Zemmour ou Marine, les leçons de la présidentielle

Le Gallou Bousquet

08/07/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Grand Remplacement ou Grand Déclassement ? À comparer les résultats de Zemmour et de Marine, les Français ont tranché. La question de l’insécurité sociale a dominé les débats, mais elle n’exclut pas, loin de là, celle de l’insécurité civilisationnelle.

Pour en débattre, les Natifs Paris ont invité Jean-Yves Le Gallou, président de Polemia, et François Bousquet, rédacteur en chef d’Éléments.


Les 2 fonctions historiques d’Éric Zemmour, par Clément Martin (Les Identitaires)

zemmour

Au lendemain des élections législatives, et alors que les scores de Reconquête ! ont été un facteur de démoralisation pour nombre de soutiens du parti, l’heure est venue de faire les comptes. En réalité, le bilan de l’ancien journaliste politique est loin d’être mauvais. Si le succès électoral n’a pas été au rendez-vous pour lui, Éric Zemmour a cependant rempli un rôle historique qui pourrait s’avérer décisif pour les années à venir.

Le paratonnerre

Depuis l’accession de Marine Le Pen à la tête du Rassemblement national, la mécanique médiatique était claire : tirer à feu nourri sur la candidate de la droite nationale pour la discréditer. Citations tronquées, extraits sortis de leur contexte, création artificielle de « dérapages », dossiers de police médiatique révélant le passé sulfureux de certains militants, tout était bon pour surmobiliser l’électorat du front républicain.

En 2022, c’est Éric Zemmour qui s’est positionné comme le candidat radical de la lutte contre le Grand Remplacement. Fort logiquement, c’est lui qui a récupéré toute la foudre médiatique, subissant les techniques maintes fois employées contre le Rassemblement national. En servant de paratonnerre, le candidat de Reconquête ! a permis de lisser l’image de Marine Le Pen. Il a été la dernière pierre dans l’œuvre de la dédiabolisation du Rassemblement national. À ses propres dépens, bien entendu.

Ce phénomène illustre à merveille le principe de la fenêtre d’Overton : en se plaçant à la droite du RN, Éric Zemmour a mécaniquement participé à reporter celui-ci sur la gauche. Pour la première fois de son histoire, le parti de lepéniste a pu mener une « campagne normale » et ainsi apparaître aux yeux des électeurs indécis ou modérés en tant que « parti comme les autres ».

Indiscutablement, sans la présence d’Éric Zemmour pour encaisser les coups, le Rassemblement national n’aurait jamais pu capitaliser sur une image plus modérée pour parvenir à sa percée historique à l’Assemblée.

La transgression

Zemmour a été le premier candidat à l’élection présidentielle à oser employer le terme de Grand Remplacement pour désigner l’invasion migratoire que subit l’Europe, et à le considérer comme un danger existentiel qui appelait à une reconquête. L’emploi de ce terme, tout comme la proposition de mise en place d’un ministère de la Remigration ont causé la levée de bouclier des médias et des gardiens de l’orthodoxie… Mais le digue avait été brisée : un candidat à la présidentielle avait mis plus que n’importe quel autre depuis 20 ans au moins la question migratoire au centre du débat, et ce de façon radicale. Certes, le pari zemmourien de gagner l’élection sur cet enjeu a été un échec, mais il demeure qu’il apparaît comme difficile d’envisager que les prochaines élections ne se structurent pas autour de cette question. Le cas d’Éric Zemmour est finalement proche de celui de Barry Goldwater, le candidat républicain aux élections présidentielles de 1964. Malgré une défaite cinglante contre le candidat démocrate Lyndon B. Johnson, Goldwater a posé les bases de ce qui deviendrait la nouvelle ligne idéologique du parti républicain pour les décennies à venir, un mélange de conservatisme social et de libéralisme économique radical. 16 ans plus tard, cette nouvelle synthèse trouverait son incarnation dans l’élection de Ronald Reagan, dont les deux mandats ont profondément et durablement marqué la politique américaine.

On peut faire un pari similaire pour Éric Zemmour, ou plutôt pour ses idées. Les axes de Reconquête (tels que définis par son candidat[1]), à savoir la défense de l’identité, la protection des libertés économiques et l’opposition à la déconstruction pourraient devenir, dans le contexte actuel et à venir, la proposition politique gagnante.

La situation politique pour la droite française est incertaine en ce qui concerne les Républicains et Reconquête !. Ce qui est certain, c’est que le monopole du Rassemblement national sur le segment national est réaffirmé et que son statut comme grand parti de l’opposition de droite à Macron est en passe d’être validé.

Ce qui est certain, c’est que la candidature d’Éric Zemmour a constitué un jalon dans l’histoire politique de la France du xxie siècle. Il apparaît comme celui qui, d’une façon qu’il ne concevait probablement pas lui-même, a permis de débloquer la donne politique à droite.

[1] https://twitter.com/ZemmourTV/status/1539702310103912448?s=20&t=OqfucdKqhQheKnFNwNbf0Q

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Zemmour : l’amertume d’une double défaite, par Marc Eynaud

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Les sondages lui donnaient entre 0 et 1 député, ce sera donc zéro. Eric Zemmour a échoué à accéder au second tour des élections législatives dans la 4e circonscription du Var arrivant avec 23,19 % des voix juste derrière le candidat RN Philippe Lottiaux qui affrontera la députée sortante de la majorité. Au-delà de cette défaite personnelle, c’est sur le plan comptable une véritable déroute que la jeunesse de la formation politique ne saurait relativiser. Non seulement Reconquête! n’aura aucun député à l’Assemblée nationale mais aucun candidat n’a réussi à se hisser au second tour. Ni Guillaume Peltier, ni Stanislas Rigault (avec Marion Maréchal en suppléante) n’accèdent au second tour. Le premier a appris sa défaite en direct sur un plateau de télévision, le second termine avec un peu plus de 10 % des voix loin derrière le duo de tête RN-Renaissance. Dans les Alpes-Maritimes, Damien Rieu a également échoué.

Eric Zemmour peut nourrir des regrets, car les sondages le plaçaient au second tour, au soir du premier tour il était même en tête à Saint-Tropez avec un peu plus de 37 % des voix. S’il a enregistré de bons scores dans certaines localités, il lui aura manqué les quelques dizaines de voix nécessaires pour dépasser le très implanté Lottiaux, déjà candidat en 2017. Au-delà de ce parachutage raté, c’est l’avenir politique d’Eric Zemmour qui pourrait être remis en question avec cette défaite. Paradoxalement, seule une candidate, soutenue mais non investie par Reconquête!, est arrivée largement en tête au premier tour (41%), la candidate RN-Ligue du Sud-Reconquête! Marie-France Lorho, députée sortante de la 4e circonscription de Vaucluse. C’est trop peu pour se réjouir, pense-t-on chez Reconquête!.

On sait à l’heure actuelle qu’un comité politique aura lieu dans les jours à venir pour déterminer la stratégie à adopter en cas de second tour, on sait également qu’un peu plus de 200 candidats RN comptent sur le soutien des candidats d’Eric Zemmour. Face à la tenaille NUPES-LREM, toute aide sera bonne à prendre.

Quoi qu’il en soit, il s’agit pour Zemmour et ses proches de poser un diagnostic, aussi sévère soit-il : l’aventure présidentielle et législatives se solde par un échec cuisant, et rien dans le paysage politique ne semble laisser une ouverture à l’émergence d’une nouvelle force politique de droite, comme si à force de trop vouloir faire l’union on finit par faire le vide.

C’est l’aspect rageant de l’union des droites : elle est nécessaire mais infaisable, salutaire mais invivable. Ses troupes peuvent en vouloir à leurs opposants, à la guerre en Ukraine ou au vote utile, c’est sans doute une part de l’explication, mais elles ne pourront pas faire l’économie d’une réelle question à laquelle Marine Le Pen a déjà répondu : peuvent-ils, à l’échelle nationale, faire plus de 7 % ?

« Je veux dire aux Français qu’il faut continuer de se battre. Notre vie politique est aujourd’hui 50 nuances de gauchisme. Reconquête! sera le seul parti de droite. », martelait Eric Zemmour ce dimanche soir. Écartelée entre un centre orléaniste et un vote contestataire, la droite est à l’image du Titanic, éventrée et coulée corps et bien, ne reste qu’une poignée de canots de sauvetage. L’union, Eric Zemmour en a rêvé et c’est la Nupes qui l’a faite.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Pourquoi Zemmour a perdu ? Les secrets de sa campagne avec Jules Torres (Valeurs actuelles)

zemmour trocadero

09/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Jules Torres est le grand invité de Livre Noir jeudi 2 juin à 20h pour décrypter avec les nous les coulisses de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour et présenter son dernier ouvrage « Zemmour, dans les secrets de sa campagne » !

Il a tout vu et tout entendu dans l’équipe d’Eric Zemmour, et vient en parler chez Livre Noir en exclusivité.


Un décryptage à droite de la Présidentielle, par Jean-Yves Le Gallou

Jean-Yves Le Gallou

Interrogé par l’abbé de Tanoüarn, Jean-Yves Le Gallou effectue un retour sur l’élection présidentielle : un bilan en demi-teinte montrant qu’une fois de plus le système est parvenu à ses fins, puisqu’il a consacré Emmanuel Macron président pour la deuxième fois, sans que lui soit porté, ne serait-ce qu’une vraie contradiction. Publié dans le numéro 1010 de Monde et Vie de mai 2020, l’entretien a été réalisé le surlendemain du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Guillaume de Tanoüarn : Jean-Yves Le Gallou, peut-on parler à propos de la toute récente élection présidentielle, d’une « victoire éclatante du Rassemblement National », comme l’a fait Marine Le Pen le soir de l’élection ?

Jean-Yves Le Gallou : Assurément non. Dans une élection une « victoire éclatante » intervient quand la liste victorieuse l’emporte avec une large avance sur son ou ses concurrents. A la présidentielle, Marine Le Pen a perdu avec un énorme handicap par rapport à Emmanuel Macron ; quelque 17 % de retard sur son concurrent. Certes sa défaite, en pourcentage est moins importante que lors de la présidentielle de 2017. Mais il faut garder leur sens aux mots sous peine de tomber dans la désinformation. Cela étant dit, j’ajouterai qu’en utilisant une telle expression, « victoire éclatante », elle avoue en fait que son objectif réel est atteint et qu’il n’était donc pas de gagner. On l’a vue très enjouée le soir du premier tour, comme on l’avait vu danser sur sa défaite en 2017, après le fameux débat. Je n’ai pas pu m’empêcher de noter l’énorme distorsion qu’il y avait entre la satisfaction qu’elle éprouvait visiblement et la peine immense des électeurs d’Hénin-Beaumont. Signe sans doute que la coupure entre les élites et les peuples, qui existe de manière nationale et même internationale, passe aussi au RN.

Guillaume de Tanoüarn : N’était-ce pas le même esprit que l’on a pu constater lors du grand débat Le Pen-Macron, ce soulagement visible de la candidate Marine, à la fin d’une confrontation décevante des deux côtés ?

Jean-Yves Le Gallou : Son objectif manifestement était de faire face sans prendre trop de coups. C’est la raison pour laquelle au début du débat, elle a encaissé les attaques de Macron sans répliquer. Un exemple ? Macron venait de l’accuser d’être liée au pouvoir russe par un prêt en cours de remboursement depuis 2015. Elle avait deux répliques possibles : accuser Macron d’être lui-même au service des réseaux mondialistes américains, à travers l’affaire McKinsey, dans laquelle il apparaît que des millions de données, nous concernant nous Français, ont été fournies à ces cabinets de conseil américains et finalement par-là, au Pentagone. Item : d’avoir détruit des fleurons industriels français comme Alstom pour satisfaire les Américains qui ont mis dans cette affaire « une pression de dingue ». Mais Marine Le Pen n’a rien fait de tout cela, probablement par peur d’être accusée de « complotisme ». Elle n’a attaqué son adversaire frontalement que sur la question des éoliennes, interdites au Touquet, ce qui restait de l’ordre de l’anecdote. Elle aurait pu aussi accuser Macron de faire une campagne auprès du gouvernement algérien, alors que le président candidat avait envoyé, deux figures de la macronie l’un après l’autre, Darmanin et Castaner, à la Grande mosquée de Paris dont le recteur est nommé par Alger. Elle n’en a rien fait. Tout se passe comme si elle était habitée non par le souhait de sauver la France, mais par le désir de garder, avec la boutique « Rassemblement national », le statut d’ « opposante officielle » du Président.

Elle avait déclaré au Figaro que ce serait sa dernière campagne ?

Jean-Yves Le Gallou : Oubliée cette déclaration de campagne. Elle se voit repartie pour un tour de manège. En avant pour 2027, voire 2032 !

Guillaume de Tanoüarn : Eric Zemmour marque, dans sa déclaration après le second tour de la Présidentielle, que c’est la huitième fois que le nom Le Pen est en échec lors d’une grande élection. Ne met-il pas là le doigt sur une forme de malédiction historique ?

Jean-Yves Le Gallou : Avait-il raison de donner l’impression de déterrer si vite la hache de guerre ? La remarque de Zemmour est juste factuellement. Mais pourquoi voir dans ce bilan une malédiction ? Ce qui reste à savoir, c’est s’il est possible de gagner dans un système où la totalité des journaux (Présent et Monde et vie mis à part), et les médias télévisés (au moins TF1, France 2, France 3, M6) roulent pour un seul candidat, où les corps intermédiaires du Medef à la CGT, des syndicats agricoles aux chasseurs, votent pour le même candidat. Comme l’a exprimé l’hespérialiste belge David Engels avec force au dernier colloque de notre Institut Iliade : « Ne nous trompons pas : ce n’est pas par le biais de processus démocratiques conventionnels que nous obtiendrons la victoire […] parce que l’ensemble du système politique actuel, malgré le pluralisme formel, est si unilatéralement dominé par le libéral-gauchisme qu’il rend une victoire électorale globale de la “droite” impossible dans les faits et ne peut donc être qualifié de démocratique que dans une mesure limitée. Qu’il s’agisse de l’orientation gauchiste des médias, de l’école, de l’université, du monde professionnel, des institutions de l’État ou des fonctions politiques : partout, la synchronisation idéologique est telle que seules des infimes nuances de gauchisme semblent être tolérées, tandis que tout mouvement patriotique culturel est soit étouffé, soit désintégré de l’intérieur, soit discrédité ou éradiqué. » Dans le contexte dialectique occidental, le changement par les urnes est impossible à court terme. On notera que les seuls pays qui aient des gouvernements identitaires et conservateurs ont des médias pluralistes, c’est-à-dire qu’à côté des médias financés par Soros, il y a dans ces pays des médias indépendants, à une échelle que l’on ne trouve pas en France. Regardez Victor Orban : pour lui, le combat culturel se prépare dès maintenant, il est pour l’après, quand il ne sera plus au pouvoir. Je ne résiste pas à préciser que l’interventionnisme du président ukrainien Zelensky à l’international, lui a rendu service. Les Hongrois, contrairement aux Français, ne s’y sont pas laissé prendre, sans doute parce que ce sont de proches voisins.

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Zemmour relève le défi des législatives dans le Var : les raisons d’un baroud d’honneur

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Éric Zemmour aurait pu rester à la tête de Reconquête et jouer les invités vedettes pour soutenir ses 550 candidats dans les circonscriptions et galvaniser ses militants partout, comme il sait le faire. Il aurait pu rester au-dessus de la mêlée, comme Jean-Luc Mélenchon, par exemple, qui ne se présentera pas. L’ancien journaliste a décidé, au contraire, d’entrer dans la bagarre. Il sera candidat dans la quatrième circonscription du Var. Il a peu de chances de l’emporter.

Zemmour a obtenu dans cette circonscription 13,25 % des voix au premier tour de la présidentielle, il est arrivé en quatrième position. Il affrontera une députée sortante macroniste et un candidat RN bien implanté. Le vote utile va à nouveau jouer contre lui, au niveau local cette fois. La marche est vraiment très haute.

Le président de Reconquête a longuement hésité. Son entourage était partagé. Certains le poussaient. D’autres estimaient qu’il avait d’autres moyens de montrer son engagement en mettant sur pied, par exemple, un laboratoire de réflexion et de formation des jeunes, en se ménageant pour les élections européennes. Et qu’il courait le risque de se carboniser. Zemmour avait, en réalité, toutes les raisons de ne pas y aller… C’est un Parisien pur sucre : il a parlé de son enfance en banlieue et de ses attaches dans la capitale mille fois pendant la campagne. Il a fait, du reste, son meilleur score à la présidentielle non pas dans le Sud mais à Paris, dans le 16e arrondissement. Il bascule à 878 kilomètres de Paris : impossible de trouver plus loin ! Zemmour n’a pas l’accent du Midi et n’a aucune expérience politique locale. Il sera guidé par le maire de Cogolin, mais il n’a pas la connaissance directe des réseaux d’influence locaux, des baronnies et il retrouvera son adversaire principal : le vote utile en faveur du candidat RN.

Le RN ne lui fera aucun cadeau. Mercredi, son président Jordan Bardella, devant la presse réunie pour la publication des listes des candidats, a eu ce petit mot d’accueil : « S’il essuie un nouvel échec, il sera obligé d’en tirer les conclusions. » Bardella a insisté sur la marginalisation de Reconquête, comme de la NUPES de Mélenchon, dans le jeu politique : « Il n’y a que nous pour nous opposer à Emanuel Macron. » Bardella ne voit toujours « aucun intérêt » à tout accord d’appareils et pense que « beaucoup d’électeurs de Zemmour se pencheront dès le premier tour sur le RN ». Bref, il a beaucoup de coups à prendre.

Mais l’ancien polémiste aime cette région. Il y passe ses vacances depuis vint ans. Surtout, « il veut montrer que le général peut monter au front, se battre sur le terrain », explique, à Boulevard Voltaire, Stanislas Rigault, le président de Génération Z, lui-même candidat aux élections législatives dans le Vaucluse. « Il veut encourager les jeunes candidats de Reconquête par l’exemple. » C’est une nouvelle bataille qu’il veut mener de face.

Zemmour l’a dit, sur place, avec ses mots. « Je ne me voyais pas mener le combat de l’arrière, je le mènerai à la tête de mes cinq cent cinquante candidats Reconquête, et il faudra, ici comme partout, répandre nos idées qui sont celles de l’avenir », a lancé le candidat à la députation. « On m’a beaucoup dit que la présidentielle était dure. C’est vrai, c’était un combat redoutable, cruel, parfois injuste. Mais j’aime aussi ce combat et je reviens ici pour le mener. »

Zemmour n’a jamais été élu : la défaite dans ce fief indéboulonnable pendant cinq mandats du maire de Saint-Tropez Jean-Michel Couve, un RPR devenu LR qui a régné 24 ans avant de laisser son fauteuil à la députée En marche ! en 2017, est logique, attendue. L’ancien journaliste ne peut donc avoir que de bonnes surprises. « Je suis venu dans le Var parce que j’aime le Var et les Varois, et mon petit doigt me dit qu’ils me le rendent bien », a-t-il encore lancé à ses partisans.

Il aurait peut-être perdu davantage en image, s’il avait filé à l’anglaise. Il y a, dans cette démarche, un baroud d’honneur, pour l’exemple, qui ne manque pas d’un certain panache. Il va tenter de montrer qu’on peut être perdant mais courageux. Il sculpte son personnage, son image, sa stature de chef de parti politique. Une démarche d’avenir. Un premier pas.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

«Ceux qui m’ont quittée» pour Éric Zemmour, «c’est un chemin sans retour», tranche Marine Le Pen

Élection présidentielle : les médias de grand chemin ont sorti l’artillerie lourde pendant la campagne électorale

medias propagande

Si certains pensaient que le respect du pluralisme avait fait des progrès en France, ils en sont pour leurs frais. Alors que 13 millions d’électeurs ont porté leurs suffrages à Marine Le Pen lors du 2ème tour de l’élection présidentielle, le Rassemblement National et ses soutiens continuent à être stigmatisés et à être considérés comme infréquentables. Avant le premier tour, c’est Éric Zemmour qui subissait les foudres de l’oligarchie médiatico-politique. Dans cette mise au ban, les médias de grand chemin prennent toute leur part. Nous en avons parlé brièvement le 25 avril 2022. La revue de presse qui suit rentre plus dans le détail.

Le paratonnerre Zemmour

De nombreux commentateurs de la vie politique en conviennent : Éric Zemmour a durant la campagne électorale précédant le 1er tour de l’élection présidentielle servi de paratonnerre à Marine Le Pen. Les médias de grand chemin ont en effet fait feu de tout bois pour écarter le candidat Éric Zemmour du cercle de la respectabilité et l’ostraciser.

L’OJIM y a consacré quelques articles, notamment à l’occasion d’un meeting à Nantes, d’un déplacement à Marseille et d’une tribune des « journalistes-pas-complices ».

L’approche du 2ème tour de l’élection présidentielle a été marquée par un retournement de situation. De nombreux « people » et journalistes ont rivalisé d’efforts pour diaboliser le vote en faveur de la candidate du Rassemblement national.

Les médias de grand chemin en campagne pour Emmanuel Macron

Pour ne citer que deux exemples des nombreuses tribunes appelant à faire barrage à Marine Le Pen, le 15 avril, dans L’Express, un collectif de professionnels de santé exprimait « sa préoccupation quant au projet porté par la candidate du RN ».

Le 20 avril, Libération nous informait que « près de 300 personnes issues du monde du sport se sont rassemblées à la Maison du judo à Paris pour appeler à faire barrage à l’extrême droite le 24 avril ».

Mais les médias de grand chemin ne se sont pas contentés de relayer des appels à voter en faveur d’Emmanuel Macron. Nombre d’entre eux ont de façon totalement décomplexée fait eux-mêmes campagne pour le candidat LREM.

Les exemples de ce parti-pris sont innombrables :

Le 8 avril, Challenges entendait nous faire savoir « comment Marine Le Pen camoufle ses folies budgétaires ».

France 24 reprenait mot pour mots le verbatim de militants écologistes dans un article au titre inquiétant : « avec Marine Le Pen au pouvoir, “il n’y aurait aucun espoir” pour la planète ».

Le Parisien n’a également pas ménagé ses efforts pendant la campagne électorale pour orienter le choix de ses lecteurs. Le 19 avril, il s’agissait de mettre en lumière « les 5 failles du programme économique » de Marine Le Pen.

Ce qui fut jadis un journal de référence et qui est devenu un journal de déférence à l’idéologie “woke”, Le Monde, nous mettait gravement en garde le 9 avril : « abstention, extrême droite, les pièges du premier tour ».

Le Figaro, à l’image d’une grande partie de son lectorat, a multiplié les articles très critiques à l’encontre de Marine Le Pen, tout en ménageant Emmanuel Macron, présenté comme plus « raisonnable », bien qu’il ait littéralement « cramé la caisse » durant son mandat.

Le service public de radiodiffusion, fidèle à son orientation idéologique, n’a pas été en reste. Pour ne donner qu’un exemple, le 19 avril, dans un nouvel exercice de diabolisation, France Info entendait nous démontrer « pourquoi le programme de Marine Le Pen reste ancré à l’extrême droite, malgré la dédiabolisation ».

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« Le bloc national doit s’unir et se rassembler » : Éric Zemmour en appelle au Rassemblement national, à Debout la France et aux Républicains « qui ne veulent pas s’allier à Emmanuel Macron »

Présidentielle 2022 : la campagne Zemmour vue de l’intérieur par Jean-Yves Le Gallou

zemmour trocadero

Immersion dans la campagne Zemmour avec Jean-Yves Le Gallou. Les choix stratégiques. L’euphorie et le meeting de Villepinte. Les trous d’air et le trou noir de la France périphérique. Marine et le pouvoir d’achat..

ÉLÉMENTS : Comment vous retrouvez-vous dans la campagne de Zemmour ? Serait-ce que vous faites de la politique depuis 45 ans et que vous ne vous imaginiez pas laisser passer pareille occasion ?

JEAN-YVES LE GALLOU. C’est surtout que j’ai noué des relations amicales avec Éric depuis longtemps. Cela doit faire une quinzaine d’années que nous déjeunons ensemble tous les deux ou trois mois. Sa candidature vient assez rapidement sur la table. Il l’a longuement mûrie, suffisamment pour lancer sa campagne en deux temps. Au printemps, je le rencontre avec Sarah Knafo. Non seulement il est décidé à y aller, mais il est décidé à y aller sur ses thématiques : la question identitaire, le Grand Remplacement, l’avenir de la France. Rapidement, le choix est fait d’éviter les embûches sur tous les sujets qui ne relèvent pas directement des enjeux de civilisation en présentant un programme sans trop d’aspérités. On ne parlera pas de l’euro. Au niveau européen, la ligne consistera à affirmer notre souveraineté sans sortir de l’Union européenne. Des propositions économiques budgétairement raisonnables. Voilà pour le programme, dans ses grandes lignes. J’échange régulièrement avec lui jusqu’en novembre, quand il crée un comité politique avant le meeting de Villepinte, le 5 décembre. Il m’invite alors à le rejoindre. Après un départ en fanfare, il traverse une première période difficile. Sa misogynie présumée, ses déclarations historiques anciennes sur le maréchal Pétain ouvrent le bombardement médiatique. Feu sur Zemmour ! Et il est si nourri, je parle du feu, qu’on aurait pu croire que Pétain était candidat à l’élection présidentielle. Il faut dire qu’aujourd’hui, Hitler présidant la Russie, tout est désormais possible. Je suis blindé, mais je connais trop les dommages collatéraux pour savoir qu’il faut sortir au plus vite de cette séquence. Je m’intègre donc un peu plus en avant dans le dispositif de campagne.

ÉLÉMENTS : C’est quoi, ce comité politique ? C’est là que se prennent les décisions ?

JEAN-YVES LE GALLOU. Non. C’est initialement la structure d’accueil des ralliements. Il y a au départ des personnalités conservatrices et des Gilets jaunes, les premiers à avoir rallié Zemmour, auxquels viennent s’ajouter les noms de Guillaume Peltier, Jérôme Rivière, Nicolas Bay, Marion Maréchal, puis les sénateurs Ravier et Meurant. Un lieu d’échanges, de recueil d’informations et de réflexions. Un conseil de Sages (?) en quelque sorte.

ÉLÉMENTS : Il y aussi des gens comme Paul-Marie Coûteaux ?

JEAN-YVES LE GALLOU. Paul-Marie Coûteaux et Charles Millon sont toujours restés à l’extérieur. Le fonctionnement se fait à travers des groupes sur des boucles Telegram qui planchent sur des sujets bien identifiés. Les débats sont très libres. C’est franco. Mais à la fin une synthèse doit émerger et déboucher sur des propositions ou des options synthétisées par Sarah Knafo. Ensuite, c’est Éric qui décide, pas toujours dans le sens de ces orientations prises en amont. L’essentiel pour lui, c’est de s’en tenir à sa ligne sans avoir à rogner ses convictions. C’est la différence avec ses rivaux : sa sincérité. Et elle a un coût.

ÉLÉMENTS : Mais ce « coût » peut également s’avérer positif. La sincérité dénote, détonne même, dans l’univers politique…

JEAN-YVES LE GALLOU. Oui, évidemment, mais l’offre politique aujourd’hui est déterminée par les médias. C’est eux qui fixent l’agenda politique et les éléments de langage qui vont avec. Typiquement la question du pouvoir d’achat. Elle a été imposée par les sondages et les médias, avant de l’être par les événements. Que ressort-il des sondages ? Pouvoir d’achat, pouvoir d’achat, érigé en première préoccupation des Français, devant l’immigration et l’insécurité. Le tour de passe-passe est d’autant plus facile à exécuter que les instituts de sondage prennent soin de séparer dans les enquêtes d’opinion l’immigration et l’insécurité, ce qui les rétrograde dans l’échelle des préoccupations des Français. Les sondages créent des biais de représentation. Mieux : ils fonctionnent à l’instar des prophéties autoréalisatrices. Lors d’une présidentielle, les sondages tombent tous les jours avec une régularité de métronome ; et la chute dans les sondages entraîne la chute tout court. D’autant que les médias traitent la campagne et les candidats comme la course aux petits chevaux. Je me souviens qu’en 1988, Jean-Marie Le Pen avait dépensé le tiers de son budget pour la campagne présidentielle dans une campagne d’affichage quatre par trois mètres. On ne voyait pas sa tête, seulement une phrase « Le Pen l’outsider » avec une course de chevaux. C’est ce manège que les sondages entretiennent à partir d’arbitrages douteux. Pourquoi, à un demi-point près, faire passer tel candidat au-dessus, tel autre en dessous ?

ÉLÉMENTS : Mais ça ne peut pas constituer une excuse. La campagne de Zemmour en octobre est lancée elle aussi par des sondages très favorables…

JEAN-YVES LE GALLOU.
C’est vrai, mais les choses changent assez vite. Vous rappelez-vous d’un des grands thèmes de la présidentielle 2017 ressassé par les sondeurs ? Non ! Eh bien c’était la dette, sujet qui a aujourd’hui disparu, alors même qu’elle a gonflé de 600 milliards d’euros… Pour tout dire, je suis quelque peu embarrassé par cette question du pouvoir d’achat parce qu’elle consiste trop souvent à occulter le politique. En quoi est-elle porteuse d’un projet collectif ? Disant cela, je ne dis pas qu’il ne faut pas en parler, au contraire, mais à la condition de mettre sur la table toutes les données de l’équation. D’abord les salaires. Que se passe-t-il avec les salaires ? Il se trouve que s’exerce sur eux une double pression à la baisse : parce que la main d’œuvre française est mise en concurrence par les délocalisations et par l’immigration. Comment pourrions parler du pouvoir d’achat sans aborder aussi l’épineuse question des logements ? Vous faites comment quand, chaque année, 400 000 nouveaux arrivants débarquent ? Vous les logez où ? Le pouvoir d’achat, c’est aussi les matières premières, pétrole en tête, dont les fluctuations de prix dépendent des conditions internationales. Qui aborde le pouvoir d’achat sous cet angle ? Personne. C’est à qui, de Marine Le Pen ou d’Emmanuel Macron, sortira le chéquier le plus vite ? Très bien, mais comment financera-t-on cette générosité avec l’argent public ? La question ne semble pas être arrivé jusqu’au cerveau des journalistes. Alors que le moindre sujet qui a trait à l’immigration soulève des objections en cascade. Ici, rien. En cinq minutes, la « générosité » des candidats crée dix milliards de dettes. Circulez, y’a rien à voir. Et puis c’est bien gentil de distribuer du pouvoir d’achat, mais sans réindustrialisation et économie de l’offre, cela débouche sur le déficit de la balance commerciale : en 2021, 85 milliards d’euros, qu’on finance en vendant le patrimoine immobilier et artistique à des oligarques et des entreprises stratégiques à des fonds de pension américain. Mais comme dirait Macron : « C’est notre projet ! »

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#Zemmour2022, les raisons d’une déception, par Clément Martin (Les Identitaires)

echecs zemmour

Dans les rangs des partisans de Reconquête !, le score de 7 % de leur candidat a fait l’effet d’une bombe. Le discours donné par Éric Zemmour à la suite de sa défaite, par ailleurs tout à fait honorable (dans lequel il a endossé sa responsabilité mais à appeler à continuer le combat) n’y a pas fait grand-chose. Et si l’avenir nous dira plus précisément quelles ont été les raisons de cette défaite, on peut déjà se risquer à dresser un premier bilan.

Causes proximales : le poids des circonstances et le diktat du « vote utile »

Premièrement, il est certain que l’actualité ukrainienne a constitué un coup de Jarnac pour la campagne de Zemmour, et ce pour deux raisons : d’une part, parce les événements de violence internationale (guerre) ou nationale (attentats) bénéficient systématiquement au président en place, mis au centre de l’attention médiatique et drapé par la lumière avantageuse des « responsabilités ». Dans ce contexte, le réflexe légitimiste des Français s’active et ceux-ci se rallient autour de celui qui est censé incarner le destin de la nation, alors que les candidats en lice ne sont plus perçus que comme des amateurs éloignés des difficultés de l’exercice du pouvoir. Zemmour également a payé le prix fort de son soutien passé à la politique de Vladimir Poutine alors qu’ironiquement, le Rassemblement national avait fait preuve d’une proximité bien plus grande avec la Russie, ayant notamment souscrit à un emprunt auprès d’une banque de ce pays (la FCBR, ayant depuis fait faillite). En outre, les conséquences économiques de la guerre en Ukraine (perturbations de l’approvisionnement, hausse du tarif du carburant) se sont parfaitement mariées à la stratégie de Marine Le Pen, construite autour du pouvoir d’achat, et qui a phagocyté tout l’attention du cycle post-Ukraine, ne laissant plus de place à la thématique identitaire.

Deuxièmement, le candidat de Reconquête ! a fait les frais du « vote utile ». Malgré des différences réelles entre leurs programmes, il est incontestable que Marine Le Pen et Éric Zemmour se sont partagé un même segment politique. Fort logiquement, sous la pression de la réélection de Macron et de la poussée de Mélenchon, les électeurs de la droite nationale ont été très sensibles à l’appel du vote le plus susceptible de garantir la présence de la droite au second tour. Le réflexe du vote utile s’est déclenché avec d’autant plus de puissance qu’il a été considérablement amplifié par le bombardement médiatico-sondagier qui a caractérisé les jours précédant le premier tour. En saturant la conscience des électeurs de droite avec le risque Mélenchon, ceux-ci ont préféré troquer leurs convictions profondes pour rallier une Marine Le Pen plus normalisée et institutionnalisée que jamais. Les chiffres le confirment : seulement 26 % des électeurs de Zemmour ont hésité à voter pour Marine, alors que l’inverse est de 47 %[1] ; 15 % des électeurs de Zemmour l’ont fait par vote utile, contre 34 % pour Marine Le Pen[2].

Causes distales : la lame de fond de l’archipelisation

Jérôme Fourquet avait magistralement démontré dans son Archipel français[3] la transformation de la France en une société divisée entre de multiples communautés culturelles et de tribus économiques. La disparition, à partir des années 70, de deux des piliers de la société française (l’Église et le Parti communiste) avait soudainement soldé l’idée d’une « union nationale », qui continuerait d’exister au-delà des différences de classe ou d’appartenance religieuse. Si l’on ajoute à cela la fracture territoriale observée par Christophe Guilluy dans ses différents ouvrages, on a déjà un aperçu du blocage démocratique qui est en passe de définir la politique française pour les années à venir : dans cette configuration, les élections se rapportent grosso modo à des allégeances partisanes instinctives, fondées sur des symboles et des discours qui marquent l’appartenance à l’une des tribus françaises. Les Gilets jaunes votent pour Marine Le Pen et les CSP+ mondialisés votent pour Emmanuel Macron, alors que les jeunes et les immigrés votent pour Mélenchon. Puisque ces clivages sont fondés sur des différences structurantes difficiles à changer (la mobilité sociale étant quasi-inexistante aujourd’hui, la séparation territoriale entre villes métropolitaines et l’ « en-dehors » se creusant chaque année un peu plus et les immigrés faisant une sécession identitaire d’avec la France ), le paysage politique se retrouve stratifié en options électorales inamovibles, destinées à des électeurs captifs. Dans ces conditions, les campagnes électorales n’ont finalement qu’un impact minime sur l’issue d’une élection : dans la France de 2022, le combat politique est livré entre les tenants d’un avenir progressiste, dominé par les boomers et le discours mondialisant (Emmanuel Macron) et les partisans d’un patriotisme civique, souverainiste et social-républicain (Marine Le Pen). D’ailleurs, ceux-ci arrivent en tête alors qu’ils n’ont quasiment pas fait campagne. Il ne reste de place que pour un Jean-Luc Mélenchon et sa coalition de gauche (qui, malgré son succès relatif, aura du mal à rassembler au-delà de ses cohortes actuelles).

Les électeurs ont donc fait le choix des options familières et confortables qui dessinent les contours de la vie politique en France. Si les prochaines années seront l’occasion de voir plusieurs déblocages prendre place (disparition des boomers, notamment), elles seront également celles de l’émergence de nouveaux dangers (immigrés « conscientisés » et organisés politiquement, jeunesse de souche toujours plus malmenée par la modernité). Cela ne signifie pas que le combat politique est perdu (par définition, il ne s’arrête jamais, d’autant plus que l’histoire est incertaine), mais qu’il se mène dans une société tribalisée, communautarisée, où c’est celui qui a le plus conscience de (et confiance en) qui il est qui pourra l’emporter.

[1] Sondage Ifop-Fiducial pour TF1, Paris Match et Sud Radio, « L’hésitation avec un autre candidat au premier tour de la présidentielle ».
[2] Sondage OpinionWay pour CNEWS et Europe 1.
[3] L’Archipel français : Naissance d’une nation multiple et divisée, éditions du Seuil, février 2019, 384 p.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Jean-Yves Le Gallou sur Marine Le Pen au 2nd tour : « Merci qui ? Merci Zemmour ! »

zemmour le pen

La politique c’est le monde du bruit et de la fureur. De l’injustice et de l’hétérotélie. Marine Le Pen a tempêté contre la candidature qu’elle jugeait concurrente d’Éric Zemmour. Et pourtant comme je l’écrivais le 27 mai 2021 : « pour Marine Le Pen l’atout chance pour accéder à l’Élysée serait une candidature Zemmour ! » car « on ratisse mieux à deux que tout seul ! » Et il est très clair au soir de ce premier tour que le total de voix rassemblées par Éric Zemmour et Marine Le Pen (environ 30,2 %) est supérieur à ce qu’avait obtenu seule la candidate du Rassemblement national en 2017 (21,3 %).

La candidature de Zemmour a présenté un triple avantage pour Marine Le Pen :

– Le candidat de Reconquête lui a servi de paratonnerre à la diabolisation (lui permettant même d’échapper au procès en « poutinisme »).
– Il a recentré le débat électoral sur deux fondamentaux désertés par le rassemblement national : l’immigration et la sécurité (lui permettant ainsi de baguenauder tranquillement sur le pouvoir d’achat).
– Il a convaincu des électeurs sociologiquement rétifs au populisme jugé démagogique de Marine Le Pen.

Marine Le Pen aborde donc le deuxième tour à partir d’un potentiel électoral beaucoup plus élevé qu’en 2017 et, pour la première fois dans l’histoire du Rassemblement national, avec une importante réserve de voix. D’autant que l’hostilité au sortant est forte dans l’opinion et qu’il est possible de surfer sur le « Tout sauf Macron ».

La victoire de Marine Le Pen est donc envisageable à quatre conditions :

– Qu’elle sache rassembler sans mépriser ni les conservateurs ni la droite ni les identitaires.
– Qu’elle tienne bon avec vigueur et dignité face à la formidable campagne de diabolisation qui s’annonce (alors que le bouclier en Kevlar/Zemmour aura disparu)
– Qu’elle se montre politiquement et techniquement à la hauteur en face de journalistes qui auront cessé d’être complaisants et d’un Emmanuel Macron plus combattif que jamais.
– Qu’elle soit en mesure de sécuriser la loyauté du scrutin dans les 60 000 bureaux de vote, en particulier dans les 5 000 bureaux de vote sensibles. Travail titanesque auquel son appareil est peu préparé.

Reste que Macron lui-même n’est pas complétement à l’abri d’une sortie de route…

Tribune reprise de Polémia

Zemmour : la désillusion !

zemmour

7 %, c’est, en début de soirée de ce 10 avril, le score d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle 2022. Perdant, donc. La déception se lisait sur les visages et des larmes ont coulé chez les militants Reconquête rassemblés au Palais de la Mutualité à Paris, ce dimanche soir. À l’annonce des résultats, des cris se sont fait entendre. Les mines déconfites des cadres de la campagne laissaient présager une rude sanction.

Devant un second tour Macron-Le Pen à l’avantage du premier, les réactions ont été diverses. « C’est l’enfer, je pars en week-end dans 15 jours et tant pis pour le vote ! » s’agace un militant déçu par l’élimination au premier tour et le score, déception supplémentaire. Derrière le trio de tête Macron-Le Pen-Mélenchon, c’est la carte politique du pays qui a été lourdement modifiée. Le bloc mondialiste, le bloc islamo-gauchiste et le bloc populiste. Difficile pour l’union des droites d’exister dans cette configuration, force est de constater que le miracle n’a effectivement pas eu lieu.

Pourtant, la peine est en réalité adoucie par la présence de Marine Le Pen au second tour. La candidate RN prolonge le combat politique de ces militants qui partagent avec elle la lutte contre l’immigration illégale et une opposition frontale à la politique d’Emmanuel Macron. Adoucie aussi par l’explosion de la candidature Pécresse qui, encore une fois, à l’heure ou nous écrivons, termine sous la barre symbolique des 5 %, ce qui l’empêchera de se faire rembourser sa campagne électorale. À une crise politique, les LR vont sans doute ajouter une crise économique : « Je ne te dis pas que ce n’est pas injuste, je te dis juste que ça soulage », grince un cadre de la campagne.

Pour autant, la déception s’est quelque peu atténuée lorsque Zemmour est monté sur scène. Copieusement applaudi, l’ex-candidat à l’élection présidentielle a longuement remercié ses soutiens et affirmé que le combat des idées était gagné. Loin des calculs, Éric Zemmour a appelé d’ores et déjà à voter pour Marine Le Pen, fustigeant ceux qui auraient voulu monnayer ce soutien. « Ce n’est pas ma conception », balaye-t-il. Mais pouvait-il négocier ? En réalité, il est à craindre pour le camp Zemmour que c’est vers l’électorat de Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen va tourner le regard. Capitalisant sur le rejet anti-Macron et sur un discours d’ouverture. Même si le leader de La France insoumise a martelé qu’aucune voix ne devait aller à Marine Le Pen, cette dernière sait qu’une réserve électorale y demeure. Parviendra-t-elle à convaincre les zemmouristes tout en séduisant LFI ? Dans tous les cas, le parti d’Éric Zemmour a engrangé, en quelques mois, plus de 120.000 adhérents et construit le premier parti de France en adhérents. Qu’en feront-ils ? Et, surtout, que veut Éric Zemmour ? Se lancer aux élections législatives avec 7 % des voix, malgré 120.000 militants, n’est pas une sinécure. Le monstrueux décalage entre son poids dans le débat et son résultat dans les urnes en est une preuve cruelle.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Eric Zemmour, candidat de Reconquête, a appelé ses électeurs à voter pour Marine le Pen face à Emmanuel Macron

Éric Zemmour contre les sondages : la surprise est-elle possible ?, par Clément Martin (Les Identitaires)

Éric Zemmour

Après un départ de campagne fulgurant, la campagne du candidat de Reconquête ! a subi une baisse importante dans les sondages depuis l’invasion russe de l’Ukraine. À l’approche du premier tour, les soutiens d’Éric Zemmour déclarent avec ferveur que ces enquêtes sont fausses et que l’énergie et la mobilisation de ses militants sont un indicateur plus pertinent des chances de leur candidat de passer le premier tour, et, peut-être, de remporter l’élection. Un point s’impose.

Les sondages, industrie du mensonge ?

À droite, le discours anti-sondage est devenu habituel : on reproche à ceux-ci d’être des indicateurs biaisés (voire carrément truqués) à la solde des pouvoirs en place, conçus pour démoraliser l’opposition et manipuler les électeurs, afin de les ramener dans le sérail du statuquo.

Il est nécessaire d’apporter quelques précisions.

D’une part, si l’on compare les estimations des sondages pour la présidentielle de 2017, on s’aperçoit qu’à mesure que l’échéance approche, la précision sondagière augmente. L’enquête réalisée par l’Ifop réalisée 6 jours avant le premier tour avait donné des estimations des votes pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen situées à seulement 1 point de pourcentage d’écart des résultats effectifs[1]. C’est un exemple parmi d’autres, qui tend à montrer que, s’ils ne sont pas des instruments magiques, les sondages demeurent capables de produire des estimations relativement précises. Cela ne signifie pas que la surprise n’est pas possible, mais simplement qu’il est nécessaire de garder la tête froide afin de ne pas entretenir de faux espoirs quant au succès d’un candidat, pour se retrouver démoralisé au lendemain du scrutin.

D’autre part, les accusations de manipulation des sondages reposent moins sur des preuves que sur les désirs des électeurs de droite de voir la gauche et le centre s’effondrer et le camp patriote triompher. Il est nécessaire, si l’on veut produire des analyses pertinentes, de sortir des postures d’impuissance et d’accusation perpétuelle de manipulation. La technique des sondages est évidemment imparfaite et donne lieu à un nombre important de critiques légitimes. Pour autant, il n’y a pas de grande manipulation de masse à l’œuvre. La faiblesse des sondages réside dans leur difficulté à proposer des prédictions dans des circonstances inhabituelles. En effet, afin de proposer une estimation dans le futur (par exemple sur le taux d’abstention), les données sont interprétées au diapason des élections précédentes, ce qui implique que si une élection est bien plus inhabituelle (par ses candidats ou ses enjeux, par exemple) que les précédentes, alors il devient hasardeux pour les instituts de proposer une estimation juste.

La qualité et la quantité

De nombreux militants sont séduits par l’idée que le nombre colossal d’adhésions à Reconquête ! et la participation massive aux meetings d’Éric Zemmour sont des preuves que les sondages sous-estiment la mobilisation pour le candidat populiste – ainsi, on compte sur le raz-de-marée d’un « vote caché » qui se révèlerait dès le premier tour. Il est vrai que le phénomène de sous-déclaration des intentions de vote des électeurs de la droite nationale pour leur candidat est un phénomène documenté depuis longtemps. Par conséquent, il est possible que l’on assiste à une sous-estimation du score d’Éric Zemmour au premier tour (de 10 points, c’est cependant peu probable).

Pour autant, la mobilisation importante des meetings et le nombre d’adhérents à Reconquête ! ne sont pas vraiment des indicateurs d’un mouvement de masse gigantesque. La France est un pays qui subit une dépolitisation tendancielle depuis longtemps : l’ère des partis de masse est achevée depuis plusieurs décennies (quel que soit le bord politique considéré, par ailleurs). Cela ne veut pas dire que la ferveur authentique qui caractérise la dynamique zemmourienne n’existe pas, mais seulement qu’elle est bien plus un signe qualitatif que quantitatif de la mobilisation de ses électeurs : la majorité des Français ne sont pas encartés dans un parti politique et leur « volatilité électorale » est connue. La continuité familiale du vote est de moins en moins constatée, alors que l’abstention est galopante. Dans ce contexte, l’énergie remarquable de la campagne Zemmour ne doit pas être comprise comme l’indication d’un tsunami électoral mais plutôt comme le marqueur d’une fraction politique de la population qui fait le choix de la repolitisation et de la mobilisation. Et cela n’est pas dérisoire.

Quel que soit le résultat des élections, il y a fort à parier que Reconquête ! (ses militants et ses cadres) constituera un renouveau vital pour la droite française et le centre de gravité d’une opposition de droite plus nécessaire que jamais. C’est la raison pour laquelle le soutien au seul candidat identitaire de cette campagne demeure crucial et que la mobilisation électorale pour le 10 avril prochain est un impératif pour tous les identitaires de France.

[1] https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/ce-que-disaient-les-sondages-a-l-entame-de-la-derniere-semaine-de-campagne-lors-des-presidentielles-passees_AN-202204040255.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Eric Zemmour dénonce le scandale Macron McKinsey

macron scandale

02/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Zemmour publie une vidéo pour dénoncer le scandale d’Etat Macron McKinsey

Je veux vous parler du scandale d’Etat Macron McKinsey. Toute la France commence à en parler et elle a raison d’en parler. Car cette affaire démontre de manière éclatante tout ce dont nous ne voulons plus et tout ce que symbolise Emmanuel Macron : le manque absolu de respect pour votre argent, le copinage et le cynisme dangereux qui règnent à l’Élysée depuis cinq ans.