Ukraine : l’Europe doit se désolidariser des Américains, par Bruno Mégret

Ukraine

La guerre en Ukraine évolue de façon très inquiétante. Le jusqu’au-boutisme des Américains ouvre en effet le risque d’une guerre nucléaire qui pourrait être fatale au monde européen.

Les Américains jettent de l’huile sur le feu…

Organisant la mobilisation générale contre la Russie, les Américains jettent de l’huile sur le feu. Accuser Poutine des pires ignominies, le traiter de boucher, parler de crimes de guerre et de génocide, le menacer de la Cour pénale internationale, c’est se couper de toute négociation possible avec lui. Ensuite, soutenir l’armée ukrainienne en s’engageant massivement à ses côtés au point de planifier maintenant des livraisons d’armes pour vingt milliards de dollars, c’est prolonger, voire étendre le conflit avec les pertes matérielles et principalement humaines qui en résultent. Enfin, c’est surtout s’engager ouvertement dans la guerre contre les Russes avec la volonté de les battre militairement.

… après avoir cherché à piéger les Russes

Un projet dont on peut d’ailleurs se demander s’il ne s’inscrit pas dans une stratégie conçue de longue date. Tout se passe en effet comme si les Américains avaient cherché à piéger le maître du Kremlin en refusant toute négociation avec lui sur la sécurité en Europe et en annonçant ensuite que pas un soldat américain ne viendrait défendre l’Ukraine. À la manière dont ils avaient poussé Saddam Hussein à l’invasion du Koweit, ils auraient ainsi délibérément créé les conditions de la réaction agressive des Russes pour, dans un deuxième temps, organiser contre eux une mobilisation générale de tout le monde occidental.

Mais si Poutine est acculé, le pire devient possible

L’erreur dramatique des Américains est que Poutine n’acceptera jamais de subir une défaite militaire. Et, s’il n’est pas question ici de défendre l’intéressé et de nier sa responsabilité première dans le conflit et dans les drames, voire les exactions qui en résultent, le devoir des dirigeants confrontés au chef d’État russe n’est pas d’aller pleurer dans les médias comme certains responsables américains mais d’agir lucidement en tenant compte des contraintes géopolitiques comme des réalités psychologiques.

A cet égard, il est clair que si Poutine est acculé à subir une défaite militaire, il utilisera l’arme nucléaire. On peut penser et espérer que ce sera, dans un premier temps au moins, l’arme nucléaire tactique sur le théâtre du champ de bataille, mais personne ne peut prévoir ce qu’il adviendra après une telle escalade de la violence guerrière.

L’Ukraine doit mener une guerre qu’elle aurait pu éviter…

Alors pourquoi prendre un tel risque ? S’agit-il de la souveraineté de l’Ukraine ? Un pays ne cesse pas d’être souverain si ses dirigeants, en sages politiques, tiennent compte des contraintes géopolitiques auxquels il est soumis. Faute d’avoir voulu le faire, les Ukrainiens ont été entraînés dans la guerre d’une façon pour le moins paradoxale : ils subissent une invasion russe pour avoir voulu se protéger d’une invasion russe (en cherchant à adhérer à l’Otan) ! Le président Zelensky porte donc sa part de responsabilité dans cette guerre en n’ayant pas accepté pour son pays un statut de neutralité, statut qui n’a rien au demeurant de déshonorant. Aussi est-il mal placé pour exiger aujourd’hui de tous les pays occidentaux qu’ils s’engagent sans réserve à ses côtés dans une guerre qu’il aurait peut-être pu éviter par une attitude plus prudente. Une guerre dans laquelle lui et son peuple sont d’ailleurs de surcroît instrumentalisés par les États-Unis.

… et se trouve instrumentalisée par les Américains pour détruire la puissance russe

Si les Américains prennent le risque d’une escalade militaire avec la Russie, c’est en effet pour un enjeu à leurs yeux bien supérieur à celui du devenir de l’Ukraine. Il s’agit pour eux d’en finir avec la puissance russe. Une puissance qu’ils ne contrôlent pas et dont ils détestent les valeurs politiquement incorrectes. Mais cet acharnement américain contre la Russie montre en tout cas combien les États-Unis peinent à prendre en compte les réalités nouvelles du monde actuel. Après leur victoire sur l’URSS ils ne sont pas devenus en effet les maîtres du monde car ce dernier n’est pas passé d’une organisation bipolaire à une structure unipolaire mais à une planète structurée en plusieurs pôles de puissance. Leur ennemi, ou leur adversaire, comme le nôtre, n’est donc pas la Russie mais bien plutôt les puissances émergentes qui veulent prendre leur revanche sur l’Europe et le monde occidental qui les ont dominées pendant plusieurs siècles. Les Américains seraient donc bien avisés de comprendre ce grand basculement et d’en tirer les conséquences : pour faire face à ces nouvelles puissances comme la Chine et dont beaucoup sont animées par le ressentiment ou l’esprit de vengeance, les États-Unis gagneraient à avoir à leur coté une vraie puissance européenne autonome et une Russie forte qui reste européenne.

L’Union européenne devrait se désolidariser des États- Unis pour imposer la désescalade

D’ici là, et pour en revenir à la guerre en Ukraine et au risque majeur d’une escalade nucléaire, je considère qu’il est de la responsabilité historique de l’Union européenne de se désolidariser officiellement des États-Unis et, forte de cette nouvelle légitimité, de se positionner avec autorité comme une puissance d’apaisement et de désescalade, écartant les Américains et poussant les deux parties à la négociation. Telle est l’initiative que devrait prendre rapidement l’actuel président de l’Union européenne, Emmanuel Macron. Et peu importe si certains pays comme la Pologne s’opposent à une telle prise de position, l’enjeu est trop important pour ne pas passer outre. Il s’agit en effet d’éviter le risque d’une guerre qui d’ailleurs ne serait pas mondiale. Car cette guerre n’embraserait que l’Europe et l’Amérique du nord. Elle conduirait au suicide du monde européen et chrétien, ce serait le crépuscule de l’Occident.

Tribune reprise de Polémia

Etats-Unis : une nageuse « transgenre » fait des vagues

transgenre

C’était prévisible, et même inévitable, et nous l’avions annoncé, avec quelques autres, sous les quolibets méprisant des belles âmes progressistes : l’intégration d’athlètes « transgenres » – c’est-à-dire des hommes – dans les compétitions sportives féminines allait déséquilibrer et fausser celles-ci et même, à terme, les faire imploser. Démonstration aujourd’hui par la natation féminine américaine.

En effet, à 22 ans, Lia Thomas a multiplié ces derniers mois les belles performances et les records dans les bassins universitaires américains. Seul problème, « Lia » est à l’origine un homme et le fait qu’elle enchaîne les victoires, écrasant la concurrence, commence à agacer jusque dans les rangs féministes. D’ailleurs, « la » nageuse ne pourra désormais plus participer aux épreuves de la NCAA (la fédération sportive estudiantine), à la suite d’une modification du règlement limitant la participation des athlètes transgenres aux compétitions. Ce changement réglementaire fait suite à une intense polémique qui agite les Etats-Unis. Au cœur de celle-ci, la méchante et obscurantiste nature qui, insensible aux idéologies à la mode, fait qu’un homme naît avec un corps et des caractéristiques physiologiques différents de celui d’une femme et que, sur cette base, les athlètes « transgenre » sont bien évidemment très largement, et injustement, avantagés – en termes de force, de puissance notamment – par rapport à leurs concurrentes.

Ainsi, depuis la saison 2021-2022, Lia Thomas a accumulé les performances remarquables, approchant voire dépassant les meilleures performances historiques dans la discipline. Fort logiquement, plusieurs anciennes nageuses, ainsi que des journalistes, ont dénoncé le caractère « faussé » et « artificiel » de ces résultats, certains établissant même un parallèle entre la nageuse « trans » et les nageuses de l’ex-RDA qui se dopaient à la testostérone ou aux stéroïdes anabolisants dans les années 80. C’est sans doute oublier que ce qui était hier une « tricherie » est aujourd’hui une grande « avancée sociétale ». Ces critiques ont néanmoins eu d’autant plus d’écho qu’elles ne provenaient pas uniquement du camp « réactionnaire ».

« En tant que championne olympique et avocate des droits civiques, je peux vous assurer qu’il n’y a rien de juste à ce que la femme transgenre Lia Thomas concoure pour l’Université de Pennsylvanie en NCAA », a ainsi déclaré Nancy Hogshead dans un texte publié par le journal anglais Daily Mail.

L’hydre progressiste se mord donc la queue et l’on s’écharpe dorénavant sur les campus américains entre tenants de « l’inclusion » à tout prix et défenseurs de « l’égalité des chances sportives » qui, n’en doutons pas, ne tarderont pas à être traités de dangereux « fachos ».

Le débat a pris une telle ampleur que même Donald Trump l’a évoqué en affirmant lors d’un meeting tenu le 15 janvier : « Nous interdirons aux hommes de participer aux sports féminins ». Une évidence de simple bon sens ? Malheureusement plus du tout dans le grand asile à ciel ouvert qu’est devenu le monde moderne.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 28 janvier 2022

Alexandre Del Valle : Le « grand déclassement » de l’Europe face à la Chine et aux États-Unis [vidéo]

11/10/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Coupable d’avoir délaissé son identité et sa souveraineté, le Vieux Continent serait la grande victime de la mondialisation.

Face à la guerre froide sino-américaine qui s’annonce, les Européens ne seraient plus aptes à entrer en conflit. C’est l’opinion du géopolitologue Alexandre Del Valle.

Il plaide pour que l’Europe assume son identité afin d’échafauder une stratégie de puissance.


Affaire des sous-marins – Une crise diplomatique majeure

sous-marins

Le feuilleton se poursuit sur le revirement australien sur l’achat de sous-marins français par l’Australie. Du côté français, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a rappelé vendredi ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie. « Une décision exceptionnelle (…) justifiée par la gravité exceptionnelle des annonces effectuées (…) par l’Australie et les Etats-Unis ». Les ambassadeurs ont été reçus par Macron dimanche soir. Quant au porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, il a annoncé un échange entre Macron et Biden, l’entretien ayant été sollicité par le président américain. Macron réclame des explications sur ce qui « s’apparente à une rupture de confiance majeure » et aimerait savoir « comment ils entendent sortir de ce contrat » tout en demandant des « compensations ». Bref, à Paris, on ne décolère pas.

De son côté, le gouvernement de Canberra a sorti des justifications par la voix de plusieurs de ses ministres. Pour le Premier ministre australien, Scott Morrison, le gouvernement français connaissait les « profondes et graves réserves » de Canberra sur les sous-marins français, et ce bien avant la rupture du contrat. Affirmant n’avoir agi qu’au nom de l’intérêt national du pays, il indique avoir soulevé les problèmes relatifs à l’accord « il y a quelques mois ». Les « réserves » portent sur le « fait que les capacités du sous-marin de classe Attack ne répondaient pas à nos intérêts stratégiques ». Le Premier ministre invoque les conseils des services australiens de renseignement et de la défense « qui estimaient que cela irait à l’encontre des intérêts stratégiques de l’Australie ».

Même son de cloche chez les ministres australiens de la Défense et des Finances. Pour le premier, les sous-marins nucléaires français n’auraient pas fait l’affaire en raison de leur nécessaire rechargement. Or l’Australie étant dénucléarisée, seuls les sous-marins américains – pourtant nucléaires – convenaient. Quant au ministre des Finances, Simon Birmingham, il affirme que son gouvernement a été « franc, ouvert et honnête » sur les préoccupations relatives à un contrat qui aurait dépassé le budget initial et pris des années de retard. Des remarques dont il aurait fait part au ministre de la Défense, Florence Parly, qui dément fermement les propos : « nous n’avons jamais été mis au courant des intentions australiennes. Ses affirmations sont inexactes ».

Explication embarrassée de Canberra qui tente de justifier une rupture brutale sur un terrain technique ? Ou négligence des Français avertis en amont comme le laissent entendre les officiels australiens ? Mais cette nucléarisation fait aussi réagir Pyongyang. Pour un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, la nouvelle alliance « Aukus » nouée entre Canberra, Londres et Washington relève « d’actes extrêmement indésirables et dangereux qui vont troubler l’équilibre stratégique dans la région Asie-Pacifique et vont déclencher une course à l’armement nucléaire ».

François Hoffman

Article paru dans Présent daté du 20 septembre 2021

Ni tofu, ni burger – Au bal des trois grandes puissances, la France doit-elle vraiment s’inviter ?

Etats-Unis Chine

Le sommet de l’OTAN s’est terminé lundi 14 juin 2021. A son issue, l’OTAN a publié un communiqué pour le moins provocateur à l’égard de la Chine. Cette volonté de gonfler le torse et les muscles devant les Chinois à l’approche du centenaire du parti communiste et alors que les tensions se multiplient en mer de Chine méridionale, marquées par des survols de chasseurs chinois et américains ou une forte présence de navires de guerre de différents pays, est un effet d’optique. En réalité, ce sont les seuls Etats-Unis qui veulent ainsi affirmer leur puissance. Biden l’avait rappelé peu de temps après son élection, expliquant que le temps de l’affirmation de la puissance américaine dans le monde était de retour. Le communiqué vise ainsi avant tout à réaffirmer cette puissance face à la Chine, tout en impliquant les alliés des Etats-Unis, et singulièrement une Union européenne amenée à faire profil bas et à accepter de suivre la politique atlantiste. Les observateurs qui donnaient un prix Nobel de la paix à Obama, avant de constater qu’il ne mit pas un terme à l’interventionnisme guerrier des Etats-Unis, ou annonçait que le monde ne pourrait pas échapper à une troisième guerre mondiale à cause de Trump sont sans aucun doute bien marris. Les démocrates n’ont pas l’intention de tergiverser concernant le rôle de leadership qu’ils entendent exercer sur le monde, ce que Biden rappelait aussi peu après son élection.

Sans cette toile de fond, il est difficile de comprendre le communiqué d’une OTAN qui était un peu sorti des radars. Bien sûr, l’Union européenne est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord par le biais de divers pays, dont la France et l’Allemagne, mais dans le jeu géopolitique de la course à la puissance, celle qui est ancrée dans les enjeux d’aujourd’hui mais prépare ceux de demain, elle est surtout rattrapée par le réel : il n’y a que trois adversaires autour de la table, et ce sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine. C’est aussi pourquoi les Etats-Unis font les gros yeux à une Chine et une Russie en phase de rapprochement.

La teneur du communiqué ne mâche pas ses mots. L’OTAN considère que la Chine représente dorénavant « un défi systémique » pour la stabilité du monde. Un milliard cinq cents millions d’êtres humains apprécieront une expression que l’on imagine tout droit venue des dossiers de Joe Biden. Ce qui inquiète l’OTAN ? Que la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire (plus que les autres ?) et qu’elle « coopère militairement avec la Russie, en participant aux exercices russes dans la zone euro-atlantique » (plus que la France avec les Etats-Unis, au même endroit ?). La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. La Chine accuse l’OTAN, et surtout les Etats-Unis, de s’engager de nouveau dans une logique de blocs, sans doute bien dangereuse pour la sécurité du monde.

L’Union européenne et en particulier la France ont-elles intérêt à être assujetties à la Chine ou aux Etats-Unis ? Aucun des deux, mon capitaine ! La France n’a qu’un seul intérêt véritable, le sien propre, pour paraphraser Carl Schmitt.

Pierre Xu

Article paru dans Présent daté du 16 juin 2021

Joe Biden ouvre les portes du grand remplacement

Ils ont dû attendre quatre ans. Ils ont dû assister, sans pouvoir vraiment s’y opposer, à la mise en place par Donald Trump d’un dispositif efficace capable de verrouiller les frontières et contrôler l’immigration. Ils ont eu le temps de constater, chiffres en main, que les illégaux peuvent être à la fois générateurs de violence et fossoyeurs d’emplois. La rage au ventre, ils ont perdu quatre ans, mais ils goûtent maintenant l’ivresse de la revanche.

On le voit aux rictus du « président » Joe Biden. On le sent à l’aplomb des membres du gouvernement. On le devine à la détermination de ceux qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes. Le bolcho-globalisme ne se contente pas de détruire l’appareil de protection édifié par Trump. Il voit plus grand et plus loin. Il cherche à établir une bonne fois pour toutes le mécanisme du grand remplacement. Effrayer, culpabiliser, museler les Blancs tout en invitant les cohortes du tiers-monde à les cerner, les submerger, les anéantir pour prendre leur place. Les Blancs finiront par se regrouper sur les terres arides ou dans les forêts désertes. Et les cohortes dessineront le nouveau visage de l’Amérique.

Une véritable stratégie

Depuis le 20 janvier et son arrivée au pouvoir, le bolcho-globalisme a dû prendre des centaines de décisions marquantes qui, toutes, vont dans le même sens et révèlent donc à grands traits l’esprit d’une stratégie. Celle-ci a l’air de se développer selon trois axes. Le premier, celui auquel nous assistons, recèle une double opération. D’une part, démoraliser, complexer, humilier les Blancs en leur affirmant qu’ils sont des racistes congénitaux, des égoïstes chroniques et des perdants programmés. La presse classique, les médias électroniques, les politiciens et Hollywood participent à l’orchestration d’une mise au pilori des véritables « inventeurs » de l’Amérique. Lessivage des cerveaux d’autant plus redoutable qu’il s’accompagne – autre opération jumelée – de l’arrivée en masse de nouveaux occupants, ce qui achève de dérouter les candides citoyens. Des intrus invités par le pouvoir qui les protège, les rassure et les encourage. Les Blancs perdent leurs repères et doutent de leur avenir. Le choc psychologique fait d’eux des victimes prises au piège.

Le deuxième axe de la stratégie est consacré précisément aux deux mâchoires de ce piège. D’un côté, on s’efforce de dissoudre, dans de vains combats ou de futiles palabres, l’ultime carré de républicains patriotes qui essaient de résister aux coups et de s’extirper de l’étau. Difficile. Tout le système étant aux mains du bolcho-globalisme, les droits de l’opposition deviennent symboliques. De l’autre côté, en ouvrant les vannes de l’immigration illégale, on prépare le terrain électoral afin d’y noyer sous le nombre les chances déjà fragiles des candidats de la droite nationale. La démocratie, comme souvent, sourit à la subversion. Les intrus, phagocytés par la gauche, deviendront très vite une minorité dangereuse puis une majorité triomphante. Le sort des républicains sera scellé. D’autant que, ployant sous le poids de l’invasion, certains Etats se verront obligés de créer de nouvelles circonscriptions. Leur destin sera tout tracé : servir de fiefs imprenables au bolcho-globalisme.

La classe moyenne, voilà l’ennemie !

Le troisième axe est à plus long terme. Il conjugue un des premiers objectifs du marxisme et la préoccupation majeure des nouveaux maîtres du pays : appauvrir la classe moyenne, l’assécher, la désarticuler, la démoraliser jusqu’à ce qu’elle ne constitue plus l’ossature de la nation, le moteur de son économie. L’instrumentalisation du Covid-19 joue un grand rôle dans cette manœuvre. Lorsqu’une usine ferme, lorsqu’un commerce fait faillite, c’est un clou qu’on enfonce dans le cercueil de la classe moyenne. Pour cette raison, le déconfinement général se trouve différé à chaque occasion sous de scandaleux prétextes. Car il faut neutraliser coûte que coûte cette masse de travailleurs, de patriotes, d’intraitables réfractaires ; il faut l’écraser jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des figurants besogneux et muets. Tout l’univers subversif s’est mobilisé pour assurer la réussite de l’entreprise : les médias, les politiciens gaucho-libéraux, les petits flics de la pensée unique, les tacticiens démocrates, les esprits forts donneurs de leçons, les gros industriels toujours obsédés par les bas salaires et la main-d’œuvre docile. Tous sur le même ton : les Américains qui depuis deux siècles et demi ont bâti cette grande nation appartiennent à une classe vouée à la disparition. On lui prend son argent pour le donner aux illégaux. On lui prend ses emplois pour les remettre aux illégaux. Mais on ne cherchera pas à lui prendre ses bulletins de vote : bientôt, ils ne serviront plus à rien.

Christian Daisug

Article paru dans Présent daté du 26 mars 2021

États-Unis : du parti unique au média unique ?

Etats-Unis Trump censure

Comme nous l’avions anticipé, aux États-Unis l’opération de néantisation de l’opposition populaire poursuit sa route. Qui a vu aux temps jadis le film Wag the Dog (Des hommes d’influence avec Robert de Niro et Dustin Hoffman) comprendra que persiste la technique consistant à utiliser scénaristes et metteurs en scène pour inventer de fausses crises médiatiques en vue de maintenir le pouvoir en place. Aujourd’hui encore, la queue remue le chien et non le contraire, comme dans le film et la vie politique américaine entre en phase de purgation, appuyée sur la narration de la tentative de « coup d’État » de Donald Trump. Et pendant que Trump, balourd du traquenard, s’empêtrait dans son 6 janvier devenu 6 février, l’establishment réinventait sa version soft de l’incendie du Reichstag.

Les Trumpistes et leur révocation de l’édit de Nantes

Résultat, trois chantiers de viols des foules ont été depuis lancés, appuyés sur les vérités officielles, qui sculptèrent dans le marbre le sujet de l’élection présidentielle, celui du SARS-CoV‑2 (rebaptisé COVID-19), ainsi que de la narration sur la révolte du 6 janvier, point de départ d’un système coercitif désormais en marche. Il a d’abord fallu faire comprendre aux 74 millions et plus d’électeurs de Trump qu’il ne sont plus les bienvenus dans la sphère politique et culturelle, sauf à se soumettre. Le trumpiste doit ainsi affronter une sorte de Révocation de l’édit de Nantes, celle qui relégua les protestants français à un rôle subalterne, privé de ses libertés de culte, ici privé progressivement de ses libertés politiques.

Le FBI en action

Si crise il y a, la mise hors la loi des opinions réfractaires devient plus facile. Le FBI flotte ainsi déjà toutes voiles dehors afin de traquer les oies activistes du Capitole. Non seulement cette mise hors la loi, est facile, mais aussi sans espérance pour les contrevenants. Le 2e impeachment de Trump a en réalité envoyé un message simple : nous n’allons pas vous lâcher. Et vous pouvez dire adieu au deuxième amendement de la constitution, celui qui vous donne le droit de vous protéger. N’oubliez pas que vous êtes de mauvaises personnes, ne vous comparez pas aux combattants antifas et BLM : ils ne mettent pas nos villes à feu et à sang; ils sont des révolutionnaires , des vrais, dignes de George Washington, pas vous!

Les supporters de Trump désormais rentrés à la niche, il deviendrait alors logique de couper ce dernier ainsi que ses acolytes de leurs courroies de transmission. L’OJIM a amplement couvert le sujet des oukases de Twitter et des autres réseaux sociaux, qui visaient Trump, ses proches, ses alliés. L’étape en cours monte d’un cran : celui de la distribution technique et logistique, autrement dit il faut convaincre les loueurs d’autoroutes de l’information de fermer le trafic.

C’est bien avancé.

Les tuyaux conservateurs coupés

Amazon a ainsi éliminé de sa grille Parler.com , le nouveau Twitter conservateur lancé à la vitesse du son et co-financé par Rebekah Mercer. Ce site, accusé d’avoir coordonné les évènements du 6 janvier, a dû fermer ses portes le 10 janvier 2021, il tente aujourd’hui un redémarrage par des voies différentes. Ceci lance un avertissement à un autre site populiste, Rumble, créé au Canada, qui cible le marché de YouTube. Le film politique va cependant plus loin. Il met ce mois-ci en scène le Congrès et les chaines de télévision câblées ou en streaming.

Récapitulons : l’histoire a commencé avant novembre 2020 dans la peur d’un probable coup d’état institutionnel. Elle se poursuivait par une tentative cafouilleuse le 6 janvier. Immédiatement après la capitale des États-Unis fut occupée par 40 000 soldats (plus qu’en Afghanistan) de la garde nationale, patriotes qui dorment dans les parkings et se tournent les pouces. S’est ensuivi l’épisode de l’impeachment, tragicomique, destiné à culpabiliser les trumpistes, mais visant à des réformes supplémentaires, portant par exemple sur la pérennisation du vote par correspondance ou sur la création de deux sièges de sénateurs pour le District of Columbia (la ville de Washington à 80% démocrate) permettant mécaniquement le contrôle « à vie » d’un Sénat passant de 100 à 102 membres.

Deux parlementaires démocrates pour le média unique

C’est dans cette attente qu’il serait préférable de bâillonner les derniers bastions médiatiques que sont Fox News, Newsmax et d’autres moindres, pourtant déjà largement minoritaires nationalement. Mais ceux-ci demeurent la voix de l’opposition populaire à l’establishment. C’est pourquoi, dans une lettre envoyée à une nuée de grands distributeurs, deux parlementaires démocrates argumentent et s’étonnent : comment ces distributeurs peuvent-ils en effet tolérer dans leur système des médias qui propagent des « fausses nouvelles » sur l’élection présidentielle, sur les évènement du 6 janvier, et sur la COVID-19?

Ceci a provoqué une réaction somme toute équilibrée du site Axios, acquis à l’establishment. Et une autre, articulée, d’un commentateur qui monte en puissance dans la « populosphère », le journaliste et cinéaste Dinesh D’Souza. Sa conclusion : les États-Unis s’orienteraient non seulement vers un régime de parti unique, mais de médias uniques. À suivre…

Texte repris du site OJIM

Victoire de Biden : le Time avoue la conspiration contre Trump

Trump conspiration Time

Le célèbre magazine Time vient de publier un article HALLUCINANT. Sous le titre convenable de « L’histoire secrète de la campagne de l’ombre qui a sauvé l’élection de 2020 », il décrit l’ampleur des manœuvres et des manipulations qui ont permis la victoire de Joe Biden.
Difficile de ne pas voir dans ce texte fleuve un parfait manuel du détournement d’élection… Un mode d’emploi qui pourrait bien être utilisé dans de nouvelles échéances électorales, aux États-Unis ou en France !
Voici la traduction de ce texte, réalisée par Dreuz info.

Une chose étrange s’est produite juste après l’élection du 3 novembre : rien.

La nation était prête pour le chaos. Des groupes de gauche avaient juré de descendre dans la rue, planifiant des centaines de manifestations dans tout le pays. Les milices de droite se préparaient à la bataille [cette théorie complotiste des médias de gauche n’a jamais dépassé le stade de l’accusation, et aucun journaliste n’a jamais apporté une seule preuve que les groupes de droite se préparaient à la bataille. Au contraire, la preuve du contraire a été faite : quand la défaite de Trump a été annoncée, aucune bataille n’a eu lieu, et les « milices de droite » sont restées calmes]. Dans un sondage effectué avant le jour des élections, 75% des Américains ont exprimé leur inquiétude face à la violence.

Au lieu de cela, un calme sinistre s’est installé. Le président Trump ayant refusé de céder, la réponse n’a pas été une action de masse, mais des crickets. Le 7 novembre, lorsque les médias ont annoncé la victoire de Joe Biden, la jubilation a éclaté. Les gens ont envahi les villes américaines pour célébrer le processus démocratique [nous allons voir plus bas que l’article se contredit et parle de conspiration, pas de démocratie] qui a abouti à l’éviction de Trump.

Une deuxième chose étrange s’est produite au milieu des tentatives de Trump pour inverser le résultat [Trump n’a pas cherché à inverser les résultats, mais à les redresser en faisant annuler la fraude qui elle, a inversé les résultats] : les entreprises américaines se sont retournées contre lui. Des centaines de grands chefs d’entreprise, dont beaucoup avaient soutenu la candidature de Trump et appuyé ses politiques, l’ont appelé à céder. Pour le président, quelque chose n’allait pas. « Tout cela était très, très étrange », a déclaré M. Trump le 2 décembre, « quelques jours après l’élection, nous avons assisté à un effort orchestré pour oindre le vainqueur, alors même que de nombreux États clés étaient encore en train d’être comptés ».
D’une certaine manière, Trump avait raison

Il y avait une conspiration qui se déroulait dans les coulisses, une conspiration qui a à la fois réduit les protestations, et coordonné la résistance des PDG.

Ces deux surprises étaient le résultat d’une alliance informelle entre des militants de gauche et des titans du monde des affaires. Le pacte a été officialisé dans une déclaration conjointe, laconique et peu remarquée, de la Chambre de commerce américaine et de la fédération des syndicats internationaux (AFL-CIO), publiée le jour des élections. Les deux parties en sont venues à le considérer comme une sorte de marché implicite – inspiré par les protestations massives, parfois destructrices, de l’été en matière de justice raciale – dans lequel les forces du travail se sont unies aux forces du capital pour maintenir la paix et s’opposer à l’attaque de Trump contre la démocratie.

La poignée de main entre les entreprises et les travailleurs n’était qu’un élément d’une vaste campagne multipartite visant à protéger l’élection – un extraordinaire effort d’ombre consacré non pas à gagner le vote mais à s’assurer qu’il soit libre et équitable, crédible et non corrompu. Pendant plus d’un an, une coalition d’agents peu structurée s’est efforcée de consolider les institutions américaines alors qu’elles subissaient les attaques simultanées d’une pandémie sans remords et d’un président à tendance autocratique. Bien qu’une grande partie de cette activité se soit déroulée à gauche, elle était distincte de la campagne Biden et a franchi les lignes idéologiques, avec des contributions cruciales d’acteurs non partisans et conservateurs. Le scénario que les militants de l’ombre voulaient désespérément arrêter n’était pas une victoire d’atout. Il s’agissait d’une élection si calamiteuse qu’aucun résultat n’a pu être discerné, un échec de l’acte central d’autogouvernance démocratique qui est la marque de fabrique de l’Amérique depuis sa fondation.

Leur travail a touché tous les aspects de l’élection. Ils ont amené les États à modifier les systèmes et les lois électorales et ont contribué à obtenir des centaines de millions de dollars de financement public et privé. Ils ont repoussé des procès pour suppression d’électeurs, recruté des armées de travailleurs électoraux et obtenu que des millions de personnes votent par correspondance pour la première fois. Ils ont réussi à faire pression sur les sociétés de médias sociaux pour qu’elles adoptent une ligne plus dure contre la désinformation et ont utilisé des stratégies axées sur les données pour lutter contre les frottis viraux. Ils ont mené des campagnes nationales de sensibilisation du public qui ont aidé les Américains à comprendre comment le décompte des votes se déroulerait sur plusieurs jours ou semaines, empêchant ainsi les théories de conspiration de Trump et les fausses déclarations de victoire de prendre de l’ampleur. Après le jour de l’élection, ils ont surveillé chaque point de pression pour s’assurer que Trump ne puisse pas renverser le résultat. « L’histoire non racontée de l’élection est celle des milliers de personnes des deux partis qui ont accompli le triomphe de la démocratie américaine à sa base même », déclare Norm Eisen, un éminent avocat et ancien fonctionnaire de l’administration Obama qui a recruté des républicains et des démocrates au conseil d’administration du programme de protection des électeurs.

Car Trump et ses alliés menaient leur propre campagne pour gâcher l’élection. Le président a passé des mois à insister sur le fait que les bulletins de vote par correspondance étaient un complot démocrate et que l’élection serait « truquée ». Ses hommes de main au niveau de l’État ont cherché à bloquer leur utilisation, tandis que ses avocats ont intenté des dizaines de procès fallacieux pour rendre le vote plus difficile – une intensification de l’héritage des tactiques suppressives du GOP. Avant l’élection, M. Trump a comploté pour bloquer un décompte légitime des votes. Et il a passé les mois qui ont suivi le 3 novembre à essayer de voler l’élection qu’il avait perdue – avec des procès et des théories de conspiration, des pressions sur les fonctionnaires de l’État et des collectivités locales, et finalement en convoquant son armée de partisans au rassemblement du 6 janvier qui s’est terminé par une violence mortelle au Capitole.

Les militants pour la démocratie ont suivi la manifestation avec inquiétude. « Chaque semaine, nous avons eu l’impression de nous battre pour tenter de remporter cette élection sans que le pays ne traverse un véritable moment dangereux », explique Zach Wamp, ancien représentant du GOP, un partisan de Trump qui a aidé à coordonner un conseil bipartite de protection des élections. « Nous pouvons regarder en arrière et dire que tout s’est plutôt bien passé, mais il n’était pas du tout évident en septembre et octobre que ce serait le cas ».

Voici l’histoire de la conspiration pour sauver les élections de 2020, basée sur l’accès aux rouages internes du groupe, à des documents inédits et à des interviews de dizaines de personnes impliquées de tous les horizons politiques. C’est l’histoire d’une campagne sans précédent, créative et déterminée, dont le succès révèle également à quel point la nation a frôlé le désastre. « Toute tentative d’interférer avec le bon déroulement de l’élection a été défaite », déclare Ian Bassin, co-fondateur de Protect Democracy, un groupe non partisan de défense de l’État de droit. « Mais il est extrêmement important que le pays comprenne que cela ne s’est pas produit accidentellement. Le système n’a pas fonctionné comme par magie. La démocratie n’est pas auto-exécutoire ».

C’est pourquoi les participants veulent que l’histoire secrète de l’élection de 2020 soit racontée, même si cela ressemble à un rêve de fièvre paranoïaque – une cabale bien financée de personnes puissantes, dans tous les secteurs et toutes les idéologies, travaillant ensemble en coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations. Ils ne truquaient pas l’élection, ils la fortifiaient. Et ils estiment que le public doit comprendre la fragilité du système pour assurer la pérennité de la démocratie en Amérique.

L’architecte

À l’automne 2019, Mike Podhorzer a acquis la conviction que les élections allaient être désastreuses et a décidé de les protéger.

Ce n’était pas son domaine habituel. Depuis près d’un quart de siècle, Podhorzer, conseiller principal du président de l’AFL-CIO, la plus grande fédération syndicale du pays, a rassemblé les dernières tactiques et données pour aider ses candidats favoris à remporter les élections. Sans prétention et professoral, il n’est pas le genre de « stratège politique » en cheveux qui apparaît aux informations du câble. Parmi les initiés du Parti démocrate, il est connu comme le magicien à l’origine de certaines des plus grandes avancées de la technologie politique de ces dernières décennies. Un groupe de stratèges libéraux qu’il a rassemblé au début des années 2000 a conduit à la création de l’Institut des analystes, une entreprise secrète qui applique des méthodes scientifiques aux campagnes politiques. Il a également participé à la fondation de Catalist, la société phare de données progressistes.

Selon M. Podhorzer, les discussions interminables à Washington sur la « stratégie politique » n’ont pas grand-chose à voir avec la façon dont le changement est réellement opéré. « Mon point de vue de base sur la politique est que tout est assez évident si vous ne réfléchissez pas trop ou si vous n’avalez pas tout le cadre existant », a-t-il écrit un jour. « Après cela, il suffit d’identifier sans relâche vos hypothèses et de les remettre en question ». Podhorzer applique cette approche à tout : lorsqu’il a entraîné l’équipe de petite ligue de son fils, aujourd’hui adulte, dans la banlieue de Washington, il a appris aux garçons à ne pas se balancer sur la plupart des terrains – une tactique qui a rendu furieux leurs parents et ceux de leurs adversaires, mais qui a permis à l’équipe de remporter une série de championnats.

L’élection de Trump en 2016 – en partie grâce à sa force inhabituelle parmi les cols bleus blancs qui dominaient autrefois l’AFL-CIO – a incité Podhorzer à remettre en question ses hypothèses sur le comportement des électeurs. Il a commencé à faire circuler des notes de service hebdomadaires sur les chiffres à un petit cercle d’alliés et à organiser des séances de stratégie à Washington. Ce n’est qu’après des mois de recherche qu’il a présenté ses préoccupations dans son bulletin d’information en octobre 2019. Les outils habituels de données, d’analyse et de sondage ne seraient pas suffisants dans une situation où le Président lui-même essayait de perturber l’élection, écrivait-il. « La plupart de notre planification nous amène le jour du scrutin », a-t-il noté. « Mais nous ne sommes pas préparés aux deux résultats les plus probables » – perdre et refuser de concéder, et gagner le Collège électoral (malgré la perte du vote populaire) en corrompant le processus de vote dans les États clés. Nous avons désespérément besoin d’une « équipe rouge » systématique pour cette élection afin de pouvoir anticiper et planifier le pire qui, nous le savons, nous attend.

Il s’est avéré que Podhorzer n’était pas le seul à penser en ces termes. Il a commencé à entendre d’autres personnes désireuses d’unir leurs forces. La Fight Back Table, une coalition d’organisations de « résistance », avait commencé à élaborer des scénarios en fonction de la possibilité d’une élection contestée, rassemblant des militants libéraux aux niveaux local et national dans ce qu’ils ont appelé la Coalition pour la défense de la démocratie. Les organisations de défense du droit de vote et des droits civils ont tiré la sonnette d’alarme. Un groupe d’anciens élus se penchait sur les pouvoirs d’urgence qu’ils craignaient que Trump ne puisse exploiter. Protect Democracy mettait sur pied un groupe de travail bipartite sur la crise électorale. « Il s’est avéré qu’une fois que vous l’avez dit tout haut, les gens étaient d’accord », dit Podhorzer, « et cela a commencé à prendre de l’ampleur ».

Il a passé des mois à réfléchir à des scénarios et à discuter avec des experts. Il n’a pas été difficile de trouver des libéraux qui considéraient Trump comme un dangereux dictateur, mais Podhorzer a pris soin d’éviter l’hystérie. Ce qu’il voulait savoir, ce n’était pas comment la démocratie américaine était en train de mourir, mais comment elle pourrait être maintenue en vie. La principale différence entre les États-Unis et les pays qui ont perdu leur emprise sur la démocratie, a-t-il conclu, est que le système électoral décentralisé des États-Unis ne peut pas être truqué d’un seul coup. C’était l’occasion de le consolider.

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Des internautes américains mettent à genoux un fonds d’investissement

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L’affaire ne manque pas d’un certain panache. Ou d’une insolence de cancre, de ce genre de cancre brillant qui est relégué à côté du radiateur non point par manque d’intelligence, mais par manque d’intérêt pour l’aridité des déclinaisons latines. Après des siècles passés à séduire leurs voisines avec des sonnets pastichant Rimbaud pour les plus romantiques, ou en construisant des avions en papier pour les plus ingénieux, ce spécimen attachant qu’est le cancre brillant a trouvé une échappatoire particulièrement subversive, car puissant et opaque : le codage.

C’est ainsi que les meilleurs codeurs, ces Mozart de l’informatique, se retrouvent dans des « salons » virtuels, appelés « forums », pour discuter. Pas grand-chose à voir avec l’agora de Thèbes ou le forum romain au pied du Capitole : il s’agit de lieux virtuels où les échanges se font par messages, partage d’images ou de vidéos. A ce petit jeu, le forum américain et anglophone Reddit est la plate-forme la plus connue. Ce forum où l’on discute de tout, et surtout de n’importe quoi, est divisé en sous-sections, en fonction des thèmes. On y trouve des salons pour discuter de sport, de mode, de politique, de société, comme dans un bon vieux PMU où l’on commente entre amis une étape alpine du tour de France. Bien caché, se trouve même un salon pour parler boursicotage. Et c’est là que tout s’est joué.

Quelques amateurs, connectés sur des applications permettant d’acheter des actions en direct, se partageaient leurs tuyaux pour se faire un peu d’argent. Rien de très politique ni même de véritablement financier d’ailleurs, simplement une petite occupation du dimanche soir. Vous regardez un bon vieux Melville ? Eux passent une petite heure les yeux rivés sur des courbes de la Bourse pour surveiller leur portefeuille. C’est ainsi que l’un d’entre eux s’est aperçu qu’un fonds d’investissement, connu pour sa grande malveillance, s’attaquait à GameStop. GameStop est une enseigne américaine qui vend des jeux vidéo et des objets de collection depuis des petites boutiques qui ont pignon sur rue. Cette enseigne est certes en déclin, mangée par la dématérialisation, mais n’est cependant pas totalement dénuée d’atouts pour son avenir. Parmi eux, un fort capital affectif chez ses clients, et un patrimoine immobilier costaud. L’aventure est donc loin d’être terminée. Sauf si un rapace de la finance tombe dessus à bras raccourcis pour le plumer, laissant l’entreprise exsangue et quasi morte. Le but du fonds Melvin Capital était le suivant : parier sur la baisse, vendre toutes ses actions GameStop pour faire croire que le titre s’effondre, le faire s’effondrer par effet mimétique (les autres épargnants vendant aussi dans la panique pour limiter leur perte), et programmer des offres d’achat pour racheter ces actions pour une bouchée de pain juste après.

Keith Gill est boursicoteur et traîne sur Reddit. Il appelle à la rescousse ses camarades : cette entreprise qu’ils aiment tant va se faire exploser. Alors ils font ce que le marché ne pouvait absolument pas prévoir : acheter en masse des actions GameStop à cadence soutenue. Très soutenue. Juste au moment où Melvin Capital vend. Résultat, la valeur de l’action a été multipliée par 54. Et, Melvin Capital devant honorer ses engagements, le fonds a dû acheter 54 fois plus cher des actions qui lui appartenaient quelques instants plus tôt. Un délire. Le fonds perd la moitié de ses capitaux dans l’action, et doit être renfloué à hauteur de 2,75 milliards de dollars. Une raclée, infligée par des boursicoteurs bien coordonnés. C’est l’application qu’ils utilisaient pour acheter les actions, nommée Robinhood en référence au héros de Walter Scott, qui a stoppé le match en interrompant la possibilité de faire des transactions avec ce titre. Pourquoi ? Ce courtier désirait faire son entrée en Bourse, et les acteurs traditionnels lui ont assuré que s’il ne stoppait pas cette révolution sur-le-champ, il ne rentrerait jamais dans leur cénacle. Dont acte. La gauche sociale américaine et la droite trumpiste ont protesté énergiquement, au nom de la démocratie. D’ailleurs, le président de l’entreprise devra s’expliquer devant le Sénat.

Parmi les choses reprochées à cette application et à ce forum par les grands médias, la présence massive de militants pro-Trump. Sympathique, donc. Bien coordonnés, ils ont donné un sévère avertissement à la Bourse : bien coordonnés, ils peuvent mettre à genoux n’importe qui, comme une ruche fait reculer un frelon.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 4 février 2021

André Bercoff : « Ce qu’il s’est passé au Capitole à Washington est le reflet de la fracture américaine »

André Bercoff

André Bercoff revient sur les événements du 6 janvier à Washington, où des sympathisants de Donald Trump ont pénétré dans l’enceinte du Capitole, les bâtiments du Congrès américain.

Le peuple américain a vécu, hier soir, une soirée assez incroyable. À la suite des élections géorgiennes, les supporters et les partisans de Donald Trump sont entrés dans le Capitole.

Que s’est-il réellement passé ?

Le Capitole est l’un des endroits le mieux gardés du monde. Il y a un service impressionnant de police. Apparemment, hier soir, tout était ouvert.

Des milliers de partisans de Trump étaient présents et quelques centaines sont entrés. Comment est-ce possible que ce soit open bar ? On ne va pas entrer dans les hypothèses, mais c’est intéressant de se poser la question.

Je ne défends pas ceux qui sont entrés, mais je dis simplement qu’il faut ramener ces choses à leur juste proportion. Ce n’était ni la prise du Palais d’Hiver ni le saccage de je ne sais quelle église, synagogue ou autre.

Cette soirée était l’aboutissement de plusieurs mois de tensions entre les partisans de Trump et les partisans de Biden.

Il y a eu quatre morts après l’invasion du Capitole à Washington. S’il n’y avait pas eu ces morts, on aurait peut-être pu prendre cette nouvelle avec plus de légèreté. Il ne faut pas oublier qu’avant son élection en novembre 2016, Trump était considéré par toute une partie de l’establishment américain des démocrates, de la presse comme un usurpateur. Pendant quatre ans, les gens qui avaient voté pour Trump ont été considérés soit comme des imbéciles et des inconscients pour avoir voté pour un charlatan, un crétin. On ne va pas faire, ici, le bilan de Trump, vous le connaissez comme moi.

Il est clair qu’il a fait des bêtises et des maladresses. D’un côté, il y a les bobos gauchos américains du parti démocrate. Et de l’autre côté, les républicains qui seront divisés entre ceux qui veulent garder un certain intérêt centriste et les autres qui veulent un parti populiste à la puissance 1.000. Est-ce Trump ou non qui les réunira ? Je ne sais pas. Nous avons vu quelque chose de très fort qui nous montre la fracture américaine.

Emmanuel Macron a pris la parole en pleine nuit dans un anglais avec un accent français assez terrible devant les drapeaux français et américain. L’intégralité de la classe politique française a largement condamné cette action.

Emmanuel Macron s’est pris pour Lafayette volant au secours de l’Amérique. On a les ambitions que l’on peut… En ce qui concerne le reste, on cherche le bouc émissaire que l’on peut. Un bon nombre d’éditorialistes français disaient que Trump allait appeler l’armée et qu’il n’allait jamais céder le pouvoir.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Eric Zemmour : “Ceux qui ont divisé et désagrégé l’Amérique, ce ne sont pas les trumpistes, mais les mouvements d’extrême-gauche”