et l’Europe

Prônant une vision européenne gaullienne, de Brest à Vladivostok, le chancelier autrichien Werner Faymann s’oppose à toute nouvelle sanction qui conduirait à scinder encore un peu plus les parties occidentales et orientales de l’Europe, dans l’intérêt bien compris des deux parties.

La Hongrie non alignée sur la doxa européenne

La Hongrie prend résolument modèle sur la Russie, tournant le dos au modèle ultralibéral de l’Union Européenne. C’est donc logiquement que Viktor Orban, son président, a déclaré que les sanctions envers la Russie conduisaient à « tirer une balle dans le pied ». Lesquelles sanctions auraient coûté 80 millions d’Euros aux entreprises hongroises.

Crédit photo : Andrey via Flickr (CC)


Pouchkov : "Ces sanctions contre la Russie ne… par Europe1fr

L’interview d’Alexei Pouchkov, président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma sur Europe 1, le 16 avril 2015. La parti concernant l’Ukraine débute à + 4′, les sanctions sont évoquées vers +5’18”


Que nous reste-t-il ? Tribune par Vincent Revel

Que nous reste-t-il ? Tribune par Vincent Revel

Comme l’expliquait l’auteur Jean Hurtado dans sa biographie consacrée à Zénon, celui-ci ainsi que son contemporain Epicure (image en Une) vécurent « une période troublée de l’histoire de la Grèce ». Confrontés à une phase de déclin, ces deux sages proposèrent « une philosophie adaptée aux hommes désorientés de ce temps ». Alors bien sûr, en parlant de Zénon et d’Epicure, je n’ai pas l’intention de vouloir faire revivre le passé. Ceci n’aurait aucun sens du fait que rien ne peut être comme avant. Par contre, à l’image de cette « période troublée » qu’ils ont vécu, nous pouvons nous aussi, dans notre époque dite moderne, nous définir et nous reconnaître comme des « hommes désorientés ».

Face à cette triste réalité, que nos politiques nient, car incapables de se remettre en question comme étant l’une des causes de notre décadence, nous devons dès à présent nous servir de notre passé, comme l’ont fait en leur temps Zénon et Epicure avec Homère, Pythagore, Hésiode, Socrate, Platon, Aristote, Diogène… pour enfin trouver une issue favorable et porteuse d’espoir.

Prioritairement, nous devons dresser un constat rigoureux de notre situation actuelle pour savoir ce que nous avons perdu et ce sur quoi nous pouvons nous reposer.

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HSM Bulwark

Le sommet européen « extraordinaire » sur l’immigration accouche d’une souris, l’Angleterre en joker ?

24/04/2014 – EUROPE (NOVOpress)

Tout est finalement normal. Alors qu’hier l’UE envisageait la manière forte pour régler le problème des armadas de clandestins traversant la Méditerranée, aujourd’hui on ne parle plus que de tripler le dispositif de l’opération Triton.

Face au déferlement de clandestins sur les côtes européennes, la manière forte attendra une éventuelle résolution de l’ONU, autant dire que les passeurs et autres trafiquants vivant de l’immigration clandestine sont tranquilles pour un moment. La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité, se sont engagés à présenter un projet de résolution, a annoncé le président François Hollande.

Mieux, la seule résolution saillante du sommet européen « extraordinaire » est le triplement du budget de l’opération de surveillance en Méditerranée Triton, pilotée par Frontex, amenant ses moyens au niveau de feu l’opération Mare Nostrum de la marine italienne. Si cette dernière était spécifiquement chargée de secourir les migrants, Triton n’est en principe que destinée à la surveillance des côtes européennes, mais ses marins se retrouvent régulièrement pris dans des opérations de sauvetage. L’émotion suscitée par le récent naufrage qui a fait plus de 800 victimes au large des côtes libyennes le week-end dernier leur met d’autant plus la pression « humanitaire ». Pour autant, le mandat de l’opération n’est pas modifié, notamment pour permettre aux navires de Triton de sortir des eaux territoriales afin d’aller plus près de la Libye, mais ses possibilités d’intervention dans les sauvetages se trouvent étendues. Selon les instances européennes, il fallait fixer un objectif humanitaire sans offrir aux trafiquants la certitude que les occupants de leurs bateaux seraient à chaque fois sauvés.

Des navires de Frontex attaqués par les trafiquants

Dans les faits, cela ressemble à un vœu pieux, car l’espace maritime est un piège pour ceux qui veulent faire barrage aux immigrants. Le droit maritime impose en effet à tout navire entendant un SOS de porter secours à l’embarcation en détresse. Cyniques, les passeurs laissent dériver sans pilote leurs coques de noix ou cargos hors d’âge surchargées et confient à ceux chargés de stopper l’immigration le soin… de mener les clandestins à bon port. Cerise sur le gâteau, « les passeurs récupèrent souvent les bateaux des précédentes traversées laissés à la dérive, après le secours des passagers, pour ramener ces embarcations en Libye et les réemployer », de l’aveu même de Frontex. Et quand ce n’est pas de gré, c’est de force. En février, une vedette de la Marina militare italienne était forcée par des trafiquants armés de leur restituer un bateau dont ils venaient de secourir les passagers. Le 13 avril dernier, rebelote avec un remorqueur italien, attaqué par une vedette rapide… portant les marques des garde-côtes libyens. Surchargées de civils et de toute façon pas équipées pour répliquer à des armes de guerre, les vedettes des garde-côtes ou remorqueurs de Frontex sont à la merci des trafiquants, qui le savent bien.

L’Angleterre va déployer un vrai navire de guerre

Au-delà des moyens supplémentaires dévolus à l’opération Triton par ses membres, (deux navires et de trois avions pour la France, deux navires pour l’Allemagne, la Belgique, la Suède, la Norvège et le Danemark, un navire chacun), un début de réponse proviendra peut-être de… l’Angleterre. Le Royaume-Uni va en effet engager, à ses frais et sous son contrôle opérationnel direct, le HMS Bulwark, l’un des plus grands bâtiments de sa marine de guerre, deux patrouilleurs et trois hélicoptères. Navire d’assaut amphibie, le HMS Bulwark embarque des hélicoptères, des péniches de débarquement et peut loger plusieurs centaines de personnes. Ce serait le premier vrai navire de guerre engagé dans l’opération Triton, que ne devrait pas impressionner les vedettes de trafiquants. Reste à savoir si la Royal Navy aura une attitude offensive, par exemple en conservant ou coulant les bateaux des réfugiés qu’ils auront secourus.

Crédits photo : Matt Morgan via Flickr (CC)



Crise des migrants : l'UE annonce le triplement… par ITELE

Frégate Maestrale F570

L’Europe prête à entrer en guerre contre les passeurs d’immigrés ?

23/04/2014 EUROPE – NOVOpress
On croit presque rêver… Les premiers résultats du sommet extraordinaire de chefs d’État européens après la série de naufrages qui ont fait plusieurs centaines de victimes parmi les migrants clandestins vont dans le sens de la fermeté. Poudre aux yeux ?

La réponse au problème des armadas de navires transportant des immigrés clandestins vers les côtes européennes pourrait être militaire : il faut « entreprendre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu’ils ne soient utilisés par les trafiquants », selon le projet de déclaration qui a été diffusé aujourd’hui. L’Europe devrait lancer les « préparatifs pour une possible opération de sécurité et de défense », autrement dit une opération militaire.
L’UE répond ainsi au souhait du chef du gouvernement italien a demandé l’examen de la possibilité de mener des « interventions ciblées » contre les passeurs en Libye, principal point de départ des migrants en direction de l’Italie et de Malte. Et de citer en modèle l’opération Atalante, mission anti-piraterie de l’UE au large des côtes somaliennes. Par des interventions en mer et parfois aussi à terre, elle a permis, outre la protection des navires marchands, l’arrestation de 117 pirates présumés et, pour la seule année 2011, le démantèlement de 27 groupes de pirates, selon l’UE.

Pourtant, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Rappelons que l’opération Atalante a été lancée en 2008, mais que les premières actions contre les bateaux des pirates n’ont été menées qu’en 2011-2012. Décision politique, déblocage des moyens, identification des cibles, planification des opérations, le processus pour ce type d’opérations multinationales est long et la menace, c’est maintenant.
« Il faut le dire clairement », assure à l’AFP l’ex-amiral français Alain Coldefy, « cette question est totalement insoluble en termes militaires. Des responsables politiques m’ont plusieurs fois posé la question de ce qu’on pouvait faire pour endiguer ce trafic par la force, et la réponse est simple : rien ».

« Une fois que ces bateaux chargés de migrants ont quitté les eaux libyennes, on ne peut qu’appliquer les réglementations internationales, c’est-à-dire porter secours aux personnes en danger », ajoute l’ancien inspecteur général de l’armée française. « Comment voulez-vous empêcher ces embarcations de prendre la mer : en leur tirant dessus ? Les marines de guerre ne sont absolument pas faites et équipées pour ce genre d’opération ».
Le ministre italien de l’Intérieur Angelino Alfano a proposé de son côté, pour « lutter contre les marchands de mort », de « couler leurs bateaux avant qu’ils ne prennent la mer ». Mais comment distinguer un « bon » et un « mauvais » bateau ? Le risque de faire des victimes collatérales est grand, en visant par exemple des bateaux de pêche par erreur.

Un blocus, outre qu’il serait extrêmement difficile à mette en œuvre, serait une opération de guerre. Sans mandat de l’ONU, on voit mal l’UE s’engager dans cette voie. Même cas de figure pour la prise de contrôle des ports libyens, qui ajouterait de plus la certitude de lancer nos troupes dans un vrai guêpier (que nous avons créé, rappelons-le), avec la certitude de pertes importantes.

Enfin, souvenons-nous que lorsque l’Italie avait brandi la menace militaire contre la Libye en février dernier, la menace d’une armada de 500 000 migrants l’avait fait promptement reculer. Parions donc que l’UE s’en tiendra plus prudemment au reste de son programme, notamment :

• Le renforcement des opérations Triton et Poséidon, en augmentant leurs moyens financiers et matériels.

• Une coopération accrue entre EUROPOL, Frontex, EASO et EUROJUST pour réunir des informations sur les modes opératoires des trafiquants.

• La mise en place d’actions avec les pays voisins de la Libye pour bloquer les routes utilisées par les migrants. Le Niger est un des pays de passage et la présence européenne devra y être renforcée.

• La prise systématique des empreintes digitales de tous les migrants à leur arrivée sur le territoire des États membres.

• L’examen des options pour une répartition plus équitable des réfugiés entre les États membres de l’UE.

Crédits photo : Marvin Harris via Wikimedia (cc)


Commission européenne

Politico, un nouvel outil d’influence de Washington débarque à Bruxelles

22/04/2014 – EUROPE (NOVOpress)
L’un des médias les plus influents outre-Atlantique a ouvert son antenne bruxelloise. Politico, c’est côté pile un journalisme de qualité, fait de scoops et d’analyses pénétrantes. Côté face se cache une myriade de lettres professionnelles, autant d’agents d’influence au service des multinationales yankees et de l’ultralibéralisme.

Le magazine en ligne qui fait trembler le Tout-Washington s’implante à Bruxelles. Politico, fort de ses huit ans d’existence, de ses 7 millions de visiteurs uniques mensuels, d’une version papier diffusée à 35 000 exemplaires et de ses 320 salariés va venir scruter et décrypter les arcanes de la politique européenne. Fondé en 2007 par deux signatures du service politique du prestigieux quotidien The Washington Post, John Harris et Jim VandeHei, le média s’est imposé par ses scoops, la qualité de ses informations et sa lettre matinale sur les coulisses de la politique américaine, Playbook, scrutée avec attention par toute la classe politico-médiatique américaine. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut compter sur le professionnalisme et la qualité des journalistes recrutés par Politico pour nous dévoiler les coulisses de la Commission, que nos journalistes habituels laissent volontiers dans l’ombre, par ignorance ou complicité. D’ailleurs, l’ambition affichée du titre est de devenir la référence des décideurs européens et de détrôner ainsi The Financial Times.


Journalisme de qualité… mais connoté “conservateur”

La moins bonne nouvelle, c’est que Politico, bien qu’il s’en défende, est tout sauf neutre. La Maison-Blanche et des démocrates, régulièrement épinglés par la rédaction en savent quelque chose. Son PDG, Frederick J. Ryan, fut en effet un proche collaborateur de Ronald Reagan pendant toute sa carrière. Et la branche européenne du média est montée en collaboration avec le groupe de médias allemand Axel Springer, dont les titres phares, Die Welt et surtout Bild, sont classés du côté de la droite eurosceptique. De même, Ryan Heath, responsable du pendant bruxellois de Playbook, est un technocrate, ancien porte-parole l’ultralibérale néerlandaise Neelie Kroes, l’ex-commissaire responsable de la Concurrence puis du Numérique sous Barroso.

Logo POLITICO

Logo POLITICO

Voilà pour le contexte politique, mais le plus gênant n’est pourtant pas encore là. En effet, Politico tire 40 % de ses revenus de lettres professionnelles, qui couvrent aux USA 14 secteurs, de l’agriculture, aux services financiers, en passant par les transports. La division européenne de Politico Pro proposera « trois thématiques, les mêmes qu’aux États-Unis à nos débuts : l’énergie, les technologies et la santé. Le prix d’un abonnement se situe en moyenne autour de 7000 dollars par an, en fonction du profil de l’abonné et du nombre de lecteurs », explique Shéhérazade Semsar, directrice générale de Politico Europe.


Implanté à la demande des multinationales US

Selon The Center for Responsive Politics, les lobbies ont dépensé outre-Atlantique 3,2 milliards de dollars l’an dernier afin d’influencer les décisions des élus. À Bruxelles, les trois plus grands lobbyistes sont actuellement Philip Morris, Exxon Mobil et Microsoft. Est-ce un hasard si ces multinationales américaines travaillent justement dans les secteurs-clés cités par Shéhérazade Semsar ? « Ce sont nos abonnés, nos annonceurs qui nous ont demandé de venir nous installer ici », explique John Harris. Cela a le mérite d’être clair, les transnationales Yankees ont besoin de relais d’influence de ce côté de l’Atlantique. Politico se défend pourtant d’être un bras armé des groupes américains, ce qui reviendrait à se couper de la clientèle des grandes sociétés européennes.

Mais, au-delà de la concurrence commerciale qu’ils se livrent, les objectifs stratégiques de ces groupes transnationaux diffèrent-ils ? Qu’ils soient basés sur les rives du Pacifique, de ce côté de l’Atlantique ou de l’autre, tous visent à saper les identités et les réglementations nationales qui constituent autant de barrières au grand marché mondial composé d’individus acculturés, hors-sol, malléables aux sirènes de la consommation à outrance. À l’heure des négociations sur le projet de traité de libre-échange transatlantique (TTIP) entre les États-Unis et l’Union européenne, qui vise à harmoniser (sur des bases américaines) les normes relatives aux exportations, droits de douane ou à la résolution de conflits commerciaux devant des tribunaux, l’arrivée de cet agent d’influence majeur de l’ultralibéralisme américain ne doit laisser personne indifférent.

Crédit photo : Sébastien Bertrand via Flickr cc


Pierre Lellouche : « La CEDH installe un gouvernement des juges européens »

Pierre Lellouche : « La CEDH installe un gouvernement des juges européens »

04/04/2015 – PARIS (NOVOpress)
Le proposition de loi de Pierre Lellouche à l’Assemblée nationale a peu de chance d’être adoptée. Elle consiste à renégocier les compétences de la Cour européenne des droits de l’homme.

Le député UMP conteste notamment cette « tour de Babel » qui réécrit le droit français et s’est illustrée dans le dossier de Djamel Beghal, le mentor des frères Kouachi.

Cette initiative aura, au moins, le mérite – espérons le ! – de soulever un certain nombre de problématiques importantes concernant la souveraineté du droit français bafoué au profit de juridictions supranationales.

Pierre Lelouche s’est livré lors d’un entretien sur ce sujet au journal Marianne

En voici un extrait :

Vous considérez que la CEDH entrave la France dans sa lutte contre le terrorisme ?

La CEDH laisse les terroristes qui sont condamnés et quelque soit leur nationalité se prévaloir de la saisine directe de la Cour pour faire en sorte qu’ils ne puissent être ni déchus de leur nationalité quand ils sont double-nationaux ni être expulsés. Ce que prévoit pourtant la loi. L’affaire la plus choquante est celle de Djamel Beghal.

La CEDH ne voulait pas qu’il soit expulsé de France, donc nous l’avons abrité en attendant qu’il soit condamné pour une autre affaire. Ce Monsieur Beghal a été hébergé aux frais du contribuable et il a pu recevoir les frères Kouachi mais aussi Monsieur Coulibaly qui se sont illustrés avec les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

Ce n’est qu’un exemple, je passe sur les « malheureux » pirates somaliens du Ponant dont la Cour a estimé qu’ils avaient passé trop de temps en prison. Tout cela pourrait presque prêter à sourire. Mais cela donne quand même l’impression que dans cette tour de Babel qu’est la CEDH, on ne connaît pas la même réalité que la nôtre, nous qui sommes confrontés à des flux de terroristes en Europe, que nous devons arrêter, condamner et, au besoin, expulser.

Or, la jurisprudence de cette Cour fait que l’Etat a abdiqué sa compétence en matière de sécurité nationale comme dans d’autres, ce qui relève selon moi, d’un déni démocratique qui va contribuer au divorce entre les Européens et la machine européenne car ce système est tyrannique puisqu’il n’y a aucun recours possible une fois que la Cour a rendu un arrêt.

Crédit photo : Mathieu Nivelles via Flickr (cc)


 

Pierre Moscovici : “Les réformes en France sont insuffisantes”

15/03/2015 – paris (Novopress)
Dans un entretien au Figaro, le commissaire européen à l’Économie affirme que Bruxelles attend de Paris un agenda législatif précis et détaillé.

LE FIGARO – Les vingt-huit ministres des Finances de l’UE viennent de valider la feuille de route budgétaire de la France jusqu’en 2017. Quel est l’effort réel demandé à Paris ?

Pierre MOSCOVICI – La France ne pouvait pas ramener son déficit à 3% du PIB cette année, l’échéance est reportée de deux ans, mais la nouvelle trajectoire budgétaire est exigeante en 2015, 2016 et 2017. Pour cette année, les choses sont claires. Il subsiste un écart reconnu de 0,2 point de PIB entre le déficit «structurel» programmé à Paris et celui escompté à Bruxelles, soit de l’ordre de 3 à 4 milliards d’euros. Ce n’est pas rien. Il faudra que des économies supplémentaires soient prises et prises rapidement – avant le 10 juin – afin de réduire l’écart. L’État français nous a confirmé, au plus haut niveau, qu’elles seront prises.

Et pour les deux années suivantes?

Sur 2016 et 2017, c’est tout sauf un cadeau. La Commission, désormais confortée par le vote des ministres, demande un effort supplémentaire de 0,8 et 0,9 point de PIB pour la réduction du déficit structurel. L’effort est important mais justifié. La France obtient un deuxième délai de deux ans, elle ne peut plus être le pays de l’euro qui a le plus mauvais résultat dans ses finances publiques. Il faut mettre en place une stratégie de désendettement pour retrouver des marges de manœuvres, tant pour les services publics que pour la croissance.

Reste l’accélération des réformes

Avec les lois Macron, la discussion en cours sur le dialogue social et les discussions sur les retraites, l’effort de réformes de la France est indéniable. Mais il n’est pas suffisant pour réduire les déséquilibres de l’économie. La Commission sera attentive et exigeante. Il faut impérativement rétablir la compétitivité si l’on veut réduire les déficits extérieurs. Nous attendons un plan de réformes détaillé, ambitieux. En clair, que le gouvernement français nous dise quelles réformes il va prendre, dans quel délai, sous quelle forme.


 

 

Cohn-Bendit trouve la France trop timide dans ses réformes

14/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
L’ancien coprésident du groupe Les Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit est étonnement toujours très interrogé sur la politique surtout française. Et ce n’est jamais pour en dire du bien, ni pour défendre son identité.

Il répond cette fois à une entrevue des Échos.fr :

Êtes-vous, comme Manuel Valls, « angoissé » par le FN ?

Manuel Valls a raison de mettre sur la table l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle. Il serait irresponsable et même idiot de dire le contraire. On a trop reproché au PS et à Lionel Jospin d’avoir ignoré, d’une manière un peu hautaine, la possibilité de Jean-Marie Le Pen d’être au second tour pour exclure aujourd’hui une hypothèse on ne peut plus sérieuse. Les conditions d’une victoire du FN existent, tant sont fortes la haine entretenue à droite contre les socialistes et François Hollande et, à l’inverse, la haine d’une partie de la gauche contre l’UMP et Nicolas Sarkozy. La question, maintenant, c’est quelles conséquences on en tire ? Manuel Valls ne peut pas appeler tout le monde à faire barrage au FN sans accepter une évolution politique. On ne peut pas simplement jouer sur le chantage.

Et quelle est votre réponse ?

Je pense que l’UMP, le PS, la gauche de la gauche, les centristes, les libéraux et je ne sais qui d’autre vont devoir arrêter avec le manichéisme politique et trouver un terrain d’entente. Tout ce que propose la gauche n’est pas idiot et tout ce que propose la droite n’est pas bête.

Je suis estomaqué par l’archaïsme de la vie politique française.

Cela inclut les syndicats comme le patronat, incapable de trouver un accord et de s’y tenir. Il y a urgence à changer la manière dont on dessine des compromis sociaux ou politiques. Il y a des réformes qui doivent être soutenues par une vraie majorité. Il faut trouver un accord plus large que l’accord qu’on puisse trouver par un 49-3… La Finlande a réformé son école en profondeur avec un accord droite-gauche. Au premier tour de la présidentielle, François Hollande a obtenu 28 % des suffrages exprimés. Avec un quart de la société, on ne peut pas faire des réformes qui nécessitent une évolution extrêmement sensible.

Quel jugement portez-vous sur les réformes menées par François hollande ?

La France pourrait aller plus loin. En avançant notamment sur la flexisécurité sur le modèle de l’Europe du Nord. Avec ce qui est fait, elle est au milieu du gué. La loi Macron, par exemple, n’est ni l’horreur ni le paradis et le ministre de l’Economie n’est ni le diable ni un prestidigitateur. D’un côté, la droite devrait voter ce texte. De l’autre, le débat à gauche c’est : « 4 dimanches par an, on est de gauche ; 8 on est un peu néolibéral, et 12 on est réactionnaire ». On marche sur la tête ! Ces débats idéologiques et religieux sur les dimanches ouvrés sont aberrants. De la même manière, quand le président de la République, de droite hier, de gauche aujourd’hui, dit que la France est un grand pays, il ne dit pas la vérité. Elle a une grande histoire. Mais la vérité, c’est que, face à la mondialisation qui s’accélère, elle ne s’en sortira que par l’Europe. Est-ce que l’Europe est à la hauteur ? Non. Je pense par exemple que si l’Europe soutient ce que fait la France au Mali ou contre Daech, elle devrait aider et considérer que ces dépenses de la France comme des dépenses européennes. Mais croire qu’on s’en sortirait mieux sans l’Europe, c’est faire une erreur monumentale.

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Allemagne : accueillir durablement de nombreux réfugiés syriens

12/03/2015 – BERLIN (NOVOpress)
Depuis quelques mois de nombreux réfugiés syriens sont accueillis en Allemagne. On leur apprend à lire, compter et parler en allemand. L’objectif : les réinstaller durablement, loin de la guerre et des camps de réfugiés. Un programme qui ne fait pour l’instant pas l’unanimité en Europe. Reportage dans la banlieue de Düsseldorf puis débat dans Europe Hebdo avec Cécile Kashetu Kyenge, députée italienne au groupe S&D et Philippe Juvin, député européen français du groupe PPE.



Chaque semaine, la même litanie…

Chaque semaine, la même litanie…

Une fois de plus, l’Occident se trompe d’ennemi. A l’heure où l’Islam sunnite embrase la planète, les Etats-Unis et leurs valets occidentaux ont décidé de faire plier Moscou. Après avoir fait croire aux Ukrainiens pro-occidentaux que leur admission à l’Union européenne et à l’OTAN était possible, que la Russie était au centre de leur souci, que l’Ukraine pouvait très bien se passer de Moscou, que les Ukrainiens russophones rentreraient dans le rang docilement, que la Russie n’avait plus son mot à dire sur son ancienne zone d’influence, l’Occident, drapé dans son éternel costume de moralisateur au grand cœur, accuse Poutine d’être l’unique responsable du fiasco ukrainien alors que tout le monde sait et comprend que les tords sont plus que partagés. Je ne répèterai jamais assez que l’Europe doit s’émanciper au plus vite de l’influence néfaste de Washington. Nos forces, notre énergie, ne doivent plus servir aveuglément l’impérialisme américain répondant à une logique ultra-libérale.

Le continent européen commence au bord de l’océan Atlantique pour prendre fin sur les pentes de l’Oural. Si nous voulons être cohérents avec la volonté affichée par les fondateurs de l’Union européenne, nous avons, aujourd’hui, le devoir de penser cette union d’un point de vue continental et civilisationnel. Nous ne pouvons plus trahir ce que nous sommes pour la simple et bonne raison que ceci contrarie les plans américains. En matière de politique étrangère, l’Europe doit s’affranchir des grands principes libéraux vantant les mérites d’un monde cosmopolite, uniformisant, sans frontière et sans patrie. De ce fait, nous devons être clairs dans notre feuille de route. La Turquie, n’étant pas une nation européenne, ne doit plus espérer penser adhérer à l’Europe, comme le veut avec insistance Washington. Dans un même temps, il est urgent de renouer des liens de confiance avec la Russie. L’Europe n’a pas besoin d’aller chercher ailleurs pour être grande. Elle est déjà riche de sa diversité. Il ne tient qu’à elle de s’en apercevoir.

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[Tribune] France : Un peuple encore bien docile – par Vincent Revel

[Tribune] France : Un peuple encore bien docile – par Vincent Revel

22/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Dans une chaîne alimentaire, jusqu’à notre époque dite moderne, l’Européen pouvait être comparé, sans démagogie, à un prédateur. Ceci veut dire tout simplement qu’il savait défendre ses intérêts, son territoire, ses frontières.

Ayant conscience de la beauté mais aussi de la dureté de dame Nature, comprenant que cette dernière pouvait parfois leur être impitoyable après leur avoir donné le plus grandiose des spectacles, sachant qu’à chaque fois qu’on lui en avait donné l’occasion la nature avait systématiquement comblé avec voracité le vide laissé par les hommes, nos ancêtres avaient conscience que leur environnement pouvait leur devenir hostile s’ils oubliaient ces fondamentaux. Vivant proche de la nature, en harmonie avec elle, ils avaient un respect instinctif pour elle et de ce fait ils en comprenaient son fonctionnement. Pour durer sur Terre, ils savaient qu’ils devaient prioritairement subsister en apprenant à se défendre, à protéger les leurs avec un devoir tout naturel de transmission pour leurs descendances.

A présent, l’idéologie du bien vire ensemble, en place depuis trente ans, a fait de l’Europe un continent et une civilisation en perdition, un terrain de chasse où l’Européen, incapable de voir la réalité telle qu’elle est, est devenue une cible toute désignée. De prédateur, l’homme blanc a accepté d’être relégué au rang du gnou.

A présent, l’idéologie du bien vire ensemble, en place depuis trente ans, a fait de l’Europe un continent et une civilisation en perdition, un terrain de chasse où l’Européen, incapable de voir la réalité telle qu’elle est, est devenue une cible toute désignée. De prédateur, l’homme blanc a accepté d’être relégué au rang du gnou. Docile et individualiste, se déplaçant en troupeau, au gré des vents, des pluies et de la propagande de la pensée unique, suivant aveuglément le chef de meute selon les modes du moment, l’Européen moderne construit sa vie en espérant être épargné par les maux qu’il devine mais qu’il ne veut plus nommer.

Grâce à un matraquage médiatique non stop, suivant l’idéologie dominante favorable au mondialisme, au multiculturalisme, à l’esprit de culpabilisation et à la rupture des traditions, absorbé par un quotidien où la vitesse, le superficiel et le consommable sont devenus des normes, l’Européen vit de plaisir à court terme tout en espérant que les mensonges entendus en boucle puissent un jour aboutir à cette future société où tout le monde y serait gentil. Les gens à qui il reste un peu de bon sens savent où tout ceci nous mènera.

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