Dans un contexte dramatique, la droite nationale poursuit son implantation

Les maires sortants sont traditionnellement avantagés dans les urnes. Dans un contexte d’interrogation sur la progression de l’épidémie, ce principe s’est confirmé dimanche ; il conforte le besoin légitime des Français d’être rassurés. La réélection des sortants vient en quelque sorte contrebalancer l’impression de sauter dans l’inconnu que vivent actuellement les Français depuis qu’ils ont découvert l’ampleur de l’épidémie en cours.

Traditionnellement, les scores du Front national affolaient les commentateurs, mais dimanche soir c’est le score de la maladie qui focalisait toutes les attentions. La déclaration, empreinte de solennité, de Marine Le Pen, largement orientée sur la nécessité d’accroître les mesures de protection, de mettre en place le confinement, et de reporter à plus tard le second tour des municipales, n’a pas suscité de tollé, à la différence de ce qui se passait habituellement dans des situations de ce genre. Et c’est son contradicteur, le ministre de l’Ecologie, qui a semblé en retard de 24 heures sur les dernières déclarations de Macron et d’Edouard Philippe. La présidente du RN a rappelé qu’elle n’avait pas été favorable à la tenue des municipales aux dates prévues, compte tenu de l’épidémie. En ce sens, elle se différenciait de toute la classe politique. Les scientifiques ont confirmé que c’est elle qui avait raison.

Pour en revenir à la prime aux maires sortants, celle-ci a bénéficié à l’écolo Piolle à Grenoble, aux socialistes Aubry à Lille, Johanna Rolland à Nantes, ou Hidalgo à Paris, qui doivent tous, néanmoins, affronter un second tour. Leurs scores respectifs les ont cependant placés nettement en tête à l’issue du scrutin. Mais un second tour sera donc nécessaire pour confirmer ou non cette situation de favoris.

Steeve Briois plébiscité avec 74,1 % des voix

Mais le même phénomène de prime aux sortants a également joué en faveur des 14 maires de la droite nationale, qui avaient été élus en 2014, généralement dans le cadre de triangulaires, voire de quadrangulaires très serrées : Steeve Briois, à Hénin-Beaumont, a été plébiscité par 74,21 % de ses compatriotes ; Julien Sanchez à Beaucaire a été lui aussi élu au premier tour, avec 59,50 % des voix ; Robert Ménard, à Béziers, a été réélu avec 68 % des voix, Marc-Etienne Lansade, à Cogolin, recueille 47,50 %. Jacques Bompard à Orange ne manque que de peu sa réélection dès le premier tour : 47,56 % des voix. Mais il était concurrencé par une liste du RN qui a recueilli pour sa part 13,4 % des voix. Nous sommes donc ici à un total de 61 % des voix, ce qui est l’ordre de grandeur habituel des scores passés du maire d’Orange. Au Pontet, Joris Hébrard est réélu avec 57 % des voix. Franck Briffaut, à Villers-Cotterêts récolte 53,5 % des suffrages, Fabien Engelmann, à Hayange, triomphe avec 63,14 % des voix, et Philippe de Beauregard, à Camaret-sur-Aygues, fait mieux encore avec 70 % des voix (bien que conseiller régional RN de PACA, il se présentait sans étiquette) !

Seul le score du RN, à Marseille, où Stéphane Ravier avait pourtant fait une belle campagne, déçoit (19 % des suffrages), tandis qu’à Bollène Marie-Claude Bompard, avec 44,71 % des voix, est en ballottage (voir en page 4). Comme Pascal Verrelle au Luc, dans le Var (38 %).

Dans beaucoup de villes, les candidats de la droite nationale sont bien placés, comme Valérie Laupies à Tarascon (lire sa réaction en page 5), Louis Aliot à Perpignan, ou le général de La Chesnais à Carpentras. Mais cela passe éventuellement par des fusions de listes, et surtout par la mobilisation des abstentionnistes qui ont représenté 56 % du corps électoral. Un record pour ce type d’élection. Mais jamais une élection ne s’était opérée dans un contexte aussi affolant. Tandis que tombaient les premiers résultats électoraux, les chiffres des personnes atteintes par le coronavirus sur le territoire français, le chiffre de ceux placés en réanimation et le chiffre des morts venaient s’incruster en bas de l’écran de télévision.

Par ailleurs, heureux ou déçus, les candidats ignoraient encore, lundi à l’aube, si le second tour serait bien maintenu. La plupart des chercheurs et des médecins présents sur les plateaux de télévision ont à nouveau plaidé pour un report, car dans une semaine l’épidémie aura frappé le double ou le triple des victimes actuelles. Mais les constitutionnalistes, eux, ne semblaient pas en mesure d’expliquer quelles seraient les conséquences d’un tel report, et même si un tel report était légalement possible, au-delà du souhaitable ? Un report du second tour entraînerait l’annulation automatique du premier tour, semble-t-il. Ce sont des questions majeures, et qui nécessitent une prise de décision immédiate. •

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2020

Épidémie d’abstention aux élections municipales

16/03/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En pleine épidémie de coronavirus, le premier tour des municipales, marqué par une abstention record de 54,5 %, soit presque 18 points de plus qu’en 2014, s’est déroulé dans un climat étrange. Il semble néanmoins pour l’instant difficile d’évaluer l’impact qualitatif du virus sur les résultats de ce premier tour. L’annonce des premiers résultats dans les grandes villes est marquée par une percée importante du partie Europe Écologie, Les Verts. Le parti écologiste est parvenu en tête des suffrages à Lyon, Bordeaux ou encore à Strasbourg et deuxième à Lille, confirmant une tendance à la hausse de la question écologique, dans les classes moyennes supérieures. Le parti présidentiel obtient des scores très mitigés, ratant sûrement son implantation locale. Le Parti socialiste et les Républicains conservent les meilleurs scores dans leurs mairies sortantes respectives, à Paris, Lille, Rennes pour le PS (parti socialiste) et Marseille, Toulouse, Nice, pour les Républicains..

Malgré le coronavirus, le second tour aura-t-il bien lieu ?

Indépendamment des scores de leurs partis respectifs, de nombreuses personnalités politiques toutes tendances confondues ont appelé à un report du second tour. Le Premier ministre a annoncé réunir les fameux experts scientifiques d’ici samedi afin de décider de la tenue ou non du second tour. Pourtant la loi est formelle et le report d’un second tour entraînerait automatiquement les résultats du premier. Aux vues de la situation tout semble néanmoins envisageable.

Peut-on se poser la question de la légitimité de ces élections ?

Avec un taux d’abstention historiquement haut, des campagnes électorales perturbées, la question n’est pas anodine. La municipalité est pourtant le noyau de la vie politique pour de nombreux citoyens français. Il y a un an, alors en pleine crise des Gilets jaunes, ce fut vers les maires que s’était tourné le président Emmanuel Macron, pour tenter de calmer le mouvement populaire.

Élections municipales 2020 : l’insécurité reste la préoccupation première des Français, par Franck Deletraz

Totalement déconnectés de la réalité et ignorants des problèmes quotidiens auxquels sont confrontés nos compatriotes, les grands médias et les « élites » de notre pays s’en étonnent, s’interrogent, et vont même pour certains jusqu’à en rire. Cependant, si la quasi-totalité des enquêtes d’opinion menées depuis des mois soulignent que la lutte contre l’insécurité arrive aujourd’hui largement en tête des préoccupations des Français, c’est bien parce que ceux-ci sont les premiers à subir chaque jour les terribles effets de l’explosion de la délinquance.

Une constante dans les sondages

Mercredi, un sondage Europe 1-BVA révélait qu’une majorité de Français ne se sentaient pas suffisamment protégés et que l’insécurité arrivait aujourd’hui largement en tête de leurs préoccupations. Il venait ainsi confirmer les conclusions de toutes les enquêtes d’opinion menées presque chaque semaine depuis des mois dans notre pays. Ainsi, le 5 février, un sondage Harris Interactive-Agence Epoka relevait que 41 % des électeurs, qu’ils soient pour ou contre la mise en place d’une nouvelle équipe municipale, se retrouvaient sur la priorité absolue pour le nouveau maire d’assurer avant tout la sécurité des biens et des personnes. Quelques jours plus tôt, c’est le baromètre Odoxa-Fiducial du Figaro qui, tout en confirmant cette priorité donnée par les Français à la lutte contre l’insécurité, révélait que 61 % d’entre eux appelaient à une augmentation des prérogatives et des budgets des mairies pour mieux lutter contre l’insécurité. Interrogés sur ces nouvelles prérogatives, les sondés approuvaient ainsi très majoritairement (87 %) qu’ils puissent avoir accès à la liste des fichés S habitant dans leur commune, mais aussi à celle « des personnes atteintes de maladies mentales et potentiellement dangereuses » (79 %). Pour lutter contre l’insécurité, ils se prononçaient également pour un maintien (55 %) ou une augmentation (36 %) du budget consacré à la sécurité par leur municipalité. Enfin, ce sondage soulignait aussi que 70 % des sondés se disaient « favorables à ce que l’armement de la police municipale soit généralisé ». Et l’on pourrait encore citer ici cette enquête Odoxa-CGI, réalisée en décembre dernier, qui indiquait non seulement que pour 55 % des personnes interrogées la sécurité devra être la priorité du futur maire, mais observait en outre que presque toutes les propositions visant à renforcer la sécurité soumises aux sondés avaient recueilli une large approbation…

La France s’enfonce dans la barbarie

C’est que, contrairement aux journalistes des grands médias et autres « élites » de notre pays qui ne quittent jamais leur « bulle » ultrasécurisée, nos compatriotes, eux, subissent de plein fouet cette effrayante explosion de la délinquance à laquelle nous assistons aujourd’hui partout en France, faute de réponse politico-judiciaire adaptée. Entre autres chiffres révélateurs de l’année 2019, on rappellera celui du nombre d’homicides qui, à lui seul, a bondi de 8,5 % ! Une hausse qui, soulignait un cadre de la PJ dans 20 minutes, n’est même pas imputable aux règlements de comptes au sein du grand banditisme, mais à « la montée de la violence au quotidien ». Une montée de la violence qui est loin d’être terminée puisque, selon Le Figaro, qui a eu récemment accès aux chiffres de la police et de la gendarmerie, cette plongée dans la barbarie se serait encore aggravée depuis le début de l’année 2020. Ainsi, au cours du seul mois de janvier, le nombre des règlements de comptes, homicides ou tentatives d’homicide aurait bondi de 18,7 %, les cas de coups et blessures volontaires – révélateurs de la violence ordinaire qui s’est installée dans notre société – de 21 %, les prises d’otage de 36,8 %, les vols avec arme blanche de 21,6 %, les séquestrations de 13,7 %… En réalité, comme l’expliquait récemment dans 20 minutes Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers, on assiste de plus en plus à une montée « de la radicalité des rapports sociaux », qui résulte d’« un sentiment d’impunité conséquent à une absence de réponse pénale ferme et adaptée ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 14 février 2020

Sécurité, proximité et travail acharné : comment Robert Ménard a réveillé Béziers

Après avoir conquis, en 2014, une ville en déclin, Robert Ménard est parvenu, en six ans, à lui redonner sa fierté. Retour sur un mandat haut en couleur.

C’en est presque à se demander si on ne s’est pas trompé de destination. Quand on arrive pour la première fois à Béziers, difficile de reconnaître la ville décrépite et sinistrée décrite dans les articles publiés en 2014, lorsque la candidature de Robert Ménard contre le premier adjoint du maire UMP sortant, Raymond Couderc, qui avait raccroché après trois mandats, avait braqué les projecteurs médiatiques sur la ville. Après six ans de gouvernance Ménard, élu avec 46,98 % à l’issue d’une triangulaire, l’AFP a beau saluer l’ouverture de sa campagne en publiant un article intitulé « Fief de Robert Ménard, Béziers reste pauvre, inégalitaire et divisée » , ce n’est pas ce que l’on voit : c’est au contraire un centre-ville aux façades restaurées de frais, à l’atmosphère animée mais paisible, à la propreté impeccable, qui offre au visiteur une vitrine étonnamment attirante ; où il fait bon flâner dans les ruelles pleines de charme qui séparent la place de la mairie de la splendide cathédrale Saint-Nazaire. Ce n’est pas, surtout, ce que l’on entend : sorti du cercle étroit des opposants politiques, difficile de rencontrer quelque habitant de Béziers qui n’entonne pas, fût-ce à contrecœur, les louanges du maire ou de sa gestion.

On a peine, parfois, à en croire ses oreilles : ainsi lorsque Me Franck Chapuis, Biterrois de toujours dont le cabinet d’avocat se trouve sur les larges allées Paul-Riquet, ces “Champs- Élysées de Béziers” où le maire et son épouse ont élu domicile, nous assure qu’il y a six ans, « l’hiver, dès que le soir tombait, on n’avait pas trop envie d’y traîner » tant on ne s’y sentait pas en sécurité. Ou quand cet autre, croisé sur le Plateau des poètes, ravissant jardin public au bas des allées, nous assure qu’il y a quelques années, on avait plus de chances de rencontrer sur ses bancs publics des dealers que des amoureux…

Aujourd’hui, si l’essai reste à transformer, tous ou presque s’accordent à reconnaître qu’en un mandat, Robert Ménard a réussi à renouveler profondément le visage de la ville, parlant de “nouvel élan” ou même de “renaissance”. Au point que sa réélection semble certaine à tous, sauf peut-être à lui, qui confesse être « un paranoïaque aigu » . La question porte plutôt sur la possibilité d’un succès dès le premier tour : publié le 4 février, un sondage Ifop pour Midi Libre, Sud Radio, CNews et Vià Occitania tue le suspense en le créditant de 61 % au premier tour, loin devant les 15 % de l’union des écologistes, animalistes et France insoumise. Reste à savoir si les résultats des 16 autres communes de l’agglomération, dans la moitié desquelles Robert Ménard soutient des listes, lui permettront d’être élu à la tête de cet organisme qui, depuis six ans, lui mène une guerre acharnée.

Comment Robert Ménard, que les médias parisiens aussi bien que locaux aiment à diaboliser, en est-il arrivé à faire ainsi consensus ? D’abord par le vide, en réduisant l’opposition à la misère : après avoir fait derrière lui l’union de la droite nationale, il a semé la panique chez Les Républicains, dont le candidat pressenti vient de se désister : certains cadres ont rallié sa liste Choisir Béziers, quand Pascal Resplandy, lui, le défie sous étiquette LREM. Mais la sociologie biterroise n’est guère favorable aux macronistes, dont la candidate avait été largement devancée, au 1er tour des législatives de 2017, par Emmanuelle Ménard, confortablement élue au second. Désormais présente sur la liste Choisir Béziers, cette dernière forme avec son mari, à qui la lie une relation fusionnelle, un député-maire à deux têtes mais un seul cœur, bien pratique pour défendre la ville : « Dans l’Hémicycle, j’ai un accès direct aux ministres : quand je veux défendre un dossier, je le leur remets en mains propres et j’en parle avec eux. Par exemple, au début de mon mandat, j’ai pu plaider auprès de Nicolas Hulot contre un projet d’éoliennes qui mettait en danger des faucons crécerelettes, une espèce en voie de disparition. Le projet a été abandonné. »

“Les gens ont besoin qu’on leur parle avec leurs mots”

Surtout, Robert Ménard s’appuie sur un bilan qui est un cinglant démenti au refrain fataliste selon lequel le déclin des villes moyennes de la France périphérique serait inéluctable. Pour l’enrayer, il a misé sur le volontarisme. Et a fondé celui-ci sur trois piliers : un labeur sans relâche, une parole sans voile, des actes sans tabou.

Alors que le maire précédent ne venait guère à l’hôtel de ville qu’une matinée par semaine, Robert Ménard est là tous les jours aux aurores et aucun détail de la gestion municipale, aucun nid-de-poule, aucun attroupement suspect ne lui échappe. « Avant, c’était l’administration qui gérait la mairie , nous dit une employée qui a connu les deux équipes. Lui se bat tous les jours pour l’obliger à sortir de sa zone de confort, avec deux mots d’ordre : proximité, réactivité. Tout s’est accéléré, de manière redoutable. »

Le second pilier, c’est une parole libérée, qui permet de regarder la réalité en face pour mieux la changer. « Les gens ont besoin qu’on leur parle avec leurs mots et ça, je sais faire », dit Robert Ménard. D’où des déclarations tranchées et des campagnes d’affichage musclées, qui choquent à Saint-Germain-des-Prés mais plaisent sur les allées Paul-Riquet. Des affiches chocs proclament une tolérance zéro en matière d’insécurité ou expliquent aux Biterrois que la survie des commerces en centre-ville dépend aussi d’eux. Quand le maire dit sans ambages que dans les écoles de la ville 65 % des enfants sont issus de l’immigration maghrébine et africaine, elle-même à 98 % musulmane, on l’accuse de fichage ethnique (il sortira finalement vainqueur d’une bataille judiciaire de quatre ans), mais il a pris acte d’une réalité, ce qui est la condition sine qua non pour bien la gérer, et en même temps il envoie un message aux Biterrois : “Ce que vous pensez, vous n’avez pas à avoir honte de le penser, puisque je le dis moi-même.

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Politique française : de Charybde en Scylla, par Maxime Tandonnet

La politique française donne le sentiment étrange d’empirer d’année en année sans que le fond de l’abîme ne soit jamais atteint.

D’après l’enquête de CEVIPOF sur la confiance, 79% des Français ont une image négative de la politique. 39% éprouvent de la méfiance envers elle, 28% du dégoût et 10% de l’ennui. S’ajoutant à l’explosion de l’abstentionnisme (plus de 50% aux législatives de 2017) et au vertigineux progrès du vote « anti-système » de gauche ou de droite, ces résultats soulignent le climat d’écœurement qui ronge le pays et la profondeur du fossé qui sépare la classe dirigeante du peuple et ne cesse de se creuser. Faut-il s’en étonner ?

A la veille des municipales, les responsables publics semblent n’avoir aucune conscience de leur déconnexion croissante et de la tragédie qui se noue en ce moment autour de leurs quatre péchés capitaux : démagogie, lâcheté, incompétence et mépris.

La démagogie ruisselle de partout. Un candidat majeur pour la mairie de Paris promet tout simplement de déplacer une gare et une subvention de 100 000 euros aux acquéreurs d’un logement. Environ 700 000 ménages parisiens vivent en location et pourraient donc être candidats à l’achat de leur logement. Coût total potentiel ? 70 milliards €. Avec quel financement ? Quels impôts supplémentaires ? Et quid du principe d’égalité avec les non Parisiens ? Un autre candidat annonce la plantation de 170 000 arbres et la création de forêts urbaines à Paris. Sur quels emplacements, quels espaces ? De même, une cheffe de parti politique propose le retour à la retraite à 60 ans alors que la moyenne européenne est à 65 ans : coût de la mesure ? Financement ? conséquence sur l’économie française et la dette publique ? Pour qui, pour quoi prennent-ils les Français ?

La lâcheté, nous l’avons vu à l’œuvre dans l’affaire Mila. Accusée d’avoir commis un blasphème contre l’Islam, la jeune fille de 16 ans, pourchassée, menacée de mort, était toujours déscolarisée douze jours après le déclenchement du drame. Il est avéré qu’elle n’a rien commis d’illégal, s’en prenant à une religion, et non à des personnes. Et pourtant, devant la situation d’une adolescente privée d’école – symbole du triomphe de l’obscurantisme sur les lumières – il s’est trouvé un responsable politique majeur pour continuer de l’accabler en l’accusant d’avoir « manqué de respect ». Et d’ailleurs, dans cette affaire, le silence des plus hautes autorités de l’Etat fait froid dans le dos. Et les quelques politiques qui ont pris sa défense – à l’image de M. Bruno Retailleau, Julien Aubert, Guillaume Larrivé, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand ou de Nicolas Dupont Aignan – détonnent sur le climat général de lâcheté et de dérobade.

L’incompétence : piloter le navire France est certes une tâche lourde et complexe, nul n’étant à l’abri d’un faux pas. Pour autant, le cumul des fautes est impressionnant. Deux décisions, les 80 km heures et la taxe carbone, toutes les deux retirées, ont provoqué la crise des gilets jaunes et plongé la France dans le chaos et la violence pendant plusieurs mois. Puis, une réforme des retraites qui se voulait dantesque, marquée par le scandale, une extrême confusion et une cascade de reculades, a de nouveau précipité le pays dans une tempête sociale de 45 jours aux coûts incalculables, pour un résultat dont le Conseil d’Etat a sévèrement fustigé l’incohérence – ce qui est exceptionnel.

Le mépris est en toile du fond du drame politique que subit aujourd’hui le pays. Il s’exprime sous des formes multiples : mépris de l’histoire quand la colonisation est assimilée au crime contre l’humanité ; mépris de la démocratie et du suffrage universel quand tout est mis en œuvre pour fausser l’interprétation des résultats de l’élection municipale ; mépris de la réalité quand la parole dément que le père soit forcément un « mâle » ; mépris de la vérité quand le slogan de la «transformation de la France » sert à habiller l’impuissance, un chômage qui baisse moins en France qu’ailleurs en Europe et l’explosion de la dette publique, des prélèvements obligatoires, la violence, la pauvreté, l’insécurité, les migrations qui battent tous les records dans un climat de déchirement du tissu social sans précédent historique ; mépris des gens quand les plus hauts dirigeants se complaisent dans les provocations verbales et visuelles en tout genre tandis que le pays se morfond pour l’avenir de ses enfants.

Une question est aujourd’hui sur toutes les lèvres : comment cela va-t-il finir ?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Marine Le Pen : « Emmanuel Macron a réussi l’impensable : jeter deux corporations, policiers et pompiers, l’une contre l’autre ! »

29/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Une fois de plus, à Paris, ont eu lieu de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les pompiers venus manifester.

La présidente du Rassemblement national réagit au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec elle la réforme des retraites, les prochaines élections municipales et aussi l’annonce qu’elle a faite, récemment, de sa candidature à la présidentielle de 2022.

Lors de la manifestation des pompiers, nous avons pu observer des images terribles de pompiers affrontant des policiers. Vous avez parlé d’images désespérantes.
Selon vous, que traduisent-elles ?

Ces images traduisent un état de division catastrophique du pays. Emmanuel Macron aura réussi l’impensable, jeter deux corporations l’une contre l’autre, nos policiers d’un côté et nos pompiers de l’autre. Emmanuel Macron porte ainsi une très lourde responsabilité. En tant que chef de l’État, il est garant de l’unité du pays. Or, il ne cesse de semer le chaos, la division et la désunion.

Derrière ce chaos, il y a toujours la réforme des retraites. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il doit d’autant plus la retirer rapidement qu’il vient de se faire étriller par le Conseil d’État dans des termes assez inhabituels de la part de cette institution. Perspective chiffrée lacunaire, pas d’économie, pas d’universalité et problème constitutionnel majeur. Tout ceci démontre un amateurisme et une volonté de passer en force. L’ensemble des Français va être directement victimes de cette réforme des retraites.
La manœuvre et la magouille du début de la présentation de cette reforme consistant à dire qu’il s’agissait de s’attaquer aux régimes spéciaux, révèle sa vraie nature. Il s’agit en fait de s’attaquer absolument à tout le monde.
Aujourd’hui, pas une seule profession ne se réjouit de la mise en œuvre de cette réforme des retraites. Elles ont toutes compris qu’elles allaient en être les victimes.

Vous avez la même analyse qu’Alain Duhamel. Il dit que la campagne des municipales d’En Marche prouve que ce sont des amateurs. Derrière la réforme des retraites arrivent les élections municipales. Certaines équipes de la République En Marche ont du mal à se mobiliser et à s’implanter localement.
Qu’est-ce que cela révèle ?

Cela révèle qu’il n’y a pas de structuration politique derrière Emmanuel Macron. Le macronisme s’arrêtera avec Emmanuel Macron. L’ensemble gazeux qu’il a constitué a pu faire illusion. En effet, il œuvrait dans le cadre d’une élection présidentielle où l’incarnation dans une personne est importante. Derrière, il n’y a absolument aucun parti politique. Ils perdent des députés quasiment toutes les semaines, personne n’est sur le terrain et ils n’ont pas distribué un seul document politique depuis qu’ils sont au pouvoir. Ils ont évidemment le plus grand mal à trouver des gens susceptibles de porter un projet, qui sur le plan municipal n’existe pas. C’est la raison pour laquelle, les gens sont contraints de coller leurs étiquettes dans le dos d’autres cyclistes, si je puis me permettre. Ils vont coller leur logo dans le dos d’autres cyclistes LR et PS. Par ailleurs, il y a une vraie complicité entre LR et LREM.

À quelques mois de ces municipales, vous avez déclaré que vous étiez vraisemblablement candidate aux prochaines présidentielles. Ce n’est certes pas une surprise au vu de la situation politique de ce pays, mais davantage au niveau du calendrier.
Pourquoi avoir annoncé dès maintenant votre candidature à la fonction suprême ?

Dès maintenant, les sujets émergent. Ces derniers seront pour les Français et pour la présidentielle, des sujets de choix. En voici quelques exemples, l’insécurité grandissante, la submersion migratoire, le choix de société que représente la défense de nos services publics et notre système de protection sociale. Ces sujets-là sont d’ores et déjà les sujets qui seront évoqués à la présidentielle.
Je pense que les Français ont besoin de références et de se projeter dans une autre politique que celle dans laquelle Emmanuel Macron les enferme. Toutes ces raisons-là ainsi que des raisons de préparation justifient cette précocité, même si dans ce domaine, Emmanuel Macron est parti en campagne bien avant moi.

On dit souvent qu’Emmanuel Macron rêverait de vous affronter à nouveau en 2022. Vous connaissez l’adage « Toute personne se présentant face au Rassemblement national au second tour sera assuré d’être élue en vertu du front républicain ».
Craignez-vous voir ce même scénario se répéter en 2022 ?

Les gens ne sont pas obligés de voter pour Emmanuel Macron. J’entends beaucoup de gens dire que 70 % des Français ne veulent pas d’un second Macron-Marine Le Pen. Qu’ils ne votent pas pour Macron, ils auront un second tour Marine Le Pen et quelqu’un d’autre. C’est aussi simple que cela. Maintenant, cette facilité, cette fainéantise qui poussent certains à penser que face à un candidat soutenu par le Rassemblement national, on est toujours gagnant, je crois que c’est faire preuve d’un comportement de matamore. À mon avis, les choses changent beaucoup et vont encore beaucoup changer durant les deux ans à venir. Je crois pouvoir dire que nous sommes au cœur des préoccupations des Français et que notre projet est au cœur de leurs espérances.


Entretien avec Agnès Marion – « Pour l’amour de Lyon »

Tête d’une liste de rassemblement historique de candidats issus du RN, du PCD et de LR pour les élections municipales de Lyon, Agnès Marion est une jeune femme née en 1977, devenue chef d’entreprise après des études de lettres en classes préparatoires, mère de six enfants, élue RN du 7e arrondissement de Lyon et conseillère régionale.

— En quoi la liste « Pour l’amour de Lyon » que vous conduisez est-elle historique ?

— C’est notre rassemblement qui est historique : la liste que je conduis réunit, dans chaque arrondissement, des candidats du Rassemblement national et du Parti chrétien démocrate mais aussi des membres des Républicains qui ne veulent pas de la ligne LR d’Etienne Blanc. Parce que nous aimons Lyon, nous rassemblons des personnalités comme Olivier Pirra, élu sortant LR du 5e arrondissement, les candidats du PCD, dont il est le délégué départemental, les candidats du RN et de LR. Une de nos têtes de liste est membre de La Droite populaire de Thierry Mariani. Une des nombreuses raisons de ces ralliements tient à l’annulation par pur électoralisme des subventions de SOS Chrétiens d’Orient par le conseil régional dirigé par Wauquiez, une association dont quatre membres sont portés disparus à Bagdad depuis le 20 janvier [voir en page 4 de ce numéro, NDLR].

Notre liste intègre aussi des personnalités locales issues de la gauche souverainiste, comme Jean-Claude Vitau, syndicaliste souverainiste et républicain, retraité, ancien enseignant du public, qui est notre tête de liste dans le 2e arrondissement. Nous voulons mettre à bas le projet de société de Macron et de ses amis LREM, centristes, anciens socialistes, anciens LR, etc. Tous nos candidats refusent la dilapidation de notre héritage historique, social et anthropologique. Issus de la droite ou de la gauche, les membres de nos listes défendent l’enracinement et en premier lieu l’identité lyonnaise. Nous ne sommes pas de « partout » ou de « nulle part », nous sommes des « quelque part ». Un point essentiel qui nous rassemble, c’est la question du peuple et de la défense des plus fragiles, le contraire du macronisme : les personnes qui nous rejoignent le font par besoin de défendre les plus fragiles, la France réelle, les vraies gens.

— Votre rassemblement est inédit, historique, dans un contexte électoral lui-même inédit ?

— Lyon est la deuxième ville de France, après Paris. Ce n’est pas anodin. La situation est inédite avec une double élection à l’échelle de la ville, où je conduis la liste, et à celle de la métropole, composée de 58 communes, où la campagne est menée par Andréa Kotarac. Je suis concentrée sur la ville, la défense de son identité malmenée par la mondialisation, les personnes de passage qui ont un appartement ici et à New York ou Berlin, et l’identité propre des Lyonnais. LREM connaît une lutte fratricide entre Collomb et son ancien dauphin de la mairie, Képénékian. On retrouve ce que Macron fait à la France : des fractures à toutes les échelles. Je suis une Marion mais il y a une marionnette LREM : Yann Cucherat, porte-fusil de Collomb, comme tête de liste LREM. La division des LREM, celle des LR, très nombreux à nous rejoindre, la liste de l’UDI, celle d’EELV, les listes séparées de la gauche… tout cela fait de cette élection un moment unique. Cette situation pourrait bien montrer que le rassemblement que je propose est efficient, en particulier dans une ville qui a montré son attachement à nos racines ces dernières années.

— Votre programme pour la ville de Lyon est clair et centré sur quatre grands axes ?

— Sécurité, écologie pragmatique, identité et démocratie de proximité, quatre axes inséparables de mon point de vue. A Lyon, l’écologie de discours et les grands effets de manche à ce propos ne manquent pas. Dans les faits ? La ville est engagée dans l’ultra-métropolisation, la concentration à toutes les échelles, et ne fait rien pour empêcher le dépérissement des zones rurales, importantes dans la métropole. C’est une écologie hors-sol de gens qui passent d’un avion à l’autre. Je ne crois pas en la cohérence du discours de la mandature qui se termine. Collomb était ministre de Macron qui ne s’illustre pas par ses réussites en matière d’écologie. Nous, nous engagerons la « démétropolisation », un maillage de villes d’échelles différentes et déconcentrées, le maintien des zones rurales, ce qui demande de rendre du pouvoir aux communes mais aussi aux arrondissements. Lyon a besoin de localisme réel. Notre liste se rassemble aussi en particulier sur cette nécessité : une révolution de la proximité. Il y a de nombreuses ressources agricoles dans la métropole et nous pouvons, à notre échelle, mettre des biais environnementaux ; il y a des leviers de protection que l’actuelle municipalité ne veut pas utiliser. Cela demande autre chose que des « grands débats », plutôt une vraie démocratie de proximité. Je veux mettre en œuvre une écologie du bon sens, pragmatique, au service d’une métropole du bon sens, en luttant contre les effets négatifs de la surconsommation, avec des consignes ou la livraison de fruits et légumes, comme des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), aidées par la municipalité et venant en complément des AMAP existantes. Du bon sens… il est évident que des vêtements peuvent servir à plusieurs enfants plutôt que de terminer à la poubelle !

Lire la suiteEntretien avec Agnès Marion – « Pour l’amour de Lyon »

Municipales – Le plafond de verre se fissure de partout, par Francis Bergeron

Nicolas Dupont-Aignan fut l’un des premiers à oser créer une brèche dans le plafond de verre, lors du second tour de la présidentielle. Ce plafond de verre avait été créé par la gauche, au nom, prétendait-elle, d’une certaine morale politique, pour isoler le Front national, mais aussi toute personne, tout parti, toute association, tout média, désignés par la gauche et l’extrême gauche comme infréquentables. Paradoxalement, ce plafond de verre ne concernait pas la gauche elle-même, libre de fréquenter qui elle voulait, et de mettre en place les stratégies électorales qui lui semblaient les plus appropriées pour une victoire.

Ce plafond ne visait que la droite, sommée de ne pas s’en affranchir, de maintenir une parfaite étanchéité.

Il vaut mieux que vous perdiez les élections plutôt que votre âme

Et pendant des années, les caciques de la droite ont répété à l’envi cette formule stupide : « Je préfère perdre les élections que perdre mon âme. » On se souvient que Michel Noir, inconditionnel de la formule, bénéficiaire de la une du Monde pour cet acte de « résistance » (pauvre Jean Moulin ! pauvre Georges Bidault !), perdit et les élections et son âme, et sa liberté même puisqu’il finit en prison. En 2020, la droite continue à aller chercher sa stratégie dans le camp d’en face, et à demander à gauche les autorisations de fréquenter, et de s’allier. Du moins dans les états-majors parisiens et dans les grandes villes, cela marche encore ainsi. Mais dans la France profonde ou périphérique, cette approche révérencieuse est périmée. Et LR n’a plus de leviers pour se faire obéir.

Ce que révèle la composition des listes, aux municipales, c’est au contraire la porosité de plus en plus évidente entre droite de gestion et droite de conviction. Cette porosité a toujours existé, mais elle ne jouait qu’à sens unique, de la droite hors les murs vers la droite installée. Dorénavant, le sens unique a été alterné, puisqu’en l’occurrence ce sont les élus et partisans d’une droite de gestion qui se rallient à des listes menées ou influencées par la droite de conviction : des élus et militants dits modérés s’allient au RN. Même chose chez Debout la France, au CNI, au Parti chrétien démocrate, chez les amis de Robert Ménard ou des époux Bompard. Des listes réunissant toutes les droites ou presque se constituent à Sète, Menton, Vannes, Le Mans, etc. Des maires LR se lancent dans une stratégie d’ouverture à droite, contre leur propre parti. Le Monde du 16 janvier titrait sur la commune de Lunel (Hérault) où une bonne partie du conseil municipal LR vient de rallier la candidate RN. Cette pratique concerne plutôt les villes du sud de la France, mais elle se généralise un peu partout, comme au Mans, où la liste RN conduite par Louis de Cacqueray séduit la droite locale.

« De vraies divergences économiques, par exemple sur la retraite »

Les structures LR qui tentent de résister à ce tropisme de leurs troupes développent un discours – sans doute concocté au siège parisien – qu’ils pensent imparable : « Sur l’immigration, l’islamisme, la sécurité, les opinions convergent. Mais entre LR et RN, il y a de vraies divergences, économiques, par exemple sur un retour à la retraite à 60 ans, selon le programme du RN. »

Certes, c’est un clivage. Mais le problème, en l’occurrence, c’est que ce n’est pas à l’échelon de la municipalité que se règlent ces questions, l’argument est donc inopérant, plus que cela, contre-productif. Les élus locaux LR ont beau jeu de leur répondre : « Il y a six ans vous nous avez contraints à des fronts républicains contre le FN, quitte à voter pour des communistes et des mélenchonistes. Pourtant, avec ceux-là, nous n’étions d’accord sur rien, ni sur les retraites, ni sur l’immigration, la sécurité ou l’islamisme. Nous reprenons notre liberté. »

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 16 janvier 2020

« Les élections ne sont pas pleinement libres en France ! » L’analyse de Jean-Yves Le Gallou

Les élections sont-elles pleinement libres en France ? La question peut interloquer. Mais elle n’étonnera pas ceux qui ont déjà été candidats d’opposition aux pouvoirs exécutifs, judiciaires et médiatiques. Elle ne surprendra pas non plus les observateurs qui font un effort minimum de réflexion.

Prenons l’élection présidentielle. Son accès est limité aux candidats recueillant 500 parrainages de maires et de grands élus. En théorie pour garantir le sérieux des candidatures. En pratique les parrains sont exposés à de multiples pressions : des pression violentes de la part des « antifas » et plus suaves de la part des autorités préfectorales, départementales et régionales qui accordent (ou refusent) des subventions. Sans parler des pleutres, dont la devise est « pas de vague ».
Pour certains candidats, la recherche des parrainages est une coûteuse course d’obstacles, en même temps qu’un handicap pour accéder aux médias et aux financements de la campagne. Quant aux salles de réunions pour les meetings, elles ne sont pas toutes également disponibles pour Mélenchon, Macron ou Marine. Et quand elles le sont ce n’est pas forcement au même prix…

Les élections législatives sont libres elles aussi. À condition, bien sûr, de trouver des fournisseurs qui acceptent de travailler pour un candidat mal pensant, sans crainte de se voir dénoncés et de perdre des clients. Et à condition de dénicher des banques qui acceptent de prêter à des candidats politiquement incorrects. Pas gagné ! Ce qui explique que le Front national – et d’autres – ait longtemps recouru au « kit de campagne » : un prestataire unique produisant des documents personnalisés et financés par un crédit fournisseur. Une procédure validée par la Commission nationale des comptes de campagne (CNCC) mais qui a donné lieu à un procès de… 4 semaines (!) contre le Front national. Le représentant du parquet, choisi par le pouvoir macroniste, requérant de lourdes amendes et jusqu’à quatre ans de prison ferme. Le tout à la suite d’une instruction conduite exclusivement à charge par Aude Buresi, une militante, élue et responsable du Syndicat de la magistrature. Mais la justice est indépendante, on vous dit !

Les élections municipales, parlons-en ! Elles sont libres elles aussi. Il suffit (!) pour les têtes de liste de rassembler 29, 49, 69 (là où il y des communes fusionnées) colistiers, voire davantage dans les métropoles. Des colistiers possiblement exposés à de multiples chantages. Parfois de la part des maires sortants leur faisant miroiter les risques d’une candidature d’opposition peu propice à l’obtention d’une place de crèche, d’une dérogation à la carte scolaire, d’un logement ou d’une aide sociale, voire pour une réfection du trottoir. Ce type de pratiques est loin d’être rare…
Reste le risque médiatique et professionnel. Examen approfondi des traces laissées par les candidats sur les réseaux sociaux. Mise en exergue d’un possible « dérapage ». Et campagne de dénonciation auprès de l’employeur dans un monde où les interdits professionnels se multiplient. Bref, la qualité principale pour monter une liste politiquement incorrecte aux élections municipales, c’est le courage. Le courage de faire face à un boulot d’enfer pour la tête de liste. Le courage d’affronter le qu’en-dira-t-on – voire le largage par les proches, le patron ou les clients – pour les colistiers. Une fois la liste constituée, il restera encore à régler les problèmes de financement, de fournisseurs et d’accès aux salles (bis repetita…). Sans parler de l’omerta médiatique. À Paris, Serge Federbush, ENA, magistrat administratif, expert reconnu des problèmes parisiens, candidat d’Union des droites soutenu par le Front national, est tout simplement ignoré par Le Parisien et France 3 et… proposé en dernier choix par les instituts de sondage !

Des obstacles comparables sont dressés lors des élections départementales et régionales.

Reste la question du référendum. Le dernier a eu lieu en 2005. Les Français ont refusé le Traité constitutionnel sur l’Union européenne. À quelques virgules près, ce même traité a été adopté par le Parlement en 2008. Ne riez pas ! Cela s’appelle la « démocratie représentative ». Reste le référendum d’initiative populaire. Un million de Français ont déjà signé pour obtenir un vote sur la privatisation d’Aéroports de Paris. Mais il faudrait 4,4 millions de signatures pour obtenir la mise au vote. Pas facile à trouver avec un site internet du ministère de l’Intérieur beaucoup moins simple et convivial qu’… amendes.gouv.fr. Et alors que la radio publique refuse toute publicité pour le référendum « par crainte (sic !) de choquer les opinions politiques de ses auditeurs ».

On le voit, la liberté politique existe en France. Mais elle bien tempérée. Par la tyrannie médiatique. Par les poursuites judiciaires. Par les interdits professionnels. Par le pouvoir bancaire. Ce n’est pas le goulag, c’est vrai, mais c’est le moulag.

Notons que ce système de liberté (très) encadré a aussi pu fabriquer en quelques mois seulement le produit Macron. Un candidat bénéficiant d’un soutien médiatique massif. Et d’un financement non moins massif de sa campagne par quelques centaines d’oligarques. Dont les banques d’affaires ayant négocié la vente d’Alstom, fleuron stratégique français, à l’américain Général électrique. Mais, là, le parquet financier est aux abonnés absents… La justice est indépendante, on vous dit !

Jean-Yves Le Gallou

Texte daté du 4 décembre 2019 et repris du site Polémia

Robert Ménard : « Les Biterrois se contrefoutent de savoir ce qu’à Paris on décidera de ce qu’ils devraient voter »

Visiblement, l’union des droites progresse à Béziers puisque Robert Ménard est soutenu par plusieurs élus locaux LR et le Rassemblement national. Une union des droites qui avance, non seulement à Béziers, mais plus largement dans l’Hérault et le sud de la France.

L’union des droites progresse à Béziers. Vous êtes soutenu par plusieurs élus locaux LR et par le Rassemblement national. Saluez-vous cette décision ?

Nous souhaitons que les Biterrois nous soutiennent, quelle que soit leur étiquette politique. La liste que je mènerai ne sera directement associée à aucun parti. Il n’y aura aucun logo sur nos affiches. C’est une liste d’union des droites, au service de la ville. Aujourd’hui, des gens de cette liste sont au Rassemblement national, d’autres sont aux Républicains et d’autres encore, comme moi, sont de nulle part. C’est la seule chose que je veux retenir. Nous dirigeons cette ville depuis six ans, et nous le ferons encore six ans si nous gagnons les élections, sans nous soucier des cartes politiques des uns et des autres.

Les LR arrivent divisés. Le candidat Lewis Marchand, 35 ans était présent sur la liste de François-Xavier Bellamy aux Européennes. Antoine About du parti des Républicains va y aller en solo.

Ce sont de drôles adversaires. Antoine About était venu me voir avant l’été en me demandant d’être adjoint sur ma liste. Le même qui rêvait il y a quatre mois d’être sur ma liste n’a pas de mots assez sévères pour critiquer l’extrême droite.
Je ne sais pas qui est Lewis Marchand. Ce jeune garçon représente des Républicains dans une circonscription qui n’est pas celle de Béziers et où il ne vit pas. On verra bien…
Je crois que l’électorat des Républicains se retrouve d’abord dans nos idées et dans notre façon de diriger la ville. Les gens se contrefoutent de savoir ce qu’on décidera à Paris et de ce qu’on leur demandera de voter. Ils voteront comme ils l’entendent, ils voteront en Biterrois. C’est la seule chose qui les intéressera. Je ne m’inquiète pas beaucoup de ce côté-là.
Une partie des responsables des Républicains veut être sur notre liste. Ils doivent bien sentir que les choses bougent, changent et que le Béziers de demain se dessine.

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Macron fait le jeu de l’islamisme, par Franck Deletraz

Fallait-il vraiment s’attendre à une autre réponse de la part d’un Président qui, tout en s’efforçant de convaincre les Français de sa prétendue « fermeté » face à l’islamisme, ne fait que poursuivre la politique désastreuse initiée par ses prédécesseurs ? Affirmant vouloir lutter contre le communautarisme par d’autres moyens, Macron s’est ainsi sans surprise prononcé mardi contre l’interdiction des listes communautaires aux élections, déclenchant la juste colère des élus de droite qui soutiennent la proposition de loi du sénateur Bruno Retailleau.

« Un renoncement de plus »

S’exprimant à l’occasion du 102e Congrès des maires de France, le chef de l’Etat a en effet déclaré qu’« il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème ». Prétextant une pseudo « difficulté de les identifier », Macron a préféré inviter les élus à « faire tomber les masques de ceux qui combattent la devise inscrite sur les frontons des mairies qu’ils convoitent ». Comment ? « Peut-être » par « des lois nouvelles ou des décisions plus fortes ». Ainsi, a-t-il annoncé que le gouvernement porterait « des actions nouvelles concrètes dans les prochaines semaines », et que le combat contre le communautarisme continuera. Mais, sans « tout confondre ». Car, a-t-il bien pris soin de préciser, cela « n’est en aucun cas un cadre de combat ou d’exclusion » contre une partie de la société française »…

Une prise de position rapidement dénoncée par Bruno Retailleau, qui a déposé le 8 novembre une proposition de loi visant à empêcher le dépôt de listes de candidats menant une « campagne communautariste ». Pointant du doigt « un renoncement de plus » qui « théorise l’impuissance de l’Etat et banalise le communautarisme », le président des sénateurs LR a notamment rappelé que « la République doit poser des limites ». Une colère partagée par l’élu RN Sébastien Chenu, qui a dénoncé de son côté « l’impuissance » d’un Président « hypocrite » dont le parti va « soutenir des élus qui sont mouillés jusqu’au cou dans le communautarisme », comme à Denain ou à Maubeuge.

« Incompréhension » ? Non, lâche complicité !

Invité plus tard sur Franceinfo, Retailleau, qui avait très justement souligné fin octobre que « l’islam radical veut construire une contre-société à visée séparatiste » et que « si nous n’avons pas le courage de poser des règles républicaines très claires, nous aurons des affrontements dans la rue », a hélas cru bon d’ajouter que « Macron n’a pas compris la dangerosité de cette idéologie totalitaire ». Une méprise, selon nous. Car, plus que d’incompréhension, c’est d’une incroyable lâcheté dont font preuve Macron et son gouvernement. D’abord, en renonçant, au nom d’un égalitarisme délirant et d’un absurde refus de « stigmatiser », de désigner clairement cet ennemi intérieur et extérieur qu’est aujourd’hui l’islamisme. C’est d’ailleurs aussi, en partie, l’un des travers de la proposition de loi Retailleau qui, pour tenter d’endiguer ce péril, risque de frapper tout autant voire plus d’inoffensives listes chrétiennes. Lâcheté du pouvoir ensuite, lorsqu’il tente de persuader nos compatriotes, pour cacher sa pitoyable capitulation en rase campagne, qu’islam et France sont compatibles. Or, la vérité, c’est qu’aux yeux de tout vrai et bon musulman, notre pays est voué à rejoindre tôt ou tard le Dar al-Islam.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 20 novembre 2019

Le Rassemblement National entre en campagne, par Paul Vermeulen

Le Rassemblement national réunissait, ce week-end du 15 septembre 2019, son université d’été à Fréjus, la ville gérée par David Rachline. Une rentrée politique sous le signe des élections municipales et de la formation des élus. Outre l’occasion d’échanger les fruits de diverses expériences, ce fut l’occasion pour Marine Le Pen de fixer un cap politique général. La présidente du RN a montré combien le choix du mondialisme hors-sol est une impasse : « L’avenir n’est plus à la mondialisation mais aux nations. L’avenir n’est plus au global mais au local, et les peuples du monde, dont les Français, l’ont compris. » Le localisme, un des fondamentaux du RN. Cet avenir passe par les prochaines échéances électorales et un « sursaut », selon une Marine Le Pen n’éludant pas les points de jonction naturels entre populisme, enracinement et conservatisme : « Les peuples nous le disent : ils veulent vivre ! Ils veulent vivre comme ils l’entendent chez eux, ils veulent transmettre à leurs enfants leur art de vivre, leurs traditions, leurs lois, leur langue, parce que c’est là l’ordre du monde». »Un « ordre du monde », conservateur donc, qui n’irait pas sans un peuple ayant « toujours raison ». Voilà qui résonnera aux oreilles des différents courants de pensée du RN et proches, d’autant que Marine Le Pen a fustigé la volonté mondialiste « d’empêcher des élections », une référence claire à l’Italie.

Poursuivre l’ancrage local et défendre la démocratie

Foi en une démocratie menacée et construction d’un projet politique « alternatif à vocation majoritaire » sont inséparables. La présidente du RN a d’ailleurs lancé un « Signez la pétition ! » au sujet d’ADP. Pour les municipales, le RN peut s’appuyer sur ses réussites (Fréjus, Le Pontet, Beaucaire…). Marine Le Pen a donc précisé que les projets municipaux seront des « projets localisés qui intégreront nos priorités : sécurité, gestion rigoureuse et baisse des impôts, développement local, démocratie de proximité ». C’est « une vision de la société » qui se joue à travers les élections, affirmait-elle. Une université d’été « dynamique », aux yeux de Sophie Robert, tête de liste à Saint-Etienne, 13e ville de France, qui revient « enthousiaste à l’idée de défendre à l’échelle municipale les fondamentaux du RN exposés par Marine Le Pen à Fréjus ».

Si les migrations et la PMA ont moins été présentes lors du discours, la place donnée au conservatisme, l’appel à « une grande politique d’aménagement du territoire », le souci d’une « société écologique », de la démocratie locale, ou la défense de l’identité sont autant de thèmes évoqués par ailleurs par Marion Maréchal et, semble-t-il, entendus par Marine Le Pen. Un signe que l’action métapolitique est utile ? Le RN défend en partie les thèmes d’une droite rajeunie, porteuse des espoirs d’une jeunesse pour qui l’idéologie du progrès est un carcan depuis le berceau. « Union nationale », « alliance des droites » ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 16 septembre 2019

Jean Messiha : «Le logiciel du macronisme, c’est un logiciel de déracinement»

10/09/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Jean Messiha, membre du Bureau national du Rassemblement national (RN), était l’invité politique de l’Info de Stéphanie De Muru.

Sur le plateau de RT France, il évoque la rentrée politique du Rassemblement national avec, en ligne de mire, les élections municipales de mars 2020.


Robert Ménard lance la conquête d’un 2e mandat avec un livre

Robert Ménard est un maire qui ne laisse pas indifférent. Fort d’un bilan positif, il se lance dans la conquête d’un deuxième mandat et a publié en mai un livre qu’il faut lire : Un maire ne devrait pas dire ça.

Maire, un métier et des dangers

Les premiers mots de cet article sont pour évoquer la mémoire du “Maire courage” de Signes, Jean-Mathieu Michel, tué lors de l’accomplissement de sa mission d’agent de l’État en voulant rappeler à l’ordre des contrevenants. Selon le ministère de l’intérieur, 361 maires et adjoints ont été agressés en 2018. Dans notre République, constituées de collectivités dont chacune dans son essence et son fonctionnement est le miroir du modèle national, la multiplication des signes et incidents inquiétants s’amplifie. Le maire est le premier élu à constater sur le terrain la dégradation de la vie civique dans un contexte de crise économique structurelle. Et le maire est aussi souvent le seul élu qui soit encore respecté par les citoyens. Mais souvent, il se sent seul face au désarroi de ses administrés et devant la montée des incivilités, abandonné par l’État et même la Justice. Qui se souvient par exemple de Maurice Boisard, maire PS de Cousolre (Nord), condamné en première instance en 2010 pour avoir giflé un adolescent qui l’avait insulté ? Malheureusement, il existe aussi des élus, avides de clientélisme, qui semblent s’accommoder de la situation de leurs villes du moment que leur réélection est assurée.

Robert Ménard, un livre de campagne

A l’approche des élections municipales, Robert Ménard, maire de Béziers, lance avec ce livre un plaidoyer pour appuyer sa candidature pour un second mandat. Il est destiné d’abord aux Biterrois mais il veut être aussi porter témoignage d’un renversement de situation qui a pris une portée symbolique en 2014 car cette élection était devenue un enjeu national. Béziers (près de 80 000 habitants), vieille cité grecque, est depuis 1945 aux mains de la gauche (dite “cassoulet”) ou d’une UMP frileuse dans un contexte de déclin économique. Havre pour les Pieds noirs après le drame algérien, mais aussi objet d’une immigration importante qui a remodelé son visage, elle a finit par devenir une ville emblématique de la France périphérique, mise à l’écart de la mondialisation, avec son cortège de disparition d’emplois, de paupérisation et d’acculturation.

Aux élections de 2014, Robert Ménard, biterrois d’origine pied noir, ancien journaliste engagé à gauche (Reporters sans frontières) relève un défi qui attire sur lui les foudres de la presse locale (Midi libre) et nationale (Médiapart entre autres). Il est élu avec l’appui du Front national, de Debout la France et de personnalités courageuses pour succéder à Raymond Couderc (UMP), à l’héritage décrié et «classé dans la presse dans le hit parade des plus gros cumulards» (dixit R.M.). Un article de l’Obs du 18/10/2015 plante le décor tout en critiquant déjà le nouvel élu :

« La chance de Ménard, élu avec l’appui du Front national, c’est de succéder à un maire, Raymond Couderc (UMP), à l’héritage décrié… Laissé en déshérence, vidé de ses magasins, le centre-ville a été investi par une population pauvre, Gitans et Maghrébins. A la sortie de certaines écoles élémentaires, il n’est pas rare de ne voir que des femmes voilées. Autour des allées Paul-Riquet, cœur de la cité, difficile cependant de sentir le fameux changement vanté par les supporters de Ménard. Seule la brasserie Cristal, qui vient d’être refaite, attire un peu de monde. Pour le reste, Béziers est une cité comateuse… »

Rudement éreinté par la presse locale qui l’accuse d’avoir mis en place un laboratoire d’extrême droite, des tombereaux de vertes critiques tentent depuis 2014 de discréditer la nouvelle municipalité. Un site d’opposition Envie à Béziers (https://www.envieabeziers.info/extreme-droite/1476-reconnaitre-le-fascisme-faites-vous-meme-votre-evab-test) du 2 juin 2019 va même très loin en affirmant que Robert Ménard est le prototype d’un nouveau fascisme. Ce dernier appelle ses détracteurs de mauvaise fois les “antifascistes de carnaval“.

On peut résumer le livre de Robert Ménard en trois points :

– Son élection, choc salutaire, est la preuve que le système peut perdre localement

Pour cela, le nouveau maire et son équipe ont dû faire preuve de ténacité et absorber un travail considérable. Selon Robert Ménard, outre le déchaînement de la presse à son encontre, de sourdes oppositions se sont immédiatement dressées sur le chemin du changement à Béziers :

Une opposition interne : Alors que les bureaux ont été laissés pratiquement vides de dossiers par l’équipe précédente, vielle méthode politique, la “haute administration” municipale a manifesté de la réticence à aider les nouveaux élus. Il a donc fallu s’affirmer afin de reconstituer les dossiers pour pouvoir travailler.
Une opposition venant d’en haut : le représentant de l’État dans le département s’est montré particulièrement pointilleux pour exercer le contrôle de légalité sur les affaites traitées par la nouvelle équipe. «Un corps préfectoral qui se bouchait le nez pour travailler avec nous » (dixit R.M). De même, le renforcement de la police municipale a suscité une guerre larvée avec le procureur de la République « au point qu’il m’est arrivé de me demander s’il était vraiment du côté de la police » (dixit R.M.).

Le travail a été accompli grâce au sentiment que la population, qui en avait assez de ce qu’était devenue la ville, approuvait et le témoignait. « Sur le fond, nous étions les élus du petit peuple, à leurs yeux forcément ignorants et incultes » (dixit R.M. à l’adresse de ceux qui contestèrent sa capacité à prendre les rênes de la ville).

– Redonner à une ville blessée sa dignité

Avec les gestions laxistes précédentes, la ville a beaucoup souffert de son image. Les Biterrois les plus modestes souffrent d’une double insécurité : physique, avec la délinquance et sociale et culturelle avec la peur de l’avenir pour leurs enfants. Ils aspirent donc à une vie normale sans avoir à quitter leur ville et approuvent les politiques de fermeté. Pour cela, il a fallu auparavant mettre les choses au point avec certaines associations et même le clergé local très orienté. Des mesures sociales ont été prises, comme la mutuelle municipale, le prix des cantines scolaires, la gratuité des musées, etc. Le maire se bat avec succès pour le maintien des Galeries Lafayette et de EDF-Energies nouvelles à Béziers. Son principe « Si une bonne partie de la population de Béziers est pauvre, pas question de multiplier les aides sans contrepartie » donne le ton. Une gestion rigoureuse a été également engagée pour réduire le nombre d’années d’endettement de la ville. Enfin, Robert Ménard s’attache à insuffler à sa ville un esprit patriotique consensuel en restaurant la maison de Jean Moulin, en inaugurant le buste de Jean Jaurès et une rue du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc qui remplacera celle du 19 mars 1962. Il reconnaît par ailleurs des erreurs de communication au sujet d’affiches maladroites.

– Une mandature ne suffit pas….

Le mal est trop profond pour être réparé en 5 ans. Le problème de l’emploi est trop dépendant de facteurs exogènes et son traitement demandera beaucoup de patience. Les gens de Béziers le savent. Idem pour l’insécurité, la violence endémique qui fait que des individus circulent armés de couteaux comme nous l’apprend la Dépêche.fr du 17/08/2019 (La nuit de fête entre le 14 et le 15 août se termine tragiquement. Deux frères ont reçu des coups de couteau lors de la feria, à Béziers). C’est un travail de fond au niveau national et local que les forces du changement entreprennent. « Béziers est sur le bon chemin. Mais il ne faut surtout pas baisser la garde, doucher les enthousiasmes, croire et faire croire que la partie est gagnée » (dixit R.M.). D’autant plus que la mairie de Béziers figure en bonne place dans le plan de campagne de la macronie pour les municipales de 2020. Le parti du Président veut arracher Béziers à l’emprise des “populistes” et cherche le bon candidat. Il n’hésitera pas à s’allier pour cela à des candidats appartenant à la droite et la gauche classique pour battre ou faire battre Robert Ménard par le jeu d’une triangulaire.

Albert Tureveux

Tribune reprise du site de Polémia

Municipales : une étude de la Fondation Jean-Jaurès prédit un beau score au RN et à ses alliés

Rassemblement national

Les élections municipales constituent le prochain test de la progression « populiste » et identitaire. C’est un test un peu biaisé, pour plusieurs raisons.

Il y a d’abord une prime aux maires sortants. C’est cette prime qui pourrait permettre, par exemple, la réélection de Patrick Balkany à Levallois, s’il n’est pas frappé d’inéligibilité. Les administrés distinguent le maire et l’homme. Il arrive qu’ils continuent à plébisciter le maire, même s’ils émettent des réserves à l’égard de l’homme. Les maires RN ou d’esprit proche (les Bompard, Robert Ménard et quelques autres) bénéficieront de cette prime aux sortants. Un sondage de l’IFOP – bien peu commenté dans les grands médias – réalisé en 2015 montrait qu’un an après l’élection d’un maire FN ou de mouvance proche, « le niveau de satisfaction dans ces villes était plus élevé que dans la moyenne des villes françaises » (74 % de satisfaits). Mais ils sont peu nombreux.

Il y a ensuite le fait que les plus grandes villes sont en général celles où sont concentrés les hauts revenus. Ces villes votent Macron. Les votes identitaires, souverainistes et protestataires concernent surtout les villes périphériques, de province, et les communes rurales. Bien souvent, dans ces villes, du moins dans les plus petites d’entre elles, les listes sont sans étiquette, même si la tête de listes est connue pour ses engagements ou ses sympathies du côté de la droite nationale.

Enfin le RN, qui a surgi dans le paysage français il y a maintenant près d’un demi-siècle, peut être considéré comme le plus jeune des grands partis politiques, car il n’a commencé à avoir ses premiers élus de terrain qu’aux municipales de 1989. Le contre-exemple est le PC : vieux parti (congrès de Tours en 1920), devenu inexistant (2,5 % aux européennes), n’en finissant pas de mourir, avec un recul plus lent aux municipales.

Du baume au cœur des militants

Pour toutes ces raisons, les élections de mars prochain ne sont pas considérées comme favorables au RN. Mais une étude de Jérôme Fourquet, pour la fondation Jean-Jaurès, va cependant donner du baume au cœur des militants. Elle nous apprend en effet que de très nombreuses villes moyennes pourraient basculer, entraînant alors des bouleversements politiques radicaux en région Nord-Pas-de-Calais, et dans tous les départements du pourtour méditerranéen.

Certes le score du RN décroît en fonction de la taille des villes, et les communes de plus de 100 000 habitants restent difficiles à conquérir, Paris étant de ce point de vue une ville emblématique. Mais dans les régions de forte implantation RN, Fourquet évoque « un effet domino », spécialement identifiable autour d’Hénin-Beaumont, Orange et Béziers. La dynamique électorale est dans le camp du RN, et ses implantations constituent autant de points d’ancrage non seulement pour les communes voisines, mais aussi pour les mandats locaux et régionaux.

Quant au seul point noir, celui des grandes villes, Jean Messiha, le responsable des études et argumentaires au RN, ne cachait pas samedi son optimisme, commentant l’étude de Fourquet : « Des villes de plus en plus importantes sont à la portée du Rassemblement national ! »

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 août 2019

Municipales 2020 : les grands enjeux sont identitaires ! – par Jean-Yves Le Gallou

Les municipales 2020 s’annoncent contrastées. Le jeu est fermé dans les grandes villes boboïsées où des maires centristes, libéraux-libertaires, seront souvent reconduits, ou nouvellement élus, sous casaque LR, MODEM ou LREM, ces nuances n’ayant plus grande importance…
Tout semble ouvert en revanche dans la France périphérique et les villes, petites ou moyennes, où, par-delà les étiquettes, des listes d’esprit identitaire peuvent fort bien tirer leur épingle du jeu. Il y a de grands enjeux. Les terrains d’exercice et de manœuvre sont nombreux : les écoles, la culture, le patrimoine, les cantines, les subventions, les locaux municipaux, l’urbanisme, les paysages, les dépenses, l’immigration, le logement.
En partant de cette notion centrale : le cercle politique le plus élémentaire c’est celui de l’appartenance locale.

Les communes ne viennent pas de nulle part. Elles s’inscrivent dans une longue histoire : celle des paroisses de l’Ancien Régime, celle des villes ayant conquis leurs franchises au Moyen Âge, celle de leur développement progressif au cours des XIXe et XXe siècles. Leur tissu humain s’est construit dans la durée. Avec ses traditions et ses fêtes, ses coutumes et ses pratiques. Tels sont les soubassements d’une politique municipale enracinée.

Ce qui implique de :

refuser l’apport massif de populations nouvelles venues d’ailleurs ;
refuser les constructions nouvelles disproportionnées en nombre ou en volume par rapport à l’existant ;
refuser la dictature des intercommunalités ne prenant pas en compte les particularités locales.

Et tout inscrire dans la perspective d’un futur fidèle aux racines du passé.

Immigration : s’opposer aux dictats gouvernementaux et préfectoraux

Les communes de la France périphérique n’ont pas à servir de déversoir pour immigrés clandestins (faux demandeurs d’asile, faux « mineurs isolés ») que le gouvernement a pour devoir d’empêcher d’entrer sur le territoire français et sinon d’expulser. La première mission d’un maire est de protéger la communauté des citoyens de sa commune. Si besoin est en s’opposant à des réquisitions dépourvues de légitimité car contraires à l’intérêt local et national. Et en reprenant une meilleure maîtrise du parc locatif social là où il existe.

Islamisation : refuser la dictature des minorités

Les règles islamiques : burqa dans la rue, voile islamique au sein du service public et des transports, « burkini » dans les piscines, exigences d’alimentation halal, perturbations du voisinage et sur les lieux de travail dues au ramadan, prières de rue, n’ont pas à être tolérées, encore moins encouragées et subventionnées. Les mosquées, les centres culturels islamiques et les associations musulmanes n’ont pas davantage à être financées. Comme le montre l’exemple corse, les communes et leurs habitants sont le premier échelon de résistance au communautarisme islamique.

Logement : moins de béton

Pour que les communes restent vivables, les projets immobiliers qui y sont proposés doivent rester proportionnés à l’existant : respecter les formes, les volumes, les couleurs, les matériaux, les paysages. Il faut aussi réhabiliter l’habitat ancien, les centres-bourgs et les centres-villages plutôt qu’artificialiser de nouveaux sols. Et réserver des logements locatifs accessibles aux habitants du cru.

Centres-villes et centres-villages, les faire revivre et les embellir

Les centres-villes et les centres-villages ont souvent été abandonnés au profit de périphéries sans âme. La reconquête est nécessaire : par l’embellissement d’abord ; en requalifiant les rues et les places, en remettant en valeur églises, fontaines et lavoirs, en enterrant les réseaux, en fleurissant les lampadaires et les terre-pleins ; en encourageant une vie économique enracinée en cessant de privilégier les grandes surfaces commerciales et en promouvant les marchés et les commerces locaux.

Paysages : les respecter

Les paysages sont le fruit de l’histoire, le résultat d’un jardinage séculaire de la France. La plus grande responsabilité des maires, c’est l’urbanisme. Les 40 dernières années ont été marquées par l’enlaidissement de la France et le saccage de nos paysages. Protéger les paysages doit être une priorité absolue face à la prolifération des zones commerciales, des bâtiments sans âme, des éoliennes et des projets de forage. L’« architecture douce » doit être promue partout où c’est possible.

Patrimoine, valoriser l’identité locale

Veiller sur l’entretien des bâtiments historiques et des églises, cesser de sacrifier les musées, aider les sociétés d’histoire locale. Remplacer les minables logos commerciaux par les blasons enracinés : mettre les « communicants » hors d’état de nuire et faire revenir le temps des « armes de la ville » en choisissant des visuels enracinés !

Lire la suiteMunicipales 2020 : les grands enjeux sont identitaires ! – par Jean-Yves Le Gallou