Elisabeth Lévy : “Face à l’insécurité, les Français sont tentés par l’autodéfense”

13/12/2014 – FRANCE (NOVOpress)
La revue Causeur a consacré son numéro de décembre à l’insécurité. L’occasion pour Elisabeth Lévy de souligner – dans FigaroVox – que les Français font de moins en moins confiance à la justice pour les protéger.

Les Français sont-ils vraiment tentés par l’autodéfense ? Réponse d’Elisabeth Lévy :

En travaillant sur la question de la sécurité, nous avons découvert un phénomène intéressant et relativement souterrain. Je vous rassure, il ne s’agit pas d’autodéfense au sens «Clint Eastwood du terme» – les Français ne sont pas près de prendre massivement les armes – mais d’une forme embryonnaire et nouvelle d’auto-organisation: des citoyens, des commerçants – ce que les Américains appellent «community» – se regroupent, non pas pour jouer les shérifs à la place de la police, mais pour pallier ses carences et l’épauler, comme le montrent les reportages que nous publions. À Marseille, une association de citoyens vigilants («Papy simple flic») qui a signé une convention avec les autorités, organise une surveillance et se contente de signaler les faits inhabituels ou inquiétants à la police. Et le plus étonnant, c’est que ça marche: d’abord quand ils appellent, la police se déplace ; de plus, comme le dit Jean de Maillard, un magistrat que nous avons interrogé, dès qu’un endroit est placé sous surveillance, l’insécurité régresse. Même chose dans le quartier de la Bastille à Paris, où les commerçants ont recruté des «grands frères», de gros mastards non armés qui font déguerpir les racailles qui envahissent le quartier tous les week-ends. En résumé, je dirais que, pour les Français, le monopole de la force légale doit rester à l’Etat, mais qu’il faut parfois lui forcer la main, à cet Etat, pour qu’il l’exerce. En revanche, on a l’impression que les gens font de moins en moins confiance à une Justice dont ils pensent qu’elle se soucie plus de la rédemption des délinquants que de la protection des braves gens.


Pour Élisabeth Lévy : «L’inquisition d’aujourd’hui est de gauche !»

16/10/2014 – PARIS (NOVOpress) – Elisabeth Lévy vient d’accorder un long entretien à FigaroVox. Elle y évoque «les fractures françaises», «le déni du réel» ou encore «le sectarisme des rebellocrates».

Pour elle, il existe toujours un camp politique qui s’appelle «la gauche» mais il est intellectuellement et idéologiquement moribond. Par ailleurs, au-delà des beaux discours sur la tolérance et l’ouverture à l’Autre, les grandes consciences de gauche apparaissent souvent aujourd’hui comme les plus intolérants :

Quelles que soient ses tares et ses turpitudes, la droite est spontanément plus pluraliste, moins sectaire, moins fanatique que la gauche. L’inquisition d’aujourd’hui est de gauche.