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Gilets jaunes – Samedi dernier, l’Élysée s’était transformé en véritable camp retranché

14/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le 8 décembre dernier, pour l’acte IV des Gilets jaunes, redoutant que le palais présidentiel ne fut submergé par la marée jaune de la colère populaire, le chef de l’Etat n’avait pas lésiné sur sa propre sécurité. Selon une information publiée dans le Canard enchaîné, 500 gardes républicains du premier régiment d’infanterie, plus une petite centaine de policiers et de gendarmes du Groupe de sécurité de la présidence de la République s’étaient positionnés à l’intérieur du palais.

Ils étaient équipés de lances à eau et de drones, tandis qu’à l’extérieur, un hélicoptère était prêt à exfiltrer le chef de l’État. Le palais présidentiel était isolé au centre d’un immense no man’s land, baptisé « bunker institutionnel », englobant le ministère de l’Intérieur, la place de la Concorde et l’Assemblée nationale. D’où sans doute le faciès très affecté affiché par le chef de l’Etat lors de son allocution de lundi dernier…

On était en effet loin du provocateur « Qu’ils viennent me chercher ! », ou encore du « Je suis votre chef ! » asséné crânement aux militaires lors de l’affaire de Villiers. Ce même 8 décembre, atteint d’une subite fièvre conspirationniste, le président ordonnait une enquête de la DGSI concernant rien moins qu’une possible tentative de déstabilisation du pouvoir macronien par la Russie via les réseaux sociaux.

Selon le Canard, le président de la République est en effet persuadé que la cause de tous ses malheurs n’est autre que l’affreux Poutine qui manipulerait dans l’ombre les Gilets jaunes…

L’immigration, Macron et SOS Racisme, par Jean-Gilles Malliarakis

Emmanuel Macron, ce 10 décembre, dans sa courte allocution de 13 minutes, aura abordé de nombreux sujets, formulé de nombreuses propositions. Changeant légèrement de ton et d’allure, il s’est exprimé dans le style des exposés que l’on appréciait dans ma jeunesse, il y a plus d’un demi-siècle, à l’Institut d’Études politiques rue Saint-Guillaume. À l’époque, cependant, on devait s’en tenir à 10 minutes et construire en deux parties et deux sous-parties.

Cette prestation comportait donc des longueurs. Elles enrobaient des propos parfois ambigus. On peut se demander s’ils ont été appréciés, dans leur subtilité, par les honnêtes gens qui saucissonnent sur les ronds-points à la veille de l’hiver.

Comme souvent, venant des bons élèves de la technocratie, on y trouvait du bon et du nouveau. Le bon ne se révélait pas très nouveau, le nouveau ne semble pas très bon non plus. Olivier Dussopt, lui-même, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes public, évalue que les mesures annoncées coûteront à l’État entre 8 et 10 milliards d’euros. “Nous sommes en train de le préciser, de voir aussi comment nous allons le financer”, a-t-il déclaré sur BFM TV. Si ce qu’il appelle “financement” ne se fonde pas sur une réduction sans doute supérieure de la dépense publique de l’État central, on entre dans un scénario économiquement catastrophique. On peut le redouter.

Son propos sur l’immigration ouvre un autre débat.

La jeune-vieille organisation de provenance trotskiste SOS Racisme mesure, dans ce registre, comme chacun devrait le savoir le degré de conformisme politiquement correct. Son président, heureusement dégagé de ses ennuis judiciaires, peut assumer le rôle du grand prêtre. Il pense que les propos présidentiels “n’augurent rien de bon”.

Voilà au moins qui pourrait constituer, pour certains des plus farouches opposants, un motif de satisfaction.

Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde. Que nous abordions la question de l’immigration” a déclaré le chef de l’État, sans plus de précisions.

Cette allusion d’Emmanuel Macron à l’immigration lors de son allocution pour répondre au mouvement des “gilets jaunes” depuis le 17 novembre prouve, malgré son ambiguïté, au moins que, – dans son esprit, et selon certaines informations dont il dispose, – cette préoccupation existe bel et bien chez les protestataires de base.

Elle intervient le jour même, ce 10 décembre, où la signature, au nom de la France, du pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech, provoque de nombreuses protestations de l’opposition, et semble, si l’on en croit les sondages, rejeté par 80 % des Français.

Inutile de dire que les États-Unis s’y sont opposé, qu’il n’aura aucun effet en Chine ou en Russie, et que l’Europe l’aborde en ordre dispersé, alors même qu’elle paraît comme le seul espace vraiment concerné. Parmi les pays qui s’en sont retirés après l’avoir accepté le 13 juillet, on compte d’ores et déjà l’Autriche, l’Australie, le Chili, la Tchéquie, la République dominicaine, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie.

Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo ne pouvait pas esquiver son soutien à cette démarche onusienne destinée de façon explicite à faciliter les déplacements transnationaux de la main-d’œuvre. Il a donc publié un communiqué titré “Les immigrés comme boucs émissaires ?

Il dit s’étonner que le président de la république ait évoqué l’immigration dans un discours où, toujours selon Sopo, “les questions posées étaient notamment celles de la répartition des richesses et des attentes de la jeunesse lycéenne“.

“Les propos avaient beau être le plus elliptiques possibles, remarque-t-il, chacun comprendra qu’ils n’augurent rien de bon. Que les choses soient claires : toute tentative consistant à jeter les immigrés en pâture des frustrations sociales sera combattue sans relâche par SOS Racisme”, menace le redoutable Sopo, se disant “plus que perplexe” sur les termes employés.

À suivre par conséquent.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Gilets jaunes : la facture du plan d’urgence économique et social s’annonce salée

12/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Lors de ses annonces, le président de la République, reprenant une formule de son prédécesseur, a décrété un « état d’urgence économique et sociale ».

Pour y répondre, plusieurs mesures ont été prises, sans que les conséquences de leur coût soit concrètement abordées.

Leur coût total est évalué à plus de 10 milliards d’euros. Dans le détail, la revalorisation de la prime d’activité coûtera 900 millions d’euros, l’annulation de la hausse de la CSG environ 2 milliards et la défiscalisation des heures supplémentaires 1,5 milliard d’euros ; celles-ci seront également exonérées de charges sociales, ce qui coûtera 2 milliards d’euros. Enfin, l’annulation des différentes hausses de la taxe sur les carburants est estimée à 4 milliards d’euros de manque à gagner.

De fait, le gouvernement ne pourra pas tenir son engagement de ne pas produire un déficit supérieur à 3% du produit intérieur brut…

La prévision d’un déficit public à 2,8% en 2019 paraissait déjà incertaine. Il est désormais question que le déficit public se dégrade à 3,4%. Voire pire si la croissance, qui devrait déjà se réduire de 0,1 point au dernier trimestre 2018, reste faible en 2019. Certaines évaluations prévoient en effet une croissance de 1,3% l’an prochain, soit 0,4 point en dessous de la prévision du gouvernement…

Le commissaire européen Pierre Moscovici a déjà manifesté sa vigilance…

En effet, les fameux critères de Maastricht exigent que les pays européens maîtrisent leur dette et leur déficit. Et la Commission européenne ne se préoccupe guère de la situation politique et sociale, comme l’Italie en fait actuellement l’expérience. Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, rappelle cependant que le déficit élevé de 2019 est en partie temporaire, en raison du cumul en 2019 du coût budgétaire du Crédit d’impôt compétitivité emploi et des baisses de cotisations patronales. A voir si cela suffira à convaincre Bruxelles, ou si des hausses d’impôt devront être prévues, sur les grandes entreprises par exemple.

Le président Macron pourra-t-il se relever de la crise des Gilets jaunes ?

Au surlendemain de l’allocution tant attendue du président de la République, se pose la question de l’impact de la crise des Gilets jaunes sur son avenir politique. Sa stature présidentielle est considérablement ébranlée par le violent désamour des Français exprimé ces dernières semaines.
Les semaines précédant son allocution, Emmanuel Macron avait surpris par sa discrétion anormale.

Plutôt que d’aller sur le terrain lui-même, c’est son Premier ministre qui montait au créneau. Ainsi, comme l’a expliqué Éric Zemmour, Édouard Philippe prenait le rôle du méchant Richelieu pour préserver le gentil roi Louis XIII. Mais n’est-il pas trop tard pour cette manœuvre ?

Car c’est sur Macron que la rancœur des Gilets jaunes se focalise, il est jugé responsable de leurs malheurs, à force d’avoir trop pris les devants.

Les Français se souviennent des phrases choc de Macron. Dirigées contre les Gaulois réfractaires qui ne traversent pas la rue pour se trouver du travail, elles ont fait apparaître un président qui ne comprend pas le quotidien des plus humbles.

La France a encore le souvenir du scandale Benalla, ce voyou devenu ami intime du président, ou encore le souvenir de la fête de musique animée par des personnes gesticulant sur de la musique électro et se vantant d’être « noir, fils d’immigrés et pédé ». Sans compter la photo avec des délinquants guyanais en caleçon faisant un doigt d’honneur. Macron n’a pas cessé de creuser le fossé avec la France populaire.

Enfin, la médiatisation mondiale de la colère des Gilets jaunes a porté un coup sévère à Macron sur la scène internationale.

Les médias du monde entier ont fait apparaître un homme à l’autorité affaiblie dont les forces de l’ordre ont violemment réprimé de simples manifestants pacifiques. Une dégringolade tonitruante pour celui qui se voyait déjà comme le nouvel homme fort de l’Union européenne.

Sur la scène nationale comme internationale, le reste du quinquennat risque d’être difficile pour Macron, qui a toutes les chances d’être condamné à l’immobilisme de son prédécesseur François Hollande.

Macron au “20 heures” : De microscopiques mesures. Et la forme : quel désastre !, par Francis Bergeron

Voulez-vous qu’on résume ensemble les mesures concrètes, qui seront appliquées rapidement ? Il y en a trois, elles vont toutes dans le bon sens (ouf !), mais elles sont d’une portée absolument dérisoire :

– Les heures supplémentaires sans impôts ni charges ? Bravo ! C’est la remise en place du dispositif créé par Sarkozy et qui correspondait au « travailler plus pour gagner plus ». Cela aurait dû être fait dès juin 2017. Mais Macron n’avait pas osé déjuger Hollande, sur une mesure qui avait pourtant fait s’effondrer la popularité de ce dernier dès le début de son quinquennat et « jeté dans les bras du Front national » le monde des ouvriers et des employés. En tout état de cause, cette mesure n’apporte rien aux artisans, aux commerçants, aux indépendants, aux retraités, aux chômeurs, aux cadres, et aux non-cadres n’exécutant pas d’heures supplémentaires, soit 95 % de la population française et 99 % des Gilets jaunes.

– Le SMIC augmenté de 100 euros nets, sans augmentation du brut, donc par diminution des charges. C’est encore la même population qui en sera bénéficiaire, et dans cette population, pas ou très peu de Gilets jaunes.

– Pas d’augmentation de la CSG pour les retraités recevant moins de 2 000 euros par mois. Cette exonération de l’augmentation de la CSG jouait jusqu’à 1 200 euros. La nouvelle exonération va bénéficier à une tranche de retraités situés entre 1200 et 2000 euros. Cela représente du monde, certes, mais des retraités, uniquement.

Et c’est tout ! Oui c’est tout ! Vous avez bien lu : aucune autre mesure de court terme ! C’est absolument incroyable. Pour le long terme, nous avons eu droit à de vagues promesses, des orientations sans calendrier, sans perspectives concrètes. Rien sur le poids de l’Etat, sur le poids de l’immigration, sur les folies de la transition écologique, sur la représentation politique, sur la mise en cause du train de vie global de nos « élites », sur l’Europe.

Et aucune mesure politique choc du type : changement de Premier ministre, référendum, dissolution de l’Assemblée. Rien, rien, rien !

Aucune mesure ne concerne de près ou de loin les Gilets jaunes

A l’évidence, le chef de l’Etat et ses conseillers sont incapables de prendre la mesure de cette révolution. Aucune des décisions actées ne concerne, de près ou de loin, les Gilets jaunes, à l’exception, donc, des retraités pensionnés à revenus modestes. C’est à peine croyable !

Terminons par la forme. Là aussi, quelle catastrophe ! L’homme lisait son prompteur (ou en donnait l’impression) d’une voix égale. Sa touche d’humanité, programmée en début de discours, n’avait aucun accent de sincérité. On avait envie de dire à ce dandy policé : « Mais arrache tes deux micros ! Lève-toi ! Abandonne le discours de tes conseillers ! Dis-nous directement, avec tes mots, sans filtres, ce que tu veux nous dire ! Fais du Trump, parle-nous avec tes tripes ! Le cheveu en bataille ! Le geste fort ! L’expression imagée, excessive, pourquoi pas ! Surprends-nous ! »

Pour céder, ou pour résister, peu importe. Mais pour exister, pour montrer qu’il est un homme de chair, de sang. Pour montrer qu’il sait ce qu’il veut, qu’il sait où il va, où il veut nous conduire.

Lisse, pondéré, sans aspérités

Mais hélas, il semble bien qu’il en soit incapable. Ce qui lui a permis d’emporter le morceau, face à Marine Le Pen, le 3 mai 2017, ce côté lisse, pondéré, raisonnable, sans aspérités, se retourne désormais contre lui.

Samedi prochain, les Gilets jaunes modérés, les Gilets jaunes libres, risquent fort de basculer à leur tour dans le camp du jusqu’auboutisme. A qui la faute ? Cette prise de parole, pour dire si peu, a été une vraie folie. Mais reconnaissons qu’il n’y a vraiment rien de réjouissant à voir le pays s’effondrer ainsi, sous nos yeux, comme une baudruche mal gonflée.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 décembre 2018

Gilets jaunes – Macron, un discours pour rien

Ainsi, après plusieurs semaines de manifestations, mais aussi parfois d’émeutes. Après qu’il y a eu des dizaines de blessés parmi les manifestants, mais également parmi les forces de l’ordre, et même plusieurs morts en marge de ce vaste et inédit mouvement des gilets jaunes. À l’issue de destructions importantes qui ont provoqué pour des centaines de millions d’euros de dégâts dans notre pays, Macron, le Jupiter élyséen, s’est enfin décidé à descendre de son Olympe. Car son intervention devant les Français était attendue. Invisible et inaudible depuis le début des manifestations, si ce n’est par quelques indiscrétions sans doute savamment distillées, le président de la République s’est exprimé ce lundi soir, pendant une dizaine de minutes, afin de dire son ressenti et d’annoncer les mesures qui, selon lui, devaient faire baisser la tension et renvoyer les gilets jaunes chez eux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le message a été insuffisant. En d’autres temps, on aurait dit que « le compte n’y est pas ».

À un vaste mouvement populaire et social, Macron a cru bon de répondre par quelques mesures minimalistes. Alors que les gilets jaunes demandaient du pouvoir d’achat, il leur a proposé une revalorisation du SMIC de 100 euros, et rien pour les autres travailleurs. Une prime de Noël, à la charge des entreprises qui le voudront bien. Alors que les gilets jaunes demandaient plus de démocratie, il leur a proposé un débat en refilant, au passage, le bébé aux maires. Alors que les gilets jaunes demandaient plus de justice et d’équité, il a proposé des miettes aux uns et rien aux autres. Face à cette crise majeure et sans précédent, le président de la République s’est montré égal à lui-même, alliant compassion de circonstance et vraies menaces. Menaces contre les gilets jaunes qui poursuivraient leurs actions, mais aussi menaces contre des « irresponsables politiques » sans qu’il les désignent nommément, mais dont on voyait bien qui il pouvait viser.

Exit, donc, la réindexation des salaires et des pensions sur l’inflation. Exit les vraies mesures pour le pouvoir d’achat, les Français devront continuer à se serrer la ceinture pour tout simplement continuer à vivre. Exit les décisions pour diminuer la dépense publique dont on sait qu’elle est un véritable fléau pour notre économie.

Ce n’est donc pas par ce discours, et encore moins par les mesures annoncées, que nous sortirons de cette crise. Trop de revendications, pourtant légitimes et fondées, n’ont pas été prises en compte. En revanche, les plus riches peuvent, une fois encore, dormir sur leurs deux oreilles, ils resteront riches. Et l’ISF ne sera pas rétabli.

Plus que jamais, c’est donc l’inconnu qui se profile. Quelles réactions auront les gilets jaunes sur leurs ronds-points, eux qui, maintenant depuis près d’un mois, tentent de se faire entendre mais n’ont manifestement pas su retenir suffisamment l’attention d’un Président prisonnier de sa politique et de ses maîtres de la haute finance internationale.

Plus que jamais, il s’avère donc indispensable de changer de politique. Mais les Français savent désormais qu’elle ne changera pas avec ceux qui sont actuellement au pouvoir. Ainsi, ce ne sont plus quelques mesures économiques ou fiscales qui sont à exiger, mais bien de nouvelles élections qui, seules, permettront de donner à la France une nouvelle majorité, porteuse d’un autre programme et d’un autre projet pour l’avenir de la France.

Olivier Damien

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Macron : cette haine qui ne ressemble pas du tout à l’amour

Au Puy-en-Velay, le chef de l’Etat s’était déplacé en toute discrétion. Pourtant, comme l’a souligné Caroline Parmentier, nous avons assisté à une scène ahurissante, dès l’annonce de son arrivée le bouche à oreille a fonctionné, des petits groupes se sont formés pour repérer la voiture officielle dans le cortège qui montait la rue principale. On a alors été témoin d’un déferlement de haine, une haine viscérale : « On va l’attraper, ce fils de p… » On a vu des gens « se mettre sur la route pour gêner son passage, d’autres ont même essayé de taper sur la voiture ».

A Amiens, lors des dernières manifestations des Gilets jaunes, le neveu de Brigitte Macron, Jean-Alexandre Trogneux, propriétaire de la chocolaterie Jean-Trogneux, a été insulté puis certains ont menacé de brûler son magasin.

En province, plusieurs permanences des députés de LREM ont été taguées et des députés ouvertement menacés.

Pourquoi une telle aversion envers notre Président et ses affidés ? Pourquoi une attitude similaire à ces fins de règne de 1789 en France et de 1917 en Russie ?

Difficile de croire que ce soit seulement les mesures antisociales et les revendications du pouvoir d’achat qui en sont la cause. Derrière le niveau de vie un autre aspect, un aspect qui touche au psychisme et à l’inconscient des foules, est à examiner. Cette haine à l’égard du chef de l’Etat qui enfle de jour en jour n’est qu’un mépris envers un souverain incapable de jouer son rôle de protecteur des faibles et de défenseur de la nation. Macron est rapidement devenu par certaines paroles, par ses amitiés et ses actions, le défenseur des riches, du mondialisme et des coquins.

Souvenons-nous de ces phrases chocs : « Les Gaulois réfractaires au changement », « les Français qui détestent les réformes », « ne rien céder ni aux fainéants, ni aux cyniques » « les illettrées », « les gens qui ne sont rien », « le pognon de dingue que la France dépense pour les minima sociaux », « Je traverse la rue, je vous trouve du travail », « Le bus pourra bénéficier aux pauvres », « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » Ces phrases font penser à la formule attribuée faussement à Marie Antoinette : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche… »

Benalla et autres racailles

Autre point dommageable, l’amitié qu’il a portée à un véritable voyou : Benalla. Les révélations qui, pendant un mois, ont défrayé la chronique nous ont donné de « Jupiter » une piètre image. Comment un président pouvait-il frayer avec un tel individu, petite frappe qui ne pensait qu’à abuser du pouvoir que l’Elysée lui octroyait ? Là aussi, on peut se référer à l’histoire de la Russie et à Raspoutine avec les complaisances à son égard, notamment de la tsarine.

Puis ce furent ces vidéos à l’Elysée, pendant la fête de la musique, avec des invités homosexuels se tortillant, joue contre joue, avec Emmanuel et Brigitte et un DJ électro arborant un t-shirt « Fils d’immigrés, noir et pédé ».

Des images qui n’étaient pas représentatives de la « France d’en bas ». De même, les moments de tripotage lors de son voyage à Saint-Martin où « Jupiter » enserrait deux jeunes gens torse nu faisant un doigt d’honneur à la caméra ont affecté terriblement l’image présidentielle. Chacune de ces scènes creusait un peu plus l’écart entre une France laborieuse et la fonction de chef de l’Etat. Pour cette France populaire, aucun doute, Jupiter affichait ses préférences pour une population qui n’était pas la leur.

Enfin les dépenses : piscine du fort de Brégançon : 34 000 euros, vaisselle de la manufacture de Sèvres pour, d’après Le Canard enchaîné, la coquette somme de 500 000 euros, réfections de l’Elysée avec un coût de 500 000 euros, salaires du personnel affecté à Brigitte à près de 300 000 euros. Là aussi, cette dernière prodigalité de Mme Macron offre un début de similitude avec l’affaire du collier de la Reine qui éclaboussa la réputation de Marie-Antoinette.

Lorsque l’on met bout à bout tous ces éléments, on comprend mieux les raisons révélatrices d’une grande défiance des Français à l’égard de Macron. Ces données ont entraîné le déchaînement de la parole sur les réseaux sociaux, amplifiant la détestation et la transformant en haine.

Facile alors de comprendre pourquoi le problème mute et devient aujourd’hui la personne même du locataire de l’Elysée.

Guillaume Bernadac

Article paru dans Présent daté du 10 décembre 2018

Éric Zemmour : “Le quinquennat de Macron est mort”

10/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Pour Éric Zemmour, la crise des “gilets jaunes” est tellement focalisée sur la personnalité du Président qu’il lui sera difficile de mener les prochaines réformes du quinquennat. “Je pense que son quinquennat est mort”, affirme le polémiste.

On essaie de changer de bouc-émissaire. Comme Emmanuel Macron attirait trop de haine, et ce n’est pas normal dans le fonctionnement des institutions, on essaie de repasser vers Édouard Philippe pour être le méchant Richelieu. Mais il me semble que c’est trop tard. Là, comme Macron a tout pris depuis des mois et qu’il a voulu tout prendre, il va être très difficile de changer d’âne.


Gilets jaunes, la pression continue sur l’exécutif

10/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Dix mille manifestants, 1082 interpellations, plus de 70 blessés, des dizaines de vitrines brisées, des magasins pillés et des voitures incendiées. Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille, Saint-Étienne ou Nantes ont aussi connu des scènes de guérilla urbaine. Cela a poussé l’exécutif à la réflexion.

La machine à baffes pendant trois heures

C’est l’expression utilisée par Europe 1 qui rapporte que le président de la République a rencontré vendredi une quinzaine d’élus locaux à l’Élysée en préparation de son intervention sur le mouvement des Gilets jaunes en début de cette semaine.

Durant ces entretiens avec des élus qui ont duré trois heures trente, le président aurait reconnu ses erreurs sur ses méthodes de gestion et de communication, ainsi que le trop de taxes et d’impôts. Sans oublier la compilation de taxes supplémentaires qui serait inappropriée par rapport à la réalité du terrain, selon les propos rapportés par Karl Olive, maire de Poissy.

Le président aurait qualifié également de « connerie » les 80 km/h et la baisse des APL.

Le président réagit enfin

L’Élysée a annoncé que le président s’adressera au pays ce soir à 20 heures, sans donner plus de précisions. On s’attend à ce qu’il annonce une série de mesures pour calmer les tensions sociales. Le président jupitérien redescendrait-il sur terre ?

Le SMIC ne sera pas revalorisé

Muriel Pénicaud, ministre du travail, a annoncé que le SMIC ne sera pas revalorisé au-delà de 1,8% attendu en janvier avant même qu’Emmanuel Macron prenne la parole ce soir. Mais elle a tenu de rassurer, sur LCI ce dimanche, que le que le chef de l’Etat allait annoncer des mesures concrètes et immédiates pour calmer les Gilets jaunes.

Les “gilets jaunes” ébranlent l’État faible, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron a assuré, l’autre jour, qu’il représentait “les vrais populistes […] Nous sommes avec le peuple”. À dire vrai, sa proximité avec la France profonde ne saute pas aux yeux. Le président a réussi à rendre fous de rage les “gilets jaunes” issus des provinces oubliées. Il aura fallu des scènes d’insurrection, samedi dernier à Paris, pour qu’il annule enfin, mercredi soir, les taxes de 2019 sur le carburant.

Mais le peuple reste invisible à ses yeux. Dimanche, sur C8, le député LaREM, Aurélien Taché, demandait : “C’est qui le peuple français ?”, en se faisant l’avocat de la souveraineté européenne voulue par Macron. Ce dernier est attendu lundi à Marrakech (Maroc) pour y signer le “pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”. Le texte a été refusé par les États-Unis, Israël et de nombreux pays européens. Il assimile l’immigration à un droit de l’homme et à une richesse. Même le Parlement ne sera pas sollicité pour avaliser cet engagement à dissoudre le vieux peuple français dans un multiculturalisme sacralisé.

La conversion populiste de Macron tient du cynisme d’un salonard. Le progressisme, dont se réclame “en même temps” le chef de l’État, n’est guère plus ouvert aux révoltés de la France d’en bas. N’est-ce pas la gauche internationaliste qui a délaissé les “petits Blancs” trop franchouillards, au profit des minorités déracinées ? Ces jours-ci, les âmes généreuses redécouvrent leur fibre sociale pour s’approprier un mouvement qu’elles ont beaucoup insulté. La gauche fantomatique aimerait tant réduire les “gilets jaunes” à une lutte des classes ressuscitée !

Ceux qui dénigraient des “poujadistes” recasent leur “convergence des luttes”. Les anticapitalistes imposent des revendications sur l’abolition des privilèges, la haine du riche, le rétablissement de l’ISF, etc. Des collectifs “antiracistes” (Comité Adama, Comité Rosa-Parks) ont infiltré, samedi à Paris, la cause des cités dans celle des ruraux. Des lycéens cornaqués par le savoir-faire trotskiste entrent dans la danse, Jean-Luc Mélenchon jubile. François Hollande encourage…

Reste que la “révolution Facebook” a réussi, seule et en dépit de sa désorganisation, à ébranler l’État, la classe politique, les syndicats, les médias.

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 décembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le Gouvernement français cède en apparence face aux Gilets jaunes

06/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Afin de sortir de la crise provoquée par le courroux du peuple français incarné par la mobilisation nationale des Gilets jaunes, le gouvernement avait avancé ses premiers pions cette semaine. Était notamment mis en avant un report de six mois des principales taxes prévues. Pour autant ce moratoire présenté par le Premier ministre ne convainc pas les français, 78% d’entre eux jugent que le gouvernement ne répond toujours pas aux attentes des Gilets jaunes selon un sondage de ce mercredi. Était notamment reproché ce report opportun qui amène l’échéance juste après les élections européennes. L’Élysée a tenté par la suite d’atténuer cela, au cours d’une intervention du ministre de la transition écologique François de Rugy sur le plateau de BFMTV. Celui-ci a annoncé que les fameuses taxes sur le carburant ne seraient pas reconduites de tout 2019, laissant même entendre que celles-ci pourraient ne jamais voir le jour.

Une annonce à prendre avec des pincettes

Le gouvernement serait bien capable de ressortir cette mesure sous une forme déguisée dans le futur, à la manière d’un traité de Lisbonne. Car la hausse originellement prévue répondait entre autres à une exigence d’efforts de transition écologique, découlant de l’accord de Paris sur le climat. Cet accord est défendu bec et ongles par monsieur Macron, et plus globalement par l’Union européenne, à laquelle l’Élysée n’a jamais si bien obéi. Dans ces conditions il est difficile d’imaginer le gouvernement renoncer si facilement à cette mesure phare de la lutte contre le réchauffement climatique.

Si ces annonces contribuaient à désamorcer la mobilisation des Gilets jaunes cette victoire aura néanmoins un goût amer pour le gouvernement

Même si le gouvernement arrivait à faire repasser cette taxe en catimini dans la suite du mandat de monsieur Macron, il aura en effet tout de même eu à publiquement plier contre la mobilisation. Qui plus est des dissensions transparaissent à présent ouvertement des dernières déclarations des officiels de l’Élysée. Outre le Premier ministre en partie désavoué par les dernières évolutions de son moratoire, le conseil des ministres et Marlène Schiappa en particulier se sont faits recadrer sèchement hier par Emmanuel Macron, suite à leur engagement hâtif au sujet de la révision de l’impôt sur la fortune. Poussé par les Gilets jaunes en dehors du chemin tracé par l’Union européenne et les traités et accords mondiaux, le gouvernement semble à présent perdre son unité, ce qui devrait inciter ce mouvement à ne pas s’arrêter en si bon chemin.

Gilets jaunes : Macron doit céder, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron doit céder. Il doit annoncer, tout de suite, l’abandon des taxes supplémentaires sur le carburant prévues au 1 er janvier. Le geste d’apaisement aurait même dû intervenir dès ce lundi matin. Ce recul ne sera pas la fin du monde, contrairement à ce qu’annoncent des écolos illuminés : la France n’émet qu’1% du CO2 mondial et, dans ce minuscule pourcentage, la voiture ne participe pas même à la moitié du gaz rejeté. Un entêtement du chef de l’Etat à “maintenir le cap” n’est plus tenable, sauf à vouloir attiser une folle stratégie du chaos, au nom d’un orgueil immature. L’insurrection populaire des Gilets jaunes a atteint, samedi, un degré de violence insupportable. Les ultras, de droite, de gauche et des cités, ont largement contribué aux saccages et aux pillages. Une troisième mobilisation nationale, samedi prochain, risquerait de livrer Paris aux armes mortelles de la guerre des rues.

Déjà, samedi, quelques halls d’immeubles d’habitation ont été la cible d’incendiaires. Tous les Gilets jaunes ne sont pas devenus enragés. Mais beaucoup d’entre eux font le constat, navrant, de n’espérer être entendus du Pouvoir qu’en se radicalisant toujours davantage. Devant cette France incandescente, il revient au président de la République d’abandonner sa posture volontariste. Macron est désormais attendu sur sa capacité à se réconcilier avec une société civile en rupture. L’urgence est de redonner au peuple en colère sa place dans la vie politique.

“Paris est fragile !”, jubilaient, samedi soir boulevard Malesherbes, des éléments de l’ultragauche ayant pris possession de la voie abandonnée par les forces de l’ordre. Ici, trois personnes auront suffi à construire un barrage. De fait, la capitale s’est révélée vulnérable, proie facile de commandos organisés. La décision de bloquer totalement l’accès aux Champs-Elysées à partir de la Place de l’Etoile a été l’occasion pour les Gilets Jaunes de se masser devant l’Arc de Triomphe, avant de l’abandonner dans l’après-midi à des casseurs de l’ultragauche et des cités. Parmi les slogans peints sur le monument : “L’ultradroite perdra”, “Justice pour Adama”, du nom d’un jeune homme, Adama Traoré, décédé au cours d’une interpellation policière.

Reste que beaucoup de Gilets jaunes n’ont pas jugé utile de se désolidariser des éléments les plus sauvages, voire de s’y opposer. Dans ce contexte, le gouvernement serait irresponsable s’il devait donner prétexte à une autre démonstration de force des insurgés. Ceux-là seraient néanmoins bien inspirés de s’inquiéter de l’image qu’ils sont en train de donner à cette révolte très française, toujours soutenue largement pas l’opinion. La Marseillaise, fréquemment entonnée par la foule, illustre la puissance de l’imaginaire révolutionnaire et la force patriotique du mouvement. Cependant il est urgent que les femmes, très présentes, modèrent la colère aveugle qui se prête aux infiltrations des loups.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes : Macron tiendra-t-il jusqu’aux européennes ?

Le technocrate Edouard Philippe, flanqué de son conseiller juppéiste Gilles Boyer, paraissait visiblement « atteint » selon les témoignages des visiteurs. Alors qu’il recevait lundi les chefs de parti pour entendre leurs suggestions, tous lui ont demandé d’annoncer l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant.

Nicolas Dupont-Aignan a quitté précipitamment la réunion car Edouard Philippe a refusé qu’il diffuse l’entretien en Facebook Live, avant de déclarer sur la chaîne LCP : « J’ai conscience de la gravité de la situation et je ne sais même pas si le président de la République va aller jusqu’aux européennes. Je veux dire que, compte tenu de leur inconscience, de ce qu’il a fait pendant trois semaines, de cette incapacité à réagir, je m’inquiète. (…) On ne peut pas jouer avec un pays inflammable. Les banlieues sont au bord de l’insurrection, les classes moyennes n’en peuvent plus, les casseurs sont à l’œuvre. Et vous savez, notre pays, quand il est méprisé, ça peut partir mal. »

Marine Le Pen qui déclare soutenir le mouvement des Gilets jaunes « depuis la première heure du premier jour » et réclame la dissolution de l’Assemblée nationale – « Il faut que tous les Français soient représentés, si tel n’est pas le cas, il y a une rupture dans le principe fondamental du consentement à l’impôt » – a rappelé avoir « senti depuis très longtemps qu’une crise sociale couvait en France » et que « le mécontentement allait s’exprimer » : « Il s’exprime dans la rue et croyez-moi, je le regrette. Cela fait longtemps que je parle de cette France des oubliés. Cette France qui n’est jamais dans les radars des politiques qui préfèrent s’occuper des minorités en tout genre au détriment de la majorité des Français. »

La présidente du RN a plaidé pour une augmentation des petits salaires à 1 500 euros par mois en « créant une contribution sociale à l’importation pour financer cette augmentation ». Lundi soir au JT de TF1, elle s’est adressée directement à Emmanuel Macron, face caméra : « Les Français ont le droit de vivre sereinement cette fin d’année, qu’ils soient Gilets jaunes, commerçants ou en uniforme bleu marine. Alors, Monsieur le président, renoncez à votre politique fiscale dont les Français ne veulent plus. Ce ne sera pas perçu comme un aveu de faiblesse, mais comme le geste d’un homme d’Etat qui les écoute et les aime. »

Le mépris du peuple français

« Cédez ou partez », ont clairement déclaré les membres de la délégation de la France insoumise (LFI) à Edouard Philippe. Tandis que Laurent Wauquiez a affirmé sortir de cet entretien avec une profonde inquiétude : « Ils n’ont pas pris la mesure de la colère ni de l’engrenage de la violence dans le pays. On n’en est plus au débat. Il faut une mesure concrète immédiate : l’annonce de l’annulation des hausses de taxes. »

Les dernières marques d’incompétence et de mépris de deux députés macroniens qui ont fait le tour des réseaux sociaux, n’arrangent pas le climat : Eloïse Fajgeles dans un débat face à deux Gilets jaunes, s’est révélé ignorer totalement le montant du SMIC en France. Plus grave encore, Aurélien Taché a lancé chez Ardisson un très révélateur : « C’est quoi le peuple français ? » avant de révéler l’objectif de sa formation politique aux prochaines élections : « Transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen, c’est le cœur de ce que l’on va proposer aux élections européennes. »

Diluer la France et l’effacer petit à petit, c’est ce que Macron propose au peuple français qui demande à redevenir maître de son destin.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 4 décembre 2018

Gilets jaunes : Non, sire Macron, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution, par Francis Bergeron

Le président Macron a la tête bien faite. Il a un plan rationnel pour le redressement de la France, qui passe par des étapes précises : d’abord le retour dans le vert des comptes des entreprises. Nous y sommes à peu près. Puis la réforme de l’appareil d’Etat. Elle est annoncée, avec une réduction du nombre de fonctionnaires, et une simplification des procédures administratives. Cette étape sera atteinte à la fin de son quinquennat. Nous entrerons alors dans une troisième étape, qui correspondra à son second quinquennat : la marche vers le plein emploi, l’augmentation du pouvoir d’achat. Il est à craindre (pour lui) qu’il ne voie jamais cette troisième étape. Et même la deuxième étape est déjà en train de se gripper. L’exécutif est tellement affaibli que la macronie pourrait tomber dans l’apathie hollandaise. Mais rien n’exclut non plus que la tête de Macron ne finisse au bout d’une pique.

Depuis deux siècles on berce notre imaginaire avec la colère du peuple, qui finit bien, quand elle se termine en révolution. La révolte est partie d’une fiscalité punitive sur les carburants, pénalisant d’abord ceux qui travaillent, ceux qui vivent en banlieue et en province, ceux qui se lèvent tôt, comme disait Sarkozy. Une fiscalité pour supporter aussi notre part de charges migratoires, le coût d’une transition énergétique, née de l’idéologie écologique, le coût d’un Etat obèse, les coûts de la Communauté européenne, et alors même que la croissance, dans le monde, se ralentit, et qu’à l’heure des comptes chacun découvre que son pouvoir d’achat a chuté ces dernières années.

Pour éviter que la révolte ne se transforme en révolution, il faudrait que Macron baisse les pouces sur les carburants. Un Sarkozy, un Mitterrand, un Chirac, et même peut-être un Hollande, l’auraient compris, car ce sont des animaux politiques. Mais Macron ? Il n’en prend pas le chemin ? Tant pis pour lui. Car avec les Gilets jaunes, il est fort possible que nous assistions à un événement d’une portée inédite, qui pourrait bel et bien renverser la table.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 27 novembre 2018

Merkel, Macron et le pacte migratoire, par Jean-Gilles Malliarakis

Courant décembre, trois réunions vont orienter la politique de l’Union européenne et conditionner son avenir.

La conférence dite COP24 se tiendra à Katowice en Pologne. Elle prétendra trancher sur le climat. Elle préoccupe certes notre président préféré et les stratèges politiciens parisiens[1].

Or nos grands habiles ne sauraient ignorer que deux échéances plus importantes et probablement plus explosives attendent les Européens. On y débattra, en deux temps, du projet tout à fait délirant d’un pacte mondial migratoire. IL consiste à imposer, à quelques pays cibles, considérés comme importateurs de main-d’œuvre, d’accueillir la misère du reste du monde.

Chaque jour ce dossier s’aggrave. Et, dans certaines nations développées, un conformisme idéologique de plus en plus intolérant proclame une réponse que l’on qualifiera de complaisante.

Rappelons avant tout que, si le projet onusien apparaît en surface comme ratifié par 190 États, bien peu nombreux se trouvent les pays d’accueil en capacité, en désir ou en capitulation devant l’application du principe.

Or, le pacte doit être entériné à Marrakech les 10 et 11 décembre. Il doit cependant être dénoncé comme totalement faux de limiter les réticences à deux ou trois mauvais coucheurs. En mettant seulement en avant, le 27 novembre, les craintes de l’Autriche et de la Hongrie, Le Monde reste fidèle à ses habitudes. Il rappelle, mais de façon subliminale, leur défaite en 1918 et le démantèlement de l’Europe centrale.

Et, certes les discours d’une Merkel, de l’actuelle commission Juncker à Bruxelles, de Macron en France, d’un Trudeau au Canada vont hélas dans le sens du projet et de sa moraline hypocrite.

Au contraire, les grands pays du monde, dans les faits, ne se préparent pas à accueillir la vague migratoire qui en résulte, et qui se révélerait un tsunami. Les soi-disant experts onusiens manifestent au moins le mérite de nous en révéler la dimension. Leur chiffrage ne se limite pas aux 25 millions de réfugiés vrais ou faux. Il atteint actuellement une projection 9 (neuf) fois plus large soit 225 millions de « chances » pour leurs pays, offertes essentiellement à 400 millions d’Européens et aux Canadiens. Ce chiffre pour commencer…

Notons qu’ailleurs personne ne s’y consent.

Ne parlons même pas des pays musulmans riches : les pays du Golfe ou l’Arabie saoudite manifestent une compassion bien limitée envers leurs frères islamiques pauvres.

Les États-Unis, où les bien-pensants feignent de rappeler qu’ils ont été peuplés d’immigrants, les refoulent activement à la frontière du Mexique. Mais ni la Chine, ni le Japon, ni la Russie, le plus vaste espace sous-peuplé du monde ne leur ouvre vraiment les bras. N’oublions pas que la raison principale de la victoire du Brexit en Angleterre en 2016 vient de ce dossier. L’immense Australie les rejette à la mer : ils n’y viennent plus.

Le 28 novembre il se confirme que deux pays comme l’Italie[2] ou la Belle Province du Québec[3] se rallient à une opposition significative.

Et, deux jours avant la conférence de Marrakech des 10 et 11 décembre, en Allemagne, les 7 et 8 décembre, les 1000 délégués de la droite en débattront.

Ce 21 novembre, au Bundestag, favorable au texte, la chancelière a encore cru pouvoir soutenir que “la question migratoire ne peut être abordée que dans un cadre international, et il ne faut pas croire qu’un pays peut à lui seul affronter cet enjeu”.

En face Jens Spahn, candidat à sa succession et opposant au projet a pu obtenir, le 26 octobre que le congrès se prononce sur le texte. Sa rivale Annegret Kramp-Karrenbauer, au contraire, s’est prononcée sans ambiguïté en faveur du pacte tout en ronchonnant contre la double nationalité, ce qui ne fait, à terme, qu’aggraver le problème.

Ceci concerne en fait l’ensemble de l’Union européenne puisque son enjeu déterminera le premier et le plus puissant des États-Membres. Hors d’Allemagne l’Union CDU-CSU, est considérée en général comme la représentative de la partie conservatrice de l’opinion. Mais, attelage un peu étrange, elle est composée d’un parti implanté dans l’ensemble des Länder et d’un autre qui domine en Bavière, ceci pratiquement depuis les élections régionales de 1946. Sous l’étiquette chrétienne-sociale, cette CSU constitue sans doute l’une des principales forces authentiquement étiquetées à droite outre-Rhin. Elle ne manque pas de se présenter comme très proche de partis homologues dans l’espace germanique, l’Union du centre en Suisse alémanique et l’ÖVP, parti populaire en Autriche. Une forte résonance fonctionne aussi dans des pays de tradition habsbourgeoise et catholique comme la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie et même la Pologne.

La CDU qui, elle aussi, a le plus souvent dominé les autres Länder cherche aujourd’hui à survivre aux deux grandes erreurs émotionnelles imposées au pays par la chancelière Merkel. Celle-ci, en 2011, avait prétendu rompre avec le modèle dit “multikulti” laissait certes un espace économique social libre à ceux qu’on appelait des Gästarbeiter, des travailleurs hôtes. Mais on ne leur accordant pas ou très difficilement la citoyenneté allemande. L’idée nouvelle consistait à leur imposer une assimilation, comparable à [l’ancien] modèle français, l’apprentissage de la langue allemande, etc. Les immigrés allaient devenir citoyens, et électeurs, beaucoup plus vite, et ceci pour des rasions analogues à celles de la Troisième république en France, ou dans le Bas Empire Romain : la dénatalité. Rappelons que la plupart de nos dirigeants, à commencer par celle qu’on appelle Mutti, n’on pas élevé d’enfants.

En 2015, faute pratiquement impardonnable aux yeux de la majorité de ses compatriotes, la chancelière allait élargir le champ de cette politique en accueillant massivement les réfugié, son fameux “wir schaffen das” – “nous y parviendrons”. Cette nouvelle politique n’a pas seulement produit de graves remises en cause dans le paysage politique de son pays, elle a engendré un déséquilibre et une crise d’identité dans toute l’Europe.

[1] cf. Chronique de L’Insolent du 28 novembre : “L’Écologisme dictatorial persiste dans son mépris”
[2] cf. “Les députés italiens adoptent la loi anti-migrants souhaitée par Matteo Salvini”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

gilets jaunes

Les Gilets jaunes restent en position de force, par Ivan Rioufol

Le gouvernement ment. Alors qu’il vient de faire voter la loi anti-fake news voulue par Emmanuel Macron, il s’est prêté samedi à des désinformations grossières dans le but de diaboliser les Gilets jaunes, qui manifestaient à Paris. Passons sur le chiffre grotesque donné par Christophe Castaner de 106.301 manifestants qui auraient été précisément comptabilisés sur toute la France : que le ministre de l’Intérieur avalise une telle farce, mimant puérilement l’exactitude, en dit long sur la pratique du bidonnage mise en œuvre au sommet de l’Etat. Il n’est donc guère étonnant d’avoir entendu Castaner qualifier les protestataires des Champs Elysées de “séditieux”, en tentant une analogie loufoque avec la manifestation du 6 février 1934 place de la Concorde et en accusant “l’ultra-droite” d’être à l’origine des déplorables violences. Gérald Darmanin y est allé de son couplet : “Ce ne sont pas les Gilets jaunes qui ont manifesté (sur les Champs Elysées), c’est la peste brune qui a manifesté“.

Pour sa part, le chef de l’Etat lui-même, dans un premier tweet, n’a pas eu un mot à l’adresse du peuple en colère, sinon pour l’accabler de sa “honte”. Ce lundi, les médias révèlent que les 101 gardes à vue sont largement constituées de jeunes hommes venus des provinces et n’ayant rien à voir avec l’ultra-droite. En revanche, les Black Blocs (ultra-gauche) ont signé nombre des saccages commis contre des vitrines ou des cafés. C’est donc sciemment que le gouvernement a travesti les faits afin de tenter de couper les Gilets jaunes de l’opinion. Peine perdue évidemment.

Le recours à de telles désinformations illustre l’isolement du pouvoir, qui n’a plus que l’insulte et le mensonge à la bouche. En mars, Macron assurait : “Je ne sens pas la colère dans le pays”. Depuis, il se comporte comme s’il ne voulait toujours pas l’entendre. Quand il encourage ses ministres à évoquer des séditieux ou une peste brune chez les Gilets jaunes, il fait voir le mépris qu’il porte aux Oubliés, ces braves gens qui n’en peuvent plus de se faire insulter. D’autant que le chef de l’Etat, tout à son combat contre “la lèpre qui monte”, fiche la paix au nazislamisme qui gangrène les cités. En fait, Macon ne cesse de se mettre en position de faiblesse en dévoilant son incapacité à admettre ses erreurs. Jamais le pays n’a été aussi tendu, prêt à exploser de rage tant le mépris des “élites” semble inépuisable. L’urgence commanderait au pouvoir qu’il cesse ses provocations incendiaires et ses fake news, indignes d’une démocratie. Les Gilets jaunes, en dépit des incidents sur les Champs Elysées, sont en position de force.

Mardi, la réponse attendue de Macron ne saurait être de convoquer des experts, de créer des commissions ou d’imaginer des usines à gaz. Les Gilets jaunes exigent, dans l’urgence, la suppression immédiate des taxes supplémentaires sur les carburants. Ceux qui leur annoncent – grelin ! grelin ! – la fin du monde ressemblent aux illuminés d’une secte millénariste qui verraient partout des complots fascistes. La France n’a besoin ni d’un gourou, ni de cinglés.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macron face aux Gilets jaunes : Honte certes, mais qui peut être fier ?, par Philippe Bilger

Le président de la République a exprimé sa “honte” par un tweet dans la soirée du 24 novembre.

Honte certes, pourquoi pas, à la suite des violences, des affrontements et de cette atmosphère d’émeute durant quelques heures, surtout sur les Champs-Elysées (Le Figaro).

Difficile de le contredire en effet quand il remercie “les forces de l’ordre pour leur courage et leur détermination” et dit sa “honte à ceux qui les ont agressées… à ceux qui ont violenté d’autres citoyens et des journalistes, à ceux qui ont tenté d’intimider des élus. Pas de place pour ces violences dans la République” (Europe 1).

Comme cette dernière phrase serait belle si elle était juste et que la République ne cesse pas d’être meurtrie par des violences de toutes sortes contre lesquelles, quotidiennes ou exceptionnelles, l’Etat ne montre que son impuissance !

“Honte” assurément à l’égard de ceux qu’il a visés par sa dénonciation mais, au-delà de l’opprobre ainsi jeté, qui peut être fier de son comportement, de son verbe et de ses actions depuis que les Gilets jaunes ont fait irruption dans notre espace démocratique, contre toutes les structures partisanes et syndicales, à cause initialement d’une hausse des carburants aggravant le gouffre entre Paris et la province, entre ceux qui pourront toujours circuler à leur aise et la majorité ayant besoin d’une voiture pour aller travailler, entre les privilégiés et les modestes ?

“Honte”, c’est sûr, mais qui dans ce désastre aurait l’impudence de s’épargner ?

“Honte” peut-être, mais le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, pour ce qui les concerne, peuvent-ils se féliciter de l’image qu’ils ont donnée et de la posture qu’ils ont adoptée ?

Ce dernier, par ses attitudes de Matamore qui révélaient plus d’incompréhension et de maladresse que d’autorité, par la précipitation avec laquelle il s’est engouffré dans la mise en cause de l’ultra-droite à Paris, a jeté de l’huile sur le feu, du sel sur une plaie à vif et surtout, avec une globalité dangereuse, n’a pas distingué une minorité de “casseurs” quasiment inévitable d’une multitude parfaitement honorable et tranquille de Gilets jaunes.

Cette dernière aurait eu besoin d’une considération qu’elle n’a jamais eue ou trop tard. A Paris, le refus de s’en prendre aux pompiers et de dégrader des commerces a été, pour beaucoup de manifestants, la marque même de leur singularité et de leur honnêteté.

Alors que dans la province les Gilets jaunes ont défilé et protesté dans le calme avec une force amplifiée par cette résolution irréprochable, quoi que ce soit, depuis le début de ce conflit, avait-il été proposé à cette masse angoissée par son pouvoir d’achat et son avenir devenant de plus en plus incertain, voire sombre ?

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Gilets jaunes : 2 – Macron : 0

Acte 2 réussi pour les gilets jaunes. Les images des fumées et des dégâts des Champs-Élysées que ne manque pas d’exploiter M. Castaner n’y changeront rien. D’abord parce que le ministre de l’Intérieur a perdu toute crédibilité depuis qu’il s’évertue, de façon indécente et mensongère, depuis huit jours, à mettre des morts sur le dos des gilets jaunes (voir la fake news du décès de mardi imputé à tort aux gilets jaunes). Ensuite parce que ces dégâts, visiblement causés par des casseurs infiltrés, sont sans commune mesure avec ceux que laissent les manifestations de l’ultra-gauche – pourtant encadrées par le service d’ordre des syndicats. Enfin, et surtout, parce que les Français apportent un soutien massif aux gilets jaunes : ils sont 77 % à trouver le mouvement « justifié » (dont 49 % « totalement justifié » !), selon le dernier sondage Odoxa pour Le Figaro et franceinfo publié samedi, et 82 % souhaitent qu’Emmanuel Macron et le gouvernement annulent les taxes sur les carburants, prévues pour janvier, qui ont déclenché l’incendie.

La victoire des gilets jaunes est totale car ils ont réussi à semer la discorde chez l’ennemi, et sur tous les fronts.

Sur le fond, ils ont démontré que leurs revendications étaient fondées en termes de pouvoir d’achat et de justice sociale, et démasqué le mensonge écologique et la culpabilisation du pouvoir. Les sociologues (Christophe Guilluy, Jean-Pierre Le Goff, etc.) qui, depuis des années, décrivent leur France et leurs souffrances économiques et culturelles leur ont fourni la caution intellectuelle face aux bien-pensants écolo-libéraux qui essaient de défendre encore -mais avec bien moins d’assurance – les décisions d’Emmanuel Macron. Et pas besoin de les avoir lus ou d’en avoir fait une fiche pour briller à Sciences Po quand ce qu’ils décrivent, c’est leur quotidien depuis des années, voire des décennies. Désormais, ces beaufs que l’on n’attendait pas sont sortis de leur invisibilité et sont conscients de la vérité et de la justesse de leur combat.

Mais ils ont aussi remporté la victoire du champ de bataille, ou plutôt des champs de bataille, car samedi, les rassemblements étaient encore très nombreux partout en province et, surtout, les gilets jaunes ne se sont pas laissés enfermer dans le piège du choix du terrain : à Bordeaux, ils ont bravé l’interdiction de la préfecture pour se diriger vers l’hôtel de ville ; à Paris, ils ne sont pas tombés dans le piège du pré carré du Champ-de-Mars. Mieux : ils ont opéré un prodigieux renversement et montré que c’est le pouvoir qui s’était enfermé dans son donjon. Georges Michel le disait ici il y a déjà une semaine. Arnaud Benedetti lisait cet enfermement dans « la carte du périmètre de sécurité enveloppant les hauts lieux de la République dans un no man’s land symbole d’un isolement, d’une coupure sur-signifiante entre l’exécutif et le peuple, […] image d’un État retranché, assiégé ».

Ce sont des actes d’insoumission minimes mais très forts symboliquement : ni les syndicats ni la trop bien élevée Manif pour tous n’avaient osé. C’est dans ces actes de désobéissance – comme celui de Jean Lassalle revêtant le gilet jaune à l’Assemblée -, que se lisent la détermination et l’intelligence d’un acte de révolte ou de dissidence. Les gilets jaunes ont choisi les heures et les lieux. Ce sont eux qui ont l’initiative et le pouvoir en est réduit à suivre. Un pouvoir qui n’est, en l’occurrence, ni fort ni intelligent.

Il y a là une transgression et une insolence légitimes, surtout quand elles s’adressent à Emmanuel Macron. Il n’est plus besoin de rappeler ses insolences à lui, ses provocations (« Qu’ils viennent me chercher ! »). Mais, plus profondément, Emmanuel Macron a accédé au pouvoir, comme il le reconnaissait lui-même en février dernier, par une sorte d’« effraction », une transgression et une insolence inédites. La révolte des gilets jaunes est le miroir de cette effraction, la réponse à cette disruption. Et ce n’est plus de la communication politique. Le premier président de l’ère 2.0 ne devrait pas s’étonner de voir déferler contre lui la première révolte sociale 2.0. Quant au match, le score est net : Gilets jaunes : 2 – Macron : 0.

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire