I-Média – Fraude électorale : médias menteurs, médias fainéants

13/11/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Fraude électorale : médias menteurs, médias fainéants !

Face au déluge de mensonges et à la paresse des médias, retour factuel sur la prétendue absence de fraude électorale aux États-Unis.


Joe Biden : la revanche de la médiocratie américaine

L’issue de l’élection présidentielle américaine est encore incertaine même si Joe Biden a été proclamé vainqueur par les médias américains. Dans l’attente du dénouement de cette pièce de théâtre à rebondissements, Pierre Boisguilbert revient sur ce que signifierait l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Les médias en roue libre

Le soulagement a été à la hauteur de la peur : immense. Le fait que la victoire électorale de Joe Biden a été annoncée par les médias audiovisuels dominants, suivis avec réticence par Fox News, n’est pas une surprise, mais tout était dans le ton. Aux USA mais aussi au pays de Descartes. Donald Trump s’est vite retrouvé accablé de propos méprisants, sinon haineux. La victoire de Biden, c’est la revanche des médias et de l’idéologie cosmopolite mondialiste. L’homme qui n’existait pas est brusquement devenu le président que le monde attendait. Il faut dire qu’ils ont eut la trouille. Les premiers résultats des votes physiques ont contredit totalement les sondeurs et les prédictions Trump allait gagner. Il faut voir alors comment ceux qui n’avaient rien vu, expliquaient ce qui se passait. Et puis comme Trump l’avait prévu et redouté, les votes par correspondance ont inversé la tendance. Il y aura toujours pour les électeurs du président sortant, une suspicion de bourrage des urnes.

L’accession de Biden à la Maison-Blanche, il faut bien voir ce que cela signifie. Le rap va terrasser la musique country. Les minorités qui haïssent l’Amérique des pères fondateurs européens vont être renforcées. Les activistes antiracistes noirs, racistes anti-blancs, vont pouvoir continuer à détruire le passé en démolissant des statues. La discrimination positive en faveur des minorités sexuelles va augmenter et la théorie du genre s’étendre. On voit bien l’Amérique qui danse dans les rues des villes et celle qui fait le gros dos. Biden pourra-t-il être le président de tous les Américains sans se laisser déborder par ceux qui ne sont pas endormis et pour qui la guerre civile et la guerre des sexes n’est jamais achevée ? On peut en douter.

Kamala calife à la place du calife

Les médias ont fait à 90 % campagne contre Trump, ce qui montre qu’ils sont les ennemis résolus d’une conception nationale de l’histoire américaine. Mais ils ont fait plus. En censurant une intervention en direct du président élu, ils ont perpétré un putsch médiatique. Cet interventionnisme illégal devrait à lui seul invalider le scrutin. Les médias n’ont pas seulement fait le président, ils ont pris le pouvoir. L’Amérique est entrée dans la démocratie de la censure. Il faut, de Twitter er à CNN en passant par Face Book, faire taire ceux qui ne pensent pas comme les gourous médiatiques du cosmopolitisme. C’était déjà vrai pendant la présidence de Trump et pas seulement outre Atlantique, mais c’est confirmé par une intervention directe, en plein dépouillement des votes.

Le pire, c’est que tout ça est bien sûr présenté comme une victoire de la démocratie, cette démocratie américaine qui a flétri la Chine, l’Iran ou la Russie pas assez démocratiques à ses yeux. Les Américains donnent, comme les Français, des leçons permanentes de démocratie élective. On comprend que cela fasse encore plus sourire qu’hier à Moscou ou à Pékin. Mais l’Europe est retombée en admiration devant le modèle américain. On voit déjà que le modèle, d’ailleurs, ce n’est pas Biden, le très vieux mâle blanc, mais la vice-présidente Kamala Harris, métisse de noir et d’indien de l’Inde et mariée à un israélite. Certains la voient première femme noire — mais, curieusement, jamais indienne — décrochant la présidence américaine. Le rêve absolu : un Obama en jupons aimant les transgenres. Déjà nos journalistes, incapables de retenue et d’esprit critique, dégoulinants de satisfaction partisane, envisagent le meilleur scénario : Biden éliminé car trop fatigué, mort peut être, et Kamala calife à la place du calife.

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia

Joe Biden, 46e président des État-Unis : délire médiatique ?

Samedi 7 novembre 2020, fin de matinée à l’heure de la côte est : toutes les chaînes de télévision, Fox News en tête, annoncent la victoire du sémillant Joe Biden et de sa très modérée vice-présidente Kamala Harris. L’heure n’a pas été choisie au hasard, puisque la nouvelle tombe un quart d’heure avant la conférence de presse des avocats de Donald Trump à Philadelphie.

Immédiatement, la quasi-totalité des médias occidentaux, télévision française en tête, tentent de mettre leurs spectateurs sur le fait accompli et se mettent à disserter sur ce que sera la présidence Biden, sur les progrès sociétaux extraordinaires qui devraient en découler, sur sa capacité ou non à réconcilier les Américains, et même sur ses options futures en matière de politique étrangère.

Dans de nombreux foyers aisés, de part et d’autre de l’Atlantique, on a déjà ouvert le champagne, à la manière des Français lors de la finale de la Coupe du monde de football de 1982, lorsque la France menait 3 à 1 contre l’Allemagne à quelques minutes de la fin. Tout pourrait, d’ailleurs, se terminer de la même façon dans la mesure où cet emballement est digne de l’affaire de l’arrestation Dupont de Ligonnès : du pur délire !

Comment fonctionne, en effet, de façon traditionnelle une déclaration de victoire aux élections présidentielles, aux États-Unis ? En théorie, elle intervient à la mi-décembre, lorsque les grands électeurs se réunissent pour élire le président. Dans les faits, elle intervient lorsque l’un des deux candidats concède sa défaite, soit dès le lendemain du scrutin lorsque la victoire de son adversaire est sans appel, soit dès que les recours juridiques ont été épuisés. Ainsi, on se souvient qu’en 2000, le candidat démocrate Al Gore avait attendu plus d’un mois avant de reconnaître la victoire de George Bush : il avait fallu que la Cour suprême de Floride – État dont le gouverneur était le frère de George Bush – refuse pour la deuxième fois d’autoriser le recompte des voix, recompte dont on sait aujourd’hui qu’il aurait donné la victoire à Al Gore.

Or, quelle est la situation, aujourd’hui, aux États-Unis : non seulement Donald Trump, dénonce cette annonce prématurée, mais ce coup de force médiatique repose sur l’annonce de la victoire de Biden en Pennsylvanie, un État auquel la Cour suprême des États-Unis demande des explications sur des comptes litigieux ; en cas de réponse trop évasive, la totalité des votes pourraient être recomptés. Même chose dans le Michigan, où le comté de Altrim a dû procéder à un tel recompte : attribué à l’origine à Biden, il revient désormais à Trump à plus de 56 %. Autant dire que la partie est loin d’être finie si les choses se déroulent régulièrement.

Malgré quatre ans de mitraillage médiatique anti-Trump et des semaines de tripatouillage électoral (le recours massif au vote par correspondance a, semble-t-il, permis de faire voter un nombre impressionnant de centenaires plus ou moins encore en vie), la victoire de Biden promettait d’être suffisamment large pour éviter toute contestation. Pas de chance, Donald Trump a surmobilisé son électorat et le tsunami démocrate annoncé n’a pas eu lieu. Depuis, on découvre des bulletins perdus ou retrouvés, des machines à voter qui ont fait de mauvais calculs et, au moment même où les avocats de Donald Trump invitent la presse et les citoyens à une conférence pour dénoncer les faits déjà avérés, les médias se précipitent pour déclarer Biden vainqueur, une première dans l’histoire des élections américaines !

Délire médiatique ou énième tentative pour forcer la main des Américains…

François Falcon

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Élections américaines – Le hold-up des démocrates

Il était minuit et quarante-deux minutes, mercredi 4 novembre, lorsque ce hold-up eut lieu. Joe Biden, rival démocrate du président Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, sortit de sa tanière du Delaware et, devant quelques complices, annonça qu’il était en train de remporter l’élection. Ton enjoué, humeur confiante, atmosphère festive. Premier acte du hold-up : l’effet psychologique. Alors que le dépouillement battait son plein, il tenait à être le premier à briser le suspense, à injecter un événement, à prendre position afin de saper toute initiative de l’adversaire qui se trouva subitement en retrait, diminué par un coup d’audace inattendu.

Deuxième acte : le gel des États clé. Dans cinq d’entre eux, parmi lesquels la Pennsylvanie, tous ceux qui se penchaient sur des enveloppes pour en extirper un bulletin de vote avant de le placer sur l’un des deux tas devant eux s’arrêtèrent comme un seul homme dès que Biden apparut sur les écrans de télévision. On aurait dit un signal.

Troisième acte : le bilan du forfait. On s’aperçut très vite que le dépouillement s’était arrêté net au moment précis où furent ouverts les sacs postaux provenant de circonscriptions ayant voté massivement pour Trump en 2016 et pour les républicains en 2018. Curieux hasard. Le hold-up était signé.

Biden défie Trump

Ce fut à la fois une signature et un défi. En s’attaquant directement aux voix sur lesquelles Trump comptait pour gagner, Biden montrait le jeu démocrate. Et en devançant le républicain par un éclat oratoire, le démocrate lui déclarait une guerre totale, absolue. L’arène démocratique revêtit d’un coup le spectre d’une arène sanglante, celle des mises à mort après un combat impitoyable. Le hold-up tournait à la fusillade. Désormais, on tirerait à vue et sans sommation. Dans l’aile orientale de la Maison-Blanche, transformée en forteresse par crainte de soulèvements violents, Trump rassembla quelques fidèles pour leur dire, peu après 2 heures du matin ce fameux mercredi, sa révolte, son écœurement mais aussi sa volonté de riposter, de se défendre, de faire valoir ses droits à la victoire. « Ce coup, je l’ai vu venir, confia-t-il. Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas gagner. Alors ils ont enrayé la phase ultime de l’élection pour introduire dans le système des millions de bulletins acheminés par la poste. Ils ont l’intention de les dépouiller avant les bulletins de ceux qui ont voté personnellement le 3 novembre – des républicains, en majorité. C’est un scandale. C’est honteux pour l’Amérique. »

Et dans un soupir, Trump ajouta : « Nous étions sur le point de gagner l’élection – franchement. » Il cita les cinq Etats – tous dirigés par des démocrates – devenus un champ de bataille qui désignera le vainqueur : Michigan, Caroline du Nord, Géorgie, Arizona et Pennsylvanie.

Une équipe de choc autour du président

La Pennsylvanie, Etat emblématique de ce drame national. Trump s’y déclara vainqueur en arguant qu’avec près de 500 000 voix d’avance, il était impossible à rattraper. De plus, il fit remarquer que trois circonscriptions à forte charge populiste n’avaient pas encore été comptées. Quand le seront-elles ? Mystère. Et d’où viennent les sacs postaux avec des bulletins qui, eux, ont déjà été comptés ou le seront bientôt ? Autre mystère. C’est pour répondre à ce genre de question et aussi pour dénoncer et traquer toute fraude que Trump a réuni une équipe de choc. Rudy Giuliani, ancien maire de New York, et Pam Bondi, ancien ministre de la Justice de Floride, en sont les figures de proue. Leur mission : vérifier la légalité des votes. Chaque vote doit compter, c’est entendu, mais à condition qu’il soit émis dans les rigueurs de la loi. Cette loi bafouée par ceux qui bourrent les urnes, votent deux fois ou imitent la signature d’un inscrit.

En Pennsylvanie et dans le Michigan, on a vu plus méprisant : des chefs de bureau de vote interdisant aux inspecteurs républicains d’assister, comme c’est la coutume, aux opérations de dépouillement afin de vérifier leur déroulement loyal. Seuls les observateurs démocrates furent admis. Plus commode pour remplacer les bulletins de Trump par ceux de Biden. Car cette fraude existe. Des indices le montrent. La suspicion s’avère légitime au milieu de cet épouvantable climat de haine.

Restent les preuves. Selon l’équipe de juristes, celles-ci abondent. Giuliani et Bondi n’auront aucun mal à constituer leurs dossiers : faits, témoignages, documents sont là pour étaler tous les ressorts de la machination des démocrates encadrés et encouragés par l’appareil du Deep State. On revient au coup de force feutré, insidieux, qui corrompt les institutions sans faire de bruit, en préservant les apparences. Avec la complicité des gros médias et de la quasi-totalité de l’establishment, tout devenait possible. Même cette ultime attaque contre Trump dans ses efforts pour sauver l’Amérique. C’était la dernière carte du Deep State. On la sentait venir comme une fatalité, comme le chant du cygne de la subversion. Celle-ci ne s’embarrassa pas de moyens : un grossier hold-up, avec en plus une prise d’otages : ceux qui ont voté pour Trump. Où se trouvent leurs voix ? Giuliani et Bondi sont chargés de les découvrir et de les imposer. Au prix d’une série de procès, dont certains sont déjà engagés. Combien de temps dureront-ils ? Impossible de le savoir pour l’instant.

Trump a-t-il des chances de gagner ? De bonnes chances, mais il suffirait qu’il perde deux Etats pour que Biden l’emporte. Pendant quelques jours, quelques semaines, on sera sur le fil du rasoir. Avant l’inauguration officielle de Trump ou Biden le 20 janvier prochain, le scrutin présidentiel donnera l’impression de se poursuivre, mais sans électeurs et sans bureaux de vote. Etrange situation. Seuls, des millions de bulletins papillonneront dans l’atmosphère des tribunaux et la fièvre des batailles judiciaires. La plupart pourraient aller jusqu’à la Cour suprême. Là, Trump espère qu’ils seront accueillis par Amy Barrett, « son » juge pour temps de crise. Cette mère de sept enfants, à qui on a tant reproché son aversion pour l’avortement, se glissera peut-être dans la peau d’un bourreau : celui des fraudeurs. •

Christian Daisug

Article paru dans Présent daté du 6 novembre 2020

I-Média – USA : chaos, fraude et propagande

06/11/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Donald Trump a résisté ce qui était annoncé par tous les médias comme un raz-de-marée démocrate. Si les résultats finaux – extrêmement serrés – ne seront peut-être connus que dans quelques heures, voire quelques jours, les sondeurs et les médias se sont encore trompés.

Et les journalistes évitent soigneusement de trop évoquer la question de la fraude électorale.


Jérôme Rivière : « Si Donald Trump est élu, ce sera un extrêmement bon signe pour les patriotes nationaux que nous sommes ! »

Jérôme Rivière se rendra, dès le 30 octobre prochain, aux États-Unis en compagnie de Jordan Bardella pour assister au dernier meeting de Donald Trump et rencontrer ses équipes. Que représente, pour la France, une victoire éventuelle du candidat ? Comment ne pas voir en Donald Trump un adversaire, au moins sur le plan économique ?

Avec Jordan Bardella, vous allez vous rendre aux États-Unis du 30 octobre au 4 novembre afin d’assister au dernier meeting de Donald Trump. Pourquoi vous y rendre ?

C’est une élection particulièrement importante en ce début de 21e siècle. Cette élection définit cette nouvelle division entre, d’un côté, les mondialistes représentés par Joe Biden aux États-Unis, qui sont pro-immigration et en faveur d’une finance de connivence, et, de l’autre côté, Donald Trump qui, comme Marine Le Pen en France, défend avant tout sa nation et ses concitoyens. Si, comme je le souhaite, Donald Trump est élu, c’est un bon signal envoyé pour les patriotes et nationaux que nous sommes en France.

Pour vous, les États- Unis sont un peu le laboratoire de l’Europe. Ce qui arrive aux États-Unis arrivera certainement en France et en Europe.

Depuis que Donald Trump est président des États-Unis, les États-Unis ont cessé d’être le gendarme du monde. Nous Français ne souhaitons pas que les États-Unis soient le gendarme du monde. Or, depuis qu’il est président, il n’a pas engagé son pays dans des guerres aventurières. C’est la première fois depuis Eisenhower. La France est une puissance d’équilibre. Par conséquent, nous ne souhaitons pas être les vassaux d’un pays. Que ce soit les États-Unis, la Russie, la Chine ou qui que ce soit d’autre. Or, la relation que Joe Biden a avec l’Union européenne est une relation qui avait été initiée par Nicolas Sarkozy où la France se plie à l’intérieur de l’OTAN dans un commandement militaire intégré. Cette France est soumise. Ce n’est pas du tout ce que demande Donald Trump, qui pense à l’Amérique d’abord, comme nous au Rassemblement national avec Marine Le Pen.

Le slogan « L’Amérique d’abord » ne va-t-il pas contre les intérêts de l’Union européenne et les intérêts économiques de la France ? Donald Trump est-il un adversaire économique de l’Union européenne et de la France davantage que ne l’a été Barack Obama ?

Un bon partenariat se fait dans une coopération librement choisie. Aujourd’hui, les traités de libre-échange signés par l’Union européenne affaiblissent l’Union européenne et mettent les États-Unis toujours en position de domination. Que lui ait envie de faire en sorte que son pays récupère le maximum de choses, c’est normal. Du côté français, nous souhaitons la même chose. Nous souhaitons des partenariats équilibrés. Donald Trump n’a jamais exclu de partenariats équilibrés. En revanche, si l’Union européenne se présente devant lui de façon mollassonne, comme c’est le cas aujourd’hui, il en tire avantage. L’un n’empêche pas l’autre.

Avez-vous prévu de rencontrer les partis. Et pourquoi pas Donald Trump lui-même ?

Dans les derniers jours d’une campagne présidentielle, on a autre chose à faire que de recevoir des politiques étrangers, aussi sympathiques soient-ils. Nous verrons un certain nombre de parlementaires. J’ai de nombreux amis, là-bas, que je rencontre depuis plusieurs années. On aura des échanges importants avec des équipes de Trump, mais il n’a jamais été question et il n’est pas question de rencontrer le président des États-Unis. Ce serait l’objet d’un autre déplacement. Mais aujourd’hui, il est normalement concentré sur sa campagne.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marion Maréchal : « Il faut peut-être se défaire de l’idée de l’homme providentiel »

Marion Maréchal répond aux questions de Boulevard Voltaire sur le centre d’analyse et de prospective que lance l’ISSEP (Institut de sciences sociales, économiques et politiques qu’elle a fondé en 2018), la situation politique et le cap à tenir, la présidentielle de 2022 et l’avenir de la droite.

Vous avez fondé le Centre d’Analyse Prospective. Quel est le but de ce think tank ?

Un laboratoire d’idée comme on dirait en français. L’idée est de développer le pôle recherche de l’ISSEP qui a déjà un pôle formation avec la formation continue et le magistère, de contribuer au débat d’idée public et politique en s’emparant de sujets qui, selon moi, de manière très discrétionnaire, sont peu ou mal exploités. L’originalité de ce laboratoire d’idée viendra moins sur le modèle. On peut retrouver des grands think tank aujourd’hui, que ce soit l’institut Montaigne, l’IFRAP ou autre. Cette originalité viendra plutôt des sujets dont on s’emparera et des contributeurs qui seront associés.

Ce think tank a été lancé notamment parce que vous avez fait le constat que les partis politiques sont un modèle sans doute dépassé. On l’a vu récemment avec la République En Marche qui a perdu ses différents cadres comme si finalement ce parti était une espèce de kit jetable donné à Emmanuel Macron le temps de se faire élire. Maintenant, il ne sert plus à rien…

Je fais un constat que tout le monde voit. On assiste au dépassement des partis politiques, dont Emmanuel Macron était l’un des symptômes et non pas un catalyseur en tant que tel. D’ailleurs, je tiens à dire que je le déplore. Je pense que la démocratie représentative ne peut pas fonctionner sans des partis politiques structurés. On peut reconnaître aux partis politiques des défauts, des vices ou des limites, mais ils sont aussi indispensables au bon jeu démocratique. Évidemment, ils coordonnent, ils organisent, ils permettent l’organisation et la clarification de ce débat intellectuel en les incarnant. Je ne suis donc pas sûre que c’est une très bonne nouvelle, mais c’est un état de fait.
Aujourd’hui, les partis politiques sont en perte de vitesse ; cela tient aussi à la génération. L’esprit militant s’en est allé. On passe d’une jeunesse des années 60, 70, 80, une jeunesse très idéologisée dans le bon ou mauvais sens du terme. On rêvait de communisme, de libéralisme, d’Europe, de Gaulle, qu’importe. Aujourd’hui, on voit que les grandes idéologies sont mortes et les rêves sont difficiles à trouver. Par conséquent, les structures intellectuelles sont difficiles à voir émerger. Sur toutes ces difficultés, il est intéressant d’avoir des structures libres apartisanes telles que le centre d’analyse et de prospective de l’ISSEP. Il émerge et donc compense d’une certaine manière ce manque avec l’avantage de pouvoir associer des personnes, des intellectuels, des spécialistes, des praticiens qui viennent d’horizons très variés et qui ne sont pas enfermés dans une posture doctrinale.

Comment réintéresser les gens à la vie politique et au bien supérieur qui soit autre que l’expression des désirs de ces minorités ?

Je ne vais pas avoir la réponse à moi toute seule avec le CAP de l’ISSEP ou avec l’ISSEP, même si on essaie d’y contribuer. Derrière, il y a d’autres questions qui se posent. À travers le think tank, on peut aussi poser la question des institutions qui est au cœur des débats. On parle beaucoup de proportionnelle aujourd’hui. Je suis plutôt attachée à l’idée d’un mode de scrutin majoritaire à un tour qui m’apparaîtrait plus intéressant que la proportionnelle qui réinstalle la prédominance des partis dans le jeu électoral. On peut être provocateur et dire aujourd’hui : est-ce que la Ve est encore un système adapté ? La Ve République est un système qui n’existe en Europe qu’en France. Aujourd’hui, il n’y a plus de pouvoir tampon entre le Président et le peuple. Le Sénat n’existe pas, l’Assemblée n’existe pas, le gouvernement existe très peu, le Premier ministre existe encore moins. Tout cela fait que le président de la République porte la charge politique, positive ou négative, seul face au peuple. C’est très séduisant symboliquement, c’est l’héritage de la monarchie et de De Gaulle. Je ne nie pas tout cela, mais lorsque vous avez deux chaînes de télévision que vous contrôlez à moitié, cela peut fonctionner. En revanche, à l’heure des réseaux sociaux, nécessairement au bout de six mois d’exercice de pouvoir, cette charge politique est peut-être trop lourde à porter. Contribue-t-elle à la bonne représentation des corps intermédiaires et des territoires ? Je n’en suis pas tout à fait convaincue.
Après les différents bidouillages constitutionnels, on a à la fois un pouvoir exécutif extrêmement fort, peut-être le plus fort qui existe dans les démocraties et en même temps, terriblement impuissant ! On voit l’incapacité à faire se mouvoir ce pays et engager des réformes structurelles.

Vous avez fait le tour des médias cette semaine. Parmi tout ce que vous avez dit, une chose revenait régulièrement. Dès que vous revenez dans les médias, vous actez le « décès » des Républicains.
Cette droite qui s’est fait un peu avaler par Emmanuel Macron a-t-elle encore de l’avenir dans ce pays ? Où la droite aurait-elle de l’avenir ?

Je ne sais pas si je viens acter le décès des Républicains, mais je fais le constat que Christian Estrosi donne un coup de pied dans la fourmilière et accélère un processus de décomposition que tout le monde peut voir depuis des années. Ce qui va manifestement se profiler c’est qu’entre la perspective pour les LR de faire 12 ou 13 % et la perspective de rallier le pouvoir en place et éventuellement sauver des circonscriptions voire obtenir des sous-secrétariats d’État je ne sais où, vous avez malheureusement une partie non négligeable des élus nationaux, sénateurs ou députés qui rejoindront Emmanuel Macron. Reste à savoir comment va s’organiser cette partie restante de LR qui, à mon avis, est non négligeable au niveau local et qui existe aussi en partie au niveau national face à ce phénomène. Cela pourrait peut-être contribuer à un déblocage de ce cordon sanitaire ou en tout cas, faire bouger les lignes. Je n’ai pas la réponse et je ne suis pas LR. Après, vous connaissez ma position depuis longtemps là-dessus. J’aurais aimé depuis longtemps déjà, que la droite sorte de cette espèce de posture morale du cordon sanitaire pour créer des coalitions, au cas par cas, intelligentes, et donc ne plus se retrouver la victime collatérale des majorités d’union de la gauche que l’on voit s’exercer à tous les niveaux.

Ce plafond de verre existe toujours entre le Rassemblement national et les Républicains. Comment faire exploser ce cordon sanitaire dans la mesure où le Rassemblement national, Marine Le Pen et son entourage ne jugent pas nécessaire de faire des coalitions et sortir le Rassemblement national de ce cordon sanitaire ?

Je ne vous cache pas que je marche sur des œufs, car dès que je dis un mot sur le Rassemblement national, j’ai le droit immédiatement à dix articles expliquant que je fais la guerre et que je règle des comptes. Je préfère dire en amont que je ne suis pas là pour faire la guerre au Rassemblement national. Cela ne m’intéresse pas du tout. Et je suis encore moins là pour faire des attaques personnelles ou répondre à des attaques personnelles. Mon propos est uniquement d’ordre politique et stratégique. Cela surprendra d’autant moins que je tenais ces propos déjà quand j’étais député à l’intérieur du Rassemblement national. J’espère faire preuve de cohérence là-dessus.
Une fois de plus, je le dis et je le répète, je considère que le Rassemblement national est indispensable dans le dispositif. Rien ne peut être fait contre lui. Je dis juste qu’il n’est pas suffisant en l’état actuel pour espérer ou s’assurer d’un basculement politique majeur.
Vous allez dire que je pleure sur les pots cassés et je considère qu’il y a eu un moment politique intéressant. C’était le moment où on avait assisté à une fracturation entre Copé et Fillon. À ce moment-là, il y avait un problème de leadership dans cette droite dite parlementaire, et il y avait probablement une opportunité de pouvoir incarner un recours pour cette famille politique là.

Ce problème de leadership était surtout lié au départ de Nicolas Sarkozy davantage que pour des questions idéologiques.

Oui, je suis d’accord. Il y a eu un moment politique un peu comme en Italie lorsque Berlusconi a perdu la main. Le créneau a été pris par la Lega qui est devenu un recours : on remplace cette droite défaillante qui a tout abandonné sur l’identité, sur la souveraineté et sur la défense de notre histoire. À ce moment, il y a eu des divergences de stratégies avec notamment à l’époque, Florian Philippot qui n’est pas dénué de talent par ailleurs, mais qui lui, considérait qu’il fallait plutôt s’adresser à cet électorat mélenchoniste pour caricaturer un peu. Disons, que lui qualifiait de gauche souverainiste. C’était au moment où Mélenchon avait un peu mis le holà sur les questions identitaires et communautaires.
Je n’étais pas tout à fait dans cette idée-là, je considère qu’un parti doit s’adresser à tous les Français, mais que mécaniquement, il y avait plus de passerelles évidentes avec une partie de cet électorat de droite orphelin sur des sujets tout à fait fondamentaux.
Aujourd’hui, on voit bien que l’électorat de Mélenchon se cristallise autour d’une forme d’électorat à la fois communautaire, bobo comme on dit dans les centre-ville. Le chemin est donc plus long. Il est parfaitement inenvisageable de penser que l’on puisse faire une alliance LR-RN dans l’état actuel des choses. De manière ponctuelle et locale, cela aurait été intéressant de travailler à cela. Est-ce encore possible aujourd’hui ? Je ne suis pas sûre que le RN considère qu’il faille plus parler à certains élus de LR qu’à d’autres. C’est leur choix, mais une fois de plus, je ne suis pas dans l’arène. On peut dire que c’est facile pour moi de donner des leçons et ce n’est pas faux !

Pour les différents créneaux de 2022, il y aura a priori un gros centre orléaniste avec Emmanuel Macron ou en tout cas quelqu’un de la macronie. Il y aura peut-être une coalition de gauche et à droite, le Rassemblement national.
Le pire danger serait-il de réélire Emmanuel Macron ou de faire élire une sorte d’ayatollah Vert comme on a pu le voir dans les différentes polémiques juste après les municipales ?

C’est toujours un peu compliqué de se projeter dix-huit mois avant une élection sur les résultats. Je me méfie toujours des gens qui ont beaucoup de certitudes dans un sens ou dans l’autre. Rien n’est jamais écrit. Toutes les élections présidentielles ont démontré que les scénarios pré-écrits à l’avance avaient tous été démentis. Beaucoup de choses viennent perturber le jeu en cours tel qu’il se profile. On peut imaginer une union de la gauche, pourquoi pas autour d’Anne Hidalgo. Mélenchon, lui même n’a pas affirmé qu’il irait à la présidentielle. Chez les LR, c’est aussi très confus parce que certains plaident pour une primaire et on peut donc espérer que Bruno Retailleau puisse émerger. Dans le même temps, Xavier Bertrand a déjà annoncé qu’il ne passerait manifestement pas par la primaire et irait en tout état de cause.

Espérez-vous que Retailleau soit candidat ?

Je trouve que Bruno Retailleau est intéressant. Reste à savoir quelle est sa liberté à l’intérieur du parti, eu égard aux responsabilités qu’il a en tant que président de groupe au Sénat. C’est toujours un peu compliqué. On voit bien que ce sera la confusion. Nicolas Sarkozy est un peu et malgré tout en embuscade. On peut toujours spéculer, mais on voit la scénarisation de la sortie de ses livres et le jeu qu’il continue à jouer à l’intérieur de LR. Il ne sait manifestement pas totalement écarté. Il faut rappeler aussi que le premier tour se joue dans un mouchoir de poche. Souvenons-nous qu’aux dernières élections présidentielles, l’écart était relativement restreint. Entre un François Fillon qui s’était pourtant fait étriller pendant la campagne, Marine Le Pen qui accède au deuxième tour et Mélenchon qui n’est pas si loin derrière. Rien n’est écrit, et rien n’est acquis. Par conséquent, on n’est pas totalement à l’abri de voir émerger une forme d’union de la gauche comprenant les écolos qui double Macron par sa gauche.
Le seul propos que je veux tenir c’est qu’on ne peut pas affirmer que les choses se passeront telles qu’elles doivent s’affirmer.

La gauche fonctionne par coalition et par alliance. Et la droite est marquée par la culture et l’image du chef. Le problème des Républicains est-il le fait que son chef historique et naturel soit toujours et malgré tout Nicolas Sarkozy ?

Probablement que notre héritage culturel et notre inconscient dans la famille de droite au sens large contribuent à vouloir incarner à tout prix dans une personnalité qui serait celle du chef, de l’homme providentiel. Il faut peut-être se défaire de cette idée-là surtout par les temps qui courent. Le plus intéressant est d’élire une équipe avant même d’élire un chef qui aurait toutes les vertus. La première étape est de construire, d’incarner cette équipe et que les Français puissent se projeter dans cette équipe. Il est indéniable qu’on ne peut pas créer des coalitions et faire 50+1, sans associer des gens avec qui on n’a pas toujours partagé tous les combats ou combattu dans les mêmes tranchées. C’est le jeu du pouvoir. Cela ne veut pas dire compromission, mais cela veut dire être capable de rassembler autour d’une vision sur les sujets essentiels. C’est un vrai défi !
La droite étant systématiquement à courir derrière la gauche, à s’excuser des injonctions morales de la gauche, on s’aperçoit qu’il y a encore du chemin à faire, même si petit à petit le réarmement psychologique opère chez une partie d’entre eux.

La polémique Valeurs actuelles-Obono est encore la preuve par deux que la droite est encore soumise culturellement à la gauche…

C’est une des démonstrations qui réagit systématiquement dans l’émotion. C’est la force de la gauche de manière générale. Ils sont dans l’émotion quand la droite aime bien être dans la raison. C’est compliqué de se battre sur le terrain de l’émotion et de réagir sur le terrain de l’émotion. Dieu sait qu’il y avait-là des choses à dire sur les indignations à géométrie variable entre d’un côté la défense sans limites de la liberté de la presse en ce qui concerne Charlie Hebdo et puis, des préventions qui existent lorsqu’il s’agit d’un média de droite. Le fait que le parcours même de madame Obono ne plaide pas en sa faveur n’est pas non plus un concentré de tolérance et de républicanisme.
Le fait que l’on puisse être heurté par une image ne veut pas dire qu’il ne faut pas tolérer dans une démocratie, la caricature, l’humour, l’ironie et le sarcasme. Je suis toujours un peu gênée par ces postures. Peut-être parce que moi-même j’ai été grimée 500.000 fois en fachiste et en nazi sans aucune ironie. Quand vous rentrez dans le jeu politique, vous êtes sur un ring de boxe. Par principe, vous acceptez de prendre des coups et d’en donner. C’est le jeu !
Je suis toujours très mal à l’aise avec ceux qui montent sur le ring et qui donnent sans problème des coups. Quand madame Obono déplore que monsieur Castex soit un blanc quand il est nommé Premier ministre, elle donne indéniablement un coup bien raciste. Puis dès qu’elle risque de prendre un coup, elle dit « vous ne pouvez pas me donner un coup parce que je suis une femme, je suis une minorité racisée comme disent les indigénistes, je suis une minorité sexuelle… » Non seulement c’est déloyal, mais par ailleurs, c’est totalement stérilisant pour le débat public.
Au lieu de pointer ses contradictions, la droite retient ses coups, alors qu’elle en prend toute la journée dans la tête. Je trouve que le réel devrait appeler un peu plus de vigueur et de courage dans les réactions.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marine Le Pen : « Emmanuel Macron a réussi l’impensable : jeter deux corporations, policiers et pompiers, l’une contre l’autre ! »

29/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Une fois de plus, à Paris, ont eu lieu de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les pompiers venus manifester.

La présidente du Rassemblement national réagit au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion d’évoquer avec elle la réforme des retraites, les prochaines élections municipales et aussi l’annonce qu’elle a faite, récemment, de sa candidature à la présidentielle de 2022.

Lors de la manifestation des pompiers, nous avons pu observer des images terribles de pompiers affrontant des policiers. Vous avez parlé d’images désespérantes.
Selon vous, que traduisent-elles ?

Ces images traduisent un état de division catastrophique du pays. Emmanuel Macron aura réussi l’impensable, jeter deux corporations l’une contre l’autre, nos policiers d’un côté et nos pompiers de l’autre. Emmanuel Macron porte ainsi une très lourde responsabilité. En tant que chef de l’État, il est garant de l’unité du pays. Or, il ne cesse de semer le chaos, la division et la désunion.

Derrière ce chaos, il y a toujours la réforme des retraites. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il doit d’autant plus la retirer rapidement qu’il vient de se faire étriller par le Conseil d’État dans des termes assez inhabituels de la part de cette institution. Perspective chiffrée lacunaire, pas d’économie, pas d’universalité et problème constitutionnel majeur. Tout ceci démontre un amateurisme et une volonté de passer en force. L’ensemble des Français va être directement victimes de cette réforme des retraites.
La manœuvre et la magouille du début de la présentation de cette reforme consistant à dire qu’il s’agissait de s’attaquer aux régimes spéciaux, révèle sa vraie nature. Il s’agit en fait de s’attaquer absolument à tout le monde.
Aujourd’hui, pas une seule profession ne se réjouit de la mise en œuvre de cette réforme des retraites. Elles ont toutes compris qu’elles allaient en être les victimes.

Vous avez la même analyse qu’Alain Duhamel. Il dit que la campagne des municipales d’En Marche prouve que ce sont des amateurs. Derrière la réforme des retraites arrivent les élections municipales. Certaines équipes de la République En Marche ont du mal à se mobiliser et à s’implanter localement.
Qu’est-ce que cela révèle ?

Cela révèle qu’il n’y a pas de structuration politique derrière Emmanuel Macron. Le macronisme s’arrêtera avec Emmanuel Macron. L’ensemble gazeux qu’il a constitué a pu faire illusion. En effet, il œuvrait dans le cadre d’une élection présidentielle où l’incarnation dans une personne est importante. Derrière, il n’y a absolument aucun parti politique. Ils perdent des députés quasiment toutes les semaines, personne n’est sur le terrain et ils n’ont pas distribué un seul document politique depuis qu’ils sont au pouvoir. Ils ont évidemment le plus grand mal à trouver des gens susceptibles de porter un projet, qui sur le plan municipal n’existe pas. C’est la raison pour laquelle, les gens sont contraints de coller leurs étiquettes dans le dos d’autres cyclistes, si je puis me permettre. Ils vont coller leur logo dans le dos d’autres cyclistes LR et PS. Par ailleurs, il y a une vraie complicité entre LR et LREM.

À quelques mois de ces municipales, vous avez déclaré que vous étiez vraisemblablement candidate aux prochaines présidentielles. Ce n’est certes pas une surprise au vu de la situation politique de ce pays, mais davantage au niveau du calendrier.
Pourquoi avoir annoncé dès maintenant votre candidature à la fonction suprême ?

Dès maintenant, les sujets émergent. Ces derniers seront pour les Français et pour la présidentielle, des sujets de choix. En voici quelques exemples, l’insécurité grandissante, la submersion migratoire, le choix de société que représente la défense de nos services publics et notre système de protection sociale. Ces sujets-là sont d’ores et déjà les sujets qui seront évoqués à la présidentielle.
Je pense que les Français ont besoin de références et de se projeter dans une autre politique que celle dans laquelle Emmanuel Macron les enferme. Toutes ces raisons-là ainsi que des raisons de préparation justifient cette précocité, même si dans ce domaine, Emmanuel Macron est parti en campagne bien avant moi.

On dit souvent qu’Emmanuel Macron rêverait de vous affronter à nouveau en 2022. Vous connaissez l’adage « Toute personne se présentant face au Rassemblement national au second tour sera assuré d’être élue en vertu du front républicain ».
Craignez-vous voir ce même scénario se répéter en 2022 ?

Les gens ne sont pas obligés de voter pour Emmanuel Macron. J’entends beaucoup de gens dire que 70 % des Français ne veulent pas d’un second Macron-Marine Le Pen. Qu’ils ne votent pas pour Macron, ils auront un second tour Marine Le Pen et quelqu’un d’autre. C’est aussi simple que cela. Maintenant, cette facilité, cette fainéantise qui poussent certains à penser que face à un candidat soutenu par le Rassemblement national, on est toujours gagnant, je crois que c’est faire preuve d’un comportement de matamore. À mon avis, les choses changent beaucoup et vont encore beaucoup changer durant les deux ans à venir. Je crois pouvoir dire que nous sommes au cœur des préoccupations des Français et que notre projet est au cœur de leurs espérances.


Jean Messiha : “Ce sondage confirme le changement qui s’opère partout dans le monde : le retour des identités et des frontières !”

Un récent sondage donne Marine Le Pen au second tour face à Emmanuel Macron pour les présidentielles de 2022. Dans le contexte d’une victoire du Rassemblement national, le mouvement serait-il prêt à exercer le pouvoir ? Avec quels soutiens ?

D’après les sondages, Marine Le Pen apparaîtrait au second tour face à Emmanuel Macron pour les élections de 2022. C’est peut-être une opportunité pour le Rassemblement national de gouverner. Êtes-vous ravi de ce sondage ?

Ce sondage confirme le changement de paradigme à l’œuvre à travers le monde et l’Europe. Le doublement du nombre des députés de VOX montre bien qu’il y a un nouveau modèle qui pousse ses pions à travers le monde et l’Europe. C’est celui du retour des identités, de la souveraineté, des frontières et du volontarisme politique. Ce paradigme est déjà au pouvoir dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, sans parler d’un certain nombre de pays de l’Est. Ailleurs, ils progressent dans les assemblées régionales et nationales. Ce paradigme-là, nous l’incarnons en France.
Depuis 2016, nous sommes entrés dans une phase de transition paradigmatique. Le Rassemblement national incarne ce véritable Nouveau Monde. La force du système dirigeant français a été de faire croire que l’Ancien Monde incarné par Macron devenait un Nouveau Monde juste par la figure d’un jeune premier en la personne d’Emmanuel Macron, alors qu’il incarne finalement l’Ancien Monde néo-libéral, de la mondialisation, de l’immigrationniste, etc. Il est partout en train de disparaître.
Ce sondage ne fait que confirmer en bout de chaîne tout ce changement à l’œuvre à travers le monde.

Le RN a quand même un champ de mines devant lui. La première opération de déminage sera de démontrer que le RN est en capacité de gouverner et d’occuper les différents postes stratégiques de l’État.

Nous sommes bien évidemment en mesure non seulement de conquérir le pouvoir, mais aussi de l’exercer. Je vous rappelle que ce procès-là n’a jamais été fait à Emmanuel Macron qui, sur la forme, était lui aussi quelqu’un de nouveau. Il n’avait jamais exercé le pouvoir au niveau présidentiel. Il est arrivé tout seul, même s’il avait été ministre. Il s’est entouré d’une, deux ou trois personnes qui avaient de l’expérience, mais tous les députés et tous ceux qui l’entourent sortaient de nulle part.
Au moment de l’élection présidentielle, on n’a jamais demandé à Macron avec qui il gouvernerait. Il a fini par trouver des gens avec qui gouverner. Nous avons donc la capacité de gouverner la France. Nous avons des personnes de talents et je ne doute pas que le Rassemblement soit à l’œuvre pour rassembler le plus grand nombre de Français.
À l’orée de notre exercice du pouvoir, je ne doute pas qu’un certain nombre de personnalités pensent exactement comme nous et laisseront tomber leurs petites ambitions personnelles.

Certains essayistes et polémistes comme Juan Branco décrivent très bien les mécanismes du pouvoir. Le Rassemblement national pourrait-il compter sur des investisseurs comme Xavier Niel ou Bernard Arnault ? D’après Juan Branco, ces investisseurs avaient aidé Emmanuel Macron à l’époque.

Juan Branco serait bien inspiré de lire les travaux effectués par Thomas Kuhn et des sciences sociales de manière générale dans le cadre des changements de paradigme. Thomas Kuhn démontre précisément que lorsqu’un nouveau paradigme arrive, il entraîne dans son sillage des forces qui jusqu’alors étaient résistantes.
Les forces soutenaient jusqu’à présent le paradigme de la mondialisation, du sans frontièrisme, de l’immigrationniste, etc.
Quand on voit la situation délétère dans laquelle la France est tombée à la fois sur le plan économique, social, financier, mais également identitaire, les conséquences de ce paradigme sont potentiellement telluriques. C’est ce qui l’emporte aujourd’hui ; les gens ne sont pas fous. Ils finiront par se rendre à la raison et décideront à ce moment-là de miser sur le bon cheval. Lorsqu’un paradigme est naissant, cela commence par la politique, mais entraîne ensuite dans son sillage tout un système de pensée institutionnel qui était acquis à l’Ancien Monde. C’est le résultat de travaux scientifiques et de réalités historiques établis.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le président ne vend pas la peau de Marine Le Pen avant l’heure !, par Philippe Bilger

On ne peut pas reprocher au Président de la République un excès de confiance.

Même si beaucoup installent par avance, en 2022, une confrontation entre Marine Le Pen et lui et qu’il pourrait avoir la tentation de considérer que la cause est entendue, il demeure prudent.

D’abord parce qu’il est intelligent et rien n’est plus contraire à cette qualité qu’une bête présomption.

Ensuite il n’a pu que constater, dans un récent sondage, une égalité parfaite au premier tour et un score honorable de la présidente du RN au second tour, de l’ordre de 45 %. Cette évaluation est d’autant plus significative qu’une précédente estimation l’avait déjà située au même niveau alors que nous étions plus proches de son catastrophique débat de 2017.

Il se garde bien, contre tous les prophètes de bon augure, de laisser croire à un résultat déjà acquis. Je ne suis pas persuadé que sur ce plan il ait validé l’intervention du Premier ministre répondant à l’Assemblée nationale à une question de Marine Le Pen et paraissant tenir pour acquise leur rencontre républicaine en 2022.

Quel que soit le désir d’Emmanuel Macron “d’en finir avec les polémiques… de “reprendre la main pour ne plus subir l’actualité” (Le Monde), même s’il déteste paraît-il qu’on exprime tout pessimisme sur la situation sociale, notamment pour la journée de grève prévue le 5 décembre (Le Canard enchaîné), il est clair qu’il est plus que jamais attentif à la future configuration présidentielle.

A l’évidence il ne compte plus seulement sur l’affligeante atonie des oppositions classiques de droite et de gauche. Il s’efforce, notamment pour la première qui sort chaque jour de son chapeau un possible candidat pour 2022 – le dernier étant François Baroin – de lui ôter l’herbe sous le pied, l’argumentation résiduelle qui lui reste en matière de sécurité et de Justice.

Consciencieusement il parcourt le terrain de la droite et même si on peut juger plus que réaliste, cynique, sa focalisation de fraîche date sur l’immigration, le communautarisme et le “tourisme médical” puisque ces problèmes existaient avec la même intensité depuis son élection, il est clair que cette tactique, si elle va laisser indifférent le RN – toujours trop de mollesse pour lui – va troubler encore davantage LR, désespérément à la recherche d’une contradiction authentique et spécifique (Le Figaro).

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Les grandes fortunes au service de Macron

Macron et les grandes fortunes

Le fait d’être riche, voire super-riche, le fait d’être soutenu par les Français les plus riches, ne signifie nullement que les idées qu’on défend seraient forcément mauvaises. Mais les révélations sur les soutiens financiers de Macron qui ont permis sa candidature et sa victoire de 2017 nous donnent trois informations très importantes : la première, c’est que la grande et très grande bourgeoisie française a basculé dans le macronisme, c’est-à-dire dans le « progressisme », exactement comme, aux Etats-Unis, elles avaient basculé dans le « libéralisme » des Clinton. Et les fillonnistes (et aujourd’hui Wauquiez) ne sont pas plumés par le RN, contrairement à ce que l’on croit, mais par la macronie. La deuxième information, c’est que l’équipe de campagne de Macron, en 2017, a travesti la vérité sur l’origine des fonds de soutien. Mais la troisième information est la plus terrifiante : 800 personnes (ou couples) ont permis l’improbable candidature Macron, et sa victoire.

Les comptes de la dernière campagne présidentielle ont été rendus publics, et ils nous apprennent sans surprise que c’est la candidature Macron qui avait recueilli le plus de dons : 15,99 millions d’euros, devant Fillon (environ 15,5 millions), et aussi, bien entendu, devant Mélenchon (4,5 millions) et les autres, Marine Le Pen étant la dernière des grands candidats avec seulement 2 millions de dons. L’argent pour Macron provenait essentiellement de Parisiens (6e, 7e et 16e arrondissements), et d’habitants des Hauts-de-Seine et des Yvelines. Rien d’étonnant si, au second tour, à Paris, le candidat Macron a recueilli 90 % des suffrages.

France Inter a décortiqué les données chiffrées, et note qu’au total 99 000 personnes ont financé Macron, mais que 50 % des sommes recueillies viennent d’un petit nombre de gros donateurs (les dons étant légalement plafonnés). Si on raisonne par couple, on trouve 800 donateurs. Le dirigeant d’une très grande banque (la BNP, pour ne pas la nommer), le dénommé Christian Dargnat, a joué un rôle de véritable recruteur pour ce candidat, sans que sa banque, ses actionnaires, ses salariés, en prennent ombrage. La campagne de Marine Le Pen, elle, avait été financée par un prêt du micro-parti Cotelec, ce qui, à l’époque, avait été critiqué par l’ensemble de la presse française. En parallèle les banques françaises, dont la BNP, avaient toutes refusé de prêter au FN.

Pas un mensonge mais un habile trucage

En novembre 2016, en lançant sa candidature, Macron avait indiqué que sa campagne était appuyée par 10 000 personnes ayant versé, pour la majorité d’entre elles, « autour de 40, 50 euros, et il y a 5 % des dons qui dépassent 1 000 euros ». Mais à la vérité, dès cette époque, il apparaît que la campagne Macron n’était pas financée par le grand public. Il n’y avait certes pas plus de 5 % des donateurs qui avaient fait de gros dons, mais ces derniers représentaient près de 70 % des sommes reçues…

En dernière analyse – et c’est la troisième information à retenir –, il faut donc constater que 800 personnes ont permis à Macron d’être élu. Quand on réalise en parallèle qu’une dizaine de personnes possèdent 90 % des grands médias français, qui tous avaient été mis au service de Macron, il y a matière à se poser des questions sur le mot même de démocratie.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 6 mai 2019

La réélection de Poutine : une réaction patriotique, par Francis Bergeron

« Russie ! Russie ! » C’est avec ces mots que Vladimir Poutine a accueilli sa spectaculaire réélection. Spectaculaire, car personne n’attendait un taux de participation de 65 %, alors que l’un des principaux opposants à Poutine, Alexei Navalny, déclaré inéligible par la commission électorale, avait appelé à l’abstention. Bien plus, ce taux de participation est en hausse de deux points par rapport au précédent scrutin. Plus remarquable encore : Poutine signe son meilleur score personnel. Il recueille près de 74 % des voix. Parmi les autres candidats, celui du Parti communiste arrive en seconde position avec 11,2 % des voix, perdant le tiers des voix qui s’étaient portées en 2012 sur le PC. Le nationaliste, Jirinovsky, obtient 6,7 %. Les autres candidats n’ont pas atteint les 5 %.

Candidats « fantoches », comme l’écrivent certains journaux ? Jirinovsky n’a rien d’un fantoche et tout le monde connaît l’intransigeance de ses convictions. Quant au communiste, son score était attendu avec bienveillance par certains observateurs étrangers, qui pensaient qu’il bénéficierait des difficultés économiques du pays, loin d’être résolues.

Les queues devant les ambassades pour voter

Ce scrutin a parfois donné lieu à des fraudes, à des anomalies de comptage. Mais globalement personne ne peut nier que la popularité de Vladimir Poutine est au zénith et que trois Russes sur quatre le soutiennent. Il suffisait de voir les queues devant les ambassades à l’étranger et d’interroger ces électeurs. Pourquoi l’opinion publique est-elle avec Poutine, malgré une situation économique encore médiocre, malgré la corruption et malgré l’affaire de l’espion empoisonné ? Parce que les électeurs ont d’abord exprimé un vote patriotique. Cette élection correspondait au quatrième anniversaire de l’annexion de la Crimée. Et le monde entier a pu constater l’immense ferveur populaire qui s’est notamment exprimée à Moscou, place du Manège, à proximité du Kremlin à cette occasion, et par les votes en Crimée et en Tchétchénie : 90 % des voix en faveur de Poutine. Ce qu’indiquent ces votes, ce qu’a montré cette foule, réunie à Moscou, c’est l’étroite corrélation entre le soutien à Poutine et l’affirmation nationale. Quant à l’affaire de l’agent double assassiné, Hélène Carrère d’Encausse, répondant à Vincent Trémolet de Villers dans Le Figaro de samedi, tout en rappelant que la responsabilité russe n’est pas formellement établie, notait que l’empoisonnement d’opposants était couramment pratiqué par le camp communiste jusqu’à la chute du mur de Berlin. En Angleterre, ce n’est d’ailleurs pas un opposant qui a été empoisonné, c’est un traître : Skripal, de nationalité russe, travaillait en effet pour les services secrets d’un autre pays. De ce point de vue, même Hollande a reconnu (Un président ne devrait pas dire ça) avoir ordonné ou couvert plusieurs assassinats de ce type. Pour les Russes, l’empoisonnement de Skripal est un pseudo-événement, voire une action légitime.

Hélène Carrère d’Encausse, dans la même interview, nous apprend que Poutine se réfère fréquemment à l’immense figure nationaliste et anticommuniste de Piotr Stolypine, le Premier ministre de Nicolas II, celui qui aurait pu sauver la monarchie russe et contenir les velléités expansionnistes germaniques, s’il n’avait pas été assassiné en 1911. Les réformes agraires de Stolypine, son patriotisme, son courage politique et même physique (il se déplaçait sans garde du corps) l’avaient rendu populaire. Poutine joue sur les mêmes ressorts, exprime les mêmes aspirations, et vient d’en recueillir les fruits, dans les urnes.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Vladimir Poutine largement réélu à la présidence de la Fédération de Russie

19/03/2018 – RUSSIE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le président sortant est en effet ressorti vainqueur du premier tour avec environ 75% des voix. Un résultat record car il s’agit du plus haut pourcentage depuis la première élection présidentielle post-soviétique en 1991. Le précédent record datait de l’élection de 2004 : Poutine avait alors remporté un deuxième mandat avec 71% des voix.

Frappé par la limite des deux mandats consécutifs, il avait cédé la place à Dmitri Medvedev en 2008.

Avant d’être à nouveau élu en 2012. Puis en 2018 pour un 4ème et sans doute dernier mandat. Actuellement âgé de 65 ans, Vladimir Poutine aura en effet 71 ans s’il va au bout de son nouveau mandat, dont la durée est désormais de six ans. On imagine difficilement qu’il puisse réaliser un nouveau chassé-croisé avec Medvedev en 2024 et revenir en 2030 !

Les médias de l’oligarchie occidentale remettent néanmoins en cause la sincérité du scrutin…

Compte tenu de l’ampleur de l’avance de Poutine, il n’y a pourtant aucun doute sur sa légitimité. On notera d’ailleurs que la participation était importante et devrait dépasser les 65% d’il y a six ans. Il y avait cette année huit candidats, soit trois de plus que la fois précédente, les conditions de candidature ayant été allégées. Il n’y a guère que l’agitateur Alexei Navalny qui n’a pu concourir en raison de sa condamnation pour escroquerie.

Les médias de propagande étaient aussi prompts l’an dernier à vilipender François Fillon ou Marine Le Pen, supposés malhonnêtes, qu’à regretter l’absence de l’escroc Navalny.

Qui ne représente pourtant pas grand chose. Hier, c’est d’ailleurs le candidat communiste qui est arrivé en 2ème position, avec 11%. Le nationaliste Jirinovski arrive 3ème, avec 7%. Quant au déroulement du scrutin, les médias russophobes qui s’étonnent de ce que des citoyens aient été fermement incités à voter ne se sont pas offusqués quand les Autrichiens ont fait voter en masse les maisons de retraite contre le candidat populiste Hofer l’an dernier…

Même l’ONG Golos, qui dit avoir relevé plus de 2600 irrégularités, reconnaît que les élections sont plus sincères qu’en 2012.

Le suspense porte désormais sur le nom du prochain Premier ministre, qui pourrait éventuellement succéder un jour à Poutine. Le Premier ministre sortant, Dmitri Medvedev, pourrait être reconduit.

Elections 2017 : l’année des dupes, par Michel Geoffroy

2017 Annee Dupes

L’horoscope chinois a placé l’année 2017 sous le signe du coq. Mais, politiquement, elle restera surtout dans les mémoires françaises comme l’année des dupes, celle où l’on a dupé les électeurs.

La duperie des primaires

François FillonIl y a d’abord eu les dupes des primaires, de droite comme de gauche. Des milliers de dupes se sont ainsi passionnés pour cet exercice, pensant sans doute qu’ils se trouvaient aux Etats-Unis pour élire le futur président : ils ont même payé pour cela !

Résultat : aucun des candidats sélectionnés lors des primaires n’a accédé au second tour de la présidentielle ; ni François Fillon pour « la droite et le centre », ni Benoît Hamon pour le PS.

Les primaires n’ont donc servi à rien, sinon à faire croire aux dupes qu’ils décideraient du sort des présidentielles, alors que la décision allait appartenir aux médias, aux instituts de sondages, aux banques et au parquet financier.

Les dupes de droite, toujours cocus mais encore fidèles

Il y a eu, bien sûr, aussi les dupes de « la droite et du centre ».

Ceux-là ont en effet l’habitude, depuis 1986, de voter régulièrement pour des candidats qui font le contraire de ce qu’ils promettent et qui s’alignent en tout sur la gauche. Mais cela ne décourage pas ces électeurs, grands lecteurs du Figaro et… fidèlement cocus, en quelque sorte.

En 2017 ces dupes ont donc voté pour François Fillon qui a réussi la performance de perdre l’élection imperdable. Ils ont aussi voté aux législatives pour des candidats Les Républicains qui, à l’instar de ce même François Fillon, s’empressent ensuite de rallier Emmanuel Macron.

Des Républicains qui ont donc bien fait marcher, une fois encore, les dupes de droite !

Les dupes de la France insoumise

Les dupes de gauche, déçus par le catastrophique François Hollande et par le petit Benoît Hamon, ont décidé de voter pour La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, habile tribun et clone du défunt Parti communiste. Comme le chantait Charles Aznavour, il s’y voyait déjà… le Jean-Luc. Las, lui et son hologramme ont été éliminés au premier tour des présidentielles. Le tribun n’en revenait pas et, depuis, il boude !

Mais au moins ses électeurs ont eu la consolation de le voir, avec ses députés, lever le poing lors de leur entrée à l’Assemblée. Une odeur de révolution au son de l’Internationale ? Non : une odeur de naphtaline, mais sur fond de rap « nique la France ».

Il y a eu maldonne : les dupes de Mélenchon entreront dans le XXIe siècle en marche arrière. Exit la gauche : le patronat peut dormir tranquille. Bravo les dupes de Mélenchon !

Les dupes de Marine

Marine Le Pen FrexitPlus de 10 millions d’électeurs ont voté pour Marine Le Pen lors de la présidentielle, malgré sa performance catastrophique lors du débat avec Emmanuel Macron le 3 mai. Manifestement, ils n’avaient pas regardé l’émission. 10 millions d’électeurs mus par la perspective exaltante de pouvoir « bientôt acheter leur baguette avec des francs », comme le promettait Florian Philippot ? Ou bien 10 millions de personnes qui voulaient moins d’immigration, moins d’attentats, moins d’islamisation et moins de chômage ? Mais on se demande si Marine avait vraiment ces priorités en tête, pour s’enferrer dans sa promesse anxiogène de sortie de l’euro et dans sa tentative, inutile, de séduire l’électorat de Jean-Luc Mélenchon.

Résultat : malgré une conjoncture politique exceptionnelle du fait de l’élimination du PS et de l’implosion de la droite, Marine Le Pen, la candidate du « premier parti de France » a perdu la présidentielle en faisant élire Emmanuel Macron, et son rassemblement ne pourra pas constituer de groupe parlementaire à l’Assemblée.

On peut difficilement présenter, dans ces conditions, le vote FN comme un vote utile !

Les dupes de Macron

Mais le grand vainqueur toutes catégories de cette année des dupes reste sans conteste Emmanuel Macron. Son élection et celle de ses partisans reposent sur une triple duperie en effet :

– une duperie médiatique d’abord, puisque pour la première fois dans notre histoire politique, l’ensemble des médias se sont faits les zélés propagandistes, sur tous les tons, d’un seul et unique candidat : Emmanuel Macron. Un candidat qui n’avait pourtant pas de programme mais que les médias ont promu par la magie de la communication de masse, comme n’importe quel produit publicitaire. Les Français attendaient un homme d’Etat : dommage, les médias leur ont vendu un communiquant !

– une duperie institutionnelle ensuite, puisqu’En Marche et son candidat ne tiennent leur élection que de l’abstention massive et du système électoral majoritaire : lors de la présidentielle, Emmanuel Macron n’a rassemblé que 47% des inscrits et lors des législatives le taux d’abstention a dépassé les 50% (1). Or dans l’esprit des institutions de 1958, le système électoral vise à permettre à une majorité de gouverner : il ne vise pas à constituer de toute pièce une majorité artificielle coupée du corps électoral ;

– une duperie politique enfin, puisqu’Emmanuel Macron incarnait le candidat de la France d’en haut – celle des winners comme Pierre Bergé et Bernard Arnault (2) – contre la France d’en bas, et non pas celui du renouveau national.

« Ni de gauche ni de droite », Macron ? Les dupes n’ont pas compris qu’avec lui ils auraient à la fois (3) les travers de la gauche et de la droite et les politiciens qui vont avec. Car Emmanuel Macron représentait l’anticorps sécrété par le Système pour empêcher qu’on ne change le Système.

Les dupes qui ont voté pour le candidat d’En Marche et ses députés-chèvres (4) ont suivi le Joueur de flûte de Hamelin. Ils vont bientôt déchanter d’autant que le communiquant présidentiel cache une personnalité autoritaire sous un sourire… médiatique. Bien fait pour eux, mais dommage que les abstentionnistes lui aient donné tous les pouvoirs !

Question pour conclure : Quand nos concitoyens cesseront-ils de se montrer médiatiquement et électoralement dupes ?

Michel Geoffroy

Texte repris du site de Polémia

Notes :

  1. 81 % chez les Français de l’étranger.
  2. Lire notamment sa tribune dans Les Echos du 5 mai 2017.
  3. Emmanuel Macron aime dire en même temps.
  4. « Aujourd’hui, une chèvre avec une étiquette Macron a de bonnes chances d’être élue », BFMTV.fr du 6/6/2017.

La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire

Pascal Perrineau

Pascal Perrineau Livre FN14/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le politologue Pascal Perrineau (photo) vient de publier un livre intitulé Cette France de gauche qui vote FN (Seuil). Il revient avec force chiffres sur ce phénomène qui est que des électeurs de gauche, qui se revendiquent parfois expressément comme de gauche, votent FN. En termes de flux, Perrineau estime qu’un tiers du surcroît d’électeurs que Marine Le Pen a gagnés entre 2012 et 2017 vient de la gauche. En termes de stock, ce sont cependant seulement 6 % seulement des électeurs de Marine Le Pen en avril dernier qui se disaient « plutôt de gauche ».

Pascal Perrineau le rappelle explicitement : sa thèse n’est pas que le FN est devenu un parti de gauche. En revanche, il estime que la dynamique du Front National depuis 2012 est à mettre au crédit d’une inflexion politique plus ouverte à gauche, à savoir la ligne Marine Le Pen‑Philippot. Le premier tour des législatives a confirmé que, dans les Hauts‑de‑France, le FN a pour partie remplacé le PCF et le PS dans l’électorat populaire.

Perrineau décrit là un phénomène réel mais son analyse est celle d’un politologue et non d’un stratège politique.

D’une part – et il en convient –, ces électeurs de gauche ne sont pas seulement venus au FN pour son discours social, mais aussi pour son discours sur l’immigration.

D’autre part, ce que Marine Le Pen a gagné d’un côté – cet électorat issu de la gauche –, elle l’a reperdu de l’autre côté : c’est cet électorat bourgeois et même celui des classes moyennes – ou tout simplement l’électorat âgé – qui se détourne du FN.

Ce positionnement ni droite ni gauche condamne le FN à l’isolement politique et donc à l’éternel échec. Le second tour de la présidentielle l’a montré avec fracas : l’électorat de gauche a très peu voté Marine Le Pen.

L’électorat de centre‑droit offrait davantage de réserves de voix. Mais cet électorat de centre‑droit a été dissuadé par le discours gauchisant de Marine Le Pen. Or, sans lui, aucune majorité électorale n’est possible.

Pascal Perrineau préfère quant à lui pointer le manque « de gouvernementalité » de Marine Le Pen.

Elisabeth Lévy : “Youpi, la haine est finie!”

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08/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une tribune publiée sur le site Causeur, Elisabeth Lévy revient sur le résultat de l’élection présidentielle tout en dénonçant “les manigances qui ont plombé l’avant premier tour” et “l’entre-deux-tours [qui] aura pris les allures d’une quinzaine de la haine, et même de toutes les haines.”

Extraits :

Toutes les haines, bien sûr, n’ont pas joui du même statut. Dans les médias, et chez les people, la haine du Front national et de sa candidate ne se discutait pas, on l’encourageait comme un devoir civique. Forcément, puisque c’était « la haine contre la haine », excuse admirable et tordante (il faudra m’expliquer un jour pourquoi cette haine de la divergence au nom de l’amour de la différence ne fait pas hurler de rire tout le monde). On aura aussi découvert la haine de l’abstentionniste, traité d’irresponsable, de crétin ou de lepéniste passif. Sans oublier les admonestations de François Hollande, jusqu’au jour du vote où son appel cousu de fil blanc à voter Macron, en violation flagrante de la loi, a bien dû rapporter quelques voix à sa rivale.

Tous les commentateurs l’ont noté, les résultats du premier tour ont esquissé le tableau d’une France divisée, entre gagnants et perdants de la mondialisation, entre oubliés et chouchous de l’histoire – bref une France qui ressemble sacrément à celle de Christophe Guilluy, avec ses métropoles qui votent bien et sa périphérie qui vote mal.


Macron élu président : “Je ne regrette pas mon choix”, assure Nicolas Dupont-Aignan

08/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Après la victoire d’Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, soutien de Marine Le Pen, a déclaré ne pas regretter son choix.

Je l’assume par conviction. Il y a une politique que mènera monsieur Macron qui est très claire, qui rassemble tous ceux qui ont mené la politique qui a été mauvaise notamment européenne. L’élection d’Emmanuel Macron accouche d’une recomposition politique fondamentale. Les Républicains ont voté pour Emmanuel Macron, seront probablement ministres d’Emmanuel Macron. Cela veut dire qu’il faut recomposer l’opposition.