Éric Zemmour : “Poutine, c’est une machine à remonter le temps”

16/03/2018 – RUSSIE (NOVOpress)
Vladimir Poutine est au cœur d’une actualité multiple. Il va être réélu président de la Russie, tandis que l’Angleterre accuse ses services secrets d’avoir empoisonné un ex-agent russe à Londres et qu’on célèbre le cinquième anniversaire de la guerre en Syrie.

Si Poutine n’existait pas, les médias occidentaux l’auraient inventé. Personne mieux que lui ne se prête aussi volontiers à son rôle de méchant idéal qui scandalise nos belles âmes.

Le Coréen du Nord, même avec le bouton nucléaire, est un trop petit calibre. Le calife de Daesh a perdu son territoire. Saddam Hussein et Kadhafi ont été liquidés. Le nouvel empereur chinois promet beaucoup, mais il est encore débutant dans le rôle de grand méchant. Reste Poutine.

Poutine, c’est magique. C’est une machine à remonter le temps à lui tout seul. Poutine, c’est le retour du tsar. Poutine, c’est le fantôme de Staline. Quand il s’empare de la Crimée, c’est Catherine II qui reprend son bien.

Quand il lance ses avions dans le ciel syrien, il applique les préceptes que suivaient tous les États au XIXe siècle : la guerre est un moyen normal de faire de la politique. Un moyen légitime de défendre ses intérêts de grande puissance.

Les autres font comme lui. Les Américains bombardent le Kosovo ou l’Irak, mais c’est pour la cause de la liberté. Les Français liquident Kadhafi, mais c’est pour sauver des vies humaines.

Les autres se cachent derrière des faux-semblants pour faire croire aux concepts fumeux de communauté internationale et de droit international. Poutine, lui, défend ses alliés.


Macron au Salon de l’Agriculture ? Éric Zemmour, “Pour lui, la terre est une abstraction, un tableau Excel”

Macron Plan Banlieues

22/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le Salon de l’Agriculture, qui ouvre ses portes samedi 24 février au public, attend la visite du président de la République. Pour Éric Zemmour, Emmanuel Macron incarne à son tour la “soumission au dieu de la concurrence“.

C’est ce qu’on appelle au théâtre un rôle de composition. Le cul des vaches, ce n’est pas vraiment le truc d’Emmanuel Macron. Il ne sait pas faire, même pas faire semblant.
Rien, ni sa génération, ni son milieu social, ni même une longue carrière politique dans une région rurale, ne l’a préparé à cet exercice. N’est pas Chirac qui veut. Déjà, Sarkozy n’avait pu cacher les lacunes d’un élu de circonscription urbaine et bourgeoise.

Mais Macron, c’est Sarkozy au carré. Macron, c’est Bercy. Et Bercy, c’est Neuilly en pire. Macron ne se demande nullement si la terre ment ou pas. Pour lui, la terre est une abstraction, un tableau Excel.


Éric Zemmour : “Wauquiez reste plus proche de l’escrimeur que du gladiateur”

21/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Les propos brutaux de Laurent Wauquiez devant des étudiants d’une école de commerce, et diffusés dans l’émission “Quotidien”, font scandale. Mais pour Éric Zemmour, le leader de LR est encore un “petit joueur” en comparaison avec Donald Trump.

Wauquiez peut être fier de lui. Il est vraiment devenu la bête noire du système médiatico-politique. Wauquiez est comparé à Trump, ce qui est désormais le sommet de la diabolisation.

Mais Wauquiez est encore un petit joueur, un débutant. Trump ne s’excusait jamais, même lorsque ses propos étaient également volés à une conversation privée. Il n’aurait pas dû s’excuser auprès de Sarkozy.

Jusqu’à présent, en France, on n’a eu que des Trump de cour d’école. Ils se regardent et s’admirent transgresser. Ils prennent la transgression intellectuelle, idéologique et politique pour un duel à fleurets mouchetés, alors que cela doit être une arène où le gladiateur joue sa peau. Laurent Wauquiez est pour l’instant plus proche de l’escrimeur que du gladiateur.


Éric Zemmour : “40 ans après, enfin la mise à mort du pédagogisme à l’école ?”

13/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le rapport Villani a été présenté lundi 12 février pour restaurer le niveau en mathématiques des élèves français. Et jeudi 15 février, on en saura plus sur la prochaine réforme du baccalauréat.

Chaque jour est un jour de souffrance. Chaque jour est une torture quotidienne. À Chaque jour sa catastrophe. À chaque jour son offense, son humiliation. Un jour, c’est la méthode syllabique, le bon vieux b.a-ba, qui revient en majesté. Un autre jour, la dictée. Et maintenant les quatre opérations. Même la division, dès le cours préparatoire !

Demain, peut-être la fin du Bac dans une pochette surprise ? Et pourquoi pas la sélection à l’université ? C’est trop de douleur. Entendre un membre de la commission Villani dire : “L’objectif de la mission est de rompre l’engrenage dans lequel l’enseignement est plongé depuis quarante ans”. C’est plus qu’ils n’en peuvent supporter.

L’engrenage, c’est eux. Quarante ans, c’est la durée de leur règne sur l’école. Depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui. Presque aussi long que le règne de Louis XIV. Au temps de leur splendeur, on les appelait les “pédagogistes”.

Ils auraient du se méfier. Dans l’école d’avant, on apprenait que la roche Tarpéienne était proche du Capitole. La chute du sommet. Blanquer est leur bourreau. Blanquer est leur tortionnaire.

Il les oblige à démissionner de tous leurs lieux de pouvoir. Il reconstruit pierre après pierre l’école d’avant qu’ils ont tant haïe. Il habille ce projet authentiquement réactionnaire des oripeaux de la modernité scientiste.


Éric Zemmour : “De la neige à Paris, au mois de février ! Notre époque était vraiment celle de tous les possibles…”

Eric Zemmour

08/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Les intempéries de ces derniers jours ont bouleversé la vie des Français. De la neige à Paris : pouvait-on encore y croire ? “Notre époque était vraiment celle de tous les possibles et de tous les exploits”, raille le polémiste Éric Zemmour.

C’était un événement inédit, un événement inouï, hors du commun. Les enfants ne l’avaient jamais vu et les plus vieux souhaitaient le revoir une dernière fois avant de mourir.

On tapotait nerveusement sur son téléphone portable pour être sûr que la rubrique météo ne nous trompait pas. La baisse des températures nous avait bien alertés, mais on ne voulait pas y croire. Les plus méfiants avaient balayé l’information d’un revers de main.
Les automobilistes parisiens, coincés encore plus longtemps que d’habitude dans les embouteillages, accusèrent Anne Hidalgo. Sur les réseaux sociaux, certains expliquèrent que c’était comme les attentats du 11 septembre, ou même les pas d’Armstrong sur la Lune : on le voyait à la télé, mais cela n’existait pas en vrai.


Éric Zemmour : “Il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme !”

Eric-Zemmour

06/02/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis quinze jours, une offensive de l’armée turque est lancée sur le territoire syrien contre les Kurdes. Le président Recep Tayyip Erdogan affirme lutter contre le terrorisme. Met-il en danger ses alliances ?

Pour Éric Zemmour, “il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme !” :

Encore une guerre au terrorisme ! Mais pas celle de George W. Bush contre Al-Qaïda après les attentats du 11-Septembre. Ni celle qu’achève en ce moment la coalition occidentale contre Daesh. Pas celle non plus que mena Poutine contre les terroristes tchétchènes. Ou encore celle que conduisent, sans faiblir, les Israéliens contre les “terroristes” du Hamas ou du Hezbollah.

C’est au tour désormais du Turc Erdogan de lancer une offensive d’envergure contre les “terroristes”. Des “terroristes” kurdes qui ne sont terroristes que parce qu’ils luttent pour l’indépendance de leur pays, le Kurdistan, occupé et partagé entre l’Irak, la Syrie et la Turquie. Des terroristes kurdes qui, jusqu’à présent, étaient les fers de lance du combat contre les “terroristes” de Daesh.

Tout le monde est terroriste, chacun à son tour. La guerre tout court n’existe plus. Il n’y a plus que des guerres contre le terrorisme. Les diplomates en perdent leur latin. Ou plutôt leur anglais.


Éric Zemmour : “La prison est devenue une extension du domaine de la banlieue”

eric-zemmour

25/01/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le gouvernement a décidé de sanctionner par des retenues sur salaire les surveillants de prison qui se sont mis en grève.

Pour Éric Zemmour, les matons subissent en réalité ce que subissent dans certains quartiers les pompiers caillassés ou les profs insultés.

Les prisons françaises sont surpeuplées non parce que la justice est plus sévère, mais parce que la délinquance a explosé et que l’État a refusé de construire des places de prison.

Les matons subissent en réalité ce que subissent dans certains quartiers les pompiers caillassés, les flics rôtis comme des poulets dans leurs voitures, les profs insultés et molestés, les facteurs agressés, les bibliothèques incendiées. La prison est devenue une extension du domaine de la banlieue.


Éric Zemmour : “Jupiter Macron va se soumettre aux dieux de l’Olympe de Davos”

Eric Zemmour Françafrique

24/01/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuel Macron se rend ce mercredi 24 janvier au 48e Forum économique mondial de Davos, lieu de rendez-vous annuel des grands patrons de la planète.

Pour Éric Zemmour, le chef de l’État “reconnait” qu’il y a des dieux au-dessus de lui.

Ils l’aiment. Ils l’adulent. Ils le plébiscitent. Ils disent “Wonderful !”. Ils disent “Marvelous !”. Ils disent : “France is back !”. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les riches sont comme les autres hommes : ils aiment qu’on les aime. Et Macron leur a sorti le grand jeu.

Déjà pendant sa campagne électorale, il était le seul à parler leur langue, mélange de globish english et de dialecte managérial. Le seul à agiter leurs totems, l’Europe et le monde ouvert. Depuis qu’il est président, il a mis les petits plats dans les grands : il a supprimé l’impôt sur la fortune rien que pour eux, tandis que les imbéciles de la classe moyenne qui mettent leur argent dans la pierre continueront de le payer. Bien fait pour eux, rit-on à Davos !


Éric Zemmour : “L’annulation de ma condamnation par la cour de Cassation ne règle ni le problème de l’invasion migratoire, ni celui de la judiciarisation des débats”

Eric-Zemmour

24/01/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Éric Zemmour vient donc de bénéficier d’une annulation de sa condamnation pour “provocation à la haine envers les musulmans” par la cour de cassation.
Pour rappel, le polémiste était poursuivi pour avoir notamment écrit ceci : « Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation de peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. »

Éric Zemmour avait ainsi été condamné à 3 000 euros d’amende pour provocation à la haine envers les musulmans. Il devait également verser, selon les cas, 1 ou 1 000 euros de dommages et intérêts à certaines associations.

Malgré l’annulation de sa condamnation, Éric Zemmour rappelle que le jugement politique et médiatique n’a pas été sans conséquences pour lui :

J’aimerais rappeler que c’est pour cette interview qu’i-Télé m’a viré en 2014 (…). A l’époque, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve incitait les gens à aller faire des manifestations devant chez moi et une députée PS avait demandé que je quitte la France (…) Trois ans plus tard, la cour de Cassation reconnait que cette affaire était un grand n’importe quoi. Le problème, c’est que le jugement politique et médiatique est tombé bien avant. C’est le péché mortel de la démocratie française : la judiciarisation des débats.
(…)
L’annulation de ma condamnation par la cour de Cassation ne règle rien. Ni le problème de l’invasion migratoire que j’évoquais sur le fond, ni celui de cette judiciarisation.


Éric Zemmour : “Donald Trump agit comme un chef d’opposition en exil”

Eric Zemmour Françafrique

22/01/2018 – ÉTATS-UNIS (NOVOpress)
Le 20 janvier, cela fera tout juste un an que Donald Trump a été officiellement investi à la présidence des États-Unis.

Éric Zemmour revient sur cette première année de pouvoir tout en décrivant les nombreux contre-pouvoirs qui tentent de discréditer Donald Trump :

C’est un fou, un imbécile, un illettré, un fainéant. Donald Trump suscite des jugements pour le moins tranchés. C’est l’habitude en France de se gausser des présidents américains, surtout quand ils sont issus du Parti républicain.

Reagan passait pour un inculte, Gerald Ford pour un brave gars qui ne savait pas marcher et mâcher du chewing-gum en même temps, Bush junior pour un ancien alcoolique et Nixon pour un fou et un menteur. Mais Donald Trump, lui, cumule tout.

Pendant la campagne, les médias américains nous assuraient qu’il ne pourrait jamais être élu. Depuis qu’il est à la Maison-Blanche, ils nous assurent qu’il ne peut pas gouverner. Ce qui n’est pas tout à fait faux.

Le bilan mesuré ne sera jamais tiré. D’abord, parce que Trump lui-même n’est jamais dans la mesure, se qualifiant de “génie” et insultant ses adversaires. Mais aussi parce qu’il subit l’opposition inédite d’un triangle d’une puissance de feu exceptionnelle : médias, Hollywood et Silicon Valley.

Il agit en chef de l’opposition en exil, mais c’est un peu ce qu’il est. Cela lui permet de poursuivre le combat idéologique et de conserver le contact avec son électorat populaire.


Harcèlement : Éric Zemmour regrette que “le féminisme américain donne le la”

Eric Zemmour

16/01/2018 – MONDE (NOVOpress)
La tribune d’une centaine de femmes (dont Catherine Deneuve), dénonçant les excès de la campagne #Balancetonporc et défendant pour les hommes le “droit d’importuner”, a tourné à la foire d’empoigne médiatique entre deux conceptions du féminisme.

Les médias américains n’en sont pas revenus. Comment ont-elles osé ? Comme Catherine Deneuve a-t-elle osé ? Comme des femmes ont-elles osé ? Comment des Françaises ont-elles osé ? Ces questions s’emboîtent les unes dans les autres, comme des poupées russes. Ce n’est pas un hasard si tout est parti d’Hollywood avec l’affaire Weinstein.

Le fameux slogan “Balance ton porc” n’est que la déclinaison de “Me Too”. Le féminisme américain donne le la. Leurs élèves françaises obéissent et suivent. Autour de Catherine Deneuve, c’est le village d’Astérix. Le dernier à résister à l’envahisseur.

Pour les féministes américaines, tous les usages de la galanterie française – les portes ouvertes, les “après vous, madame”, les jeux de la séduction et du libertinage – ne sont que l’habillage sournois du prédateur masculin pour enchaîner son esclave féminine.

Il n’y a que des Françaises pour expliquer que c’est, au contraire, la marque d’un art de vivre, et même du règne de la femme dans l’ancienne sociabilité française.


Droit d’asile – Éric Zemmour : “Nous payons avec nos impôts pour accueillir des gens dont nous ne voulons pas”

Eric Zemmour

09/01/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Le cap des 100.000 demandeurs d’asile a été franchi en 2017. Pourtant les associations d’aide aux demandeurs d’asile ont rompu les discussions avec un gouvernement qui, selon elles, n’a jamais été aussi répressif.

Éric Zemmour rappelle que nous payons avec nos impôts pour accueillir des gens dont nous ne voulons pas :

C’est comme au théâtre. Des portes qui claquent, des bouderies, des éclats de voix, de grandes tirades, des cadavres dans le placard, des accords secrets. Des réconciliations au dernier acte. La politique de l’immigration, en général, et du droit d’asile, en particulier, est un grand théâtre où chacun joue son rôle.

Les associations et les grandes consciences ont le beau rôle : celui du gentil, du généreux, de l’humaniste, des bras ouverts. D’autant plus ouverts que c’est l’État qui paye, subventionne et rémunère leurs services (…). L’État, c’est-à-dire vous et moi, c’est-à-dire nos impôts. Nous payons avec nos impôts pour accueillir des gens dont nous ne voulons pas.


Éric Zemmour : “Notre-Dame-des-Landes aurait dû être réalisé il y a cinquante ans”

Eric Zemmour Françafrique

16/12/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Le rapport sur le projet controversé d’aéroport a été remis mercredi 13 décembre à Édouard Philippe. Les trois médiateurs refusent de trancher. Ce sera donc au président de la République de le faire à la fin du mois janvier.

C’est une longue histoire qui s’achève. Une très longue histoire. Presque aussi longue que la Ve République. Quand la déclaration d’utilité publique ouvre ce chantier en 1965, Charles de Gaulle est à l’Élysée.

Plus de cinquante ans plus tard, 178 décisions de tribunaux et sept présidents de la République, la première pierre de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’a toujours pas été posée. Le temps est passé qui a transformé une idée à la mode en une idée ringarde.

Dans les années 60, c’était le temps de l’État roi, l’État aménageur, l’État modernisateur, l’État bétonneur, l’État planificateur, qui construit à tout va. Tout un programme : la province comme la banlieue sont alors traitées par l’Administration comme une colonie. Dans l’intérêt général du pays, bien sûr, mais en se moquant comme d’une guigne de l’avis des populations.

Depuis, tout a changé. Les colonisés se sont rebiffés. Avec les “zadistes”, on se croirait revenu au temps des bandes qui écumaient la France sous l’Ancien régime. La mort d’un manifestant a durablement tétanisé l’État et ses représentants.

L’État est devenu un Gulliver aux mains attachées (…). L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes aurait dû être réalisé il y a cinquante ans. On a toujours tort d’arriver trop tard.


Éric Zemmour : “Qui est Johnny et qui ne l’est pas ?”

Eric Zemmour Françafrique

13/12/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Les polémiques se multiplient après la manifestation à La Madeleine autour de Johnny Hallyday. On aurait pu croire pourtant à une unanimité nationale.

Il est mort comme il a vécu. Dans le fracas et le bruit. À 17 ans, la jeunesse cassait les fauteuils pour ses concerts, tandis qu’écrivains et ministres s’étripaient dans la presse à son propos. À sa mort, tout recommence.

Ce n’est ni un calcul, ni un hasard, ni une erreur. C’est un destin. Le destin de Johnny. Jeune, il incarnait le coup d’état de sa génération qui arrachait le pouvoir à une société d’adultes qui ne demandait qu’à se laisser subvertir.

Mort, il voit descendre dans la rue le “petit peuple des petits blancs” (dixit Alain Finkielkrault), cette France périphérique qui communie avec son héros, en se moquant bien de ses frasques fiscales.

Il est amusant d’entendre ceux qui exigent habituellement de voir de la diversité partout (…) prendre soudain des pudeurs de chaisière pour regretter qu’on classe ainsi les gens par races ou religions.

Amusant de voir les thuriféraires exaltés de la France black-blanc-beur et du vivre-ensemble rester cois face à cette preuve par le réel que leurs chimères n’existent pas.


Éric Zemmour : «Et si les Corses étaient moins nationalistes ou autonomistes qu’identitaires ?»

Eric-Zemmour

Au contraire de la Catalogne, la Corse est plus pauvre que le reste du pays et dépend largement de la solidarité nationale. Mais un peuple peut accepter délibérément un sacrifice matériel s’il croit son identité en jeu.

Ils vont gagner. Ils ont gagné. Les «natios», comme on les appelle, sont sûrs d’être les prochains patrons de l’assemblée territoriale de Corse. Le second tour n’est qu’une formalité. Mieux qu’une victoire, un triomphe. Mieux qu’un triomphe, une revanche. Oublié, le préfet Erignac, exécuté il y a vingt ans. Oubliées, les conférences de presse d’encagoulés. Oubliés, les attentats, les liens entre nationalistes et mafieux. Les mallettes de billets aussi, distribuées par le ministère de l’Intérieur pour acheter la paix. C’était il y a cent ans, il y a mille ans. Les terroristes d’hier ont déposé les armes. Les nationalistes sont devenus autonomistes. La France est un pays merveilleux où un simple changement de nom fait croire que tout a changé. «La Corse est un enfant de la République» nous dit, bienveillant, Christophe Castaner, le patron d’En Marche.

Mais on ne sait pas de quelle République il parle. Est-ce encore un enfant de la France? Gilles Simeoni, lui, réclame toujours la reconnaissance du peuple corse. Si les mots ont un sens, l’existence d’un peuple corse attesterait que les Corses ne font pas partie du peuple français. Or, la République française est le régime que s’est donné le peuple français. Il n’a qu’une seule langue, le français. Et Simeoni exige qu’on enseigne le corse aux petits enfants de l’île de Beauté. Qu’on le parle dans l’administration et dans les prétoires, en contradiction de la vieille ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Il veut des compétences législatives, éducatives.

Il y a quelques mois, le même Simeoni expliquait benoîtement que la Corse était dans la situation des trois départements d’Algérie la veille de l’indépendance. S’il n’ose plus cette comparaison hasardeuse, c’est qu’entre-temps, la Catalogne a ridiculisé l’idéal indépendantiste. Alors, Simeoni, malin, change de cheval: sa Corse autonome n’a rien à voir avec la Catalogne, et tout avec la Sardaigne. Mais la Sardaigne a le statut que la Catalogne avait il y a vingt ans.

A Paris, on se rassure comme on peut. On se dit qu’au contraire de la Catalogne, la Corse est plus pauvre que le reste du pays ; et qu’elle dépend largement de la solidarité de cette nation dont elle ne pourrait se détacher. Les esprits trop rationnels devraient se méfier. L’économisme rend myope. Comme nous l’a montré le vote sur le Brexit, un peuple peut accepter délibérément un sacrifice matériel s’il croit son identité en jeu.

Or, les mêmes Corses qui votent pour les nationalistes aux élections régionales donnent la première place à Marine le Pen lors de la présidentielle. Cette contradiction apparente a une cohérence cachée: la défense de l’identité corse et française contre un islam qui tend à imposer, dans l’espace public, ses codes et ses mœurs, comme l’ont prouvé les altercations violentes de l’été 2016 sur les plages corses autour du burkini.

Quand le patron de la Région réclame de pouvoir donner la priorité d’embauche ou de logement aux Corses, il défend une préférence nationale qui ne dit pas son nom. La victoire promise à Simeoni et ses «natios» n’est donc pas un vote nationaliste ni autonomiste, mais identitaire. Mais personne – ni le pouvoir, ni les nationalistes, ni même les grands médias – n’ont intérêt à ce que cette réalité soit dite.

Éric Zemmour

Texte daté du 8 décembre et repris du site Le Figaro

Eric Zemmour : « Ce n’est pas la Françafrique que Macron devrait abattre, mais l’AfricaFrance »

Eric Zemmour Françafrique

30/11/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « La Françafrique, c’est fini. » C’est ce qu’a voulu Emmanuel Macron en déclarant mardi à Ouagadougou qu’« il n’y a plus de politique africaine de la France ». Eric Zemmour s’en est gaussé ce matin sur RTL, car François Hollande avait dit la même chose, ainsi que Nicolas Sarkozy, ainsi que Jacques Chirac, ainsi même que François Mitterrand déjà, lors de son discours de La Baule en 1981 :

« Cent fois tuée et cent fois enterrée », la Françafrique est « tel le phénix », elle « renaît cent fois de ses cendres ».

Mais la Françafrique, explique Eric Zemmour, n’est plus ce qu’elle était. Sa réalité, c’est que ce sont les dirigeants africains, bien plus que la France, qui s’en servent pour défendre leurs intérêts :

« Ce sont eux qui arrosent les partis politiques français pour les influencer, eux qui réclament l’armée française pour se protéger des coups d’Etat et des révolutions, eux qui mettent en France dans leur hôtels particuliers somptueux le fruit de leurs prédations, eux qui refusent de reprendre leurs nationaux qui restent en France illégalement, eux qui utilisent la France comme l’exutoire d’une démographie exubérante qu’ils refusent de juguler par des mesures autoritaires. »

Eric Zemmour conclut par cette formule :

« Ce n’est pas la Françafrique que Macron devrait abattre, mais l’AfricaFrance. »

Éric Zemmour : “Macron rime avec raison, mais pas avec action”

Eric Zemmour Françafrique

23/11/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Ce n’est pas une rime riche, mais Macron a raison. Macron a raison quand il dit à cette femme marocaine qu’elle doit rentrer chez elle et non demander un asile qui n’est fondé en rien. Macron a raison de serrer la vis des collectivités locales qui, depuis trente ans, ont contribué largement à la hausse des impôts et des emplois publics (…) Macron a raison lorsque le Premier ministre interdit l’usage de l’écriture inclusive dans l’administration.

Macron a également raison lorsque son ministre de l’Éducation nationale tance les profs qui veulent changer les règles d’accord grammaticaux au nom d’un féminisme militant, alors qu’elles ne sont même pas capables d’enseigner à leurs élèves les règles existantes. Macron a raison lorsque le même Blanquer annonce des sanctions contre un syndicat d’enseignants qui refuse l’entrée aux blancs.

Enfin, Macron a raison de nommer directement Castaner comme patron de son parti, sans passer par les faux-semblants de la démocratie partisane. C’est l’esprit même de la Ve République avec lequel il renoue. Sauf que Macron rime avec raison, mais pas avec action.