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Chute annoncée du « califat » de l’EI en Syrie : un simple épisode d’une guerre sans fin, par Franck Deletraz

Si la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes et la plupart de ses alliés occidentaux se félicitent depuis plusieurs jours déjà de la « fin imminente » du « califat » de l’EI en Syrie, nous commettrions une grave erreur d’appréciation en pensant que ce conflit est non seulement terminé mais surtout gagné. De par sa nature et celle de notre ennemi, la faculté qu’a ce dernier à « disparaître » pour frapper à nouveau là où l’on ne l’attend pas, ses innombrables relais et bases arrière dans le monde entier, et notamment en Europe, tout porte à croire, au contraire, que la guerre de l’Occident contre la barbarie islamiste, à l’instar de celle du Bien contre le Mal, n’en finira jamais vraiment.

« Victoire tactique » mais « défaite stratégique »

Alors que les combats continuaient de faire rage dans Baghouz, dernier réduit officiel de Daech en Syrie, un commandant des FDS indiquait encore samedi que « la victoire sera annoncée dans quelques jours ». Or, tous les services de renseignement savent parfaitement que les djihadistes de l’EI ont, depuis longtemps déjà, minutieusement organisé leur retour à la clandestinité. C’est d’ailleurs là l’une des très justes observations faites récemment par le colonel Legrier, commandant de la Task Force Wagram, dans une tribune publiée par la Revue de la Défense nationale, dans laquelle il parle d’une victoire « tactique » de la coalition, mais d’une « défaite stratégique ». En effet, explique-t-il, « l’ennemi » n’a « pas été autant [détruit] qu’on a bien voulu le faire croire », et il n’a pas été atteint dans « son moral et sa volonté de combattre » puisqu’il a « déployé jusqu’au bout une combativité inébranlable ». En outre, poursuit le colonel Legrier, la « défaite devenue inéluctable, il s’est exfiltré vers des zones refuges pour poursuivre la lutte en mode insurrectionnel, ne laissant sur place qu’une poignée de combattants étrangers ».

Comment importer une guerre chez soi

Des combattants notamment « français » qui, faits prisonniers, continuent de bénéficier de la générosité suicidaire de notre pays. Ainsi, rappelons-le, alors que ces assassins ont pris les armes contre nos soldats, notre gouvernement, craignant de les voir tomber aux mains des autorités irakiennes qui n’hésitent pas à fusiller, se démène aujourd’hui pour obtenir leur rapatriement en France où, nous promet le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, « ils seront tous judiciarisés, et incarcérés » dès leur arrivée. Au total, cela représenterait pas moins de 150 individus, dont 90 mineurs, pour la plupart tellement endoctrinés que certains experts les jugent « irrécupérables »… De quoi améliorer la situation en France où, comme l’a annoncé jeudi Nicole Belloubet, une trentaine de détenus, condamnés pour des liens avec le djihadisme et ayant séjourné dans la zone syro-irakienne, seront libérés en 2019. Evénement pourtant décrit par François Molins, ex-procureur de la République de Paris, comme constituant « un risque majeur » pour la sécurité de notre pays.

Bref, une situation tellement ubuesque que l’on en vient aujourd’hui à se demander si l’Etat est à ce point stupide qu’il ne voit pas qu’il creuse aujourd’hui notre tombe.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 février 2019

Une jeune Britannique de l’EI veut rentrer au pays après avoir passé plusieurs années en Syrie

18/02/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
The Times a retrouvé celle qui détient la nationalité Britannique. Shamina Begum, enceinte de neuf mois de son troisième enfant, explique faire tout ce qui est nécessaire pour pouvoir rentrer.

Shamina Begum assure pourtant ne rien regretter. Elle avait fugué en Syrie en 2015, pour rejoindre l’État islamique en Syrie. Avec elle partaient aussi deux adolescentes de son école londonienne, Amira Abase et Kadiza Sultana, alors âgées de 15 et 16 ans.

Pour traiter ce cas qui n’est qu’un exemple parmi des centaines, une loi anti-terroriste promulguée mardi au Royaume-Uni rend passible de dix ans d’emprisonnement le fait pour un Britannique de séjourner sans motif valable en Syrie. Ce texte ne va pas très loin mais facilite un peu le travail des autorités qui jusqu’ici devaient prouver que les personnes rentrant de Syrie y avaient mené des activités terroristes.

Entretien – Gilles Kepel : « Ils n’ont rien compris et ils n’ont pas vu venir Daech »

18/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Sputnik est allé à la rencontre de Gilles Kepel, islamologue reconnu, à l’occasion de la publication du livre “Sortir du chaos: Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient“, chez Gallimard.

Printemps arabes, guerre en Syrie, diplomatie française, djihadisme, islam en France, tout y est passé, sans fard et sans langue de bois. Entretien.


L’intention française de rapatrier les enfants de familles djihadistes

16/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Il y a trois jours, la France commémorait le triste anniversaire des attentats islamistes de 2015. Faut-il rappeler la cavale des huit terroristes dans Paris, le bilan épouvantable des 130 morts, les centaines de blessés, les familles brisées ?

Faut-il rappeler l’état d’urgence et son cortège de lois de surveillance, qui sous couvert de lutte anti-terroriste n’ont pas empêchées Magnanville, Nice, Saint-Etienne du Rouvray, le Louvre et les Champs-Élysées à Paris, Orly, Levallois-Perret, Marseille ? Ou encore, qu’aucun consensus n’a été trouvé quant à la gestion des 18.000 individus fichés S pour leurs liens avec la mouvance islamiste radicale ?

En 2016 Jonathan Geoffroy, capturé après deux années aux cotés de l’Etat islamique révèle que « les futures opérations extérieures seront commises par des enfants qui auront grandi sur zone ». Malgré tout aujourd’hui il est question de rapatrier en France une centaine d’enfants de la zone irako-syrienne…

L’organisation État islamique en possession d’un grand nombre d’armes fabriquée dans l’Union européenne

14/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Qui arme Daesh? Une question qui anime les débats en ce moment au Parlement européen. Un rapport révèle l’utilisation par Daesh d’un nombre d’armes et de munitions fabriquées récemment au sein de l’Union Européenne.

Des «retransferts» effectués par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite vers des groupes armés sur place, et ce malgré des clauses contractuelles sur l’utilisateur final l’interdisant, en seraient à l’origine.


La Norvège ne veut pas de ses ressortissants djihadistes

07/06/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Que faire des citoyens de l’Union Européenne qui se sont engagés dans le djihadisme en Syrie ou en Irak ?

Le débat agite aujourd’hui de nombreux pays européens, en France bien-sûr, mais aussi en Norvège, dont une centaine de ressortissants sont allés combattre auprès de Daech.…


Une djihadiste française condamnée à perpétuité à Bagdad

04/06/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Mélina Boughedir, une Française de 27 ans, ayant rejoint l’Etat Islamique en Irak vient d’être condamné à la prison à perpétuité pour appartenance au groupe terroriste. Elle avait quitté la région parisienne en 2015 avec son mari et ses quatre enfants pour rejoindre l’Irak via la Turquie et le Syrie. En vertu de la loi irakienne, elle risquait la peine de mort.

La coupable a déclaré lors du procès être je cite « contre l’idéologie de l’Etat Islamique ».

Elle a affirmé avoir été trompé et menacé par son mari. Des déclarations qui n’a, à l’évidence, pas convaincu le juge. Ce dernier a déclaré qu’entrer sciemment dans une zone contrôlée par l’EI était une preuve de culpabilité.

Avec ce verdict, l’Irak permet d’éviter au gouvernement français un sacré dilemme.

En effet, la mise à mort d’un citoyen français dans un pays étranger est toujours compliqué à gérer pour le Quai d’Orsay. Des ministres de Macron avait même déclaré qu’il fallait demander le rapatriement de Mélina Boughedir si jamais la peine de mort était prononcée. Une déclaration qui avait provoqué une véritable levée de boucliers chez l’opposition.

La question du rapatriement se pose d’ailleurs toujours.

Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche, a affirmé que je cite « il existe des procédure » fin de citation, n’excluant donc pas cette possibilité. Marine Le Pen quant à elle, s’est fermement opposé à un quelconque retour de Mélina Boughedir.

Cette dernière a décidé de faire appel du verdict.

L’État islamique est loin d’avoir perdu ses moyens financiers

27/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Selon les services de renseignement français, la fortune actuelle du groupe terroriste Daesh s’élèverait aux alentours de trois milliards d’euros.

Cette fortune proviendrait de trois canaux : la confiscation de biens dans les territoires occupés, les amendes infligées par leurs tribunaux, et les différents réinvestissements réalisés, le tout en l’espace de trois ans.

Depuis mercredi, 70 pays sont présent à Paris, au sein de l’OCDE, pour une réunion dénommée « No money for terror » (Pas d’argent pour les terroristes) afin de trouver des solutions pour réduire leurs ressources, dont les investissements sont juridiquement considérés comme légaux, notamment sur des territoires du Proche-Orient et en Turquie.

L’une des questions sensibles concerne l’implication du Qatar et de l’Arabie Saoudite dans ces différents financements.

Le politologue Bassam Tahhan dénonce l’implication directe du gouvernement de François Hollande dans les tractations entre Lafarge et l’Etat Islamique

27/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Interrogé chez nos confrères de RT France, ce dernier accuse directement le gouvernement français, sous présidence Hollande, d’avoir utilisé la multinationale comme une marionnette pour ses tractations avec Daesh.

Outre les différents échanges économiques douteux qui ont eu lieu entre les deux parties, le politologue soutient, preuves à l’appui, que ce gouvernement s’est servi de Lafarge afin de faire chuter Bachar el-Assad, en utilisant deux stratégies : l’une consistant à vendre du combustible chimique de l’usine ainsi que du matériel spécifique pour creuser des tunnels à la nébuleuse islamiste, l’autre à payer un intermédiaire, M. Firas Tlas, pour faire renverser le gouvernement syrien.

On peut s’interroger sur le silence de la presse française sur la présence de matière chimique de l’usine, vendu au groupe terroriste et à l’Armée syrienne libre…

Djihadistes condamnés à mort : vae victis ! – par François Teutsch

Laissons ces misérables là où ils sont, là où ils ont voulu aller. C’est la dure loi du vaincu.

Le gouvernement a tenu des propos sensés à propos des islamistes « français » arrêtés en Syrie et en Irak, ce qui lui a valu une avalanche de critiques de la part de tout ce que la bien-pensance compte de consciences éclairées. C’est sans doute pour se racheter auprès de ceux-là que le ministre de la Justice, une dame Belloubet, a fait part à BFM TV d’une ferme résolution : si des djihadistes français devaient être condamnés à mort, l’État français interviendrait. Ou l’art de dire des énormités.

Quoi qu’en pense cette dame, ces gens ne sont pas français. Leur nationalité théorique ne change rien à l’affaire. Qu’on les laisse donc réfléchir à la question. Mais encore, méritent-ils la moindre commisération de la part d’un pays qu’ils ont renié ? Ces combattants d’Allah ont beau exprimer – pour certains – des regrets de circonstance, ils n’en demeurent pas moins des ennemis qui ont décidé, un jour, de prendre les armes aux côtés d’un groupe terroriste et criminel international. Un peu comme on devenait pirate au XVIIIe siècle, et qu’on attaquait les navires de son pays d’origine. Lorsqu’on prend les armes contre son pays – rappelons que la France était engagée en Irak et que nos aviateurs s’en sont donné à cœur joie -, on ne peut pas réclamer l’assistance de ce même pays une fois vaincu. Vae victis !

La guerre n’est pas un jeu vidéo. Dans ce conflit sont tombés des hommes de chair et de sang. Ils ont souffert dans leur corps et dans leur âme. Ils ont combattu l’hydre islamiste. Ils ont donné leur vie, et avec la leur, trop souvent, celle de leurs familles. Les ressortissants français qui les ont aidés n’ignoraient rien de ce qui se passait là-bas. Soit authentiques musulmans fanatiques, soit petites racailles en quête d’aventure au désert, ils assument leurs actes, un point c’est tout. Et, si l’on nous permet un propos que désavouerait un ministre, nous en débarrasser est une excellente chose.

Alors, pourquoi cette déclaration ? La France étant la patrie des droits de l’homme (c’est bien connu), elle doit faire honneur à sa réputation de lutte sans relâche contre la peine de mort. Sortez les violons. Le ministre n’échappe pas à la règle. Mais son propos est tout bonnement absurde, et pourrait bien ridiculiser son auteur. Voici un pays, la Syrie, avec lequel nous avons rompu toute relation diplomatique. Pour rester fidèle à notre suzerain américain, nous avons renié les liens millénaires qui nous unissaient au Levant. Au sein de ce pays, dont le régime de Macron insulte quotidiennement le président légitime, la zone kurde a fait sécession de fait et n’applique pas la peine de mort. Qui ira donc, en Syrie, discuter et négocier du sort de quelques terroristes justement condamnés, et avec qui ?

En Irak, sous influence américaine, la situation n’est guère plus simple. Notre influence y est nulle, et les Irakiens ont sans doute autre chose à faire que d’écouter un obscur chargé d’affaires français qui plaiderait la cause d’un ou deux criminels promis à la potence à cause de leurs actes. Ce raisonnement est celui d’une puissance coloniale qui croit encore pouvoir agir au Moyen-Orient comme elle le ferait envers un tyranneau africain dont elle soutient le trône vacillant. Il ne fonctionnera pas, parce que les gouvernants locaux ne savent même plus où est la France. Elle s’est lamentablement effacée derrière l’Oncle Sam, lui-même éclipsé par la puissance russe dans la région.

Un peu de bon sens. Laissons ces misérables là où ils sont, là où ils ont voulu aller. C’est la dure loi du vaincu.

François Teutsch

Texte repris du site Boulevard Voltaire

L’affaire Lafarge dévoile les liens entre Daech et l’élite dirigeante française

L’enquête sur le financement de Daech (groupe État islamique) par LafargeHolcim souligne le caractère frauduleux de la lutte antiterroriste prétendument menée par la France et ses alliés de l’Otan. Elle laisse entrevoir un financement délibéré sur cinq ans par une entreprise du CAC 40 d‘organisations terroristes responsables d‘attentats dans toute l‘Europe, notamment en France.
Elle pose directement la question du rôle joué par l’État et le gouvernement PS de François Hollande. Le PS a réagi aux attentats meurtriers de janvier et novembre 2015 en France en imposant l’état d’urgence et il a promu le FN en invitant Marine Le Pen à l’Élysée. L’état d’urgence a fourni un faux prétexte à la répression brutale de manifestations contre la loi travail du PS, à savoir que ces luttes gênaient le travail de police nécessaire à la lutte contre le terrorisme et à l’unification de la France autour d’un projet sécuritaire et une lutte contre l’islamisme.

Or, selon les informations ressorties lors de la mise en examen ces deux dernières semaines de six dirigeants du cimentier – dont l’ex-PDG de LafargeHolcim, Bruno Lafont, et l’ex-directeur général du groupe, Éric Olsen – Lafarge finançait le milieu des milices terroristes en Syrie à l’époque où celles-ci commettaient les attentats qui ont servi de prétexte à l’état d’urgence.

Le Monde a traité la mise en examen des patrons de Lafarge de «coup de tonnerre». «C‘est la première fois qu’un patron du CAC 40 est mis en cause pour une infraction terroriste» écrit ce journal.

De plus, Lafarge aurait eu recours au mensonge et à la production de faux pour justifier son financement des groupes terroristes. Le Service national de douane judiciaire (SNDJ), qui a mené les interrogatoires des cadres de Lafarge ayant conduit à leur mise en examen, a estimé que la direction française du groupe avait «validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables».

Les informations fournies par Lafarge invalident son alibi précédent, à savoir que le groupe n’avait versé ces sommes aux milices terroristes que parce que le groupe devait se plier à un «racket» de Daech afin de protéger son usine de ciment située près de Raqqa, dans le nord de la Syrie.

Un rapport de la société d’audit londonienne PricewaterhouseCoopers (PWC), commandité par Lafarge, précise que le groupe aurait versé 13 millions de dollars entre 2011 et 2015 aux diverses milices islamistes en Syrie. Selon ce rapport, ce financement a continué jusqu’en 2015, bien après la fermeture de l’usine en septembre 2014.

Selon les avocats de Sherpa – l‘association qui s‘est portée partie civile dans cette affaire en 2016 pour «mise en danger de la vie d‘autrui» et a ainsi déclenché l’enquête pour «financement d‘entreprise terroriste» menée par trois juges des pôles antiterroriste et financier de Paris – une grande partie de cet argent est allé, indirectement ou directement, dans les poches de Daech.

Un autre rapport rédigé par le cabinet d‘expertise américain Baker McKenzie, lui aussi missionné par Lafarge, révèle que la filiale syrienne de Lafarge aurait à elle seule versé de juillet 2012 à septembre 2014 près de 5,6 millions de dollars aux milices, dont plus de 500.000 dollars à Daech. Le fils de l‘ex-ministre de la Défense syrien, Firas Tlass, aurait servi d’intermédiaire.

Ainsi, alors même que la classe politique française débattait en 2014 et 2015 de l‘opportunité ou non de bombarder Daech en Syrie, Lafarge finançait la milice terroriste. Le gouvernement Hollande a ordonné le premier bombardement des positions de Daech en Syrie juste après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Jusqu’alors, la France ne bombardait que les positions irakiennes de Daech et gardait ainsi la possibilité de profiter des actions de Daech en Syrie.

L‘image ressortant de l’enquête n‘est pas celle d‘une entreprise ayant voulu rester en Syrie pour y représenter la France ou encore rentabiliser un des plus gros investissements français hors pétrole au Moyen-Orient, et aurait donc accepté le «racket» de Daech, comme l’ont prétendu les cadres incriminés. C‘est plutôt celle du financement délibéré d’organisations terroristes que le PS présentait alors comme des forces légitimes dans sa guerre, menée en alliance avec Washington, pour renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Une lutte intense se poursuit à l’intérieur des milieux officiels français à propos de cette affaire, que suivent manifestement de près les milieux financiers et judiciaires anglo-américains.

Cette semaine, Sherpa a demandé au parquet de lancer une enquête «pour entrave à l’exercice de la justice» et accusé Lafarge d‘avoir voulu «acheter le silence» des six cadres mis en examen et ainsi «devancer les interrogations qui pourraient leur être soumises».

L‘association a réitéré sa demande que les investigations ne se limitent pas à Lafarge mais qu‘elles fassent aussi la lumière sur le rôle des autorités françaises de l’époque. Son porte-parole a évoqué «la frilosité, la complaisance, voire la complicité» des ces autorités. «Qui nous dit qu’entretemps une partie de l’argent versé à l’EI (Daech) n’a pas servi à financer un attentat en France?» s’est interrogée son avocate Marie Dosé.

En fait, l’affaire Lafarge soulève le rôle non seulement de la France, mais des gouvernements de toutes les grandes puissances de l’Otan. A partir de 2011, ces puissances ont organisé avec les monarchies du Golfe le financement de milices islamistes en Syrie à la hauteur de milliards de dollars. Cette guerre a dévasté la Syrie, fait des centaines de milliers de morts, et forcé plus de 10 millions de Syriens à fuir leurs foyers.

Les médias et les responsables politiques des pays de l’Otan ont tenté de cacher autant que possible le caractère politiquement criminel de cette guerre, et notamment le fait que les alliés de l’Otan en Syrie, comme dans la guerre de 2011 en Libye, étaient des milices terroristes liées à Al Qaïda.

L’affaire Lafarge montre aussi le rôle réactionnaire et mensonger des groupes de la pseudo-gauche petite-bourgeoise, comme le Nouveau Parti anticapitaliste en France, qui ont été des partisans et des complices de l’impérialisme dans ces conflits. Ils ont présenté éhontément les groupes djihadistes anti-Assad comme l‘émanation d‘une révolte populaire. Alors que le CAC-40 finançait les différentes milices islamistes sur le terrain en Syrie, ils prétendaient que cette opération était une révolution démocratique syrienne.

Dans ces conditions, il faut poser la question: pourquoi les responsables du gouvernement PS ne sont-ils pas entendus – commencer par l’ex-président Hollande, qui a décidé en 2012 de reconnaître les milices d’opposition en tant que gouvernement de la Syrie? La «demande d‘acte» de Sherpa en octobre avait d’ailleurs exigé que les ambassadeurs français en Syrie et l‘ex-ministre PS des Affaires étrangères Laurent Fabius soient entendus. Toutefois, les médias et la classe politique française font le silence sur cet aspect central de l‘affaire.

Les agissements de Lafarge en Syrie soulignent le caractère politiquement illégitime de l‘état d‘urgence, dont la loi antiterroriste d’Emmanuel Macron a inscrit les dispositions dans le droit commun. Alors que l’impérialisme finançait les terroristes de Daech, il utilisait leurs crimes en Europe pour justifier la répression de l’opposition des travailleurs et des jeunes à la suppression des droits sociaux et démocratiques acquis au cours de plusieurs générations de lutte. Toute cette politique est marquée du sceau du mensonge d’Etat dans l’intérêt de l’aristocratie financière.

Francis Dubois et Alexandre Lantier

Texte daté du 22 décembre et repris du site Polemia

Syrie : l’Etat islamique a bénéficié de l’aide militaire fournie par les Américains aux opposants au régime de Bachar el-Assad

15/12/2017 – SYRIE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Selon l’étude publiée hier par une ONG, l’aide militaire fournie par les Américains, et les Saoudiens, aux opposants au régime syrien a contribué à armer l’organisation Etat Islamique. Ce rapport de l’ONG Conflict Armament Research constitue l’étude la plus complète, et la plus précise à ce jour, sur la manière dont l’Etat islamique assurait son approvisionnement en armes. Une grande partie de ce matériel de guerre est naturellement constituée de pillages effectuées par l’EI dans les bases des armées irakienne et syrienne. C’est ainsi que, lors de la chute de Mossoul en juin 2014, de Palmyre en décembre 2016, ou encore lors de l’offensive ratée des forces loyalistes à Taqba en juin de la même année, les djihadistes avaient récupéré de nombreux équipements, des systèmes sol-air de défense ainsi que plusieurs dizaines de chars.

Mais le rapport de l’ONG dévoile également des aspects très inattendus…

Il prouve en effet que l’EI est parvenu à récupérer beaucoup d’armes fournies par les Etats-Unis (et l’Arabie saoudite) aux groupes armés anti-Bachar. Il révèle par ailleurs que des armes livrées aux opposants au régime syrien par les Américains avaient été achetées, par les Etats-Unis donc, en Russie, Bulgarie, Roumanie et Chine, et que les contrats signés incluaient tous une clause de non-réexportation. Il est donc pour le moins curieux que ces armes aient pu être livrées par les Américains à leurs protégés anti-Bachar, en sus naturellement de se retrouver entre les mains de l’Etat islamique…

Le rapport est néanmoins prudent sur l’intentionnalité de ce transfert

Selon Damien Spleeters, l’un des auteurs de l’étude : « Le rapport n’affirme pas qu’il y a collusion entre les rebelles [les opposants au gouvernement syrien] et l’Etat islamique, tout en n’excluant pas non plus cette hypothèse ». Le rapport n’élucide donc pas les circonstances qui ont conduit à ce que les djihadistes prennent possession du matériel militaire livré par les Américains aux opposants au régime syrien. Mais M. Spleeters indique : « C’est une chose sur laquelle nous espérons pouvoir enquêter à l’avenir ».

Une affiche de l’État Islamique évoque un prochain attentat à Rome

30/11/2017 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Une nouvelle affiche pro-attentat diffusée par la Wafa Media Foundation (agence de propagande de l’État Islamique), menace de perpétrer des attentats terroristes à Rome à l’occasion des fêtes de Noël.

Elle montre un djihadiste avec à ses pieds un loup et sac à dos dont émerge un fusil lance roquette. Ce sont les chrétiens qui sont la visés, ainsi il est inscrit : «La fête des Croisés approche, montrez-leur le sens du terrorisme, ne retiens pas ton sang, la récompense est le paradis».

L’affiche appelle donc les “loups solitaires” à passer à l’attaque et à tuer les chrétiens sans épargner son propre sang dont l’effusion mènera directement au paradis d’Allah…