Le tueur d’Éric Masson arrêté – Le vrai coupable s’appelle Macron

Macron

Quand un chef d’Etat met en cause les violences policières dans un entretien sur des réseaux sociaux suivis par des adolescents ou de tout jeunes gens (le média en ligne Brut, le 5 décembre dernier), quand ce même président, sur le même réseau en ligne, dénonce les contrôles au faciès et les discriminations, quand le même président, un an auparavant, au salon de la BD d’Angoulême, posait à côté du dessinateur Jul qui tenait un t-shirt attaquant la police, il ne faut pas s’étonner qu’un garçon de 19 ans, Ayoub A., multirécidiviste mais toujours traité avec une extrême indulgence, trouve normal d’abattre un policier. Il est clair pour des garçons de cet âge que les policiers appartiennent au camp des salauds. C’est le président qui le dit ou qui le laisse entendre. Ce sont ses profs qui l’assurent, peut-être, ce sont les médias qui le rabâchent en boucle.

Un garçon de 19 ans n’est pas capable de faire la distinction entre des propos outranciers de polémique politique et la vérité. Le résultat est là : ce jeune voyou a assassiné un policier comme on abat un chien enragé. Sans se poser de questions.

Ceci est tellement vrai que lundi des tags sont apparus (à Lyon, notamment) se félicitant de cet assassinat : « Balle dans le front pour Eric Masson. Prochaine cible BST [les brigades spéciales de terrain] du 8ème ».

Mais, rappelez-vous : des inscriptions ou des propos semblables, il y en a eu après l’assassinat d’Arnaud Beltrame, notamment dans les rangs de LFI, comme on en a lu sur les réseaux sociaux en soutien à Merah après ses crimes toulousains, y compris ce froid assassinat d’une petite fille de 7 ans.

Tout ceci est une suite logique, au fond : Macron a lâché sa police. Pire que cela, il l’a montrée du doigt, il a donné les mots qui la désignent comme dangereuse et punissable.

Consommation trop forte de drogue ?

Pour l’heure, quatre personnes ont été arrêtées dimanche soir : le tueur présumé et sa sœur, à qui appartiendrait la voiture utilisée pour la fuite en Espagne, le chauffeur du véhicule, âgé d’une cinquantaine d’années, et un autre jeune, de 20 ans.

Avec un bon avocat, genre Dupond-Moretti, capable de terroriser les jurés comme il croit pouvoir terroriser Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, le jeune assassin présumé peut s’en tirer par la reconnaissance d’un état de délire morbide dû à la surconsommation de drogue. Il y a eu des précédents…

Celui que l’enquête semble désigner comme l’assassin explique pour l’heure qu’il était chez sa mère au moment des faits. Et son avocat ajoute qu’il n’a pas « le profil d’un tel délinquant » (délinquant ? Le mot est un peu léger !). Pourtant, ce même avocat sait que son (très fidèle) client a déjà été condamné pour violences et pour trafic de drogue. Beau palmarès, tout de même, à 19 ans !

Les policiers, eux, s’expriment avec une grande virulence : « Nous sommes devenus des cibles dans cette société », constate le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. « La lutte contre la délinquance met le policier dans une position de danger, voire met sa vie en danger. » Un comble, dans une société de droit, une société que l’on nous présente comme dé-mo-cra-tique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2021