Macron – Giflé par le réel

Macron Gifle

Drame et émoi national ! Lors d’un déplacement dans la Drôme, le président de la République a été souffleté par un individu immédiatement maîtrisé par le service de sécurité. Si cet incident est évidemment regrettable et condamnable, il a donné lieu à un véritable raz de marée de réactions plus outrées et délirantes les unes que les autres, démontrant une fois de plus l’écart abyssal existant entre la vie quotidienne des Français et celle, totalement hors sol, des prétendues « élites » hexagonales.

En effet, dans un pays où chaque jour des anonymes innocents tombent sous les coups de la racaille, où les attaques terroristes se multiplient, où l’on peut être lynché et massacré pour une cigarette refusée ou un regard mal interprété, où des jeunes mineurs s’entretuent à coups de barre de fer et où des policiers se font attaquer à chaque intervention quand ils ne se font pas tirer dessus, cette simple gifle assénée à une personnalité sensément « intouchable » semble avoir soudain fait prendre conscience aux médias comme aux politiques de la réalité concrète de la « violence », même très relative en l’occurrence. Tout à coup, la dite violence, l’ensauvagement de la société, ne sont plus des « fantasmes d’extrême-droite », les fruits d’un vague « sentiment sécurité » exprimé par un populo toujours en train de se plaindre et de de râler mais quelque chose de bien tangible qui peut atteindre même les plus privilégiés, même les plus haut placés, même les plus protégés ! Horreur et damnation ! Stupeur et tremblements ! D’où l’incroyable branle-le-bas de combat qui a suivi l’incident et l’invraisemblable surenchère de commentaires scandalisés et de condamnations sentencieuses qui ont, pour nombre d’entre elles, largement dépassé le stade du ridicule. A titre d’exemple, on pourra citer l’ineffable BHL qui n’a pas hésité à évoquer, en vrac, l’attentat du Petit Clamart et les chemises noires mussoliniennes, tandis que Jean-Luc Mélenchon –qui semble décidé à s’enfoncer chaque jour davantage dans le marécage du grotesque – affirmait que cet acte était la réalisation de ses prédictions et la démonstration du passage à l’acte des « violents ».

Pour tous ces doctes messieurs donc, quand des migrants frappent au couteau des passants au hasard dans la rue, c’est un regrettable fait divers ; quand un policier est tué à bout portant par un dealer, c’est le risque professionnel et quand une gamine est violée en groupe dans une cave, c’est le cri de détresse affective et sociale d’une population en difficulté d’intégration. Par contre, une petite gifle donnée au Président (ou à tout autre représentant des « élites »), c’est un atroce et abominable attentat, révélateur de l’insupportable violence de notre société ! C’est même carrément l’ombre du « fâââscisme » qui s’étend sur notre pays et contre laquelle il faut se mobiliser avec la plus grande vigueur et de toute urgence !

Force est ainsi de constater que, face à la violence comme face à beaucoup d’autres phénomènes, l’égalité proclamée à tout bout de champ par le discours républicain n’est qu’une pure fiction qui ne trompe désormais que les plus naïfs.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 9 juin 2021

«Montjoie, Saint-Denis!»: d’où vient l’expression utilisée par l’homme qui a giflé Macron?

Un conseiller politique d’Emmanuel Macron veut décompter le temps de parole d’Éric Zemmour sur CNews

Le Darmanin en sa reculade, par Jean-Gilles Malliarakis

Pendant 2 ou 3 jours les commentateurs agréés en avaient fait des éditoriaux. Le ministre de l’Intérieur preux chevalier prenant la défense morale de ses fonctionnaires avait annoncé à grand bruit qu’il attaquait en diffamation la candidate socialiste Pulvar engagée dans la campagne régionale de juin.

Beau débat en effet.

Pour les uns il s’agissait d’une tentative de récupération du mécontentement syndical des policiers. Cette action entreprise auprès des tribunaux prolongeait, ou plutôt aurait prolongé, la présence du Darmanin à la manifestation du 19 mai, sujet d’étonnement en elle-même.

Pour les autres, la plainte envisagée soulevait, tout de même, un divers types de problèmes.

Le principe même d’une telle action reste largement mal interprété par le public, lequel confond diffamation et calomnie. Et, de ce fait, si vous intentez un procès et que vous le perdez on considérera que les faits sont exacts… Et au contraire si vous gagnez au loto judiciaire les faits sont considérés comme faux…

En effet la base légale résulte des articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Citons ici l’indispensable Dalloz : “Est constitutive d’une diffamation toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel ce fait est imputé.”

Dans la pratique, les choses se compliquent : dans une affaire récente, tel respectable élu des Hauts-de-Seine, aujourd’hui décédé, avait trouvé saumâtre que l’on révélât par voie de presse une liaison extraconjugale avec Mme Valérie T. de présidentielle réputation. Or, le tribunal jugea qu’il ne s’agissait pas d’une diffamation, puisque le délit d’adultère n’existe plus…

On pourrait multiplier les exemples surprenants ou cocasses.

Ainsi, du fait de la loi elle-même, et des interprétations judiciaires, sans parler des dysfonctionnements bien réels de la justice, le droit positif français aurait du inciter le Darmanin à la prudence.

Le procès en diffamation se révèle, à l’usage une arme à double tranchant, qu’il faut manier avec une infinie précaution. Si le diffamateur est supposé de gauche, et le diffamé de droite, la loi qu’on imagine identique pour tous, risque à 99 % d’être interprétée par la magistrature syndiquée en faveur de la gauche, car dans la plainte du droitier quelque chose clochera toujours. Trop tard. Trop imprécis. À côté du vrai sujet.

La ritournelle du citoyen honnête professant sa confiance dans la justice de son pays sonne alors complètement faux dans ce genre d’affaires.

Bien entendu les déclarations de Pulvar le 22 mai, sur France Info à l’encontre de la fameuse manifestation étaient écœurantes. Elles étaient aussi totalement à côté de la plaque. Parmi les participants se trouvaient les syndicats de police étaient d’autant plus ridicule que le 19 mai, un certain nombre de politiciens de gauche, Hidalgo elle-même, l’écologiste Jadot, comme le candidat PCF à l’élection présidentielle Fabien Roussel, ou comme le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure, étaient venus démentir à leur manière le caractère “glaçant”de cette prétendue “marche sur le Palais Bourbon”.

De son côté, le Darmanin était déjà passablement ridicule lui aussi le 24 mai. Ce jour-là, il annonce son désir de se pourvoir en diffamation, il se dit indigné, il dénonce hautement les expressions de qui “dépassent le simple cadre d’une campagne électorale et viennent profondément diffamer la police de la République”. Il annonce : “Je porte plainte au nom du ministère de l’intérieur”. Il en profite pour mettre en cause des propos remontant 2020, contre le prétendu racisme dans la police.

Parfaitement stérile le 23 mai, cette controverse est devenue sans objet le 25 : l’intéressé, qui s’estimait jusque-là diffamé, a décampé. “Retenez-moi ou je fais un malheur”semble sa devise. Son ange gardien l’a retenu. Et maintenant c’est “Audrey reviens, tout est pardonné”.

Le Darmanin se révèle ainsi chaque jour un peu plus ridicule et inconsistant. Sa reculade en annonce d’autres sur le terrain de l’insécurité qui préoccupe pourtant un nombre grandissant de nos compatriotes, donc d’électeurs.

Pourquoi, grands dieux, Macron en a-t-il fait un ministre de l’Intérieur ? Voilà la question que se posent à l’Étranger les rares observateurs qui, prenant encore peut-être Paris au sérieux, se préoccupent de notre politique intérieure.

La réponse nous est donnée par la Macronie elle-même.

Les macroniens au pouvoir peuvent nous paraître divisés, entre ministère de l’Intérieur et ministère de la Justice, par exemple. Depuis 2017 on ne compte plus les déclarations contradictoires de nos gouvernants.

Or, ce qui les réunit, c’est hélas le ridicule. L’exemple vient de Jupiter lui-même quand il se livre à la séquence grotesque des deux “youtubeurs”prétendument humoristiques Macfly et Carlito, on commence à se douter de l’affectation des 300 euros de “pass culture”. Dans notre société l’étiquette “culture” ne recouvre pas tout à fait ce à quoi elle a pu renvoyer par le passé.

Mais il y a plus grave peut-être que de découvrir un pitre en la personne du chef de l’État.

L’hymne de Youssoupha qui a été choisi pour l’équipe “de France” de podosphère choque, à juste titre un nombre considérable de nos compatriotes. Choquer les “fromages” que nous sommes, semble à vrai dire son objectif. Mais cela “ne gêne absolument pas” la Bachelot, ministre de la Culture. Celle-ci explique qu’elle apprécie l’apport culturel de ce rappeur. La Bachelot s’efforce maintenant de démentir sa réputation de wagnérienne consommée. Telle n’est plus la ligne du parti : “J’aime beaucoup Youssoupha, assure-t-elle,je suis allée à plusieurs de ses concerts“.

Fermez le banc.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Guignol à L’Élysée – Toujours plus de démagogie !

Guignol Macron

« Jupiter » est redescendu sur terre. Et au ras des pâquerettes même ! En effet, Emmanuel Macron s’est adonné ce week-end à un exercice de « séduction de la jeunesse » particulièrement grotesque qui décrédibilise et dégrade encore un peu plus – si tant est que cela soit possible – la fonction présidentielle.

Jamais en retard d’une stratégie de haut niveau, le Président Macron a en effet cru bon d’inviter à l’Elysée deux (plus si) jeunes « youtubeurs », très populaires, « MacFly et Carlito », afin de participer avec eux à un « concours d’anecdotes » diffusé dimanche 23 mai et déjà visionné près de neuf millions de fois.

Ceux qui penseraient qu’en ces temps de crises multiples – à l’heure où des policiers tombent sous les balles des voyous et où l’économie nationale retient son souffle – le premier personnage de l’Etat devrait avoir autre chose à faire, sont des tristes sires et des rabat-joie qui ne comprennent pas l’urgence de « renouer le dialogue avec la jeunesse » à travers ce genre de « happening » humoristique et « sympa ». Car apparemment, en tout cas selon l’avis des experts en communication présidentielle, la « jeunesse » ne peut comprendre que la gaudriole et le divertissement bas de gamme. C’est dire en quel degré d’estime on la tient.

Au programme de cette improbable rencontre avec les deux « humoristes », toutes baskets et bonnet rutilants sortis : blagues sur le foot, passionnantes anecdotes de vacances ou de concerts, et même quelques « écarts de langage » du Président (quelle transgression audacieuse !).

Pendant près de 40 minutes, Emmanuel Macron a donc ainsi fait face aux deux youtubeurs, chaque protagoniste devant raconter une anecdote, charge à « l’adversaire » de déterminer si celle-ci est vraie ou fausse. A l’issue de cette « joute » digne d’une cour d’école, le président de la République s’est engagé à mettre en évidence sur son bureau une photo des deux « influenceurs » (6,6 millions d’abonnés à leur chaîne youtube) lors de l’une de ses prochaines interventions télévisées. Rappelons que « MacFly et Carlito » ont bâti leur succès sur des vidéos du type « On dit des dingueries dans le micro d’une grande gare », « On fait des trucs idiots à ne pas reproduire chez soi », « On appelle des gens au hasard dans nos téléphones » ou « On dort chez un de nos abonnés… »…

Et dire que certains naïfs à droite s’étaient enthousiasmés lors de la prise de fonction d’Emmanuel Macron en parlant de « retour à la verticalité » et de « restauration » de la fonction présidentielle !

Tout au contraire, le mari de Brigitte n’est parvenu qu’à faire davantage dégringoler l’image de l’autorité républicaine suprême, l’abaissant jusqu’au plus parfait ridicule, à force de démagogie, de clientélisme, de « marketing » et de volonté assez pathétique de « faire jeune et moderne » en tentant de coller au plus près des modes les plus imbéciles et vulgaires du temps.

Bienvenue en idiocratie !

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 25 mai 2021

L’infantilisation de la politique, officialisée par Emmanuel Macron, par Ivan Rioufol

Le pays s’effondre ? Amusons-nous ! Allons faire une galipette dans les jardins de l’Elysée en compagnie du chef de l’Etat ; écoutons-le s’exclamer, apparemment surpris : « Putain, ils sont là ! », en découvrant au détour d’un bosquet le groupe « heavy metal » nantais, Ultra Vomit. Ces scènes font partie du « coup de com’ » d’Emmanuel Macron, diffusé dimanche sur YouTube avec la complicité des « influenceurs » humoristiques McFly et Carlito, qui comptent plus de 6 millions d’abonnés. La vidéo, tournée au cœur de la présidence et construite sur un « concours d’anecdotes », a été vue par plus de 7 millions de personnes en 24 heures. Dans son dernier essai, l’ancien maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi, écrit (1) : « La France est au bord du chaos. Elle est en miettes. Fracassée. Eparpillée. « Façon puzzle », dirait-on avec Michel Audiard, s’il y avait encore une infime possibilité d’en rire. Ce n’est plus le cas ». Mais si, rions ! A L’Elysée, rien n’est grave. En tout cas, tout est permis pour tenter d’attirer l’électorat incertain des 18-24 ans, tandis que celui des 25-34 ans glisse pour partie vers le RN. Jamais l’infantilisation de la politique macronienne n’avait été si loin dans sa caricature. Jamais la propagande n’avait été autant assumée. Relire l’Ecclésiaste : « Malheur au pays dont le roi est un enfant ».

Tout à son obsession de « transformer » le pays en le déconstruisant, le président s’en prend à sa propre fonction, qu’il avait dit vouloir rehausser après l’épisode François Hollande. Le marketing en politique n’est assurément pas une nouveauté, et moins encore la politique-spectacle. Mais un stade supplémentaire a été franchi, hier, dans le degré zéro de la réflexion. Car c’est un vide qui est proposé à l’électorat le plus jeune, représenté par ce duo en baskets, portant T-shirts et bonnet sur la tête pour l’un. Le footballeur Kilian MBappé a également été enrôlé un instant par le chef de l’Etat dans cette opération de dépolitisation.

La flatterie révèle d’ailleurs le mépris dans lequel est tenue cette jeunesse manipulable par la culture manga et la rigolade. Dans cet épisode burlesque, le divertissement est l’unique message. « Il n’y a pas de hiérarchie », dit l’un des youtubeurs à l’adresse du président, qualifié de « directeur de la Gaule ». L’un d’eux lui confie sa consommation de cannabis : « J’avais un oinj au bec, de la pure weed ». En gage, Macron a promis de mettre la photo des deux compères en vue, lors de l’un de ses prochains grands discours; pourquoi pas celui du 14 juillet. Pour sa part, le rappeur Youssoupha, qui appelle au meurtre d’Eric Zemmour et au viol de Marine Le Pen, a été choisi par la Fédération française de football pour représenter l’hymne national des Bleus. L’Elysée, en campagne présidentielle, a donné son feu vert à l’indécence et au racolage.

(1) Lettre à mes compatriotes musulmans, Editions du Cerf

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Vidéo de Macron avec McFly et Carlito : «Une opération de propagande politique»

McFly et Carlito


L’éditorialiste Alexis Poulin réagit à la nouvelle vidéo des influenceurs YouTube McFly et Carlito, tournée à l’Elysée, dans laquelle le président français Emmanuel Macron se livre à un jeu d’anecdotes.

Une vidéo décalée qui a fait polémique sur les réseaux sociaux et a été largement critiquée par les médias comme étant une opération de communication destinée aux jeunes.


De la déconstruction à la destruction

Macron anarcho-tyrannie

Déconstruire l’histoire, comme annoncé sur une chaîne de télévision US, c’est tout un programme: l’histoire étant la mémoire, l’identité de la nation, déconstruire l’histoire est une manière de déconstruire la nation. Mais cela ne suffit pas. Dans un pays forgé par l’Etat, il est urgent de déconstruire l’Etat.

D’où la suppression de sa haute fonction publique qui en est un pilier, son école l’Ena, issue de la Libération, le métier de préfet qui en est l’incarnation même depuis Napoléon. Il est essentiel aussi de déconstruire sa tradition de liberté à travers une dictature sanitaire qui ne dit pas son nom, constituée de mesures aussi absurdes et contreproductives que liberticides (emprisonnement à domicile et couvre-feu). Au passage il convient d’éradiquer les lieux de sa vie sociale (restaurants, théâtres, cinémas, commerces de quartier). L’anéantissement de la démocratie parlementaire, au centre de l’identité politique de ce pays en est un passage obligé avec l’abolition de fait du parlement (prolongation indéfinie de l’état d’urgence, usage des ordonnances à répétition).

Qu’il y a-t-il derrière cette politique de déconstruction? Un projet idéologique, certes, la table rase comme réminiscence des régimes totalitaires du siècle dernier. Y voir également une stratégie politicienne: ayant échoué ou renoncé à de grandes réformes indispensables (retraites), déconstruire est censé donner l’illusion du mouvement.

De même la grande casse doit permettre de détourner l’attention du chaos (violence, insécurité, gigantesques déficits) engendré par l’irrésolution et l’incompétence. Une dimension psychologique enfin, l’ultra-narcissime qui consiste à déconstruire le pays pour mieux pavoiser sur ses ruines. Entre le mot déconstruire et celui de détruire, la nuance est faible. Une certitude: tout cela se paiera un jour. « Ceux qui donnent le branle à l’Etat sont les premiers absorbés par sa ruine » (Montaigne, les Essais T 1- ch. 24).

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Le tueur d’Éric Masson arrêté – Le vrai coupable s’appelle Macron

Macron

Quand un chef d’Etat met en cause les violences policières dans un entretien sur des réseaux sociaux suivis par des adolescents ou de tout jeunes gens (le média en ligne Brut, le 5 décembre dernier), quand ce même président, sur le même réseau en ligne, dénonce les contrôles au faciès et les discriminations, quand le même président, un an auparavant, au salon de la BD d’Angoulême, posait à côté du dessinateur Jul qui tenait un t-shirt attaquant la police, il ne faut pas s’étonner qu’un garçon de 19 ans, Ayoub A., multirécidiviste mais toujours traité avec une extrême indulgence, trouve normal d’abattre un policier. Il est clair pour des garçons de cet âge que les policiers appartiennent au camp des salauds. C’est le président qui le dit ou qui le laisse entendre. Ce sont ses profs qui l’assurent, peut-être, ce sont les médias qui le rabâchent en boucle.

Un garçon de 19 ans n’est pas capable de faire la distinction entre des propos outranciers de polémique politique et la vérité. Le résultat est là : ce jeune voyou a assassiné un policier comme on abat un chien enragé. Sans se poser de questions.

Ceci est tellement vrai que lundi des tags sont apparus (à Lyon, notamment) se félicitant de cet assassinat : « Balle dans le front pour Eric Masson. Prochaine cible BST [les brigades spéciales de terrain] du 8ème ».

Mais, rappelez-vous : des inscriptions ou des propos semblables, il y en a eu après l’assassinat d’Arnaud Beltrame, notamment dans les rangs de LFI, comme on en a lu sur les réseaux sociaux en soutien à Merah après ses crimes toulousains, y compris ce froid assassinat d’une petite fille de 7 ans.

Tout ceci est une suite logique, au fond : Macron a lâché sa police. Pire que cela, il l’a montrée du doigt, il a donné les mots qui la désignent comme dangereuse et punissable.

Consommation trop forte de drogue ?

Pour l’heure, quatre personnes ont été arrêtées dimanche soir : le tueur présumé et sa sœur, à qui appartiendrait la voiture utilisée pour la fuite en Espagne, le chauffeur du véhicule, âgé d’une cinquantaine d’années, et un autre jeune, de 20 ans.

Avec un bon avocat, genre Dupond-Moretti, capable de terroriser les jurés comme il croit pouvoir terroriser Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, le jeune assassin présumé peut s’en tirer par la reconnaissance d’un état de délire morbide dû à la surconsommation de drogue. Il y a eu des précédents…

Celui que l’enquête semble désigner comme l’assassin explique pour l’heure qu’il était chez sa mère au moment des faits. Et son avocat ajoute qu’il n’a pas « le profil d’un tel délinquant » (délinquant ? Le mot est un peu léger !). Pourtant, ce même avocat sait que son (très fidèle) client a déjà été condamné pour violences et pour trafic de drogue. Beau palmarès, tout de même, à 19 ans !

Les policiers, eux, s’expriment avec une grande virulence : « Nous sommes devenus des cibles dans cette société », constate le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. « La lutte contre la délinquance met le policier dans une position de danger, voire met sa vie en danger. » Un comble, dans une société de droit, une société que l’on nous présente comme dé-mo-cra-tique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2021

Napoléon fait de l’ombre au Naboléon élyséen

Napoléon

On ne fêtera pas comme il convient, cette année, le bicentenaire de la mort de l’empereur Napoléon Ier.
Service minimum pour nos communicants, pourtant grands spécialistes de la commémoration et de l’hommage. Pour ne pas déplaire, paraît-il, aux indigénistes et autres procureurs de l’histoire de France, ce pays de « racistes systémiques ».
Mais ne serait-ce pas aussi parce que, 200 ans après, Napoléon fait encore de l’ombre à tous ces médiocres Naboléons, politiciens parvenus qui se sont installés dans la république, à l’image d’Emmanuel Macron lui-même ?
Napoléon Bonaparte, c’est en effet l’anti-Emmanuel Macron.

Mettre fin au chaos ou l’organiser

Napoléon Bonaparte a mis fin au chaos révolutionnaire et réalisé une synthèse imprévue et réussie entre certaines valeurs des Lumières et celles de l’Ancien Régime.
Emmanuel Macron, lui, est l’homme du chaos permanent, l’homme qui s’ingénie à dresser les Français les uns contre les autres, car il ne peut régner qu’en divisant.

Napoléon a reconstruit l’ordre social en particulier grâce à une œuvre remarquable de codification. Grâce à la mise en place d’un État fort et protecteur de l’unité, des libertés et de l’égalité juridique des Français. En mettant en place une véritable méritocratie. En rétablissant aussi la liberté religieuse.
Emmanuel Macron appartient, lui, à la catégorie des déconstructeurs et des iconoclastes : son action vise à déconstruire les systèmes sociaux, à privatiser l’État, à nier l’identité française, à détruire la sûreté publique, à ouvrir toutes grandes les portes à l’immigration. Et à réduire sans cesse la liberté des Français.

Le rang de la France

Napoléon a rendu à la France la place et le rang qu’elle avait perdus sous l’effet de la dégénérescence de la monarchie et du chaos révolutionnaire.
Emmanuel Macron préside, lui, au déclin français sur tous les plans : l’alignement sur l’atlantisme, l’inféodation à l’Allemagne et à la Commission européenne, la soumission aux pétromonarchies, la vente à la découpe du patrimoine économique et industriel, la dépendance internationale.

Napoléon a donné à la France une puissance militaire inégalée, qui lui a permis de tenir tête à toute l’Europe.
Emmanuel Macron, lui, sanctionne ses propres généraux et officiers qui dénoncent le délitement de la France. Et sa police a ordre de reculer devant les racailles.

Un homme d’État

Napoléon était un homme d’État, un fondateur, un politique qui voyait grand et qui savait trancher et résoudre les questions apparemment insolubles, un militaire qui donnait de sa personne. Et même dans sa chute, il fut grand.
Emmanuel Macron, lui, apporte chaque jour la preuve qu’il n’est rien de tout cela.

Napoléon incarnait l’histoire de France et aussi celle de l’Europe.
Emmanuel Macron représente, lui, la France à la dérive et l’Europe en état de mort cérébrale.

Vive l’empereur !

Napoléon reste populaire, et pas seulement en France, 200 ans après sa mort.
Emmanuel Macron, lui, avait déjà atteint son seuil d’impopularité au bout d’une seule année de présidence.

Voilà pourquoi, si en 2021 on peut encore crier « Vive l’Empereur ! », on a la certitude que personne ne criera jamais, librement : « Vive le président Macron ! »

Michel Geoffroy

Texte repris du site Polémia

Covid et réouvertures – Macron fait dans le flou

covid commerces

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation lundi 26 avril 2021 en France est repassé au-dessus de la barre des 6 000 patients, selon les pouvoirs publics. Cette barre des 6 000 patients est élevée, de leur point de vue, puisque lors du pic de l’épidémie en avril 2020, il y avait un peu plus de 7 000 malades accueillis en réanimation. La situation ne semble donc guère s’améliorer. Toutes ces personnes sont hospitalisées dans des services dits de « soins critiques ».

Le franchissement de cette barre symbolique n’a pas empêché Emmanuel Macron de se montrer optimiste lundi. Le chef de l’Etat visitait une école à Melun (Seine-et-Marne), en compagnie du ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer. Ce dernier en a profité pour minimiser les dysfonctionnements de l’école numérique, supposant que les familles ayant rencontré des difficultés de connexion le devaient à des soucis de « cache » dans leur navigateur ou bien au fait de confondre site commercial et site pédagogique du CNED. Pas de hackers russes ou chinois cette fois.

Emmanuel Macron, répondant à une fillette, dans une mise en scène rappelant les films de propagande d’autrefois, a donné des indications peu précises sur le possible assouplissement des mesures de restriction des libertés liées à la crise sanitaire.

Des annonces de réouvertures par exemple, mais partielles et sur le long terme, en particulier pour les terrasses des bars, les restaurants, certains commerces, les cinémas et les lieux de culture. Derrière l’optimisme apparent, les mots du président de la République sont surtout très imprécis : le gouvernement va « essayer de rouvrir les établissements culturels dès la première phase, avec des jauges plus réduites ». L’emploi du verbe « essayer » a été remarqué. Macron a aussi précisé que ces réouvertures dépendaient des taux d’incidence départementaux et locaux. Ce ne serait donc pas partout au même moment. Il a de surcroît expliqué que le couvre-feu pourrait débuter plus tard. Il s’agirait là aussi d’« essayer de le décaler un peu, car 19 heures, c’est trop tôt ». L’explication est à n’en pas douter digne du chef de l’Etat d’un pays tel que la France : « 19 heures, c’est trop tôt ».

Pour les restaurants, secteur où la grogne ne cesse de monter, le chef de l’exécutif s’est montré tout aussi évasif : il a évoqué une « possible réouverture dans les prochaines semaines » dans les zones les moins touchées. Il n’a en revanche pas parlé des centres commerciaux. Un flou qui pourrait être dissipé « dans les prochains jours », le président voulant donner « une vision jusqu’à début juillet ». Il a cependant, peut-être incidemment, fourni une vraie indication : nous devrons vivre avec le virus « pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois ». Un optimisme de façade en somme. Le MEDEF l’a d’ailleurs bien compris, déclarant de son côté, par la voix de son président, que « tout est préférable » à la fermeture. Il espérait néanmoins bien plus. Gabriel Attal déclarait qu’il ne fallait pas croire en un « grand soir économique », le MEDEF aurait aimé un « petit matin ». Avec un petit crème, cela va sans dire.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 27 avril 2021

I-Média – Sécurité. Le coup de com’ de Macron

I-média Macron sécurité

23/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Entretien axé sur la sécurité dans Le Figaro, déplacement auprès des policiers à Montpellier… Emmanuel Macron semble décidé à faire de la sécurité un axe de sa campagne présidentielle pour 2022.

Mais derrière les effets de manche, la réalité est cruelle. L’État français n’arrive pas à juguler la délinquance.


Philippe de Villiers : « J’appelle les Français à s’insurger intellectuellement, moralement, spirituellement ! »

Philippe de Villiers

21/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
C’est le visionnage d’un film racontant un exercice de simulation de pandémie mondiale réalisé le 18 octobre 2019 qui a décidé le fondateur du Puy du Fou à reprendre la plume. Dans son nouvel ouvrage Le Jour d’après, Philippe de Villiers explique le « monde d’après » la pandémie. Car, selon lui, « il y avait des gens qui savaient » ce qui allait se passer.

Explications devant la caméra de Boulevard Voltaire. L’occasion de revenir sur la personnalité d’Emmanuel Macron, les grands débats qui agitent la société française comme la laïcité et le séparatisme, l’emprise des géants du numérique et le basculement de cette France qu’il se refuse à voir sombrer.



Le jour d’après, Ce que je ne savais pas…et vous non plus aux éditions Albin Michel est un livre qui parle de ce monde après pandémie. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

Ce qui m’a poussé à écrire ce livre est un film que j’ai découvert sur YouTube. Il racontait un exercice de simulation de big pharma, big data et big finance qui a eu lieu à New York le 18 octobre 2019 avec des puissances privées. Le forum de Davos était représenté ainsi que la fondation Bill Gates, et organisé par l’université John Hopkins. Cet exercice de simulation portait sur une pandémie de coronavirus à partir d’une affaire de port du Brésil. J’ai été intrigué parce que cet exercice de simulation datait du 18 octobre 2019. Or à l’époque, on ne parlait pas du coronavirus.

À ce moment, je me suis dit que des gens savaient. Je n’ai pas dit qu’ils avaient inventé le virus, car je ne suis pas complotiste et je n’ai pas d’idée sur la question du virus. Ce n’est pas mon sujet.

J’ai déduit de ce film que des gens savaient ou se doutaient. J’ai eu entre les mains un livre de monsieur Klaus Schwab, président du forum de Davos qui s’appelle Covid-19 la réinitialisation du monde. Le great reset veut dire mettre le monde sur pause et repartir sur autre chose.

Il y a une phrase clé dans ce livre : « Il faut que la pandémie soit une fenêtre d’opportunité ». Pourquoi faire ? Eh bien, pour changer de société et pour la numériser.

Le 3 juin 2020, une vidéo-conférence de presse mondiale développe la fenêtre d’opportunité. Cette dernière est la digitalisation du monde et le virus climatique. L’idée de tous ces géants du « capitalisme de surveillance » comme ils s’appellent eux-mêmes est d’imposer le contrôle total par le numérique. Plus précisément de capter notre fort intime avec les algorithmes.

J’ai décidé d’écrire ce livre parce que je me suis dit qu’on y allait tout droit. Le jour d’après nous fait entrer dans un monde où au nom du tout sanitaire, on sacrifie la jeunesse et la transmission. Au nom du tout numérique, on sacrifie la société de voisinage, les métiers de la main et du cœur. Au nom du transhumanisme, on dénature l’espèce humaine.

La leçon que je tire dans la conclusion de mon livre, c’est que des gens savaient ce qu’ils faisaient. Ils voulaient un monde sans frontières. Ils savaient qu’un monde sans cloisons est un monde hautement pathogène. Ils le savaient et ils ont pris le risque.

Les uns, par calcul idéologique pour remplacer les murs par des ponts comme dirait le Pape François. C’est-à-dire un monde d’un seul tenant, la fraternité cosmique.

Et les autres, par un calcul économique pour ouvrir un marché planétaire de masse. Le calcul et l’idéologie se sont épaulés. Ils savaient que ce monde-là allait faire circuler le virus. Il y a 200 000 virus par an. Pour eux, c’était d’un grand profit parce que c’était l’occasion d’entrer dans ce monde numérique qui est en train de nous détruire.

Ils ont fait ce monde sans frontières, la fameuse mondialisation heureuse parce que cela permettait aux géants du numérique de prospérer et à nos gouvernants, d’exercer un contrôle total, une société disciplinaire.

Lorsqu’Emmanuel Macron n’était encore que ministre, nous l’avions vu parader sur un char au Puy du Fou. On vous a vu vous afficher ensemble et développer ce qui paraissait de l’extérieur, comme étant une amitié assez solide. Aujourd’hui, Emmanuel Macron est pour vous l’ennemi incarné. Que s’est-il passé ? Comment ce roi du « en même temps » a pu vous convaincre qu’il pouvait incarner une certaine idée de la France ?

Les choses sont très simples. Emmanuel Macron a souhaité me rencontrer en venant au Puy du Fou. Il m’a dit « je comprends très bien ce que vous me dites. Je suis moi aussi un homme des racines. » Dès le début, il était clair, qu’entre lui et moi, avec Brigitte comme grand témoin, que nous n’avions pas du tout les mêmes idées. Amitié, oui, mais dans la vérité. À un moment donné, la vérité est trop cruelle. Je me suis très vite aperçu qu’il tenait un double discours. Lorsqu’il dit dans un grand journal du matin « je veux une société française pénible » et qu’en même temps sur une télévision américaine il dit qu’il faut déconstruire l’Histoire de la France, je me suis dit que cela ne collait pas. Ce personnage est double. J’ai longtemps serré le frein parce que je voulais, malgré tout, que cela fonctionne. Je me disais qu’il allait peut-être écouter ce que moi et d’autres avions à lui dire.

À un moment donné, ce n’était plus possible. Comme l’échéance arrive et qu’il nous a bâillonnés, enfermés et masqués, il s’est lui-même déconfiné. Le confinement l’a déconfiné à mes yeux. Par conséquent, j’ai jugé que le moment était venu de dire sur la place publique tout ce que je pensais.

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Un ministre algérien traite la France d’« ennemi traditionnel » : Macron ne bronche pas

Algérie

Tandis qu’Emmanuel Macron fait copaincopain avec son homologue Abdelmadjid Tebboune, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale algérien, El Hachemi Djaâboub, a qualifié la France d’« ennemi traditionnel et éternel ». Cette gentillesse, envoyée alors que Jean Castex et trois autres ministres devaient se rendre en Algérie dimanche, a, sans doute, influé sur la décision d’annuler cette visite. Mais elle traduit aussi le double jeu des dirigeants algériens, qui présentent la France comme un repoussoir pour occulter leurs carences dans la gestion de leur pays.

Matignon annonce, dans un communiqué, que cette rencontre, programmée pour soutenir la coopération bilatérale, est « reportée à une date ultérieure ». Non pour protester contre le propos du ministre algérien mais, selon le communiqué officiel, pour tenir compte du « contexte sanitaire » et d’un commun accord. Des médias algériens, comme la chaîne privée Ennabar, semblent plus proches de la vérité quand il précisent que « la visite a été reportée à la demande de la partie algérienne, en raison de ses réserves sur la délégation qui ne correspond pas à l’importance de l’événement ».

Si l’on comprend bien, ce ne serait pas l’Algérie qui aurait offensé la France mais la France qui aurait offensé l’Algérie. Certes, le nombre de ministres français, initialement fixé à huit, s’est progressivement rétréci comme peau de chagrin : finalement, seuls Le Drian et Le Maire devaient accompagner le Premier ministre. Les dirigeants algériens sont peut-être susceptibles, mais ils usent de cette susceptibilité pour exiger toujours davantage.

Pourtant, Macron en tête, nos dirigeants ont déjà donné beaucoup de gages pour tenter d’obtenir les bonnes grâces de l’Algérie : qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité » constitue le summum de l’indécence, mais on pourrait y ajouter les hommages rendus à des complices du FLN, l’opprobre lancé contre l’armée française ou encore le rapport de Benjamin Stora, se comportant plus en militant qu’en historien, qui fait la part belle à l’Algérie.

Ils continuent de croire que la repentance est une vertu alors qu’elle incite l’Algérie à redoubler ses exigences. Leur pusillanimité devant cette affront est une nouvelle forme de renoncement. Sans compter que la victimisation alimente la haine d’une partie de la population d’origine immigrée qui y voit une bonne raison de ne pas s’intégrer et de rejeter toute assimilation. On lui a mis dans l’esprit qu’elle avait été exploitée par les colonisateurs : c’est à son tour de les coloniser.

Sans doute existe-t-il, parmi les dirigeants algériens, des personnes prêtes à coopérer avec la France, de manière constructive et dans l’intérêt des deux pays. Mais la plupart d’entre eux ne pensent qu’à conserver le pouvoir tout en tirant, sans contreparties, le maximum de profit de la France. Il est temps que le gouvernement soutienne, s’il y en a, les partisans d’une coopération sincère et rompe avec la mauvaise habitude de se soumettre.

La France a apporté à l’Algérie un développement économique et social qu’elle n’aurait sans doute jamais connu sans elle et que ses dirigeants ont dilapidé. C’est peut-être cette vérité que le gouvernement algérien a le plus de mal à digérer. Mais le plus coupable, c’est Macron, parce qu’il la méconnaît et, ce faisant, trahit l’Histoire de la France.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean Messiha : « Emmanuel Macron supprime l’ENA par pure démagogie et pour aligner les gens vers le bas au lieu de les tirer vers le haut par le mérite »

Jean Messiha

Emmanuel Macron a annoncé, le 8 avril, la suppression de l’ENA (École nationale d’administration), symbole de l’élite française, dans le but de diversifier les profils de la haute fonction publique.

Voici la réaction de Jean Messiha, ancien élève de l’ENA, dans les colonnes de Boulevard Voltaire.

Emmanuel Macron l’a annoncé, il va supprimer l’ENA, l’École nationale d’administration. Cette école est prestigieuse et formait les hauts fonctionnaires de ce pays. Vous avez vous-même fait cette école, que pensez-vous de la décision du chef de l’État ?

Je pense qu’Emmanuel Macron n’est pas à un reniement près. Les Français gardent le souvenir d’un Emmanuel Macron qui disait qu’il allait soutenir l’ENA et la réformer, mais au contraire la rendre plus performante et plus accessible. Il a changé d’avis sous le coup de plusieurs facteurs.

D’abord, un facteur démagogique, puisque la crise des gilets jaunes était l’une des réclamations d’un certain nombre de personnes. Démagogiquement parlant, le débat n’est pas sur la suppression de l’ENA, mais plutôt sur la perte du pouvoir du politique. La nature ayant horreur du vide, quand le politique se retire et joue lui-même le pouvoir administratif, il y a une sorte de porosité et d’osmose de la haute administration qui a tendance à cannibaliser l’espace laissé libre par des politiques impuissants.

Notre société reflète davantage l’impuissance, la castration de la puissance politique davantage que la surpuissance de fonctionnaires qui n’ont de légitimité que celle que le politique veut bien leur donner.

Le deuxième problème est celui qu’éprouve une population de plus en plus nombreuse d’origine immigrée, par la démographie, par l’immigration surreprésentée par des minorités actives d’indigénistes, de décoloniaux et de ceux qui soutiennent la discrimination positive et pour qui la méritocratie pose un problème.

La méritocratie républicaine est, historiquement, un système basé sur l’effort et, comme son nom l’indique, sur le mérite. Or, un certain nombre d’individus qui ont des relais puissants jusque dans l’appareil d’État et jusqu’au sommet de l’État pensent que, de par le fait que ce système est exigeant, il devient raciste. Il faudrait niveler toutes les institutions académiques et universitaires de la République vers le bas afin de les rendre accessibles beaucoup plus facilement à des populations ou à des candidats qui n’ont pas le niveau et qui refusent de l’avoir. C’est beaucoup plus facile de contourner la méritocratie républicaine par des dispositifs de discrimination positive plutôt que de se donner les moyens de réussir un concours qui est le même pour tous.

Selon vous, la démagogie va-t-elle amener un nivellement par le bas ?

Oui. Quand on lit l’exposé des motifs de la suppression de l’ENA, il est question que son recrutement soit plus divers et qu’il y ait un certain nombre de candidats issus de populations différentes. Lorsqu’on lit entre les lignes, on voit la logique qui se trouve derrière. La suppression de l’ENA participe de ce qu’on appelle le privilège blanc, le racisme, etc. Tous ces concepts sont autant de pistolets placés sur la tempe de la République française afin qu’elle s’aligne vers le bas plutôt que de tirer les gens vers le haut. Le véritable racisme est là. Considérer que parce que vous avez une certaine couleur de peau ou une certaine origine ethnique vous n’êtes pas capable par vous-même, selon vos propres efforts et votre propre mérite, d’accéder à un concours qui est le même pour tous, c’est du racisme ! On va s’adapter à vous puisqu’on considère que vous êtes différents ou que vous n’avez pas les qualités requises, intrinsèquement parlant et ontologiquement parlant, pour pouvoir réussir dans les mêmes conditions que les autres. Ça, c’est du racisme !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Me Fabrice Di Vizio : « J’attends d’Emmanuel Macron qu’il nous explique que ce n’est pas une petite mafia médicale qui vient décider des politiques de santé publique de ce pays ! »

Fabrice Di Vizio

01/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Boulevard Voltaire a donné la parole au médiatique avocat Fabrice Di Vizio.

Il nous livre son analyse sur la situation sanitaire : pressions des médecins, poids des laboratoires pharmaceutiques et marges de manœuvre de l’exécutif.