La grand-messe des hypocrites, par Etienne Defay

église Saint-Eugène Sainte-Cécile

Ils les tenaient enfin ! Un article du Parisien publié lundi nous apprend que durant la messe de samedi en l’église Saint-Eugène Sainte-Cécile, les distanciations sociales et le port du masque n’ont pas été respectés. Le curé de la paroisse a été dénoncé par le frère d’un catéchumène qui a alerté la presse et l’opinion.

Comme les évangéliques de Mulhouse devenus les boucs émissaires de l’épidémie de COVID, les paroissiens de Saint-Eugène, curé en tête, sont donc devenus les nouveaux adversaires de l’hygiénisme ambiant. Peu importe que les lieux de culte n’aient jamais été des clusters, peu importe au fond que les catholiques aient été privés de culte pendant des mois par la République, il fallait un coupable et il a été trouvé. Mais l’aubaine n’a pas seulement été pour l’opinion. On a évidemment vu l’émission « Quotidien » railler la cérémonie du jeudi Saint, particulièrement le lavement des pieds, mais le plus rude coup n’est pas venu de ces amuseurs publics. Le coup le plus violent a été porté par les coreligionnaires des paroissiens de Saint-Eugène, trop heureux de se payer des « tradis ».

Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, l’avocat et blogueur Erwan Le Morhedec, le journaliste de La Croix Laurent de Boissieu, tous ont rivalisé d’ingéniosité pour trouver la meilleure épithète : irresponsables, tradis, complotistes… Un déchaînement qui ironiquement vient de ceux qui passent le plus clair de leur temps à donner des leçons de charité.

En réalité, les paroissiens de Saint-Eugène ont été visés par un article orienté par des images de la célébration soigneusement sélectionnées. On ne montrera jamais les milliers d’heures de messes célébrées à Saint-Eugène et retransmises en vidéo où les règles sanitaires ont été respectées. Non, on s’attardera sur les quelques minutes de célébration où apparemment les règles ont été transgressées sur la foi d’un seul témoignage à charge d’une personne de l’assistance.

Coup dur pour le malheureux curé de l’église située dans le IXe arrondissement de Paris dont le diocèse s’est désolidarisé, enfonçant un peu plus le prêtre. Choqué par la tenue de cette cérémonie dans ces conditions, le diocèse a déclaré : « De toute évidence, lors de cette messe, aucune consigne sanitaire n’a été respectée. »

Une évidence qui ne l’est pas tant que ça. Selon nos informations, l’évêché a communiqué sans même prendre la peine d’entendre la version du prêtre ni même l’appeler préalablement.

« Nous nous désolidarisons totalement de ce type de comportement. Nous allons aviser les personnes responsables de cette messe et allons, en interne, donner des suites », ajoute le diocèse de Paris. Un diocèse qui ne s’était pas privé de condamner les fidèles qui manifestaient pour la messe mais qui se donne visiblement beaucoup de mal pour donner des gages à des pouvoirs publics qui n’ont jamais fait grand cas de la liberté de culte. Si la paroisse a indubitablement manqué de prudence, les réactions que cela a suscitées sont bien plus graves que le non-port d’un masque.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2021

Séparatisme : une loi de mauvaise foi ?, par Etienne Defay

loi séparatisme

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France et le Métropolite Emmanuel Adamakis, du Patriarcat œcuménique en France, ont alerté sur le contenu de la loi sensée lutter contre le « séparatisme ».

S’ils affirment que la loi de 1905 avait été accueillie avec douleur par les catholiques, elle avait en revanche été saluée par les protestants et les orthodoxes. Sans nier qu’elle a été vue comme une « machine de guerre contre l’Eglise », les signataires se veulent conciliants et insistent sur la nécessité pour les cultes de se retrouver dans l’ambition et la promesse de la République permettant « d’unir des hommes et femmes extrêmement divers ». On peut y voir avec regret une sorte de réaffirmation du toast d’Alger symbolisant l’attachement de l’Eglise de France à la République. On peut lever les yeux au ciel en voyant se déverser un énième angélisme très épiscopal à l’encontre d’un régime qui les aura davantage martyrisé que servi, mais le fond du propos n’est pas là. On a souvent pointé du doigt le robinet d’eau tiède qu’est bien souvent la conférence des évêques de France, la voir prendre position par le biais de son président tranche avec l’habitude ancrée de faire le dos rond. Car le sujet est d’importance.

On l’a beaucoup écrit ici mais ce projet de loi tire, sciemment ou lâchement, largement à coté de la cible. On attendait de la fermeté vis-à-vis de l’islamisme, on a vu un rejet pur et simple de toute religion, la République a raté l’occasion de se réconcilier avec son histoire et de nommer clairement son ennemi. Alors que l’islamisme se répand dans nos rues, les responsables chrétiens voient avec désolation leurs églises prises dans cette redoutable tenaille les rejetant du côté des islamistes. Foin de l’Histoire de ce pays, ses mœurs, ses coutumes et ses racines. Le christianisme est devenu, par le jeu éculé de l’égalitarisme et surtout du renoncement, une idéologie potentiellement dangereuse. Peu importe que l’évangile au sens radical ne peut conduire qu’à la sainteté, il ne vaut pas mieux aux yeux du législateur qu’une charia dont il faut se méfier.

D’ailleurs, les responsables chrétiens ont, sans le nommer évidemment, désigné l’ennemi en saluant « les dispositions permettant de lutter plus directement contre les mariages forcés, les mutilations sexuelles des jeunes filles, l’inégalité de l’héritage… » Autant de traditions étrangères au christianisme, autant de pratiques importées avec l’immigration musulmane. La France est au bord du gouffre et les chrétiens se voient injustement visés alors même que nos politiques savent pertinemment qu’ils ne sont qu’un moyen de diversion afin de ne pas assumer frontalement leur terreur à l’idée de nommer le mal.

A peine trois ans après le discours de Macron aux Bernardins, la République tire à nouveau le glaive laïcard, hélas il est en bois. C’est suffisant pour cogner sur les chrétiens mais pas assez pour pourfendre l’islamisme. Seule menace séparatiste de cette nation.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2021

Assa Traoré : la baudruche se dégonfle

Assa Traoré

La baudruche Traoré se dégonfle enfin. Assa Traoré, sœur du délinquant décédé Adama Traoré a été condamné le 26 février dernier pour atteinte à la présomption d’innocence.

Elle avait en effet dénoncé nommément les trois gendarmes qui seraient d’après elle « responsables » de la mort de son frère Adama. La jeune femme a été condamnée à verser en tout 4 000 euros aux trois gendarmes, à supprimer deux publications et à mentionner publiquement cette condamnation. Chaque jour de retard dans l’application de cette décision de justice vaudra 100 euros supplémentaires de pénalité.

La baudruche Traoré se dégonfle, disions-nous, et l’opinion va, on espère, découvrir le champ de ruines qu’elle laisse derrière elle. Une police à l’image écornée, détruite de l’intérieur. Une police passée à l’essoreuse médiatique, traquée pour le moindre soupçon de bavure, clouée au pilori pour avoir essayé de faire appliquer la loi dans une société de plus en plus violente, aux ordres d’une classe politique forte avec les faibles et faible avec les forts. Cette république qui gouverne mal mais se défend bien a parfaitement saisi comment utiliser les policiers. Moins là pour protéger les citoyens que pour traquer les honnêtes gens surpris dehors à 18 h 05. Une police utilisée non pas pour préserver la force qui doit rester à la loi que pour servir de tampon entre des politiques et gouvernants irresponsables, voire de paillasson pour des militants racialistes en mal de luttes. On attendait de ses responsables qu’ils assument, on a eu Castaner qui leur a demandé de mettre un genou à terre pendant les émeutes Black Lives Matter. Un combat importé directement de l’étranger au même titre que le conflit israélo-palestinien. La France pâtit de la situation à Gaza tout comme elle subit le désordre causé par des émeutes à Minneapolis.

Assa Traoré est donc condamnée et la présomption d’innocence réaffirmée. Peu évident dans les faits quand la justice se fait sur Twitter à coups de hashtags de signalements et de bannissements en masse. La cancel culture détruit, sape, fragilise, « déconstruit » toute tentative d’autorité dans ce pays. Un paradoxe lorsqu’on sait que seulement un peu plus de quatre millions de Français utilisent le réseau social à l’oiseau bleu. La France et ses 70 millions d’habitants sont bel et bien pris en otage par des apprentis procureurs et des apprentis Trotski en herbe. Voilà la réalité.

Pendant ce temps, on rabote la formation des policiers et on peine à recruter. Nous avons donc des forces de l’ordre de moins en moins formées, constituées de personnels de moins en moins performants. Et on voudrait qu’elle soit irréprochable ? Comment réussir ce miracle lorsque, à chaque bavure, aucun supérieur n’assume ses responsabilités ?

Récemment, on a appris que le chanteur et véritable pitre Francis Lalanne a été mis en examen pour atteinte à la sûreté de l’Etat pour avoir appelé sur France Soir à une révolte. Assa Traoré mérite mille fois cette condamnation. Pour ce qu’elle a dit, ce qu’elle a fait, mais surtout ce qu’elle a provoqué.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 3 mars 2021

Hollande : le couvre-feu au tribunal !, par Etienne Defay

couvre-feu manifestations

Nos voisins néerlandais ont une justice qui fonctionne. Ce mardi 16 février, un tribunal de La Haye, siège du gouvernement des Pays-Bas, a ordonné au gouvernement de mettre fin au couvre-feu en vigueur dans le pays. « Le couvre-feu doit être levé immédiatement », a déclaré le tribunal dans un communiqué, estimant que le gouvernement a abusé des pouvoirs d’urgence disponibles. Ce dispositif est « une violation profonde du droit à la liberté de mouvement et à la vie privée », nécessitant donc « un processus décisionnel très minutieux », a-t-il ajouté.

Mais, douchant les espoirs des plus optimistes, une cour d’appel a suspendu le jugement. Le couvre-feu restera donc en vigueur le temps que le recours déposé en urgence par le gouvernement soit examiné sur le fond. Le juge de ladite cour a précisé que ce jugement avait pour but d’éviter un effet yo-yo. En d’autres termes, la cour d’appel ne légitime pas le couvre-feu, elle le maintient le temps d’examiner le bien-fondé juridique de la décision du tribunal de La Haye.

Une décision surprenante à l’échelle européenne, qui aura forcé le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, à réagir en prévenant ses compatriotes que le « couvre-feu était maintenu ».

Cette décision intervient dans un contexte de grave tension intérieure pour la république batave. En effet, à la suite de la décision du gouvernement, début février, de prolonger le couvre-feu national en vigueur depuis le 23 janvier de 21 heures à 4 h 30 jusqu’au 2 mars, de nombreuses villes néerlandaises ont été le théâtre d’émeutes. Rotterdam, Amsterdam, La Haye et une poignée d’autres villes ont en effet connu des oppositions violentes entre manifestants et forces de l’ordre. Si le couvre-feu y a évidemment joué pour beaucoup, de telles scènes sont inédites dans un pays réputé tranquille. A vrai dire, cela fait quarante ans que de tels affrontements n’ont pas été vus.

Si de nombreuses voix ont accusé « l’extrême droite », les avis de recherche diffusés par la police néerlandaise montrent des profils bien plus multiculturels, loin du militant d’extrême droite classique. Finalement, la Hollande connaît le scénario français : des manifestations politiques devenues des prétextes pour casser, piller et voler. Toutefois, le gouvernement de Mark Rutte n’entend pas céder : « annuler le couvre-feu, c’est capituler devant la racaille », a prévenu le gouvernement batave. Cela marche aussi quand « la racaille » porte une robe de magistrat ?

Il n’empêche, un vent de révolte souffle sur les Pays-Bas, les émeutes ne sont que la conséquence d’une opposition réelle, à tel point que la justice s’est emparée du sujet. Le verdict de la cour d’appel est attendu ce vendredi. Si la cour d’appel avalise le caractère illégal du couvre-feu, il y a fort à parier que l’exemple néerlandais risque de faire des envieux. Nos voisins italiens l’ont connu, aujourd’hui les Pays-Bas, et demain la France ?

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 février 2021

Crise sanitaire – Jeunesse se passe, génération sacrifiée

jeunesse covid

Un ministre danse et les étudiants déchantent. Vraiment l’épidémie de COVID aura été le révélateur cruel de la déliquescence de la politique étatique concernant la jeunesse. Comme oubliée, elle doit tout payer. L’incurie de ses parents, l’inconscience de ses grands-parents. Petits-enfants des déconstructeurs, enfants du divorce et de l’explosion, plutôt de l’assassinat, de la cellule familiale, la jeunesse se perd et s’enivre faute de s’enraciner et de se construire. On se cherche une nouvelle sexualité, on cherche chaque jour une nouvelle intersectionnalité, une nouvelle convergence de lutte et une nouvelle transcendance. Perdus dans le désespoir que causerait une planète malmenée par l’exploitation humaine, perclus d’angoisse devant un avenir qui s’annonce brutal, au mieux maussade, cette jeunesse ne sait plus à quel saint se vouer.

Comme en écho, l’université française se délite. Bâtiments vieillissants, égalitarisme créant un nivellement par le bas sans précédent, ce qui fut le symbole du bouillonnement intellectuel européen n’est plus que l’ombre de lui-même. Chargés de TD payés au lance-pierre, recherche en voie de clochardisation avancée, investissement dans d’absurdes études du genre et bienveillance coupable vis à vis de syndicats étudiants enclins à la démagogie, tel est le lot de l’université française. Magnanime, l’Etat leur concède quelques manifestations encadrées et quelques blocages de lycées car il faut bien que jeunesse se passe, pense du haut de son siège l’élite politico-médiatique pensant avec nostalgie à son passé trotskiste.

Dans ces conditions, comment imaginer l’état de cette jeunesse après un an de confinement, de cours à distance et de politique erratique sans le moindre bout de tunnel à entrevoir ? On se plaît à signifier à ces jeunes qu’ils ne sont pas malheureux comparé à ceux qui ont traversé 39-45, argument fallacieux. A-t-on expliqué à la jeunesse de la France occupée qu’elle peut s’estimer heureuse de ne pas avoir connu la Peste noire ou la chute de Rome. A chaque génération ses défis. Celle de nos grands-parents risquait sa vie sous les bombes. La nôtre la risque sous les antidépresseurs et une acédie des plus cruelle. Sans tomber dans une sorte de lyrisme adolescent, plutôt la guerre qu’une lente agonie de l’âme. Ce gouvernement incapable de procéder à un confinement sélectif des populations fragiles punit une génération entière car, de surcroît, il sait que sa base électorale repose sur le troisième âge. Ainsi, ces étudiants, privés de travail alimentaire au vu de la fermeture des établissements de restauration et des bars, des vacances organisées ou des animations culturelles, condamnés à passer leurs journées derrière un ordinateur dans l’espoir de suivre des cours et taraudés par la peur de l’échec s’isolent de plus en plus et prennent de plein fouet la perte de ce qu’on leur présentait comme une fin en soi : l’ivresse de la fête. La solitude de l’individu postmoderne lui explose donc à la figure. Le bruit des « after-works » des soirées étudiantes et des défonces en boîte n’est plus là pour masquer la réalité d’une vie passée à se fuir. Curieux retournement de situation qui aurait fait rire jaune Philippe Muray. Exit la génération festiviste, bienvenue à la génération lexomil.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 3 février 2021

L’Apartheid numérique – Réseaux sociaux : la fracture s’aggrave !

censure réseaux sociaux

Alors que les réseaux sociaux continuent de bannir régulièrement toute trace d’opinion divergente, d’autres réseaux alternatifs sont mis en avant et accueillent des millions de « réfugiés politiques ». Ainsi, alors que YouTube à son tour, suspend le compte de Donald Trump, l’application Telegram, l’équivalent russe du réseau social Whatsapp, connu pour sa discrétion et sa permissivité, revendique plusieurs dizaines de millions de nouveaux téléchargements de son application. Dans le même temps, l’action Twitter s’est effondrée en perdant 6 % de sa valeur, le réseau social a perdu jusqu’à 12 % lundi dernier.

Conséquence directe du bannissement de Donald Trump ? Certainement. Puisqu’à la suite du président américain, des dizaines de milliers de compte marqués comme « complotistes » mais plus largement d’opposants au progressisme ambiant, ont subi le même sort. Une tragédie pour la liberté d’expression et d’opinion mais une aubaine pour les concurrents. Ainsi, outre le réseau Telegram, les applications comme « Parler » pendant conservateur de Twitter ou encore Gab ont bondi d’un seul coup. Parler était l’application la plus installée ce lundi et Gab affirme avoir enregistré 12 millions de visites en 12 heures.

S’il est rassurant pour certains de voir apparaître ces solutions alternatives, la séparation des opinions, le triage de ce qui est dicible ou non, a donc été acté comme principe intrinsèquement lié aux démocraties modernes. Pire, ce sont désormais les entreprises privées qui régulent l’expression politique des citoyens. On observe depuis plusieurs mois, un phénomène des plus inquiétants dans le marketing des grands groupes : une appropriation du débat public et l’engagement politique parfaitement assumé. Ainsi le fabricant de glaces Ben and Jerry’s s’est fait le porte-parole des militants racialistes et autres Black Lives Matter. Ainsi, Nike s’est engagé dans la lutte pour les Ouighours, cette communauté chinoise musulmane martyrisée par Pékin.

On assiste bien à un tournant majeur : le politique n’a plus la main sur la censure, il a délégué cela aux entreprises privées. Ce transfert de compétence inique, cette grande injustice, met en contradiction le droit d’une entreprise privée de bannir l’utilisateur de ses services qui contreviendrait à ses règles et le droit à la liberté d’expression insécable de tout système démocratique. Nous ne sommes évidemment pas des perdrix de l’année, la liberté d’expression était déjà un lointain souvenir, mais les coups portés avaient au moins le mérite d’être progressifs et discrets. Aujourd’hui, les GAFAM ne prennent plus cette peine.

Nous voici donc condamnés à ne plus débattre, ne plus échanger, voire ne plus se parler. Chacun son réseau social, chacun ses contenus recommandés par un algorithme, chacun son safe space et chacun ses tropismes. Condamnés à vivre les uns à côté des autres, nous ne partagerons bientôt plus rien. On accuse souvent « l’extrême droite » de fracturer, diviser, accusation désormais dépassée. La fracturation de la société occidentale est voulue, conduite et assumée par ces nouveaux dieux de la consommation et du prêt-à-penser venus des Etats-Unis.

Ce mois-ci, a été édité un petit texte inédit de Stefan Zweig intitulé L’Uniformisation du monde qui conclura ce propos :

« Nous nous berçons encore d’illusions quant aux objectifs philanthropiques et économiques de l’Amérique. En réalité, nous devenons les colonies de sa vie, de son mode de vie, les esclaves d’une idée qui nous est, à nous Européens, profondément étrangère : la mécanisation de l’existence. »

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 13 janvier 2021

Olivier Duhamel : l’effet Springora ?

olivier duhamel

Vanessa Springora a-t-elle été le caillou qui précède l’avalanche avec son livre « Consentement » ? L’éditrice qui, dans son ouvrage, a « balancé » Gabriel Matzneff en révélant l’emprise sexuelle qu’il exerçait sur elle au début de son adolescence, a semble-t-il ouvert les vannes. Après l’écrivain sulfureux, c’est le « politologue » Olivier Duhamel qui est visé depuis ce mardi par une enquête du parquet de Paris pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ». Beau-père de Camille Kouchner, Olivier Duhamel est accusé par celle-ci, dans un livre à paraître ce jeudi en librairie, d’agressions incestueuses imposées à son beau-fils « Victor », quand ce frère jumeau de Camille était adolescent à la fin des années 1980. Le politologue a indiqué sur son compte Twitter qu’en raison « d’attaques personnelles », il « met fin à ses fonctions » dans les institutions pour lesquelles il travaillait jusque-là. Un tweet qui ne conteste par ailleurs pas les accusations portées dans ce livre.

Dans ce livre, on découvre toutes les turpitudes d’une famille éclatée aux vies brisées. Ces quelques lignes rapportées par nos confrères du Figaro parlent d’elles-mêmes :

« Par sa tendresse et notre intimité, par la confiance que j’avais pour lui » décrit Camille Kouchner, « tout doucement, sans violence, en moi, il enracinait le silence ». Elle protège Olivier Duhamel parce qu’elle l’aime « comme un père et que dans l’explosion de notre famille, il était tout ce qui (lui) restait ». Quant à Victor, il ne « veut pas en parler ». « C’est le moyen que j’ai trouvé pour construire ma vie », explique-t-il à sa sœur. Le Monde, qui a révélé les faits lundi, l’a interrogé : « Je vous confirme que ce que ma sœur a écrit à propos des agissements d’Olivier Duhamel à mon égard est exact », a-t-il simplement répondu.

Trop de zones d’ombre encore dans cette affaire. Le nom de Marie-France Pisier, sœur d’Evelyne Pisier, mère des enfants Kouchner et compagne d’Olivier Duhamel, est dans tous les questionnements. L’actrice, retrouvée au fond de sa piscine coincée sous une chaise métallique, et dont l’enquête a conclu à un suicide, avait menacé de tout révéler. De quoi largement relancer l’enquête.

Il est difficile d’appréhender la puissance de l’onde de choc. Comme pour l’affaire Matzneff, l’intelligentsia parisienne semble tomber de sa chaise, comme si tous découvraient que Duhamel était un prédateur sexuel. Tous, jusqu’à Elisabeth Guigou, pourtant proche de l’ancien député européen socialiste et président du Siècle, ce club influent rassemblant ces mêmes élites, prétendent tout ignorer. Difficile à croire, tant la lecture des « bonnes feuilles » et des déclarations de Camille Kouchner sont sans équivoques. Une affaire qui accessoirement tombe mal pour Guigou qui s’est vu confier la tête d’une mission censée enquêter contre le drame de l’inceste dans la société…

Quand un fruit est pourri, on l’arrache. Mais quand un arbre ne donne que des fruits pourris, on le déracine et on le jette au feu. Il y a fort à parier qu’ils sont nombreux à trembler. Tous ces prédicateurs gauchistes vantant l’ouverture, la tolérance et la dissolution de la nation dans la mondialisation… Nous ne les nommerons pas mais tous les connaissent. Pour reprendre la formule de Roger Holeindre : « Que l’on m’arrête à la sortie si ce n’est pas vrai ».

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 6 janvier 2021

Les condés feront du ski…, par Etienne Defay

stations ski covid

… Et ils seront bien les seuls ! Habitué aux décisions unilatérales et absconses (pour rester courtois), le gouvernement a opté pour l’ouverture des stations de ski mais pour la fermeture des remontées mécaniques. Autant vous dire qu’ils seront peu nombreux à travailler les ischio-jambiers en chaussures de ski sur des milliers de mètres de dénivelés positifs. On serait bien tenté de leur proposer de troquer ski et snowboard contre une paire de raquettes ou de skis de fond pour crapahuter sur les plateaux du Vercors mais les refuges de haute montagne sont fermés.

Inutile de préciser que les professionnels des sports d’hiver sont furieux mais surtout apeurés. Déjà mis à mal par la rareté des chutes de neige, les stations de ski font grise mine et la révolte gronde. Le maire de la commune de Chatel a d’ailleurs recouvert sa mairie de drapeaux suisses. Allusion à la politique helvétique pour qui il est hors de question de renoncer à cette manne économique. Une situation qui s’explique aussi par le fait que l’enclave helvète est située hors de l’Union européenne et son armée de technocrates zélés. L’Autriche et la France ont donc plié devant les exigences allemandes et la peur du COVID.

Une décision qui risque de pousser les Français à partir skier en Suisse ? C’était compter sans notre Monsieur déconfinement national qui habite pour un temps à Matignon. Le Premier ministre Jean Castex a enfilé son costume de garde-frontière en avertissant les Français : tout individu surpris en train de revenir du ski à l’étranger sera mis huit jours à l’isolement. On croit rêver. Nous qui pensions avoir atteint les sommets en termes d’infantilisation et de coercition, notre cher gouvernement a adopté le même code couleur que les pistes de ski. On commence tranquillement sur la piste verte et on finit en hors piste après la noire. Las. Nos moniteurs nationaux ne manquent pas d’inventivité. Une députée a proposé, en désespoir de cause, de décaler les vacances d’hiver et de printemps pour permettre à la population d’aller skier. Déjà, on remercie cette élue d’imaginer qu’on peut décaler la totalité des vacances de nos concitoyens pour une poignée de frontaliers et de privilégiés qui ont les moyens d’aller skier (prix moyen pour une semaine de ski pour quatre personnes ? Entre trois et cinq mille euros).

L’enjeu n’est donc pas tant de protéger le droit des Français à aller skier. L’enjeu est davantage de sauver tout un secteur de notre économie mais aussi notre liberté face à un pouvoir qui ne sait plus quoi inventer en matière de loi liberticide. Qu’un conseil scientifique et technocratique aussi à l’aise dans la réalité qu’un dromadaire sur une luge puisse décider unilatéralement à la place des citoyens est très inquiétant, qu’elle se traduise par un pataquès digne d’un mauvais remake des « Bronzés font du ski » rajoute une touche d’humour macabre à ce drame qui se transforme lentement mais sûrement en tragicomédie. A quand un haut-commissariat aux chaussures de ski ? s’interroge avec ironie l’éditorialiste du Point Sophie Coignard. On en rirait presque si la blague ne durait pas depuis aussi longtemps. •

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 2 décembre 2020

Déconfinement ? Que du pipeau ! – Macron : Petit père des veules

déconfinement pipeau

Cela devient lassant à force de l’écrire. Demi-mesure, tâtonnement, versatilité, autosatisfaction (pour rester courtois). La « performance du président de la République hier soir à 20 heures a tenu toutes ses promesses en la matière. Après la foule d’annonces, s’est ensuivi un habituel prêche lyrique et satisfait, une homélie donc pendant laquelle les Français ont pris l’habitude de pudiquement détourner les yeux. Parmi les décisions du chef de l’Etat : réouverture des commerces, assouplissement du confinement avec une dérogation pour des promenades pouvant durer 3 heures dans une zone de 20 km au lieu du kilomètre réglementaire. Monseigneur est trop bon d’élargir la cour de promenade. En réalité, cette mesure est totalement révélatrice. Elle démontre l’arbitraire abscons d’un exécutif incapable de raisonner autrement, on s’abrite derrière le mantra « Sauver nos urgences ». Mais qui est responsable ? Les Français qui payent des impôts et des taxes sans cesse plus lourdes ? Des impôts qui visiblement ne servent pas à sauver le système de santé car l’épidémie de Covid n’a fait que révéler son démantèlement consciencieux. Un jeune restaurateur répondait il y a quelques jours à la question d’un journaliste de Boulevard Voltaire qui lui demandait s’il avait l’impression d’être abandonné. Voici sa réponse : « Je ne suis pas d’accord, nous n’avons pas été abandonnés. Nous avons été sacrifiés. »

Sacrifiés. Des dizaines de milliers d’entrepreneurs, d’indépendants et de petits commerçants, des saisonniers, des Gilets jaunes, des sans-grade, des gagne-petit, des sans-dents, ceux qui ne sont rien. Ceux qui payent chaque jour davantage pour engraisser un Etat qui ne les protège plus, ne les aide plus et surtout qui les oublient.

Autre mesure qui a entraîné une opposition frontale : le retour des cultes conditionnés à trente personnes maximum. Trente personnes ! Outre l’absurdité d’un tel raisonnement qui met à égalité les cathédrales et les oratoires privés, c’est bien cette politique du hasard, ces mesures de l’arbitraire qui sont à déplorer. La seule bonne nouvelle consiste en, pour une fois, la mobilisation unanime et forte des évêques de France qui en ont oublié de s’étonner qu’il reste des catholiques dans ce pays prêts à manifester pour le retour de la messe et pour qui l’Eucharistie signifie autre chose qu’une vague conscience d’appartenance sociale.

Cette vague d’opposition à Emmanuel Macron n’est plus dictée par un calendrier politique ou une logique de confrontation. Cette opposition, c’est le bon sens contre le hasard, l’enracinement contre le hors-sol, le réel contre le légal.

Cette vague d’opposition à Emmanuel Macron, ce sont les premiers remous d’une lame de fond prête à tout emporter. A force de cliver, de fracturer, d’hystériser, la majorité a réuni tous les ingrédients pour un cocktail explosif dans lequel toute parole de réconciliation, d’apaisement ou de juste mesure ne pourra plus fonctionner et ne sera plus audible. Emmanuel Macron a voulu jouer sans nuance la paix contre la guerre, l’amour contre la haine ? Qu’il récolte à présent.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 25 novembre 2020

Loi de sécurité globale : Attention Danger !

libertés publiques

Une fois étant loin d’être coutume, il nous faut le temps de nous placer un instant dans le camp de la gauche radicale, ou plus largement dans le camp de ceux qui s’inquiètent des dérives autoritaires de l’Etat. Dans le viseur de cette proposition de loi des députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergues, ce dernier étant l’ancien patron du RAID, les différentes dispositions visant à entraver le travail des journalistes mais surtout augmenter la capacité répressive d’un gouvernement aux abois. La disposition qui fait le plus débat concerne l’article 24 du texte.

Ce dernier vise à pénaliser l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre. Selon l’article 24, la diffusion « du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique », sera punie d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros. Une disposition qui mobilise particulièrement la presse, en effet qui peut juger de l’intention de la personne qui filme ? Qui se prononcera sur l’intention de porter atteinte à l’intégrité psychique du policier ?

Que penser de policiers, remparts de la République dont il faut protéger la psyché d’actes aussi terribles que des photos ? Que penser de Gerald Darmanin invoquant le drame de Magnanville alors même que des données personnelles de milliers de policiers ont été piratées quelques mois auparavant et que ces derniers donnent leurs coordonnées à chaque changement de cartes grises depuis que l’Etat a délégué cela au privé ? Un privé toujours plus présent puisque cette loi prévoit de donner à des agents de sécurité privés des prérogatives de policiers nationaux ? Que penser d’un Etat qui sous-traite ses essentielles missions régaliennes au privé ? Que penser d’un Etat qui oublie la Justice, saborde l’Education et privatise la police mais qui va s’inquiéter de ce que vous mangez, comment vous vous chauffez et quel véhicule vous utilisez ?

Signalons au passage que de telles dispositions existent déjà dans la loi. En effet, il y a deux ans, une militante antifa connue sous le pseudo de « Marie Acab-Land » a été condamnée à dix sept mois de prison ferme pour avoir photographié les visages de policiers et les avoir jetés en pâture sur le web. Si de telles protections existent déjà, pourquoi ne pas les utiliser au lieu d’inventer de nouveaux arsenaux aux objectifs douteux ?

Outre le fait d’assister encore une fois à une débauche de mots creux de la part d’une majorité et d’un gouvernement trouvant plus commode de faire du battage autour d’une énième loi plutôt que d’avoir le courage de faire appliquer celle qui existe déjà ; on assiste également à une démonstration par A+B qu’on nous prend, nous citoyens, pour des jambons. En pleine crise sanitaire dont les conséquences s’avèrent intensément plus dramatiques que l’épidémie elle-même, en pleine crise de représentation politique, sociale, sécuritaire, judiciaire et j’en passe, le gouvernement resserre encore la vis de nos libertés publiques. Espérons que ce soit enfin celle de trop.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 novembre 2020

États-Unis : le hold-up médiatique, par Etienne Defay

On se souvient tous de nos cours d’histoire ou de culture générale pour ceux qui y ont eu droit. Les médias et les journalistes étaient présentés comme les principaux contre-pouvoirs de la vie démocratique. Tout le monde connaît cette célèbre citation, de Jefferson : « Notre liberté dépend de celle de la presse, elle ne saurait être limitée sans être perdue. » Si cette maxime est vraie pour l’Europe occidentale, elle est d’autant plus vraie pour les Etats-Unis et leur premier amendement.

Or, pour la première fois dans l’histoire de l’Occident, la presse s’est aujourd’hui affirmée comme une ennemie de la démocratie. Pour la première fois, elle a volontairement censuré le discours d’un président en exercice sous prétexte qu’il diffusait de fausses informations. Pour la première fois, des médias ont proclamé la victoire d’un candidat alors que les résultats n’étaient pas encore tous comptés et que des soupçons de fraudes étaient en train d’être prouvées par la justice. Un hold-up donc, qui, par la désignation de l’homme à abattre et l’unanimité qu’il suscite contre lui, a aussi le mérite de mettre un coup de projecteur bienvenu sur cette sinistre réalité qui empoisonne la démocratie et expose en pleine lumière toute la puissance et la malignité d’un « establishment », un « deep state » implanté contre le pays réel.

Des médias qui ont ignoré sinon nié un parti pris incroyable. Cette élection est l’achèvement d’une véritable chasse à l’homme contre Trump. Une frénésie à laquelle ont pris part la quasi-totalité des médias occidentaux qui ne voient les Etats-Unis que par le biais bien commode de la côte ouest ultra-démocrate et mondialisée. Une élite qui méprise l’Amérique profonde comme d’autres méprisent les Gilets jaunes en France. Une élite pour qui l’élection de Trump était un coup par surprise qui ne saurait se reproduire. Une fois, c’est une erreur ; plusieurs fois, cela devient systémique. La vague bleue ne s’est donc jamais produite malgré tous les efforts de ce système aux ordres qui disséminait propagande et faux bulletins de vote au gré des besoins et des ajustements. Derrière l’avènement de ce pantin à moitié sénile et au fond sans doute presque plus conservateur que Trump, parade une entreprise qui ne se dissimule même plus. Peu importe au fond les fraudes et les soupçons de corruption. Peu importe l’affaire Biden, l’essentiel étant qu’il soit un bon grand-père. L’essentiel étant que sa vice-présidente Kamala Harris soit « cool », qu’elle danse avec les enfants et soit inclusive. Peu importe le bilan de Donald Trump, que le chômage ait baissé, que la croissance soit repartie et que les guerres menées à l’extérieur par les USA aient été stoppées. Il faut que Trump s’en aille parce qu’il ne joue pas le jeu et qu’il a chamboulé les plans de cette élite. Mais parce qu’il représente le mal, peu importe que cette élection soit légale après tout. Peu importe les aspirations des peuples et cette indicible fracture qui sillonne l’Amérique au gré des manipulations racialistes et des pseudo-campagnes inclusives. Biden doit gagner parce qu’ils l’ont décidé.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 9 novembre 2020

Propagande, couvre-feu, délation… C’est reparti comme en 40 !

Quel pays au monde est capable en même temps de réfléchir à un couvre-feu généralisé à partir de 20 heures, comme si les Allemands paradaient à nouveau avenue des Champs-Elysées, tout en incitant son bon peuple à partir en vacances à la Toussaint ? Comme si le maréchal Pétain avait appelé Léon Blum à la présidence du Conseil ?

Au moment où nous écrivons ces lignes, Emmanuel Macron ne s’est pas encore exprimé. Parmi les options envisagées pour lutter contre une énième seconde vague qui ne cesse de faire des remous, plusieurs options sont à l’étude. Si un reconfinement généralisé ne semble pas envisageable au risque de définitivement tuer le pays, un couvre-feu dans certaines métropoles semblent à l’étude. Ainsi Paris et sa grande couronne se voient menacés. Il est intéressant de noter qu’il s’agit de la seule option qui ait fuité, comme par hasard. Comme pour tester les réactions de l’opinion publique. Et elle a de quoi rassurer le gouvernement mais prodigieusement inquiéter les hommes libres. Les lecteurs du Figaro ont ainsi, dans un sondage, plébiscité le couvre-feu en bon bourgeois effrayés et prévisibles qu’ils ont toujours été.

Sur les plateaux télé, les chroniqueurs et experts se relaient pour apporter toujours plus d’alarmisme et les médecins conviés se divisent maintenant en deux camps. C’est vous dire si l’époque est formidable et emplie de nuances : les alarmistes et les « rassuristes », ce mot écorche les oreilles tant il n’est pas français. Soit il faut inciter au reconfinement, soit il faut limite passer pour un négationniste et dire que le virus n’existe pas. Les plateaux TV et la surabondance des chroniqueurs débattent visiblement d’un sujet que généralement ils ne maîtrisent pas. La preuve en a été faite sur CNews par l’intermédiaire de Florian Philippot. En effet, l’ex-numéro deux du Rassemblement national et président des Patriotes a assuré qu’entre 20 000 et 30 000 personnes étaient mortes de la grippe en 2017. Enorme tollé sur le plateau. Les chroniqueurs et notamment le Dr Hamon, président d’honneur de l’Ordre des médecins l’ont vertement tancé avec le reste du plateau en l’accusant de fake-news. Une salve qui s’est vite tarie lorsque Philippot a sorti les chiffres officiels de 2017 qui font état de 21 000 décès. Douche froide. Pendant ce temps, des policiers entrent chez vous sur dénonciation pour vérifier combien de convives vous recevez. Couvre-feu, police et dénonciation. De quoi réjouir tous les Adolfo Ramirez de ce pays.

Et les Français dans tout ça ? Tiraillés par la peur d’un virus dont on ne sait pas grand-chose à part que sa dangerosité oscille entre la peste noire et le rhume, que les tests sont d’une fiabilité relative et que les victimes potentielles sont un jour des vieillards, le lendemain des hommes sains et jeunes et le surlendemain des obèses morbides. Le « en même temps », véritable girouette faussée, déroute, aveugle et finalement apeure une société et des êtres perdus qui pensaient bien avoir chassé la mort de leur quotidien. Des êtres qui ont été conditionnés pour préférer vivre esclaves plutôt que de prendre le risque de mourir libres. Au nom de la précaution, nos aînés meurent de solitude dans leurs EHPAD. Une mort bien pire que le Covid.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 14 octobre 2020

Dupond-Moretti et Darmanin, les noces funèbres ?, par Etienne Defay

Le choc promis par Emmanuel Macron que devait incarner le remaniement est finalement assez décevant. Un subtil mélange de fond de tiroir, de recasage et de racolage. La seule véritable prise de guerre, non des moindres puisqu’il s’agit du monstre du barreau et terreur des magistrats, le Gargantua du prétoire, Maître Eric Dupond-Moretti. La promesse de débats houleux et de joutes parlementaires homériques pour les plus optimistes. Pour les réalistes, en plus d’être l’arbre qui cache la forêt en matière de renouveau, Dupond-Moretti garde des Sceaux, c’est l’arrivée de l’extrême gauche aux fonctions suprêmes. Celui qui se définit comme de sang mêlé et porteur « d’antiracisme », le défenseur de Théo Luhaka, de Patrick Balkany et d’Abdelkader Merah, grand ennemi des magistrats est donc ministre de la Justice. Lors de sa première visite à la prison de Fresnes, il a été ovationné. Pas par les surveillants mais par les détenus. Ambiance.

A l’Intérieur, arrive Gérald Darmanin, le sémillant ministre du Budget aura donc remporté son pari de laisser Castaner se griller à l’Intérieur avant de prendre sa place. Darmanin, c’est « le traître » pour Christian Jacob, c’est celui qui se présente comme petit-fils d’immigré alors qu’il descend d’un harki donc d’un citoyen français. Darmanin, c’est en arrivisme ce que représente Dupond-Moretti en outrancier. Et pourtant, cet improbable tandem aux histoires radicalement différentes vont devoir faire fonctionner ensemble les deux principales missions régaliennes de l’Etat : protéger et juger. Un constat qui glace un peu, il est vrai.

D’autant que la presse tire déjà à boulets rouges sur le tandem. Dupond-Moretti parce qu’il fut très critique à l’encontre du mouvement MeToo et Darmanin parce qu’il fait l’objet d’une enquête pour viol. A la limite ce n’est pas le plus préoccupant. Le garde des Sceaux ne saurait être coupable de délit d’opinion et le ministre de l’Intérieur a droit à la présomption d’innocence. Néanmoins on peine à voir comment ce couple mal assorti va parvenir à s’accorder, rassurer les forces de l’ordre et en finir avec le laxisme judiciaire. On connaît l’appétence de la Justice pour les coupables et le peu d’attention porté aux victimes.

Un duo à l’image du remaniement

Comme le fait remarquer le politologue Guillaume Bernard au média Boulevard Voltaire, c’est l’ordre protocolaire des ministères qui interpelle : « En premier viennent les Affaires européennes, en deuxième l’Ecologie. Il faut attendre la 6e place pour voir le ministère de l’Intérieur et la 10e place pour le ministère de la Justice. Cela montre que les fonctions régaliennes de politique intérieure, d’immigration irrégulière, d’insécurité sont reléguées bien derrière des questions d’affichage. »

On l’aura compris, le régalien est confié aux bêtes de scène et aux ambitieux mais arrive dernier dans les priorités d’Emmanuel Macron. Dommage que ce soit les principales préoccupations des Français qui sont au mieux caricaturés, au pire insultés.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 8 juillet 2020

Les antifas et black blocs, alliés objectifs de la Préfecture de Police ?

La manifestation aurait dû se dérouler pacifiquement. Devant des policiers souriants et détendus, les soignants, ces « héros du quotidien », ont à nouveau battu le pavé parisien pour alerter sur leurs conditions de travail. Sempiternelle ritournelle d’un hôpital public en déshérence dont les personnels travaillent en sous-effectif pour des salaires modestes. On a vu de belles scènes pendant cette manifestation, des CRS applaudissant les blouses blanches, des sourires, des saluts, des embrassades même.

Deux corps de l’Etat en première ligne pendant l’épidémie, sacrifiés sur l’autel des incuries du gouvernement et des ministres plus pressés de gérer leur « risque pénal » que d’assurer la sécurité des Français et la sauvegarde des intérêts de la nation. Mais, en fin de journée, tout s’est effondré avec l’apparition des trop fameuses milices en noir. Arrachant le pavé de l’esplanade des Invalides et multipliant les provocations, ils ont fait tourner la marche en émeutes et malmené durement les forces de l’ordre qui comptent plusieurs blessés dans leurs rangs.

Des scènes trop banales dont la réalité crue avait explosé aux yeux du public pendant les manifestations contre la loi Travail. A vrai dire, cela fait quatre ans que de Tolbiac à République en passant par Austerlitz, ces lieux qui sont pourtant d’éclatantes victoires françaises mais autant de défaites de la pensée et du politique. La question est prégnante. Elle obsède. Elle excède. En boucle elle revient et pousse les plus pacifistes d’entre nous à se radicaliser de l’autre coté du miroir. Mais que fait la Police ? Ou plutôt qu’est-ce que ne fait pas la Préfecture ? On a connu un préfet belliqueux jouant des muscles et des mécaniques pour verbaliser les cohortes de familles fuyant le confinement francilien, on retrouve un homme étonnamment discret pour gérer ces violences. Mais le veut-il ? Car les antifas sont bel et bien les idiots utiles des causes sociales.

Ils fournissent à l’opinion pléthore d’images de chaos et de violences qui retombent sur les organisateurs des manifestations, qu’ils soient soignants, pompiers, profs, avocats… Pris entre les feux des pelotons de forces de l’ordre et des infiltrés casseurs, ils voient leur manif leur échapper et leur cause piétinée par ceux qui font passer leur violence pour de l’avancée sociale. Ces antifas, dont les parents sont souvent des bourgeois aisés, se font ainsi les alliés du politique qui les laisse étonnamment franchir des cordons de CRS que des journalistes peinent à franchir. Ce mardi à Dijon, ils ont, en toute impunité, attaqué le cortège de Marine Le Pen qui se rendait au quartier des Grésilles pris, lui, entre les feux tchétchènes et maghrébins.

Les Français, coincés entre des politiques pétochards et des bandes allogènes armées voient chacune de leurs manifestations détruites de l’intérieur par des miliciens d’extrême gauche qui n’ont d’antifascistes que le nom. Le totalitarisme n’est pas un tout, il est une tenaille qui est tout sauf identitaire. Elle est protéiforme.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 17 juin 2020

L’émoi fait loi – Castaner : l’impardonnable forfaiture, par Etienne Defay

La mesure est comble et la lâcheté du ministre de l’Intérieur commence à devenir non dissimulable. Après le magnifique « soupçon avéré » de racisme concernant les policiers, l’inimitable premier flic de France a annoncé que les manifestations de soutien à George Floyd et Adama Traoré seraient autorisées. Une décision qui va à l’encontre de tout principe législatif. « L’émotion est supérieure au droit dans ces cas-là. »

On invitera le lecteur à méditer cette phrase. Car elle est une synthèse parfaite. Comme le rappelle avec ironie la journaliste du Figaro Eugénie Bastié : « Castaner vient de trouver l’épitaphe de la civilisation occidentale. » En effet, c’est beau, c’est propre, c’est presque du Philippe Muray dénonçant la société festiviste basée sur l’injonction permanente de la fête et de l’émotion. Muray ? Pas seulement. Car il y a aussi du Houellebecq chez Castaner. Il faut pour cela se reporter à l’avant-dernière publication de l’écrivain, Soumission. « Castaner ploie les deux genoux au sol » dénonce l’éditorialiste Guillaume Bigot sur Boulevard Voltaire.

L’émotion supplante le droit… Dira-il cela à ceux qui n’ont pas pu enterrer leurs proches à cause des restrictions de liberté liées à l’épidémie ? Soutiendra-il cela face aux éborgnés, aux mutilés, aux laissés pour compte de la mondialisation ? Ils ne sont rien, me répondrez-vous. Ceux-là qui ont la dignité de crever en silence, qu’ils soient retraités, paysans, policiers, infirmiers, militaires ou ouvriers, ne pourront prétendre à cette supériorité de l’émotion. Pour eux, ce sera la loi appliquée avec un zèle des plus iniques.

Parallèlement, LREM demande à tous les citoyens de respecter 8 min 47 de silence ce mardi à 18 heures en l’honneur de George Floyd. Ce même soir, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens s’agenouillaient place de la République avec les manifestants conviés par SOS Racisme. Il ne manquait plus que cela à vrai dire, les Insoumis qui ne méritent plus leur préfixe depuis longtemps et LREM sont donc en lice pour une compétition victimaire dont le pactole sera électoral à n’en pas douter. Tout le cynisme, le mépris politique et la haine de soi poussés à une sorte de paroxysme…

Pour les policiers, la coupe est pleine. Pris dans une tornade créée par la haine communautarisée, le mépris des bourgeois blancs flagellant leurs privilèges et lâchés par leur chef, nos forces de l’ordre accusent le coup. Un coup d’autant plus violent qu’il ne vient pas de l’ennemi en face mais d’un coup dans le dos porté par un chef qui aurait dû se trouver devant eux.

Castaner n’évoquera pas les suicides de policiers, les blessés, les mutilés, les tués, les internés. Castaner n’aura pas de mot pour ceux assassinés par le terrorisme. Castaner a, au nom d’une émotion supérieure au droit, trahi ses hommes et déshonoré une République qui à force d’être souillée finira par ressembler à ceux qui la violent. Pour la première fois, cher lecteur, le dégoût nous prend à la gorge.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2020

Le coût de l’immigration ? Un pognon de dingue !

Mieux vaut tard que jamais. La Cour des comptes a publié un audit retentissant. Retentissant parce qu’il officialise ce que tous savaient déjà. O surprise, ô rage, ô désespoir. La cohorte des Victor Hugo afghans et des ingénieurs syriens. Ces enrichisseurs de culture censés nous relever économiquement coûtent finalement à la France et aux Français la bagatelle de 6,6 milliards d’euros. Une paille !

Plus intéressant encore que ce chiffre sur lequel nous reviendrons, la Cour des comptes détaille dans ce document toute la chaîne de l’immigration. Tout ou presque dysfonctionne dans l’accueil, l’intégration et la régularisation des sans-papiers. On apprend aussi que les titres de séjour octroyés à nos chances pour la France ont augmenté de 38 % depuis l’ère de Nicolas Sarkozy. De quoi pâlir. 276 576 titres de séjours nouveaux ont été distribués en 2019. Un chiffre à mettre en relation avec le nombre non négligeable de ceux qui restent chez nous de manière illégale et ceux qui se font renouveler le précieux sésame.

Le fantasme balayé de l’immigration choisie

La France délivrait, en 2016, 3,72 premiers titres de séjour pour 100 000 habitants (autant qu’en 2006), moins que l’Italie (4,42), le Royaume-Uni (6,32), l’Espagne (7,65), l’Allemagne (12,18), la Suède (14,53) ou la Suisse (17,03). Une information qui corroborait le fait que l’hexagone ne privilégierait pas l’immigration professionnelle. En revanche, la France s’est fait une spécialité : accueillir les réfugiés économiques qui ne sont donc pas de pauvres Syriens fuyant la guerre… En 2019, 154 620 demandeurs d’asile ont été enregistrés. Plaçant la France dans la fourchette haute des pays de l’UE, mais surtout plaçant son système d’asile sous forte tension nous dit encore le rapport mis en exergue par nos confrères du Figaro. Rien d’étonnant quand on voit que les refus d’asile se chiffrent autour de 1 %.

Toutefois, s’il faut saluer l’essai de transparence de la Cour des comptes, il faut rétablir la vérité. Même s’il paraît énorme pour nos hauts fonctionnaires, ce chiffre paraît évidemment totalement sous-évalué. Jean-Yves Le Gallou que nos lecteurs connaissent bien a publié une contre-étude sur Polémia qui en dit long. Toutes les autres études concluent au contraire à un surcoût budgétaire dû à l’immigration : de 17 milliards dans la dernière étude de Jean-Paul Gourévitch (2012) ; de 42 milliards chez Pierre Milloz (1997) dont l’étude ancienne continue de faire référence par sa rigueur méthodologique, de 73 milliards chez Yves-Marie Laulan (2012). Jean-Yves Le Gallou a, lui, évalué à 18 milliards le seul coût d’entrée et d’accueil des 200 000 immigrés supplémentaires annuels (coût en infrastructure notamment).

Alors que notre pays s’enfonce dans la crise et que les nuages noirs de la récession sont déjà à nos portes, il serait de bon ton de traquer çà et là quelque économie substantielle. Espérons que ceux qui nous gouvernent y verront une piste sérieuse de réflexion. Encore faudrait-il que leur parti pris idéologique soit balayé par la froide réalité des chiffres. Mais il est hélas permis d’en douter.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 6 mai 2020

Banlieues : au diable la tiédeur – Confinez-moi ça !

Depuis l’accident ayant causé une fracture ouverte à un multirécidiviste à Villeneuve-la-Garenne, les banlieues s’embrasent à nouveau. Le feu ultra communicant touche une liste non négligeable de communes dans le 92 et le 93. Montreuil, Aulnay-sous-Bois, Villeneuve-la-Garenne, Nanterre, Gennevilliers, Asnières, Meudon, Clichy, Rueil-Malmaison, Saint-Denis, Clichy-sous-Bois, Drancy, Neuilly-sur-Marne, Montreuil, La Courneuve, Bobigny, Bondy, Villepinte, Fontenay-sous-Bois, Orly, Champigny, Boissy-Saint-Léger… Toute la litanie des cloaques, pardon des territoires perdus de la République, pardon à nouveau, des territoires en reconquête républicaine comme le dirait Christophe Castaner, se dévide sous les yeux impuissants des policiers, hallucinés des patriotes, sous le regard veule des politiques et biaisé des journalistes.

Alors que notre pays traverse la plus importante crise depuis la Seconde Guerre mondiale, alors que tous font preuve d’abnégation héroïque pour la surmonter, que nos personnels soignants en première ligne tombent comme des mouches, l’insupportable cohorte de sauterelles s’abat dans les champs de nos renoncements.

En première ligne, les politiques. Elus locaux compromis avec la racaille par électoralisme, maires compromissionnaires qui pour assurer la paix sociale, délèguent leurs pouvoirs régaliens à des grands frères de cité qui sont occasionnellement dealers ou corrompus. Ministres aux vaines rodomontades, accrochés à la menace d’un karcher qu’ils promettaient et que plus personne n’attend jusqu’au préfet de police Lallement qui roulait des mécaniques devant des familles parisiennes en vacances ou qui sortait les blindés devant une poignée de Gilets jaunes mais qui s’aplatit devant la racaille comme écrasé sous le poids de sa casquette.

En seconde ligne les journalistes, triste cortège de faux-semblants et de vrais couards. Tel France Inter titrant sur le terroriste de Romans-sur-Isère qu’il « supportait mal le confinement » et inventant du même coup le « terroriste claustrophobe », l’heure était à la diminution et à l’excuse : un commissariat flambe à Strasbourg ? « Tensions » pour France Bleue, jusqu’aux planqués de Rue 89 qui nous expliquaient benoîtement que « non, mais ce n’était pas le commissariat qui était visé mais bien le bâtiment limitrophe » alors que tous les documents relatifs à cette attaque démontrent le contraire. La cause de ces émeutes ? La faim pour un élu local repris en boucle par la majorité de nos médias.

Quand le sujet n’est pas tout bonnement écarté ou nié par la plupart des journalistes, il est minoré, amendé, excusé, osons le dire, absous. Comme un dommage collatéral inévitable, comme si leur sacro sainte république était habituée à avoir la tunique couverte d’accrocs et son indigence étalée sur la place publique plus sûrement qu’une lèpre.

Et que serait ce triste panthéon sans les habituels gauchistes de salon et d’amphis bourgeois ? Ces tristes révolutionnaires qui canonisent la racaille et la population des banlieues quand elle sert leurs rêves de cerisiers qui fleurissent ? Tous ces bourgeois confits dans les duplex germanopratins qui ne voient la banlieue que comme une source d’expériences sociologiques ? Osent-ils en sortir et prendre le parti des forces de l’ordre, ils seront traités de bounty, de nègres de maison ou de traîtres. Les Abdoulaye Kant, Linda Kebbab, Noam Anouar sont hais par ces idéologues ratés parce qu’ils ont osé s’extraire de leurs quartiers pour croire en autre chose que la victimisation qu’on leur proposait. Cette crise sanitaire est le dernier avertissement. Au diable les tièdes, il est temps de réagir tant que cela demeure encore possible.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 22 avril 2020

Déconfinement : Macron navigue à vue

Après les annonces d’Emmanuel Macron, lundi 13 avril, les ministres interrogés dans les médias n’ont pas montré la même conviction que leur supérieur. Sera-t-on vraiment déconfiné le 11 mai prochain ? Pas si sûr…

Pour la première fois et contre toute attente depuis le début du confinement, Emmanuel Macron a abordé la fin de ce processus et fixé une date : le lundi 11 mai. Un soulagement pour les Français, pour qui même s’il reste quatre semaines, entrevoient déjà une porte de sortie. Mais la joie est de courte durée et le réveil ressemble à un lendemain de cuite… Le gouvernement incapable de gérer cette crise, ramène à la réalité…

Un ministre de l’Intérieur qui fait presque marche arrière

Dès mardi matin, Christophe Castaner a rappelé que cette date « n’est pas une certitude mais un objectif ». Pas un reniement certes, mais cela résonne comme un pas en arrière. Le ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait que le président de la République « a annoncé, non pas le déconfinement le 11 mai, mais le confinement jusqu’au 11 mai ». Il conditionne cette date butoir à « la discipline de respect du confinement ».

Sur France Inter, Christophe Castaner a profité d’être interrogé pour préciser qu’à ce jour, « plus de 11,8 millions de contrôles » ont été effectués partout en France, relevant « un peu plus de 704 000 infractions » pour non-respect des mesures de confinement. Mais le ministre n’a pas donné plus d’informations sur l’éventuel plan de déconfinement qui devrait être précisé d’ici une quinzaine de jours, selon Emmanuel Macron.

Jean-Michel Blanquer dans le brouillard

Surtout, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des écoles dès le 12 mai. Une annonce qui a fait grand bruit parmi les professionnels du secteur et qui a poussé le ministre de l’Education nationale à réagir dans le journal télévisé de France 2. Une intervention qui n’aura convaincu personne, tellement le ministre est resté flou sur l’ensemble de ses réponses. « La réouverture des établissements sera progressive, donc évolutive », a-t-il essayé d’expliquer.

Le ministre s’est donné deux semaines pour « travailler avec les partenaires sociaux » et décider des détails de ce plan. S’il a annoncé que « l’on ne retrouvera pas une situation normale », il est resté très évasif, concédant deux pistes d’idées : organiser une rentrée qui « ne sera pas au même moment selon les niveaux », ou différée selon les territoires. « Nous fixerons un cadre national pour une adaptation locale », a-t-il affirmé. Seule certitude venant de sa part, « les mois de mai et de juin ne seront pas des mois normaux tels que nous les avons connus en 2019 ».

Mais toutes les questions du journaliste reviendront aux mêmes réponses : « ça se discute », « nous verrons », « peut-être »… Bref, l’incertitude est de mise au plus haut de l’étage de l’exécutif.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2020