La « règle d’or », l’anarchiste et le « petit con »

La « règle d’or », l’anarchiste et le « petit con »

16/09/2012 – 11h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – La rectification par le Parlement, début octobre, du « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » obligera la France à inscrire le principe de la « règle d’or » d’équilibre des comptes publics dans une loi organique. Promettant une « renégociation », François Hollande est revenu le 29 juin du sommet de Bruxelles avec 120 milliards d’euros pour des mesures de croissance, l’union bancaire et une taxe sur les transactions financières. Pour autant le Front de gauche, une partie du PS et des écologistes ont annoncé qu’ils ne voteront pas la ratification de ce « compromis » européen.

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François de Rugy écrit à Novopress

François de Rugy écrit à Novopress

10/09/2012 — 12h00
NANTES (NOVOpress Breizh) — Pas content du tout des dépêches que lui a consacrées récemment NOVOpress, François de Rugy, député de Loire-Atlantique et coprésident du groupe parlementaire d’Europe Ecologie Les Verts à l’Assemblée nationale a adressé à NOVOpress un courriel rectificatif. C’est bien volontiers que nous le publions, suivi de notre réponse.

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Ayrault-Premier ministre pourra-t-il financer les projets de Ayrault-maire de Nantes ?

Ayrault-Premier ministre pourra-t-il financer les projets de Ayrault-maire de Nantes ?

08/09/2012 – 14h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Le projet d’ « aéroport du Grand-Ouest » progresse lentement mais sûrement. C’est ainsi que le 7 août dernier, les cinq enquêtes publiques commencées le 21 juin ont été closes. Deux de ces enquêtes sont essentielles à la poursuite du projet : elles doivent assurer l’application de la loi sur l’eau à l’aéroport et à sa desserte routière.

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Bretagne : Un pape de transition

Bretagne : Un pape de transition

06/08/2012 — 18h50
RENNES (NOVOpress Breizh) — Pour Jean-Yves Le Drian (photo), la grande affaire s’appelle Bretagne. Devenir président du conseil régional correspondait à son ambition suprême. Avec lui l’esprit breton souffle dans l’hémicycle René Pléven. En devenant ministre de la Défense, il peut continuer à servir la Bretagne en privilégiant le volet naval, pour le plus grand bénéfice de Saint-Nazaire, Lorient et Brest. Mais en ces temps de disette budgétaire, il n’est pas certain qu’il puisse lancer des opérations susceptibles d’apporter du travail à la construction navale. À moins, évidemment, que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne trouve un avantage certain à donner de l’activité à Saint-Nazaire et, par voie de conséquence, à Lorient.

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L’erreur de Joël Labbé (EELV) met le Sénat en émoi

L’erreur de Joël Labbé (EELV) met le Sénat en émoi

29/07/2012 – 15H30 – PARIS (NOVOpress Breizh) Joël Labbé (photo), maire de Saint-Nolff et sénateur écologiste du Morbihan, est souvent qualifié d’”atypique”. Son dernier fait d’armes n’arrangera pas sa réputation.

Le Sénat examinait jeudi un projet de loi rectificative qui prévoyait notamment d’abaisser l’abattement sur les droits de succession à 100.000 euros par enfant, au lieu de 159.000 euros. Hostile à cette mesure, l’UMP avait présenté un amendement demandant le retrait de cette mesure. Mais le ministre du Budget était sûr de son fait puisque la gauche est majoritaire au Sénat comme à l’Assemblée nationale.

Or, l’amendement UMP a quand même été adopté ! Un seul des sénateurs du groupe EELV était présent : Joël Labbé, sénateur du Morbihan depuis l’an dernier et toujours maire de Saint-Nolff. Il avait bien procuration de ses collègues écologistes, mais il a « oublié » de voter en leur nom. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a aussitôt publié un communiqué invoquant une “erreur matérielle” et annonçant une seconde délibération pour rétablir l’alourdissement des droits de succession, “indispensable pour l’équilibre des Finances Publiques”.

Crédit photo : BretagneEcologie, via Flickr (cc)

Au moment du changement à leur tête, du rififi chez les Verts

Au moment du changement à leur tête, du rififi chez les Verts

23/06/2012 — 15h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) — Les périodes post-électorales sont propices aux règlements de compte. Après la foire d’empoigne au sein de l’UMP, c’est au tour des Verts d’échanger des petites phrases assassines.

Dans un entretien, Daniel Cohn-Bendit épingle Europe Ecologie-Les Verts, dont “l’image est devenue détestable“, mais surtout il cloue au pilori la “chef de clan” Cécile Duflot. Dany le rouge poursuit : « On existe à l’Assemblée, au Sénat et au gouvernement, mais plus dans la société. Notre image est devenue détestable. Nous avons échoué là où on voulait redonner espoir en faisant de la politique autrement. Aujourd’hui, nous incarnons souvent l’insoutenable légèreté de l’arrivisme”.

Très remonté contre la nouvelle ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement, il critique ouvertement son comportement jugé arriviste et son retournement de veste: “Quand on (la) voit par exemple, dans un documentaire, brandir son stylo en jurant qu’elle ne signera jamais un accord avec le PS sans la sortie du nucléaire, et qu’évidemment on le signe quand même car c’est un bon accord, cela est dévastateur.”

Mais la défenseur du cannabis n’est pas la seule à subir les foudres de Cohn-Bendit puisque Jean-Vincent Placé a également été l’objet de critiques. Selon le député européen d’EELV, Placé a été selon lui trop affairé à trouver un ministère au lieu de prendre la défense de Duflot lors de sa sortie malheureuse sur la dépénalisation du cannabis.

Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

09/05/2012 – 15H15
NANTES (NOVOpress Breizh) – Les agriculteurs qui avaient entamé il y a maintenant un mois une grève de la faim pour protester contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ont décidé hier d’interrompre leur mouvement. Un arrêt qui fait suite à l’accord intervenu avec l’oligarchie socialiste locale, soucieuse d’arriver à un apaisement dans un dossier particulièrement épineux pour Jean-Marc Ayrault, en passe de devenir le Premier ministre de François Hollande.

Les cinq grévistes de la faim qui se relayaient à Nantes depuis le 25 avril demandaient l’arrêt des expropriations des agriculteurs dans l’attente que les juridictions saisies – le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme – se prononcent tant sur la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport que sur les arrêtés d’expulsion visant les paysans. En principe ceux-ci devraient tous avoir quitté la zone où doit être édifié le futur aéroport au plus tard le 31 décembre 2012.

Hier, suite aux négociations entamées avec la fédération du PS nantais et les représentants du Conseil régional des Pays de la Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et de la communauté d’agglomération Nantes Métropole, les grévistes ont réussi à obtenir l’assurance qu’aucune expulsion n’interviendrait dans la zone couverte par la DUP, tant que les différents recours n’auront pas été épuisés. Ayant obtenu satisfaction, ils ont décidé aussitôt d’interrompre leur mouvement.

Le 27 avril dernier, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire et Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, avaient pourtant adressé une lettre commune aux grévistes de la faim par laquelle, tout en faisant part du «respect» qu’ils ressentaient face à la détermination que manifestaient les paysans, ils affirmaient leur volonté de faire aboutir le projet d’aéroport. «Ce mode d’action ne nous semble pas le plus approprié», indiquaient-ils. Jugeant « le temps du débat clos depuis 2008 », les trois oligarques indiquaient qu’ils n’interviendraient «en aucune manière» sur les procédures d’expropriation.

Mais depuis, François Hollande a remporté l’élection présidentielle et Jean-Marc Ayrault est susceptible de devenir le prochain Premier ministre. L’affaire de la grève de la faim – motivée par un sujet écologique particulièrement sensible – aurait fait désordre, d’autant plus que Cécile Duflot et Vincent Placé (EELV) voudraient bien devenir ministres. Il était donc urgent de calmer le jeu. Manifestement la place de Premier ministre vaut bien de retarder un projet pourtant considéré comme essentiel par Jean-Marc Ayrault. L’interminable feuilleton de Notre-Dame-des-landes continue.

Crédit photo : Moulins, via Wikimédia, licence CC

Xavier Cantat (Europe-Ecologie) : « Je me fiche pas mal de la France »

Xavier Cantat (Europe-Ecologie) : « Je me fiche pas mal de la France »

19/02/2012 – 11h30
BORDEAUX (via Infos Bordeaux) —
Le bordelais Xavier Cantat, frère du chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat, était l’invité jeudi de l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC info.

Interrogé sur le slogan choisi par Nicolas Sarközy « la France forte », celui qui est également le « compagnon » de la secrétaire générale des Verts, Cécile Duflot, a donné une surprenante réponse : « Je me fiche pas mal de la France. La France est un hasard historique (…) je ne me sens pas plus Français que Sénégalais » !

Après les propos controversés d’Eva Joly, cette déclaration de celui qui est maire adjoint à la culture et à la jeunesse de Villeneuve St Georges et militant des Verts, jette un doute sur les réelles motivations politiques d’Europe-Écologie.

Noël Mamère va-t-il pouvoir se représenter aux élections législatives ?

Noël Mamère va-t-il pouvoir se représenter aux élections législatives ?

14/11/2011 – 18h00
BORDEAUX (via Info Bordeaux) — Le conseil statutaire d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV) a invalidé quatre candidatures, dont celle du député-maire de Bègles, pour cause de cumul des mandats. Celui-ci a estimé jeudi matin que « trois investitures de personnes en situation de cumul ne sont pas conformes au règlement intérieur des Verts », a-t-il précisé.

Noël Mamère se retrouve donc, provisoirement, sans siège à briguer pour les législatives de 2012 qui suivront les présidentielles. En septembre 2007, Noël Mamère avait pourtant accusé Jean-François Copé de cumuler les mandats, « la logique voudrait que quand on est député, on est seulement député ».

Ce n’est pas la première fois que le maire de Bègles ne met pas ses actes en conformité avec ses prescriptions. En février 2007, une vidéo (voir ci-dessous) fait le tour du net . On y voit l’ancien candidat à l’élection présidentielle dans une émission de télévision affirmer : « Je suis d’autant plus en forme que je suis venu de République à bicyclette. Je n’ai plus de voiture dans Paris depuis 21 ans. Et on m’en donnerait une que je ne l’accepterais pas ». Cependant quelques minutes auparavant, la caméra de télévision le filme lors de son arrivée au studio, en… voiture !

Crédit photo : Kenji-Baptiste Oikawa, licence CC.

[Lecture] Cohn-Bendit : « Il faut en finir avec les Verts ! »

Cohn-Bendit : « Il faut en finir avec les Verts ! »

En finir avec les Verts ? Qu’on se rassure, ce mot d’ordre n’est pas de Daniel Cohn-Bendit – l’ancienne icône de Mai 68 devenu le héraut de la mondialisation libérale sous l’étiquette d’EELV – mais de son frère Gabriel, qui vient de publier aux Editions Mordicus « A bas le Parti vert! Vive l’écologie », un petit pamphlet réjouissant et tonique.

Installé à Saint Nazaire depuis près d’un demi siècle, aujourd’hui âgé de 75 ans, Gabriel Cohn-Bendit aura eu en effet un parcours politique et idéologique passablement original : un passage en 1956 au Parti communiste, puis un stage chez les trotskystes, qui sera suivi d’un séjour au PSU, avant d’entrer au groupe « Socialisme ou barbarie » pour aboutir finalement chez les Verts – avant de les quitter. Celui qui se définit comme « un intermittent du spectacle politique » appelait en janvier dernier toute la gauche à se rassembler derrière DSK. Comme il l’a avoué, lucide, à Libération : « Tous les principes auxquels j’ai cru pendant 20 ans se sont effondrés les uns après les autres ».

Professeur d’allemand, il participe en 1981 à la création du lycée expérimental de Saint Nazaire – expérience d’éducation alternative et utopiste à l’origine de multiples polémiques – où il enseignera jusqu’en 1997.

Total non conformiste, G. Cohn-Bendit va prendre dans les années 1980 des positions sur la Seconde Guerre mondiale et la déportation qui sentent le souffre et qui lui vaudront des conflits avec la LICRA, allant même jusqu’à cosigner un livre « intolérable intolérance » avec l’avocat Eric Delcroix. S’il admet aujourd’hui s’être fourvoyé il déclare : « Je ne renie en rien mon point de vue sur l’impérative liberté d’expression ».

En 2002 il dénonce Lutte ouvrière, le parti d’Arlette Laguiller – « qui n’est pas une sainte » -comme étant une secte dirigée par un gourou, avec un fonctionnement hallucinant de moines soldats. Il n’épargne pas non plus le facteur Besancenot dont il décrie le goût du secret et l’angélisme alors qu’il se prétend héritier de Trotsky « qui ne fut que le précurseur de Staline ».

Cécile Duflot : pour G. Cohn Bendit "une carriériste forcenée"

Aujourd’hui c’est donc à EELV « qui n’est plus qu’un cache sexe pour les Verts » que s’en prend l’enseignant nazairien. Qualifiant dans le quotidien Sud Ouest Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé de politiciens « carriéristes forcenés, l’exemple des récentes négociations avec le PS est un cas d’école», il estime que ceux-ci ne cherchent qu’à obtenir des députés et des mairies qu’ils distribueront aux plus obéissants. La candidature à la présidentielle d’Eva Joly -« pas plus mauvaise que les autres » – est, selon lui, inutile. Quant au fonctionnement non démocratique du parti de madame Duflot, Gabriel Cohn Bendit multiplie à plaisir les anecdotes – ainsi en Bretagne, lors des dernières Européennes, la candidate qui suivait la tête de liste Yannick Jadot, quoique arrivée largement en tête fut écartée par le « politburo », les votes n’étant que « consultatifs » (sic).

Le frère de “Dany” accuse EELV d’avoir ruiné l’engouement des Français pour l’écologie en avalant plus ou moins de couleuvres. Sur la sortie du nucléaire Gabriel Cohn Bendit regrette que le débat ne s’articule qu’entre pro et ayatollahs anti nucléaire et qu’il se laisse confisquer par des sectes intégristes. Pour lui la sortie « de suite ou dans un délai de 5 ou 10 ans est totalement utopiste…. on n’a pas besoin d’une prédiction mais d’une stratégie il est temps que la France commence sa révolution énergétique en ne se laissant pas enfermer dans une dépendance mono énergétique ».

Gabriel Cohn Bendit milite aujourd’hui pour une nouvelle formation politique « débarrassée des oripeaux sectaires congénitaux » d’EELV en se demandant « comment en sommes nous arrivés là ? » De désillusions en désillusions, « Gaby » finira peut être par trouver les bonnes réponses… C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Novopress Breizh

Crédit photo : Michel Briand Licence CC.

Notre-Dame-des-Landes et EPR : les Verts capitulent en rase campagne (électorale)

Notre-Dame-des-Landes et EPR : les Verts capitulent en rase campagne (électorale)

17/11/2011 – 08h00 NANTES
(NOVOpress Breizh) – Alors qu’ils avaient toujours déclaré que l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) était – avec l’abandon de la filière nucléaire – une condition incontournable pour qu’un accord soit conclu avec le PS, les dirigeants d’Europe Ecologie Les Verts ont signé hier un accord électoral avec les socialistes. Mettant soigneusement de côté leurs « convictions » en échange de l’assurance de disposer d’un groupe de députés à l’Assemblée nationale.

« Si le PS maintient ce projet et passe en force, l’état de grâce est terminé avant d’avoir commencé. On ira partout à la bataille, au rapport de forces, et le PS risque d’avoir des surprises. Il fait une erreur. » Présent à Paris samedi dernier lors de la manifestation organisée contre le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le député européen (EELV) José Bové était formel. Autant que la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot et la candidate à la présidentielle Eva Joly qui avaient affirmé en juillet dernier, lors d’une manifestation sur le site, que l’abandon du projet Notre-Dame des Landes était une condition « incontournable » de l’accord avec le PS.

Hier, après six mois de négociations, un « accord politique de majorité » a finalement été validé par Martine Aubry et Cécile Duflot (photo). Si cet accord prévoit théoriquement la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique de 75 % à 50 % à l’horizon 2025, pour le reste il se contente de belles formules, comme celle sur la nécessité de « reprendre la main sur le système bancaire », celle « d’imaginer un nouveau modèle de développement économique, social et écologique » ou encore de « bâtir une République nouvelle », ce qui à l’évidence ne mange pas de pain.

Par contre aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé entre les deux formations sur les deux sujets considérés pourtant comme essentiels par les Verts : la poursuite de la construction de l’EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville et la réalisation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une capitulation en rase campagne d’EELV, en échange de l’assurance d’obtenir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale – et les avantages y afférents – quelle que soit l’issue des élections.

« Ce n’est pas un accord de compromis, c’est un accord de conviction », a déclaré sans rire Martine Aubry. « Nous avons été capables de constater qu’il était vain de chercher un compromis trop éloigné de ce que les uns et les autres pensaient sur le sujet (sic) », a précisé de son côté Cécile Duflot, montrant une fois de plus, s’il en était besoin, des qualités de politicienne aux convictions à géométrie très variable mais aux ambitions bien établies – l’accord devrait lui permettre en effet de devenir député de Paris.

Noël Mamère a évoqué pour sa part « un accord technique de basse intensité ». Un humour (noir) que les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes ne manqueront certainement pas d’apprécier.

Crédit photo : Marie-Lan Nguyen Licence CC

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

29/10/2011 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Nouvel épisode dans le feuilleton de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Commandé par des élus opposés à celui-ci, un rapport a été rendu public mercredi, mettant en cause l’opportunité économique du projet. De quoi relancer la polémique entre l’oligarchie socialiste locale et ses alliés d’Europe Écologie Les Verts (EELV).

Commandée par le CéDpa (Collectif des élu-e-s qui Doutent de la pertinence de l’aéroport) l’étude, réalisée par le cabinet néerlandais CE-Delft – auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres – reprend « point par point » le travail effectué il y a 5 ans par l’État pour le dossier d’enquête publique. Mais ses conclusions ne sont pas les mêmes.

Alors que les prévisions de l’Etat mettaient en avant, à un horizon de 25 ans, des bénéfices globaux pour la société d’environ 500 millions d’euros, le rapport établi par CE-Delft prévoit lui des pertes estimées entre 100 millions et 600 millions d’euros. « Un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été proposé parce que l’aéroport de Nantes Atlantique aurait été près d’atteindre sa capacité maximum (…) et nous avons trouvé qu’il pourrait se passer beaucoup de temps avant que la capacité maximum soit atteinte » affirme Jasper Faber, expert du cabinet hollandais.

Selon le cabinet hollandais, l’étude réalisée par l’État s’était en outre appuyée sur des prévisions de prix du pétrole très inférieures à la réalité actuelle ainsi que des évaluations de croissance économique très optimistes. Elle a aussi ignoré les éventuels dépassements des coûts de construction, le prix de la liaison tram-train et la prise en compte du problème de l’eau dans un secteur exposé au risque d’inondations. L’Etat n’a pas évoqué non plus la question de la démolition de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique.

« Le rapport de l’État était pipeauté, il faut se remettre autour d’une table et abroger la déclaration d’utilité publique du projet », a estimé le nouveau sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec (EELV). Une prise de position qui n’a pas été appréciée par le patron des socialistes de la région.

Le sénateur Dantec : un "hypocrite", selon Jean-Marc Ayrault

Dans un entretien accordé à l’AFP, Jean-Marc Ayrault fait remarquer que « Ronan Dantec était très silencieux sur son opposition à l’aéroport jusqu’à son élection ». Dénonçant « l’hypocrisie des écologistes », le maire de Nantes ajoute : « Quand ils négocient des places sur les listes, ils n’ont pas d’état d’âme ». Ambiance.

Piqué au vif, le sénateur Dantec a répondu hier que la liste d’union des socialistes et des écologistes aux sénatoriales n’avait pas de position sur l’aéroport. « Yannick Vaugrenard, tête de liste, expliquait aux réunions publiques qu’au lendemain des élections les pro et anti aéroports continueraient à défendre leurs convictions » précise-t-il.

Il est vrai que depuis toujours socialistes et « écologistes » ont su taire leurs divergences à la veille des échéances électorales. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est certes une question importante, mais pas au point d’envisager un divorce électoral. « Si Jean-Marc Ayrault avait préféré au moment des sénatoriales qu’il n’y ait pas d’accord entre les socialistes et les écologistes, le président du Sénat serait toujours Gérard Larcher, a rappelé Ronan Dantec, heureusement pour nous, Europe Écologie-Les Verts ont fait de la défaite de Sarkozy une priorité. » Tout est dit.

[box]Photo : Aéroport Nantes Atlantique. Crédit : Deepakp7 via Wikipedia. Domaine public.[/box]