Multiples procès pour « emplois fictifs » : le point sur les procédures judiciaires engagées à l’encontre des personnalités politiques françaises

26/09/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En octobre 2018, les perquisitions contre La France insoumise étaient réalisées dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris. La première était consécutive à une accusation d’irrégularités dans les comptes de la campagne présidentielle du parti. La seconde concerne notamment l’emploi d’assistants parlementaires européens. Les opposants politiques majeurs à Emmanuel Macron ont la fâcheuse tendance à se voir accusés de créer des « emplois fictifs ». Réalité ou montage judiciaire bidon du pouvoir en place ? La justice continue de statuer sur ce point.

Où en est-on de l’affaire Fillon ?

Lors de l’élection présidentielle française de 2017, François Fillon avait été soupçonné d’employer fictivement Pénélope Fillon. Le procès de l’ancien Premier ministre et de son épouse se tiendra du 24 février au 11 mars 2020 devant la 32ème chambre correctionnelle de Paris. Le couple continue d’être accusé, entre autres, de « détournement de fonds publics » et « complicité et recel d’abus de biens sociaux ». Ils risquent jusqu’à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende.

Où en est-on du côté de Marine Le Pen et du Rassemblement national ?

C’est depuis 2015, autrement dit depuis plus de quatre ans, que Marine Le Pen et certains dirigeants du RN sont poursuivis par les justices européenne et française dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires supposément fictifs du FN au Parlement européen. En mai 2019, le tribunal de l’UE a exigé pour les cadres du parti des remboursements allant de 32 000 € à 40 000 €. En France, le procès est toujours en cours et depuis 2018 Marine Le Pen est notamment accusée de « détournement de fonds publics ». Pour rappel, le risque est de dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende.

Désinformation : Marine Le Pen n’a pas reconnu d’emploi fictif

Marine Le Pen

20/02/2017 – FRANCE (NOVOpress)
L’avocat de Marine Le Pen, Maître Marcel Ceccaldi, affirme que sa cliente n’a jamais « reconnu avoir salarié fictivement » son assistant. Elle aurait simplement fait procéder à une régularisation comptable.

Cette accusation provient de l’OLAF. L’OLAF est un organisme de la Commission européenne qui a pour objectif de lutter contre la fraude et autres comportements illégaux au détriment des intérêts financiers de l’Union européenne.

Martin Schulz, ancien président social démocrate du Parlement européen, a allégué des charges à l’encontre de Marine Le Pen avant les élections départementales de 2015. Le Front National a donc déposé une plainte contre l’OLAF pour ces raisons.

Marine Le Pen conteste le fait que son assistant ait touché 7 200 € nets par mois. Elle se plaint aussi qu’elle n’ait jamais fait l’objet de la moindre audition par l’OLAF.

Martin Schulz a-t-il vraiment les mains propres ?

Chard Martin Schulz

Souvenez-vous : c’était en 2015. Martin Schulz, celui qui se présentait comme le « Monsieur Propre » du Parlement européen, se lançait dans une grande leçon de morale à destination du FN et saisissait l’Office européen de lutte anti-fraude au sujet de ses assistants parlementaires… Moins de deux ans plus tard, et après quelques révélations médiatiques, c’est maintenant l’ancien président du Parlement qui pourrait bien faire l’objet d’une enquête pour fraude.

A l’origine de ce scandale, quelques révélations croustillantes publiées par Der Spiegel et le Sunday Times, dans lesquels on apprenait que Schulz, non content d’empocher durant sa présidence une indemnité quotidienne de 304 euros qui, ajoutée à son traitement mensuel, portait ses revenus annuels à un montant de 322 544 euros, aurait également fréquemment utilisé un jet privé coûtant 20 000 euros de l’heure pour voyager entre Bruxelles, Strasbourg et Berlin, alors que son lieu de travail se limitait à la capitale belge. Surtout, indiquaient ces deux médias, « Schulz la vertu » n’aurait pas lésiné en matière de clientélisme, nommant en effet de nombreux proches à des postes grassement payés au sein de l’administration du Parlement, sans passer par les procédures régulières de recrutement.

Des accusations tellement énormes qu’Ingeborg Grässle, à la tête de la commission de contrôle budgétaire des fonds de l’UE, a déclaré cette semaine que l’ex-président du Parlement avait créé un véritable « système stalinien de clientélisme » et qu’il était nécessaire d’ouvrir une enquête pour fraude.

Une mauvaise nouvelle pour celui qui se verrait bien aujourd’hui calife à la place du calife Merkel. Mais qui ne constitue en rien une surprise pour la délégation FN-RBM, qui a rappelé mercredi qu’elle « avait déjà alerté les services compétents du PE d’éventuels faits impliquant Martin Schulz » en 2015, sans aucune réaction officielle.

Jugeant par ailleurs que « ces très graves accusations doivent pour le moins aboutir à l’ouverture d’une enquête », les eurodéputés FN-RBM ajoutent :

« Si ces faits étaient avérés, ils montreraient le véritable visage de Martin Schulz, celui d’un socialiste sectaire et haineux, d’un véritable tartuffe moralisateur, qui n’eut de cesse de persécuter les seuls députés eurosceptiques, et au premier chef ceux du FN. »

Franck Deletraz

Article et dessin de Chard
parus dans Présent daté du 18 février 2017