Sortie du nouveau numéro de « Livr-arbitres » consacré à Henri Vincenot

Sortie du nouveau numéro de « Livr-arbitres » consacré à Henri Vincenot

25/06/12 – 16h45
PARIS (NOVOpress)
– La revue de littérature non-conforme “Livr’arbitres” vient de publier son nouveau numéro largement consacré à l’écrivain bourguignon Henri Vincenot, chantre de l’enracinement et de la polyphonie des traditions.

Sortie du nouveau numéro de « Livr-arbitres » consacré à Henri VincenotFrançois Bousquet, Francis Bergeron, Sébastien Wagner et bien d’autres rendent ainsi hommage à l’inoubliable auteur de la « Billebaude » et du « Pape des escargots ».

On trouvera également dans ce numéro, comme toujours, de nombreuses recensions de livres, nouveautés ou rééditions, ainsi que des portraits d’écrivains et des nouvelles inédites.

Nous reproduisons ci dessous l’éditorial de ce riche nouveau numéro:

« Heureux les pays où il suffit aux ‘desperados’ d’un café-saloon pour jouer leur dernière chance. » Cette phrase de Roger Vailland me vient en écho d’une autre de Curzio Malaparte extraite de son Voyage en Ethiopie, récemment réédité chez Arléa : « Debout au milieu de la route, un jeune homme en uniforme fasciste — il s’agit peut-être du secrétaire du Faisceau — discute à voix basse avec un prêtre copte qui tient un parasol orné de bandes rouges et bleues. Assis à califourchon sur une chaise devant la porte de sa boutique (il y a écrit Saloon sur l’enseigne), le barbier napolitain, une flûte à la bouche, peine à monter et à descendre les degrés de la gamme de sol mineur. »

On connait les suites de l’aventure éthiopienne, comme bien d’autres, comme trop souvent, car pour son malheur l’homme oublie de tenir compte qu’il porte le mal en lui, même dans la vie « à l’état de nature ». Cet état de fait est d’ailleurs très bien illustré par un autre écrivain transalpin, Eugenio Corti, qui, après le magistral Cheval rouge, nous revient avec L’île paradis toujours à L’Age d’Homme, une allégorie abordant les conséquences de la célèbre mutinerie du Bounty : l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Malaparte l’aura bien compris, lui qui passera sa vie de Charybde en Scylla, deux dangers du détroit de Messine que l’auteur de La Peau traversera lors de son voyage d’exil décrété par Mussolini : « Et voici, le gouffre de Charybde, là en face le rocher de Scylla qu’effleure déjà la lumière rosée déboulant des montagnes. Et la mer libre là-bas, une mer bleue striée de jaune, coupée de mille ruisseaux et rivières d’écume à la dérive, que la tempête en fuite a abandonnés derrière elle. » (L’excursion, Édition Nous)

Reste une question, primordiale : saurons-nous répondre à la musique entêtante du saloon ? Si oui, qui nous en libèrera ?!
Faites vos jeux la Roue de la Fortune tourne… »

« Livr’arbitres »
36 bis, rue balard
75015 Paris

www.livr-arbitres.com

“Enracinés !” – Sur Méridien Zéro ce 27 mai à 23h

"Enracinés !" – Sur Méridien Zéro ce 27 mai à 23h

Ce dimanche 27 mai à 23h le thème de l’émission de la webradio Méridien Zéro sera ‘Enracinés !”

Méridien Zéro vous emmènera transhumer sur les chemins de l’enracinement. Au programme, découverte du réseau MAS, des AMAPS, de la Maison Sociale et entretien avec un camarade revenu à la terre.

[box class=”info”] A écouter sur les sites :

http://meridienzero.hautetfort.com/
– ou http://www.radiobandieranera.org/
– ou http://europaradio.hautetfort.com/ [/box]

"Enracinés !" – Sur Méridien Zéro ce 27 mai à 23h

Par ailleurs à l’occasion de la 100ème émission, l’équipe de Méridien Zéro organise un apéro vendredi 1er juin à partir de 20 heures, au bar le 15 vins, 1 rue Dante dans le 5ème arrondissement de Paris (métro ligne 10 Cluny Sorbonne ou Mauber Mutualité).

Animateurs, techniciens et auditeurs pourront ainsi se rencontrer, échanger et débattre autour d’un bon verre de vin.

L’enracinement des Bretons mesuré par l’Insee

L’enracinement des Bretons mesuré par l’Insee

22/01/2012 – 12h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – Beaucoup des Bretons qui quittent la Bretagne administrative pour étudier ou travailler y reviennent par la suite. Et une forte proportion des « émigrés », un sur cinq peut-être, s’installent en fait en Loire-Atlantique. Inversement, beaucoup des non-Bretons qui viennent s’installer en Bretagne sont enfants ou conjoints de Bretons.

L’Insee Bretagne vient de publier un intéressant numéro de son bulletin Octant Analyse intitulé « Naître en Bretagne, être en Bretagne : un lien renforcé par les retours à la région natale ». « Au premier janvier 2009, indique-t-il, la Bretagne compte 3.175.000 habitants. Par ailleurs, on dénombre en France métropolitaine un peu plus de 3.000.000 de personnes nées en Bretagne dont 680.000 (23 %) habitent une autre région. C’est un peu moins qu’en moyenne nationale (27 %). Les Bretons ont donc une propension plus forte que la moyenne à vivre dans leur région natale. » Cette propension est spécialement forte dans le Finistère.

Les auteurs de l’étude, Laurent Auzet et Robert Grange, notent aussi que les départs interviennent principalement vers l’âge de 20 ans, à l’occasion des études ou du premier emploi : « à 27 ans environ, un tiers des personnes nées en Bretagne vivent dans une autre région ». Mais cette proportion diminue ensuite sous l’effet d’un courant de retours en Bretagne supérieur aux départs. « Parmi les Bretons de naissance vivant hors région, près d’une personne sur dix aura ainsi, en l’espace de cinq ans, rejoint sa région natale », précise l’Insee.

Ces constats sont d’autant plus remarquables que le travail de l’Insee porte sur la région administrative de Bretagne. Parmi les Bretons de naissance ayant quitté la région, 22,2 % vivent en fait dans les Pays de la Loire – très probablement en Loire-Atlantique pour la plupart. L’Insee le signale d’ailleurs explicitement : « pour les personnes originaires du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine, la proximité de la Loire-Atlantique favorise les installations hors région ».

Quant aux personnes qui vivent en Bretagne sans y être nées, 53 % sont soit enfants soit conjoints de Bretons. Beaucoup viennent en outre des Pays de la Loire.

Murat fustige le monde artistique

Murat fustige le monde artistique

19/12/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress) —
Jean-Louis Murat appartient à la catégorie, réduite à peau de chagrin, des artistes enracinés fiers d’un héritage européen, dont il chante l’appartenance. Musicien accompli, il revendique à l’instar d’un Morrissey son identité culturelle, son amour de la terre charnelle pointant du doigt l’idéologie malodorante du politiquement correct dans laquelle se répandent ses homologues. Il n’hésite pas à braver sans complexes les interdits codifiés par les zélotes du système artistique. Jean-Louis Murat vient une nouvelle fois de le prouver.

Amoureux de sa terre d’Auvergne où il compose et crée ses propres albums, le chanteur a accordé cette semaine à l’hebdomadaire Le Point un entretien au vitriol. Une bouffée d’air frais dans cet océan de conformisme dicté par l’argent-roi. Adepte du parler vrai, Jean-Louis Murat livre ici des propos frappés au coin du bon sens, qui tranchent avec les eaux saumâtres du consensus mou dans lequel baigne le marigot du showbizness. Réalisé à l’occasion de la sortie de son nouvel album intitulé Grand Lièvre (1), Murat en profite pour recadrer les choses : tout d’abord, sur les faux-culs de la générosité qui une fois l’an viennent faire pleurer dans les chaumières sur la pauvreté et qui se servent des Enfoirés pour faire leur propre promotion. Également sur les mœurs perverses d’un milieu qui n’a rien à envier aux turpitudes sexuelles d’un DSK, mais aussi sur le ridicule et la bêtise crasse de ces chanteurs ou comédiens qui sous couvert d’une starification naissante se sentent obligés de donner leur avis en matière politique. Murat réfute non sans humour le droit que s’octroient ces nouveaux « experts » qui « tout d’un coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ». Ce cortège de faux révolutionnaires que Luchini affuble à juste titre du nom de rebelles-salariés subit donc les foudres d’un Murat lucide et clairvoyant sur leur opportunisme crasse.

Mais Jean-Louis Murat, fidèle à la pensée de Bloy et de Bernanos, n’est pas en reste avec le parisianisme et l’opinion gauchisante adoptée hypocritement par la quasi-totalité du milieu artistique. Un forcené du travail, un artisan de la musique au sens noble du terme qui fait dire au Point que son dernier opus est « un petit bijou d’écriture et de mélodie ».

Morceaux choisis :

« Les jolis cœurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n’y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d’égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion. »

« Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l’ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J’ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. “Elle est pour toi ou elle est pour moi ?” Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu’un chien se fait écraser. ».

« Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d’artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça. »

Jean-Louis Murat, Vendre les prés (clip officiel)

(1) Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, V2 Music/Polydor

Une maison identitaire en Uruguay

Une maison identitaire en Uruguay

23/08/2011 – 09h50
MONTEVIDEO (NOVOpress) — A la suite des maisons identitaires créées en Europe, vient de s’ouvrir la première maison identitaire de Montevideo. À l’enseigne du fournier roux (hornero), animal fétiche qui sous ces latitudes a remplacé le sanglier des identitaires européens, une équipe de jeunes uruguayens a remis en état une maison du quartier Malvin de la capitale pour accueillir une jeunesse à la recherche d’un idéal enraciné.

Sur les murs de la maison, outre des affiches dans un style que ne renieraient pas les Identitaires français, on trouve les portraits de nombreux intellectuels européens comme Alain de Benoist, Ernst Jünger, Oswald Spengler ou encore Alexandre Soljenitsyine. Du côté des gloires locales on remarque le portrait d’Alberto Buela, philosophe et géopolitologue argentin.

Défendant des valeurs et une approche antimatérialistes, ces jeunes disent se réunir non pour vivre ensemble mais pour bâtir quelque chose ensemble.

[box class=”info”]En savoir plus : casaidentitaria.wordpress.com[/box]

La Desouchière : les elfes s’enracinent dans le Morvan

Les elfes s'enracinent dans le Morvan

15/08/2011 – 13h30
MÂCON (NOVOpress) — La visite de sites d’agrégation d’informations comme Fdesouche qui compilent les informations relatives à l’immigration illégale, l’islamisation rampante et la criminalité galopante suscitent de nombreuses réactions auprès d’un public de visiteurs fidèle. Nombreux sont ceux qui laissent des commentaires bruts de décoffrage reflétant la désespérance grandissante des Français face à ce qu’ils perçoivent comme la décomposition de leur pays.

Plus rares, pour le moment, sont ceux qui prennent des initiatives positives pour inverser le mouvement et rebâtir un pays digne de ce nom dans lequel nos enfants soient en sécurité.

En octobre 2008, une jeune famille a décidé de prendre son destin en main et de ne plus subir passivement un déclin devenu évident. Alerté par la visite régulière du site Fdesouche, Olivier Bonnet a cherché à s’évader d’un milieu péri-urbain conformiste et moutonnier pour chercher de l’air pur et des perspectives nouvelles dans un projet sérieux, ambitieux et, ce qui en fait l’originalité, collectif.

L’idée de base est simple : faire venir dans une région de France des familles motivées par un même idéal de vie afin de les faire travailler dans une logique de réseau multifacettes, associatif, solidaire, économique, culturel… Grâce à ce système fondé sur le localisme, les participants préservent leur autonomie familiale tout en se renforçant mutuellement. La logique profonde qui sous-tend le projet est le refus de l’enfermement sur soi et la volonté de construire des initiatives strictement positives et exemplaires. L’objectif est la transmission de notre héritage pour préparer l’avenir.

Olivier a également conscience de la situation tragique dans laquelle se trouvent de nombreux compatriotes, condamnés à un triste exil intérieur en raison de leur refus de la xénophilie ambiante. Il cherche dans le cadre de ce projet à offrir une issue aux isolés, à créer un lieu de rencontre pour que les personnes partageant une vue du monde commune puissent se rencontrer, parler, partager et, finalement, bâtir des projets en commun.

La Desouchière : les elfes s'enracinent dans le MorvanFort de ses compétences professionnelles, Olivier Bonnet met en ligne un premier site sur lequel il trace brièvement les grandes lignes de son projet. A titre de clin d’œil, il appelle ce site « la Desouchière », un sorte d’hommage à Fdesouche qui avait largement contribué à son inspiration.

Son grand frère de la toile ne pouvait ignorer cette initiative et le site Fdesouche relaie avec enthousiasme l’initiative. En très peu de temps, grâce à son flux considérable de visites, un premier groupe de personnes intéressées prend contact avec Olivier Bonnet et le 7 décembre 2008 les statuts de l’association Des Racines et des elfes sont signés à Mâcon.

L’objet de l’association est le résultat de longues discussions et chaque mot a été pesé au trébuchet :

« L’association participe à la sauvegarde et favorise la pérennité de l’environnement et du patrimoine commun des peuples européens. Elle poursuit cet objectif dans le respect des équilibres naturels et avec le souci constant de favoriser la fraternité entre leurs membres. Elle a notamment pour vocation de promouvoir et soutenir la création d’un lieu de rencontre et d’échanges. »

Il reste alors à ces pionniers à répondre à une question cruciale : où ces nouveaux irréductibles Gaulois vont-ils prendre racine ?

Trouver une propriété dans une région apte à favoriser l’essor d’un projet communautaire ne semble pas chose aisée.

Heureux coup du sort, en janvier 2009, un artisan établi dans le Morvan contacte l’association avec un message inespéré : « J’ai une propriété qui peut vous accueillir. » Ce qui semblait trop beau pour être vrai se révèle parfaitement exact. A la lisière du parc naturel du Morvan, dans une vallée arrosée par une puissante rivière, gît un ancien site industriel construit entre le XIXème et le début du XXème siècle pour profiter de l’énergie hydraulique généreusement fournie par la nature.

Après des décennies d’abandon, certains bâtiments ont beaucoup souffert mais il reste un noyau solide autour de la centrale électrique et des maisons d’habitation logeant autrefois le directeur de l’usine et les cadres.

Les créateurs de l’association trouvent le lieu parfaitement adapté à leurs ambitions. Un cadre rural magnifique, une nature sauvage et préservée, un réseau de villages accueillant, une population tranquille et dure à la peine… tout ce dont ils avaient besoin pour démarrer.

Voici un peu plus de deux ans que la famille pionnière s’est établie dans ce coin de nature bourguignonne. Trois jours après son arrivée, les premiers volontaires frappent à la porte pour entamer les travaux.

Point d’ancrage du projet, les locaux mis à la disposition du groupe doivent devenir un lieu d’accueil et d’animation pour les Européens conscients des défis auxquels doit faire face leur continent. Il est donc urgent de préparer les lieux pour permettre la venue régulière de visiteurs, seuls ou en groupe.

Dans un premier temps, une grande salle de réunion a été rénovée, capable d’accueillir près de cent personnes. Ensuite, des cuisines ont été installées afin de nourrir les hôtes et, durant cet été 2011, des sanitaires sont en cours de réalisation pour accroître le confort des lieux.

Aujourd’hui, forte de près de 200 adhérents, l’association Des Racines et des elfes veille scrupuleusement à maintenir son indépendance et ne vit que des cotisations et des dons de ses adhérents et nombreux sympathisants.

Les membres et amis de l’association payent aussi de leur personne. Durant l’été 2011, ils ont été nombreux à se donner rendez-vous sur place et à retrousser leurs manches.

Les elfes s'enracinent dans le MorvanLe journal de l’association détaille leur contribution à l’œuvre commune et permet aux absents de suivre au jour le jour l’avancement des travaux.

Grâce aux efforts de tous, dès le printemps 2012, le camp de base des elfes morvandiaux sera en mesure d’accueillir des groupes d’une centaine de personnes. Des stages axés sur l’environnement et la transmission du patrimoine, des manifestations culturelles ou amicales y seront organisés par l’association, toujours dans le souci de multiplier les occasions de rencontre et les initiatives, mais cette capacité d’accueil sera également la bienvenue pour les associations qui organisent des universités pour leurs membres ou qui cherchent des lieux pour des séminaires de formation ou la tenue de diverses assemblées.

D’une manière plus générale, la Desouchière est ouverte à tous, familles comme personnes seules, qui souhaitent vivre un instant de ressourcement avec des personnes partageant le même idéal de vie. Ce lieu de rencontres peut devenir un excellent point de départ pour prendre racine dans cette belle région de France et commencer une nouvelle vie.

[box class=”warning”]Pour en savoir plus / Pour entrer en contact / Pour soutenir leur action[/box]

Pour l’histoire

Pour l’histoire

[box class=”warning”]Vu depuis le Québec par Mathieu Bock-Côté.[/box]

C’est une des caractéristiques majeures de notre époque : le présentisme. Comment le définir ? Le présentisme consiste à croire que le présent se suffit à lui-même. Il repose sur l’oubli de l’histoire, comme si le passé n’avait rien à nous apprendre, comme si nous n’avions pas reçu de nos ancêtres un héritage à préserver, à faire fructifier. Pourtant, le culte exclusif du présent ne manque pas de failles. J’en examine ici certaines.

Première faille du présentisme : à cause de lui, nous ne comprenons tout simplement plus le monde dans lequel nous vivons. Prenez le conflit israélo-arabe. Si vous évacuez l’histoire de votre explication, vous vous contenterez d’y voir un tourbillon irrationnel et meurtrier. Deux peuples en guerre, sans raisons véritables, alors qu’ils devraient vivre en paix. Non ? Certes. Mais pour faire la paix, encore faut-il connaître les causes de la guerre. L’ignorance historique mène à l’angélisme. Et ici, comme dit le proverbe, qui fait l’ange fait la bête.

Deuxième faille : sans conscience historique, plusieurs ont le sentiment que tous les problèmes sont techniques, sans dimension philosophique. Prenez le problème de l’éducation au Québec. Si on ne comprend pas comment le système d’éducation a connu une longue dérive depuis les quarante dernières années, on ne comprendra jamais l’ampleur des réformes nécessaires pour le réparer et le refonder. Pire encore : on se contentera de pelleter de l’argent supplémentaire dans le système sans apercevoir que son problème est moins budgétaire que philosophique.

Troisième faille : nous oublions les vertus de l’enracinement. Combien sont-ils à vouloir comme seul passeport celui de « citoyen du monde ». Dans l’angle mort de cette vision, toutefois, on trouve une terrifiante superficialité : celui qui aime toutes les cultures n’entretient-il pas finalement un rapport de consommateur avec chacune d’entre elles en se contentant de les explorer en surface ? Ce n’est pas parce qu’on est allé un jour à Zaghreb qu’on est familier avec la culture croate. Ce n’est pas parce qu’on aime les mets brésiliens que l’Amérique du Sud n’a plus de secrets pour nous.

Évidemment, il ne faut pas se cloîtrer dans le passé. C’est le privilège des vivants d’être maîtres de leur destin, de se délivrer de ce qui peut être mort dans l’héritage qu’on leur laisse. Nous ne devons pas considérer cet héritage avec l’œil sévère d’un notaire scrupuleux. Maître de notre avenir parce que maître de notre passé ? Oui. Encore faut-il le connaître pour savoir qu’en faire.

[box class=”info”] Source : bock-cote.net[/box]