Sociologie d’une élection : la France en instance de divorce

election fracture

L’étude des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle fait apparaître une France plus fracturée que jamais. D’un côté, les métropoles bourgeoises qui votent massivement Emmanuel Macron, de l’autre la France périphérique et rurale, plus précaire, qui plébiscite Marine Le Pen. Une rupture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation libérale qui pourrait aboutir à un divorce définitif, voire à une forme de sécession.

Après la déception, les raisons de se réjouir

Dimanche soir, chez les macronistes, ce n’était pas l’euphorie des grandes victoires : trois mille personnes seulement sur le Champ-de-Mars pour applaudir leur champion et son discours de quelques minutes. Lundi, la une du Monde était alarmiste : « L’extrême droite à un niveau historique ». Malgré un « front républicain » reconstitué, la droite nationale s’est enracinée à un niveau historiquement élevé.

Quand on regarde la carte de la France mariniste du 24 avril, on voit clairement qu’il existe à présent des terres, des régions entières acquises au vote RN : pratiquement toute la ruralité, le nord et l’est de la France, à part l’Alsace, le centre, le Bordelais (sauf Bordeaux) et la vallée de la Garonne, tout le pourtour méditerranéen, de Perpignan à Menton, et aussi la Corse et les DOM-TOM. « Le Pen construit son avancée », note Le Monde qui relève qu’une trentaine de départements ont donné une majorité au RN. L’électorat de Marine est celui qui se répartit de la façon la plus homogène sur le territoire français : la candidate du RN est arrivée en tête dans 18 100 communes sur les 35 000 du pays. Mais bien évidemment toutes les communes ne se valent pas par la taille : à Paris et dans la région parisienne, le vote Macron s’est fortement imposé, de même que dans les grandes villes, ainsi qu’en Bretagne et chez les Français de l’étranger. Quant au vote Mélenchon du premier tour, il avait concerné pour l’essentiel les villes réputées de gauche et les banlieues de beaucoup de villes, là où les substitutions de population sont en cours. Mélenchon avait aussi fait ses meilleurs scores dans les prisons. Enfin, en Bretagne et dans un petit tiers du sud de la France, le candidat LFI avait dépassé sa moyenne nationale.

L’électorat des partisans de Macron et de Mélenchon est plus concentré géographiquement. C’est un atout pour les législatives de juin, mais c’est aussi le risque d’une accentuation des fractures du pays : les villes contre la ruralité, la bourgeoisie aisée, les gagnants de la mondialisation contre les campagnes, les oubliés des technocrates parisiens. Cette fracture-là transcende désormais les clivages droite/gauche. Elle explique par exemple le vote des Antillais qui avaient placé Mélenchon largement en tête des douze candidats, puis, deux semaines plus tard, ont offert un triomphe à Marine Le Pen.

Jeune, actif ou… chômeur, populaire

Quel portrait peut-on dresser de l’électeur RN, et quelles sont les caractéristiques des régions qui ont placé Marine Le Pen en tête ? Cette France-là englobe les régions au pouvoir d’achat le plus faible, les régions des déserts médicaux et industriels. Mais c’est aussi la France de la confrontation avec les grandes vagues d’immigration : comme la côte méditerranéenne, ou l’est du Bassin parisien.

L’électorat du RN est jeune, actif ou… chômeur, populaire, ayant des revenus modestes. Le contraste est évidemment fort avec celui de Macron : retraités des grandes villes et des banlieues aisées, cadres, la tranche de population la plus privilégiée. Pour un peu, on pourrait parler de reconstitution d’une lutte des classes, si ce concept marxiste avait quelque valeur.

La sociologie des partisans du RN n’est donc pas celle des macronistes ni même celle des mélenchonistes (fonctionnaires, habitants des zones urbaines et périurbaines). Elle ressemble davantage à celle du PC des années Waldeck Rochet ou Duclos. Mais, curieusement, la détresse des nordistes, des Lorrains confrontés à l’extension des friches industrielles ou des « souchiens » marginalisés par l’immigration de peuplement ne suscite pas la commisération des nouveaux prêtres-ouvriers, des pouvoirs publics, et des artistes et intellectuels « engagés », mais plutôt un mépris teinté d’inquiétude pour ces « prolos-fachos ».

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 avril 2022

Une élection, et après ?, par Xavier Eman

macron le pen

Ce n’est qu’une élection. Le résultat fait un peu mal au cul, certes, car on pouvait raisonnablement penser que le fait d’enfermer, de tabasser et de vacciner de force son peuple pour finir par lui promettre la retraite à 90 ans n’était pas forcément un super bilan ni un top programme pour être réélu triomphalement… Mais soit. 58 % des gens sont satisfaits de la France telle qu’elle est et du monde tel qu’il va. Dont acte. Nous n’étions pas non plus très convaincus par l’alternative proposée, qui ne représentait finalement que quelque chose entre une infime possibilité de rupture et un hypothétique moindre mal.

Rien de bon ni de bien, dans notre histoire, n’est jamais sorti, pour notre culture et notre civilisation, de ces urnes déifiées par le système que nous voulons justement abattre. N’en soyons donc ni surpris ni accablés. A l’aigreur, au dépit et au découragement qui nous tendent les bras, répondons par un surcroît d’engagement, de vigueur, d’enthousiasme, par une explosion d’activisme, par un débordement d’amour. Car si leur monde de calculateurs, de boutiquiers, de bourgeois, de déracinés, de cyniques, de matérialistes, de profiteurs, de séniles, de corrompus, de prébendiers, de pleutres et de robots se renforce, le nôtre n’en devient que plus impérieux et urgent.

Nos rires, nos feux de camp, nos poèmes et nos chansons face à leurs bilans comptables et leurs rapports d’experts. La vie contre la survie, l’idéal contre l’inexorable. Non pas que sous soyons meilleurs, plus brillants ou intelligents que quiconque, mais simplement vivants et conscients que ce court espace de temps qui nous est accordé sur cette terre n’a de sens et de valeur que s’il est mis au service d’objectifs qui nous dépassent, qui nous transcendent, de la mémoire de nos aïeux à l’avenir de nos enfants en passant par la grandeur de notre culture et la sauvegarde de notre identité. Ils se servent, nous sommes des serviteurs. De nos pères, de nos morts, de nos héros, de nos promesses, de nos rêves… Demain comme hier, le combat n’est pas un choix. Soyons meilleurs, plus travailleurs, plus courageux, plus radicaux, plus cohérents, plus formés, plus efficaces, plus empathiques, plus généreux…

De toute façon, il n’y a pas d’alternative. Rejoindre leur monde c’est dépérir, et nos coeurs comme nos âmes n’ont pas fini de hurler, même au coeur des plus sombres souffrances, leur violente et indomptée passion pour la vie. »

Xavier Eman

« La France apaisée » : nouvelle campagne pour le FN

« La France apaisée » : quand Marine fait du « tonton »
23/01/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)
La stratégie de normalisation du FN se poursuit avec une nouvelle affiche et un nouveau slogan, « La France apaisée », qui se rapproche des codes de communication des partis dits « de gouvernement ». On ne peut s’empêcher de penser à la célèbre affiche de Mitterrand en 1981, « la force tranquille », qui est restée depuis un modèle de communication politique institutionnelle. On quitte en tout cas avec cette affiche les slogans « clivants ». À voir si cela est en phase avec les attentes des électeurs frontistes et si cela suffira à faire sauter le pas aux hésitants.

Interview exclusive de Tony O’Neill, leader du Parti du Peuple Celte 2/5 : la culture Celtique

29/10/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Alors que les provinces françaises se battent pour sauver leurs langues et traditions régionales, NOVOpress vous propose une interview exclusive du fondateur irlandais du Parti du Peuple Celte – PPC —. Nous publions cet entretien-fleuve en cinq parties afin de vous en offrir une lecture plus agréable. La première est consacrée à la naissance du mouvement et aux questions politiques. La seconde est axée sur la défense de la culture celte, le monde celtique et les liens que noue le PPC avec la diaspora celte dans le monde. La troisième traite des questions liées à l’Union Européenne. Les deux dernières sont consacrées à l’immigration.
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NOVOPRESS : L’an prochain en Irlande et en particulier de Dublin, on commémorera le centenaire de l’insurrection de Pâques 1916. Ce sera un événement majeur ; le PPC utilisera-t-il cette occasion unique pour promouvoir ses valeurs ?
Tony O’Neill : Oui, nous avons des plans pour le centenaire de 1916 et, ce faisant, nous nous tiendrons à l’opposé à tous les partis de l’établissement qui célèbrent l’invasion de l’Irlande et prétendent encore pouvoir honorer nos héros tombés de 1916.

NOVOPRESS : Pensez-vous que les hommes courageux qui ont combattu et sont morts pour l’Irlande contre les Britanniques au cours de l’insurrection de Pâques seraient fiers de ce qu’est devenu leur pays bien-aimé 100 ans plus tard ?
Tony O’Neill : Les hommes de 1916 se retourneraient dans leurs tombes en voyant ce que devient leur patrie. Ils n’ont pas donné leurs vies pour que des Africains et des Arabes soient encouragés à envahir notre pays. Ils n’ont pas donné leurs vies non plus pour que notre peuple se soumette aux visées de groupes pro-homosexuels et n’ont certainement pas donné leurs vies pour voir notre peuple se noyer dans une dette sans limites.

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Législative partielle dans le Doubs: le FN en tête, face au PS au second tour

Législative partielle dans le Doubs: le FN largement en tête

02/02/2015 – BESANCON (NOVOPress)
Les résultats sont donc tombés. La législative partielle dans la 4e circonscription du Doubs, perçue comme un test avant les départementales de mars, donnera lieu à un duel entre le FN, largement en tête au 1er tour, et le PS, qualifié malgré une forte concurrence à gauche. L’UMP, qui pourtant pouvait compter sur le soutien de l’UDI et l’absence de concurrent MoDem, ne s’est pas qualifiée pour le second tour. Son candidat, Charles Demouge, s’était répandu contre les « petits blonds qui m’emmerdent, et pas les gens qui viennent de l’immigration ».

L’UMP va devoir désormais choisir si elle appelle ou non à voter en faveur du candidat PS, une décision qu’elle ne devrait pas prendre avant mardi, selon son porte-parole.


 

 

 

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De quoi les primaires présidentielles sont-elles le nom ? Tribune de Raoul Fougax

De quoi les primaires présidentielles sont-elles le nom ? Par Raoul Fougax

C’est une mise en spectacle médiatique de la partitocratie.

Henri Guaino affirme que Nicolas Sarkozy (photo) s’il revient ne doit pas passer par des primaires. Il a raison. Un ancien président peut difficilement  repartir d’une base partisane alors qu’il s’adresse à tous les français qu’il a un temps représenté.

Mais au-delà de ce cas particulier, il faut bien voir que les primaires sont un moyen pour les partis de revenir sur le devant de la scène politique hors du cadre parlementaire. C’est une démarche encouragée par les médias, car c’est un spectacle et un show de politique réalité. Exhibitionnisme et voyeurisme sont, une fois de plus, les mamelles médiatiques.

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Conseil d’Etat du Valais : Oskar Freysinger donne une leçon de courage

Conseil d'Etat du Valais : Oskar Freysinger donne une leçon de courage

07/03/2013 – 20h45
SION (NOVOpress) – Alors que les médias français ont largement parlé de la votation suisse sur les parachutes dorés, la plupart d’entre eux ont largement passé sous silence un scrutin pourtant très important pour la vie politique helvétique. En effet, Oskar Freysinger est largement arrivé en tête du premier tour de scrutin pour l’élection du Conseil d’Etat du canton du Valais. Pour bien comprendre la portée de ce scrutin, nous avons interrogé Jean-David Cattin, un des représentants du mouvement identitaire en Suisse.

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Législative à Hénin-Beaumont : le recours de Marine Le Pen rejeté par le Conseil constitutionnel

Législative à Hénin-Beaumont : le recours de Marine Le Pen rejeté par le Conseil constitutionnel

07/12/2012 11h00
PARIS (NOVOpress) — Marine Le Pen n’est pas près de porter l’écharpe de député, du moins d’ici quelques mois. En effet, les « Sages » du Conseil constitutionnel ont rejeté le recours déposé par la présidente du Front national en vue d’invalider le scrutin législatif des 10 et 17 juin derniers pour la circonscription d’Hénin-Beaumont.

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L’Amérique change, par Dominique Venner

L’Amérique change, par Dominique Venner

13/11/2012 — 12h20
WASHINGTON (via le site officiel de Dominique Venner) — La réélection de Barack Obama (50 % des voix contre 48 % à Romney) inspire trois sortes de remarques. Premièrement, le scrutin de 2012 fait apparaître un clivage racial accentué. Les hommes blancs ont voté majoritairement pour Romney et les minorités raciales pour Obama. Cette réalité est visible aux Etats-Unis (contrairement à la France) puisque chaque citoyen-électeur est identifié selon son appartenance raciale simplifiée. La fracture entre le vote des Blancs (hommes et femmes) et celui des minorités s’est accentuée depuis l’élection de 2008. Obama ne recueille plus que 39 % des voix chez les Blancs contre 43 % en 2008. En revanche, il reste plébiscité dans l’électorat noir (afro-américain) avec un léger tassement : 93 % des suffrages exprimés contre 96 % en 2008.

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