Macronie : le poisson pourrit par la tête, par Ivan Rioufol

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la Macronie. Tout pue la lâcheté, la traîtrise, l’intérêt clanique, le compromis avilissant. Les médias sont tellement somnolents qu’ils ne s’indignent même pas de l’effondrement de l’Etat devant les nouvelles minorités ethniques, quand elles exhibent leur couleur de peau pour exiger les excuses des Blancs. Mêmes les clandestins s’autorisent à manifester massivement. Les prétendus défenseurs de la démocratie, eux, ont déjà oublié le scandale politique, révélé l’autre jour par Eliane Houlette, procureur du parquet national financier, d’une justice en lien constant avec le pouvoir dans la chute de François Fillon, candidat favori à l’élection présidentielle de 2017.

Parallèlement, l’heureuse démolition de la loi Avia par le Conseil constitutionnel, jeudi, n’a conduit à aucune mise en cause des mouvements “antiracistes” qui, Licra en tête, ont comme objectif d’ajouter toujours plus de lois liberticides à la libre expression, afin de protéger une diversité victimaire. Et voici que l’on apprend que les 150 membres tirés au sort de la convention citoyenne pour le climat, qui ont rendu leurs conclusions dimanche, ont été cornaqués par 140 experts. Relire Marc Bloch, dans L’Etrange défaite : “Rien ne trahit plus crûment la mollesse d’un gouvernement que sa capitulation devant les techniciens“.

La pensée confuse ajoute à la crise de l’intelligence qui empêche la Macronie jacteuse de parler clair et d’employer des mots justes. Le “en même temps” présidentiel produit des coquecigrues à la chaîne. Hier, c’est la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui s’est emmêlée dans ses explications verbeuses en justifiant que telle infirmière, Farida C., qui lançait des projectiles contre la police, réponde de ses actes tout en déclarant : “Je ne saurais pas expliquer à mes enfants s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre“. En réalité, cette phrase indigne dit le doute qui s’est installé au cœur de l’Etat léthargique sur sa légitimité à affronter ceux qui ont compris l’intérêt qu’ils avaient à se plaindre d’être “discriminés” ou d’être les cibles d’une “police raciste”.

Partout où le regard se porte désormais, la violence est là au quotidien. Elle n’est plus seulement sociale. Elle est devenue raciale, identitaire, communautaire. Elle est revancharde pour ceux qui se réclament de la colonisation française passée. L’effacement de la force publique face aux affrontements entre communautés musulmanes, récemment à Dijon, n’a été qu’un symptôme d’une capitulation plus générale qui gagne, comme un virus, le sommet de l’Etat. Le poisson est en train de pourrir par la tête. La relève est urgente.

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Déconfinement : mémoire courte et lâche soulagement

Et si Emmanuel Macron faisait oublier son bilan désastreux durant cette crise du Covid-19 ? Les Français vont-ils tout oublier à la faveur du déconfinement ? Pierre Boisguilbert, contributeur régulier de notre site estime ce risque malheureusement très élevé.

« Vous verrez qu’ils finiront par leur dire merci. » On entend cette petite phrase de plus en plus. Et ce que l’on voit depuis le début du confinement en est souvent, une consternante confirmation. « Français, vous avez la mémoire courte », avait dit le maréchal Pétain.

Démocratie Alzheimer

Et c’est vrai que, devant le lâche soulagement de la population devant quelques libertés retrouvées, on peut se demander si la Macronie ne va pas s’en tirer à son avantage. Devant la joie de pouvoir prendre un pot dehors avec copains et copines, tout paraît oublié. Oublié le scandale des masques et des tests, oubliés les mensonges et l’abandon des populations sensibles. On voit bien que c’est la vague du retour au monde d’avant, de consommation et d’égoïsme, qui remplace la peur de la deuxième vague. Ceux qui avaient annoncé un monde plus responsable n’ont qu’à regarder la pelouse des Invalides transformée en déchèterie par la génération écologie pour se dire que, décidément, l’être humain ne tire leçon de rien.

Pour nos gouvernants, s’ils ne sont pas sanctionnés par les tribunaux ou dans les urnes, ce sera encore marquant. Ceux qui vantent le travail pour lutter contre le désastre social, la famille pour briser les isolements générationnels et la patrie pour redonner une souveraineté par son économie à notre pays auront tout oublié si le peuple oublie. Nous sommes dans une démocratie Alzheimer. Nous n’avons plus de mémoire immédiate, mais une mémoire du temps passé qui permet de vivre dans un monde virtuel et une histoire reconstituée, sans s’affronter aux réalités du moment.

L’incompétence de nos dirigeants pendant cette crise aurait dû leur être fatale. Cela a paru un moment une évidence. Certains auraient même dû se faire seppûku ou du moins démissionner. La juste colère populaire aurait dû dès le déconfinement les submerger. Mais on se dit maintenant que l’épidémie a autant de chances, sinon plus, de renforcer le pouvoir que de l’affaiblir et c’est assez démoralisant pour ceux qui espèrent une réaction populaire contre les élites faillies. On voit bien également un rebond du Politiquement Correct qui a profité de la passivité des téléspectateurs captifs du confinement — valorisation de la diversité et du rôle des femmes, accroissement de la censure des opinions divergentes.

Le seul véritable ennemi du pouvoir, ce sont ses incohérences. On ne peut pas imposer le vélo pour sauver la planète et obliger le petit peuple à acheter des voitures électriques pour sauver Renault. On est toujours dans le même discours de la démocratie des hypocrites. Les masques ne servent à rien puisque nous n’en avons pas, ils sont indispensables dès lors que en avons et, grâce à nous, vous êtes sauvés. Finalement, de quoi vous plaignez vous ?

« La crise est finie et grâce au pouvoir vous êtes toujours vivants, ne soyez pas ingrat. » Voila la petite musique que l’on tente d’imposer. Et qui, hélas ! peut marcher. Les populistes finiront-ils par désespérer eux-mêmes du peuple ? C’est tout de même au peuple de montrer à ses défenseurs qu’il est à la hauteur des responsabilités historiques pour la nation, qu’on lui a confisquées et qu’il s’agit de lui redonner. Le pouvoir est à prendre mais il ne suffira pas de se vautrer aux Invalides ou sur les quais de Seine pour le ramasser.

Un espoir cependant. On sait que l’émergence politique de Jean-Marie Le Pen a été tout d’abord une émergence médiatique. Un tribun convaincant, disant enfin autre chose, a crevé l’écran pendant une Heure de vérité en 1984. Le débat Zemmour-Onfray sur Cnews a stupéfié les téléspectateurs par son niveau. Sans parler d’adhésion aux penseurs de la diversité souverainiste, il y a eu reconnaissance d’une confrontation d’intelligences. Ils ont fait la différence dans le débat d’idées. Sur une grande chaine nationale se serait produit un effet Le Pen. On comprend que les Avia et autres Sibeth veuillent interdire une expression de qualité en la diabolisant car, dans ce domaine, la Macronie ne fait pas plus le poids qu’ailleurs. On pensait que tout le monde, et pas seulement Gérard Collomb s’en était rendu compte, et allait en tirer les conséquences. Pour le constat c’est certain ; pour les conséquences, entre mémoire courte et lâche soulagement, c’est hélas bien moins sûr.

Pierre Boisguilbert

Texte daté du 15 juin 2020 et repris du site Polémia

Oui, Macron morcelle un peu plus la France, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron dira sans doute, ce dimanche soir, tout le bien qu’il pense de la police, accusée d’être raciste et violente par des minorités ethniques revanchardes. Il mettra en garde, probablement, contre le séparatisme qu’elles veulent politiquement imposer en France. Le président de la République ne peut, certes, être tenu pour responsable de quarante ans de somnambulisme d’Etat. Cela fait des décennies que le ver du racialisme a été introduit dans le discours dominant par l’idéologie antiraciste. Celle-ci ne juge qu’en fonction de la couleur de la peau et de l’origine. Le Noir et l’Arabe sont victimes, forcément victimes.

Leurs droits les exonèrent de leurs devoirs. Reste que Macron n’a jamais rien fait pour résister à ce lent poison différentialiste, qui détruit la nation de l’intérieur en la fragmentant. Au contraire : il a aggravé le multiculturalisme, qui rend impossible le vivre ensemble. Faut-il rappeler certaines de ses déclarations ? “Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse” (Lyon, février 2017) ; “La colonisation est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une barbarie” (Alger, février 2017) ; “Je vois les Arméniens, les Comoriens, les Italiens, les Algériens, les Marocains, etc.(…) Je vois les Français !” (Marseille, mai 2017) ;”Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises. Son épicentre (…) est sans doute dans le bassin du fleuve Congo” (Erevan, Arménie, octobre 2018) ; “Deux mâles blancs qui ne vivent pas dans les banlieues se remettent un rapport sur les banlieues” (mai 2018, à propos du rapport Borloo). Oui, Macron s’est soumis de bonne grâce au communautarisme, qui a déclaré la guerre à la nation indivisible. Osera-t-il enfin, ce soir, désigner l’adversaire, soutenu par l’extrême gauche antisémite et l’islamisme conquérant ?

La lâcheté des “élites”, prêtes à s’agenouiller ces jours-ci devant la fierté Noire, est à la source de la débandade de l’Etat. Elle fut prophétisée par Jean Raspail, mort samedi, dans Le Camp des Saints (1973). L’ordre sanitaire, qui vient d’immobiliser le pays sous la férule policière, ne peut faire illusion sur l’autorité réelle du gouvernement : le voici qui s’excuse devant les minorités tyranniques. Elles accusent la France de tous les maux, mais acceptent ses générosités. Des descendants de colonisés ont entrepris de coloniser la nation qu’ils détestent. Le récent lâchage des policiers par leur chef, Christophe Castaner, n’est pas le moindre des abandons d’un dirigeant. Son recul face aux culpabilisations des racialistes mériterait sa démission. Pour avoir déclaré que “l’émotion dépasse les règles juridiques”, le ministre de l’Intérieur a rendu l’Etat de droit flexible, donc inopérant.

Comment comprendre, en effet, que des manifestations “antiracistes”, interdites par l’état d’urgence sanitaire (pas plus de dix personnes), soient autorisées ? La république vacille, contaminée par le virus de la haine anti-occcidentale. Mais une nation ne peut se défendre si elle se montre incapable de protéger son histoire. Même Jean-Marc Ayrault, ancien premier ministre, s’en prend maintenant à Colbert, pensant flatter les révisionnistes de la “diversité”. Samedi, à Paris, la manifestation “antiraciste” organisée par le collectif Adama Traoré a laissé voir sa récupération par l’islamo-gauchisme, à travers des insultes antisémites (“Sales Juifs !”) et des slogans antisionistes. Voilà quel est l’état désastreux de la France, à quelques heures de la déclaration présidentielle. Plus que jamais, la question identitaire s’impose dans le débat public. Il s’agit de protéger la nation de ses ennemis intérieurs et de ses traîtres, jusqu’ici épargnés par Macron. Cette résistance doit unir tous ceux qui ne veulent pas voir la France mourir. Prise au cou, elle n’arrive pas à respirer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 juin 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les Traoré : Leonarda en pire !, par Philippe Bilger

Au regard du présent et de sa déréliction politique et judiciaire, l’affaire Leonarda et le dialogue entre celle-ci et l’ex-président Hollande vont bientôt apparaître comme un exemple de gentillesse républicaine.

Parce que l’information ouverte – toujours en cours, c’est le point central – à la suite de la mort d’Adama Traoré, les interventions multiples qu’elle suscite, les immixtions scandaleuses qu’elle engendre, les pressions et la complaisance médiatiques concernant la famille Traoré “vendue” tel un exemple à suivre mais dont le passé, pour certains de ses membres, est rien moins qu’irréprochable, dépassent l’entendement.

Plus une mobilisation nationale prévue, à l’initiative de cette même famille, le 10 juin mais il va de soi qu’on respecte l’indépendance de la Justice !

J’espère que les “émotions” de Christophe Castaner ne l’empêcheront pas d’être ministre !

Mais on n’avait encore rien vu !

Si le président de la République a demandé à la garde des Sceaux de recevoir les soeurs d’Adama Traoré, je considère que c’est une honte.

S’il ne l’a pas fait mais que l’idée ait germé dans la tête de Nicole Belloubet et que celle-ci ait été prête à favoriser cette indécence, j’estime que c’est un scandale.

Que la République soit humiliée au point de devoir recevoir des leçons de la famille Traoré sur l’état de droit et la séparation des pouvoirs, représente un affront dont normalement on ne devrait pas se remettre.

On peut compter sur celle-ci et son avocat, Me Yassine Bouzrou, l’une et l’autre s’excitant et se “chauffant”, pour tirer profit de cette pantalonnade où le fond est atteint.

D’autant plus que le procureur de la République de Paris a éprouvé le besoin de faire un communiqué sur cette affaire : il est clair qu’elle n’était pas encore assez hypertrophiée !

Indépendance et sérénité de la Justice mises à mal.

Démocratie ridiculisée.

Etat de droit enseigné par de piètres professeurs.

L’honneur de la France est bien ébréché.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

L’ignominie d’Emmanuel Macron, par Guy Milliere

Je n’ai cessé de le dire bien avant que Macron soit élu Président. Macron est un imposteur. C’est surtout un homme dangereux.

Il est arrivé au pouvoir en se comportant sans scrupule vis-à-vis de quiconque.

Grâce à une gigantesque opération mêlant publicité, propagande et instrumentalisation de la justice.

Avant que le coronavirus de Wuhan ne déferle sur la France, il avait déjà montré ce qu’il y avait de vil en lui.

Ce qui a mené au soulèvement des gilets jaunes a été son insupportable mépris pour les gens qui ne sont pas de sa caste, qu’il n’a cessé d’insulter.

Ses réponses au soulèvement des gilets jaunes qui, au commencement, était une révolte contre l’oppression étatique et fiscale, ont été absolument odieuses.

Elles ont associé le dédain arrogant au recours à la violence policière, agrémenté de l’usage de gauchistes violents chargés de faire apparaître de pauvres gens désespérés comme des barbares et des casseurs.

Son attitude pendant la grève contre la réforme des retraites a été identique.

Il était devenu à ce moment le Président le plus détesté depuis le début de la Ve République.

Puis est venu ce qui constitue pour l’heure une forme d’apothéose dans l’ignominie et l’horreur : la gestion de la pandémie. Les mensonges ont succédé aux mensonges, les mesures ineptes se sont ajoutées aux mesures monstrueuses.

Les frontières ont été laissées ouvertes jusqu’à une date tardive et les vols venus de Chine ont apporté leurs suppléments de contagion.

Les masques et les moyens de protection ont manqué au personnel soignant.

L’absence de gestion en aval a conduit à l’engorgement des hôpitaux, au tri des malades et au recours à l’euthanasie.

La peur a été agitée pour obtenir la soumission et un emprisonnement de la population sous contrôle policier.

Les Français ont dû passer ensuite à la liberté surveillée.

Des milliers d’entreprises vont déposer leur bilan.

La France sera en récession, voire en dépression, pendant une période indéterminée qui s’étendra jusqu’au milieu de 2021 peut-être au-delà.

En parallèle, les médecins en France se sont vu retirer l’autorisation de prescrire et n’ont pu offrir que paracétamol ou Rivotril.

L’hydroxychloroquine est soudain devenue un médicament diabolique et le professeur Raoult, qui s’est comporté en médecin digne de ce nom d’un bout à l’autre de la pandémie, a subi une opération de démolition qui a pu ressembler aux minutes de haine décrites dans le « 1984 » de George Orwell.

Des imposteurs dont la cuistrerie grandiloquente ressemblait à celle du docteur Diafoirus, si bien décrit jadis par Molière, se sont répandus en propos imbéciles sur les plateaux de télévision où les vomissures qu’ils ont proférées ont alterné avec leurs paroles de mansuétude servile envers le Président et le gouvernement.

Un « conseil de scientifiques » lié à de grands laboratoires est censé avoir « conseillé » la clique au pouvoir et est co-responsable de ce qui serait une simple farce ignoble s’il n’y avait des milliers morts et des millions de chômeurs et de gens réduits à la misère.

La situation est grave.

La France n’a pas été le seul pays où de mauvaises décisions aux conséquences mortelles ont été prises, mais – et j’ai bien observé –, dans aucun pays autant de mensonges contradictoires n’ont été proférés, dans aucun pays un soi-disant Président et un soi-disant gouvernement ne se sont moqués à ce point de la population.

Dans aucun pays, de soi-disant « scientifiques » ne se sont conduits ainsi. Dans aucun pays, autant de médias ne se sont faits complices à ce degré.

Il reste en France des hommes et des femmes politiques dignes de ce nom, des médecins intègres, des journalistes scrupuleux.

Cela suffira-t-il pour redresser le pays avant qu’il soit trop tard ? J’aimerais le penser. Pour l’heure, je n’y parviens pas. Je vois, avec douleur, le désastre, surtout le désastre.

Les mois à venir vont être douloureux, vraisemblablement ­ho­r­ribles. Toutes les institutions seraient à rebâtir, car elles sont toutes à terre. Et je n’ai rien dit des zones de non-droit, de l’islamisation du pays, du fait que tous les leviers de pouvoirs restent dans les mains de gens qui n’auraient jamais dû être à même de s’en approcher.

Est-il possible encore de sauver la France ? On le saura bientôt. Il reste peu de temps.

Guy Milliere

Tribune reprise de les4verites.com

Monsieur le président, que faites-vous de tous les citoyens lambda ?, par Philippe Bilger

On sait bien que de ma part l’évocation des citoyens lambda n’a rien à voir avec une quelconque dérision.

Ce sont ceux qu’on ne fait pas venir à la télévision pour proférer des absurdités comme Camélia Jordana le 23 mai.

C’est la multitude de ceux, monsieur le président, qui n’ont pas votre numéro de portable ou qui ne connaissent pas Patrick Sébastien pour qu’il vous transmette des messages.

C’est la masse des citoyens qui font silence et qui ne sont pas dans la lumière. Pardon d’user de ce terme qui fait mal aux esprits et aux oreilles distingués : c’est le peuple anonyme qu’à l’évidence vous n’écoutez pas.

Je ne crois pas une seconde que vous ayez peur, pour l’élection de 2022, de la candidature d’histrions talentueux ou non comme par exemple Cyril Hanouna ou Jean-Marie Bigard.

Vous seriez plus inquiet de l’irruption dans le champ présidentiel d’un Eric Zemmour mais j’espère que celui-ci aura la sagesse de considérer que son succès légitime provient davantage de la liberté et de la lucidité de sa pensée décapante dans un monde qui se cache souvent le réel, que de l’envie de le voir à l’Elysée, charge pour laquelle à mon sens il ne serait pas fait.

Vous seriez beaucoup plus préoccupé sur le plan politique si l’un des frères de Villiers décidait de se présenter avec cette chance cependant pour vous que Philippe, souverainiste, serait partiellement sur le terrain du RN et que Pierre a toujours dénié avoir des ambitions de ce type.

Monsieur le président, on pouvait croire qu’après les revendications multiformes des Gilets jaunes – “plus qu’une émeute, moins qu’une révolution” -, votre refus de dialoguer tout de suite avec eux mais votre prise de conscience apparente plus tard, vous aviez tout compris. Compris que le peuple existait, que le clinquant de la politique non seulement ne l’intéressait pas mais qu’il le méprisait et qu’en définitive il préférait une action obscure mais solidaire et efficace plutôt que les jeux classiques d’Un Etat cultivant l’entre-soi.

Mais comment ne pas être déçu quand on constate que vous êtes tombé dans une posture qui donne du pouvoir une étrange image ? Certes je suppose que le pouvoir, sorti de votre orbite directe, continue à peu près à fonctionner de manière cohérente sous l’autorité d’un Premier ministre dont je devine au mieux la patience, au pire l’irritation. Qui fait preuve d’une modestie et d’un pragmatisme qu’il serait honteux d’oublier, pour charger sa barque, au moment du règlement des comptes.

Mais de votre part quelle surprenante peopolisation de la politique ! Celle-ci est-elle réservée aux gens connus ?

Le Puy du Fou et sa réouverture nécessaire devaient-ils être abordés par un quatuor: le Premier ministre, Villiers père et fils et vous-même avec cet enseignement supplémentaire que pour vous donner le beau rôle, celui qui dit oui, vous n’hésitez pas à perturber le fonctionnement institutionnel et à battre en brèche la loi comme, paraît-il, Edouard Philippe vous l’aurait reproché (Le Figaro).

Pire, parce que Jean-Marie Bigard a poussé un “coup de gueule” en faveur de la “libération” des bars et restaurants, vous prenez la peine de téléphoner à ce monsieur parce que vous avez été informé par Patrick Sébastien de sa charge. Mais où se trouve-t-on ? Dans quel pays, dans quelle démocratie ? Les décisions passent par des personnalités qui n’ont que l’avantage d’être médiatiquement promues et de faire du bruit ? La République résistera-t-elle à ce double jeu, à ce je double où le Premier ministre tente de maintenir une normalité dans l’élaboration et la mise en oeuvre des décisions et où vous vous plaisez à la subvertir ?

Pour lire la suite, c’est ici !

Michel Onfray : « Emmanuel Macron qui se plaint n’est pas au bout de ses peines: son calvaire est devant lui »

Dans une tribune intitulée “Des nouvelles du radeau de la méduse” et publiée sur son site, Michel Onfray dénonce les mensonges du pouvoir depuis le début de la crise sanitaire.

Voici un extrait :

“Emmanuel Macron parle beaucoup, il verbigère sans cesse. On se demande à quoi servent ses sorties qui le tiennent éloigné du bureau où les citoyens pourraient attendre qu’il y effectue son travail de chef de l’Etat! Des producteurs bretons de fraises hors sol, des instituteurs dans leurs écoles, plusieurs fois des soignants dans leurs hôpitaux, le professeur Raoult dans son bureau marseillais, le fantôme du général de Gaulle sur ses champs de bataille: à quoi bon ces exhibitions si ce n’est pour saturer les médias de sa personne?

A la Pitié-Salpêtrière, il dit: «on a sans doute (sic) fait une erreur sur la stratégie annoncée». Les journaux à son service s’empressent de parler d’un mea culpa! C’est mal comprendre ce qui s’est dit: d’abord convenir que la stratégie ne fut, peut-être, pas bonne, ça n’est pas dire que l’objectif qu’elle visait était mauvais! N’oublions pas le «sans doute» qui est une litote car, au contraire de la chose annoncée, l’expression signifie: peut-être, probablement, mais pas certainement. Une erreur, sans doute, sur la façon de faire n’est pas un aveu que le but n’était pas bon. Si l’on débarrasse cette phrase de sa tournure alambiquée, confuse, obscure, Macron dit: «l’objectif de mettre les hôpitaux au pain sec n’était pas mauvais, mais nous nous y sommes peut-être mal pris pour réaliser ce projet…». Mea culpa disent les journalistes! Aveu naïf et cynique bien plutôt…

Car Macron verse des larmes de crocodile: depuis qu’il occupe l’Elysée, il sait en effet très bien ce qu’il fait en commandant au rouleau compresseur maastrichtien de passer sur la santé publique française, d’écraser l’instruction publique française, de broyer le système de retraite français, de compacter l’industrie française, d’aplatir la culture française, de laminer la civilisation judéo-chrétienne, de compresser l’histoire de France -puisque c’est son programme.

Le pire n’est pas qu’il fasse semblant de confesser une erreur sur la stratégie et non sur l’objectif, mais bien plutôt qu’il mente en disant qu’il croyait bien faire, mais cette conclusion sidérante: «C’est très cruel pour moi-même»! On croit rêver: cette épidémie n’est pas cruelle pour les bientôt trente mille morts, pour les trente mille familles en deuil qui n’ont pas pu accompagner leurs défunts dans les cimetières, pour ceux qui savaient leurs morts dans des entrepôts frigorifiques de Rungis sans pouvoir les y visiter, pour les personnes âgées triées dans les couloirs des urgences hospitalières et renvoyées chez elles, donc à la mort, pour les anciens abandonnés dans les mouroirs que sont les EHPAD, pour les médecins et les infirmières qui, faute de masques et de protections, sont morts au travail, pour les enfants qui sont de ce fait privés de père ou de mère, les maris privés de leurs femmes, les femmes privés de leurs maris, pour les artisans et les commerçants qui ont fait ou vont faire faillite, non, elle était cruelle pour sa petite personne dépassée par les évènements… Peut-on faire aveu plus narcissique ou égotiste? Cet homme est incapable d’empathie, il n’a d’amour que de lui-même. Il n’a que faire de la France et des Français.

Or, Emmanuel Macron qui se plaint n’est pas au bout de ses peines: son calvaire est devant lui.”

Tribune reprise de michelonfray.com

Réouverture du Puy du Fou : Emmanuel Macron donne raison à Philippe de Villiers

25/05/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est la bonne nouvelle du jour : le Puy du Fou est autorisé à rouvrir ces portes à compter du 2 juin. Le parc à thème de renommée internationale fondé par Philippe de Villiers en 1989 a dans la foulée annoncé sa réouverture le 11, le temps de relancer la machine. Cette annonce intervient après une âpre lutte entre l’ancien président du Conseil régional de Vendée, le Premier ministre et le président de la République. De promesses en revirements, de coups de fil en SMS, le feu vert est finalement venu de l’Élysée, par fait du Prince.
L’affaire du Puy du Fou, psychodrame au sommet de l’État, s’est donc terminée par la déconfiture d’Edouard Philippe publiquement désavoué

Dans un article paru sur le site web de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles le 20 mai, Charlotte d’Ornellas et Geoffroy Lejeune ont dévoilé le dessous des cartes d’un drame en cinq actes.

Acte I : en raison des mesures de confinement, le Puy du Fou n’est pas autorisé à lancer sa saison. Le manque à gagner est énorme, près d’un million par jour. Villiers peste contre la technostructure parisienne qui menace la pérennité de ce qu’il considère être l’œuvre de sa vie.

Acte II : Le 13 avril, Macron le répète à l’envie, le 11 mai le pays sera dé-confiné. Mais, à la fin du discours, c’est la douche froide. Pas un mot sur les parcs à thème. Irrité, Villiers en fait aussitôt part au président par téléphone. Macron donne alors sa parole d’honneur : dans la semaine qui suit le 11 mai, le Puy du Fou ouvrira ses portes.

Acte III : lors d’une réunion à l’Élysée organisée pour le secteur de la restauration le 24 avril, à laquelle est aussi convié Nicolas de Villiers, fils de Philippe et président du Puy du Fou, la date du 2 juin est évoquée. Pendant ce temps, la stratégie gouvernementale est mise en place à Matignon sous la houlette du haut fonctionnaire Jean Castex, monsieur déconfinement. Le Puy du Fou n’ouvrira que s’il produit une note détaillant les mesures prises pour éviter la propagation du virus. On s’exécute avec sérieux si bien que le président appelle Villiers le 13 mai pour lui annoncer la bonne nouvelle.

Acte IV : à 21 heures ce même 13 mai, c’est le coup de théâtre

Édouard Philippe annonce directement à Villiers que, contrairement aux promesses présidentielles, le parc restera fermé jusqu’aux calendes grecques. Une pétition est lancée qui recueille des milliers de signatures en quelques heures, dont celle de Michel Onfray, Eric Zemmour, Franck Ferrand, et plusieurs personnalités politiques, y compris issues de la Macronie, s’insurgent. Le feu couve en Vendée et sans action forte de sa part, Macron risque d’être humilié par son propre gouvernement. C’est ici qu’intervient l’acte V, synonyme de dénouement.

Acte V : Macron décide le 17 mai de rapatrier le dossier en Conseil de Défense où comme il aime à le clamer il est le patron. Le 20 mai, la décision tombe à l’issue du conseil. Le Puy du Fou, site d’intérêt national, rouvrira. Pour le plus grand bonheur, n’en doutons pas, de visiteurs qui découvriront cette année de nouveaux spectacles.

Vers un monde plus dur, par Jean-Gilles Malliarakis

De charmants rêveurs voudraient nous faire croire que le monde d’après, qu’ils cherchent à anticiper, verra plus de petites fleurs, entendra mieux le chant des oiseaux, et troquera, bien sûr, l’automobile pour la bicyclette. Ce babil enfantin, un peu affligeant pour les grandes personnes, sied sans doute aux bobos des grandes villes.

Mais, à dire vrai, il semble assez éloigné des réalités qui malheureusement se dessinent.

Le président de la République ayant par hasard croisé, ce 17 mai, la route qu’il devrait prendre chaque jour, a cru bon d’inaugurer les chrysanthèmes, souvent délaissées par ses prédécesseurs du monument de Montcornet. Limitant la durée de son discours, pour une fois et par bonheur, à 16 minutes, il exaltait ce qu’il appelle l’esprit de résistance.

Sans doute ce grand garçon gagnera-t-il bientôt, quand il aura quitté les palais nationaux, à pouvoir lire quelques bons livres. Ils existent, s’agissant des combats de mai-juin 1940 et de la situation stratégique dans laquelle se trouvaient, à la fois, le pays réel et la troisième république agonisante. Je me souviens ainsi qu’en 1963 Jacques Chirac, collaborateur du Premier ministre à la cour, et maître de conférence convenable à la ville, un métier auquel il aurait dû rester fidèle, nous recommandait de lire Benoist-Méchin et même Beau de Loménie.

Au même âge le chef de l’État prétend avoir fréquenté la pensée de Paul Ricœur : il serait temps pour lui d’en sortir.

Car le temps presse : le monde actuel voit l’ensemble des pays occidentaux, aussi bien l’Europe de l’ouest que l’Amérique du nord, mais aussi le Japon, mais aussi l’Inde, mais aussi la plupart des pays d’Asie centrale et orientale, tous menacés par deux ennemis, et pas seulement deux partenaires : l’islamisme radical et le communisme chinois.

Ce 17 mai notre président se rendait sur les champs de batailles d’autrefois. Il invitait à se souvenir de Montcornet. Peut-être sa communication cherchait-elle à faire mieux oublier Azincourt, Pavie, Waterloo ou Sedan, et toutes les sanctions, infligées par l’histoire, à nos dirigeants frivoles et arrogants de toujours, dont nos technocrates assurent la continuité.

Le même jour, dans le monde réel, à Téhéran, Mohammad Javad Zarif ministre iranien des Affaires étrangères prétendait mettre en garde les Etats-Unis contre la présence de leur Marine dans les Caraïbes. Toute intervention américaine aurait pour effet, gronde-t-il, de perturber la livraison de pétrole iranien au Venezuela. La veille 16 mai, en effet, l’agence de presse Fars, émanation officieuse du régime des mollahs avait fait état du déploiement de 4 navires américains dans la région faisant craindre “une possible confrontation avec les pétroliers iraniens”.

Le régime de Caracas, en situation de faillite, largement dépendant désormais des financements chinois effectue actuellement avec l’Iran des transactions payables en or. Téhéran est ainsi chargé de remettre sur pied l’industrie pétrolière détruite par la mainmise depuis 20 ans de la mafia chaviste sur le monopole d’État PDVSA.

Paradoxe inouï, cette belle réussite du socialisme au XXIe siècle s’impose à un pays qui dispose des plus importantes réserves d’hydrocarbures du monde.

Mais la coopération grandissante entre la république islamique iranienne et la dictature marxiste vénézuélienne de Nicolas Maduro peut aussi surprendre certains, au regard des paradigmes idéologiques d’hier. Elle correspond hélas aux perspectives d’un XXIe siècle où se dessinent des affrontements de plus en plus durs. De bons esprits voudraient nous convaincre et, peut-être, se persuader eux-mêmes que les dirigeants occidentaux et les gouvernements du type de celui qui s’est imposé à l’Iran en 1979 auraient vocation à se rapprocher. Ce sont les mêmes qui voudraient maintenir un partenariat commercial profitable avec Pékin, son industrie esclavagiste sous-traitant les besoins de la grande distribution, aux États-Unis comme en Europe. Cette chanson va au rebours des confrontations qui s’annoncent. Elle ne sert qu’à désarmer nos peuples. Elles relèvent tout simplement de la trahison. Ceux qui, à 80 ans de distance, prétendent exalter l’esprit de résistance d’hier devraient en méditer l’actualité.

Personne ne saurait se féliciter des perspectives de la nouvelle guerre froide. Mais personne ne doit les ignorer. Et personne ne pourra s’y soustraire. Sauf à trahir.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Coronavirus – Pour Michel Onfray : «Macron enverra la police et l’armée» en cas de contestation sociale

06/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Michel Onfray a accepté de livrer à Sputnik son analyse de la crise sanitaire inédite qui frappe le monde et la France.

Pour le philosophe, cette dernière ne mettra pas à terre le capitalisme et toute velléité de contestation sociale sera réprimée par un État autoritaire. Entretien-choc.


Jean-Yves Le Gallou : « Macron doit partir ! »

Macron doit partir parce qu’il est inapte à la fonction de chef d’État. Sa prestation du 13 avril en est l’ultime preuve.

Que nous dit-il ?

« Les masques sont commandés » : fort bien, mais quand arrivent-ils ? Alors que les masques sont le préalable au « déconfinement », obligatoires en Asie et disponibles chez beaucoup de nos voisins, nul ne sait quand ils seront en libre accès en France, malgré l’effort – en dépit des obstacles mis par les administrations – des entreprises et des collectivités territoriales.

Macron nous dit : « Il y aura des tests pour ceux qui présentent des symptômes », alors que ce sont les possibles cas asymptomatiques qu’il faut détecter, notamment pour pouvoir déconfiner, reprendre l’activité économique et rouvrir les écoles. Nos voisins y parviennent, pourquoi pas la France ?

Dans un semblant d’autocritique, Macron affirme : « COMME VOUS j’ai vu des ratés, des lenteurs, des procédures inutiles. » Vous avez bien lu : « comme vous ». Il parle ici en observateur, en commentateur, pas en chef qui doit assumer les décisions qu’il prend ou qui sont prises en son nom.

« Les lenteurs, les procédures inutiles » sont les règles administratives de temps de paix. Macron nous a dit que nous étions « en guerre ». La métaphore guerrière est peut-être excessive. Reste que le chef politique est celui qui décide lors des circonstances exceptionnelles. En bousculant les règles juridiques et en s’affranchissant, s’il le faut, des procédures de passation des marchés. Si cela n’a pas été fait, c’est une faute. Mais c’est une faute dont Macron est responsable. Lui et les ministres qu’il a choisis.

Quand Macron parle, il parle dans le vide. Il oublie qu’il est à la tête d’un État et d’un gouvernement. Ses ministres ont découvert en même temps que les Français ses annonces. Macron cause, les ministres trinquent. D’où la gueule de bois du lendemain matin.

Et la cacophonie qui suit : Édouard Philippe, bien absent ces derniers temps, nuance la parole présidentielle. Blanquer ne sait pas comment rouvrir – avec ou sans masques – les écoles, le 11 mai. Castaner émet des doutes sur la fin du confinement le 11 mai.

Ce qui est en cause c’est la méthode de gouvernement de Macron. Un garçonnet qui joue avec ses panoplies – de médecin, de pompier, de pilote de chasse – mais qui ne commande pas un exécutif, n’anime pas une équipe de ministres, ne délègue pas de responsabilités.

Macron est à la tête d’un appareil d’État, de puissants ministères, de puissants offices. Mais il ne les consulte pas, ni ne les dirige davantage. Il s’entoure de comités Théodule : « un conseil scientifique » fait de bric et de broc, un « CARE » (Comité analyse recherche et expertise) qui s’occupe « des protocoles cliniques » qui relèvent de la liberté de prescription et de la Haute Autorité de santé, sans oublier un « groupe de déconfinemenent ». Quelle pagaille démoralisatrice pour les acteurs aux manettes !

Sur tous les sujets – contrôle des frontières, commandes de matériels, fermeture des écoles, confinement -, beaucoup de pays ont réagi dès le premier mort. La France, plus tard que tous les autres, avec de 15 à 30 jours de décalage.

Pourquoi ? Parce que tout le pouvoir est concentré à l’Élysée et que, de facto, ce pouvoir est déconnecté de l’appareil d’État. Comme si gouverner se résumait à parler…

Le prix est élevé, pour les Français : catastrophe sanitaire, catastrophe économique, catastrophe pour les libertés. Ce n’était pas une fatalité. C’est la responsabilité de Macron. Il faut qu’il parte.

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site Polémia

Annulation de la dette : le Zambèze avant la Corrèze

Macron et le pape François ont une solution miracle pour combattre le coronavirus : opérer une annulation massive de la dette des pays pauvres. Vous voyez le rapport ? Pas vraiment. Mais le pape François pousse à cette annulation. Il l’a dit dans son message pascal. Lundi, le président Macron a évoqué lui aussi une « annulation massive » de cette dette.

Montant de la dette : 365,5 milliards d’euros. Ce n’est pas une bagatelle. Mais après tout, au point où l’on en est… 25 pays seraient les heureux bénéficiaires de ce transfert de richesses. Parmi ces pays, figurent plusieurs pays francophones, d’anciennes colonies françaises avec lesquelles nos liens restent évidemment très forts, comme la Centrafrique (ex-Oubangui-Chari), Madagascar, le Mali (ex-Soudan français), la Guinée, etc. Pays pauvres ? Si l’on veut. Mais, dans ce groupe de 25 pays pauvres, on trouve des pays potentiellement riches comme, par exemple, la République démocratique du Congo (ex-Congo belge), pays immense, eldorado victime de guerres internes à répétition.

Sur CNews, Eric Zemmour a souligné l’aberration ou du moins le caractère très inapproprié de cette proposition présidentielle, au moment précis où l’on nous prépare à une catastrophe économique sans précédent, dans un contexte de récession mondiale : « Les Français qui ont entendu cela auraient préféré qu’on annule leurs dettes à eux. » Mais l’éditorialiste a aussi émis quelques hypothèses sur cette soudaine générosité en pleine crise sanitaire : « Je pense qu’ils annulent la dette pour empêcher une nouvelle vague migratoire vers l’Europe. »

La moindre des contreparties pourrait être en effet la remigration des flots de clandestins ayant submergé l’Europe ces cinq dernières années.

Quelles contreparties ?

« J’aurais aimé, remarque Zemmour, qu’on demande des contreparties aux chefs d’Etat africains ! » Les pays européens et spécialement la France sont peu portés sur la contrepartie, car notre passé de colonisateurs nous l’interdit, semble-t-il. Et même si les chefs d’Etat africains n’en demandent pas tant, le zèle de la repentance vient satisfaire leurs rêves les plus fous.

Quand se produira cette annulation de la dette, ce cadeau de 365,5 milliards ? Pour le coup, Macron reste flou : « C’est une formidable avancée. Le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer. » Tandis que notre propre économie s’effondrerait ? Pour l’heure, nous n’en sommes qu’à l’idée d’un moratoire sur la dette de ces pays, moratoire qui devrait être décidé dès cette semaine. Le Fonds monétaire international a pour sa part versé 500 millions de dollars.

Mais, pour apprécier pleinement la situation, il faut noter que les créances chinoises représentent 40 % de ces 365,5 milliards de dollars, et que les créances des pays du Golfe ne sont pas négligeables non plus.

Si la France, l’Europe sont prêtes à un moratoire puis à une annulation de leurs créances, sans exiger la même action de la part de ces pays, ce serait un incroyable cadeau fait indirectement à la Chine.

Mais si ce cadeau français et européen était conditionné à un effort identique de la part de la Chine, alors il n’est pas certains du tout que cet effacement de dette s’opère. La Chine va-t-elle en effet renoncer à ses 160 milliards ? C’est donc peut-être ce pays qui nous sauvera de nous-mêmes, ou plus exactement de l’incroyable générosité de nos dirigeants… sauf pour les Français.

Article paru dans Présent daté du 16 avril 2020

L’économie française est en perdition, mais Emmanuel Macron demande l’annulation de la dette de l’Afrique !, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Le président Macron appelle à effacer la dette africaine, étape selon lui « indispensable pour aider le continent africain à travers la crise du coronavirus ». Les PME, les TPE, les professions libérales et les commerçants français qui vont, eux, devoir rembourser les emprunts qu’ils vont être contraints de faire pour tenter de survivre, apprécieront !!!

Trois remarques :

1) Si une telle mesure était réellement prise pour aider l’Afrique à lutter contre la pandémie, l’on pourrait la juger comme légitime. Mais, au moment où cette unilatérale proposition présidentielle était faite, et fort heureusement, le continent africain était quasiment épargné par le coronavirus.

2) Depuis des décennies, les pays “riches” ne cessent de consentir à l’Afrique des allègements et des suppressions de dette. Au début des années 2000, les PPTE (Pays pauvres très endettés) ont ainsi bénéficié de considérables remises par les créanciers bilatéraux. Or, à peine sauvés du gouffre de l’endettement, ils y ont replongé…

3) En plus des remises de dette, l’Afrique engloutit année après année, des sommes colossales versées au titre de l’APD (Aide pour le Développement). De 1960 à 2018, le continent a ainsi reçu en dons, au seul titre de l’APD, près de 2000 milliards de dollars (pour une dette d’environ 400 milliards de dollars dont entre 180 et 200 milliards de dollars de dette chinoise), soit en moyenne 35 milliards de dollars par an.
En dollars constants, le continent a donc reçu plusieurs dizaines de fois plus que l’Europe du lendemain de la guerre avec le plan Marshall.

Or, ces prêts, ces allègements de dette, ces aides et ces dons n’ont servi à rien car, en plus de sa suicidaire démographie, le continent est paralysé par son immobilisme. En effet, en dehors du don de la nature constitué par le pétrole et les minerais contenus dans son sous-sol, l’Afrique ne produit rien, sa part de la valeur ajoutée mondiale dans l’industrie manufacturière est en effet de moins de 2% dont les 9/10e sont réalisés par deux pays sur 52, l’Afrique du Sud et l’Egypte…

L’annulation de la dette proposée par le président Macron ne changera donc rien à cet état des lieux. D’autant plus que la Chine, prédatrice souriante, est désormais à la manœuvre. Mue par le seul moteur du profit, elle endette chaque jour un peu plus le continent à travers des prêts généreusement octroyés.

Ces derniers font replonger les pays bénéficiaires dans la spirale de l’endettement dont ils commençaient tout juste à sortir après les considérables allègements consentis dans les années 2000 aux PPTE par les Occidentaux. Comme ces prêts ne pourront jamais être remboursés, Pékin va mettre la main sur les grandes infrastructures données en garantie par ses débiteurs. Ainsi en Zambie où le gouvernement, après avoir été contraint de céder à la Chine la ZNBC, la société radio-télévision, s’est vu contraint d’engager des discussions de cession concernant l’aéroport de Lusaka et la ZESCO, la société nationale d’électricité.

Morale de l’histoire : quand la Chine endette l’Afrique, la France propose de renoncer à sa propre créance…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Déconfinement : Macron navigue à vue

Après les annonces d’Emmanuel Macron, lundi 13 avril, les ministres interrogés dans les médias n’ont pas montré la même conviction que leur supérieur. Sera-t-on vraiment déconfiné le 11 mai prochain ? Pas si sûr…

Pour la première fois et contre toute attente depuis le début du confinement, Emmanuel Macron a abordé la fin de ce processus et fixé une date : le lundi 11 mai. Un soulagement pour les Français, pour qui même s’il reste quatre semaines, entrevoient déjà une porte de sortie. Mais la joie est de courte durée et le réveil ressemble à un lendemain de cuite… Le gouvernement incapable de gérer cette crise, ramène à la réalité…

Un ministre de l’Intérieur qui fait presque marche arrière

Dès mardi matin, Christophe Castaner a rappelé que cette date « n’est pas une certitude mais un objectif ». Pas un reniement certes, mais cela résonne comme un pas en arrière. Le ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait que le président de la République « a annoncé, non pas le déconfinement le 11 mai, mais le confinement jusqu’au 11 mai ». Il conditionne cette date butoir à « la discipline de respect du confinement ».

Sur France Inter, Christophe Castaner a profité d’être interrogé pour préciser qu’à ce jour, « plus de 11,8 millions de contrôles » ont été effectués partout en France, relevant « un peu plus de 704 000 infractions » pour non-respect des mesures de confinement. Mais le ministre n’a pas donné plus d’informations sur l’éventuel plan de déconfinement qui devrait être précisé d’ici une quinzaine de jours, selon Emmanuel Macron.

Jean-Michel Blanquer dans le brouillard

Surtout, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des écoles dès le 12 mai. Une annonce qui a fait grand bruit parmi les professionnels du secteur et qui a poussé le ministre de l’Education nationale à réagir dans le journal télévisé de France 2. Une intervention qui n’aura convaincu personne, tellement le ministre est resté flou sur l’ensemble de ses réponses. « La réouverture des établissements sera progressive, donc évolutive », a-t-il essayé d’expliquer.

Le ministre s’est donné deux semaines pour « travailler avec les partenaires sociaux » et décider des détails de ce plan. S’il a annoncé que « l’on ne retrouvera pas une situation normale », il est resté très évasif, concédant deux pistes d’idées : organiser une rentrée qui « ne sera pas au même moment selon les niveaux », ou différée selon les territoires. « Nous fixerons un cadre national pour une adaptation locale », a-t-il affirmé. Seule certitude venant de sa part, « les mois de mai et de juin ne seront pas des mois normaux tels que nous les avons connus en 2019 ».

Mais toutes les questions du journaliste reviendront aux mêmes réponses : « ça se discute », « nous verrons », « peut-être »… Bref, l’incertitude est de mise au plus haut de l’étage de l’exécutif.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2020

Marion Maréchal : “La cellule de crise qui a été mise en place pour assurer l’approvisionnement national en matériel est un fiasco total”

15/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation sanitaire en France, Marion Maréchal a décidé de réagir sur Europe 1 : “Ce qui me dérange un petit peu dans l’utilisation de l’unité nationale, c’est qu’elle semble parfois utilisée pour ne pas avoir à rendre des comptes politiques“.

Elle pointe un discours “d’adaptation à la pénurie” plutôt que de “vision stratégique“.

Au niveau des tests se rend compte qu’après deux mois de confinement plein, on va encore être au stade de dépister uniquement des personne qui développent des symptômes. Ce qui était l’étape initiale de la plupart des pays qui ont lutté contre le virus. Là il y a une gestion un peu lente du dispositif

Marion Maréchal enfonce le clou : “La cellule de crise qui a été mise en place pour assurer l’approvisionnement national en matériel est un fiasco total“.

J’attends de voir la manière dont Emmanuel Macron va se réinventer. Quand il nous parle de la souveraineté industrielle, de la souveraineté alimentaire, il parle à son niveau de souveraineté européenne. Il y a une forme de dévoiement du mot“, précise l’ancienne députée.


Crise sanitaire – Le pouvoir et la responsabilité

Lors de son allocution du 13 avril, le chef de l’Etat a prononcé une phrase qui mérite d’être relevée. De mémoire: « Des choses n’ont pas bien fonctionné (dans la crise du covid) nous en tirerons les conséquences ». Il est essentiel de rappeler que le pouvoir politique ne se conçoit pas en dehors de la responsabilité. Les deux ne peuvent pas être découplés. Le pouvoir est source de contentement personnel: pour un esprit sain, la satisfaction de servir l’intérêt général; et pour un cerveau pervers, la pure jubilation narcissique. Mais cette satisfaction, qu’elle qu’en soit la nature, a une contrepartie: la responsabilité. Le personnage qui incarne le pouvoir incarne aussi, par définition, la responsabilité. Dès lors qu’il exerce la mission de décider, il est personnellement comptable de ses décisions ou de ses non décisions et de leurs conséquences. Le chef choisit lui-même son entourage.

Il arbitre entre les choix qui lui sont proposés. Si l’appareil de décision dont il est en charge ne fonctionne pas correctement, souffre de dysfonctionnements, il lui incombe de prendre, quand il en est temps, les décisions pour y remédier. S’il n’est pas correctement informé, c’est qu’il ne s’en est pas donné les moyens, en particulier dans le choix de ses collaborateurs. Idem, s’il est mal conseillé, cela signifie qu’il s’est trompé sur le choix de son entourage. Par ailleurs, s’il n’est pas libre de choisir ses collaborateurs, si ces derniers lui sont imposés, et s’il accepte d’en être l’otage, cela signifie qu’il n’est pas digne de sa mission. L’attitude de dirigeants politiques qui se défaussent sur leur administration pour l’accabler des insuffisance ou des désastres est inepte. Le pays élit des gouvernants et leur confie son destin sur la base des promesses de ces derniers.

S’ils réussissent et si le pays est heureux, ils méritent des lauriers. Si le pays sombre dans le chaos et la détresse, sans qu’ils ne lui apportent de solution satisfaisante, cela signifie qu’ils ont failli dans leur tâche. Ils sont à coup sûr seuls et uniques responsables.

Quant un drame éclate, faute d’anticipation ou de préparation suffisante, la responsabilité est avant tout celle des autorités politiques auxquelles le pays a fait confiance. Chercher des boucs émissaires, quels qu’ils soient – prédécesseurs, fonctionnaires, collaborateurs, experts, peuple – pour se dérober à sa responsabilité, est la quintessence de la misère politique.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet