Edward Snowden : pourquoi pas le Brésil ?

Edward Snowden : pourquoi pas le Brésil ?

18/12/2013 – 18h15
SAO PAULO (NOVOpress) – Réfugié en Russie, qui lui a octroyé un visa d’un an, Edward Snowden continue de chercher le pays providentiel qui lui accordera enfin un asile politique permanent. Sa préférence se porte sur le Brésil, dont la présidente Dilma Rousseff avait été l’une des principales cibles des écoutes illégales de la NSA qu’il avait dénoncées.

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Cybersurveillance : bientôt tous espionnés ?

26/11/2013 – 12h10
PARIS (NOVOpress) –
La France de François Hollande n’a jamais autant été proche d’une société orwellienne et des délires totalitaires de 1984. En effet, parès son adoption au Sénat, un texte est discuté ce mardi à L’assemblée nationale, texte qui permet à toutes les structures du renseignement de surveiller la Toile. On comprend mieux pourquoi la France a refusé d’accorder l’asile à Edward Snowden…

http://www.youtube.com/watch?v=ySK1L8Xo1NI

Affaire Snowden : l’ancien analyste de la NSA persiste et signe, jusqu’où ?

Affaire Snowden : l'ancien analyste de la NSA persiste et signe, jusqu'où ?

06/11/2013 – 09h20
MOSCOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Edward Snowden est cet ancien employé de la CIA, passé à l’Est au début de l’été dernier. Chez ce prodige du renseignement, la conscience s’opposait à l’espionnage systématique du monde, même pour 200.000 dollars par ans.

Y a‑t‑il du nouveau depuis son asile en Russie ?

La meilleure défense est l’attaque. Et Snowden s’engage contre la société du mensonge. Il s’opposait à la surveillance généralisée des Etats et des sociétés au nom de l’intérêt national américain. Ça, c’était une prise de conscience honnête, maintenant vient le raisonnement : Snowden l’a donné dimanche dernier au magazine allemand Der Spiegel : « Au lieu de provoquer des dégâts, l’utilité pour la société de cette nouvelle connaissance publique est désormais claire, car on évoque aujourd’hui des réformes des modes de gestion, et de nouvelles lois ».

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Photo du jour : Mort de Gérard de Villiers, SAS orphelin

Photo du jour : Mort de Gérard de Villiers, Malko Linge orphelin

01/11/2013 – 19h00
PARIS (NOVOpress) – L’écrivain Gérard de Villiers est décédé hier vendredi 31 octobre à Paris des suites d’une longue maladie. Ancien officier en Algérie, auteur des romans d’espionnage “SAS” depuis 1965, il se déclarait « résolument à droite, libéral, anticommuniste, anti-islamiste, anticommunautariste, antisocialiste » tout en proclamant sa passion pour le continent noir (Jeune Afrique, septembre 2012). Il avait récemment accordé un long entretien à la revue Réfléchir et Agir. Crédit photo : martl via Flickr (cc)

Scandale de la National Security Agency : encore des remous

Scandale de la National Security Agency : encore des remous

11/09/13 – 16h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
– Bien que la situation syrienne ait habilement détourné l’attention, le scandale PRISM mis à jour par Edward Snowden n’a pas fini de faire parler de lui. Après avoir appris l’existence d’un vaste réseau de surveillance informatique international mis en place par la NSA, l’agence de renseignements étatsunienne, nous découvrons aujourd’hui l’ampleur de ce réseau et ses implications.

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Etats-Unis : ils recherchent « cocotte-minute » et « sac à dos » sur internet, la police débarque !

Etats-Unis : ils recherchent « cocotte-minute » et « sac à dos » sur internet, la police débarque !

03/08/2013 – 17h00
NEW YORK (NOVOpress) – Nouvel exemple du flicage d’internet par le pouvoir américain. Pour avoir tapé sur Google les mots-clés « sac à dos » et « cocotte-minute », un couple de New-Yorkais a vu débarquer chez lui six policiers, tôt le matin du 31 juillet.

Les agents ont fouillé les pièces, le jardin, le garage… Ils ont feuilleté les livres dans la bibliothèque et demandé au père de la famille s’il possédait des bombes.

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Les Etats-Unis tissent leur toile sur internet

Les Etats-Unis tissent leur toile sur internet

02/08/2013 – 15h00
WASHINGTON (NOVOpress) –
Grâce aux révélations d’Edward Snowden au quotidien anglais The Guardian, on en sait plus sur la surveillance d’internet par les Etats-Unis. Selon ces documents, le programme XKeyscore permet aux agents de l’Agence de sécurité nationale (NSA) de surveiller « à peu près tout ce qu’un utilisateur lambda » fait sur le réseau : les e-mails, les recherches, l’utilisation des réseaux sociaux ou toute autre action effectuée sur Internet pour remonter vers une cible. En surveillant une adresse email spécifique, l’agence peut notamment intercepter le contenu de ses messages.

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La Russie pourrait accorder l’asile politique à Edward Snowden

La Russie accorde l’asile politique à Edward Snowden

13/07/2013 – 08h00
MOSCOU (NOVOpress) – La Russie accueille favorablement la demande d’asile politique d’Edward Snowden. Dans une déclaration le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Sergueï Narychkine, a déclaré «La Russie doit accorder l’asile politique à Edward Snowden, parce qu’il risque la peine de mort aux États-Unis.». Il a qualifié Snowden de “défenseur des droits de l’homme agissant pour des millions de gens dans le monde entier”.

L’ex-consultant de la NSA ayant dénoncé le gigantesque système d’espionnage mondial organisé par les Etats-Unis aurait pu choisir aussi le Venezuela, la Bolivie ou le Nicaragua, tous ces pays étant prêts à le protéger, à la différence de la république française qui se targue pourtant d’être la patrie des droits de l’homme.

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Qui est Edward Snowden ? – Par Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde

Qui est Edward Snowden ? – Discours de Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde

Le courage, c’est contagieux.

Polémia a reçu d’un correspondant – que nous remercions pour ce très gros travail – la traduction du très long discours, prononcé, à la Conférence annuelle du socialisme fin juin à Chicago, par Glenn Greenwald (photo), chroniqueur américain au quotidien britannique The Guardian. G. Greenwald a diffusé au monde entier les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes systématiques et illégales par les services de renseignement américains.
Devant la difficulté d’en publier la totalité en raison de sa longueur, nous nous limitons à reproduire ici, extraite de la traduction de notre correspondant, la partie consacrée à la personnalité de Edward Snowden.

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[Tribune libre] Le Venezuela et le Nicaragua accordent l’asile à Snowden, par Franck Vinrech

[Tribune libre] Le Venezuela et le Nicaragua accordent l'asile à Snowden, par Franck Vinrech

Ci-dessus : manifestation en faveur d’Edward Snowden à Berlin.

Pour la France de 2013, quand un homme fait une croix sur son petit confort personnel et tout ce qui a fait sa vie afin d’alerter la population mondiale de son flicage permanent par la NSA (l’agence nationale de sécurité américaine), on le remercie en lui refusant le droit d’asile… Pas facile de nos jours d’être un lanceur d’alerte comme Edward Snowden, l’ancien administrateur système pour la CIA à qui l’on doit d’avoir sonner le tocsin médiatique.

Dans le Guardian du 6 juin 2013, Snowden explique que le système informatique PRISM cible les communications de tout le monde, “les ingère toutes par défaut…les collecte, les filtre puis les analyse…les stocke.” Il parle d’“architecture d’oppression” et ajoute que ce système permet de faire “considérer comme suspect un innocent et en faire un parfait malfaiteur”

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Espionnage des pays européens par les Etats-Unis

Espionnage des pays européens par les Etats‑Unis

Ci-dessus logo du programme d’écoutes et de surveillance américain PRISM.

03/07/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – Nos politiques tombent des nues ! Les Etats‑Unis nous espionnent ! Ils l’ont appris par  la presse, qui présente des documents révélés par Edward Snowden, cet ancien consultant de la NSA qui défraie la chronique ces derniers jours. François Hollande, a demandé « Que les Etats‑Unis stoppent immédiatement cet espionnage ». Nul doute que devant tant de détermination, Oncle Sam doit trembler. D’autres ont réclamé l’arrêt des négociations du traité transatlantique.

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La faillite des services de renseignement américains

La faillite des services de renseignement américains

Ci-dessus : Surveillance informatique des pays par la National Security Agency américaine. Vert pour les pays les moins surveillés, puis jaune, orange et rouge de plus en plus surveillés. Surveillance de mars 2013. Document top secret révélé par une fuite début juin 2013, voir ci-dessous.

13/06/2013 – 08h00
WASHINGTON (NOVOpress via Bulletin de réinformation) –
Depuis quelques jours, la polémique est vive autour des révélations sur la surveillance des sites Internet du monde entier par les services secrets américains. A ces opérations auraient, d’ailleurs contribué, les géants de l’Internet tels que l’entreprise Facebook de Monsieur Zuckerberg.

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Après Échelon, voici “Vent stellaire”

Après Échelon, voici "Vent stellaire"

03/04/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) — Vous souvenez-vous du réseau Échelon qui espionne les télécommunications et les courriers électroniques de toute la planète en fonction de mots clés ? Ce système piloté par Washington, inclut les participations également du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie.
Eh bien Échelon, c’était une petite brise de mer par rapport à Vent Stellaire (Stellar wind). Avec ce projet l’espionnage des communications mondiales va passer au stade industriel. Et cette fois, la NSA refuse de partager les informations recueillies avec quiconque, Vent Stellaire est au profit du complexe militaro-industriel américain, et de lui seul.

Le projet a été voté par le congrès en 2008 sous Georges W. Bush, malgré l’opposition du ministère de la justice qui jugeait Vent Stellaire inconstitutionnel. En effet, il s’agit d’espionner toutes les communications qui rentrent aux USA mais aussi à l’intérieur, donc de légaliser la surveillance permanente de la population américaine. Grâce à quelques entourloupes législatives le projet fut néanmoins voté relativement discrètement.

Le principe de base est assez simple, il s’agit de surveiller au moyen du DPI (deep packet inspection) tout ce qui passe par le réseau. Le système fonctionne à deux niveaux. Soit comme Échelon à partir d’un système de mots clés : dès que le mot apparaît dans une communication le système enregistre toutes les données de l’utilisateur (contenus de e-mails, des tchats, pages internet consultées, comptes bancaires, feuilles d’impôt, etc). Soit en partant des numéros de téléphone, du moment que le système a un numéro de téléphone, il enregistre toutes les données correspondantes automatiquement. La NSA a donc bien sûr signé des accords avec les plus gros opérateurs de téléphonie (AT&T) pour avoir accès à toutes leurs données.

Mais Vent Stellaire ne veut pas simplement faire du super-Échelon. Le but est aussi d’explorer le deepnet : les pages ou les données sécurisées par mot de passe, certains échanges de fichiers par FTP par exemple, les communications cryptées des gouvernements, etc…

Et là ça se complique un poil. L’algorithme de cryptage utilisé aussi bien par des navigateurs web usuels, que par des États, des institutions financières, ou bien sur des terroristes, l’AES (Advanced encryption standard) est pour l’instant impossible à casser.
Sauf à utiliser la méthode dite de la « force brute » (recherche exhaustive). Pour ce faire il faut deux choses. D’abord, cela paraît évident, des ordinateurs surpuissants qui peuvent attaquer le cryptage. La NSA y travaille actuellement dans le Tennessee. Mais ensuite, pour pouvoir casser le cryptage AES il faut pouvoir stocker le maximum de données pour chaque source. Plus le nombre de messages stockés est important, plus il sera facile de repérer un schéma récurrent dans le cryptage permettant ainsi de le casser.

Mais où stocker tout cela ?

Visiblement dans l’Utah près de Salt Lake City. Le projet s’était fait un peu oublier depuis 2008, il n’a pourtant pas été abandonné, loin de là. La NSA s’est lancé dans la construction d’un complexe pharaonique. Une enquête très complète sur ce complexe vient d’être publiée par Wired. Le but est de pouvoir stocker des quantités astronomiques de données. Le complexe est conçu pour traiter des yottabits de données, en voyant large un yottabit se stocke sur une surface d’environ une main, le complexe fera une surface d’un million de m2.

La NSA se donne donc les moyens de la surveillance totale dont elle rêve. Un pas de plus vient d’être franchi dans le fichage, le flicage et la destruction de la vie privée, et ce à l’échelle planétaire. Le futur s’annonce merveilleux.

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo : Wired

La DCRI, une police privée ?

La DCRI, une police privée ?

29/03/2012 – 12h00
PARIS (NOVOpress) — Il s’est produit le 16 mars dernier un événement assez inédit dans l’histoire du renseignement français : une centaine d’officiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) se sont rassemblés dans le hall du bâtiment hébergeant le service à Levallois. Ils voulaient exprimer leur malaise.

Depuis sa création en juillet 2008 (issue de la fusion RG/DST) la DCRI, comme d’autres corps de l’État, a perdu 12% de ses effectifs au titre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques). Là comme ailleurs, un certain nombre de nominations « de copinage » sont effectuées. La dernière en date, celle d’une jeune femme à peine sortie de l’école comme numéro 3 d’un service, a mis le feu aux poudres. Mais le malaise est plus profond. Les agents s’interrogent sur le sens de leurs missions. Et au vu des controverses qui ont suivi l’affaire de Toulouse on ne peut que leur donner raison.

Leurs missions : surveillance des groupuscules subversifs et potentiellement dangereux, lutte contre le cybercrime, surveillance des entreprises technologiquement sensibles, contre-espionnage, et surtout la prévention et la lutte contre le terrorisme. A ce titre, la surveillance des mouvances islamistes et salafistes était érigée en priorité absolue.

La polémique des ces derniers jours concernant le laxisme de la DCRI vis-à-vis de Mohamed Merah, qui, bien qu’identifié comme « à risque » n’a pas été suivi ou surveillé plus que ça, est justifiée. Mohamed Merah, en plus d’être un petit délinquant multirécidiviste, a attiré l’attention des services après deux séjours en Afghanistan et au Pakistan. Il s’en est expliqué : « Je faisais du tourisme ». Les officiers qui l’ont interrogé n’ont pas du être dupes. Et pourtant rien ne s’est passé. Dossier clos. Pourtant son frère avait déjà été soupçonné d’avoir participé à une filière d’exportation de djihadistes vers l’Irak. M. Merah lui-même avait refait parler de lui (séquestration d’un gamin de quinze ans pour lui faire visionner des vidéos sanglantes du djihad afghan, sorties menaçantes dans la rue avec un sabre en criant « Al-Qaïda »). Cela aurait du attirer l’attention plus poussée des services et pourtant rien. B. Squarcini, le patron de la DCRI se justifie aujourd’hui en expliquant qu’on ne peut pas surveiller des gens qui n’ont encore rien fait. Ah bon ? Pourtant en matière de lutte contre le terrorisme, c’est tout à fait possible de surveiller préventivement.

Revenons en arrière. En 2008. La DCRI, à peine créée va faire son premier « coup » public. Le 7 novembre 2008 des fers à béton sont posés sur des caténaires de lignes SNCF, occasionnant des pannes de TGV et une pagaille monstre dans le trafic ferroviaire. Quatre jours après, un groupe de jeunes gens est arrêté à Tarnac pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste ». La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie déclare le jour même : « Ce sont des individus qui se caractérisent par un refus de tout dialogue démocratique et par un discours extrêmement violent, autant de motifs qui m’ont poussée à renforcer leur surveillance » On peut donc surveiller quand on le veut bien…

Détaillons certains points clés de l’affaire Tarnac, mis en parallèle avec l’affaire Merah, c’est édifiant.

Le point de départ qui signale le groupe de Tarnac à l’attention de la DCRI, c’est une note du FBI qui signale aux services français des individus soupçonnés d’être liés avec des milieux anarchistes terroristes sur le sol américain. La DCRI saute à pied joint sur l’affaire, même si par la suite le FBI, n’ayant rien trouvé de probant, classera l’affaire. Mohamed Merah était également signalé par les États-Unis, mais là rien. Pas d’affolement coté DCRI. On le laisse tranquille.

Julien Coupat et ses amis vont donc, suite à ce signalement, attirer l’attention des services, qui vont notamment se pencher sur un livre publié en 2007 « L’insurrection qui vient », dont ils soupçonnent la tête pensante du groupe de Tarnac d’être l’auteur. Énième pensum dans la lignée situationniste, le bouquin prône la contestation radicale du système et dénote une certaine fascination pour la violence émeutière des racailles des cités. Pour faire court, la jeunesse dorée fantasme main dans la main avec les racailles et les armes à la main. Pas de quoi fouetter un chat. C’est du déjà vu. Et pourtant le livre va être versé au dossier, en tant que « mobile ». Quelques phrases vagues sur la nécessité de « stopper les flux de la société » serait à l’origine des actes de sabotage sur les caténaires… On est sceptique… Mohamed Merah lui, lisait assidument le Coran et des textes djihadistes, qui appellent clairement au meurtre des infidèles et des juifs. Mais ne nous affolons pas dans les services…

Suite à cela, les enquêteurs de la DCRI vont mettre sous surveillance constante le groupe de Tarnac pendant de longs mois (dès le mois d’août 2008) : caméras de surveillance dans la ferme où ils vivaient, écoutes téléphoniques, filatures. Le soir même des sabotages, Julien Coupat et sa compagne étaient suivis par une trentaine de policiers, munis d’équipements infra-rouges et qui pourtant n’ont rien vu (PV de filature). Mohamed Merah, lui, vivait tranquillement sa petite vie, sans que personne n’enquête, ne le file ou ne le surveille un minimum.

L’instruction sur l’affaire de Tarnac suit son cours. A part le livre « L’insurrection qui vient », rien de probant n’a été trouvé. Les 10 accusés sont d’ailleurs en liberté sous contrôle judiciaire, ce qui pour des suspects d’actes terroristes est assez inhabituel…

On peut donc se demander si il n’y a pas eu dans l’affaire de Tarnac une volonté politique de faire un « coup » : ainsi on prouve que le gouvernement fait son travail pour assurer la sécurité des français, et on justifie la fusion DST/RG en mettant au crédit de la DCRI l’arrestation des « terroristes ».

La suite des évènements semble aller dans ce sens. Au lieu de s’occuper de la lutte contre l’islamisme radical qui est théoriquement sa mission prioritaire, la DCRI semble plus se préoccuper de servir les intérêts politiques du pouvoir en place : surveillance de journalistes un peu trop curieux (fadettes dans l’affaire Woerth-Bettencourt), traque des colporteurs de rumeurs sur le couple présidentiel, instrumentalisation des squelettes dans les placards des adversaires politiques (affaire du Carlton) et coup de com’ avec l’affaire de Tarnac. La DCRI est véritablement devenue de fait une police privée au service du président de la République…

Les djihadistes peuvent donc continuer à dormir tranquilles…

Spoutnik, pour Novopress

« Au coeur des services spéciaux / La menace islamique : fausses pistes et vrais dangers » de Alain Chouet

Alain Chouet

Voilà un livre fait par l’ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure) l’un des principaux services secrets français [Alain Chouet à droite sur la photo). Ce livre a un immense mérite : l’auteur parle vraiment sans aucune langue de bois. On peut ne pas partager toutes ses idées (il souhaiterait que la Turquie intègre l’Union européenne, par exemple) mais ses analyses nous permettent de mieux voir la réalité loin du politiquement correct.

Le rôle des Etats-Unis dans la montée de l’islamisme lui semble essentiel : tout se noue au départ avec l’accord entre le président des Etats-Unis Roosevelt revenant de Yalta et le roi de l’Arabie saoudite Ibn Saoud signé sur le « Quincy », un bateau de guerre américain en 1945. Les Américains obtiennent des concessions pétrolières et s’engagent à protéger le régime arabe. Or, celui-ci est wahhabite (une secte rigoriste islamique) et ne cesse depuis lors de financer l’islam extrême partout dans le monde.

« Au coeur des services spéciaux / La menace islamique : fausses pistes et vrais dangers » de Alain Chouet Le chef des Frères musulmans après la pendaison du fondateur Hassan El Banna en 1949 est Sayyid Qutb (1906-1966) qui a adhéré à la confrérie après avoir fait ses études aux Etats-Unis où il avait bénéficié d’une bourse du gouvernement américain. Les Frères musulmans jouent depuis lors un rôle considérable de radicalisation de l’Islam non seulement en Egypte où ils ont nés mais dans tout le monde musulman.

En 1980, les Soviétiques envahissent l’Afghanistan et la résistance islamiste va être financée par l’Arabie Saoudite et pilotée par les services du Pakistan, allié des Etats-Unis alors sous le régime islamiste du général pro américain Zia Ul Haq. Ben Laden sera un agent américain d’origine saoudienne qui combattra les communistes.

Les penseurs américains auront et ont encore tendance à penser que l’islamisme est un allié puisqu’il n’est pas socialiste. La lutte contre le terrorisme suite à l’attentat de New York du 11 septembre 2001 ne changera pas cette orientation. Selon M. Chouet, « les gens de Princeton, l’université où a été formé le vice président de l’époque Dick Cheney, pratiquent un mélange d’extrême sérieux universitaire, d’angélisme désarmant et d’inculture historique pyramidale ». Ce sont ces gens qui pousseront à l’attaque de l’Irak par les USA en 2003.

« Faire garder le poulailler par les …renards »

Les Américains avaient déjà favorisé la chute du chah en Iran ; ils ont eu l’imam Khomeiny à la place ! En Indonésie, ils ont aidé le gouvernement à utiliser les islamistes extrémistes contre les communistes mais aussi contre les séparatistes chrétiens de Timor. Au Soudan, ils ont lutté contre Nimeiry proche des communistes pour mettre en place les Frères musulmans. En Algérie, le rapport Graham Fuller de la CIA laisse entendre que les Islamistes sont incontournables. Avec Israël, les Américains favorisent le Hamas islamiste palestinien contre l’OLP trop socialiste. Pour l’auteur, les Américains ont le chic de faire garder le poulailler par les renards.

Résultat : beaucoup de régimes musulmans modérés « éprouvent une méfiance instinctive à l’égard des projets de recomposition américains au Moyen Orient. Pour eux, la « démocratie » venue d’Amérique même sous la bannière d’un prétendu « printemps arabe », c’est la quasi certitude de se retrouver avec les islamistes au pouvoir. Les exemples de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Somalie, du Pakistan sont là pour le leur rappeler tous les jours. A qui le tour demain ?

Selon Alain Chouet, nos services savaient que la Tunisie était instable depuis 2001 mais les politiques n’ont rien voulu voir. « Le chef d’état major de l’armée tunisienne, le général Rachid Ammar, (…) était en voyage de travail aux Etats-Unis quand les émeutes ont commencé et il a ordonné à l’armée de ne rien faire sinon chasser Ben Ali. En Egypte de même, l’armée sous la pression de Robert Gates, secrétaire américain à la défense, a lâché Moubarak. Ce ne sont donc pas les peuples mais le retournement de l’armée qui a été déterminant. Quant à Khadafi, selon le ministre français Roland Dumas, depuis des années, les USA demandaient à la France d’intervenir militairement contre lui. Mitterrand et Chirac refusèrent à la différence de Sarkozy. Les principaux chefs de l’opposition libyenne sont des islamistes formés à Londres ou Washington. En Syrie, selon l’auteur, les Frères musulmans jouent un grand rôle contre le régime. Or, les think tanks (clubs de pensée) américains, notamment Freedom House « préconisent depuis longtemps un encadrement des sociétés musulmanes par l’association des Frères musulmans présentés comme modérés ».

A Bahrein, par contre l’Occident laisse l’Arabie saoudite massacrer l’opposition chiite à l’émir sunnite. L’Occident tolère des dictateurs au Zimbabwe ou au Turkménistan et tolère le régime autoritaire de l’Arabie saoudite. On n’attaque que les dictateurs que l’Arabie Saoudite déteste ! « Renverser un dictateur par la force avec des chars d’assaut et le pendre au bout d’une corde peut se révéler contre-productif (…) L’Irak est ainsi devenu un boulet infernal, tout comme l’Afghanistan. Il y a eu plus de morts civils en Irak depuis 10 ans que Saddam n’en avait fait pendant ses trente années de pouvoir (…) Obama a seulement choisi de mettre la stratégie américaine en œuvre de façon plus subtile et acceptable que son prédécesseur. Au lieu de jeter les dictateurs dehors en envoyant ses forces, il les fait jeter aux orties par leur propre armée (Tunisie et Egypte) ».

La fable du « printemps arabe »

L’auteur ne croit pas du tout que les printemps arabes vont déboucher sur des démocraties. Selon lui, « dans la foire d’empoigne et les ingérences étrangères qui succèdent aux mouvements de foule, il faudra bien se rendre à l’évidence qu’un demi siècle d’oppressions diverses, d’enrôlement forcé dans la confrontation Est-Ouest, d’influence des Frères musulmans, stimulés par les wahhabites d’Arabie, n’a guère laissé de place à l’expression et au développement de forces politiques démocratiques, libérales et tolérantes. Celles-ci ont été laminées et il ne faudra pas moins de deux générations pour les reconstruire. Les extrémistes musulmans savent bien qu’ils ont tout intérêt à faire le profil bas en ce moment (…) Toute la stratégie des islamistes radicaux visait à isoler le monde musulman pour pouvoir s’en emparer sans que l’Occident intervienne ; Ils sont servis au-delà de leurs espérances. L’Occident n’intervient pas contre eux, mais contre leurs adversaires !

Le Janus islamique

Et l’auteur conclut : « Quand les Occidentaux auront fini de sortir de leur besace des personnels aussi peu crédibles et légitimes que ceux qu’ils ont mis en place en Irak et en Afghanistan (devenu premier producteur mondial de cocaïne et d’héroïne), (…) les islamistes radicaux pourront sortir du bois pour réclamer le pouvoir. Et comme ils sont malins, ils le demanderont par les urnes. Et ils l’obtiendront comme en Turquie, au Soudan, ou à Gaza. Ce jour-là, quel argument les Occidentaux donneurs de leçons de démocratie auront-ils à leur opposer ? » Pour l’auteur, les causes de la violence islamiste sont dans l’alliance des USA avec l’Arabie saoudite qui finance partout les salafistes, et dans « la croyance naïve de nos intellectuels que la violence djihadiste peut se dissoudre dans l’islamisme modéré des Frères musulmans alors que ce sont là les deux faces d’un même Janus qui joue partout la même tragédie dévastatrice. ». L’Occident étant aveugle, ses interventions ne feront que faciliter la victoire des « barbus » dans tout le monde musulman.

Yvan Blot

* Alain Chouet, entretiens avec Jean Guinel, Au cœur des services spéciaux / La menace islamique : fausses pistes et vrais dangers, éditions La Découverte, Collection Cahiers Libres, 2011, 320 pages.

Voir aussi :

La Libye, de la « libération » à la somalisation
– « Révolutions arabes » : les cocus de l’AN I
– Révolutions arabes ? Non révoltes ethniques et religieuses !
– Le lotus et le jasmin sont-ils déjà fanés ?

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Crédit photo : Sénat, via Flickr, licence CC.

Fichage des journalistes au pays de l’Oncle Sam

Fichage des journalistes au pays de l’Oncle Sam

10/11/2001 – 17h00
WASHINGTON (NOVOpress) –
Le site Internet participatif News Transparency, fondé par Ira Stoll – créatrice du blog conservateur Futureofcapitalism.com –, fournit des informations sur les carrières de centaines de journalistes, essentiellement américains pour l’instant.

Age, formation, parcours, pages personnelles et professionnelles, mais aussi préférences politiques… Bref, ces documents sont de véritables fiches de renseignement que les internautes sont invités à compléter ou à modifier. Un vrai travail de flic que n’auraient pas renié la Stasi et le KGB.

[box class=”info”]Crédit photo : capture d’écran du site “News Transparency”[/box]