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La macrocrature traque la liberté d’expression, par Ivan Rioufol

La macrocrature, ce monde clos érigé autour du chef de l’Etat, vient de faire un pas supplémentaire dans la mise sous surveillance des opinions non officielles. Dans la nuit de mardi à mercredi, les députés ont voté en nouvelle lecture les deux propositions de lois destinées à lutter contre “la manipulation de l’information” en période électorale. Il est également prévu d’instituer un “conseil de déontologie de la presse”, qui serait confié à l’ex-président de l’AFP, Emmanuel Hoog. C’est la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, qui est montée mardi à la tribune de l’Assemblée, comme on monte à l’échafaud, pour défendre ces textes potentiellement liberticides : une besogne dont il n’est pas certain qu’elle lui sauve la tête lors du remaniement gouvernemental, suspendu au bon plaisir d’Emmanuel Macron, plus despote que jamais. En mai, Françoise Nyssen avait déjà mobilisé l’audiovisuel public à des fins de propagande d’Etat. Elle lui avait donné comme mission de “devenir un miroir de nos différences”, en jugeant “les mâles blancs” trop nombreux à l’antenne.

Taxant certains Français de “hautement réactionnaires”, l’ancienne éditrice avait également annoncé que les chaînes et radios auraient à “changer les mentalités sur le terrain”. Cette mentalité de garde-chiourme est une constante en Macronie : à peine élus, les député LaREM avaient, le 24 juillet 2017, complété l’article 1 de la loi sur la moralisation de la vie politique en y ajoutant un amendement “anti-raciste” inspiré de la Licra et destiné à accentuer l’arsenal répressif des délits d’opinion. Cette disposition avait été supprimée par le Conseil constitutionnel qui y avait vu une “atteinte disproportionnée à la liberté d’expression”.

La liberté d’expression fait peur à la macrocrature, comme à tous ceux que la vérité effraie. En janvier dernier, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, avait dit vouloir soutenir “une information propre”, aseptisée en somme. Cette traque aux “fake-news”, qui conduirait le juge à décréter ce qui est vrai et ce qui est faux, n’est autre qu’une volonté d’instaurer une indéfendable vérité officielle. Le Sénat, qui s’est opposé en première lecture à ces textes dangereux, n’a aucune raison de changer d’avis. D’autant que le chef de l’Etat, qui abuse lui-même d’une communication mobilisée sur sa propre personne, ne donne pas l’exemple d’une tempérance dans l’interprétation de sa politique sublimée.

La vérité qui se dessine est celle d’un pouvoir autocratique, renfermé sur lui-même, qui cherche à étouffer la parole d’une société de plus en plus furieuse. Le trop libre et impertinent Internet sera la prochaine cible de ce pouvoir aux abois, qui donne des leçons de démocratie aux pays de l’Est sans vouloir s’attarder sur ses propres turpitudes. Faut-il ici rappeler l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ? : “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement”. Sous la macrocrature, ces principes élémentaires ne vont plus de soi. Il serait temps que les Français s’en inquiètent.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 octobre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le vaudeville de Beauvau, par Etienne Defay

Ce mardi matin, on apprenait que le Président de la République avait refusé la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, depuis le scénario s’est largement emballé.Car mardi, on apprenait que le ministre maintenait sa démission malgré le refus présidentiel. Et ce mercredi matin, les caméras de Beauvau montraient un Gérard Collomb seul attendant l’arrivée d’Edouard Philippe sensé assurer l’intérim le temps de lui trouver un remplaçant au pied levé.

Une gifle pour Emmanuel Macron

Septième ministre à démissionner en un peu plus d’un an de mandat, Gérard Collomb plante dans le dos présidentiel le poignard le plus aiguisé. Privé désormais de sa caution médiatique (Nicolas Hulot) et de son « père spirituel » (Gérard Collomb), Emmanuel Macron se retrouve esseulé politiquement et connaît de manière douloureuse les affres de la solitude du pouvoir. Un comble pour un président ayant bâti son identité politique sur sa capacité à rassembler. Le grand écart toucherait donc ses limites et la stratégie de l’en même temps semble également prendre un coup dans l’aile.

Entre un Premier ministre passif et un président aux abois, ce onzième mandat de la Ve République pourrait bien être le plus catastrophique. Depuis sa photo prise avec deux jeunes dénudés à Saint-Martin, Emmanuel Macron aura du mal à s’imposer en restaurateur de la dignité de sa fonction. Une fonction déjà bien écornée par son prédécesseur ; pourtant il aura réussi l’exploit de faire pire.

Le bilan Collomb

Rien de bien reluisant pour l’éphémère locataire de la place Beauvau. Gérard Collomb ne laissera pas un souvenir impérissable, hormis celui d’un homme poli et sympathique. Ses seuls faits d’armes resteront accolés à son départ (voir entre autres l’opération de Grande-Synthe en page 3 ainsi que l’arrestation de Rédoine Faïd). Son seul grand discours était celui de sa passation de pouvoir. « La situation est très dégradée dans les quartiers. Le terme de reconquête républicaine y prend tout son sens » a-t-il déclaré devant le Premier ministre. On appréciera la justesse de l’analyse, on déplorera simplement qu’elle vienne si tard et que l’analyste n’ait rien fait lorsqu’il était en poste. Comme si la démission redonnait à l’intéressé sa lucidité et une liberté de parole qui s’accommode mal d’actes concrets. « Aujourd’hui on vit côte à côte… Je crains que demain on vive face à face. » « Déclaration terrible de Gérard Collomb sur les quartiers, qui détruit totalement le mythe du “vivre-ensemble” dont se gargarisent les bien-pensants de droite et de gauche ! » réagit pour sa part le sénateur marseillais Stéphane Ravier (RN). Testament politique que Ponce Pilate n’aurait pas renié tant la responsabilité échoit aussi bien à l’ex ancien maire de Lyon qu’à ses prédécesseurs. Mais que Gérard Collomb se rassure, il en assumera les conséquences aussi depuis la capitale des Gaules.

Entre Manuel Valls visant Barcelone et Gérard Collomb aspirant à retrouver Lyon, l’image mondialisée et cool de la start-up nation en prend un coup. Visiblement, rien ne vaut l’enracinement local, n’est-ce pas Monsieur Le Président ?

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2018

Un Président fasciné par les racailles, par Caroline Parmentier

C’est un « fake » ? C’est la phrase qui revient le plus souvent sur les réseaux sociaux après l’édifiante photo de Macron pris en Oréo entre deux jeunes Blacks dont l’un fait un doigt d’honneur. Les Français ont eu du mal à en croire leurs yeux. Et quand on apprend que c’est une scène qui a bien eu lieu, volontairement diffusée par la com du président de la République, le premier sentiment qui domine, c’est la honte.

La première à avoir twitté la photo samedi est Marine Le Pen dénonçant une image « impardonnable », nous l’avons aussitôt reprise sur le site de Présent. Nous étions les premiers. La série de photos a été prise le 29 septembre sur l’île de Saint-Martin aux Antilles, chez des habitants soigneusement choisis. L’un des deux caïds est un braqueur qui sort de prison, les deux individus sont « bien connus des services de police ».

Dans un dialogue où le ridicule le dispute au clownesque, on voit Emmanuel Macron de sa petite voix haut perchée avec un léger cheveu sur la langue, sermonner son grand voyou black entre fascination et fausse indignation : « Plus de braquage, hein ? Fini les braquages ? C’est compris ? » Le tout en le papouillant comme il aime à le faire. Pour celui qui prétendait élever la fonction présidentielle, l’effet est désastreux.

Curieusement, à ses deux protégés, Macron n’a pas dit qu’il leur suffisait de traverser la rue pour trouver du boulot. Ça c’est bon pour les mâles blancs de plus de trente ans ou pour le retraité de Saint-Diez qui s’est pris un rappel à la loi. Le Président n’avait pas eu la même indulgence non plus pour le lycéen blanc qui l’avait appelé familièrement « Manu » et qu’il a sévèrement recadré devant tout le monde, au point que cet élève a été harcelé et moqué pendant des semaines à cause de cette scène. Pourquoi n’a-t-il pas fait la même sortie indignée au jeune Antillais alors même qu’il a été incroyablement grossier ?

Comme l’a déclaré un éducateur de banlieue sur le plateau de C8 lundi soir : « Qu’est-ce que je dis moi maintenant à mes jeunes à qui j’essaie d’apprendre le respect, le savoir-vivre, la façon de s’intégrer et de se comporter ? »

Interrogé sur ces photos lors d’un point presse à Baie Orientale, Emmanuel Macron s’en est aussitôt pris à Marine Le Pen rappelant qu’à la différence de la présidente du RN, « il aimait chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises » : « On ne tirera rien des discours de haine et il faut arrêter de penser que notre jeunesse, parce qu’elle est d’une certaine couleur ou à un moment a fait des bêtises, il n’y a rien à en tirer. » Avant de conclure : « Marine Le Pen n’est pas avec le peuple. Marine Le Pen, c’est l’extrême droite, et l’extrême droite ce n’est pas le peuple. » Marlène Schippa a aussitôt renchéri, affirmant que Marine Le Pen était « le leader d’un grand parti raciste ».

Par conséquent si on ne supporte pas les insultes, les outrages, les doigts, les agressions lorsqu’elles viennent de personnes de couleur, on est raciste ? C’est en effet ce que vivent au quotidien les policiers, les Français contraints de baisser la tête dans les transports en commun, dans les quartiers, à la sortie des boîtes de nuit… On a bien compris ce qu’était la préférence nationale selon Macron, respectueux jusqu’à la servilité des us et coutumes, des mœurs et des codes des racailles. On la subit tous les jours.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 2 octobre 2018

Doigt d’honneur : Quand Macron excuse la vulgarité des uns…, par Ivan Rioufol

La photo a été prise samedi, à Saint-Martin (Antilles) : Emmanuel Macron, amusé, pose en bras de chemise dans la tiédeur d’une pauvre HLM. Il est entouré de deux garçons rencontrés lors d’un bain de foule. Celui qui est à sa droite, contre qui le président colle son épaule, est torse nu. Son pantalon, baissé à l’aine, laisse voir un caleçon à deux rayures. Le jeune Antillais, bien fait de sa personne, fait un doigt d’honneur.

A la gauche du chef de l’Etat se tient un petit voyou en débardeur blanc, caquette à l’envers, chaîne autour cou. Ce dernier s’est présenté ainsi à Macron : “Je suis braqueur, je sors de prison”. Le président lui a fait la leçon, comme le rapporte ce lundi Le Figaro : “T’es costaud comme tout, il faut pas rester comme ça et refaire des bêtises. Les braquages, c’est fini. Tu me l’as dit ? Tu n’oublies pas ? Il faut reconstruire. Ta mère elle mérite mieux que ça !“. Tout dans ce cliché respire la vulgarité : vulgarité des deux jeunes, dans leurs attitudes désinvoltes ; vulgarité du chef de l’Etat, qui se prête à un jeu qu’il n’avait pourtant pas toléré, le 18 juin dernier, quand un Gavroche l’avait interpellé à Paris en l’appelant “Manu”. Macron, furieux : “Tu te comportes comme il faut. Il faut que tu m’appelles Monsieur le Président de la République, ou Monsieur, d’accord ?“. Il est vrai que le 21 juin, lors de la Fête de la musique, le chef de l’Etat et son épouse avaient déjà posé dans un salon de l’Elysée, entourés du groupe techno Kiddy Smile : des artistes se revendiquant “fils d’immigrés, noirs et pédés“, habillés de shorts et de maillots en résille.

Faudrait-il conclure que l’irrespect face au président de la France dépendrait de la couleur de peau de l’interlocuteur ? Faudrait-il comprendre que le Noir serait dispensé d’observer les codes de bienséance exigés du Blanc ? Le deux poids deux mesures du chef de l’Etat invite à cette interprétation communautariste, sinon racialiste. Cette lecture est confortée par les réactions de la Macronie, qui s’est empressée de dénoncer des extrémistes de droite et des racistes chez ceux qui, à raison, se sont dit choqués par ce cliché et l’abandon que laisse voir Macron.

Il est pourtant évident que ce qui pose un problème d’autorité n’est pas la présence de deux jeunes Antillais au côté du président, mais le laisser-aller que tolère celui qui rabrouera un jeune blanc jugé trop impertinent. “Je ne me protège pas“, se justifie le président, à la recherche d’une nouvelle communication plus proche des gens. L’explication ne convainc pas. Le député LeREM Aurélien Taché donne une clé pour comprendre l’attitude de Macron, qu’il approuve. Dans un tweet, Taché estime que “tous ceux qui polémiquent ne supportent tout simplement pas que la France, à tous les niveaux, change de visage”. Cet ode au grand remplacement ethnique, qui vient en appui des alertes de l’écrivain Renaud Camus, se rapproche d’un racisme antiblanc. Il faut dire qu’il n’y a pas pire raciste qu’un antiraciste professionnel : face au Blanc, il voit rouge.

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er octobre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

“C’est impardonnable !”. Marine Le Pen dénonce la photo d’Emmanuel Macron souriant avec un jeune faisant un doigt d’honneur

01/10/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuel Macron a donc tenté de dédramatiser une photo prise à Saint-Martin et sur laquelle le chef de l’Etat pose aux côtés de deux jeunes hommes, dont l’un fait un doigt d’honneur.

Marine Le Pen avait rapidement réagi : “On ne trouve même plus de mots pour exprimer notre indignation. La France ne mérite certainement pas cela. C’est impardonnable ! MLP

Mais Emmanuel Macron assume cette photo : “Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire“. Tout en ajoutant : “Marine Le Pen, c’est l’extrême droite, et l’extrême droite, ce n’est pas le peuple. Je suis président de la République et je ne laisserai à personne le peuple.



Immigration illégale et « fermeté » : les grosses ficelles de Merkel et Macron – Jean-David Cattin (Les Identitaires)

À l’approche des élections européennes sur fond de forts progrès des partis populistes et identitaires, Macron et Merkel, inquiets voire paniqués, se sont mis d’accord sur la stratégie à adopter : faire croire qu’ils vont faire preuve de « fermeté » en matière d’immigration illégale.

Depuis leur rencontre le 7 septembre à Marseille les deux chefs d’État rivalisent de propos « fermes » sur l’immigration. Angela Merkel vient même de conclure avec le gouvernement algérien un accord de retour portant sur 3 à 5 000 de ses ressortissants. Une goutte d’eau dans l’océan des migrants, clandestins ou pas, installés en Allemagne depuis 2014.

De son côté, Emmanuel Macron a lui promis des reconduites « pour celles et ceux interceptés en situation irrégulière et qui n’ont pas vocation à obtenir l’asile ». « Tout en respectant nos valeurs ». En réalité, la première année du mandat du président Macron a vu un nombre d’expulsions de clandestins exactement au même niveau que les « bonnes années ». L’immense majorité des clandestins n’est jamais inquiétée.

Au regard de ces déclarations, de cette théâtralisation de mesures insuffisantes, l’axe de campagne des dirigeants de la France et de l’Allemagne pour les élections européennes de 2019 est cousu de fil blanc.

Du reste, la recette commence à être connue. Dans cet article du Figaro daté du 17 octobre 2010, on pouvait déjà lire : « Angela Merkel durcit un peu plus son discours pour faire entendre sa voix dans le débat sur l’immigration qui agite son pays. Ce week-end, la chancelière a simplement et radicalement enterré le modèle d’une Allemagne multiculturelle, où pourraient cohabiter harmonieusement différentes cultures. Cette approche « Multikulti » – « nous vivons côte à côte et nous nous en réjouissons » – a « échoué, totalement échoué », a-t-elle lancé devant le congrès des Jeunesses de sa formation conservatrice. »

Hasard ? Six scrutins régionaux se profilaient alors à l’horizon.

Cinq ans plus tard, emporté par son sentimentalisme et son messianisme de fille de pasteur protestant, elle ouvrait grand les portes de l’Allemagne à plus d’un million de « migrants ». Voilà ce que valent les promesses de campagne d’Angela Merkel et de tous ses semblables qui n’ont la « fermeté » en bandoulière que lors des périodes électorales.

Dorénavant, Merkel a changé de braquet et c’est d’un jour à l’autre qu’elle souffle le chaud et le froid sur la question migratoire. Quelques jours avant l’accord de retour des clandestins algériens, elle inventait des « chasses aux étrangers » suite aux meurtres de jeunes Allemands. Elle a même démis de ses fonctions le chef du renseignement intérieur qui l’avait alors contredit sur l’existence de ces prétendues chasses.

En matière d’ « en même temps », Macron a là une concurrente de choix tout en restant le maître incontesté du genre. Le 29 août, il « endossait le rôle d’opposant principal à Salvini et Orbán ». Le 17 septembre, il plastronnait aux côtés du Chancelier conservateur autrichien promettant de la « fermeté » et des expulsions. Un Chancelier dont d’importants membres de son gouvernement sont justement des proches alliés ou admirateurs de Salvini et Orbán.

Ce grand écart permanent saute de plus en plus aux yeux des Allemands comme des Français et de tous les Européens. La réalité rattrape à grands enjambées ceux qui voudraient se servir de la question migratoire pendant les élections pour l’oublier ensuite durant leur mandat. Elle devient le sujet central car elle est le sujet vital. Leur « en même temps » craque de tous côtés. Ces imposteurs ne peuvent plus que perdre du terrain.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Benalla : un OVNI à l’Elysée, par Francis Bergeron

Devant les sénateurs de la commission d’enquête, et pour une séance qui était enregistrée et diffusée publiquement, le Benalla qui s’est exprimé ne ressemblait guère au personnage sûr de lui et dominateur que l’on a pu entendre ici ou là. Ses avocats et les conseillers de l’Elysée et de LREM l’avaient apparemment bien préparé, et le jeune homme, à chaque question, apportait, non pas une réponse, mais un véritable petit exposé.

Les sénateurs n’étaient pas là pour juger les faits reprochés à Benalla. Ce sera le rôle des tribunaux. Il s’agissait pour eux de comprendre qui est vraiment Benalla, c’est-à-dire quel est son domaine de compétence, ce qu’on attendait de lui à l’Elysée, et pour quoi exactement il était (généreusement, surtout quand on se souvient qu’il n’a que 27 ans) payé.

Benalla a commencé par faire un exposé de ses missions. A l’entendre, ses « fonctions », clairement identifiées, étaient purement opérationnelles, techniques : il était en effet censé s’occuper de l’organisation des déplacements du chef de l’Etat sur le territoire français, qu’il s’agisse de déplacements publics ou privés, de l’organisation de certains événements à l’Elysée, de la gestion des cadeaux dont bénéficient les visiteurs du chef de l’Etat, ou que celui-ci leur offre, et aussi de la coordination des services de sécurité, ce qui est déjà d’un tout autre niveau, une mission qui, logiquement, aurait dû revenir à un officier supérieur ou à un policier. Non, c’était à ce jeune homme, dont le seul titre de gloire était apparemment d’avoir appartenu au service d’ordre du Parti socialiste, qu’avait été confiée cette tâche assez délicate, susceptible même de se révéler déterminante, en cas d’alerte grave, terroriste ou militaire.

C’est sans doute dans le cadre de cette dernière fonction que Benalla a eu des accrochages violents avec des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Devant les sénateurs, il a mis ces incidents sur le compte d’une attitude « corporatiste » de ses interlocuteurs. Mais sans doute ces fonctionnaires avaient-ils surtout exprimé leur mécontentement de voir cet OVNI incompétent venir leur donner des ordres.

Un port d’arme pour des missions de police… qu’il n’avait pas

Puis les sénateurs se sont interrogés sur le port d’arme délivré à Benalla. Etait-il en fait un garde du corps occulte du président ? L’ex-collaborateur de l’Elysée a avoué que ce port d’arme n’avait pas de rapport avec sa fonction, ou alors un rapport très indirect, expliquant que ce port d’arme était lié à sa sécurité personnelle. Etait-il donc menacé ? Mais personne ne le connaissait, avant qu’éclate l’affaire ! Et on a du mal à imaginer que les deux hauts fonctionnaires avec lesquels il s’était disputé l’aient menacé de mort… Tout cela reste bien mystérieux. Comme est brumeuse à souhait sa réponse à la question : portiez-vous cette arme lors de vos missions techniques. « Il a pu arriver que j’aie une arme sur moi, si je venais directement de mon domicile. » Or le port d’arme lui a été délivré pour « des missions de police » qu’il dit ne pas avoir eues. Où est la vérité ?

Et où est la vérité, quand il soutient que son badge de libre circulation à l’Assemblée nationale lui avait été attribué parce qu’il fréquentait la salle des sports située dans son enceinte ?

Quant à son recrutement, il semble avoir été opéré sur intervention directe d’un ponte de l’entourage de Macron, ou sur intervention de Macron lui-même.

Benalla se définit donc comme un lampiste, mais un mystérieux lampiste, qui présente en fait toutes les caractéristiques d’une barbouze ayant eu l’oreille du président. Sur ce plan – et c’est bien ce qui gêne dans ce dossier – Macron semble avoir voulu renouer avec les pratiques les plus insupportables de de Gaulle et de Mitterrand, même si Benalla se situait plutôt dans la catégorie des bébés barbouzes, « plus diseux que faiseux », selon une vieille formule berrichonne (et d’ailleurs).

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

La République En Marche peine de plus en plus à s’accorder

18/09/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Après une campagne marquée par des promesses diverses et variées, et des discours politiques qui se contredisent à force de s’adapter à divers électorats, le président Macron semble peiner à contenter sa famille politique. Forcé de ratisser dans tous les autres horizons politiques pour réussir à s’opposer au Front National en 2017, le groupe En Marche se trouve en effet à présent face à ses contradictions. Celles-ci sont notamment illustrées par les discordances entre les déclarations d’Emmanuel Macron et celles de monsieur Castaner, porte-parole de son gouvernement et de son parti. Ils se sont récemment ainsi opposés au sujet du prélèvement à la source la semaine dernière, puis des droits à la succession hier.

Plus largement, les députés de la majorité marchent de moins en moins à l’unisson.

La loi Asile et Immigration avait annoncé les prémices d’une possible dissension au sein de ce groupe politiquement hétéroclite. La récente élection du président de l’Assemblée Nationale, a confirmé ces désaccords, puisque désavoué par une cinquantaine de députés d’En Marche. Ceux-ci s’apprêtent à présent à s’étriper pour le poste à pourvoir à la tête du groupe parlementaire. Ainsi alors que le nombre de Français satisfaits de l’action de Macron décline sondage après sondage, n’atteignant pas même 20% lors des dernières estimations, le nombre de conflits et couacs internes au parti augmentent d’autant.

Pour autant l’échéance des élections européennes approche

Oui, et Emmanuel Macron tente tout de même pour celles-ci de créer un parti politique européen reprenant le modèle d’En Marche. Il unirait ainsi à nouveau des familles politiques de tous bords, à l’échelle européenne cette fois-ci. L’ennemi commun de cette alliance sera le réveil des peuples européens, qui se reprennent à rêver de nationalisme, de frontières et d’identité, et ses portes drapeaux hongrois, polonais et italiens. Reste à voir si ces peuples sauront faire front et percer cette mascarade politique, qui commence déjà à se déliter en France.

L’islamisme, cette lèpre que Macron ignore, par Ivan Rioufol

Non, ce n’est pas l’idéologie islamiste qui fait peur. Ce qui fait peur, c’est la léthargie des dirigeants français devant cette plaie qui s’infecte. Ce qui fait peur, c’est leur insouciance face à l’ennemi. Son dessein est pourtant clair : il entend islamiser les musulmans d’Europe, afin de susciter des sécessions territoriales, puis des guerres de civilisation au cœur des démocraties occidentales. Dans son rapport sur “La fabrique de l’islamisme”, publié dimanche par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui part du préalable que “l’idéologie islamiste fait peur”. Ce faisant, l’essayiste proche du pouvoir oublie d’analyser les légèretés des puissants qu’il côtoie.

Quand Emmanuel Macron parle du populisme comme d’une “lèpre qui monte”, le président laisse en paix ceux qui empoisonnent la nation au nom du Coran. Quand son lieutenant, Christophe Castaner, soutient : « Qui doute que le réchauffement climatique pèse sur la dynamique du djihad ? », il avance une baliverne pour excuser les soldats d’Allah. Ces derniers ont toutes les raisons de se croire déjà vainqueurs.

Le mal à soigner est un poison français : celui de pensée paresseuse, qui se vautre dans la culpabilisation pour avoir la paix. Cette attitude est commune aux “élites” européennes incapables de se confronter au réel pour lui préférer les fausses pistes. Rien n’est plus convenu que de dénoncer, avec Macron, les « discours de haine » que tiendraient les « nationalistes ». Les médias se sont précipités pour s’effrayer de « chasses à l’homme » qui auraient eu lieu l’autre semaine à Chemnitz (Allemagne) au cours de protestations contre un meurtre commis par des réfugiés.

Mais lundi, le patron du renseignement allemand, Hans-Georg Maassen, a qualifié ce scandale de probable “désinformation délibérée visant à détourner l’attention du meurtre de Chemnitz”. Faut-il en effet le rappeler ? La haine est chez ceux qui tuent, non chez ceux qui dénoncent les tueurs. Cette inversion des jugements brouille la compréhension des événements. Il est impossible de se défendre si l’ennemi n’est pas désigné.

Présentant son rapport, lundi, El Karoui n’a pu s’empêcher de renouer avec cette culture de l’excuse, qui est au cœur de la victimisation dont se prévalent sans vergogne les islamistes.

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 septembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Et tu sais ce qu’ils te disent, les Gaulois ?, par Caroline Parmentier

Le peuple gaulois ne plaît pas à Macron, il faut changer le peuple ! Qu’il se rassure, c’est en cours. Mais pas encore tout à fait plié.

En déplacement au Danemark, Emmanuel Macron, pour saluer le modèle de « flexisécurité » qui y est prôné, s’est lancé dans une curieuse comparaison avec la France : « Il ne s’agit pas d’être naïf, ce qui est possible est lié à une culture, un peuple marqué par son histoire. Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement ! »

Après « les illettrées » de chez Gad, après le « il n’y a pas de culture française », après « la colonisation était un crime contre l’humanité », voilà les « Gaulois réfractaires ». En plus de cette impression déplaisante de raillerie des Français chaque fois qu’il est à l’étranger, Emmanuel Macron devrait se garder de confondre Gaulois réfractaires aux réformes et Gaulois réfractaires à ses réformes. La nuance est de taille. Il y a autant de nuances de Gaulois que de nuances d’Earl Grey au five o’clock de la reine d’Angleterre. En tant que Gauloise assumée, je suis par exemple pour la flexisécurité.

De plus comparer une religion à une ethnie est un peu gênant. Si Marine Le Pen avait parlé de la supériorité des catholiques sur les Bambaras, que n’aurait-on pas dit ?

L’anti-Salvini

Lors de cette même visite, le président français répondant aux journalistes danois, a enfoncé le clou façon Cétautomatix. Selon lui, Viktor Orbán et Matteo Salvini « ont raison » de le voir comme leur « opposant principal » en Europe sur le dossier des migrants : « Je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine. »

En l’occurrence, c’est bien lui le cabochard qui ne veut rien entendre de son peuple. Combien de Français sont favorables à la réforme qui mettrait un frein à l’invasion migratoire ? Résistants, irréductibles, ils le sont de plus en plus face à une immigration qu’ils n’ont pas choisie, qui détruit le système français et qu’on les oblige à financer avec le racket des taxes, le rabotage de leurs retraites, de leurs aides familiales, etc.

Macron a bien raison de se méfier des Gaulois. Ils pourraient bien lui botter le train plus vite qu’il ne le pense.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 30 août 2018

Après Benalla, Hulot démasque la macronie, par Ivan Rioufol

L’affaire Benalla, qui a éclaboussé le président cet été, a mis au jour la perpétuation du monde ancien construit sur le fait du prince et les privilèges du clan. L’affaire Hulot, qui ébranle à nouveau le pouvoir avec la démission surprise du ministre de la Transition énergétique, illustre pour sa part la constance de la vieille politique-spectacle et sa vacuité. Le nouveau monde, promis par Emmanuel Macron, se révèle être le recyclage de pratiques dépassées et détestables. “Make our planet great again”, avait lancé le chef de l’Etat en juin 2017, en mimant son aspiration à devenir le leader mondial de l’écologie. “Je ne veux plus me mentir”, lui a répondu, mardi matin sur France Inter, celui qui avait été présenté comme “une prise de guerre” quand il était entré au gouvernement il y a plus d’un an.

Hulot, en claquant la porte sans préavis et aussi brutalement, fait comprendre sa dénonciation des faux semblants produits par la théâtrocratie macronienne. Cette grande mascarade n’est évidemment pas une découverte pour ceux qui, dès le départ, ont pointé le cynisme et l’insincérité du chef de l’Etat. Après la désillusion d’une partie de la droite, échaudée par les pratiques népotiques de Macron, voilà une partie de la gauche qui est prise à son tour par le doute après les aveux de tromperie du ministre écolo. Le socle présidentiel, qui avait largement aimanté les uns et les autres, a pris un sérieux coup dans l’aile.

Nicolas Hulot a expliqué ses difficultés à affronter les défis écologiques en déclarant : “On s’évertue à entretenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres”. Cette critique du libéralisme, fauteur de désordres écologiques, est de ces idées toutes faites qui restent à démontrer. Nombreux sont les acteurs privés qui pallient les insuffisances de l’Etat, qui lui-même peut devenir un acteur zélé des désastres. S’il est un ennemi de l’écologie, c’est le progressisme dont se réclament les idéologues Verts. Une écologie bien comprise est d’abord une démarche conservatrice : celle qui vise à protéger les ressources, les espèces, les paysages.

Le progressisme n’aime pas la limite. Il reste dans une fuite en avant qui légitime le bétonnage des sols, l’urbanisation à outrance, l’agression des sites. C’est pour amadouer Hulot que Macron a avalisé le programme off-shore des éoliennes. Des sites maritimes superbes risquent demain d’être défigurés par des champs d’éoliennes de 200 mètres de haut qui viendront saccager des horizons maritimes, comme entre Noirmoutier et l’île d’Yeu (62 éoliennes de 202 mètres chacune, sur 112 km2, à 11 km des côtes). L’écologiste Antoine Waechter parle, à propos du développement de l’éolien terrestre, d’une “escroquerie intellectuelle et politique” et dénonce “les spéculateurs du vent”. Hulot n’est pas l’écolo que l’on croit.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 août 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pour Alba Ventura : “Salvini et Orban ont désigné Macron comme leur cible”

30/08/2018 – EUROPE (NOVOpress)
Une course contre la montre se joue en Europe. Dans 9 mois ont lieu les élections européennes, avec en toile de fond le dossier sur les migrants, les dirigeants du continent s’affrontent. Notamment avec Emmanuel Macron d’un côté et de l’autre l’italien Salvini et le hongrois Orban.

On se rappelle que Matteo Salvini avait traité Emmanuel Macron d’”arrogant” qui avait qualifié les partis populistes de “lèpre nationaliste“.

Matteo Salvini a donc reçu le premier ministre hongrois Victor Orban à Milan. Les deux leaders ont accusé le président français d’être le “chef de file des partis pro-migrants“. Mais surtout ils ont ni plus ni moins désigné Emmanuel Macron comme leur “cible“.


Accueil des « migrants » : la fierté de Macron, par Pierre Malpouge

Dans le style « il est mignon Monsieur Macron, il est pas gentil Monsieur Salvini », il n’est pas peu fier, le jupitérien de l’Elysée. Fier et satisfait que la France ait accepté d’accueillir sur son sol 250 « réfugiés » (sans compter ceux qui franchissent clandestinement les frontières passoire de l’UE) arrivés par bateaux humanitaires de l’Afrique subsaharienne.

Lundi, devant les ambassadeurs réunis à l’Elysée, Emmanuel Macron, assurant que la France avait pris sa part de « réfugiés », s’est en effet félicité que « la France fasse partie des pays qui, durant la crise politique de cet été, a accueilli le plus de réfugiés, 250 (…) sur la base des cinq missions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides [Ofpra] ». Une fierté quelque peu hypocrite, quand on se souvient qu’il avait refusé l’accostage sur les côtes françaises de l’Aquarius et de sa cargaison de migrants, préférant que le colis soit pris en charge par les Espagnols. Une Espagne qui, aujourd’hui, dépasse l’Italie en nombre d’arrivées par mer.

Par ailleurs, tout en envoyant une pique à Matteo Salvini qui, cet été, a décrété la fermeture des ports italiens à toute arrivée de migrants, le chef de l’Etat a assuré ses auditeurs de l’action de Paris dans la mise en place d’un système pérenne de solidarité européenne. Reconnaissant que « ce qui arrive en Italie nous l’avons produit politiquement, par notre absence de solidarité européenne », le donneur de leçon et de morale Emmanuel Macron estime que « la France, avec ses partenaires constructifs et la Commission européenne, doit contribuer à mettre en place un dispositif pérenne respectueux des principes humanitaires et du droit, solidaire et efficace ».

Et de rappeler que deux pistes de coopération ont été lancées lors du conseil européen du 29 juin dernier, à savoir des plateformes de débarquement hors d’Europe et des centres contrôlés d’accueil de migrants en Europe. De la poudre de perlimpinpin pour une invasion prétendument contrôlée qui ne dit pas son nom et qui risque de continuer longtemps, mais aussi de coûter cher aux pays de l’UE et à leurs contribuables. Pendant ce temps, en France, on explique aux retraités et aux familles qu’il faut casquer et se serrer la ceinture.

Pierre Malpouge

Article paru dans Présent daté du 28 août 2018

Reportage sur L’embarrassant Alexandre Benalla

20/07/2018 – FRANCE (NOVOpress)
L’Élysée a décidé d’engager une procédure de licenciement contre Alexandre Benalla après avoir affronté un déluge de critiques. Il vient d’être placé en garde à vue.

Alexandre Benalla est un collaborateur d’Emmanuel Macron accusé d’avoir frappé un manifestant. Il fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte pour violences et usurpation de fonction. Il risque trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Une commission parlementaire va également mener des auditions, suite à un vote à l’unanimité à l’Assemblée nationale. C’est dire l’ampleur de la polémique qu’a déclenché cette vidéo :

La scène se passe dans les rues de Paris. En marge des manifestations du 1er mai, un homme est interpellé par les forces de l’ordre. Il est ceinturé, frappé par un individu en civil qui porte des gants et un casque de policier.

Mais il n’est pas policier.

Il s’agit d’Alexandre Benalla. Ancien responsable de la sécurité des déplacements d’Emmanuel Macron, il occupe à l’Élysée le poste d’adjoint au chef de cabinet.

Le 1er mai, Alexandre Benalla était autorisé à se trouver aux côtés des forces de l’ordre en tant qu’« observateur ». Mais comment expliquer alors qu’il portait ce jour-là un brassard orange de policier ?

Mis à pied pendant deux semaines, Alexandre Benalla avait repris son poste. Sur ces images, on le voit ainsi à côté du bus de l’équipe de France à Paris lundi dernier. Cette affaire, l’Élysée l’a donc gérée en interne, en secret, sans saisir la justice.