Un discours d’un vide sidéral – Un mois ferme !

Vingt-huit minutes. Le discours prononcé par le chef de l’Etat était long. Inversement proportionnel à la densité de son contenu. Dans les dix premières minutes, il a fallu se concentrer pour réussir à tirer la moindre information du laïus. Fidèle à lui-même, Emmanuel Macron a, avec une aisance parfaite, débité du vide. Le temps des discours énergiques du début du quinquennat, comme celui qu’il avait prononcé pour Arnaud Beltrame, semble dater d’une éternité. Ces discours étaient à l’époque écrits par Sylvain Fort, un auteur publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux bien connues de nos lecteurs, et gage d’une certaine qualité de style.

Peut-être est-ce en son souvenir qu’Emmanuel Macron a eu quelques éclairs de vérité, en particulier lorsqu’il a reconnu « des failles et des insuffisances. » Plus encore : « Etions-nous préparés à cette crise ? A l’évidence, pas assez. » Une manière de répondre non. « Mais, comme vous, j’ai vu des ratés, des lenteurs. […] Nous en tirerons toutes les conséquences, le moment venu. » Des déclarations exaspérantes, car elles laissent toujours espérer une prise de conscience présidentielle, mais s’arrêtent toujours à quelques pas du concret. Les téléspectateurs durent patienter jusqu’à 20h10 pour avoir une première information, soit après huit minutes de pédalage dans la semoule : le début du déconfinement se fera à partir du 11 mai, soit dans un mois. C’est tout. Pas de précisions claires sur le calendrier envisagé, sur les métiers qui reprendront, sur les rassemblements privés ou publics comme les mariages : le flou le plus absolu. A peine quelques indications, comme la réouverture des crèches, des collèges et lycées, mais pas de l’enseignement supérieur. Et le plus important, les bars ne sont pas près d’ouvrir.

Sur le plan financier, Emmanuel Macron a assuré qu’une aide particulière sera versée aux familles les plus modestes, et aux étudiants les plus précaires. Les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, durement touchés, bénéficieront aussi d’aides. Enfin, le président a appelé à « l’annulation massive de la dette africaine ». La Corrèze aura moins que le Zambèze.

Vers 20h20, le président a désigné l’emploi massif de masques et de tests comme étant les clefs pour un déconfinement définitif. Il aura fallu quatre mois pour que l’Etat français finisse par le reconnaître, face au consensus mondial et à la réussite insolente des pays d’Extrême-Orient. Pour exemple, la Corée du Sud a organisé ce week-end des élections, avec des bureaux de vote sécurisés, où le matériel de protection individuelle et collective était largement distribué. Pas certain que Sibeth Ndiaye passe le printemps : la porte-parole ne peut pas être lâchée en pleine crise, mais ses initiatives désastreuses et mensongères ont été rattrapées par la réalité.

Enfin, dans les derniers instants, Emmanuel Macron a assuré qu’il avait pris conscience qu’il allait falloir changer, et faire émerger un nouveau monde. « Chacun va devoir se réinventer, et moi le premier. » Au programme de son chemin de Damas, la reconstruction d’une souveraineté industrielle, médicale, plus de social, et plus d’humilité. Encore eût-il fallu qu’il précisât quelle entité bénéficiera de cette souveraineté retrouvée. L’UE ou la France ?

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2020

“Amateurisme”, “improvisation” : l’opposition ouvre le feu après l’allocution de Macron

Pour la quatrième fois depuis le début de la crise du coronavirus, le président de la République a pris la parole devant les Français. Le chef de l’État n’a toujours pas convaincu les responsables politiques de l’opposition.

Lundi 13 avril au soir, Emmanuel Macron a prononcé une allocution télévisée, la quatrième depuis le début de la crise du coronavirus, pour faire le point sur l’épidémie. Il y a notamment annoncé une potentielle fin du confinement prévue pour le 11 mai et une réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées. Le chef de l’État s’est également plié à une ébauche de mea-culpa sur la façon dont la France gère la crise, et a reconnu qu’elle n’y était « à l’évidence pas assez préparée ». Insuffisant pour les responsables politiques de l’opposition, qui ont tous fait savoir leur mécontentement.

« Autojustification » et « aveu de faiblesse » pour le Rassemblement National

À l’issue du discours du président de la République, droite comme gauche se sont accordées pour dire que le gouvernement n’était pas à la hauteur de cette crise sanitaire majeure. Pour le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, le président de la République a adopté une « stratégie défensive » qui « masque un certain amateurisme ». « Le président a passé beaucoup de temps dans une sorte d’autojustification de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui un fiasco », a estimé le député du Nord sur Twitter. « Ce sont des pansements, ici et là, mais qui ne permettent pas de tracer des perspectives. Que vont devenir nos coiffeurs, nos fleuristes, nos restaurateurs ? Rien », a-t-il déploré.

Interrogé par BFMTV, le vice-président du RN Jordan Bardella ne dit pas autre chose. « Qu’Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement, les Français s’y attendaient bien sûr, mais ça reste un aveu de faiblesse : on n’a pas d’autre choix que de gagner du temps par manque de masques et de tests », a-t-il fait valoir.

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Covid-19 – Ivan Rioufol : “Ce gouvernement maltraite son peuple”

Ivan Rioufol

14/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Invité à réagir aux nouvelles annonces d’Emmanuel Macron, Ivan Rioufol n’a pas été tendre : “Ce gouvernement maltraite son peuple”.

Revoir cet extrait tiré de l’émission “L’Heure des Pros 2” (CNews) du 13 avril 2020.


Annulation de la dette des pays africains : exigeons des contreparties !

Suite à la prise de parole du président de la République, les Identitaires ont réagi au projet d’annulation de la dette des pays africains…

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir une annulation de la dette des pays africains. Celle-ci ne vise pas à contenir l’épidémie mais à stabiliser les régimes africains au sortir de la crise sanitaire. Qu’a demandé le président de République en échange de cette générosité ?

Les dirigeants africains se sont-ils engagés à tout entreprendre pour mettre fin à l’immigration illégale ? Se sont-ils engagés à accepter le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière en France ?

Les Français sont en droit de l’exiger, il en va plus que jamais de leur sécurité. La menace sanitaire s’ajoute durablement à toutes celles que faisait déjà peser l’immigration massive. Dans cette crise sans précédent, le président serait avisé de défendre enfin les intérêts des Français.

Texte repris du site de : Les Identitaires

Il faudra demander des comptes : il est hors de question que le pouvoir se défausse !, par Philippe Bilger

Il y a un consensus total sur le fait qu’il faudra faire les comptes. À cause de toutes les maladresses, imprudences, pénuries, imprévoyances, misères et surcharges politiques, économiques et sociales, de l’état angoissant de l’univers hospitalier et des tragiques carences que la montée du fléau révèle, du délitement des services publics.

En n’oubliant pas les méfaits de la mondialisation et l’exigence de la souveraineté.

La formidable énergie, l’incroyable dévouement de professionnels, dans la santé comme ailleurs – je songe aux policiers et aux gendarmes occupés à verbaliser parce que des irresponsables, à l’île de Ré ou ailleurs, ne veulent rien comprendre ni respecter -, constituent un arbre qui cache la forêt.

Tout le monde s’accorde : il faudra faire les comptes.

La seule controverse porte sur le moment.

Certains, par exemple la talentueuse Élisabeth Lévy, considèrent que même en pleine crise du coronavirus, on a le droit de questionner, de critiquer, voire de dénoncer, qu’on n’est pas tenu, par une sorte de décence, à la moindre obligation de réserve. Qu’on n’a pas à se priver de citoyennes récriminations, quitte à affaiblir un mouvement qui doit être tout entier concentré sur le combat capital à mener.

D’autres, dont je suis, estiment au contraire qu’il est plus sage d’attendre la fin de ce qui menace et tue beaucoup trop pour qu’on se laisse détourner aujourd’hui par des révoltes périphériques. Mais demain, il faudra faire les comptes, à tous points de vue et pour tous.

Nous sommes confrontés à une tragédie sanitaire inouïe mais conjoncturelle qui impose que l’ensemble des énergies soient bandées dans le même sens. Obéissance des citoyens et respect de ceux qui nous conseillent et nous sauvent.

Quand le fléau sera éradiqué, le temps sera venu des responsabilités à établir. En effet, tout ce qu’on déplore aujourd’hui permet de vérifier rétrospectivement la validité des revendications d’hier, notamment de la part du personnel soignant. On ne peut plus douter qu’il avait raison quand il mettait en cause l’absence de politique d’Agnès Buzyn et prévenait de la difficulté de gérer le quotidien et, bien davantage, des catastrophes qui se réaliseraient face à un pire inopiné.

Tout a été dit avant de ce qui est décrié à juste titre après. En amont, le désastre était déjà plus que virtuel. En aval, toutes les infrastructures et les services ont explosé.

Il faudra faire les comptes. Pas maintenant, au cœur de la tempête, mais la tranquillité revenue.

Alors, il sera hors de question que le pouvoir se défausse. La note sera à payer.

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Drôle de guerre, par Franck Deletraz

Un tantinet théâtral, le chef de l’Etat, qui s’est adressé une nouvelle fois aux Français lundi soir, n’a pas hésité à revêtir l’uniforme un peu trop grand pour lui du « chef de guerre » pour annoncer son nouveau train de mesures contre le coronavirus. Multipliant en effet les métaphores martiales et les appels à la « mobilisation générale », le président est même allé jusqu’à marteler que « nous sommes en guerre » contre l’épidémie. De quoi renforcer surtout notre inquiétude, tant le « généralissime » Macron, par son imprévoyance, sa sous-estimation permanente du danger, son effarante lenteur à réagir, et ses incessantes contradictions, nous a montré depuis le début de cette crise qu’il était un bien piètre « chef de guerre ».

« Confinement », un autre mot tabou ?

Annonçant enfin ce fameux confinement que les soignants réclamaient depuis des semaines et qui, mis en place plus tôt, auraient peut-être permis de retarder – voire d’empêcher – l’effrayante propagation de l’épidémie à laquelle nous assistons aujourd’hui, Macron a même réussi le tour de force de ne pas prononcer une seule fois le mot « confinement » ! Préférant parler de déplacements « très fortement réduits […] pour 15 jours au moins », de « réunions amicales ou familiales [qui] ne seront plus [permises] », ou encore des « trajets nécessaires » qui « seuls doivent demeurer », le chef de l’Etat a, ce faisant, fait preuve une fois de plus d’une imprécision assez incroyable. Par ailleurs, si Macron a fini par annoncer lundi l’adoption de cette mesure de pur bon sens qu’est la fermeture des « frontières à l’entrée de l’UE et de l’espace Schengen » pour 30 jours, chacun aura pu noter l’incohérence de cette décision puisque, comme l’a précisé le président, cette fermeture ne concernera pas les frontières internes à l’Espace Schengen. Un comble, quand on sait que l’Europe est devenue le premier foyer mondial du coronavirus, et que plusieurs pays membres de Schengen sont gravement touchés par l’épidémie. Autre décision largement attendue : le report au 21 juin du second tour des municipales. Elections dont tout le monde se demande encore comment Macron, tout en suppliant les Français de rester chez eux, a pu demander le maintien dimanche dernier, dans les conditions que l’on sait.

Quand Macron plagie le Tigre

En proie à sa mégalomanie, le chef de l’Etat est même allé lundi soir jusqu’à plagier Clemenceau en déclarant – d’une manière assez cynique, il faut bien le dire –, à propos des personnels soignants, qu’« ils ont des droits sur nous ». Ce qui est tout à fait vrai, mais a quand même de quoi choquer de la part d’un président qui leur promet depuis des mois (et leur a encore promis lundi) ces fameux masques de protection dont ils manquent cruellement. Assez curieusement, d’ailleurs, chacun aura pu noter dimanche que les assesseurs des bureaux de vote, eux, en avaient été largement dotés… Bref, parmi les autres mesures annoncées lundi par Macron, on retiendra encore le recours à l’armée, dont les personnels aideront d’une part « à déplacer les malades des régions les plus affectées » afin de « réduire la congestion » des hôpitaux dans les zones les plus lourdement touchées par le coronavirus, et déploieront d’autre part « dans les jours à venir en Alsace » un « hôpital de campagne ». Par ailleurs, Macron a également annoncé la suspension de « toutes les réformes en cours », à commencer celle des retraites, l’adoption prochaine d’« un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques », ainsi que la mise en place d’un fonds de solidarité pour les entrepreneurs, commerçants et artisans, qui sera « abondé par l’Etat ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 mars 2020

Marine Le Pen : « Quand on déclare la guerre, il faut que les ordres soient clairs »

17/03/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
La présidente du RN a confié à Boulevard Voltaire ses impressions sur l’allocution d’Emmanuel Macron et l’état de confinement du pays :

Le président de la République a à peu près repris l’intégralité des mesures que j’avais réclamées, ce qui veut dire que l’on peut aussi puiser son inspiration dans l’opposition.


Coronavirus, islamisme, chômage : l’État s’en lave les mains

Le Gouvernement français, après des semaines d’inaction coupable, a décidé de prononcer la fermeture de la majorité des lieux accueillant du public. Il y a quelques jours – avant cette décision donc -, Michel Geoffroy rédigeait un texte qui reste aujourd’hui d’actualité.

L’épidémie de coronavirus ? Elle est « inexorable », selon Emmanuel Macron[1], « inévitable »,selon la porte-parole du gouvernement[2]. L’immigration ? On ne peut pas l’arrêter, selon la ministre de la Justice. La radicalisation islamiste ? « L’État est impuissant face à la radicalisation de ses agents », titre Le Figaro[3]. Le chômage ? On sait depuis François Mitterrand que l’on a « tout essayé »contre lui sans succès…
Chaque jour ajoute à la triste litanie de l’impuissance publique, du « merdier français », comme l’écrit sans fard I. Rioufol[4].
Depuis 2017, la France se trouve en tête des pays de l’OCDE pour le poids des impôts, mais on se demande quand même à quoi sert tout cet argent. Manifestement pas à affronter les problèmes qui assaillent la France périphérique.

Qu’elle se débrouille !

L’État s’en lave les mains

Pour lutter contre l’épidémie – puisqu’on a enfin accepté d’utiliser ce terme –, le gouvernement et ses médias préconisent de se laver les mains et d’éviter d’éternuer en public. Comme, par temps de canicule, les mêmes nous recommandaient de nous hydrater souvent. L’imagination est bien au pouvoir.

Quel symbole que ce lavage cathodique de mains face au coronavirus !

L’État, tel Pilate, se lave les mains de nos malheurs – chômage de masse, pauvreté, insécurité, désertification, immigration, islamisation, virus – parce que les frontières doivent rester ouvertes en Europe, et la France macronienne ne saurait transiger avec cette « valeur » imprescriptible.

Et parce que l’État a été rendu impuissant au nom de l’idéologie néo-libérale, libertaire et immigrationniste. Et à cause des transferts de souveraineté au profit de la Commission européenne, donc des lobbies et des minorités.

Débrouillez-vous !

Utilisateurs du métro, vous avez déjà entendu ce refrain : « Des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette station : soyez vigilants ; surveillez vos effets personnels. » En d’autres termes, les autorités vous ont prévenus, débrouillez-vous avec les racailles ! Puisque de toute façon, si on devait les arrêter, elles seraient relâchées pour cause de minorité…

Des islamistes dans la fonction publique ? Attention, pas d’amalgame avec l’islam, « religion de paix et d’amour », comme le déclare le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur. Pas d’islamophobie !

M. Castaner nous explique donc que, dans la police, sur « 110 cas signalés »pour radicalisation islamiste depuis le 3 octobre, « 73 cas ont été classés »et« 2 agents ont été écartés[5]». Circulez !

D’autant que bientôt « nos » djihadistes sortiront de prison : la ministre de la Justice a annoncé que 43 détenus djihadistes seraient libérés cette année après avoir purgé leur peine, et une soixantaine en 2021[6].

À l’évidence, cela ne semble pas l’émouvoir outre mesure, « état de droit » oblige.L’islamisme ? On s’en lave les mains.

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Lutte contre le “séparatisme islamiste” – Questions sans réponses, par Jean-Gilles Malliarakis

Il paraît donc que ce 18 février à Mulhouse, chef de l’État, chef constitutionnel des armées, le président Macron a exprimé sa préoccupation devant ce qu’il appelle le séparatisme.

On nous assure que ses services et lui-même auraient prudemment réfléchi depuis plusieurs mois devant l’élément de langage le moins explosif face à un politiquement correct, parfaitement rodé quant à lui.

Il aurait désiré le mot qui coûterait le moins cher en termes électoraux et médiatiques.

Et pour cela, il a choisi le terme, sémantiquement, le plus inapproprié : car séparatisme implique un projet de séparation.

Mais, pour se séparer il faut être uni par quelque chose.

Or, la vérité c’est que nous ne sommes pas unis. Nous sommes en guerre, non pas avec un quelconque séparatisme mais avec l’islamisme : en Afrique avec l’opération Barkhane ; en Méditerranée orientale, où le Charles-De-Gaulle n’a pas appareillé pour une croisière touristique ; mais d’abord en France.

Ce n’est pas parce que le gouvernement cache la vérité de ces divers terrains d’affrontement qu’il ne la connaît pas.

C’est pourquoi sans doute, chose nouvelle et presque inouïe, Macron a osé désigner, – du bout des lèvres certes, mais quand même… – l’État qui, aujourd’hui pilote la subversion islamiste mondiale, celle des Frères musulmans : il s’agit bel et bien de la Turquie entre les mains depuis bientôt 20 ans du mégalomane islamiste Erdogan.

Candidate au rôle de petite Chine, aux portes de l’Europe, paradis de la contrefaçon et des trafics en tous genres, n’est-ce pas un certain Juppé, en 1993, qui l’a imposée, contre l’avis du parlement européen, non pas en tant que membre de l’Union européenne mais partenaire de l’union douanière ? Juppé l’homme de toutes les erreurs siège aujourd’hui au conseil constitutionnel.

Depuis lors, des flots ont coulé entre les rives du Bosphore. Et, dans ce pays qu’on nous vantait pour un fidèle et fiable allié de l’occident, un bastion de la laïcité et de la démocratie, les confréries de l’islamisme ont pu, à partir de 1997, entreprendre leur ascension.

S’emparent-ils des municipalités d’Ankara, d’Istanbul ou de Smyrne ? D’éminents spécialistes nous expliquent alors qu’il s’agit d’une version locale de la démocratie chrétienne.

Gagnent-ils, pour la première fois, les élections législatives de 2002 ? Les experts américains y voient le triomphe de leurs meilleurs alliés.

Et quand ils s’engagent dans l’aventure irakienne en 2003, ces mêmes experts galonnés la conçoivent avec l’appui d’une armée turque, supposée laïque. Ces troupes promises ne viendront jamais. Les Américains devront s’embourber dans une guerre désastreuse, recruter des dizaines de milliers de mercenaires. Car un certain Erdogan a commencé un virage en politique extérieure, que l’on se refuse à voir en face.

Explose-t-il sa haine en 2009 à Davos ? On ne veut pas y voir sa volonté de s’instituer comme chef mondial de l’islamisme.

Pour la première fois, pourtant, depuis la chute de l’Empire ottoman, le chef turc est applaudi comme un nouveau calife par des foules autrefois ralliées au rêve d’un nationalisme arabe.

Subit-il en 2013 la plus grave crise de sa carrière, la mobilisation des opposants, la rupture avec son dernier allié libéral et humaniste Gülen, la révélation du climat de corruption mafieuse et confrérique qui l’entoure ? On ne fait rien contre cet excellent partenaire de l’OTAN.

La suite est trop connue pour qu’on doive la rappeler au titre d’un passé, supposé révolu, aux yeux de nos communicants : elle fait partie de notre actualité et, surtout, de la triste situation présente du peuple turc. Ses pouvoirs vont être constitutionnellement renforcés, désormais presque illimités. Des centaines d’opposants ou d’esprits libres pacifiques sont emprisonnés. La presse est étouffée. Les derniers journaux libres ont été rachetés plus ou moins de force et transformés en instruments de la propagande officielle, etc.

Entre temps, son camarade Morsi a été évincé du pouvoir en Egypte par le peuple et par l’armée de ce beau pays millénaire, où existent encore des amitiés françaises, et une forte présence chrétienne malmenée précisément par les islamistes.

Mais en France on fait la fine bouche. Ce militaire qui les a chassés, qui ose protéger les Coptes, etc., est-il vraiment, sincèrement, un ami du politiquement correct ?

Soyons donc clair : ce n’est pas à un quelconque “séparatisme” que nous sommes tous confrontés, que nous nous sentions, que nous soyons, chrétiens, bouddhistes, juifs, laïcs, musulmans pacifiques, ex-musulmans étant devenus athées ou chrétiens, etc.

C’est face à l’islamisme en Afrique que nos forces sont engagées et que de jeunes soldats versent leur sang. De la part des moyens de désinformations hexagonaux, ils savent très bien ne devoir guère attendre de reconnaissance hélas; ni pour eux ni, pour les veuves et les orphelins qu’ils laissent derrière eux. De loin en loin, de façon d’ailleurs maladroite, on surjoue l’émotion le temps d’une cérémonie médiatisée dans la cour des Invalides. Mais rien ne suit vraiment et durablement.

J’invite ainsi la présidence de la république à se pencher sur le compte Twitter du chef d’État major de l’armée de terre. Il exprimant sa “profonde tristesse à l’annonce du décès du sergent-chef Morgan Henry, engagé sur #Barkhane.”

Pas besoin de descendre bien loin dans les réponses que nos pires ennemis installent impunément, sous pseudonymes, sur les fameux réseaux sociaux pour voir, certes, que pas mal de Français rendent hommage à leur jeune et courageux compatriote, mais aussi que des islamistes se frottent les mains. Lisez certains d’entre eux : vous y verrez clairement quelle guerre intérieure nous est menée.

Que fait-on contre l’anonymat de leurs messages de haine antifrançaise ?

Et si vous vous demandez quelle sera leur prochaine offensive, lisez donc l’édition en langue française de l’agence officielle de l’État turc, Anadolu. Elle n’est pas destinée aux originaires de l’Hexagone mais elle est parfaitement disponible sur internet. Vous verrez quelles accusations incroyables elle diffuse auprès d’un certain public francophone, contre la France colonialiste, raciste, génocidaire et esclavagiste. Rien que ça…

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Joachim Véliocas : “Pourquoi ne pas raccompagner les imams des 150 mosquées salafistes ?”

Suite à la visite d’Emmanuel Macron à Mulhouse, Joachim Véliocas décrypte le discours présidentiel et ses “annonces assez faiblardes”. “S’il n’ose même pas déjà s’attaquer aux grandes mosquées des Frères musulmans alors que la Russie, les Emirats arabes unis, énormément de pays déjà ont interdit les Frères musulmans, s’il ne commence pas à faire ça, il ne sera pas crédible.”

Emmanuel Macron a visité un quartier de reconquête républicaine à Mulhouse. Emmanuel Macron vous a-t-il convaincu avec sa dénonciation du séparatisme islamique ?

À la différence de son prédécesseur François Hollande, il utilise désormais les bons mots. En revanche, ses annonces sont assez faiblardes. Un bon point tout de même, il parle de supprimer les enseignements de langue et culture d’origine. Cela concernait quand même 80 000 élèves avec des enseignements donnés par des professeurs envoyés par la Turquie, le Maroc et l’Algérie. On sait qu’ils étaient un moyen détourné de faire de la prédication, car ces enseignements avaient un caractère souvent religieux. Concernant le sujet des imams, les 300 imams détachés par les pays étrangers, c’est une chose, mais beaucoup d’imams étrangers ne sont pas payés par le pays d’origine, et pourtant prêchent en France, notamment dans les mosquées salafistes des Frères musulmans. Pourquoi ne pas raccompagner les imams des 150 mosquées salafistes dont la majorité est née à l’étranger ? Quand on épluche les conseils d’administration de ces associations cultuelles, on s’aperçoit que ces gens sont nés à l’étranger. Ils sont toujours en France, tout comme 3300 personnes sur les 22 000 fichées au FSPRT, le fichier des radicalisés à caractère terroriste. On pourrait les expulser, mais il ne le fait pas. Tant qu’il ne prend pas de mesures fortes pour expulser les islamistes étrangers en France, il ne sera pas très crédible.

Emmanuel Macron a beaucoup dit « il faudrait, on devrait ». On serait presque tenté de se dire : « quel dommage que cet homme ne soit pas aux manettes ».

Je rappelle qu’il est allé au quartier de Bourtzwiller à Mulhouse. Or, Mulhouse accueille la grande mosquée des Frères musulmans. Ce projet pharaonique a été inauguré en mai dernier. Dans la vidéo de présentation officielle de cette mosquée, Hani Ramadan dit qu’il soutient le projet. Les sermons de Youssef-al-Qaradâwî ont été retranscrits en livre et vendus dans des mosquées des Frères musulmans. Il dit qu’il faut un djihad armé pour édifier un état islamique. Je vous donne les citations parce que j’ai acheté le livre dans une de ces mosquées.
Pourquoi, laisse-t-il ouverte une mosquée des Frères musulmans à Mulhouse ? S’il n’ose même pas s’attaquer aux grandes mosquées des Frères musulmans, alors que la Russie et les Émirats arabes unis, et beaucoup d’autres pays ont interdit les Frères musulmans, il ne sera pas crédible. Les Frères musulmans ont 200 mosquées en France en plus des 150 mosquées salafistes. On sait que le salafisme est l’anti chambre du djihadisme. C’est désormais une évidence pour tout le monde. Les Tablighi, qui sont aussi de grands pourvoyeurs de djihadistes, ont 147 mosquées. Aucune mosquée n’a été fermée.
Il ne parle que du cas où les pays étrangers salarient officiellement des prédicateurs ou des imams. Il s’attaque vraiment à la marge du problème. Selon moi, ce ne sont pas des mesures fortes. Je ne suis pas du tout convaincu. De plus, la moitié de son discours avait pour but de demander davantage de moyens aux associations de quartier pour parler de discrimination. Il a fait le lien suivant « les jeunes et les pauvres sont discriminés à l’emploi donc ils basculent dans le djihadisme ». C’est ce que tout le monde a compris de son discours. C’est un discours larmoyant qui, au final, est assez énervant, d’autant que c’est aussi le discours des islamistes avec leur antienne — « nous sommes discriminés ». C’est toujours cette volonté de faire de la discrimination positive. C’est du « en même temps », c’est du Macron. Je pense qu’il n’a pas convaincu grand monde.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Macron à Mulhouse – Encore des mots, toujours des mots…, par Franck Deletraz

Après des semaines d’une « réflexion » franchement consternante parce qu’elle aura surtout consisté à se demander comment lutter contre le salafisme en France sans stigmatiser les musulmans, le chef de l’Etat a donc fini par présenter mardi, lors de sa visite à Mulhouse, sa « stratégie » et ses premières mesures de lutte contre ce qu’il a décidé d’appeler maintenant, en maniant l’euphémisme, le « séparatisme islamiste ». Des mesures qui non seulement n’ont absolument rien de neuf, mais qui, en outre, ont toutes les chances de finir aux oubliettes dès les élections municipales passées.

Ce refus suicidaire de désigner clairement l’ennemi

Certes, lors de sa déambulation dans l’enclave ethnique de Bourtzwiller, l’un de ces 47 quartiers dits de « reconquête républicaine » créés en 2018 pour lutter contre la délinquance, et l’un de ces 17 « territoires de lutte contre la radicalisation » où ont été mises en place des « Cellules contre l’islamisme et le repli communautaire », Macron, encadré de très près par ses « gorilles », n’a pas manqué de jouer les fiers-à-bras, proclamant notamment que « dans la République, l’islam politique n’a pas sa place » ou encore qu’il ne laissera « aucun pays étranger nourrir, sur le sol de la République, un séparatisme, qu’il soit religieux, politique ou identitaire ». Non sans s’empresser de rappeler quand même, après y avoir été fortement invité par les « jeunes » du quartier, qu’« on doit lutter contre les discriminations » et qu’« il ne faut pas stigmatiser parce qu’on est tous Françaises et Français ». « Ne pas stigmatiser »… Autrement dit, refuser d’emblée de désigner clairement l’ennemi, premier devoir d’un Etat en guerre. Y renoncer, c’est commencer le conflit par une capitulation !

Des mesures déjà vues

Ces bases absurdes étant posées, le Président a alors dévoilé ses fameuses premières mesures. Or, en lieu et place « des annonces fortes » que nous avait promises son entourage, nous n’aurons eu droit qu’à du déjà vu. Ainsi, la suppression de ces fameux « Enseignements de langue et de culture d’origine », dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements étrangers, et qui, non contents de conforter les quelque 80 000 élèves d’origine étrangère qui en bénéficient chaque année dans leur refus de s’assimiler, donnent régulièrement lieu à un bourrage de crâne islamiste. Suppression provisoire seulement puisque, dès septembre, ils seront remplacés par des… « Enseignements internationaux en langue étrangère » ! Autre engagement de Macron : la fin progressive des « imams détachés » et des « psalmodieurs » envoyés par certains pays musulmans, comme la Turquie et l’Algérie, dans le cadre d’accords bilatéraux. Une mesure maintes fois annoncée depuis plus de trente ans mais jamais appliquée. Au point que Macron lui-même, en l’évoquant mardi, devait se garder d’indiquer la date de sa mise en œuvre… Enfin, dernière mesure « pipeau » : le renforcement du fameux contrôle des financements étrangers des lieux de culte, censé permettre de bloquer les « projets suspects », et dont on voit bien aujourd’hui, hélas, l’inefficacité.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 27 février 2020

150 quartiers tenus par les islamistes : qu’est-ce que Macron cache aux français ?

Pour l’analyste politique Frédéric Saint Clair, la volonté de l’exécutif de cacher l’existence d’un rapport sur les quartiers tenus par les islamistes en France témoigne une fois encore, s’il en était besoin, de l’incapacité de l’État à répondre à la menace communautariste.

En raison de l’énorme bourde commise par Emmanuel Macron qui, dans l’avion, au retour d’Israël, avait jugé bon de gloser sur d’éventuelles similarités politiques entre Shoah et guerre d’Algérie, ou de réaffirmer la qualification de « crime contre l’humanité » de la colonisation — ce qui avait notamment conduit l’historien Jean Sévilla à tancer le Président : « Il n’y connaît rien, et il n’y comprend rien » — on en aurait presque oublié un dossier paru la semaine précédente dans le JDD et consacré à un rapport émanant de la DGSI dans lequel sont cartographiés quelque 150 quartiers « tenus » par les islamistes : « Un document classé secret-défense, qui n’a pas été divulgué, à l’exception de l’Intérieur, même aux ministres intéressés. Lesquels se voient présenter le document oralement par un fonctionnaire assermenté, tant le sujet est sensible… »

L’islamisation se fait au grand jour, et avec l’aval des pouvoirs publics

Un sujet sensible ? Un document classé secret-défense ? Depuis quand la problématique communautariste nécessite-t-elle d’être classifiée ? Il ne s’agit ni de groupes terroristes ayant planifié des tueries de masse et qu’il faudrait neutraliser sans les alerter préalablement, ni d’infiltration d’éléments étrangers menaçant l’intégrité du territoire, l’indépendance de la nation ou le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, selon les termes de l’article 16 de la Constitution. Il s’agit de communautarisme, d’islamisation des quartiers, voire des villes de province. Il s’agit de voile, de halal, de langue arabe, de mœurs islamiques. Où est le caractère sensible nécessitant une telle confidentialité ? Car il n’y a rien de secret dans le processus qui est à l’œuvre dans les quartiers. Qu’Emmanuel Macron se le dise : l’islamisation de la France se fait au grand jour ! Et avec l’aval des pouvoirs publics ! La sécession à la fois culturelle et territoriale d’une frange largement majoritaire de la population musulmane (le rapport El-Karoui de 2016 comptabilisait 82 % des musulmans ayant des revendications culturelles islamiques dans l’espace public, contre 18% seulement n’en ayant aucune) ne fait mystère pour personne. D’ailleurs, le journaliste du JDD qui s’est rendu à Roubaix en reportage n’a pas eu à infiltrer des réseaux clandestins pour écrire son papier. Il n’a eu qu’à se tenir au coin de la rue et à observer la réalité d’une France devenue bledarde :

« Au supermarché Le Triangle à Roubaix (Nord), les caissières, toutes voilées, alternent entre “Salam” et “Bonjour”, en fonction de la clientèle. Partout dans les allées du magasin, le français est traduit en arabe, et à la sortie, une urne invite au don pour la construction d’une nouvelle mosquée. La ville de 96 000 habitants en compte déjà sept, dont une salafiste. Dans la rue aux maisons de briques rouges, les commerces s’appellent L’Aziza, Les Mille Merveilles, Les Délices du Maghreb. Et proposent pâtisseries orientales, voiles, livres en arabe ou viande halal. “Ici, c’est comme au bled !”, s’exclame en souriant Hourya, qui flotte dans un jilbab, un voile enveloppant tout son corps. »

Emmanuel Macron croit-il que la France qui souffre ignore cette réalité ? Pourquoi souhaite-t-il, dès lors, dissimuler les informations contenues dans ce rapport ? Que cache-t-il aux Français qui ne concerne pas la sureté de l’Etat mais leur quotidien, et leur avenir ? Qu’essaie-t-il de sauver ? Son idéologie multiculturelle ? Son mythe d’une immigration bénéfique au pays ? Son idéal cosmopolite synonyme d’intégration réussie et de diversité heureuse ? Son discours islamophile pacificateur ? Ou, plus prosaïquement, son prochain plan de lutte contre le communautarisme, plan qu’un tel rapport, s’il était dévoilé, ruinerait probablement, par la mise en évidence d’un angélisme politiquement castrateur et d’une lâcheté coupable ?

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Les ravages de la mégalocratie, par Maxime Tandonnet

Comment en est-on arrivé là? Jamais, depuis 1944, la France n’avait connu un tel désastre au sommet. Tout part de la désintégration de la vie politique. La crise de confiance des Français remonte à quatre décennies environ. A l’origine, elle est liée à l’impuissance publique et la faillite des gouvernants, depuis le début des années 1980, dans sur la lutte contre le chômage et l’insécurité. Elle s’aggrave par paliers (par exemple la déception de l’élection de Jacques Chirac après 1995). Elle s’est brutalement accélérée à partir de 2011 avec une série de grands scandales (DSK, Cahuzac).

Elle atteint un premier stade paroxystique lors des présidentielles de 2017 avec le scandale autour de la candidature Fillon, l’explosion des partis politiques. De ce champ de ruines encore fumantes émerge la présidence Macron. Dès lors, la vanité d’un individu autoproclamé Jupiter s’impose sur les débris de la vie démocratique: l’intérêt général, le débat d’idées, la joute majorité/opposition, désormais anéantis. L’Assemblée nationale et le Gouvernement sont réduits au rôle de faire-valoir.

Désertant l’idée même de bien commun, la vie politique se tourne vers l’exaltation du faux dieu engendré sur les ruines de la vie politique. Le bien de l’Etat et de la société, la réalité n’ont plus la moindre importance. Peu importe que la Nation s’effondre toujours un peu plus dans le déclin, le chaos, le nihilisme et la violence. Bien au contraire, la magnificence de l’idole se nourrit par contraste d’un désordre qu’il convient d’alimenter par les provocations en tout genre.

Un seul impératif: sublimer l’image élyséenne en vue de la perpétuation – la réélection – en donnant l’illusion de la « transformation » promise lors de sa campagne électorale. Mais de la supposée transformation à la véritable destruction, il n’y a qu’un pas. D’où une réforme des retraites, partie d’un délire des grandeurs, qui n’est plus, après un mois et demi de reculades et concessions, qu’un monstrueux saccage, une usine à gaz aux coûts astronomiques – comme le souligne le Conseil d’Etat lui-même – et entraînant toujours plus la loin la France dans les profondeurs de l’abîme.

Une priorité absolue sur laquelle tous les Français de droite, de gauche, du centre, devraient s’unir: en finir avec la mégalocratie qui achève de détruire notre malheureux pays.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Les réseaux sociaux, voilà l’ennemi !

Nous reprenons un excellent article paru sur Vu du droit, le site de Régis de Castelnau le 16 janvier 2020 sous la signature d’Anne-Sophie Chazaud « Macron et ses soutiens : « les réseaux sociaux, voilà l’ennemi ».

Entre lancer de couteaux raté et danse du ventre

Au dictionnaire des idées reçues de l’époque, surtout ne pas oublier de liquider l’espace de débat public des réseaux sociaux dans un tourbillon de lieux communs aussi banals que manipulateurs et liberticides.

Emmanuel Macron, dans ses vœux à la presse du lundi 15 janvier, s’est ainsi livré à un curieux exercice, quelque part entre l’esquive, le lancer de couteaux raté et la danse du ventre.

Le Président dont on connaît les relations difficiles avec la presse, -laquelle a pourtant largement contribué à sa prise de pouvoir, qui le lui a bien mal rendu par la suite-, a été pris à parti en préambule de cette rencontre, poliment mais fermement, par Olivier Bost, journaliste à RTL et président de la presse présidentielle, qui a énuméré quelques exemples des menaces dont la liberté de la presse fait l’objet de la part du pouvoir : convocations de journalistes par la DGSI qui travaillaient notamment sur l’utilisation d’armes françaises au Yemen, loi sur le secret des affaires qui fait peser un risque juridique majeur sur la profession au regard notamment de la protection du secret des sources, difficultés rencontrées par la presse pour faire correctement son travail lors des nombreuses manifestations qui émaillent ce quinquennat en raison des réactions parfois violentes et répressives des forces de l’ordre –journalistes professionnels titulaires de leur carte de presse embarqués au commissariat, privés de leurs protections, privés de leur matériel de travail dans le suivi des manifestations, etc. Cette liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut, et il conviendrait notamment d’y ajouter la mise en place d’un « Conseil de déontologie journalistique et de médiation » (CDJM) en décembre 2019, sous l’impulsion directe et selon les souhaits du gouvernement, ce qui laisse aisément augurer de son réel niveau d’indépendance et qui le fait davantage ressembler, pour l’heure, à une sorte de Conseil de l’Ordre des journalistes : du contrôle des « bonnes pratiques » à celui de la « bonne pensée » courtisane, il n’y a guère qu’un tout petit pas et la France n’est pas le pays du Watergate.

Bonne parole du moment

Face à cette situation inconfortable, Emmanuel Macron a procédé selon sa méthode favorite et éprouvée : diviser pour s’en sortir et donc, en la circonstance, dire à cette profession ce qu’elle avait envie d’entendre, puisque les discours macroniens sont une succession de propos circonstanciels, entrant souvent en contradiction les uns avec les autres et ayant pour but de donner momentanément à telle ou telle « communauté » ce qu’elle souhaite, sur le moment, recevoir comme parole.

Pour qu’un groupe identitaire se ressoude (ici celui de la corporation médiatique), il lui faut toujours, on le sait, une victime expiatoire, un bouc émissaire qui lui permettra, comme le faisait remarquer René Girard dans ses réflexions sur le Mensonge romantique et vérité romanesque, d’y fonder sa propre narration, son propre récit. La victime expiatoire ici était toute trouvée : c’est vous, c’est moi, c’est votre voisin, c’est le peuple tout entier qui trouve à s’exprimer sur les réseaux sociaux et qui le fait, horresco referens, dans une certaine liberté pas encore tout à fait tombée sous la férule du contrôle étatique lequel ne ménage toutefois pas sa peine.

La stratégie du bouc émissaire

Les réseaux sociaux, voilà l’ennemi ! Voilà l’ennemi constamment désigné désormais à la fois par de nombreux journalistes ou chroniqueurs mais aussi intellectuels établis qui ne supportent visiblement pas d’être dépossédés de leur pouvoir de prescription et de perdre ainsi leur position de monopole exclusif dans la fabrique de l’opinion, et c’est également l’ennemi maintes fois désigné du pouvoir qui a, sur ce sujet, depuis longtemps sonné le tocsin par une ribambelle de déclarations et de mesures profondément liberticides au regard de la liberté d’expression, mais aussi au regard de la réelle liberté d’information.

Car, il faut croire que les chantres de la disruption et de l’uberisation prônent ces méthodes dans tous les domaines de la société et du travail à l’exception de ceux qui visent leurs prés carrés… : ubérisez-vous, braves gens, mais pas dans mon domaine !

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De la gréviculture et de son pourrissement, par Jean-Gilles Malliarakis

Au 41e jour de la crise, une nouvelle manif à Paris, rassemblait les habitués du pavé. “Alors maintenant, il faut que ça s’embrase…“ se félicite L’Huma ce 15 janvier. De son côté l’extrême gauche parlementaire étiquetée La France insoumise souhaite s’en tenir à un combat pour le simple retrait. Les camarades de Mélenchon cherchent vainement à psychodramatiser une motion de censure. Ils ne peuvent ignorer qu’une telle démarche reste vouée à l’échec. Leur initiative a été d’ailleurs été officiellement déclinée par la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Valérie Rabault, car le PS mise beaucoup plus sur la CFDT.

Le vieux PCF, entrant dans sa centième année, parvient à trouver une ligne d’action à la fois plus réaliste et plus dangereuse à terme. Ce sont en effet les organisations syndicales les plus sensibles à ses mots d’ordre, la CGT, Sud-Solidaires ou la FSU qui tiennent le haut du pavé. Et cela lui permet de prendre l’initiative d’une démarche unitaire.

Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel tend à ce titre, d’ici la fin de la semaine, à regrouper, autour de la vieille maison de la place du colonel Fabien, le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts, Place publique et Génération doivent autour d’un contre-projet, considéré comme réponse commune.

Si les vampires eux-mêmes sortent des leurs cercueils à la pleine lune, comment demeurer les bras croisés.

Ainsi donc, toutes ces piqûres de rappel encouragent votre chroniqueur à reprendre après quelques jours de la latence le fil de l’actualité consternante notre pays. Non que les nouvelles de sa petite personne puissent elles-mêmes être qualifiées de mauvaises. Mais, une consternante constatation s’impose, et déplorer plus amèrement que jamais l’ankylose institutionnelle de ce pauvre pays, ne manque pas de paralyser l’écriture.

Mais voilà : tout en souhaitant, quand même, une bonne année aux amis lecteurs, le criminel revient toujours sur les lieux du crime.

Comment ne pas observer, d’abord, le silence inhabituel du grand réformateur jupitérien et les pataugeages dans la gadoue de son premier ministre, trop visiblement traité comme un fusible.

La lettre qu’il avait adressée le 10 janvier aux organisations syndicales semblait prétendre annoncer, après 35 jours de conflit, après autant de galères pour les usagers des transports, à la mi-temps du mandat présidentiel et après plusieurs milliards de pertes pour la société, l’amorce du début du commencement d’une sortie de crise.

Las, 5 jours se sont écoulés, où l’on a seulement assisté à de petits mieux dans les transports. L’érosion du mouvement au rythme de 1 % par jour, que nous évoquions le 10 janvier,[1]se confirme une semaine plus tard…

À la RATP, le taux de grévistes, sur laquelle contrairement à la SNCF la direction ne communique guère, s’établissait, ce 14 janvier, à près de 14 % des salariés et à près de 60 % des conducteurs du métro. Au premier jour du conflit, le 5 décembre, 55 % des salariés de la RATP étaient en grève, et 85 % des mêmes conducteurs. Le 17 décembre, 40 % des salariés avaient cessé le travail, mais 8 conducteurs sur 10 n’assuraient pas leur service. Le 9 janvier, ils étaient encore en grève à 70 %. Un recul très lent.

Le pouvoir a donc délibérément opté pour le pourrissement, tout en prévenant : “Nous allons aller au bout“[2].

La mesure qu’il entend établir vise l’objectif d’atteindre l’équilibre financier… en 2027..r, cette pierre d’achoppement de l’incompréhension réciproque, la notion de “régimes” sociaux considérés comme financièrement équilibrés, figurait déjà dans la réforme constitutionnelle de 1996. Le congrès avait été convoqué sous prétexte aboutir à une loi [initialement] “d’équilibre” de la sécurité sociale, ce dernier monstre englobant, depuis 1941, aussi bien l’assurance maladie que les pensions de vieillesse.

Députés et sénateurs ratifièrent cependant à Versailles en février 1996 un autre principe, prévoyant le vote annuel d’une loi seulement de “financement”. La nuance ne devrait échapper à personne. Elle reste au cœur de ce qui continue de séparer les bureaucraties syndicales des technocraties budgétaires. De 1996 à la réalisation supposée de l’objectif en 2027, il se sera écoulé 31 ans.

Telle se confirme par conséquent l’incapacité de nos dirigeants à appliquer les projets réformateurs les plus évidents, car on ne saurait financer une assurance vieillesse à crédit et pourtant les discours politiques se gargarisent de telles promesses.

En ce sens la Macronie se montre une prolongation de la Chiraquie, quand il s’agit de faire voter et d’appliquer les lois nouvelles.

À la gréviculture de la CGT, les technocrates de Bercy ne savent opposer que des stratégies de pourrissement lent, aux frais des Français. Un minimum de réalisme en commande le douloureux constat.

[1] cf. L’Insolent du 10 janvier “Robes noires et drapeaux rouges”.
[2] Sur France 2 le 12 décembre.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Colonisation : Macron le repentant, par Paul Vermeulen

Depuis Abidjan, Emmanuel Macron a indiqué samedi 21 décembre que la colonisation a été « une faute de la République ». En février 2017 déjà, en pleine campagne électorale, il présentait sur une chaîne de télévision algérienne la colonisation comme « un crime contre l’humanité ». Selon lui, la France devait présenter ses « excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels elle a commis ces gestes de barbarie ». Le lendemain de l’entretien accordé à la chaîne de télévision algérienne, celui qui était alors député LR, Gérald Darmanin, avait tweeté pour fortement critiquer cette prise de position. Le vent a tourné, le tweet le plus rapide est cette fois venu de Benalla : « Non, la colonisation n’a pas été une mauvaise chose : infrastructures éducatives, de transports, de communication, de santé, augmentation de l’espérance de vie, elle a été une chance pour les pays colonisés. » Il a raison sur le fond, le comique étant que cela vienne de lui. Il faut en effet avoir l’esprit formaté pour ne pas voir combien la France a apporté à ses colonies.

Repentance à tous les étages

Le chef de l’Etat s’exprimait lors d’une conférence de presse en compagnie du président de la Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara : « Trop souvent aujourd’hui la France est perçue comme ayant un regard d’hégémonie et des oripeaux d’un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République. » Il a ensuite appelé à « bâtir une nouvelle page ». Le président considère cependant qu’il est trop facile pour une jeunesse africaine dont les trois quarts n’ont pas connu la colonisation de continuer à accuser la France. C’est pourquoi il a conclu en espérant que « cette Afrique jeune accepte de bâtir avec une France nouvelle un partenariat d’amitié beaucoup plus fécond ». A voir ce qui se produit partout en France, comme le récent viol de Morsang-sur-Orge, les violences incessantes et les trafics en tout genre, il est à espérer que ce n’est pas de ce type de fécondité que Macron veut parler.

Devant une telle déclaration, faite de nouveau depuis un pays étranger, les réactions ont été nombreuses. Marine Le Pen : « En se vautrant dans la repentance, qui plus est à l’étranger, en ne retenant que les aspects négatifs d’un processus complexe, Macron salit l’histoire de France et met en danger nos soldats en Afrique, déjà soumis à une haine anti-français croissante. C’est irresponsable. » Il est vrai que le 11 décembre 2019 le quotidien L’Opinion montrait à quel point en Algérie la France est accusée de tous les maux, de façon quasi complotiste. Notons que, peu après la conférence de presse, circulait sur les réseaux sociaux une vidéo montrant le couple présidentiel dansant dans une ambiance fort peu populaire, très éloignée des soucis de transports actuels des Français. Macron ne semble pas plus se soucier des peuples africains puisque la conférence de presse a été donnée pour annoncer la réforme du franc CFA, devenu éco, nouvelle monnaie d’échange des pays africains anciennement colonies françaises. Les peuples ? Ils n’ont pas été consultés.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 23 décembre 2019

Les errements de la repentance

« Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République ». Cette affirmation du chef de l’Etat est discutable à plus d’un titre. La République n’est pas la première ni la principale responsable du colonialisme français. Celui-ci a commencé sous la monarchie, au XVIe et au XVIIe siècle (Canada, Indes, Antilles, Floride, la Réunion). La conquête de l’Algérie a débuté sous Charles X et le Second Empire de Napoléon III lui a donné une forte impulsion. De même c’est le Second Empire, et non la République, qui a amorcé les grands courants de colonisation française de l’Afrique subsaharienne (Sénégal) et de l’Asie (Cambodge). La colonisation ne peut évidemment pas se limiter à la France: l’Espagne et le Portugal, en Amérique du Sud, le Portugal en Asie et en Afrique, le Royaume-Uni dans le monde entier, furent d’autres grandes puissances colonisatrices, pour ne parler que de l’Europe.

En outre, la République est un mode d’organisation du gouvernement pas une politique. La colonisation a pris un nouvel essor considérable sous la IIIe République (Indochine, Afrique subsaharienne) du fait de choix idéologiques des « Opportunistes » dont Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: « Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation! » Le colonialisme avait aussi ses opposants. « L’extrême gauche » le fustigeait à travers Clemenceau. La droite dite « réactionnaire » lui était parfois hostile à l’image de la prophétie d’Albert de Broglie, dénonçant, dans la politique coloniale: « une charge qui grève la nation, qu’elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole » (Sénat 11 décembre 1884). Ce n’est donc pas la République qui a fait le colonialisme des années 1880-1014, mais un courant idéologique bien spécifique alors majoritaire: la gauche républicaine.

La repentance française, au cœur de l’idéologie macroniste, repose largement sur un anachronisme. La colonisation s’est effectuée dans le contexte d’une Europe globalement dominatrice du XVIe au début du XXe siècle, qui se reconnaissait une mission civilisatrice, dans un large climat de consensus. Les Français comme les Britanniques, dans leur immense majorité, vouaient jusqu’aux années 1950 une admiration sans bornes à leur Empire, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Les guerres coloniales et de décolonisation ont fait couler le sang. Mais les colons ont aussi construit des routes, des villes, des hôpitaux, des écoles – d’où la place de la francophonie ou de l’anglais et de l’espagnol dans le monde. Quelle signification il y a-t-il à porter un jugement, positif ou négatif, sur un épisode clé de l’histoire de l’humanité? Faire le bilan coûts/avantages d’un demi-millénaire de colonialisme, expression d’une domination européenne et pas seulement française, au regard des valeurs contemporaines et après la grande vague de la décolonisation qui a bouleversé les équilibres planétaires depuis les années 1950, n’a évidemment aucun sens.

Lancer des polémiques tonitruantes et stériles fait partie d’un mode de gouvernement consistant à déclencher des tollés, à attiser les passions, pour faire oublier les déceptions et les malheurs du temps et aussi faire parler de soi tout en réactivant les divisions idéologiques du pays (gauche/droite). L’histoire est généralement l’otage toute trouvée de cette pratique. Parmi les responsabilités fondamentales du chef de l’Etat figurent traditionnellement celle de garant de l’unité et de la concorde nationale et celle de la défense du prestige de la nation qu’il préside. Il faudrait en ajouter une nouvelle, la plus essentielle de nos jours: celle de garant d’un patrimoine intellectuel, d’une intelligence collective.

Maxime Tandonnet

Texte repris du site de : Maximetandonnet.wordpress.com

Gilets jaunes : «Mauvais anniversaire, Macron !»

23/12/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Le 21 décembre, pour le 58e samedi d’affilée, les Gilets jaunes étaient à nouveau mobilisés pour une action qui coïncidait avec le 42e anniversaire du président de la République.

Les Gilets jaunes en ont profité pour célébrer l’anniversaire d’Emmanuel Macron à leur façon.