Salaires somptuaires et grosses berlines pour l’association d’aide aux migrants

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On ne le répétera jamais assez : la misère en général et les migrations en particulier sont de formidables sources de revenus pour certains vautours qui, non contents de s’enrichir sur le dos des pauvres et des précaires, se plaisent à donner des leçons de morale et à poser en bienfaiteurs de l’humanité.

Dernier exemple en date, l’association Equalis, épinglée par le journal satirique Le Canard enchaîné pour son train de vie somptuaire et les salaires colossaux de ses cadres.

Au premier rang de ceux-ci, on trouve bien évidemment – charité bien ordonnée… – le PDG de l’association, Arthur Anane, qui se serait octroyé un salaire supérieur à 16 500 euros mensuels brut ainsi qu’une puissante et luxueuse voiture de fonction. Par ailleurs, il bénéficierait sans rougir d’une « aide au logement » d’environ 500 euros par mois.

Née en 2020 de la fusion de trois associations (La Rose des Vents, Agir-Combattre-Réunir et Via Habitat), Equalis se présente comme un important acteur de l’« économie sociale et solidaire », gérant plus de 70 établissements, majoritairement en Ile-de-France. L’association propose notamment aux migrants et à certains SDF de l’hébergement d’urgence, des centres de soins, des activités d’insertion économique et des services à l’enfance. Elle compte près de 1 000 salariés et dispose d’un important budget de 85 millions d’euros provenant majoritairement de subventions publiques. Les contribuables pressurés seront donc encore une fois heureux de découvrir à quoi servent leurs impôts.

En effet, outre le président, sept directeurs adjoints bénéficieraient également de salaires compris entre 94 000 et 130 000 euros brut annuels. D’autre part, dix salariés disposeraient de voitures de fonction très onéreuses (750 à 900 euros par mois de « leasing ») même si une note de service exclut les « BMW, Mercedes, Jaguar, Lexus » (sic). On a quand même de la décence chez Equalis !

Selon Le Canard enchaîné, le commissaire aux comptes de l’association aurait même refusé de certifier la gestion d’Equalis, mentionnant les irrégularités au parquet de Melun, mais ces affirmations sont contestées par l’association.

Au-delà de possibles pratiques illégales, c’est bien entendu l’aspect moral de l’affaire qui scandalise. Comment de tels abus peuvent-ils être tolérés dans des institutions financées par l’argent public ? Comment ces profiteurs peuvent-ils ne pas être sanctionnés ? Comment est-il possible que dans ce genre d’association à but prétendument caritatif les salaires et les frais de fonctionnement ne soient pas encadrés voire plafonnés ?

Des questions auxquelles Françoise Jan-Léger, présidente du conseil d’administration de l’association, ne répondra certainement pas, puisqu’elle ne paraît nullement gênée ni choquée par les faits révélés par Le Canard, défendant même la rémunération de l’équipe dirigeante en expliquant qu’« Equalis a une croissance forte qui nécessite des professionnels expérimentés et bien formés ». Des termes qui sembleraient plus adaptés à une start-up financière qu’à une association « sociale » subventionnée par les impôts des Français.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 27 septembre 2021