“La nouvelle violence dans nos démocraties” : Macron compare l’invasion du Capitole américain au mouvement des “gilets jaunes”

Lors d’un entretien avec un think tank américain, le président de la République a osé une analogie entre les deux événements, déplorant un “nouveau mode de vie” basé sur la violence.

Réputé, depuis le début de son quinquennat, pour ses petites phrases qui ont le don d’enflammer le débat, Emmanuel Macron a récidivé. Lors d’un entretien avec le think tank américain Atlantic Council, auquel il s’est longuement confié en anglais, le président de la République a en effet dressé une analogie qui risque de faire parler, rapporte notamment BFMTV, le 4 février. Alors qu’il évoquait la violence dans notre société, accentuée par les réseaux sociaux, le chef de l’Etat a tout simplement comparé le mouvement des « gilets jaunes »… à l’invasion du Capitole le 6 janvier dernier, à Washington D.C.

« Un grand changement anthropologique »

« 2018 en France, 2021 aux Etats-Unis : voilà en effet la nouvelle violence dans nos démocraties, largement liée à ces réseaux sociaux », a-t-il regretté au terme d’un long raisonnement. « C’est un nouveau mode de vie », a-t-il ajouté. Emmanuel Macron semble ici avoir oublié que les « gilets jaunes » étaient avant tout un mouvement social, protestant contre la précarité et les conditions de vie d’une partie des Français, là où l’invasion du Capitole n’était qu’un mouvement de révolte plus ou moins spontané d’une partie du peuple américain. « Je pense d’abord que la violence, la haine, la xénophobie sont de retour dans nos sociétés », avait expliqué le président en amont de cette déclaration. « Et je pense que c’est tout nouveau. C’est poussé et légitimé par certains groupes politiques et pour moi, il s’agit d’un grand changement anthropologique », a-t-il poursuivi.

Ce climat de violence, Emmanuel Macron le voit d’ailleurs comme un défi. « Pour les gens normaux, c’est inacceptable et ils attendent de nous que nous fassions cesser de telles violences », a-t-il martelé, faisant un usage au mieux maladroit du terme « normal » dans ce raisonnement. « Mais cela devient difficile quand cette violence est perçue par beaucoup de gens comme étant légitime. Et c’est exactement ce que nous vivons », a conclu le chef d’Etat sur le sujet.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

André Bercoff : « Ce qu’il s’est passé au Capitole à Washington est le reflet de la fracture américaine »

André Bercoff

André Bercoff revient sur les événements du 6 janvier à Washington, où des sympathisants de Donald Trump ont pénétré dans l’enceinte du Capitole, les bâtiments du Congrès américain.

Le peuple américain a vécu, hier soir, une soirée assez incroyable. À la suite des élections géorgiennes, les supporters et les partisans de Donald Trump sont entrés dans le Capitole.

Que s’est-il réellement passé ?

Le Capitole est l’un des endroits le mieux gardés du monde. Il y a un service impressionnant de police. Apparemment, hier soir, tout était ouvert.

Des milliers de partisans de Trump étaient présents et quelques centaines sont entrés. Comment est-ce possible que ce soit open bar ? On ne va pas entrer dans les hypothèses, mais c’est intéressant de se poser la question.

Je ne défends pas ceux qui sont entrés, mais je dis simplement qu’il faut ramener ces choses à leur juste proportion. Ce n’était ni la prise du Palais d’Hiver ni le saccage de je ne sais quelle église, synagogue ou autre.

Cette soirée était l’aboutissement de plusieurs mois de tensions entre les partisans de Trump et les partisans de Biden.

Il y a eu quatre morts après l’invasion du Capitole à Washington. S’il n’y avait pas eu ces morts, on aurait peut-être pu prendre cette nouvelle avec plus de légèreté. Il ne faut pas oublier qu’avant son élection en novembre 2016, Trump était considéré par toute une partie de l’establishment américain des démocrates, de la presse comme un usurpateur. Pendant quatre ans, les gens qui avaient voté pour Trump ont été considérés soit comme des imbéciles et des inconscients pour avoir voté pour un charlatan, un crétin. On ne va pas faire, ici, le bilan de Trump, vous le connaissez comme moi.

Il est clair qu’il a fait des bêtises et des maladresses. D’un côté, il y a les bobos gauchos américains du parti démocrate. Et de l’autre côté, les républicains qui seront divisés entre ceux qui veulent garder un certain intérêt centriste et les autres qui veulent un parti populiste à la puissance 1.000. Est-ce Trump ou non qui les réunira ? Je ne sais pas. Nous avons vu quelque chose de très fort qui nous montre la fracture américaine.

Emmanuel Macron a pris la parole en pleine nuit dans un anglais avec un accent français assez terrible devant les drapeaux français et américain. L’intégralité de la classe politique française a largement condamné cette action.

Emmanuel Macron s’est pris pour Lafayette volant au secours de l’Amérique. On a les ambitions que l’on peut… En ce qui concerne le reste, on cherche le bouc émissaire que l’on peut. Un bon nombre d’éditorialistes français disaient que Trump allait appeler l’armée et qu’il n’allait jamais céder le pouvoir.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

I-Média – Insurrection à Washington, pédocriminalité à Paris

I-Média – Insurrection à Washington

08/01/2021 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Voici les principaux événements traités cette semaine :
L’image de la semaine : insurrection à Washington

I-Média analyse d’abord les incroyables images de l’entrée en force des partisans de Donald Trump dans le capitole, en pleine séance de ratification de l’élection de Joe Biden.

Olivier Duhamel : pédocriminalité et omerta

Puis, I-Média revient en longueur sur cette répugnante affaire de pédocriminalité qui agite le marigot politico-médiatique parisien. A l’image du sinistre Olivier Duhamel et ses proches, la gauche 68arde qui donnait des leçons d’humanisme à tout le monde abritait en réalité les pires déviances.