« Macron assassin ! » Décryptage d’une manipulation politico-médiatique

medias journalistes

Les médias, fidèles à leur réputation de manipulateurs professionnels, n’ont semble-t-il presque rien retenu d’autre du spectaculaire meeting du Trocadéro d’Éric Zemmour qu’un slogan, scandé pendant 10 secondes. Xavier Van Lierde, utilisateur toujours pertinent de Twitter, a proposé sur ce réseau social une excellente analyse.

Pourquoi les politiques macroniens et les médias se sont-ils jetés avec gourmandise sur la phrase « Macron assassin » scandée quelques secondes par certains partisans d’Eric Zemmour lors de son meeting du Trocadéro ?

Les partisans d’ EZ y voient une manœuvre, « pour ne pas avoir à reconnaître le succès de son meeting (50 000 personnes minimum) et éluder le fond du discours. »
C’est évidemment vrai. La même technique a d’ailleurs été utilisée la semaine d’avant contre Mélenchon avec « l’affaire de la poupée de Macron » pour masquer le succès de son propre rassemblement.

Toutefois, cette manipulation typique des périodes électorales ne résume pas l’affaire. En effet, la focalisation sur un détail odieux de l’adversaire est aussi une façon, pour la « bonne société » macronienne de justifier le mépris qui est sa véritable identité (anti)politique.
Les partisans d’Eric Zemmour en sont aujourd’hui les victimes, mais bien d’autres l’ont été avant lui.

Ces 5 dernières années, tous les mouvements de contestation du pouvoir macronien ont été artificiellement transformés en « intouchables ».
Les Gilets jaunes ? Des attardés, factieux, alcooliques, etc.
Les anti-pass ? Un ramassis de débiles, d’obscurantistes et de complotistes, etc.
Les gaullistes à l’ancienne ou les tenants d’un monde multipolaire ? Des « vendus à Poutine » !

Ce mépris est, pour la nouvelle bourgeoisie macronienne, une sorte de seconde nature.
Ils aiment considérer leurs adversaires idéologiques comme de grossiers personnages malappris et malfaisants face auxquels la bienséance dicte de se pincer le nez car ils sont « nauséabonds »…
…mais aussi de se boucher les oreilles car leurs revendications sont des « grognes ».
Tout contestataire est ainsi ramené à un « porc ». Or, pourquoi faudrait-il faire l’effort d’écouter ou comprendre des porcs ?

Cette façon de rejeter aux marges de la société toute contestation a d’ailleurs été théorisée par Macron et ses soutiens médiatiques lorsqu’ils prétendent délimiter le « cercle de la raison » en traçant un cercle hermétique autour d’eux pour se protéger des « intouchables ».
Or, il s’agit d’une attitude parfaitement totalitaire au sens propre du terme puisque, de la sorte, la frange macronienne de la société (au mieux 30 % de celle-ci) n’ambitionne rien moins que d’en devenir le tout (les 70 % restant étant jetés au ban).

Cette dérive explique aussi la volonté délibérée d’étouffer tout véritable débat lors de cette présidentielle. Le dédain affiché à l’égard de ses adversaires signifie que, pour la macronie, les choses sérieuses doivent être traitées entre gens sérieux, non sur la place publique.
La majorité présidentielle se comporte ainsi peu ou prou en « parti unique » traitant les dossiers sérieux au sein d’instances opaques (conseil de défense sanitaire) ou avec des cabinets de conseil, en tout cas loin du peuple et de ses représentants (voyez l’état du Parlement…).

Dès lors, penser que les citoyens exaspérés qui, quelques secondes, ont scandé « Macron assassin” représentent « une menace pour la République » est une farce.
Macron n’est certes pas un « assassin » au sens propre. En revanche, si quelqu’un représente aujourd’hui une menace pour la République, c’est bien lui !

Tribune reprise de Polémia

Ministère de la Remigration : le mot est lancé !, par Clément Martin (Les Identitaires)

remigration charter

On le sait, en politique, la bataille passe beaucoup par les mots : impossible d’analyser la domination progressive de la gauche sur les sphères de la culture sans observer l’inondation parallèle de la langue française par le lexique du progrès, de l’égalitarisme et la déconstruction.

À l’inverse, la diffusion depuis la droite dans la société française d’un vocabulaire destiné à nommer les problèmes relatifs à la question migratoire et démographique est une condition sine qua non pour espérer la victoire. Éric Zemmour, en annonçant publiquement son souhait de créer un ministère de la Remigration, a fait sauter une digue salutaire à ce niveau. C’est ainsi 6 ans de combat identitaire pour faire entrer par effraction le terme de « remigration » dans le débat public qui sont couronnés de succès.

Du ministère de l’Identité nationale à celui de la Remigration

En 2007, la création par Nicolas Sarkozy d’un ministère de l’Identité nationale et de l’immigration avait suscité les réactions scandalisées de toute la gauche, pour qui opérer le lien entre « immigration » et « identité nationale » était un glissement raciste dangereux. L’industrie de l’indignation, qui constitue l’un des dispositifs les mieux réglés de la gauche hégémonique de l’époque, s’était déchaîné (tribunes dans Libération, protestations d’universitaires, communiqués démagogiques de la CIMADE et du GISTI qui qualifiaient les expulsions de clandestins de « rafles », etc.). Pourtant, l’initiative de Sarkozy ne fut qu’un dragon de papier ; aucune mesure mise en place par ce ministère ne fit preuve d’efficacité, même à court terme. Signe révélateur, c’est Éric Besson, transfuge du Parti socialiste, qui avait pris la direction de ce ministère entre 2009 et 2010, date de sa fermeture.

Si l’épisode du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration fut un échec, il a compté parmi les premières transgressions politiques opérées par la droite à l’encontre du discours soporifique de la gauche sur l’immigration.

Quelle perspective pour la candidature d’Éric Zemmour en 2022 ?

À l’heure actuelle, les chances du candidat de Reconquête ! semblent très minces pour l’échéance présidentielle, mais il serait pour autant mal venu de désespérer. Le but fondamental de la candidature d’Éric Zemmour est moins de faire accéder celui-ci au sommet de l’État (une perspective réjouissante mais peu réaliste) que de redessiner le paysage politique autour de lui. Premièrement, en cassant les séparations factices entre la droite des Républicains et la droite du Rassemblement national ; ce but a été achevé. Ensuite, en forçant le Rassemblement national à procéder à un changement radical ou à disparaître, afin de permettre l’émergence d’une force d’opposition puissante à droite. Cet objectif-ci est peut-être en passe d’être réalisé. Enfin, cette campagne est l’occasion pour Éric Zemmour de transgresser la mollesse et les insuffisances du débat public français sur la question identitaire ; il est certain que cet objectif a été rempli – reste à savoir si les effets de ces transgressions seront durables.

Face à un bloc centriste mondialisé incarné par Emmanuel Macron et une gauche pudibonde, enfermée dans ses vieux réflexes antifrançais et antieuropéens, il est vital que la droite incarne le parti du sursaut et du réveil. Et pour ce faire, il faudra qu’elle se livre à des transgressions authentiques, sans demi-mesures, sans montrer patte blanche à chaque intervention, et surtout, sans honte d’assumer un projet authentiquement identitaire pour l’avenir de notre civilisation. La politique ne se réduit pas aux sondages et aux périodes électorales. À bien des titres, la politique, c’est ce qui se passe entre les élections.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Idriss Sihamedi, fondateur de Barakacity, propose à Eric Zemmour, s’il est élu, d’organiser lui-même le départ de France des musulmans

Reportage – Zemmour au Trocadéro : Livre Noir était sur place

zemmour trocadero

29/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Ce dimanche 27 mars, à une dizaine de jours du premier tour de l’élection présidentielle, Eric Zemmour a joué son va-tout en tenant le plus grand meeting de sa campagne au Trocadéro, à Paris.

Devant plus de 50.000 personnes venues de toute la France, le candidat a présenté sa vision de la France et de son avenir, son projet, ses propositions pour lutter contre « le grand remplacement et le grand déclassement ».

Livre Noir était sur place pour retransmettre en images le meilleur de cette journée.


Présidentielle 2022 – Dernière ligne DROITE

zemmour le pen

Pendant qu’Éric Zemmour remplissait le Trocadéro, une agression de plus avait lieu contre le camp national en Guadeloupe, où Marine Le Pen a été violemment prise à partie. Aux deux candidats de la droite ne restent que 15 jours pour déjouer les sondages et convaincre les abstentionnistes, tout est encore possible.

Reportage : Éric Zemmour au Trocadéro

C’est sous un soleil de plomb, plus que printanier, que Reconquête a tenu sa grande réunion parisienne. Y avait-il autant de monde qu’au défilé des mélenchonistes, la semaine dernière ? C’est difficile à dire car, pour ce défilé-là, les médias avaient pris pour argent comptant les 100 000 manifestants revendiqués par Mélenchon ; le « dispositif de comptage objectif » qui avait été mis au point par plusieurs médias depuis quelques années semble avoir fait naufrage, car il n’est plus jamais mis à contribution. C’était pourtant une bonne idée.

Au rassemblement du Trocadéro il n’y avait sans doute pas 100 000 personnes. D’ailleurs il s’agissait essentiellement de Parisiens. Nous n’avons pas vu ces cohortes de plusieurs centaines d’autocars venant de toute la France, qui envahissent la capitale lors des très grands rassemblements (Manif pour tous, 1er mai, etc.).

Mais il y avait néanmoins énormément de monde, en tout état de cause. 40 000 personnes, 50 000 peut-être. J’ai parcouru en tous sens (avec quelque difficulté, compte tenu de la densité de la foule) cette immense place du Trocadéro, mais n’ai rencontré qu’une seule personne que je connaissais, Dominique, l’ancien patron du restaurant Les Ronchons !

En tout état de cause, il s’agissait bel et bien du plus grand rassemblement de la droite française, toutes tendances confondues, de cette présidentielle. Un public très jeune, très déterminé aussi.

Les slogans qui enflent comme une houle

De 14 heures à 15 heures, des personnalités se sont succédé à la tribune, histoire de chauffer la foule. Les drapeaux qui s’agitent, les slogans qui enflent comme une houle puis sont repris par les participants, rien que cela vaut le déplacement.

Parmi les intervenants, Philippe de Villiers a été accueilli par un « joyeux anniversaire », repris par des dizaines de milliers de voix, événement peu banal ! Vérification faite, il est né un 25 mars.

Guillaume Peltier nous a récité du Victor Hugo.

Marion Maréchal a eu droit à une ovation colossale. Même les policiers avaient sorti leurs smartphones pour la photographier !

Les prises de parole de parents de victimes d’attentats islamistes furent terriblement émouvantes. « Plus jamais ça ! », clamait la foule.

Enfin Zemmour a parlé, une heure et demie, sans notes. La symbolique du Trocadéro était évidente : de Gaulle s’était exprimé là en 1944, après la remontée des Champs-Elysées. En 2017, les fillonistes avaient tenu à cet endroit un rassemblement réussi, mais insuffisant toutefois pour changer le cours d’une histoire dictée par Le Canard enchaîné. Trocadéro, c’est une victoire française, et la statue du rond-point est celle du maréchal Foch.

Eric Zemmour a donc cherché à redonner confiance aux militants. Pari réussi ? Sans doute, car tout le monde veut croire à une sous-estimation des évaluations. La réponse n’est plus qu’une question de jours.

Jadot, Mélenchon, Roussel : les derniers grands meetings

Ce même dimanche, Jadot tenait sa plus grande réunion, à Paris également, devant 3 500 personnes, ce qui constitue pour les écolos un pic de mobilisation sans précédent… mais, néanmoins, de modeste envergure. Mélenchon a réuni ses partisans à Marseille, mais a paru désabusé : « Les quartiers populaires, s’ils ne se déplacent pas, c’est fini pour moi », a-t-il déclaré à une chaîne de radio à cette occasion. Quant à Roussel, il tenait une réunion à la halle aux grains de Toulouse, mais le grain à moudre se fait rare pour lui. Après un léger frémissement électoral il y a un mois ou deux, il est en effet victime du vote utile qui porte les sympathisants communistes à donner leur voix au candidat de LFI. Quant à Pécresse, covidée, elle est restée invisible, cette fin de semaine, et personne, dans son camp, n’a pris le relais. La campagne électorale est pratiquement close, désormais, pour eux en tout cas.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 mars 2022

Éric Zemmour : « La crainte de la fin de la France, c’est le malheur de se sentir étranger dans son propre pays, l’horreur devant les victimes qui se multiplient, le désespoir devant une classe politique si lâche »

Remigration des clandestins : mode d’emploi

remigration avion

La proposition d’Éric Zemmour de créer un ministère de la Remigration constitue un tournant dans cette campagne présidentielle. Le vote Zemmour est désormais le seul à être synonyme de fin de la présence des extra-européens indésirables sur le territoire français. Et cette remigration n’a rien d’un fantasme ou d’un drame. Il s’agit avant tout d’une politique normale et saine que quasiment tous les pays du monde mènent : l’expulsion des clandestins et des étrangers délinquants ou criminels. Après une première diffusion en octobre 2021 sous un titre légèrement différent, Polémia republie cet article de Paul Tormenen.

Les débats de l’élection présidentielle en 2022 (3)

Après un premier article consacré à la règle du non-refoulement et à son application dans différents pays européens puis un deuxième article sur les nombreuses carences de l’espace Schengen, c’est aux expulsions des étrangers en situation irrégulière que ce troisième article sur l’immigration en France est consacré aujourd’hui.
Si le futur président de la République trouvera dans ce domaine-là, comme dans tant d’autres, une situation catastrophique, il disposera de leviers pour y remédier, si tant est qu’il veuille rompre avec l’inertie imposée par le lobby immigrationniste qui tient le haut du pavé dans notre pays.

La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde…

La France est un pays particulièrement attractif pour les étrangers en situation irrégulière. Nos gouvernants semblent tout faire pour qu’il devienne le réceptacle de la misère du monde. Les nombreux signes de bienvenue qu’ils lancent à l’adresse des clandestins, détaillés notamment dans un article publié en juin 2020 sur le site de Polémia, en témoignent (1). Cette bienveillance a une traduction concrète tant dans le nombre de clandestins qui viennent en France que dans le nombre de ceux présents sur le territoire national.

Face à ce phénomène, la poussée du vote dit populiste, qui témoigne du rejet croissant de l’immigration, inquiète jusqu’à la Commission européenne. La commissaire européenne aux affaires intérieures enjoignait ainsi en novembre 2020 au gouvernement français d’accroître son effort pour expulser davantage de clandestins présents sur le territoire (2). C’est dans ce contexte que le gouvernement français, piteusement pointé du doigt, vient d’annoncer une réduction du nombre de visas délivrés aux ressortissants des pays du Maghreb. Ce levier pour contraindre les autorités de ces pays à accepter le retour forcé de leurs ressortissants n’est pourtant que l’un, parmi de nombreux autres, pouvant être utilisés pour tendre vers l’expulsion effective de tous les clandestins présents sur le territoire. Un objectif qu’une grande majorité de Français souhaitent voir atteint le plus rapidement possible.

Comme nous allons le voir, les autorités françaises sont loin de s’appuyer sur toutes les bonnes pratiques de nombre de nos voisins européens, qui sont beaucoup plus efficaces en la matière.

1. Le diagnostic
La France est un pays très attractif pour les étrangers en situation irrégulière

Plusieurs indicateurs témoignent de l’attractivité de la France pour les clandestins.

– Le nombre de bénéficiaires de l’aide médicale d’État a plus que doublé en 15 ans pour atteindre 368 890 en 2020 (3). En dépit des dizaines de milliers de régularisations effectuées chaque année, le nombre de bénéficiaires de l’AME croît de 1 000 par mois, sans compter les autres dispositifs médicaux dont bénéficient les clandestins (4).
– Alors qu’il n’y avait que 20 000 demandes d’asile effectuées en France en 1994, elles étaient plus de 154 600 en 2019 (5) (6). La France est devenue cette année-là le 2e pays en Europe à recevoir le plus de demandes d’asile. Si notre pays accorde de façon assez restrictive le bénéfice de la protection internationale (24,7 %, alors que la moyenne européenne est de 38 %), seule une infime proportion des étrangers en situation irrégulière – ce qui est le statut commun des déboutés de l’asile qui se maintiennent sur le territoire – est expulsée. Il est désormais connu bien au-delà des frontières nationales que les clandestins présents en France, après s’y être introduits notamment en faisant une demande d’asile, ont une très faible probabilité d’être forcés à retourner dans leurs pays.

Outre les déboutés de la demande d’asile qui ne repartent pas dans leurs pays, l’importance du nombre de clandestins extra-européens présents en France a d’autres explications :

– la porosité des frontières nationales ;
– le nombre important d’étrangers qui ne repartent pas dans leurs pays à l’expiration de leurs titres de séjour.

Des sorties du territoire de personnes en situation irrégulière qui stagnent

Alors que les chiffres de l’immigration montrent que de plus en plus d’extra-Européens s’installent légalement ou clandestinement en France (7), le nombre de personnes en situation irrégulière sortant du territoire n’augmente pas en proportion, loin de là.

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[Entretien] Alain de Benoist : « L’électorat Zemmour est un électorat anti-immigration, celui de Marine Le Pen est un électorat anti-Système »

Entre la guerre en Ukraine, la fièvre nationaliste corse, les élections présidentielles qui arrivent, la radicalisation de la vie politique en France, il y avait énormément de sujets que Breizh-info voulait aborder en cette fin mars avec Alain de Benoist. C’est chose faite dans un entretien ci-dessous.

Breizh-info.com : Tout d’abord, que vous inspirent le déplacement de Gérald Darmanin en Corse et l’évocation d’une autonomie possible pour la Corse ?

Alain de Benoist : On pourrait parler de « divine surprise » s’il n’y avait pas quelques motifs d’être dubitatif. D’abord, c’est une drôle de façon de procéder que de se dire prêt « à aller jusqu’à l’autonomie » avant même que les négociations aient commencé. En général, on ne met pas sur la table le résultat de la discussion avant d’avoir commencé à discuter. Cela ressemble à un aveu de faiblesse, à moins qu’il ne faille y voir un geste démagogique ou une simple manœuvre électorale. Le problème se pose d’autant plus que la position adoptée par Darmanin représente une totale volte-face de la part d’un gouvernement qui, depuis cinq ans, s’est refusé à donner la moindre suite à toutes les demandes politiques formulées par les Corses. Rappelez-vous qu’en février 2018, lorsqu’il s’était rendu lui-même en Corse, Emmanuel Macron avait même opposé une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient seulement de reconnaître le « caractère politique de la question corse ». Ce simple rappel justifie le scepticisme.

Ensuite il faudrait savoir ce que Darmanin entend par « autonomie ». Le mot peut recouvrir des choses bien différentes. Attendons donc de savoir ce que les amis d’Emmanuel Macron mettent sous ce terme. Quelle autonomie ? Dans quels domaines ? Par quels moyens ? La question-clé est celle-ci : le gouvernement est-il prêt à reconnaître l’existence d’un « peuple corse », demande fondamentale pour tous les autonomistes ? On sait que la Constitution s’y oppose, puisqu’elle ne veut connaître qu’une nation « une et indivisible » dans la pure tradition jacobine. Et si par extraordinaire on reconnaissait l’existence d’un peuple corse, comment s’opposer à la reconnaissance par exemple du peuple breton ? Comment nier plus longtemps qu’il existe à la fois un peuple français et des peuples de France qui, s’ils le souhaitent, devraient également, à mon avis tout au moins, pouvoir eux aussi accéder à l’« autonomie ». Mais je vois mal le gouvernement s’engager sur cette pente glissante. Ce serait trop beau !

Breizh-info.com : Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle, assez inédite finalement puisque les électeurs sont privés de débats entre des candidats qui mènent chacun campagne essentiellement dans leurs sphères respectives ? Là encore, est-ce le signe d’une démocratie malade ?

Alain de Benoist : Il existe à mon sens des signes beaucoup plus forts de la crise généralisée des démocraties libérales que cette absence de débats entre les candidats à la présidentielle ! D’ailleurs, vous exagérez un peu : il y a quand même eu quelques débats, mais force est de constater qu’ils n’ont pas intéressé grand monde. Ils se résument en général à un échange d’invectives et de procès d’intention qui ne font pas avancer les choses.

La grande caractéristique de la prochaine élection présidentielle est que, si l’on en croit les sondages, les jeux sont faits d’avance : Emmanuel Macron sera réélu. C’est ce que pense une majorité de Français, alors même qu’en majorité aussi ils semblent souhaiter qu’il n’en aille pas ainsi. Intéressant paradoxe. Il en résulte un désintérêt qui laisse prévoir, sauf événement de dernière minute, une très forte abstention qui pénalisera certains candidats plus que d’autres.

En octobre dernier, dans un entretien précédent, je vous avais dit qu’« on aurait tort d’enterrer Marine Le Pen ». C’était à un moment où tout le monde pariait sur son effondrement au profit d’Eric Zemmour. Je soulignais également que ce qui séparait essentiellement Marine Le Pen et Eric Zemmour, ce n’était pas tant leur personnalité ou leurs idées que leurs électorats (classes populaires ou moyenne bourgeoisie radicalisée) et leurs stratégies (« bloc populaire » ou « union des droites »). C’est ce qui s’est confirmé. Zemmour a jusqu’à présent échoué dans son ambition. Son électorat est instable, et il reste à peu près au niveau de Pécresse, qui est en baisse, et de Mélenchon, qui est en hausse. Ceux qui ont parié sur son succès ont cru que Marine Le Pen allait échouer parce que son parti se porte mal (ce qui est exact) sans voir que ses électeurs s’intéressent très peu au parti en question : ils votent Marine, pas Rassemblement national ! Quant aux ralliements à Zemmour, à commencer par celui de Marion Maréchal, ils n’ont, comme je l’avais prévu, strictement rien changé aux intentions de vote. Reste la donnée fondamentale : l’électorat Zemmour est un électorat anti-immigration, celui de Marine Le Pen est un électorat anti-Système. Il faudra s’en souvenir quand sonnera l’heure de la recomposition.

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Marion Maréchal : « L’objectif du ministère de la Remigration sera le départ d’un million d’étrangers sur l’ensemble du mandat afin d’arriver, à terme, à un solde migratoire négatif sur le sol français »

Eric Zemmour propose de créer le premier ministère de la remigration

A la une de Valeurs Actuelles – Entretien exclusif avec Marion Maréchal : « Pourquoi je rejoins Éric Zemmour »

Présidentielle 2022 : le RN appelle Eric Zemmour à se retirer dans “l’intérêt général »

Marion Maréchal rallie Eric Zemmour : « Avec lui, je sais qu’il n’y aura ni compromission dans les idées ni renoncement dans les actions »

Eric Zemmour au sujet de la guerre en Ukraine – Pousse au crime ?, par Francis Bergeron

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Eric Zemmour était lundi sur RTL. Il a bien évidemment été interrogé sur l’agression russe. Comme toute la classe politique, il s’est bien indigné de cette attaque, et a mis clairement en cause le président Poutine : « C’est l’agresseur. C’est le seul coupable. Il a décidé d’agresser et de ne pas respecter la souveraineté ukrainienne. »

Le candidat de Reconquête a également reconnu avoir « dit une bêtise », en décembre dernier, quand il s’était dit prêt à parier que la Russie n’attaquerait pas l’Ukraine. « Tous les experts le disaient, j’aurais dû être plus lucide. » Cette autocritique, Présent peut la faire aussi, même si notre correspondant en Pologne était plus inquiet que nos lecteurs – et depuis longtemps – sur la dérive poutinienne. Mais qui aurait pu imaginer que Poutine – à qui tout avait réussi jusqu’alors – commette une telle erreur ? Vingt-deux ans d’affilée au pouvoir, accompagnés d’une élimination progressive des contre-pouvoirs, pouvaient laisser craindre un grave dérapage, à la longue. Nous y sommes.

Le mea culpa de Zemmour est néanmoins accompagné de quelques analyses qui détonnent dans l’unanimisme ambiant. Voulant « voir plus loin que l’émotion », Eric Zemmour a en effet tenu à rappeler la responsabilité de l’OTAN (mais certes pas sa culpabilité) dans le coup de force de Poutine. Il a taclé au passage Jean-Yves Le Drian pour ses propos de jeudi dernier présentant l’OTAN comme une puissance nucléaire à part entière. S’il avait voulu jeter de l’huile sur le feu, c’était ce qu’il fallait dire. D’où l’immédiate « montée aux extrêmes nucléaires ».

En planifiant une sorte d’encerclement de la Russie, l’OTAN – c’est-à-dire les Etats-Unis, en dernière analyse – a contribué à réveiller chez Poutine une nostalgie de cette URSS qui, dans le cadre d’un « équilibre de la terreur », faisait jeu égal avec les Etats-Unis, certes au prix d’un asservissement du pays, et des pays voisins, prétendument souverains, au sein du pacte de Varsovie.

Une situation qui rappelle un peu la responsabilité de la SDN dans l’évolution de l’Italie de Mussolini, à l’occasion de l’affaire d’Ethiopie Avec à la clé, on s’en souvient, un rapprochement de l’Italie et de l’Allemagne, la constitution d’un « axe », et une guerre mondiale, pour finir. Voilà une référence historique assez peu rassurante.

Les comportements des chefs d’Etat autocrates

Sans doute l’analyse d’Eric Zemmour est-elle trop subtile pour les spécialistes de géopolitique, mais ils devraient savoir que dans ce domaine ni les idéologies ni les évidences ne dictent obligatoirement les comportements de chefs d’Etat autocrates.

Cette réflexion de Zemmour a néanmoins suscité une avalanche de commentaires hostiles, notamment ceux d’un sous-ministre de Macron, le dénommé Clément Beaune, qui évoque « une faute, une folie ».

De même, concernant la question des réfugiés, Eric Zemmour s’est distingué du discours des autres politiques, comme de celui des commentateurs : il s’est en effet opposé à l’accueil de réfugiés ukrainiens en France : « Je pense qu’il nous faut aider les Polonais à les accueillir, je préfère qu’ils soient en Pologne. Ils pourront plus facilement rentrer chez eux quand la guerre sera finie. » C’est une réflexion de bon sens. Le maintien des réfugiés dans des pays limitrophes est logique. On a vu la folie – meurtrière – que de vouloir accueillir à tout prix des réfugiés afghans en France. C’était un non-sens, une incitation à les faire changer de vie au lieu de les pousser à libérer leur pays.

500 000 Ukrainiens sont arrivés dans l’Union européenne. Il est logique qu’ils restent en Pologne, en Slovaquie, en Roumanie, solidaires de leurs concitoyens qui se battent, plutôt que de les transplanter en France, avec logements, nourriture et argent de poche, comme s’ils étaient destinés à ne plus jamais revenir chez eux.

Mais même cette réflexion de bon sens a suscité l’ire du dénommé Beaune qui y a vu de l’insensibilité, mais qui n’a pas pour autant identifié du racisme quand le député macronien (Modem) Bourlanges s’est félicité pour sa part d’une « immigration de grande qualité » par rapport à l’immigration habituelle (de mauvaise qualité ?).

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 1er mars 2022

Présidentielle : Marine Le Pen et Éric Zemmour ont obtenu leurs 500 parrainages