Quand deux montagnes accouchent d’une souris, par Jean-Gilles Malliarakis

Le discours de Macron à Versailles ce 3 juillet confirme en tout point l’impression de malaise qui suintait déjà de sa campagne électorale. À la fois le chef de l’État tend à tourner le dos à la lettre de la constitution. Limitant son pouvoir, la loi fondamentale irrite en particulier ses courtisans. En même temps il reste extrêmement vague quant aux réformes concrètes auxquelles il songe.

On trouvera donc au hasard dans son propos quelques bonnes idées isolées, lesquelles font d’ailleurs depuis longtemps consensus au sein de la classe politique. Mais le pays réel ne saurait non plus se contenter de cette seule perspective.

Il semble qu’actuellement le pouvoir concentre ses préoccupations sur la réforme du Code du travail et un certain grand patronat trouve cela tellement prioritaire qu’il s’accorde avec le gouvernement pour occulter certains problèmes très graves et qui, manifestement, irritent de plus en plus le peuple français.

Ceci se traduit par le silence assourdissant à propos des sujets qui inquiètent désormais de plus en plus tous les Européens en général et l’opinion française en particulier : la menace islamo-terroriste et l’invasion migratoire.

Un discours de Macron, à vrai dire, les Français tant soit peu avertis commencent à savoir comment ça fonctionne. Cela se révèle d’abord très creux et ça n’embraye guère sur des actions ou des décisions concrètes et tangibles. La réalisation des idées générales et vagues attendra sans doute longtemps.

Cela demeure aussi très creux.

Paradoxalement le p. de la r. a donc respecté une disposition constitutionnelle du texte de 1958 qui définit encore aujourd’hui un régime théoriquement parlementaire et non présidentiel. L’article 21 dispose en effet que c’est le Premier ministre qui « dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale. Il assure l’exécution des lois (…) il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires. » Chef constitutionnel de la majorité parlementaire, qui lui vote sa confiance, il ne saurait être qualifié de simple « collaborateur » du chef de l’État.

Dans ce cadre et quel que soit le contexte, le président pouvait seulement, s’adressant au congrès des députés et des sénateurs ; comme la réforme de 2008 lui en donne le loisir, exprimer des vœux d’ordre institutionnel et c’est ce qui s’est produit le 3 juillet dans l’attente du discours du premier ministre prévu le lendemain.

En cela, contredisant le déferlement des commentaires médiatiques formulés à l’avance les deux montagnes ont accouché d’une souris.

Les Français ont eu droit, coup sur coup, à deux prestations abusivement médiatisées à l’avance, commentées et disséquées.

Le 3 juillet le président jupitérien il avait disserté devant avait réuni le congrès à Versailles, à propos de la philosophie du quinquennat, égrenant des propositions de réformes institutionnelles qui, très probablement, ne se réaliseront même pas.

Ceux qui attendaient beaucoup d’une telle intervention, – désormais autorisée, quoique limitée, par l’article 18 de la constitution – auront sans doute éprouvé quelque déception. Votre serviteur se doutant qu’il n’y avait rien à en espérer, n’a donc quant à lui ressenti aucun malaise, aucun vertige face au vide sidéral du propos élyséen, simplement une bonne dose d’ennui.

Quant au style, le chef du gouvernement prit le contre-pied de la boursouflure macronienne. Il fit couler un robinet d’eau tiède charriant le morne écoulement de mesurettes ponctuelles.

Sans s’attarder au catalogue de ses annonces peu signifiantes retenons en quand même quelques caractéristiques.

Lire la suite

Vers la fin de l’état d’urgence

08/07/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Entrée en vigueur le 13 novembre 2015, l’état d’urgence aurait évité bon nombre d’attentats. Selon Gérard Collomb ministre de l’Intérieur, depuis début 2017, sept projets d’attentat ont pu être déjoués grâce à ce régime d’exception.
Le Parlement a adopté jeudi par un vote de l’Assemblée une sixième et, en principe, dernière prolongation de l’état d’urgence ce dernier devrait donc durer jusqu’au 1er novembre 2017.

Que change l’état d’urgence en pratique ?

En pratique l’état d’urgence réduit le nombre de manifestations publiques, permet de restaurer un contrôle aux frontières, de simplifier les procédures de perquisitions.
L’état d’urgence permet également d’assigner à résidence.
En réalité cette mesure aura été utile les 6 premiers mois, en pratique le nombre de perquisitions administratives était de 3 600 dans les 6 premiers mois et est passé à 161 dans les 6 derniers mois. En ce qui concerne les assignations à résidence, elles sont passées de 400 à 62.

Emmanuel Macron est il crédible quand il annonce la dernière prolongation de l’état d’urgence ?

François Bayrou alors garde de Sceaux disait déjà craindre une « banalisation de l’exception », le 15 mars 2017 redoutant « un risque pour la démocratie ».
Le président lui même dans son ouvrage Révolution paru fin novembre 2016 appelait à la cessation de l’état d’urgence : « indispensable au lendemain des attentats », car ayant « permis que des mesures immédiates soient prises dans des conditions qui n’auraient pas été réunies sous un autre régime de droit », et déclarait que « sa prolongation sans fin, chacun le sait, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes ». Et ajoutait : « nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un régime d’exception. Il faut donc revenir au droit commun, tel qu’il a été renforcé par le législateur et agir avec les bons instruments. Nous avons tout l’appareil législatif permettant de répondre, dans la durée, à la situation qui est la nôtre ».

Eric Zemmour : Edouard Philippe dans la lignée de Chaban-Delmas et de Rocard

Eric-Zemmour-600x400

06/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans son discours de politique générale, Edouard Philippe a cité Jacques Chaban-Delmas et Michel Rocard, et, pour Eric Zemmour, c’est tout sauf un hasard. Si « ce sont deux noms qui étaient sans doute inconnus de la plupart des députés d’En Marche », si ce sont « deux noms qui incarnent le monde politique d’avant », ils « ont eu pourtant leur heure de gloire : ils ont été tous deux les chéris des médias et les imitateurs s’en donnaient à cœur joie avec la voix nasillarde de l’un et les discours amphigouriques de l’autre ». Mais ni l’un ni l’autre n’ont accédé à l’Elysée et « si Edouard Philippe avait été un Romain de l’Antiquité, il se serait abstenu de prononcer ces deux noms maudits ».

« Mais si on préfère l’analyse politique, poursuit Zemmour, Edouard Philippe ne s’est pas trompé en les citant » :

« Nommé en 1969, Chaban tenta d’inoculer les idéaux libertaires de Mai 68 dans le corps du gaullo-pompidolisme. Nommé en 1988, Rocard tenta d’intégrer les idées des chrétiens de gauche dans le corpus du socialisme français. Chaban appelait ça la Nouvelle Société, Rocard n’a jamais trouvé mieux. »

« Chaban tendait la main au centre gauche, Rocard tendait la main au centre droit » :

« Ils privilégiaient tous deux l’individu sur le peuple, le marché sur l’Etat, l’Europe sur la nation, le libre échange sur le protectionnisme, la communication sur l’idéologie. Ils pensaient tous deux que le libéralisme économique devait s’accompagner d’un libéralisme sociétal. Chaban et Rocard sont frères jumeaux. »

Au final, conclut Eric Zemmour, « Chaban et Rocard ont manqué leur destin personnel mais ont gagné la bataille des idées. Ils ont dynamité le gaullisme et le socialisme. Leur victoire a éloigné l’électorat populaire des deux vieilles maisons » :

« Elle a préparé l’émergence du macronisme autour de la réconciliation des deux bourgeoisies, la bourgeoisie de droite et la bourgeoisie de gauche. »

« Au moins Edouard Philippe, en les choisissant, a montré qu’il avait de la mémoire et même de la reconnaissance. »

Macron : sortir du piège des happy few, par Ivan Rioufol

François Hollande les désignait, en privé, comme « les sans-dents ». Emmanuel Macron parle, en public, des « gens qui ne sont rien » : une déclaration faite jeudi soir lors de la visite à Paris d’un incubateur de start-up, lancé par Xavier Niel. Dans les deux cas, ce sont les mêmes exclus du système officiel qui sont montrés du bout des doigts par les deux chefs de l’Etat. Les « sans-dents », comme « les gens qui ne sont rien », sont ceux qui ne trouvent pas leur place dans la mondialisation, ni dans l’américanisation de la société managériale. Le gouvernement a fait ce week-end un « team building » durant lequel il est peu probable que le sort des Oubliés ait été abordé.

La photo officielle du président de la République ne cache rien de l’ambition du jeune homme qui s’est identifié à Julien Sorel : Le Rouge et le Noir fait partie des trois livres (avec Gide et de Gaulle) disposés sur le bureau présidentiel. Macron pose debout, un bout de fesse sur la tranche du bureau de Charles de Gaulle, les mains crispées sur les bords du meuble. Se dégage de cette image travaillée l’impression d’un personnage fier et heureux de caresser les attributs d’une réussite domptée et familière. Le portait me fait penser à ces clichés de riches intérieurs où des personnages bien nés et désinvoltes posent négligemment leur coude sur le rebord de la cheminée, un verre à la main : un monde dépassé.

C’est de ce piège rétrograde pour happy few que Macron doit sortir. Un chef de l’Etat ne peut se laisser caricaturer à ce point dans le symbole d’une réussite économique, en oubliant que toute une partie de la France en colère se fiche bien qu’on lui parle de PIB et du respect des 3 % de déficit.

Un sondage paru hier dans le JDD montre que les Français seraient à 61 % préoccupés par la montée de l’islamisme radical dans leur pays, tandis que le chômage n’inquièterait que 36 % des sondés. Ils seraient également 62 % à estimer que la France doit accueillir moins d’immigrés.

Cette photographie, qui n’a rien pour surprendre sur ce blog, n’est pourtant pas celle qui accompagne la prise de pouvoir du président. Le discours officiel, repris par les médias accommodants, consiste à marteler que tout se réglera avec la réforme du droit du travail et de la fiscalité. Le chef de l’Etat dira ce lundi à 15 h (j’écris ce billet rapide à 12 h 30) devant le congrès réunis à Versailles les grandes lignes de sa politique à venir, qui reste encre floue.

S’il persiste à ne pas voir cette France qui souffre de l’immigration et de l’islam conquérant, il est peu probable que celle-ci reste passive durant cinq ans. Il se dit, non sans arguments, que Macron imite Obama. Mais c’est Donald Trump que l’angélisme élitiste a produit.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 juillet et repris du blog d’Ivan Rioufol

Big Macron is watching you !, par Michel Geoffroy

« Une image vaut mieux que dix mille mots » dit un proverbe oriental. Le portrait officiel du président de la République, Emmanuel Macron, confirme l’adage. Que voit-on en effet sur ce portrait ? Emmanuel Macron en grand et en plein milieu de l’image. Difficile de ne pas le voir : il occupe tout l’espace en buste et de face !

Macron portrait officielEt il nous regarde droit dans les yeux avec un petit sourire, en serrant un peu les mâchoires. Emmanuel Macron, à l’évidence, est content de lui : le voilà président de la République. Mais son sourire semble déjà contraint. Finis les grands sourires médiatiques et séducteurs de la campagne électorale, en effet ! Dotée d’une totale majorité légale, Emmanuel Macron n’est plus à l’heure de la séduction mais à celle du pouvoir… Emmanuel Macron se tient d’ailleurs devant un bureau, bien appuyé sur ses mains aux deux alliances. On pourrait même dire qu’il s’y cramponne, à ce bureau. Comme pour signifier à ceux qui n’auraient pas encore compris – notamment les abstentionnistes – qu’il n’entend pas lâcher le pouvoir de sitôt.

Le surveillant général

Le président nous regarde un peu comme un surveillant général qui reçoit un élève turbulent pour le sermonner. A l’évidence, le président entend mâter ces cochons de Français, comme dirait Frau Merkel, si rétifs à l’immigration, à la flexibilité et à la mondialisation.

Le cadrage de la photo renforce l’impression carcérale : derrière le président il y a bien une fenêtre ouverte avec un bout de ciel nuageux, mais son buste nous cache complètement la perspective. Le président nous bouche la vue : pour accéder à l’air libre, il faudra attendre qu’il parte, manifestement. Le premier ministre va devoir s’y résigner.

La cime des arbres que l’on devine lui dresse, en outre, par contraste, des sortes de cornes ou d’ailes verdâtres qui donnent un curieux air sardonique au personnage. Et, flanqué à sa gauche du drapeau européen, à sa droite du drapeau français – vague réminiscence de la fonction – qui encadrent l’image, la perspective se trouve fermée latéralement cette fois.

A l’évidence on ne va pas rigoler tous les jours en Macronie !

Une impression de malaise

A vrai dire il est difficile de regarder longtemps ce portrait officiel sans ressentir une impression de malaise ou d’étouffement. Il y a comme quelque chose qui sonne faux.

D’abord, la pause se veut sans doute détendue, comme si le président recevait des copains ou des collaborateurs. Mais, agrippé au rebord de son bureau, il ne donne plus le sentiment d’être En Marche,comme pendant la campagne électorale : mais, au contraire, d’être installé et de nous boucher toute perspective.

Fallait-il donc comprendre que la marche ne visait que l’accès au pouvoir personnel d’Emmanuel Macron ?

Ensuite, sa tenue civile, qui pourrait être celle de n’importe quel grand patron décoré, détonne un peu dans ce décor que l’on a voulu respectueux des traditions officielles : table et encrier de style, livre ancien ouvert, vieille pendule, dorures aux fenêtres. Il doit donc s’agir sans doute des symboles de cette culture française qui, comme à Versailles, n’existe pas (*). Mais alors pourquoi les avoir repris ?

Et pourquoi avoir mis un smartphone bien en évidence ? Sans doute pour montrer aux demeurés que nous sommes que ce président, moderne, ne s’enferme pas dans la tradition ? On aura en tout cas une pensée émue pour les communicants qui ont dû débattre des heures de la meilleure place pour ce fameux smartphone, appelé à un destin national : à gauche ? à droite ? devant ? derrière ? dans la poche ?

Enfin, pourquoi le président nous regarde-t-il si fixement ? Un peu comme le serpent Khââ dans le dessin animé tiré du Livre de la jungle, quand il susurre « Aie confiance » au petit Mowgli qu’il projette d’étouffer ?

Car on attend plutôt d’un homme d’Etat qu’il scrute l’horizon, qu’il fixe le cap, comme un capitaine qui rassure l’équipage dans la tempête. Mais le capitaine Macron, lui, ne regarde pas dehors ; il tourne, au contraire, le dos à la fenêtre et fixe l’équipage dans le blanc des yeux : comme s’il ne le comprenait pas, comme s’il allait le psychanalyser dans le silence de son cabinet ou comme s’il devait le surveiller.

Ayez confiance, braves gens : Big Macron is watching you !

Michel Geoffroy

Texte repris du site de Polémia

Le président qui s’aimait, par Caroline Parmentier

Macron portrait officiel

Ce portrait officiel du président de la République est le plus réfléchi et le plus léché de toute l’histoire des chefs d’Etat français, en termes de com. Il est aussi le plus egocentré. Pour faire mieux, il faut remonter à Louis XIV.

Bientôt dans votre mairie ! Rien n’est naturel dans cet assemblage savant d’objets du quotidien où chaque détail a été pensé. Jusqu’à l’intensité du bleu des yeux du président subtilement accentué par Photoshop. Le président est beau et mince, la fossette conquérante, la rosette faussement discrète, le costume cintré, très chef d’entreprise de start-up. Ça nous change de Hollande.

Comment dire autant de choses dans un si petit espace ? Macron n’y est pas allé mollo sur le symbole. On trouve à sa droite Les Mémoires de Guerre du général De Gaulle (quand est-ce qu’ils vont nous lâcher tous avec De Gaulle ?), les œuvres de Stendhal, dont Le Rouge et le Noir et Les Nourritures terrestres d’André Gide sur sa gauche dans les éditions de la Pléiade. Le président est littéraire et cultivé. Ça nous change de Sarkozy.

Mais attention, il est aussi complètement connecté aux nouvelles technologies de son temps avec ses deux iPhone bien visibles (le président est un gros bosseur et envoie des SMS même la nuit).

On continue dans la scénographie lourde : l’horloge est bien visible, n’est-il pas « le maître des horloges » ? Elle nous apprend que la photo a été prise à 20 h 20 à l’heure où la lumière d’été déclinante est la plus flatteuse pour le teint. La fenêtre grande ouverte sur les jardins de l’Elysée – Emmanuel Macron a poussé les meubles alors que ses prédécesseurs avaient tous choisi de travailler le dos à la cheminée – évoque le dépoussiérage de la fonction et donne l’impression de quelqu’un d’ouvert sur le monde. Imaginez si nous avions eu Marine Le Pen, elle aurait sans aucun doute choisi de poser au coin du feu, toutes portes closes avec ses chats sur les genoux.

Enfin, symbole fort et particulièrement déplaisant : les deux drapeaux français et européens sont exactement à égalité derrière lui et ça, c’est la première fois.

N’oublions pas le détail qui va relancer la rumeur urbaine : les deux alliances à chacune de ses mains, une à gauche, une à droite, sont bien apparentes. Comme il l’avait clairement expliqué, l’une est pour son mariage avec Brigitte et l’autre pour son mariage avec… Brigitte.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 1er juillet 2017

Nicolas Dhuicq, ex-député LR : « Nous entrons dans une zone d’intolérance majeure »

28/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dix ans durant, Nicolas Dhuicq a été un des rares députés (UMP puis LR) véritablement de droite. Aux dernières élections législatives, sa circonscription, la première de l’Aube, a été le théâtre de l’unique triangulaire de France. Le Front national, qui aurait pu retirer son candidat – d’autant que Dhuicq n’avait pas appelé à voter contre Marine Le Pen à la présidentielle –, l’a maintenu. Résultat : Nicolas Dhuicq a été battu et c’est l’obscur candidat d’Emmanuel Macron qui a été élu. Nous publions ci-dessous de courts extraits du long entretien que Nicolas Dhuicq a accordé à l’hebdomadaire Minute paru ce matin, qui publie également un entretien avec Thierry Mariani.

Minute Droite année zéroMinute : Pensez-vous que le décervelage par l’Education nationale a joué un rôle dans cette élection ?

Nicolas Dhuicq : Bien sûr.

Tout a commencé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand le Parti communiste français a réussi son opération de communication en faisant croire que la Résistance était de gauche, alors qu’en fait les premiers fusillés étaient d’Action française. Puis, après la mort de Malraux, la droite a abandonné la culture. […]

Je crains que nous ne soyons entrés dans un monde qui ressemble à celui de la chute de l’Empire romain : les gens sont abreuvés de pain et de jeux. Je regarde très peu la télévision mais quand je l’allume, je suis navré de voir que nous payons des impôts pour une télévision publique qui fait les mêmes programmes que la télévision privée.

Nous sommes dans l’inculturation et l’abêtissement permanents, et dès lors il ne faut pas s’étonner des résultats électoraux. C’est pour cela que le combat est essentiellement culturel.

Minute : Des candidats ont été élus qui paraissent incapables de débattre et d’aligner trois idées. Une explication psychiatrique ?

Nicolas Dhuicq : La première cause, extrêmement profonde, est culturelle : nos compatriotes n’ont plus aucune instruction civique, au sens de la fonction des institutions. Ils ne savent plus ce qu’est la séparation des pouvoirs, alors que l’exécutif s’immisce de plus en plus dans le législatif et que ces nouveaux élus vont trouver normal que l’exécutif leur dise exactement ce qu’il faut faire. […]

Nicolas Dhuicq 2Minute : Vous avez parlé de la grande violence sous-jacente de la société et des menaces très violentes qui pèsent sur elle. Pensez-vous que Macron en soit conscient ?

Nicolas Dhuicq : Je ne pense pas qu’il soit totalement conscient de la réalité de la vie française et de sa complexité.

[Macron] fait partie de ces jeunes Occidentaux aisés qui considèrent que tout va se résoudre par la macro-économie, et ce, même face à des dangers majeurs comme celui du wahhabisme – cet islam politique profondément antidémocratique porté par l’Arabie saoudite et qui, avec le remplacement de population, est vraiment la question majeure pour nous.

Il ne tient pas compte de l’irrationnel, sauf dans la manipulation des foules. Cette question fondamentale n’a pas été abordée clairement pendant la campagne électorale, y compris par Marine Le Pen. Si elle avait été bien entourée et si elle avait été capable de tenir un discours recevable, qui ne soit ni un discours simpliste de rejet basique, ni un discours de naïveté absolue, elle aurait eu là un boulevard. […]

Philosophiquement, on assiste à la convergence des idiots utiles libertaires avec les thuriféraires extrêmement cyniques du marché ; elle aboutit à la marchandisation du corps humain. On va assister à tout cela avec un grand sourire et un affichage de grande tolérance alors qu’en fait, nous entrons dans une zone d’intolérance majeure.

Extraits d’un long entretien à lire dans son intégralité
dans Minute n° 2828 daté du 28 juin 2017

Et maintenant, quelle opposition de droite à Emmanuel Macron ?

Macron Philippe Opposition

Minute Oppsition MacronOn ne voulait plus voir : on ne les verra plus. Les députés sortants ont été balayés par la vague de « dégagisme » qui s’est abattue sur la France. Plus d’un demi-siècle plus tard, les Français ont entendu le slogan de Pierre Poujade en 1956 : « Sortez les sortants », lorsque le papetier de Saint-Céré avait fait entrer 56 députés à l’Assemblée nationale, dont un certain Jean-Marie Le Pen. Dans l’Assemblée élue dimanche dernier, on compte 75 % de nouveaux députés. Les sortants ont été sortis, mais on n’y voit guère plus clair.

Face à la majorité absolue des élus de La République en marche – bonne nouvelle, ils n’ont même pas besoin de ceux du MoDem, ce qui veut dire que Macron n’a plus besoin de Bayrou (1) –, il va falloir attendre le vote de confiance après le discours de politique générale du premier ministre pour connaître les véritables rapports de force. Une partie des députés de la « droite », ainsi que les centristes de l’UDI, devraient la voter, sans que l’on sache, d’une part, si les députés LR qui le feront seront exclus de leur parti, ni, d’autre part, pour quelles raisons les autres n’accorderont pas leur confiance au gouvernement d’Edouard Philippe, puisque son projet, pour ce qu’on en connaît, consiste à mettre en œuvre ce qu’ils auraient aimé faire – à condition d’en avoir le courage sur le plan économique, social et éducatif –, s’ils s’étaient retrouvés au pouvoir !

Si l’on a bien suivi, les élus les plus à gauche de la droite vont voter la confiance à un gouvernement qui leur sied par son progressisme affiché en matière sociétale, comme on dit (mais devrait les rebuter par son programme économique), tandis que les élus les plus à droite, qui sont des libéraux, vont la lui refuser – par principe politicien, considérant qu’ils ont été élus pour constituer l’opposition ? – sans pour autant dénoncer ce même progressisme – en matière d’immigration et de mœurs – contre lequel, à de rares exceptions près, ils ne se sont jamais dressés.

[…] Il y aura donc deux oppositions frontales à Emmanuel Macron, celle des députés de La France insoumise – avec ceux du Parti communiste – et celle des députés du Front national et apparentés, encore qu’on ne voit pas quel projet de loi de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes – si elle est reconduite –, pourrait entraîner le courroux des premiers, ni comment les élus FN pourraient justifier de ne pas plébisciter, s’il met ses actes en conformité avec ses nombreuses déclarations de ces dernières semaines, les réformes souhaitées par Jean-Michel Blanquer, un ministre de l’Education nationale comme on n’espérait plus en avoir, du moins dans les intentions.

La question est, en fait, non pas « quelle opposition à Emmanuel Macron ? », ni même « quelles oppositions à Emmanuel Macron ? », mais « une opposition à Emmanuel Macron, pour quoi faire ? » Sur quelles bases ? Pour porter, à la place, quel projet de société ?

Pour réformer la France – et elle en a besoin –, il n’y a que deux voies possibles : soit le référendum, soit les ordonnances. Marine Le Pen avait choisi la première, Emmanuel Macron a opté pour la seconde et, en début de mandat, ayant annoncé la couleur, il dispose de la légitimité acquise dans les urnes, quel qu’ait été leur taux de remplissage. Le combat de la reconquête ne se déroulera pas sur ce terrain-là ou alors il profitera à d’autres.

« Il y aura une gauche de combat face aux ordonnances Macron à l’Assemblée » titrait « L’Humanité ». Fort bien. Mais quelle sera « la droite de combat » ?

Celle qui s’apprête, par refus d’une « loi El Khomri puissance 10 », à noter les noms, pour les dénoncer, de ceux qui, « dans Les Républicains, [vont] voter ou non la possibilité de recours aux ordonnances », ou celle – aussi introuvable que l’est la Chambre – qui saura porter un autre projet de société que celui défendu par Emmanuel Macron – sans être pour autant la préservation de la situation antérieure ?

Pour Emmanuel Macron, tout commence. Pour son opposition de droite aussi.

Editorial de l’hebdomadaire Minute daté du 21 juin 2917

(1) MAJ 21 JUIN à 8 heures : François Bayrou vient d’annoncer son départ du gouvernement.

Macron, président ou gourou dans une France maraboutisée ?, par Alain Sanders

Macron gourou secte

Nous avons déjà eu l’occasion de relever, chez Macron, des postures extatiques et des discours millimétrés, proches de la transe, qui sortent du seul cadre politique. Quelque chose qui peut faire penser à un gourou plus qu’à un chef d’Etat.

L’autre semaine, à deux jours du second tour des législatives, j’observais un jeune homme et une jeune femme occupés à distribuer des tracts LREM. Propres sur eux, polis, le regard lisse, un sourire angélique, une gentillesse dégoulinante. Ils m’ont fait penser aux Témoins de Jéhovah chez qui rien ne dépasse.

A part les vieux gamellards qui ont pris le train en marche, les élus de Macron ressemblent, sinon aux adeptes d’une secte, au moins à des groupies. 68,6 % d’entre eux sont issus des classes sociales dites « supérieures » (et même 77,8 % chez les novices). Moins de 0,2 % sont des ouvriers (à eux, on ne la fait pas…).

Comme dans les sectes, les « disciples » sont soumis à des séances de conditionnement. Chez Macron, on appelle ça : « séminaires de travail et de cohésion ». Convaincus, formatés, les « disciples » doivent être soigneusement encadrés puis lancés dans un fishing de recrutement.

Dans le XVIe arrondissement de Paris, nid bobo s’il en est, une certaine Valérie Bougault-Delage était candidate LREM. Un de ses électeurs, interrogé sur son choix, a répondu, le regard plein d’étoiles : « J’ai voté pour Valérie je ne sais quoi… la candidate En Marche ! » Hare Krishna, Hare Rama… Face à une telle emprise, un tel degré de sidération, peu de choses à faire.

Boris Cyrulnik, un psychiatre qui a travaillé deux ans avec Macron, explique :

« Il n’y pas beaucoup de raisons politiques et rationnelles ! Il s’agit d’un phénomène de foule et, plus précisément, d’une épidémie de croyance. […] [La collectivité] a besoin de croire qu’un sauveur va arriver. Elle a besoin d’un papa tranquillisant. C’est un phénomène psychosocial plus que politique. »

A la question de savoir si cette « épidémie de croyance » peut s’éteindre, il répond : « C’est le propre des épidémies : la variole finit toujours par disparaître ! Pour l’instant, il surfe sur cette vague macronienne. Il va probablement continuer à en bénéficier demain, mais peut-être déjà à un niveau moindre, même s’il correspond à un besoin des Français qui veulent un peu de fraîcheur. Inévitablement, des conflits vont finir par apparaître. »

Il n’est pas anodin qu’on ait trouvé judicieux et utile d’interroger un psychiatre pour se pencher au chevet d’une France maraboutée. C’est vrai, le propre des épidémies, fussent-elles « de croyance », c’est de s’arrêter un jour. A condition d’être endiguées d’abord, éradiquées ensuite. Mais, on le sait aussi, on n’en sort jamais intact (et même parfois les pieds devant).

« Il est jeune, brillant, beau. Il n’a rien à se reprocher. Pour l’instant, l’image est parfaite », dit encore le psy consulté. Reste à savoir combien de temps « le jeune, brillant et beau » gourou va faire illusion.

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 21 juin 2017

Les candidats de La République En Marche de Macron fuient le débat

La République en marche

16/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Avant même le premier tour des élections législatives, de nombreux candidats macronistes n’avaient pas participé aux différents débats télévisés organisés par les chaînes locales. Des absences d’autant plus remarquées qu’ils étaient des inconnus faisant pourtant figure de favoris et qu’en face de nombreux candidats de petits partis acceptaient de se livrer à l’exercice.

Les exemples de Fabienne Colboc, candidate en Indre‑et‑Loire, et d’Anissa Khedher, candidate du Rhône, n’ont pas arrangé les choses. En effet, des montages vidéos de leurs piètres prestations lors de débats télévisés sont ressortis en début de semaine : leurs propos sont confus, voire incohérents. Jean‑Luc Mélenchon a même ironisé sur ces « 400 bizuts qui arrivent » à l’Assemblée. Ces candidates ont donc refusé le débat de deuxième tour demandé par leurs adversaires.

Mais loin d’être isolés, ces cas illustrent la tendance générale. Ainsi, Nicolas Dhuicq (des Républicains) qui s’interroge à propos de son adversaire, « De quoi a‑t‑il peur ?» se demande‑t‑il. Ou Philippe Vardon (du Front national) qui réclame de toute urgence un débat avec Cédric Roussel, son adversaire. On peut encore citer encore Olivier Faure (PS) qui twitte : « Quand ta concurrente En Marche veut bien ton siège à l’Assemblée mais pas débattre avec toi avant. »

Tous les opposants à La République En Marche s’accordent donc sur un point : critiquer le refus de débattre des candidats à la majorité présidentielle. Du côté d’En Marche, on assure qu’aucune consigne n’a été donnée aux candidats : « On n’a jamais refusé de débat démocratique, ce sont des raisons personnelles. »

Eric Zemmour : « Macron aura du mal à concilier le Puy du Fou et la Silicon Valley »

eric-zemmour

13/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Tu as voulu voir la VIe République ? T’as vu la Ve République ! », ricanait ce matin Eric Zemmour sur RTL, en commentant le résultat du premier tour des élections législatives : « La crise de régime annoncée s’est transformée en plébiscite. La Ve république est morte ? Vive la Ve République ! De Gaulle rit de se voir si beau en ce miroir. »

« Sa revanche, poursuit-il, est éclatante sur tous ceux qui crachaient sur sa tombe. Il avait déclaré la guerre aux partis ? Ils ont été exterminés. Il se moquait des hommes politiques, les politichiens comme il disait ? Ils ont été laminés et ils ne pourront pas revenir avec la loi qui interdira le cumul des mandats et qui plafonnera les possibilités de réélection. Il voulait un parlementarisme rationalisé pour que les querelles idéologiques si françaises n’empêchent plus le gouvernement de gouverner : grâce au scrutin majoritaire, le président Macron aura une majorité hégémonique alors que ses partisans n’ont recueilli que 32 % des suffrages, même pas 15 % des inscrits. »

Pour Eric Zemmour,

« Macron joue au petit roi et assume sans états d’âme l’esprit monarchique qui imprègne les institutions. C’est là encore un retour aux sources après que le pays a connu et subi deux rois qui avaient jeté la couronne dans le ruisseau. »

Car « Sarkozy comme Hollande furent deux désacralisateurs, deux déconstructeurs. Le premier au nom de l’argent, le second par un refus très soixante-huitard de toute verticalité. Et le peuple n’a pas aimé, le peuple s’est vengé. Le peuple a laissé faire Macron. »

Mais l’abstention, qui a atteint un sommet ?

« L’abstention fut certes massive mais ce fut une abstention de tolérance. »

Pour Eric Zemmour, le problème n’est pas là. Il est dans le fait que « la Ve République est fondée sur un Etat en majesté, un Etat souverain » et que « les institutions européennes lui ont depuis longtemps coupé les ailes. »

Conclusion :

« Macron aura de plus en plus de mal à être le roi de la France éternelle, et en même temps le patron de la start up nation, à concilier le Puy du Fou et en même temps la Silicon Valley. »

Et puis…

« En France, on aime tellement les rois qu’on montre parfois leur tête au peuple. »

Triomphe de Macron à l’Assemblée : vers le développement d’actions extra-parlementaires pour se faire entendre ?

13/06/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un entretien accordé au site MSN, Jean Garrigues – historien et spécialiste de l’histoire politique contemporaine –, le triomphe probable des candidats d’Emmanuel Macron est totalement inédit et pose un grave problème de représentativité.

Pour ce professeur à l’Université d’Orléans et à Sciences Po, ce succès est incomparable :

Il n’y a pas d’exemple de majorité aussi vaste sous la Ve République. Avec 70 % des sièges, selon les projections des instituts de sondage, la vague de la République En Marche (REM) est au-dessus de celle des socialistes en 1981 et des vagues bleues de la droite, en 1968 et 1993. Surtout, il y a un découplage entre le pourcentage de voix obtenues au premier tour, 32 %, et la proportion de sièges, estimée à environ 70 %. Compte tenu de l’abstention historique de ce premier tour des législatives, le parti d’Emmanuel Macron obtiendrait cette majorité écrasante avec à peine 16 % des inscrits.

Par ailleurs, Jean Garrigues prévient que le manque de représentativité des patriotes pourrait susciter le développement de manifestations extra-parlementaires :

L’introduction de la proportionnelle se justifie pleinement, notamment par la nécessité de mieux représenter les deux partis d’extrême droite et d’extrême gauche. D’autant que l’électorat d’Emmanuel Macron est plutôt celui de la France qui réussit, urbain, cadres et professions libérales. Qui va représenter la France qui souffre et qui subit les dégâts de la mondialisation? Si elle n’entre pas au Parlement, cette France va s’exprimer de façon extra-parlementaire, dans la rue ou les réseaux sociaux.

Pour lire l’interview dans son intégralité, c’est par ici.

Vers une majorité écrasante pour le président à l’issue du second tour ?

12/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En préambule, il convient de souligner certaines défaites cuisantes. Ainsi, comme un symbole du naufrage du PS, Jean Christophe Cambadélis a été battu dans la 16e circonscription de Paris. De même, Benoît Hamon est éliminé dans la 11e circonscription des Yvelines. De son côté, Marine Le Pen arrive en tête dans sa circonscription du Pas de Calais avec près de 45 % des voix. En outre, dans l’Aisne, le FN est présent dans tous les duels du second tour.

Quelles seraient les conséquences sur la composition de l’hémicycle ?

A l’occasion de cette élection, il est à noter que 7 800 candidats sont en lice. 39 % des députés sortants ne se représentent pas. Cela apporte un renouvellement certain. Si les projections du premier tour se confirment, le parti de la majorité frôlerait la performance de 472 députés obtenus par la majorité de droite en 1993.
Par ailleurs, une formation politique qui n’existait pas il y a deux ans est sur le point de rafler une insolente majorité à l’Assemblée nationale, bouleversant du même coup un paysage politique longtemps figé. Le Palais Bourbon devenant, par la même occasion, une chambre annexe du palais de l’Elysée.

Enfin, à l’issue de ce premier tour, le parti dit de droite « Les Républicains » s’est enorgueilli, via son secrétaire général Bernard Accoyer, d’être à la tête de, je cite : « La deuxième force politique du pays ». L’appel à la mobilisation au second tour des principaux chefs de partis, s’il est suivi, permettra-t-il de faire mentir ces prévisions ?

Gilles-William Goldnadel : « Un clou chasse l’autre sur la croix des martyrs de l’islam radical »

Goldnadel

09/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une tribune publiée par le FigaroVox après les derniers assassinats islamistes à Londres, Gilles-William Goldnadel réitère qu’on ne vaincra pas un ennemi qu’on n’ose pas nommer. Cela vaut pour la Grande-Bretagne, mais cela vaut aussi pour la France. Extraits du texte de celui qui est aussi secrétaire national du CNIP en charge de la Justice.

A quoi bon ? Il est des jours où l’on se demande pourquoi rabâcher, remâcher, ressasser les mêmes choses. Prenez le dernier attentat sur le London Bridge. Dans quelques jours, beaucoup d’eau aura passé sous les ponts endeuillés. Un clou chasse l’autre sur la croix des martyrs trop vite oubliés de l’islam radical.

À telle enseigne , qu’ainsi que je le notais dans une précédente chronique, par la grâce de l’idéologie de l’occultation-diversion, les questions qui la fâchent n’ont pas été posées durant la campagne électorale, nonobstant le nombre des martyrs de France d’un terrorisme qui continuait de la frapper implacablement.

[…] Pour l’heure, Emmanuel Macron semble avoir trouvé la martingale idéale. Jeune, moderne, séduisant, optimiste, notre Obama blanc à la poigne ferme et au sourire éclatant a suspendu tout sens critique d’un monde médiatique qui lui tend un miroir complaisant. Il peut tout se permettre, même défier le politiquement correct. Il navigue par beau temps sous pavillon de complaisance journalistique. Lui peut ramener de la pêche au gros du Comorien, la lourde plaisanterie n’est strictement interdite qu’à la Marine nationale.

[…]

Pendant que la première ministre britannique n’hésitait pas à mettre en cause « l’idéologie malfaisante de l’islamisme radical » et « l’excès de tolérance » à son endroit, notre président Macron se contentait des phrases gentiment creuses dont il a la magie, en évoquant classiquement « une tragédie » donc il se gardait bien de révéler l’identité de l’auteur prolifique.

Comment pouvoir espérer, dans ce cas, voir la partie la plus modérée de l’Islam se démarquer franchement de sa frange radicale, si au sommet de l’État nul ne lui indique ni le nom ni l’adresse ?

Mais quand le nouveau chef de l’État s’essaye à expliquer les causes du phénomène – toujours sans le nommer –, c’est pire encore. Ainsi le 29 mai : « Les terroristes prospèrent sur la misère. Lutter contre le terrorisme… C’est promouvoir l’éducation, s’engager pour le développement. »

Nous sommes ainsi au cœur du syndrome de la victimisation de ce terrorisme sans nom. Au cœur de la maladie psychologique occidentale moderne. D’abord pour ce qu’elle dit d’inexact : Ben Laden était un milliardaire. Les auteurs du 11-Septembre étaient des fils de famille saoudiens. Coulibaly revenait avec sa fiancée de villégiature à Saint-Domingue. L’égorgeur du prêtre Hamel était issu d’une famille cultivée et n’était pas un cas social.

Ensuite et surtout pour ce qu’elle ne dit pas de la haine islamique radicale pour les juifs et les chrétiens et de la haine pathologique pour les blancs, les Occidentaux, les Français, tous évidemment racistes et post-pétainistes, évidemment coupables de crimes coloniaux contre l’humanité ; bacille de la haine cultivé dans les éprouvettes des laboratoires masochistes islamo-gauchistes européens.

Tant qu’on n’appréhende pas le phénomène, faute d’être peut-être immunisé soi-même, tant qu’on n’ose pas le décrire ni même le nommer, il n’y a aucune chance d’espérer le vaincre.

[…] Ainsi, la mixité et le métissage sont imposés partout au nom du vivre ensemble, sauf lorsqu’ils sont interdits pour cause d’émancipation. Des journaux dignes du Bondy blog relativisent le sort des agressions de femmes dans le quartier de la Chapelle. La maire de Paris comme des féministes de gauche ne sont pas en reste de propositions concrètes comme organiser des promenades exploratoires ou élargir les trottoirs.

Tout, absolument tout est permis, sauf dire du mal de l’islam radical. L’esprit critique est aboli. Descartes est interdit.

À quoi bon alors ? Parce qu’il n’y a d’autre choix que de regarder le mal en face. Même si un diable idéologique madré poursuit sa mauvaise farce.

Gilles-William Goldanel
secrétaire National du CNIP chargé de la Justice

Pour briller en société, parlez la macronlangue !, par Michel Geoffroy

Parlez-vous Macron

Emmanuel Macron, parmi les premiers bienfaits qu’il nous apporte, nous donne déjà l’occasion de parler une langue nouvelle : la macronlangue, dont il nous a appris les rudiments lors de la campagne présidentielle. Pour être un winner comme lui, parlez la macronlangue en toute circonstance ! La macronlangue repose sur quelques principes simples.

1) D’abord, dites « je veux, je souhaite ou je crois que » à tout propos

Il s’agit d’un vieux tour de politicien qui vise à faire croire qu’il suffit de déclarer vouloir quelque chose de bénéfique pour que celle-ci entre effectivement dans les faits. Il s’agit donc d’une sorte d’incantation malheureusement rarement suivie d’effet. Rappelez-vous tous ceux qui nous promettaient la croissance économique, la fin du chômage ou le changement !

Prenez exemple sur notre Emmanuel national qui, lorsqu’on l’interrogeait sur la crise des réfugiés, répondait : « Je crois que si cela est fait dans le bon ordre, de manière intelligente, c’est [l’accueil des réfugiés| une opportunité pour nous (1). » Une façon d’esquiver le fait que, justement, l’arrivée des « migrants » ne se passe pas du tout comme cela !

Exercez-vous : si on vous demande l’heure qu’il est, répondez : « Je souhaite d’abord que chaque Français puisse disposer d’une montre qui donne l’heure exacte ». Si, dans la rue, un SDF vous demande une petite pièce, déclarez haut et fort « Je souhaite la fin de la pauvreté dans notre pays » et… continuez votre chemin.

Si vous vous trouvez en groupe vous pouvez également hausser le ton en fin de phrase, voire crier un peu avec une voix de fausset : cela renforcera l’impression que vous croyez ce que vous dites, que vous êtes un homme de conviction comme Emmanuel durant ses meetings !

2) N’hésitez jamais à dire les choses d’une façon compliquée, ce qui vous fera toujours paraître plus profond que vous ne l’êtes

Ainsi, par exemple, ne dites pas « j’ai parlé avec Donald Trump du climat » mais « j’ai noté la capacité d’écoute de M. Trump et sa volonté de progresser avec nous sur le sujet climatique » (2), ce qui, vous en conviendrez, a une tout autre allure, même si au cas d’espèce notre président s’est mis le doigt dans l’œil !

Ne dites pas « je suis pas très croyant » mais « j’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais, en même temps, elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité (3) ». Nettement plus clair, n’est-ce pas ?

Ne dites pas « je suis pour l’Union européenne » mais « l’Europe ne pourra avancer que si nous la pensons dans le monde (4) ».

Vous avez compris comment faire ? Sinon apprenez par cœur quelques phrases d’Emmanuel Macron que vous pourrez répéter en société avec un air pénétré.

3) Surprenez vos interlocuteurs en devenant subitement familier ou agressif

Cela permet de « casser » votre interlocuteur, comme disent les jeunes. Comme Emmanuel Macron à Lunel, lorsque vous discutez avec un syndicaliste dites, par exemple, d’un seul coup : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre T-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler (5)». Ou, comme Emmanuel en présence du président Poutine, dites que les médias russes en France sont des agences de désinformation !

Attention cependant : Emmanuel Macron peut se permettre ces saillies périodiques – qui dénotent un certain mépris vis-à-vis de la France d’en bas et d’une façon générale une attitude intolérante d’enfant gâté à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme lui – parce qu’il bénéficie d’une totale impunité médiatique et judiciaire ; et aussi parce qu’il dispose de riches soutiens et d’un service d’ordre efficace.

Si tel n’est pas votre cas, faites preuve de prudence quand même, surtout si votre interlocuteur est manifestement plus gros et plus musclé que vous.

4) Adoptez l’en-même-tempisme !

L’en-même-tempisme est une composante essentielle de la macronlangue.

Cela consiste à affirmer successivement des propositions contraires ou sans rapport évident entre elles, comme nous l’a appris Emmanuel durant la campagne présidentielle, mais en les liant par la locution adverbiale « en même temps ». Ce qui permet de contenter tout le monde en évitant de prendre clairement parti. L’en-même-tempisme correspond au vieux « balancement circonspect » que l’on apprenait à Science Po : faire croire que l’on pourrait associer des points de vue contraires dans une démarche cohérente (on dit inclusive en novlangue) : il donne donc de vous l’image d’une personne sympa, ouverte à la prise en compte du point de vue des autres.

Cela ne correspond pas tout à fait au ni-ni des politiciens de droite : car la macronlangue ne repose pas sur l’exclusion des contraires mais sur leur inclusion, au contraire, comme aurait dit le Capitaine Haddock. Vous n’avez pas bien compris la nuance ? C’est que vous n’êtes pas encore assez macronien !

Prenons donc un exemple pédagogique :

Emmanuel Macron a ainsi affirmé en Algérie que « la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité (6) », mais en même temps il a indiqué aux représentants des Rapatriés « Je n’ai pas dit que vous aviez fait un crime contre l’humanité ni que tous les Français qui y étaient avaient commis un crime contre l’humanité (7) », et il a loué en même temps le « travail formidable » fait à l’époque de l’Algérie française par des gens « formidables (8) ». Conclusion : il y a eu un crime mais pas de criminels : encore plus fort que Le Mystère de la chambre jaune (9). Sacré Emmanuel !

On peut aussi obtenir un effet comparable en affirmant deux propositions qui s’annulent, comme nous le montre Emmanuel lorsqu’il disait « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas ». Conclusion : on ne sait pas ce qu’il en pense, mais circulez il n’y a rien à voir ! Ou lorsqu’il a déclaré, après la décision de D. Trump de se retirer des Accords de Paris sur le climat : « Ce soir, les Etats-Unis ont tourné le dos au monde mais la France ne tournera pas le dos aux Américains (10) », ce qui revient à lier deux propositions qui n’ont pas de rapport direct entre elles.

Vous avez compris, l’en-même-tempisme permet de parler pour ne rien dire. Comme le slogan qu’a choisi Emmanuel, « En marche ! », pour sa campagne électorale. Marcher vers quoi exactement ? Peu importe, on vous dit de marcher, alors marchez !

5) Enfin parlez anglais !

Cela montre que vous n’êtes pas un franchouillard replié sur lui-même, un cartésien dépassé ou, pire encore, un électeur du Front national, mais au contraire un homme (ou une femme) ouvert sur le monde et sur les autres. N’hésitez donc pas à parsemer votre propos de mots et de phrases en anglais. Car c’est toujours mieux quand ce n’est pas dit dans la langue de Molière.

La preuve, tout le microcosme médiatique français s’extasie sur la colossale finesse d’Emmanuel déclarant à l’intention du président Trump « Make our planet great again ». Imaginez un instant qu’Emmanuel ait dit cela en français : « Faites que notre planète soit à nouveau grande ». Une phrase ridicule en français, mais tellement géniale en anglais !

Si vous vous entraînez régulièrement à appliquer ces cinq principes simples, vous parviendrez rapidement à maîtriser les rudiments de la macronlangue. N’hésitez cependant pas à compléter votre formation par l’écoute régulière des médias de propagande (notamment BFMTV) et, bien sûr, par la lecture de toutes les déclarations d’Emmanuel Macron, consultables sur le site de l’Elysée.

Vous pourrez alors marcher en cadence, comme les autres !

Michel Geoffroy

Texte repris de Polémia

Notes :

  1. Interview sur la chaîne israélienne i24 news le 25 décembre 2016.
  2. E. Macron lors du G7 le 27 mai 2017.
  3. Interview sur France Info mars 2017.
  4. Le 5 août 2016.
  5. A Lunel le 28 mai 2016.
  6. Interview accordée le 14 février 2017 à la chaîne privée algérienneEchourouk News.
  7. A Carpentras le 17 février 2017.
  8. A Toulon le 18 février 2017.
  9. Pour les moins de 20 ans, célèbre roman policier de Gaston Leroux paru en 1907.
  10. Le 2 juin 2017.

En Seine-Maritime, Bayrou a fourgué un curieux candidat halal à Macron

Yanis Khalifa 2

07/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans la 4e circonscription de Seine-Maritime, qui fut le fief de Laurent Fabius, c’est un bien curieux candidat halal – pour na pas dire islamiste – qui fait office de suppléant, au nom du Modem, de la candidate d’En Marche pour les élections législatives. Dans son numéro paru ce matin, l’hebdomadaire Minute détaille une partie de l’étonnant CV de cette recrue qui répond au nom de Yanis Khalifa. Extraits.

Minute Couv Bayrou« A 27 ans, Yanis Khalifa affiche déjà un CV très macronien, qui aligne “Open Data“, “start-up“,  “diagnostic export“, “innovation numérique“, etc. Il aurait même soutenu une thèse “sur la thématique de l’Open Data comme enjeu de démocratie“, aurait été champion de France de Kung-fu (à 15 ans, faut pas exagérer non plus) et dit juste, tout d’un coup plus pudique, avoir été “membre du CA, chargé des relations publiques pour un syndicat étudiant national“. L’Unef ? Que nenni…

Yanis Khalifa est un pur produit d’un syndicat méconnu mais qui mérite plus ample notoriété : Etudiants musulmans de France (EMF). Si Khalifa est discret, c’est que la maison-mère d’EMF a une réputation légèrement sulfureuse. Etudiants musulmans de France est le bras de l’UOIF, la branche française des Frères musulmans, dans l’université française !

Or jusqu’à très récemment, il était effectivement membre de son bureau national, et entretenait, au titre de son poste de “chargé des relations publiques“, des liens amicaux et fraternels avec ce qui se fait de mieux dans le genre.

Ainsi, en se contenant de cet “Open Data“ qu’il affectionne – les ressources ouvertes comme sa page Facebook –, le trouve-t-on au côté de la “sœur“ tunisienne Sayidi Ounissi, ex-député du parti islamiste Ennahda, actuellement secrétaire d’Etat, ou lors d’une réunion interne de l’EMF organisée au siège social de l’Union des organisations islamistes de France, à La Courneuve. On le voit encore à côté de Bashar al-Sayadi, le président de l’Union des musulmans de Rouen (affiliée à l’UOIF, cela va sans dire) ou faisant la promotion du Gala du 25e anniversaire d’EMF organisé au sein de l’Institut européen des sciences humaines à Paris, que finance en partir la Qatar Charity, avec comme invités les islamistes Ahmed Jaballah et Hassan Iquioussen. […]

Sur un autre de ses CV, notre candidat suppléant, Yanis Khalifa, se flatte également d’être membre, depuis 2014, du conseil d’administration de Coexister, un “mouvement interconvictionnel“ (sic) “apartisan et aconfessionnel qui promeut la coexistence“. C’est beau comme du Gandhi mais ce n’en est pas vraiment. En 2015, la présidente honoraire de ce beau mouvement était Meherzia Labidi, ancienne élue du parti islamiste tunisien Ennahda. Elle a dû se trouver là par hasard…

Yanis Khalifa, qui a implanté Coexister à Rouen et à Caen, pratique donc maintenant l’“interconvictionnel“ sous les bannières réunies d’En Marche ! et du Modem.

S’il cherche un slogan, on lui propose celui qu’il arborait à l’été 2014, quand Israël avait lancé l’offensive contre le Hamas et le Jihad islamique. Simple, choc et facile à retenir : “Gaza on est tous avec toi !“ Succès assuré. »

Extraits d’un article paru dans Minute n° 2825 daté du 7 juin 2017

Macron et les médias : contrôlons, intimidons, censurons

Macron Médias

02/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Emmanuel Macron ne s’en cache même pas. Les médias doivent être sous contrôle de son régime. Tout entier à sa dévotion. Photographe exclusif pour les photos de la vie privée, choix des journalistes pour le déplacement du président au Mali, choix des médias, Russia Today et Sputnik qualifiés de « médias de propagande » devant Vladimir Poutine : Jean-Yves Le Gallou en dresse l’inventaire et en fait l’analyse dans ce numéro 154 d’I-Média, l’émission hebdomadaire de décryptage des médias diffusée par TV Libertés.

Egalement au sommaire :

• Le Zapping d’I-Média
Natacha Polony : « La neutralité absolue n’existe pas, c’est un fantasme ! […] il est très malsain pour les journalistes de faire croire qu’ils sont objectifs ». Cependant, il est possible de ne pas être neutre en ayant un point de vue dicté par une opinion. Il suffit de respecter les faits.
Hanouna Gate : Bobard de la presse, bobard de France info. Les médias ont relayé sans vérification les accusations de l’association pro-LGBT « Le Refuge ». Le centre d’accueil pour jeunes homosexuels avait affirmé qu’une victime du canular de l’animateur Cyril Hanouna avait été chassée de chez elle par ses parents. Un mensonge au service d’une cause.

• Nyansapo : festivités racistes anti blanches chez Hidalgo
Nyansapo : festival anti blanc organisé à Paris par le collectif afro féministe Mwasi. La presse française a réussi à tordre la réalité en couvrant le double délit de ségrégation raciale et sexuelle.

• Les Tweets d’I-Média
Coup de chapeau au Bastion social à Lyon : le Groupe Union Défense a pris possession d’un bâtiment public inhabité de Lyon pour venir en aide aux français démunis.

• Ondes migratoires : les migrants, ces futurs Montaigne !
Ondes migratoires, la chronique de Nicolas Faure sur l’immigration. Comment faire passer la pilule de l’immigration aux Français ? Par le talent et par l’art ! Pour la presse, les clandestins sont des artistes en puissance.